‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 149 sur 218 · III · texte numérisé non relu

III

§ 2. — Kystes dermoïdes.

Développé aux dépens de l’épithélium pharyngien, le corps thyroïde, de même que les glandes pituitaire et pinéale, est le siège, dans des cas relativement rares, de productions ou tumeurs mixtes dues à une sorte d’invagination embryonnaire, et dans lesquelles se rencontrent simultanément dilTérents tissus de l’économie ou même des organes. Un fait de ce genre a été observé par Zahn, chez un fœtus de sept mois. La tumeur thyroïdienne, du volume d’un poing d’adulte, s’étendait depuis le menton de l’enfant jusqu’au sternum; elle était constituée par des cellules arrondies, entre lesquelles étaient interposés des îlots de cartilage hyalin et ostéoïde, des cellules pigmentaires , des fibres contractiles, striées, ou embryonnaires, des boyaux d’épithéliums plissés. Ainsi, d’après sa structure histologique et eu égard au sujet qui en était porteur, cette production doit être considérée comme congénitale et ne peut s’expliquer que par un vice de formation.

Bibliographie. — - W. Zahn, Contribution à l’étude des tumeurs du corps thyroïde {Deidsche Zeitschrift fur Chirurgie, t. XXIII, fasc. 3 et 4, 1886; Gaz. méd. de Paris, 1886, 20 nov., p. 559, et Journ. des Soc. sc., 21 octobre 1885, p. 466).

ANOMALIES DE NUTRITION § 1". — Atrophie et Hypertrophie.

L’atrophie du corps thyroïde, phénomène commun dans la vieillesse, , i ne diffère pas des modifications imprimées par l’âge dans la plupart des || organes; elle consiste en une transformation granulo-graisseuse ou |l même colloïde des éléments épithéliaux, fréquemment suivie de résorp- j j tion, en sorte que ces éléments venant à disparaître en partie, le tissu ■ j conjonctif interstitiel épaissi constitue presque tout l’organe. j |

A côté de cette transformation sénile, se place une atrophie purement 1 1 nerveuse, en ce sens que la diminution de volume des éléments thyroi- ! ^ diens se trouve sous la dépendance d’un trouble de l’innervation. Haie : i White a rapporté deux faits oui sont des exemples frappants de cette | f

GLANDES DITES VASCULAIRES SANGUINES

seconde forme. Le corps thyroïde, dans ces deux faits, était le siège d’une atrophie excessive, car il ne pesait que 9 grammes; sa structure vésiculeuse avait complètement disparu, et il se trouvait transformé en un tissu fibreux parsemé d’ilots colloïdes. Il existait dans ces deux cas un anévrysme de la ci'osse de l’aorte, disposé de telle façon que le nerf récurrent gauche était comprimé, atrophié et presque détruit. Aussi l’auteur s’est-il demandé si ce cordon n’était pas le nerf trophique de la glande thyroïde, d’autant plus (pie des recherches anatomiques sérieuses lui avaient appris qu’un certain nombre de filets nerveux, émanés du récurrent, allaient se perdre dans cette glande.

Il y a sans doute d’autres circonstances pathogéniques propres à déterminer l’atrophie du corps thyroïde; mais elles sont trop peu connues pour que nous ayons à en parler. Citons toutefois l’atrophie résultant de la compression exercée sur le corps thyroïde par des tumeurs de voisinage ou par toute autre lésion.

Bibliographie. — - Hale Wiiite, On atrophtj of the thyroid body, foUowimj pressure on the récurrent laryngeal nerve (Brit. med. Journ., août 1815, p. et Rev. des sc. méd., t. XXVII, p. 751). — Le même, Further communlmt. on the function of the récurrent laryngeal nerve, with regard to the thyroid body (British med. Journ., 1885, p. 1014, et Rev. des sc. méd., t. XXVIII, p. 305).

Page 1