‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 83 sur 104 · I. — Famille des téniadées · texte numérisé non relu

I. — Famille des téniadées

Les espèces qui composent cette famille ont la tôte pirtforme ou sphérique, munie de quatre ventouses arrondies, fortement fousculées. Entre les ventouses on voit ordinairement une ou plusieurs rangées oicculaires de crochets recourbés, soutenus et mis en mouvement par un appareil musculaire ou rostre qui peut se projeter en avant et se retirer vecs Tinteneur. Les proglottis sont distinctement séparés les uns des autres; à leur état de maturité, ils sont plus longs que larges, et Bdbituellement pourvus d'ouvertures sexuelles latérales.

Ténia de rhommc. — Cysticerque ladrique et ladrerie,

A. — Le téniade Thomme (TœmasoUum, Linné) est un ver aplati, étroit, semblable à un ruban, composé d'articles ajoutés bout à bout et unis entre eux avec plus ou moins de solidité. Ce ver, d'une longueur difficile à dé» terminer, mesure en moyenne de 4 à 5 mètres. Il se rétrécit insensible-^ ment d'arrière en avant et finit par devenir tout à fait fiUrorme; ainsi il présente à peine vers son extrémité antérieure 0"'"*,66 de largeur, tandis que vers sa partie postérieure il oiïre souvent 8 et 12 millimètres. Son extrémité antérieure, de forme ovoïde, renOée et communément désignée sous le nom de tôte, porte quatre mamelons arrondis, équidistants, opposés, et comme croisés, ayant chacun à son centre un suçoir circulaire (pscule^ bothrté) entouré d'un bourrelet de nature vraisemblablement fibromusculaire. Au milieu de ces oscules parait, en avant, une protubérance convexe plus ou moins élevée, sorte de trompe rudimentaire, mais non perforée (proboscide, rostellé)^ sur laquelle se trouve une double couronne de crochets, les uns extérieurs plus longs, les autres intérieurs plus petits, alternant ave(i les précédents (fig. 231). Au nombre de 12 à 15 à chaque rangée, ces crochets, de nature cornée, sont composés d'un support ou manche formant à peu près la moitié de leur longueur, d une grifle arquée et pointue, d'une garde, sorte de talon plus ou moins saillant, placé à la jonction du support et de la partie arquée.

La tête est portée par un cou grêle et court, déprimé, sans articulations ; viennent ensuite les articles (proglottis) qui forment une chatne d'éléments unisériés. Les premiers sont toujours plus courts que larges ; à mesure qu'ils grandissent, leur longueur augmente proportionnellement beaucoup plus que leur largeur; aussi sont-ils d'autant plus allongés qu'ils sont plus éloignés de la tête; peu à peu ils deviennent quadrangulaires, oblongs, et leur longueur finit par égaler deux fois leur diamètre trans'^

2 ANATOMIE rATnOLOGlQUE.

Tsnl. ChacuiitlecesarticifisaJuHcspréscnlouii JouWe appareil géuitl dont un orifice placé sur le l)ord conslituo le pore sexuel. Ce pore eiiste, lantûld'imcôlé, laiiWt de l'autre, sans alternance bien réguliêi-e; il esl percé dans une saillie màoielonnéc , et très-appareut dans les articulations du milieu ; vu à la loupe, il i-essemble h une cupule déprimée et présente vers son centre uiie ouverture puncliforme par où sorl queU^ ((uerois un spicule court. Celle ouverture i rend diuis un canal horizontal (canal défér entortillé qui eonduilau testicule situé vers lemî-** lieu de l'articulation. En arrière de l'oniice masculin cl souvent confondue avec lui, on voit dans la cupule l'ouverture de l'autre partie sexuelk-. Cette ouverture communique avec un canal (vagin) pai'allèle au canal déférent, mais plut long, qui se dirige vers un organe multiloU ressemblant à une grappe dendrititorme l'on peut regarder comme étant l'ovaire.

Le ténia de l'homme est ovipai'o, il pond des pour\'Us de piusieiu's enveloppes el qui laissa voir par transparence un embryon dont la tAe ' présente trois paires de crochets de la mémo forme que ceux de l'adulle, mais proporlionnellement plus grands. L'emhr^pn ne se développf i qu'il la condition d'être Iransporlc dans un t droit convenable, cequi a lieu lorsque de^ cucB bilins se trouvent mêlés aux aliments du porc oi fi ceux de l'homme; alors il passe à l'état decydlf^l cerque de la cellulosité (f ys/('c«-™s eellulout)SiaÊ ■ j le ténia puisse quelquefois remonter de riutestil T priï île disiiince en dis- jusque dans l'estoniac, la chose esl possible. Olf, r'êie.Cicdelâfou: ""«ns ceseondilions,si!esarticlesvienneiiliir«ronne de crochel» gruiiifi fermer des œufs mûrs, il peut arriver que le suc Krrraoo fS'lM "o-^ gastrique, dont l'aclfon est plus énergique que cheu de l'embryon sont celle du SUC intestinal, en dissolve l'enveloppe, ropapparen . ^^ ^^^ j^^ embryons devenus libres, s'ils»

trouvent dans un milieu favorable,se transforment dans le même aainiil en vers cystiques : telle est probablement la cause de rap|)arilioo sioioltanée du TœniaioUum et du Cysticercm cellulosœ chez un même individu. Le taenia solium est un enlozoaire propre à l'homme; il habile l'inteslill

