IV. — Myélite consécutive aux sections des nerfs
De même qu il y a des altérations de la moelle solidaires des lésions spontanées de l’encéphale ou des nerfs, de même il existe des désordres médullaires solidaires des lésions traumatiques de ces mêmes parties ; quelques mots seulement de ceux de ces désordres qui ont leur point de départ dans un traumatisme des nerfs, les autres devant être étudiés plus loin. Les expériences de Tissler, Klemm, Hayem, etc., ayant montré que des arrachements de nerfs chez le lapin, le chat, et même de simples sections ou mieux encore des cautérisations, donnaient naissance à une myélite plus ou moins étendue, quelquefois généralisée, on nous accordera qu’à la suite d’un traumatisme chirurgical, d’une amputation par exemple, la moelle épinière puisse être modiliée au point où viennent aboutir les nerfs du membre amputé.
Il résulte des recherches de Vulpian, Dickinson, Genzmer, etc., que les modilications obsei'vées en pareil cas consistent en une diminution de volume de la moitié de la moelle, mais surtout de la corne et du faisceau postérieurs qui correspondent aux cordons nerveux sectionnés, comme si la transmission du désordre s’opérait parles nerfs de sensibilité. Genzmer a trouvé que les racines étaient plus petites et les cellules ganglionnaires
MOELLE ÉIMNIÈRE.
ij moins nombreuses. Le désordre s’étend de bas en liant, mais il reste 1 1 limité à la région médullaire en rapport d’innervation avec la partie ain- I putée; il se rencontre toujours, (juel (|ue soit l’àge où l'amputation ait été pratiquée. N’est-il, comme le pense Vulpian, qu’une simple atrophie résultant de l’inactivité plnsiologiiiue des nerfs coupés et des éléments de la moelle qui sont en relation avec eux, ou bien doit-il être envisagé i comme produit par un travail pblegniasique, une sorte de névrite par- I tielle ascendante? La question ne saurait être délinitivement résolue,
I mais la seconde hypothèse me paraît plus vraisemblable, aujourd’hui (|ue cette névrite n’est plus douteuse. L’existence d’une altération de cet i organe ne manque pas d’importance au point de vue de l’explication j des névralgies et des atrophies musculaires pouvant se produire dans un membre amputé, ou même, comme les actions réllexes, s’étendre à l 1 d’autres parties.
Bibliogkapiuiî. — A. Vulpian, In/l/eence de V abolition des fonctions des nerfs < sur la '.'"cjion delà moelle é/pinière qui leur donne oriqine. Examen de la moelle dans I des cas d’amputation d’ ancienne date (Archives de physiol. norm. etpedhoL, 1868, i I. L p. 443). — Le même, Sur les modifications anatomiques qui se produisent I ; dans la moelle épinière à la suite de l'amputation d’un membre ou de la section '■ des nerfs de ce membre (Gaz. des hôpitaux, p. 427). — W.-H. Dickinson,
I I Modifications du système nerveux consécutives ii l’amputation des membres (J ourn. , ; of Amùomy, nov. 1868, sér. 2, n“ 111 , p. 88-96, et G«3, Ae6d., 1869, p. 183).
! — G. Hayem, Lésions des nerfs des membres consécutives à l’amputation {Bull, de : la Soc. anatom., 1875, p. 684). — Alf. Genzmer, Veranderungen im liückenmark
y eines Amputirten (Archiv fur pathol . Anat., 1876, t. LXVI, p. 265; anal, dans |. Archiv. gén. de méd., 1877, t. 1, p. 101). i'