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III. — Encéphalites prolifératives

Caractérisées par la végétation du stroma conjonctivo-vasculaire et la formation au sein des éléments nerveux d’un tissu semblable à celui des bourgeons charnus, ces phlegmasies sont absolument distinctes de celles qui précèdent; aussi forment-elles un groupe à part. Ce groupe se divise en deux sous-genres, suivant que le tissu de nouvelle formation parvient à se développer et à constituer un tissu de cicatrice, ou vient à dégénérer, subissant en partie ou en totalité la transformation graiiulo-graisseuse. L’induration parenchymateuse que déterminent les phlegmasies de la première catégorie a valu à ces lésions l’épithète de scléreuses, ce sont lesscléPoSesenûéphaliqüés t le ramollissement caséeux que subissent celles de la seconde catégorie a conduit à les désigner sous le nom de phlegma-

sies caséeuses (voy. 1. 1, p. 257); mais on les appelle encore phlefimasies noueuses ou nodulaires^ en raison de la disposition habituelle du produit intlamniatoire sous forme de nodosités généralement peu volumineuses. | On sait aujourd’hui qu’elles sont dues à l’action de micro -organismes. i

PlILEGMASlES SCLÉREUSES OU SCLÉROSES ENCÉPHALIQUES. • — CcS lésionS COm- j

plexes, dont l’étude anatomique est toute récente, manquent encore de la donnée étiologique, et pour ce fait leur classification naturelle doit être ajournée. Dans ces conditions une division anatomique est seule possible, nous lui donnerons pour base principale le siège de la localisation morbide; aussi, après avoir dit quelques mots delà sclérose artérielle, lésion de l’âge avancé de la vie, nous décrirons successivement la sclérose lobaire, qui se localise à tout un hémisphère et se montre pendant l’enfance, puis la sclérose disséminée ou sclérose en plaques propre à ' \ l’âge adulte, et enfin la sclérose corticale ou périencéphalite diffuse. '

Sclérose artérielle. — Cette sclérose, peu étudiée jusqu’ici, exige, pour i être connue, des examens histologiques bien faits de cerveaux ayant leurs i artères athéromateuses. Deux ordres de lésions sont l’effet de l’athé- \ rome. Les unes, dont il sera question plus loin, sont des dystrophies résultant de l’insuffisance de l’irrigation sanguine; elles se traduisent par des pertes de substance ou lacunes dans l’épaisseur du parenchyme ner- ; veux et par des dépressions de sa surface. Les autres, qui vont nous occuper, sont des phlegmasies scléreuses qui se manifestent par des épaississements ou des tractus fibreux partant des vaisseaux artériels où ils prennent naissance pour s’étendre plus ou moins loin. Ce sont ces dernières que nous désignons sous le nom de sclérose ou encéphalite artérielle. ■

Cette encéphalite a pour caractères une diminution plus ou moins considérable du volume de l’encéphale, la fermeté, l’induration, la rétraction de son parenchyme. Dans ces conditions, les circonvolutions sont lisses, ordinairement pâles ou décolorées; les ventricules cérébraux sont élargis et la (juantité du liquide céphalo-rachidien est abondante. Examinée au microscope sur des tranches fines, la substance nerveuse est peu altérée; mais les artérioles qui- la parcourent ont leurs parois épaissies, et de ces parois émanent de fins tractus fibreux qui rayonnent en dillérents sens, et, en se réunissant, forment des îlots disséminés dans les diverses sub- ' stances de l’encéphale; c’est là une sclérose disséminée par foyers, géné- j râlement accompagnée, en raison de l’état des vaisseaux, de dystrophie i de la substance nerveuse dont les éléments sont, par places, atrophiés et < granuleux.

ENCEPHALE.

Semblable à la néphrite et à la myélite de même nom, cette sclérose ne survient en général, comme la lésion artérielle dont elle est l’effet, que dans la dernière phase de l’existence. Elle produit l’obtusion des facultés intellectuelles, une diminution notable de la motilité avec ou sans tremblement, et se distingue difficilemeiit de la simple dystrophie par rétrécissement artériel. Elle a la marche progressive de l’artérite généralisée dont elle n’est qu’une modalité, et ses causes s’identifient avec celles de cette dernière affection.

Sclérose en îlots ou en plaques disséminées. — Désignée autrefois sous le nom d’endurcissement du cerveau (Pinel), de dégénération grise (Cruveilhier), d’encéphalite chronique, cette lésion, connue depuis les recherches de Charcot et Vulpian sous le nom de sclérose en plaques, se manifeste, comme son nom l’indique, par des plaques grises, circonscrites, ou mieux par des îlots plus ou moins larges et profonds, répandus sans ordre dans les diverses régions de l’encéphale et sur les différents cordons de la moelle épinière (voy. p. 456). Ces plaques ou îlots, en nombre plus ou moins considérable, ont des contours irréguliers, ordinairement bien tranchés, et des dimensions très variables, car les plus petites présentent au plus l’étendue d’une lentille, tandis que les plus grandes mesurent plusieurs centimètres de longueur et de largeur. Relativement rares au niveau des circonvolutions cérébrales, elles sont plus communes sur les parois des ventricules, dans la substance blanche du centre ovale, à la surface du corps calleux, et se retrouvent enfin dans quelques noyaux de substance grise, principalement les couches optiques et les corps striés. Elles occupent de préférence le corps rhomboïdal dans le cervelet, la face antéro-inférieure dans les pédoncules cérébraux et la protubérance, tandis que, dans le bulbe, elles affectent isolément ou simultanément les olives, les pyramides, les corps restiformes et la région antérieure où sont étagés les noyaux d’origine des nerfs bulbaires. Turgescentes et légèrement saillantes à leur début, quand elles sont situées à la surface de l’encéphale, ces plaques se retrouvent plus tard de niveau avec les parties avoisinantes, et, à une date plus ancienne, elles sont quelquefois déprimées. Elles ne changent pas la forme extérieure de l’encéphale, mais elles s’aperçoivent assez ordinairement à travers les méninges presque toujours intactes. Leur coloration est jaunâtre ou grise, d’où la possibilité de les confondre avec la substance grise cérébrale, si elles ne prenaient une coloration rosée au contact de l’air, et une coloration rouge sous l’action d’une solution ammoniacale de carmin; leur consistance est plus ferme que celle du tissu environnant et leur résistance à la section plus considé- Lancereaux. — Traité d’Anat. path. III. — 37

rahle. Tels sont les caractères macroscopiques de la sclérose en îlots ou sclérose disséminée de l’encéphale. Non seulement cette lésion peut s’étendre à la moelle, mais elle affecte quelquefois aussi les cordons nerveux; cependant elle n’est pas suivie d’atrophie musculaire, et si les muscles sont modiliés, c’est uniquement par une infiltration graisseuse.

Histologiquement, la sclérose en plaques de l’encéphale ne diffère pas de la sclérose de la moelle épinière. De même que cette dernière, elle présente des zones diverses répondant aux phases principales du processus morbide, comme si celui-ci irradiait d’un point central. Effectivement, sur la coupe de tout un foyer, il est souvent facile de constater des degrés dans l’altération. De jeunes cellules rondes ou éléments era-

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