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III. — Kystes dermoïdes ou pileux du cerveau

Ces hétérotopies, relativement communes dans certains organes, comme les ovaires et les testicules, sont par contre très rares dans la masse encéphalique, où quelques faits seulement viennent établir leur existence.

Une femme âgée de trente ans est prise successivement de douleurs de tête, de convulsion, d’ivresse, d’amaurose, de dysphasie, de coma, et meurt. A l’autopsie, pratiquée par le docteur Clairat, les méninges sont adhérentes et très injectées. Les ventricules cérébraux renferment 7 onces d’un liquide citrin. Le cervelet, injecté et ramolli, offre à la réunion de ses deux lobes, sur la ligne médiane, en arrière et particulièrement dans le lobe droit, une sorte de ventricule tapissé d’une membrane fine et transparente, rempli d’un liquide sanguinolent, au milieu duquel nage une espèce de flocon de la grosseur du pouce, renfermant un plein dé de liquide jaunâtre et des cheveux dont la longueur varie de 1 à 2 pouces.

ENCÉPHALE

Cliez un enfant de dix semaines, atteint de convulsion des yeux et de la face quatre semaines avant de mourir, Maïer trouva la calotte crânienne épaissie et adhérente à la dure-mère, les circonvolutions aplaties, les veines superficielles vides de sang et les ventricules dilatés par un liquide d’un jaune brunâtre. L'hémisphère gauche renfermait une tumeur du volume d’une pomme, lobulée, faisant saillie dans le ventricule latéral, et formée de kystes ayant jusqu’au volume d’une cerise. Dans ces kystes on constatait l’existence d’un véritable épiderme composé de plusieurs couches de cellules, et un derme avec des glandes sébacées, des cheveux lins et petits. — Une petite fille de sept ans atteinte d’une paralysie des membres inférieurs et d’un double strabisïne présenta à l’autopsie, pratiquée par Pearson Irvine, un crâne épaissi et adhérent en arrière aux méninges. Celles-ci, unies entre elles, limitaient un vaste abcès occupant les deux hémisphères cérébelleux. Cet abcès contenait un liquide puriforme et avait ses parois tapissées d’une substance molle, caséeuse, assez semblable à de la matière sébacée. On y trouvait en outre une mèche de cheveux enroulés, pâles et étiolés par rapport à la chevelure brune de la tête. La région postérieure de la moelle allongée était en partie détruite, ainsi que la partie supérieure de la moelle épinière, tandis que les ventricules latéraux étaient dilatés.

Ces trois faits ont la plus grande analogie, ils ne laissent aucun doute sur l’existence des kystes dermoïdes de l’encéphale. L’explication qu’il convient d’en donner est des plus simples, si l’on admet que pendant la période fœtale un bourgeon de la couche dermique s’invagine jusque dans l’encéphale et s’y, trouve ensuite enfermé par la boîte crânienne. Ainsi greffé, ce bourgeon se développe, sécrète de la matière sébacée, et l’on comprend qu’il puisse arriver à produire des cheveux.

Bibliographie. — Clairat, Kijste pileux dans le cerveo.iç (Gaz. des hôpitaux, 1838, n“ 4’i, p. 16(j). — Rup. Maier, Combinirte Geschwùlst im Grosshirn (Archiv f. pathol, Anat. und PhysioL, 1861, t. XX, p. 530). — J. Pearson Jrvine, Dermoîd cyst of the bruiii (Transact, of the pathol. Soc. of London, 1879, t. XXX, p. 195).

ANOMALIES DE NUTIUTION

§ — Atrophie et Hypertrophie.

Les noms d’atrophie et d’hypertrophie cérébrales ont jusqu ici servi à désigner la diminution ou l’augmentation de volume de la masse encé-

plialique, quelles ([u’eii soient la nature et l’origine, et partant les lésions | | les plus diverses ont été groupées sous ces deux chefs. Cette confusion, j très regrettable, est cependant facile à éviter; il suflit pour cela de donner , i pour base à la délinition de ces termes l’élément histologique et non ■ i l’organe. Dans ces conditions, l’atrophie cérébrale sera pour nous la ! diminution du volume des éléments composants de l’encéphale ; l’hyper- j trophie, l’augmentation de ces mêmes éléments. |

L — Atrophie. , i

L’alrophie vraie de l’encéphale est un état qui est tantôt physiologique, :j tantôt pathologique. i

L’atrophie physiologique, rigoureusement parlant, n’est pas une véri- 4

table atrophie, mais plutôt une transformation naturelle des éléments j

divers de l’encéphale, sous l’influence de l’âge. Effectivement, si, à un ^ I certain âge de la vie, le cerveau cesse de s’accroître, à un autre âge ses i

