‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 153 sur 218 · TOT · texte numérisé non relu

TOT

gommeux au sein du corps thyroïde; mais, outre que ces dépôts sont susceptibles detre résorbés et de disparaître, leur absence n’est peutêtre que la conséquence de la négligence avec laquelle on pratique généralement les autopsies. Cette altération ne détermine aucun phénomène réactionnel, et les symptômes qui en sont la conséquence sont généralement confondus avec ceux de la syphilis viscérale.

Thyroïdite tuberculeuse. — Cette phlegmasie, contrairement à l’opinion reçue, n’est pas extrêmement rare, car Chiari prétend l’avoir rencontrée sept fois sur cent tuberculeux. Elle se montre tantôt à l’état de granulations miliaires, tantôt là l’état caséeux, et presque toujours consécutivement à la tuberculose d’un autre organe.

La première de ces formes, déjà signalée par Lebert, a encore été vue par d’autres observateurs. Virchow rapporte qu’il a trouvé deux fois une tuberculose miliaire très étendue de la glande thyroïde sans hy[!ertrophie de cette glande; et, dans des cas de tuberculose miliaire générale, Cornil et Chiari ont également constaté la présence de granulations tuberculeuses disséminées au sein du parenchyme thyroïdien. Fraenkel, d’accord en cela avec Cohnheim, prétend avoir observé des tubercules dans la thyroïde de tous les sujets ayant succombé à une tuberculose miliaire aiguë; il ajoute que cette glande, ainsi que l’avait aflirmé Chiari, peut être intéressée dans la forme chronique de la tuberculose généralisée.

La seconde forme de la tbyroïdite tuberculeuse, ou forme caséeuse, se présente sous l’aspect de masses blanchâtres, friables, occupant une plus ou moins grande étendue de l’organe. Fraenkel a vu des nodosités caséeuses multiples dans le corps thyroïde; Barth a décrit une infiltration caséeuse de cette glande. En somme, la tuberculose du corps thyroïde offre des apparences analogues à celle des autres organes. Les tubercules y ont la même structure que partout ailleurs, ils se distinguent uniquement par leur richesse en cellules géantes et leur pauvreté en bacilles spécifiques (Fraenkel). Ces lésions se développent, d’après Chiari et Fraenkel, dans le tissu conjonctif périacineux et non aux dépens de l’épithélium alvéolaire, comme le veulent Cornil et Ranvier. C’est le tissu conjonctif, en effet, qui est le terrain où germe la tuberculose; mais d’ailleurs, lorsqu’on examine attentivement les cellules épithéliales des vésicules thyroïdiennes dans ces conditions, il est facile de constater que, loin de proliférer, elles subissent la dégénérescence granulo-graisseuse.

Bibliographie. — H. Lebert, Loc. cit. — Hamburger, Goitre et tuberculose {Guz: méd., Paris, 1853, p. 827-829). — Chiari, Ueber Tuberculose der Schildrüsc (Med. Jahrbucher von Stricher, 1878, p. 69, et Rev. des sc. méd., 1879,

t. Xlll, p. 82). — Barth, Thyroïdite caséeuse (France méd., 1884, p. 550). — CoRNiL et Ranvier, Mau. d'histol.path., Paris, 1884, t. I, p. 210. — E. Fraen- KEL, üeber Schildrùsentubercidose (Archio f. path. Anat. und Physiol., Berlin, 1886, t. CIV, [). 58, et Gaz. méd., Paris, 1886, p. 465). — Grasset et Estor, Myélite cervicale, tubercules du corps thyroïde (Rev. de méd., Paris, 1887, p. 128). — R. Virchow, Pathol, des tumeurs, trad. fr. par P. Aronssohn, t. 111, p,255).

§ 3. — Néoplasies.

Ces néoplasies, comme celles de tous les organes, offrent des différences notables, suivant qu’elles ont pour point de départ le stroma conjonctif ou le tissu épithélial et glandulaire du corps thyroïde ; elles se groupent ainsi naturellement sous deux, chefs : les néoplasies conjonctives et les néoplasies épithéliales, llouel (1) les divisait en tumeurs gazeuses, tumeurs liquides et tumeurs solides; mais cette classification n’est plus en rapport avec l’état actuel de la science.

Page 1