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iisscrfH In tête^

grêle, la tête dirigée en haut, comme on le sait depuis longtemps, mais surtout depuis les ouvertures cadavériques pratiquées en ^Egypte par Pruner, sur les nègres qui, dans ce pays, ont pour la plupart des ténias. Sa tête est fixée à la paroi intestinale, et cette disposition explique comment elle n'est pour ainsi dire jamais expulsée par les seuls eflbrts de Tintestin, lorsque des portions considérables de Tanimal séparées de la tête sont rendues spontanément. Ce ver est ordinairement solitaire , et de là sa dénomination ; toutefois, un grand nombre de Taits prouvent que, chez l'homme comme chez les animaux, plusieurs ténias peuvent ae rencontrer simultanément dans le tul)e digestif. Pruner trouva, en ouvrant le cadavre d'un nègre, cinq de ces entozoaires mesui*ant ensemble environ deux cents aunes de longueur, ils occupaient tout l'intestin grêle, qui en paraissait comme rembourré; Vaillant et beaucoup d'autres auteurs ont également trouvé des ténias multiples. Les désordres déterminés par la présence de ces helminthes sont très-variables, suivant la susceptibilité des individus ; mais en général les dérangements de la santé sont peu marqués : dans quelques cas seulement on constate du malaise, de l'anxiété, des troubles plus ou moins persistants dans les phénomènes de la digestion, do la nutrition ou du système nerveux ; pourtant le parasite n'est reconnu que dans les cas où des cucurbitins viennent à s'échapper de l'intestin.

Le taenia solium est observé en Europe, en Algérie, en Egypte, dans l'Inde, dans l'Amérique du Nord et, en un mot, partout où on fait usage de la viande du porq ; il est digne de remarque que dans l'Inde il s'étend comme l'usage de cette viande. Tous les âges y prédisposent, car on l'a vu chez des enfants à la mamelle et chez des vieillards, mais c'est dans l'âge adulte qu'il est le plus commun ; les femmes, d'un autre côté, y sont plus sujettes que les hommes, et ces diiïérenc^s ont leur origine, sans aucun doute, dans le genre de vie de chacun ; pour ces mêmes raisons ce ver est commun chez les charcutiers, les cuisiniers, etc.

L'analogiede forme et de constitution de la tête du la^niasolium avec celle du cysticerqueladrique conduisit toutd'abord leshelminthologistes à penser que ce dernier n'était que la larve du premier. Plus tard lexpérimentation vint confirmer celle vue de l'esprit et établir définitivement que le tœnia solium est engendré chez l'homme par l'usage de la viande d'animaux renfermant des cysticerques et surtout par l'usage de la viande de porc. Les expériences de Kûchenmeister, Leuckart et Humbert ont montré que les personnes auxquelles on faisait avaler des cysticerques de la cellulosité ne tardaient pas à être atteintes de ténia ; or ces expériences, dont quelques-unes seraient à la rigueur récusables, envisagées dans leur ensemble, ne laissent aucun doute dans l'esprit touchant la genèse du tœnia

solium. D ailleurs on sait depuis longtemps que les juifs sont exempts de ténia et que ce ver est commun surtout chez les individus qui mangent de la viande crue de porc.

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B. — Le cysticerque ladrique {Cysticercus cellulosœ, Rudolphi), ou larve du tœnia solium est le parasite qui engendre TafTection décrite sous le nom de ladrerie. Ce parasite présente une tête presque tétragone qui a la forme et le volume de la tête du tœnia solium (fig. 232) ; elle est garnie de quatre suçoirs, couronnée par deux rangs de quinze à seize crochets allongés, et terminée par une trompe obtuse, cylindroîde et imperforée (6g. 233,

PARVSITES ANIMAUX. 715

o, i). Le corps de ce parasile, qui riinrcrme denomlireux corpuscules calcaires, ostcyliiidrique, plus long que la vésicule dans laquelle il eslconlenu. Elliptique et sans appendice extérieur habituel, cette vésicule, d'undia-

Flc. 332. — Teie du ciiti^-i^rque laJiique àa l'hoinnie Pic. 333, — a, grani erochel; groisie 80 toit: cette lète est ornée de 11 |t''B"<ls ern- b, petit crochet (370 i'inchels loRga du 0'"°',07!l et de 15 pellla crochets langi mËlrci). de Om^pOtS. — Spéeiincn extrait par miiî pendnotla vie et de.isiné par Léou Vnillaut (80 diamètres).

mètre de 6 à 10 milliniMies, est blanchiltre, ovoïde, remplie de liquide, percée sur un de ses cAtés d'un perluis étroit qui donne naissance à une vésicule interne pisiTorme plonfieani dans le liquide. C'est au fond de celle vésicule interne que l'animal se trouve fixé par un pédicule; plisséquand il est rétracté sur tui-méine, il remplit exaclement celle poche, el sa tête est en rapport avec le perluis de la grande vésicule (fîg. 33fi). Cette dernière estgénéraleinenl entourée d'un kyste adventîf qui souvent présente une petite cicatrice blanche, entourée de vaisseaux correspondaut à l'ouverture de sortie ducyslicerque (Ch. Robin). Le cysticerque ladrique subit avec l'Age des modiHcations proFondes : un pigment noir envahit les ventouses el le rostre qui durcit; les crochets lomitent ou sont détruits, le perluis de la vésicule se rétrécit ou se ferme tout à fait ; celle-ci se déforme, acquiert un volume anormal, se segmente ou même se dédouble, mais elle ne produit point de nouvelles têtes decjslicerques. Cecystiœrqueaélé rencoiilréchez le singe, le chien, l'ours.

Fie. S3t. — Cysticerque ladriqiie du porc (granileur nnturelle). a, \He, col et corps sortis de U ïésicula ; 0, ces mAmes parties contenues dans lu vésicule (d'après Davaiue).

716 ANATOMIB PATHOLOGIQUE.

le chat, le chevreuil et le porc. Assez fréquemment ou le rencontre chez l'homme, où sa présence est le point de départ d'une maladie analogue à celle qui, chez le porc, est depuis longtemps désignée sous le nom de ladrerie.

