‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 84 sur 104 · II. — Bothriocéphalidées · texte numérisé non relu

II. — Bothriocéphalidées

. Cette tribu est formée de cestoîdes ayant une tète sans crochets, avec des fossettes latérales au h'eu de ventouses, et un corps très-long composé d'un grand nombre d'anneaux présentant sur la ligne médiane de Tune de leurs faces des organes sexuels.

1' Bothriocephalus /a^t^, Bremser. Cet entozoaire, signalé dès 1603 par Plater, est le plus grand de tous les vers qui vivent chez Thomme : il a une longueur de six à vingt mètres (Dujardin) ; filiforme en avant, il a en arrière une largeur qui va jusqu'à 27 millimètres; sa couleur est foncée ou grisâtre ; la tète, très-petite, oblongue, lancéolée ou ellipsoïde, présente sur les côtés deux dépressions ou fossettes latérales, opposées et allongées ; le cou est presque nul, ridé; les articles sont d'abord presque carrés, mais bientôt ils deviennent plus larges et plus longs, de sorte que , dans les parties postérieures, le diamètre transversal l'emporte de beaucoup< sur le diamètre longitudinal (fig. 243). Eschricht a compté dans un seul bothriocéphale jusqu'à 10,000 articles, différents de ceux du ténia, surtout parce qu'ils ne se séparent pas en cucurbitins.

La face supérieure de ces articles présente, vers le milieu, un mamelon ovoïde ou conoïde, percé d'un pore par lequel sort un petit corps grèle^ un peu pointu, regardé comme le spicule. Derrière cet organe se voit un autre pore plus petit, sans mamelon, qui est l'orifice de la vulve. Le spicule, muni d'une gatne, communique avec un canal déférent assez long, replié sur lui-même et terminé par une vésicule séminale sacci-

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forme. Le testicule, formé de granulations blanchâtres, a des conduits Irès-grt^les qui aboutissent k celle vésicule. Les ovaires sont volumineux, obioiigs; l'oviduclc est sinueux, entortillé surtout au moment delà maturation des œufs; l'utérus est constitué par deux poches diverpenles. Les œufs du bothriocéphale sont très-nombreui. puisque, selon Eschricht, chaque individu en porir' 10 millions ; ces œufs ont une forme cilipsoïdi' fl sont munis d'un opercule ; ils s'échappent ordijiairement par la rupture des parois de la matrice. L'embryon est muni de six crochets et cilié, ce qui lui permet de nager dans l'eau après sasirliede l'ituf. En elTel, des recherches expérimentales faHes simultanément a Saint-l'élersbourg par Knocli elà denève par Bertholus ont prouvé que cet embryon vit dans les eaux douces, et qu'il ne subit un développement complet qu'après être arrivé danslintestin propre à lui servir d'habilation. Knoch amontré de plusque les embryons du bothriocéphale larf.T, introduits dans le canal intestinal du chien, n'i^lTectuent pas de migration dans divers organes de l'animal en expérience, que par conséquent ils ne s'enkystent pas à l'état de cysticei-ques comme les embryons des ténias après leur introduction, maisqu'îls se développent directement dans le canal intestinil de ce même animal pour se transformer d'abord en bol II noce p h al es incomplètement développés, puiseii individus adultes. Knoch déduit de là que les embryons de ce ver arrivent immédiateraenl el d'une manière passive, avec les boissons, dans l'intestin de leur hOle définitif. Cependant les faits invoqués psr cet auteur ne sont pas à l'abri de tout reproche, attendu que les bothriocéphales peuvent normilement se rencontrer dans l'espèce canine. Bertholus pense d'ailleui's que l'embryon s'enkyste dans k tissu cellulaire d'un animal aquatique pour y continuer son développement; il cite la It'gula nodosa (Wudolphi), qui vît enkystée dans le tissu conjonclif de quelques espèces du genre nalmo, comme pouvant être le scolex du bothriocéphale large. Il s'est en effet assuré qw cet animal est un scolex dont la partie céphalîque, profondément inviginw dans une portion caudale très-étroite et très-longue, présente une analo'

gie coraplèle de formes et de dimensions avec Tappareil de fixation du bolhriocéphale. Il est vrai que la confirmation expérimentale de cette opinion manque encore; mais il résulte d'observations anciennes que c'est sur les habitants des côtes, sur les riverains de certains lacs et de quelques fleuves que cette espèce est commune, et, par conséquent, les eauxou leurs habitants peuvent jouer un rôle dans la propagation de cet animal (1). On le trouve d'ailleurs en Europe, sujtout à l'oueslde la Suisse, au nord et au nord-ouest de la Russie, en Pologne et dans la Suède, plus rarement à Test de la Prusse, enPoméranie, à Hambourg, Berlin, en Angleterre et en France ; il aurait été observé à Ccvlan.

Le bolhriocéphale large habite Tinteslin de l'homme, où il acquiert son complet développement; il se trouve quelquefois aussi chez le chien; en général, il est commun là où le ténia est rare, et réciproquement.

2° Bothriocephalus cordatus^ Leuckart. Ce cestoïde est beaucoup plus petit et plus ramassé que le précédent, auquel il ressemble par la structure de ses articles. Sa tête, élargie en arrière avec des bords plus ou moins saillants, ressemble soit à un cœur de carte à jouer, soit à un fer de lance. Le corps s'élargit rapidement pour atteindre toute sa largeur, qui est d'environ 7 à 8 millimètres. Les articles mûrs ont une longueur de 3 à /i millimètres. Les derniers sont généralement plus longs et peuvent avoir 5 à 6 millimètres. Les œufs, de même forme que ceux du bolhriocéphale large, ont un gi*and diamètre de 0"",075.

Le bothriocéphale cordé se rencontre au Groenland chez l'homme et surtout chez le chien ; il se trouve encore chez le phoque barbu et le morse ; il existe habituellement plusieurs individus sur un même sujet.

Bibliographie. — Bremser, loc. cit. — EscnRicnx, Anat. phys, Uiitersuch. ûber die Bothnocephalus {Nova (icta Academiœ nat. curios.y 18/iO, t. IX, suppl.), — Magnus Huss, Ueber die endemischen Krankheiten Schwedens. Bremen, ^854, et Arch, yen, de méd., 1855, t. I, p. 516. — Bertiiolus, Sur le développement du bothriocéphale de Vhomme {Comptes raidus de VAcad. des sciences, 1863, t. LVII, p. 569). -— Knoch, Sur le mode de développement dubothnocéphale larye [Gaz. méd., 1863, p. 815; Journal de Robin, t. \I, p. UO, 1869, et t. VII, p. 1, 1870). — Le même, Mém. de VAcad. des sciences de Saint-Pétersbourg y 7* série, t. V, et Gaz. méd., 1863, 815. — Frazer, Vn cas de bothriocephalus latus observé en Irlande {Gaz. hebd. de méd. et de chimrg., 1867, p. 319). — Cauvct, Note sur les bothnocéphales de Vhomme {Mémoires de médecine et de chirurgie milit., t. XVllI, p. 398, 1867). — Mosler, Ueber Lebensdauer und

(1) Magnus Huss faitla remarque que ce ver se rencontre toujours à l'embouchure des fleuves dont les riverains se nourrissent principalement de saumon.

Renitenz des Bothnocephalus latus (Archiv f. patkolog. Aiiat, und Physiologiey t. LVII, p. 529).

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