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II. — Contusiun de l’encéphale

Ce désordre consiste en une altération plus ou moins profonde de la substance encéphali(|ue avec ou sans plaie. Il se manifeste anatomiquement par la déchirure, le ramollissement, le broiement de la substance nerveuse qui est plus ou moins intimement mélangée avec le liquide sanguin épanché, et enfin par des extravasations sanguines dans les gaines vasculaires. La région contusionnée ressemble à un magma, à une bouillie épaisse, rougeâtre, au pourtour de laquelle se produit bientôt un sillon éliminateur; les tubes nerveux qui composent cette bouillie sont cassés, brisés, ou même broyés; les cellules nerveuses sont modifiées dans leur forme, plus rarement déchirées; les vaisseaux sont rompus, les gaines lymphatiques gorgées de sang et parfois aussi rompues, d’où les petites hémorrhagies disséminées dans l’épaisseur et surtout à la circonférence du foyer.

La contusion cérébrale présente différents degrés, fondés sur l’intensité du choc et la destruction plus ou moins complète de la substance nerveuse. Assez ordinairement on distingue quatre degrés dont les deux extrêmes sont cai’actérisés, le premier par un pointillé sanguin avec ramollissement à peine appréciable de la pulpe nerveuse, le dernier par la destruction d’une portion considérable de l’encéphale avec ou sans épanchement.

La substance nerveuse contusionnée et ramollie, incapable de se nourrir et de vivre, devient un corps étranger qui irrite les parties de son A'oisinage restées saines, les enflamme et détermine à son pourtour un travail semblable à celui ([ui se produit à la périphérie d’un foyer de ramollissement par oblitération artérielle, avec cette dillérence que le processus inflammatoire est presque toujours suppuratif. La méningite

et l’encéphalite suppurées sont une des complications fréquentes de la contusion cérébrale et le mode de terminaison le plus habituel de ce désordre, s’il n’entraîne pas directement la mort. Ces accidents, qui apparaissent peu de temps après la contusion, ont une marche aiguë et le plus souvent fatale, excepté dans les cas légers. Ils peuvent disparaître, en partie ou en totalité, au bout de peu de temps; mais on les a vus reparaître quelquefois après plusieurs années et être suivis d’une mort rapide.

Des lésions crâniennes diverses consistant en ecchymoses périostiques ou méningées, fracture du crâne, avec ou sans pertes de substance, font généralement cortège à la contusion cérébrale. Ces lésions, signes indiscutables d’un traumatisme, peuvent servir au diagnostic différentiel du ramollissement et dè la contusion cérébrale, qu’elle soit directe ou indirecte.

Produite par une violence extérieure appliquée sur le crâne ou même sur l’encéphale, la contusion cérébrale siège au niveau du point d'application de l’agent vulnérant ou sur le point diamétralement opposé. Elle occupe le côté correspondant lorsque le traumatisme est assez violent pour produire une fracture du crâne ; mais lorsque la boîte crânienne reste intacte ou se trouve simplement fêlée, la contusion peut avoir lieu par contre-coup ; ainsi il n’est pas rare de voir des hémiplégies se produire du côté de la chute, et de trouver la lésion cérébrale sur un point diamétralement opposé au point qui a subi le choc; dans certains cas même la contusion cérébrale peut être double, directe et indirecte à la suite d’un simple coup.

Les effets de la contusion cérébrale varient suivant l’intensité du choc et la localisation de la lésion; ils sont Immédiats ou éloignés; les effets immédiats sont la perte de connaissance lorsque la contusion est un peu forte, le resserrement des pupilles, des mouvements désordonnés ou convulsifs, de la contracture, des troubles intellectuels divers, et souvent, au bout de quelques jours, de la fièvre, du délire, des paralysies, le coma et la mort. Dans des cas moins graves, ce traumatisme peut être suivi d’accidents épileptiformes, de polyurie, comme dans un cas récemment observé par moi, de glycosurie ou même d’albuminurie.

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ENCÉPHALE

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