II. — Cysticerque ladrique de l’encéphale
Les conditions anatomiques de ce parasite étant différentes de celles de lechinocoque, ses effets sont également dissemblables. D’un volume i qui ne dépasse guère celui d’une cerise ou d’une olive, le cysticerque : ladrique de l’encépbale, rarement unique, se distingue en général par sa multiplicité. Il existe quelquefois un grand nombre de ces vers accu- i mulés dans une seule région, ou, plus souvent, disséminés à la ch’conférence du cerveau, dans la pie-mère ou dans les plexus choroïdes, et fréquemment accompagnés de cysticerques des autres organes. Par leur I développement progressif, ces entozoaires refoulent la substance nerveuse et s’y creusent une sorte de loge ; d’un autre côté, par leur ' présence ils irritent le stroma conjonctif de l’encéphale, et, comme pour les hydatides, il se forme à leur circonférence une membrane mince qui les enkyste. La substance nerveuse de leur voisinage est refoulée, comprimée, rarement ramollie, de telle sorte que ses fonctions sont plutôt excitées qu’abolies.
La poche qui renferme la vésicule du cysticerque suppure rarement, mais cette vésicule n’est pas moins modifiée dans un certain nombre de cas. Elle augmente de volume, devient globuleuse, se divise en lobules; la tête et le rostre du parasite s’infiltrent d’une matière noirâtre, , pigmentaire, qui recouvre les crochets à leur base ; ceux-ci disparaissent, la vésicule, rétrécie ou oblitérée, revient sur elle-même, ne laisse plus sortir le corps dont la tête reste invaginée, en sorte que la présence du cysticerque n’est plus reconnaissable que par la dilacération des parties.
ENCÉPHALE
•Ces transformations, en somme, ne sont pas rares, elles se rencontrent partout, et nous avons pu les observer chez une femme qui portait plus •de cinq cents cysticerques sur le corps, notamment dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les muscles. 11 semble donc que ces parasites soient destinés à périr, s’ils ne parviennent à tuer leur hôte.
Par leur présence au sein de l’encéphale, les cysticerques déterminent des phénomènes d’excitation qui varient avec leur siège et leur nombre plus ou moins considérable. Ces phénomènes consistent en céphalée, convulsions diverses, générales ou partielles, attaques épileptiformes, "vomissements, agitation, délire, monomanie. A leur suite, on voit souvent apparaître de la prostration et du coma vraisemblablement liés à une compression directe ou par hydropisie ventriculaire qui vient s’ajouter aux lésions produites par les cysticerques. Dans quelques cas, aucun phé- ! nomène appréciable ne trahit la présence du cysticerque dans le cerveau, j quand surviennent tout à coup des accidents graves et une mort rapide.
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L’échinocoque et le cysticerque ne sont pas les seuls parasites rencontrés dans le cerveau. Chez une femme atteinte d’une altération du sternum prise pour un cancer, de lésions cutanées attribuées tout d’abord à la syphilis, plus tard à la morve, et qui mourut dans le collapsus, Kübler (1) reconnut, à l’autopsie, que tous ces désordres étaient dus à la présence de l’actinomycète dans plusieurs organes, le cerveau, le cœur, la langue, la glande thyroïde, etc. La porte d’entrée du parasite était la mâchoire supérieure, car l’examen des alvéoles de quelques dents cariées permit d’y trouver ce champignon caractéristique. D’un autre côté, W. Jenner (2) a rencontré la sarcine dans un liquide provenant des ventricules cérébraux, et Shüle (3) a décrit un cas de mycose du cerveau.
§ 2. . — Traumatisme de l’encéphale.
Les accidents nerveux déterminés par le traumatisme encéphalique offrent des phases successives qui permettent de les distinguer d’après leur ordre d’apparition en primitifs, secondaires et tertiaires.
Les accidents primitifs sont tous ceux que l’on constate au moment
(1) Kohler, Berlin, klin. Woclienschr., i88i-, p. 363 et il-i.
(^) W. Jenner, On a case in which tlie sarcina venlriculi was fourni in the fluid removed froin lhe veniricles of the humour brain (Bril. and foreign med. chir. Rev., London, 1853, Xll, 530).
(3) H. Schüle, Zur Mycosis des Gehirns {Arch. f. palh. Anat. und PhysioL, Berlin, 1876, t. LXYII, 215-2“21, 1 pl.).
Lancereaux. — Traité d’Anat. path.
lit. — 15
ANATOMIE PATQÔLOGIQUE.
même de la blessure; ils comprennent: les plaies, la commotion, la compression et la contusion cérébrales.
Les accidents secondaires, dont le point de départ est dans la réaction intlammatoire que détermine la lésion des centres nerveux, ne se rencontrent pas avant le second ou le troisième jour ; ils se manifestent par de l’encéphalite ordinairement suppurative.
Les accidents tertiaires surviennent après des mois ou même des années, ils sont l’effet ordinaire d’un processus phlegmasique prolongé et persistant (encéphalite scléreuse) et se révèlent par des paralysies ou mieux par des contractures, des atrophies musculaires, des attaques épileptiformes, plus rarement par des troubles de la sensibilité. Nous étudierons chacun de ces groupes d’accidents, puis nous dirons quelques mots de l’influence psychique qui, dans quelques circonstances, peut arriver à produire une sorte de traumatisme de l’encéphale.
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