Connue d'Aristote (1) qui la considérait comme une aiïection des plus communes chez le porc, la ladrerie a été rattachée, au xvii* siècle, à la présenced'un ver vésiculaire, d'abord par Hartmann de Kœnigsberg, et peu de temps après par Malpighi, Relativement rare chez l'homme, la ladrerie parait avoir été observée pour la première fois par Wharlon, qui, sous le titre de : De ylandulis sanis varias corporis partis occupantibus in milite, en rapporte un fait peu douteux et d'un intérêt réel, puisqu'il a trait à un individu vivant. Boneta consigné ce fait dans son Sepulchretum (2), mais pas plus que Wharlon il n'a connu l'identité de ces prétendues glandes avec l'altération qui constitue la ladrerie du porc. Il faut amver jusqn'à Wemer (3), en 1786, pour avoir une observation authentique de ladrerie chez l'homme. ^. l'autopsie d'un militaire âgé de 40 ans, qui s'était noyé et qui avait séjourné pendant deux semaines dans une eau glacée, cet observateur trouva les muscles farcis de vers vésiculaires. D'autre part, Mascagni (4), Losche (5), Himly (6), Flormann (7), Laennec (8), Dupuytren (9), Grève (10) ont trouvé le Cysticercus celluiosœ dans les muscles et dans le tissu conjonctif sous-cutané. Rudolphi rapporte que, de son temps, on rencontrait dans les autopsies à Berlin, une fois sur cinquante, un nombre plus ou moins considérable de cysticerques ladriques, situés le plus souvent dans les muscles fessiers, les muscles psoas iliaques, les muscles extenseurs de la cuisse, et plus rarement dans le cerveau. Gerlach (11), Wymann (12), Raikem (13), Demarquay et Ger-

(1) Nous dirons plus loin que les Égyptiens connaissaient déjà la ladrerie, du moias celle du bœuf.

(2) Bunetus, S^u/cAre/um. Gencvae, 1679, p. ibài.

(3) Wemer, Verm. intest, continuaito, t. II, p. 7. Leipzig, 4786. (à) Brera, Lezionï med. pratt,, etc. Crema, 1802, p. 153.

(5) Steinbach^ Comment, de tœnia hydat, anom. Erlangen, 1802.

(6) Hufeland's Journ., t. XXIX, p. 116, 1809.

(7) Rudolphi, Entozoar, synopsis, Berlin, 1819, p. 620. • (S) Laennec, Mém. de la Soc, de méd,, an XII.

(9) Dupuytren, Leçons orales, t. III, p. 367.

(10) Grève, Erfahr, und Beobacht, ûber die Krankh, der Hausthiere. Oldenburg, 1818, c. XVIIÎ.

(11) Voyez Gaz. des hôpit., 1844, p. 596.

(12) Jackson, A descript, caialog, of the anai, muséum of the Boston Soc. Bostoo, 1847, qo 904.

(13) Raikem, Bull, de fAcad. royale de méd. de Belgique, 1853, p. 199.

PAHASITES ANIMAUX. 717

vais (1), Stich (2), elc. ont également vu de nombreux cysticerques dans les muscles. Rudolphi (3), Ferrai (U), Ândral (5), Leudet (6), et quelques autres auteurs ont noté la présence de ces parasites dans les parois du cœur. Griesinger, après avoir rencontré deux fois des cysticerques dans les centres nerveux, a rassemblé cinquante à soixante cas semblables, et depuis la découverte de Tophthalmoscope cej)arasite a été plusieurs fois observé dans Tœil pendant la vie. Les poumons (Himly, Demarquay et Gervais), le foie, les reins et les glandes lymphatiques sont quelquefois aussi aiïectés de ladrerie; mais chez l'homme comme chez les animaux, cette maladie semble se localiser de préfé- ' rencc dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les muscles (7).

Le nombre des cysticerques trouvés dans l'organisme humain varie depuis un jusqu'à cinq cents ou même jusqu'à mille et plus. Dans un cas rapporté par Bonhomme, on put évaluer après la mort à deux mille le nombre de ces vers contenus dans le tissu conjonctif sous-cutané, sousaponéwotique et inlermusculaire. Principalement situées au niveau des points d'insertion des fibres musculaires, les vésicules qui les renfermaient avaient leur plus gi^and diamètre parallèle à ces fibres qu'ils écartaient sans les détruire. Les centres nerveux contenaient dans le même cas cent onze cysticerques dont vingt-deux dans les méninges, quatre-vingt-quatre dans le cerveau, quatre dans le cervelet et un dans la moelle allongée. Chez une de mes malades', où pour la première fois TafTection fut diagnostiquée à l'aide du microscope, on pouvait cx)mpter sous la peau plus de trois cents cysticerques occupant le tissu conjonctif et les muscles, où ils donnaient lieu à la présence de petites tumeurs olivaires, élastiques, légèrement saillantes. Le tronc et les membres étaient également affectés; les tumeurs étaient en assez grand nombre sous les mâchoires, et l'une d'elles, faisant saillie sur le plancher de la bouche, à gauche de la langue, rappelait toute l'importance attachée anciennement à ce siège chez le porc, d'où la fonction des jurés langueyeurs. Ces tumeurs (fig. 235), dont il me fut facile de déterminer la nature à laide d'une ponction et de l'examen microscopique, avaient leur grand diamètre

(1) Jouvn. de l'Institut^ i8il5, 2** soct., p. 16, et Bull, de la Soc. anat. dePanSy ldA5.

(2) Slicb, Carutatt'8 Jahresb,, 1855, t. IV, p. 339, et Ann. de la Chanté de Berlin.

(3) Hudolpbi, Entoioarum synopsis^ p. 5A6.

