I. — Néoplasies conjonctives
Toutes les néoplasies conjonctives peuvent sans aucun doute se rencontrer dans la glande pituitaire, quoique jusqu’ici V endothéliome n’y ait pas été décrit. Weichselbaum prétend avoir observé dans le lobe postérieur de cette glande un lipome, chez un soldat de vingt ans mort de méningite, au dix-septième jour d’une lièvre typhoïde. Cette tumeur se composait de deux parties ayant. Tune le volume d’une lentille, l’autre celui d’un haricot; celle-ci présentait un îlot de tissu blanchâtre, fibrillaire, avec infiltration de cellules anguleuses ou étoilées. Heusser a constaté, dans la partie antérieure du corps pituitaire, l’existence d’une tumeur de la grosseur d’une prune {lymphome probable), se prolongeant vers le trou optique et comprimant plusieurs des nerfs de la base du cerveau. De petites cellules rondes, égales, renfermant un gros noyau et peu de protoplasma, contenues dans un réticulum riche en vaisseaux entourés de cellules rondes ou fusiformes, composaient cette tumeur qui avait atrophié les épithéliums de la glande et fait disparaître sa partie postérieure. Suivant Auché, deux cas &' enchondrome auraient été vus par Neumann dans la glande pituitaire; mais, dans un de ces cas, il ne restait aucune trace de cette glande, et Ton est disposé à croire que la tumeur avait son origine dans le sphénoïde, dans l’autre il s’agissait d’une sorte de cartilaginification de l’hypophyse; malheureusement il n’y a pas eu d’examen microscopique.
Le fibrome embryonnaire a été plusieurs fois rencontré dans la glande pituitaire, llolfmann a vu, chez une femme de vingt-neuf ans, une tumeur arrondie, d’un rouge pâle, ferme, lobulée, dépassant à droite les limites de la selle turcique et dont la composition était celle des fibromes fusocellulaires. Un cas assez semblable a été rapporté par Rosenthal. Une tumeur dont la nature n’est pas nettement déterminée, mais qui semble rentrer dans le groupe du fibrome embryonnaire à cellules rondes (globocellulaires), a été observée par Taylor chez un garçon de vingt-trois ans. Cette production molle et lobulée s’étendait depuis Tethmoïde jusqu’à la partie inférieure du lobe temporo-sphénoïdal et refoulait la substance nerveuse dans la base du cerveau. Ajoutons qu’une tumeur du corps pituitaire a été rapportée par Petrina et rangée parmi les sarcomes de cet
GLANDES DITES VASCULAIRES SANGUINES
organe ; mais, si l’on tient compte de l’àge de la malade, soixante-six ans, il y a plutôt lieu de la rattacher au cancer.
Bibliographie. — A. Weichselbaum, Zu den Neubildungen der Ilypophysis {Arch. f. path. Anat. und Physiol., Berlin, 1879, t. LXXV, p. 44G) {Lipome). — J. Heusser, Ein Beitrag zur Casuistik der Hypophysistumoren {Arch. f. path. Anat. und Physiol., Berlin, 1887, t. CX, p. 10) {Lymphosarcome). — C.-E. Hoffmann, Grosser sarcomatôser Tumor in der Pituiturgegend {Archiv f. path. Anat. und Physiol., 1862, t. XXIV, p. 551, 1 pl.). — Rosenthal, Handh. der Biagnostik und Thérapie der Nei'venkrankh., Erlaugen, 1870, p. 66. — E. Breitner, Zur Casidstik der Hypophysistumoren {Archiv f. path. Anat. und Physiol., 1883, t. XCIII, p. 367). — Fr. Taylor, Turnour ofpituary body {Tr. of the path. Soc. of London, 1884, t. XXXV, p. 35). — Peirina, Klin. Beitrage zur Localisation der llirntumoren{Vierteljahrschr. f. die prakt. Heilkunde, t. 133 et 134). — Voy. en outre la Bibliographie générale.