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X. — Épitliéliomcs

i . L’encéphale ne renfermant d’autre épithélium que celui de l’épendyme, î: l’épithéliome primitif de ce centre nerveux est très rare, car, à ma con- < naissance du moins, Rindfleisch, seul, en aurait publié un exemple f indiscutable. Mais, par contre, Pépithéliome secondaire, pour être peu ' commun, malgré les nombreux cas désignés sous le nom de cancer ou ■ de carcinome du cerveau, n’a pas moins été plusieurs fois rencontré dans [la masse encéphalique, et un certain nombre de faits permettent d’établir ji nettement son existence (voyez plus loin la bibliographie).

I L’épithéliome de l’encéphale se rencontre le plus souvent dans les i hémisphères cérébraux ou cérébelleux et dans la protubérance. De même Ique tous les épithéiiomes secondaires, il se manifeste sous la forme de

petites tumeurs ou nodosités circonscrites, uniques ou multiples, disséminées à la périphérie et principalement dans la substance blanche des circonvolutions, plutôt que dans la profondeur du cerveau. Ces tumeurs arrondies et légèrement irrégulières, du volume d’un noyau de cerise, d’un marron ou d’une petite noix, sont fermes, de consistance ligneuse et assez facilement énucléables. La substance nerveuse qui les entoure se trouve comprimée, refoulée, injectée et parfois semée de points hémorrhagiques ou ramollie. Les méninges situées dans leur voisinage sont généralement intactes, comme il arrive du reste pour les enveloppes de la plupart des organes semblablement affectés.

Vues au microscope, les tumeurs de ce genre présentent tous les caractères des épithéliomes ; elles sont formées de cellules épithéliales cylindriques ou pavimenteuses, suivant le siège de la tumeur initiale, renfermées dans un stroma alvéolaire parcouru par des vaisseaux plus ou moins abondants. Leur évolution est en général assez lente et les désordres qu’elles déterminent se manifestent par des phénomènes quelquefois subits, en rapport avec la fonction spéciale de la partie lésée. En effet, dans un cas rapporté par Déjerine, il survint tout à coup une hémiplégie précédée seulement de quelques mouvements convulsifs analogues à de l’épilepsie partielle, chez une femme dont deux tumeurs épithéliales provenant d’un cancer de l’estomac avaient envahi l’une des circonvolutions frontales ascendantes.

L’épithéliome encéphalique est un simple accident, un désordre résultant de la présence d’un cancer dans un autre organe et du transport jusque dans le cerveau de particules ou de cellules détachées qui deviennent le centre formateur d’une néoplasie identique à celle qui en a été le point de départ. L’estomac, si fréquemment atteint d’épithéliome, est par cela même sans doute le point d’origine habituel des productions épithéliales de l’encéphale ; mais il faut reconnaître que les cancers des intestins, du foie et des poumons peuvent aussi leur donner naissance, comme cela a été observé dans plusieurs cas.

Bibliographie. — J. Cruveilhier, Aaaiom. p«</toL , livr. XIX, pl. 3 ; livr. XXV, pl. 2; livr. XXXV, pl. 3. — Carswell, Illiistr., fasc. 4, pl.2, fasc. 3, pl. 2. — Brigiit, Report of med. cases, t. Il, p. 27-30. — H. Earle, Case of medullary hrain, with a similar diseuse of the lungs and testis {Med. chir. Transact., 1812, t. 111, p. 59). — J. Hünter, Case of fungus hematod of the brain (ibid., 1825, t. Xll, p. 88). — Buttersack, Ueber Gehirnkrebs, Diss. in. Tubingen, 1857. — H. Le- BERT, Traité des maladies cancéreuses, Paris, 1851. — Le même, Traité d'anatom. pathol., t. II, p. 85, pl. 46, fig. 1-3. — E. Lancereaux et P. Lackerbauer, Atlas d'anat. pathol., Paris, 1871, p. 419, pl. 43, lig. 2. — T.-M. Gjhdle-

ENCÉPHALE

SIGNE, Case of secondary deposit of épithélial cancer within the cranium {Austral, rned. Journ., Melbourne, 1872, t. XVII, p. 283). — J. Russell, Large cancerous tumour of the hrain, in a case of intra-thoracic cancer', unilatéral epüepsy, etc. {Med. Times and Gaz., 1874, t. I, p. 530). — A.-J. Moens, Ein Fall von Hirnkrebs {Archiv f. path. Anat. und Physiol., Berlin, 1877, t. XX, p. 411, 1 pl.). — J. Déjërine, Carcinome du cerveau chez une femme atteinte de carcinome stomacal, hémiplégie gauche, épilepsie part.; localisations dans la frontale ascendante {Bull, de la Soc. anatom., 1880, t. LV, p. 356). — W. Ere, Ein Fall von Tumor in den vorderen Centralwindung der Grosshirns {Deutsche Archiv f. klin. Med., 1880, t. XXVII, p. 175, et Rev. d. sc. méd., t. XVIII, p, 105).