éléments se modifient et sa masse tend à diminuer de volume et de poids t

sans cfiangement notable dans sa consistance. La place résultant de cette f

diminution de volume est prise par le liquide céphalo-rachidien (hydro- (|

céphalie ex vacuo), de telle sorte que la boîte crânienne ne cesse d’être i

pleine; ainsi les ventricules ont pour fonction de compenser les varia- ij^

tions de volume de l’encéphale. Variable quant au moment de son appa- I i

rition, cette atrophie survient d’une façon insensible et ne trouble pas i

d’une façon sérieuse le fonctionnement de l’encéphale. Mais, à côté de I

ce type en rapport avec les lois naturelles, il est une autre variété |

d’atrophie propre au vieillard, c’est celle qui résulte de l’altération des i

vaisseaux encéphaliques, et, contrairement à la précédente, elle doit être i

envisagée comme un état pathologique. Elle est partielle ou générale, . I suivant la plus ou moins grande étendue du rétrécissement vasculaire et i

du ralentissement circulatoire, et comme l’intensité de l’ischémie peut varier dans les différentes régions de l’encéphale, on comprend qu’elle 1 ait pour effet dans quelques cas une asymétrie cérébrale plus ou moins ' i manifeste. Cette atrophie est fréquemment accompagnée de sclérose, et i | comme telle nous en parlerons plus loin. i

L’atrophie pathologique est d’origine dynamique ou mécanique. ■ i Entièrement subordonnée à l’action des nerfs qui se distribuent aux vaisseaux de l’encéphale, l’atrophie dynamique ou névropathique est rai’e ou du moins peu connue chez l’homme, à cause des difficultés d’examen i des désordres vaso-moteurs. Par contre, son existence est nettement

ENCEPHALK.

établie, chez ranimai, par les expéciences de Brown-Séquard, Vulpian et Dupuys. Ces expérimentateurs ont constaté l’existence d’une atrophie manifeste de la moitié correspondante de l’encéphale, après la section du sympathique cervical sur de jeunes cobayes. Brown-Séquard a encore obtenu ce même résultat chez un cochon d’Inde sur lequel il avait, deux mois auparavant, irrité la moelle épinière dans le voisinage du bulhe rachidien, avec cette différence que l’atrophie, cette fois, portait sur le coté opposé à la lésion ; et Dupuys, à la suite de la section du sympathique cervical au cou, a vu survenir une hémiatrophie encéphalique correspondante, qui se transmit héréditairement. Vulpian a noté que l’âge des animaux sur lesquels il a opéré était de huit à quinze jours. Les deux autres expérimentateurs n’ayant pas pris cette peine, il en résulte une lacune regrettable c[ui nous met dans l’impossibilité de savoir si l’atrophie cérébrale qu’ils ont constatée était le fait d’une diminution de volume ou d’un simple défaut d’accroissement des éléments nerveux. Cette dernière supposition, qui est la plus vraisemblable, serait en rapport avec les indications données par le professeur Vulpian.

L’atrophie mécanique est due à un trouble nutritif par défaut d’afflux sanguin, et le plus souvent déterminé par l’angustie congénitale des artères, par la compression des vaisseaux cérébraux ou de l’encéphale lui-même. Sous cette influence, les éléments nerveux, n’étant plus suffisamment nourris, diminuent de volume, et, s’il s’agit d’un individu jeune, ils ont de la peine à s’accroître ou sont arrêtés dans leur développement. Un certain nombre de malformations encéphaliques par arrêt de dévelo[)pement n’ont pas d’autre origine. L’encéphale est alors asymétrique : c’est tantôt un lobe qui est plus petit, mais quelquefois aussi l’encéphale presque tout entier n’atteint pas son volume normal.

Les méningites accompagnées d’épanchements séreux ou sanguins, certaines hydrocéphalies, les néoplasmes cérébraux, la synostose prématurée avec hyperti’ophie des os du crâne, telles sont les conditions pathogéniques les plus ordinaires de l’atrophie cérébrale. Situées dans la çavité crânienne, ces productions diverses prennent la place de la masse encéphalique qu’elles compriment, et cette compression est d’autant plus forte que les os du crâne sont mieux soudés et plus résistants. Ainsi, dans le jeune âge, le cerveau est, toutes choses égales d’ailleurs, beaucoup moins exposé à s’atrophier que dans l’âge adulte, à cause de l’extensibilité possible de la boîte crânienne. Toutefois, à celte époque de la vie, il peut s’établir une compression de dehors en dedans, ce qui est plus tard impossible.

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— CriuQUET, Atrophie de la part. sup. de la circonvol. pariétale ascendante et du lobule paracentral du côté droit, chez iin individu amputé du bras gauche depuis cinq ans (Bull, de la Soc. anat., Paris, 1876, et Gaz. hebd. de méd. et de chirurgie, 1877, p. 241). — Bernheim, Sur îin cas d'atrophie partielle du cerneau (Berne méd. de l'Est, Nancy, 1877, t. VIII, p. 324, 365). — Brow'n-Séquard (Compt. rendus de la Soc. de biologie, 1872, sér. V, t. IV, p. 294). — A. Vui.piAN, Leçons sur l’appareil vaso-moteur, elc., Paris, 1875, t. II, p. 362 et 397.

— E. Wnzio, Atrophie des Gehirns (Ilandb. d. sp. Pathol. \Ziemssen'\, Leipzig, 1876, XI, 175). — Henoch, Atrophie d. ober. linken Stirnwindung (Charité Annal., Berlin, 1880, V, 457). — Quinquaud, De l'atrophie extrême du cerveau des vieillards (France méd., 1881, p. 508). — Dupuys, De l’atrophie du cerveau et du crâne à la sidte des sections du sympathique ceniecd (Compt. rendus de la Soc. de biologie, 28 oct. 1882, p. 662, et Tribune méd., 1882, p. 537).

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