(à) Ferrall, Dublin Journ, of med. science. Joly 1839.

(5) Andral, Anat. path., t. II, p. 322.

(6) Leudet, Bull, delà Soc. anat., XXYII* année, p. 469. Paris, 1852.

(7) On trouvera l'analyse de la plupart de ces observations dans le remarquable ouvrage du docteur Davaine.

748 ANATOMIE PATnOLOGIQCE.

parallèle à ladirectiondes muscles qui conservaient leurapparencenormale. Ces organes, comme d'ailleurs les viscères qui renferment les mémei parasites sonl en général peu altérés, et pour cette raison le cy si icerqoe kdrique peut séjourner longtemps dans l'organisme ; mais souvent il Usai

Fie. 235 ^ Buited du cou un grand ni cjilicerqurs.

par subir des modifications qui entrnlnenl sa morl. Dans ces cfmdttiow le kyste revient sur lui-même, il s'tncrusie de sets de chaux , et par sot' volume, comme par sa forme, il revôt l'aspect d'un giaîn d'orge, « j'ai pu constater h plusieurs reprises dans les muscles du thorax, uolai ment cher, des individus inuris de phthisie pulmonaire.

Le Taille volume des vésicules du cyslicerque ladriqut; rend ces larves ordinairement hioiïensives pour les parties qu'elles occupent, à moins qu'eilea ne soient en très-grand nombre, ce qui donne lieu aux ph^iomèMs de la ladrerie. Dans ce cas ni^me il n'existe piu-rois nui desordre sérieux, comme j'ai pu le voir chez une malade qu'il m'a poôihle de suivre pendant deux années successives; j'njoulerai qui bout de ce temps, les lunieiirs cystiques m'ont paru avoir diminue volume, de sorte que les cysticerques semblaient se calcifîer. Pomtent

lÉ

est des organes, comme le cerveau et Tœil^ dans lesquels la présence d'un seul cysticerque suffît pour produire des accidents quelquefois trèsgraves ; par conséquent, ce n'est pas tant le nombre que le siège spécial de ces parasites qui les rend dangereux pour l'être sur lequel ils se sont fixés ; ces accidents, bien entendu, diiïèrent suivant la fonction de Torgane lésé.

Le cysticerque ladrique de Thomme, comme celui du porc, a été observé dans des contrées et dans des climats divers : en Italie, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Suède, etc. Il se trouve dans les deux sexes et à tous les âges, mais il est manifestement plus commun dans les classes pauvres et chez les personnes malpropres que dans les classes aisées, chez les personnes qui donnent tous les soins nécessaires à la préparation de leurs aliments et qui filtrent Teau de boisson.

L'identité du cysticerque ladrique avec le scoiex du taenia solium conduisit plusieurs observateurs, notamment Van Benedcn,Kûchenmeister et Haubner, à faire des expériences complémentaires de celles qui consistent à transformer le cysticerque en taenia solium. Ces auteurs, ayant fait avaler à des porcs des œufs et des anneaux de taenia solium,trouvèrent, dans un certain nombre de cas, un plus ou moins grand nombre de cysticerqucs celluleux dans les muscles de ces animaux. Or, ceux-ci étant placés dans des conditions qui permettaient de penser qu'ils n'étaient pas atteints de ladrerie, on peut admettre que les cysticerques avaient pour origine les œufs ingérés, et partant il y a lieu de croire que chez l'homme le cysticerque ladrique provient également de Tingestion d'œufs de taenia solium qui, faute de soins suffisants de propreté, se trouvent mélangés aux aliments ou aux boissons.

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720 asatomie E'ATuar.ouiycE.

Tanin incilioc.-inelliiln [Rûchcnmciilor) ou lénis

Ce ténia, 'ptus large «t plus ipais que le lienia solium, a aussi une tête plus volumineuse. .D'une largeur de 2 milliinèlres, celle tèle est pigmuutée, noirâtre, scniéc de corpuscules calciilres, el inclinée suriui« cou lr^s-court; elle ne présente ni crochets, ni proboscide (lig. ; Les suçoirs de ce parasite sont li

«.,.f^^ S^^^ grands; lesarticlesquisedctaclK j^T VB^ ^^B avec facilité sont Irès-vivaces | 9 ^^fl ^^B* ^rtent souvent d'eux-mêmes i

m KS l'anus dans l'intervalle desgonlc-

9 SB ,J~ l'obes. Les pores génitaux sont

M I ni irrégulièrement alternés ; les ovai-

res consistent en un long cauil duquel partent latéi-atemenl un grand nombre de brancbes parallèles (jusqu'à 60} simples ou hitvrquées et jamais arborisées. Let oeufs sont ellipsoïdes ; plus lisseï et plus clairs que ceux du Isoii solium, ils laissent roieui voir leur embryon hexacanlhè.

Letœniamediocanellala se trouve en Kurope, mais on l'observe dans certaines contrées où les habilaots s(! nourrissent princi paiement ie viande crue de bœuf, comme en Abyssinic; il est fréquenten Egypte eten Algérie. Tandis que letamia sulium devient de plus eO plusnre chez nous, au contraire le isoii mediocanellata est de plus en pliu commun ce qui tient sans douK

fVnpnenU pris de disWoce en dislnnce a Je la viande de hœuf crue. Je U

observé trois fois eu moiiis d'ui h l'hôpital Saint-Antoine.

■ La larve du ténia inerme a été trouvée dans les muscles el les org du bœuf, le cœur surtout ; elle offre de l'analogie avec le cysticerqusll drique, mais cite est plus petite et se distingue par une tétc plus Tolm

grosii 300 foii.

