II. — Contusion et commotion
Les chutes entraînant la luxation ou la fracture de la colonne vertébrale, l’action des armes de guerre sur cette même partie, sont les causes les plus ordinaires de la contusion médullaire. Celle-ci est caractérisée par un léger degré d’infiltration sanguine, la déchirure avec ou sans ramollissement de la moelle, et quelquefois par une destruction complète de cet
MOELLE EPINIERE.
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organe, dont la substance fait avec le sang une sorte de bouillie brunâtre. Les parties saines qui circonscrivent le foyer d’altération présentent un pointillé sanguin ou de petites ecchymoses qui sont peu à peu résorbées en même temps que le tissu ramolli, lorsque la contusion est violente, la substance médullaire affectée finit par se nécroser, et à son pourtour il se produit un travail d’élimination qui jiarvient rarement jusqu’à une cicatrisation définitive, car la plupart du temps les contusions et les déchirures de la moelle sont suivies d’accidents sérieux et presque toujours mortels.
La commotion de la moelle épinière consiste dans un ébranlement des parties constituantes de cet organe, avec désordres fonctionnels souvent sérieux. Aucune lésion de texture ne se rencontre tout d’abord, si ce n’est parfois un pointillé hémorrhagiciue, la déchirure par places de la piemère ; mais plus tard on constate l’existence de petits foyers phlegmasiques disséminés au sein de la moelle. Ces foyers, plus ou moins étendus, consistaient, dans un cas observé par Duménil et Petel, en des plaques de sclérose affectant l’un des cordons médullaires et quelques points dc' la substance grise. Très commune dans les accidents de chemin de fer, la commotion du centre spinal peut être suivie de désordres de la sensibilité et du mouvement qui persistent pendant des mois et des années, et deviennent l’occasion de procès dans lesquels le médecin légiste est appelé à donner son opinion. Il ne faut donc pas oublier que la simple commotion médullaire est l’origine de désordres divers de la sensibilité et du mouvement, ou encore, comme l’ont prétendu quelques auteurs dans ces derniers temps, l’occasion d’affections sérieuses telles que ; ataxie et amyotrophies.
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