Nous terminons ici l’étude analytique des tumeurs de l’encéphale. Cette étude, bien que laissant encore à désirer, n’est pas moins des plus intéressantes. Elle nous montre que dans l’encéphale comme partout ailleurs, les néoplasies ne sont que des végétations des tissus normaux. Formulée dès le commencement de notre travail, cette loi, jusqu’ici, ne souffre pas d’exceptions, car nous trouvons dans l’encéphale autant de variétés de néoplasies qu’il y a de variétés de tissus. Le lipome y est des plus rares ; le myôme y fait défaut, et cela se comprend puisque le tissu musculaire n’existe que sur les parois artérielles et ne fait pas partie de la substance cérébrale. Quant à l’épithéliome ou cancer proprement dit, il ne s’y rencontre que secondairement, si l’on a soin de ne pas confondre cette néoplasie, comme l’ont fait quelques auteurs, Rindfleisch par exemple, avec l’endothéliome. Partant, l’étude des néoplasies de l’encéphale est des plus simples, elle repose sur la connaissance même de la structure de ce centre nerveux, et qui connaît bien cette structure a par cela même une idée très juste des végétations moi’bides qui peuvent l’envahir. Ces végétations, comme la plupart des néoplasies, ont une marche lente, un développement indéfini, c’est-à-dire qu’elles ne cessent de s’accroître, à moins d’une dégénérescence totale venant arrêter leur marche progressive. Leurs caractères physiques et surtout leurs caractères histologiques varient avec chacune d’elles, inutile de revenir sur ce que nous en avons dit. Leurs rapports avec la substance nerveuse ne sont nullement semblables, et les différences qu’elles présentent à cet égard sont la conséquence inévitable de la manière d’être du tissu mère. En effet, tandis que le lymphome, qui prend naissance dans le tissu conjonctif réticulé, se perd d’une façon insensible et se confond pour ainsi dire avec les tissus sains, l’endothéliome, qui a pour origine habituelle les cellules tapissant les gaines lymphatiques et les ventricules cérébraux, ne présente pas cètte même fusion et se détache très facilement de la substance nerveuse qu’il comprime. L’épithéliome, qui est pour ainsi Lancereaux. — Traité d’Anat. path. III. — 41

dire grelïé dans l’encéphale, est, à plus forte raison, facile à séparer de cette même substance.

Ces différences sont importantes à connaître si l’on veut se rendre . compte des symptômes fournis par chacune des productions néoplasiques de l’encéphale et en tirer parti tant au point de vue du diagnostic médical que d’une intervention chirurgicale (1). Quelles que soient ces productions, elles agissent généralement, du moins au bout d’un certain temps, à la façon des corps étrangers; elles irritent les vaisseaux qui se congestionnent et produisent des troubles nutritifs; d’abord excités, les éléments nerveux s’altèrent, puis ils sont peu à peu détruits sur place et deviennent, dans quelques cas, l’occasion d’une dégénération secondaire. De là les convulsions si communes au début de ces lésions, et plus tard les paralysies et le coma. Ces désordres, toujours moins accusés avec certaines tumeurs, le lymphome par exemple dont la structure se rapproche de celle de la névroglie, qu’avec l’épithéliome qui en est très différent, sont en outre subordonnés au siège de la néoplasie et au degré d’excitabilité du cerveau et du cervelet. Les phénomènes résultant des lésions cérébrales varient, comme on le sait, suivant la zone aiïectée (voy. plus loin Localisations cérébrales), ceux des lésions cérébelleuses ont de leur côté des caractères particuliers, tels que ; ivresse, vomissements, titubation, rigidité des muscles de la partie postérieure du cou et (lu tronc provoquant une attitude opposée à celle de la paralysie agitante, si surtout le lobe médian est intéressé, neurite optique, hydropisie ventriculaire et leurs conséquences (2), Il n’est pas rare d’ailleurs de voir des tumeurs d’un volume même considérable se développer dans l’encéphale et y demeurer pendant un temps fort long, sans produire d’accidents appréciables. Fait digne de remarque, cet état latent, plus (commun dans les tumeurs du cervelet que dans celles du cerveau, est quelquefois suivi d’une mort rapide ou subite.

§ 4. — Hypoplasies.

Les éléments qui composent l’encéphale sont, comme ceux des autres organes, exposés à des lésions de dégénérescence ou hypoplasies. Trop peu étudiées jusqu’ici, ces lésions sont d’autant plus faciles à confon-

( 1) llale-White, Tum. céréhr. opérée {Guij's llospit. Reports, 1886, t. XLIII, p.

i'i) J.-V. Di'ozda, Deitrâge mr klin. Studien der PInjsiol. der Kleinhinis {Vienenned. Wochenschrift, 1876, n°® 1 à 10, anal. d. Rev. des sc. méd., t. Vlll, p. 199). — J. Ikiglilinlis Jackson, Remarks on tumours of cerebelhnn (Brit. med. .Jonrnal, 7 février 188U).

ENCEPHALE.

dre avec les phlegmasies qu’elles viennent souvent les compliquer, et pour ce fait elles méritent toute notre attention. D’ailleurs les troubles spéciaux qui les accompagnent, leur rôle important dans la pathologie mentale donnent le plus grand intérêt à leur étude. Ainsi il y a tout lieu de faire connaître leurs principales variétés qui sont : la stéatose, la chromatose, la calciose, etc.

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