, (file groHie ; h, t

PARASITES ANIMAUX. (2t

lieuse, iiienne, avecdes ventouses très-grandes. Quelquefois très-répandue dans les muscles.celte larve peut donner lieu h des phénomènes fébriles ; elle se présente sous forme depelitsnodulesqui, fiun examen superficiel, pourraientêlreprispourdcstubercules(lig. 23/);ellene |Kirail pasavoirété jusqu'ici observée chezl'homme. Les expériences faites par Leuckartet plus récemment par Saint-Cyr ont d'ailleurs montré que si l'on fait prendre à de jeunes veaux des œufs ou des proglottides du lienia mediocnnellala, il se développe dans le tissu cellulaire, dans les muscles etdiiïérents organes de ces animaux, des cysticerqups oITranl, dans leur disposition céphalique, les caractères de troncature et d'absence de crochets de la tôle du ténia inerme (mediocanellata). Ainsi se trouve produite l'aiïection parasitaire si commune chez le bœuf dans quelques contrées, principalement en Abyssiuie, avec celte diiïéreiicc qu'au lieu d'une maladie bénigne on peut arriver à produire une maladie des plus graves et qui se termine par la mort (1). Les muscles du bœuf atteint de cette sorte de ladrerie étant ingérés par l'homme, le ver vésiculaire est aloi's placé dans les conditions d'accomplir sa dernière métamorphose et le cycle du ténia inerme se trouve complété.

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Trenin nani, de Siebold.

Ce ténia est de petite taille, long de 13 à 20 millimèlreE; quoique trèsmince , il a une tète relativement grosse , obtuse , antérieurement pourvue d'un rostellum armé d'une couronne de crochets biHdes (22à2â)

(1) Il icmble que I«8 anciens Ë^jplicni aient cnnnu la ladrerie du bceuf, ainsi qu'il ressort du pauige suivant : « \\i ont opinioa que les bsur» appirlionnent à Epaphui, et par ce, ils en Tout répreuvu en cctlc manière. S'ils leur trouvent un poit noir, ils tes tiennent pour immondes. A faire telle épreuve est député un des prêtres qui langueie la bfte, puis debout, puis couchée, le ventre defsus, afln de connaitre »i elle est mine et nette des marques que je dirHÎenautre passage [Hiitoiresd' Hérodale,ltad. de P. Saliat, revue par E. Talbot. Paris, 186i, p. 130J. "'-'

Larcebuvi. — TraiU d'Anat palh. I, — JQ

122 ÀNATOMIB PATHOLOGIQUE.

et portée par un long cou. Les oscules de cet entozoaire sont saillants, ses articles sont beaucoup plus larges que longs, et les pores génitaux, situés du même côté, sont pourvus d'une coque épaisse, lisse et jaunâtre à travers laquelle se voient distinctement les trois paires de crochets de Tembryon.

Les migrations de cette espèce sont encore inconnues ; toutefois elle a été observée en 1851, en Egypte, chez un jeune garçon mort de méningite, dont l'intestin renfermait un assez grand nombre de ténias nains.

Il y a lieu de parler ici d'un cestoîde décrit et Kguré par MM. Grenet et Davaine, ténia un peu plus long que le précédent, et qui en diOière encore par certaines particularités de structure ; aussi a-t-il été désigné sous le nom de tœnta Madagascariensis (Davaine); jusqu'ici il n'a été observé que deux fois à Mayotte (Comores), sur deux enfants âgés l'un de dixhuit mois, l'autre de deux ans.

BiRLioGRAPHiB. — SiEBOLD ct BiLHARz, Zettschtift f. wissenschaftl. Zoologie^ t. IV, p. 66, pi. 5, fig. 18. — Grenet et Davaine, Archives de médecine navale^ 1870, XIII, p. 134.

Tœnia elliptica, Batsch.

Le ténia elliptique est long de 15 à 20 centimètres, il a une télé obtuse, une trompe en massue armée de petits crochets disposés en plusieurs rangées. Les premiers articles sont très-courts, les suivants presque carrés, puis arrondis, puis elliptiques ; les derniers sont deui à trois fois aussi longs que larges. Deux pores génitaux sont opposés à chaque article, les œufs sont globuleux, à deux enveloppes.

Ce ver habite généralement l'intestin du chat, où il est très-commun. Quelques faits permettent d'établir sa présence chez l'homme, au moins chez les jeunes enfants, où il a été rencontré par Weinland, Kusteret Krabbe, sans doute à la suite de l'usage de la viande crue.

BrBUOGRAPnrE. — Weinland, loc, cit.,L I, p. 402, et t. Il, p. 862. — Cobbolp, EntozoQy p. 245. London, 1864.

Tsenia flavo-puDctata, Weinland.

Cet helminthe ou ténia à tache jaune a été découvert en 1842 jvt Palmer dans le Massachussets, où il avait été rendu par un enfant de neuf mois bien portant, sevré depuis trois mois et nourri à la manière laUr tuelle. Il a 'iU à 30 centimètres de longueur et présente une oouleor blanchâtre avec une tache jaune très-apparente sur le milieu de chaque

article ; mais son caractère le plus remarquable est la situation de tous les orifices sexuels sur le même côté. Ses œufs sont sphériques, transparents, avec une tache jaune vers le centre. La tète et le cysticerque de ce cestoîde sont encore inconnus..

BiRUOGRAPniE. — Weinland, An essay on the tapewoiTns of mon, Cambridge, .1858, p. ft9.

Tœnia marginata, Batach.

Ce ténia s'observe chez le chien et le loup, en même temps que d'autres espèces dont il se dislingue par la longueur et le volume des proglottis.

