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VIII. — Angiome

L’angiome cérébral, lésion dont l’existence repose sur quelques faits seulement, siège de préférence dans le corps strié qui reçoit, comme on sait, de nombreux vaisseaux ; mais il se voit encore dans la protubérance et même dans la plupart des points de la masse encéphalique. Il se montre sous ses formes habituelles : l’angiome télangiectasique et l’angiome caverneux.

L’angiome télangiectasique du cerveau a été observé par Virchow, qui en rapporte deux exemples. Dans un de ces cas, la lésion occupait le lobe moyen du cerveau et s’étendait depuis la scissure de Sylvius jusqu’au noyau lenticulaire; dans l’autre cas, elle avait son siège dans la protubérance. Cette production est un peu molle et parsemée de taches rouges, ce qui lui donne une certaine ressemblance avec un foyer d’apoplexie capillaire. Elle consiste en une dilatation progressive des capillaires qui se transforment peu à peu en vésicules ampullaires remplies de sang. Ces petites poches sont tellement nombreuses sur quelques points qu’il reste à peine de substance cérébrale entre elles ; elles possèdent comme les petits vaisseaux des parois minces et très simples qui, après addition d’acide acétique, laissent voir de nombreux noyaux; dans quelques cas elles peuvent se détacher et devenir libres.

L’angiome caverneux , rencontré par Luschka et quelques autres observateurs, se montre sous la forme de petites tumeurs arrondies, irrégulières, parsemées de points ou de caillots hémorrhagiques, ou bien ' sous celle de kystes séreux ou sanguins. Sa structure diflère peu de celle des tumeurs caverneuses en général (voy. t. I, p. 386). Luschka a trouvé une fois, au sein des alvéoles de cette nouvelle formation, des vésicules i ampullaires remplies de sang et assez semblables à celles de l’angiome I télangiectasique.

I L’accroissement des angiomes cérébraux est lent mais continu ; leur I durée est ordinairement longue. Les troubles fonctionnels qui s’y rat- |i tachent ont été peu étudiés, ils sont en rapport avec le siège du mal. Ces li angiomes sont sujets à des modifications diverses parmi lesquelles les j dégénérescences calcaire et kystique tiennent le premier rang. Leur étioj logie est entièrement inconnue, mais il y a des raisons de croire que ; la plupart de ces tumeurs sont congénitales.

Bibliographie. — • H. Luschka, Cavenme Bliitgeschimûst des Gehirns (Archi f. patholog. Anatom. und Physiolog., Berlin, 1853, t. VI, p. 458). — Paulicki Angiom im Gehirn {Berlin, klin. Wochenschr., t. IV, p. 48, 505). — Despi.ats Tumeur {érectile ?) du cerveau chez un épileptique ; vaisseaux calcifiés {Bull, de h Soc. anat., 1869-70, t. XLIV, p. 230). — H. Morris, Vemus vascidar tumour o cerebrum {Transact. of the pathol. Soc. of London, 1871, t. XXII, p.22). — R. Virchow, Ueber Nœvi vasculosi des Gehirns {Archiv f. path. Anat. um Physiol, 1864, t. XXX, p. 272). — Le même, Pathologie des tumeurs, trad. fr par P. Aronssohn, Paris, 1876, t. IV, p. 151. — W. Bevan-Lewis, Calcifiei angeioma of brain {Tr. of the path. Soc., London, 1884, t. XXXV, p. 30).

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