La larve de cet helminthe, ou cysticerque ténuicol (cystioercus tenuieollîs), vit particulièrement dans la plèvre, le péritoine, le foie des i*uminants et du porc, et quelquefois aussi chez Thomme, dans les mêmes par ties, où elle est connue sous la dénomination de cysticerque viscéral. Celte larve a pour caractère un cou étroit, térète et rugueux ; l'ampoule qui la renferme est ovale, peu volumineuse chez l'homme et parfois énorme chez les animaux.

Bibliographie. — Rose, Anatomy and jihysiology of cystkercus ienukoUU {MedicO'Chirurgical Transact.^ t. XXXI, p. 215, 1848). — KOcbexheisteh, JJeber die Tœnia e Cysticerco tenuUxiUi^ ihren Finnenztistand und die Wanderung ihrer Brut (Molesckotfs Untersuchungen zur Naturlehre, t. I, p. 256. Frankfurt, 1856).

Tœnia (cysticercus) acaiithotrias, Weinland.

La lar\'e seule de ce ténia ou cysticerque triarmé est aujourd'hui •connue. Comme le cysticerque ladrique auquel elle ressemble, cette larve se rencontre dans les muscles et le cerveau de l'homme. Elle est caractérisée par trois sortes de crochets disposés sur trois rangs, quatorze à chaque rang; les suçoirs sont visibles à l'œil nu et le cou est articulé.

Je m'abstiendrai de parler ici du cénure {cysticercus ccenurus). larve provenant du tœnia ccmurus du chien et qui se rencontre chez les herbivores, en particulier chez les jeunes agneaux où il engendre la maladie connue sous le nom de tournis. En effet, il y a lieu de croire que les prétendus faits de cénure observés chez l'homme ne soni que des cas d'échinocoques du cerveau.

Bibliographie. — Weinland, An essay on the tapewotms of mon. Cambridge, 1858, p. 64.

ANATOHIE PATHOLOGIQUE.

Tirnia cchiniKacClu, d^ Siebolil . — Echinocoques el maladie hydalique.

A. — Le ténia échinocoque est un animal presque microscopique, d'une

longueur (le 3 à 6 miilimèlres; il n une télé aimée de trente-huit crochets

allernaliveinenl grands et petits cl remarquables par la forte saillie de la

garde. Il présenle deux ou trois articulations dont

la dernière est seule pour\'ue d'organes génitaux

(fig. 238). Le pénis est situé sur le cdté, en arrière

du milieu de l'article fertile; l'ovaire est grand

et sinueux, les œufs sont spliériques. Après leur

séparation, les cucurbîtins sont aussi volumineui

que le ténia tout entier.

Cet enloïoaire vil ordinairement dans le canal intestinal du chien ; il se rencontre encore cèei le singe, le mouton, le chevreuil, le cheval, le chameau, le porc, et en général chez les herbivores: il a été trouvé une fois seulement chez Icsoiseaui: il est rare chez l'homme, mais par contre sa lane y est assez commune.

B. — Les métamorphoses subies par le lénia érhinocoquesonl mulliples. L'œufparvenu dans l'estomac humain est attaqué par le suc gastrique; si mcmhi-aiie extérieure est dissoute, el rembr\'OD. devenu libre, pénètre dans les tissus ; là, il est charrié par le liquide sanguin jusque dans ud organe voisin de l'estomac, où il se Iransfonne en une vésicule connue sous le nom d'hydatide Fic. -iSS. — Tœnia (acéphalocyste de Laennec). Cette vésicule, généfuis (Van Ueiieden). élément spherique ou ovoide, d un volume qni strobiie complet moii- varie entre ia grosseur d'une tête d'épingle el ceUe aj'uiic prêt k^^'àéu- <J"u"e léle de fœtus à lerme, renferme un liquide ''»ii limpide, non aihumineux, ou du moins esceptiuinellement coagulable (1) ; elle a des parois égales, non contractiles, constituées par une substance homogène, élastique, transparente, blanchâtre, sans libres ou cellules, ayant la consistance da blanc d'œuf coagulé, disposée par lames slratitiées, semblables entre elles el d'une épaisseur de 0""',0U2, à ll""",0U3. Cette membrane prodnil par gcmmaliun, h sa surface interne, dans son épaisseur ou à sa surbce

(l)C\'tt urd inai rem eut ' lorsque les hsdalides «ont mortM que le coDtenu liqude i* kjstc, comme l'a EJcnalé Gubler, devient albumincui.

saillie sur le ci)t6.

PABiSrrES ANIMAUX. 725

externe, des rejetODS ou vésicules semblables, qui acqiiièi-enl plus ou moins de volume et se reproduisent à leur tour de la même manière.

Ur si, dans le cas de production eiogëno, la vésicule reste simple, dans le cas contraire elle se remplit de vésicules filles qui, à leur tour produisant de nouvelles vésicules, donnent lieu à une tumeur kystique qui peut devenir très- volumineuse (li^. 239]. Il résulte de là qu'il y a lieu d'admettre deux formes d'hydatides, l'Iiydnlide simple et l'iiydatide composée. Partant de celle donnée, quelques hchninlholofiistes ont admis aussi deux espèces d'cchinocoque5,récl)inocoque des héles de 3omme(»:/(tnocoi?- CII5 veterinorum) et Téchinocoque de l'homme {ec/iinococeus hoiinnis); mais il est reconnu aujourd'hui que ces (tchinocoques sont identiques.

^"At ••

Fie. 339. — EUrui porlanl nir ton rund un kyile hydalique b, dfvcloppé .^ur le p^itoine et ouvert ils façua à montrer Ipi véticulei ni1e> qui >'y trouvent renfenuâ» ; c, c, c, lulrei luRieurs du inAiiw ((enre, reliées entre elles pur des pédicules membraneux.

L'ne troisième forme d'hydatide, désignée sous le nom A'kydatide multiloculaire, se distingue |»ar l'exislence d'un {irand nombre de vésicules peu susceptibles de s'accroUre el rapprochées les unes des autres de façon à piésenter à la coupe l'aspect d'une tumeur colloïde alvéolaire. Celte forme est-elle le résultat de l'immigration de toute une colonie d'embryons, ou de quelques-uns seulement qui, par leur développemenl, produisent une quantité considérable de vésicules? C'est là une question qui n'est pas encore décidée, mais la dernière hypothèse est celle qui parait la plus vraisemblable.

La vésicule hydnlique, en se développant, donne naissance à une membrane qui la revèl intérieurement, ou membrane germinale, laquelle est fonnée d'un slralum fibrillaire, infiltré de granulations élémenlaii-es sans couches distinctes et bien diiïéreules du tissu hydatique.

726 AMATOUIB PATHOLOGIQUE.

Plus on moins appRrente dans certaines régions de la vésicule, celle nfcinbrane, lorsqu'elle fait défaut, condamne l'hydatide k la stérililé, car c'est dans son épaisseur ou plutôt dans ses expansions que se développent les écbinocoques. Ceu!L-ci naissent plusieurs ensemble et restent unis à la membrane germinale jusqu'à leur complet développement, après quoi le funicule se rompt ou se détacbe, et les écbinocoques, libres dans la cavité de l'hydatide, flottent dans le liquide qui s'y trouve contenu, sous forme de petits grains blanchAtres sphéroîdaux, analogues à des grains de sable. Vus au microscope dans ces conditions, les échinocoques sont ou libresouadhérentsaunombrededeuxà vingt par un pédicule à un reste de membrane fertile, grisâtre, granuleuse, duquel ils s'écartent en différents sens, comnie les rayons d'un cercle ou d'une sphère (fig. UO). A peine visible à l'œil nu, l'échinocoque, yit au microscope, présente un corps irrégulièrement ovoïde, long de 0"",2, largedeO"",lt environ, séparé en deui parties par un étranglement circulaire plus ou moins prononcé. La ,t partie antérieure, c'est-à-dire la tète ou scolei, F[G. 240. -- £«bio««qu» «st pourvue d'un rostre et munie d'une double lixés par un ruDicais sw la couTonne de crocbets au nombre de quarante-

lîrée de mon Atiai danau lalres contractiles. La partie postérieure oa P°"'°'-)- tronc, plus largeqae l'antérieure, déprimée en

arrière où s'insère im funicule caduc, est formée d'une enveloppe épaisse, transparente, homogène et d'une substance amorphe qui renferme des corpuscules de carbonate calcaire arrondis ou ovoîdes. Dans le plus grand nombre des cas, la tête se voit invaginée dans la vésicule caudale, etl'échinocoque est régulièrement ovoïde; le rostre, comme un doigt de ginl retourné, est en oulre invaginé entre les ventouses, de telle sorte que les crochets se trouvent en arrière de celles-ci. Les échinocoques ne se rencontrent pas dans toutes les vésicules bydaliques ; ils font début lorsqw la membrane germînale ne s'est pas développée, et comme après un certain tempscetle membrane se détruit, îl arrive que ces parasites disparaissoil à leur tour, marquant leur passage par la persistance de leurs crochets.

Les bydaliques ne se développent ni dans les tissus épithéliausni dins les cavités revêtues par ces tissus, mais uniquement dans le tissu conjoadif des organes, et pour ce motifelles sont toujours renfermées dans un Inste forméà leur contact. Les kystes bydatiques peuvent siéger dans les diSiàenb organes du corps, mais on les trouve plus particulièrement dans le foie, k

parâsitbs animaux. 727

péritoine, les poumons, la rate, les reins, les muscles, le cerveau, le cœur elles os. Ordinaîremenl ccntenusdans les viscères à la surTace desquels ils sont plus ou moins saillants, ces kystes, lorsqu'ils viennent à se développer sous une membrane séreuse, peuvent Qolter en liberté dans la cavité tapissée par cette membrane (fig. 2^1). Les vésicules hydatiques sont alors le plus souvent stériles, comme j'ai pu le voir dans un Tait observé ré* cemment, lorsque j'étais chargé de la clinique à l'hôpital de la Charité (1)' L'action des kystes hydatiques est toute mécanique, ce qui ne les

-:ei,J

ne. 311. — A. Pdit« portion d'intaïUn p-âle 1 loqualle adhère en h un* Innieur hydatiqae, el en i um aulre tumeur plus petite maintenue par un long pi-dtculc ; i», méient*re. — B. Portion du gros inletUn chargée d'un Iri^-frand nombre de lumeun hydaliluei h, h, h, et de quelques autre* tumeort plui petites et porléei sur des pédicu lei l, 1; m, m, tnëuntère.

empêche pas dans quelques circonstances d'amener la destruction presque complète, ou la suppuration de certains organes, principalement lorsqu'ils viennent k se rompre (Gg. 242). La toile fibreusequi circonscrit

<1) Ce cas ett celui d'une femme igée de 29 an*, admise à l'Iidpitalde la Charité, service de la clinique, le 1*' décembre 1875, pour une affection tuberculeuse des deui poumon*, et de l'ascile. Le palper abdominal rétèle l'eiittence dans la cniilé péritonéale de maue* d'inégal lolume assez fermes, libres et diuéminées; le toucher raginal donne la

Flg, 292. — Fuie vu pnr ta Uce iWBl^ro-inUrieure. Le lobe droit ulrophi>> ronlied 1 kysle lijdallque en partie vidé dan* le cnnil ehalédoque. n, e, lalie gnuche hnierlm et iiartemi^ de nomlireux abcès billsirei, conséquente d'une cholf cjrilite ; b, unal t| doqup au\'ert et rempli p.ir des li]iduliJesdéjànétriet;i;, mvmbrsnc hydnliqualkisinli^ au niveau de l'«nipouIe de Wallier; d, ouierlure ilu kjslt dsns le can») cbsléil X, membrane hydnlique «oulevée pur une érigne.

une bouillie jaiinftlre où domiiii! k graisse et la cholestêriae: le I revient sur lui-même et n'o[Trc plus aucun danger pour l'îiidividu ^ en est affeclé : c'est la guérison spontanée.

ic tumi^ur lolumincuse «rrondic, tituév ù U p.inie pastériourc qu'elle reroule en nvanl. Élastique et peu n'sinlanle, celle tumeur nou» remble ite o) kjitique ; quant aui tumeurs péHtonéalee, elles éveillèrent l'idée de lëxions lul>«ttuteBM ou larcomaleuBes ; la pensée d'une altéralinn punullairc nu se prcwola point i l'Hfrit «t on négligea de prnvoqner le Tré misse ment hydalique.

Celte mnlaile succombe le 31 décembre 1875 aui progrès de U phlbiiie. L'anloptierrnli. Todcpendamment des tubercules pulino-naircs, la présence de luoeiira lijrdatique* niDlli|iln

On ne sait pas sûrement de quelle manière les hydatides viennent à se développer dans l'organisme humain, mais on suppose avec beaucoup de vraisemblance que c'est par l'ingestion des œufs du ténia échinoooque. En effet, Leuckart a réussi à obtenir des échinocoques chez des porcs en leur donnant des œufs de ce ténia. Ces œufs peuvent donc être regardés, en Islande et ailleurs, comme les germes des échinocoques de l'homme et des animaux domestiques phytophages. D'un autre côté, il faut admettre que c'est principalement des hydatides du bétail que les ténias du chien tirent leur origine, ce dernier n'ayant que très-rarement l'occasion d'avaler des échinocoques de l'homme. Krabbe a d'ailleurs démontré que la fréquence de l'échinocoque en Islande tenait à la cohabitation des habitants de cette lie avec leurs chiens et à l'absence des soins de propreté; j'ai moi-même observé, à Paris, des faits confirmatifs de cette opinion (1).

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dans la cavité abdominale. Ces tumeurs, disséminées et pour la plupart appendues soit aux intestins, soit aux autres organes de Fabdomen, à l'aide de pédicules plus ou moins allongés, rappellent par leur ensemble les plombs d'un épervicr ; c'est une véritable péritonite hydatique. Agglomérées dans le flanc droit, elles forment des masses qui font adhérer entre elles plusieurs anses intestinales; semblable disposition existe encore en d'autres points. Développées dans le tissu coi^jonctif sous-péritonéal, ces tumeurs, dont le yolume varie depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle d'une noix ou d'une petite pomme, ont pour la plupart chassé le péritoine devant elles et se sont coiffées de cette membrane qui est hypérémiée. Quelques-unes sont maintenues par des pédicules très-longs^ et le même pédicule supporte parfois deux kystes disposés à la suite l'un de l'autre comme les grains d'un chapelet (fig. *idl). Presque toutes ces tumeurs sont appenduesà l'intestin, un petit nombre siègent dans les mésentères ou les épiploons. Le bassin est rempli par un kyste de la grosseur d'une tête de fœtus à terme, et qui se trouve situé entre le rectum et l'utérus qu'il refoule eu avant et en haut; contrairement aux autres kystes, celui-ci renferme, avec des hydatides flétries, un liquide albumineux. L'utérus présente lui-même sur son fond une tumeur hydatique du volumed'un œuf de canard (flg. 239); d'autres tumeurs de même genre sont appendues au même organe par des pédicules qui ont de 7 a 8 centimètres de longueur. Le foie est, lui aussi, le siège d'un kyste hydatique volumineux. L'examen de ces différents kystes nous apprend que ceux d'entre eux qui sont maintenus par de longs pédicules ne renferment pas d'échinocoques, en d'autres termes^ leurs vésicules sont stériles.

(i) Voici un de ces faits qui prouve manifestement les inconvénients de la cohabitation avec le chien, au point de vue de la genèse des kystes hydatiques. Tandis que je faisais la

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suppléance de la chaire de clinique à Thôpital de la Charité, il entra dans mon senrice (2d novembre i 875) une femme âgée de 55 ans qui portait une énorme tumeur dans rhypochondre droit. Cette tumeur élastique, fluctuante^ faisant saillie sur le rebord costal, appartenait évidemment au foie qui était augmenté de volume, et comme la malade n'tnit eu ni diarrhée ni dysenterie^ et qu'elle ne présentait d'ailleurs aucun phénomène fébrile, je diagnostiquai un kyste hydatique, et ce diagnostic ne tarda pas à être vérifié ptr oie ponction aspiratrice qui permit de retirer de la poche un liquide transparent non tlbamineux. La paroi abdominale ayant suppuré à la suite de cette ponction, il se produit un large abcès qui fut incisé, et trois semaines plus tard^ le kyste du foie s*étant cvvert dans cet abcès, il s'en échappa dans l'espace de quinze jours plusieurs centaines dliydttides. L'état général restait bon, à la suite d'ii\jections multipliées. Cependant la wM^ ne put résister à la longue suppuration d'une poche hydatique aus^i considérable, elle finit par mourir d'épuisement. Désireux de connaître la cause de cette afféctioD, j'appris à plusieurs reprises de ma malade qu'elle habitait avec ses enfants une petite chambre, et que pendant quatre années successives elle avait conservé chez elle, à la façon des Islandais, un chien terrier qui quittait peu cette chambre dons laquelle il déposait tes ordures. Or cet animal était mort depuis quelques mois seulement lorsque la malade eatit dans notre service.

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