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II. — Néoplasies épithéliales

Essentiellement constituées par la végétation de l’élément épithélial ou glandulaire du corps thyroïde, ces néoplasies forment deux groupes distincts, selon que le tissu de nouvelle formation reste limité aux vésicules de la glande, ou qu’il envahit le tissu interstitiel, le système lymphatique et d’autres organes. Nous appelons adénome les productions du premier groupe et épithéliome celles du second, bien qu’elles soient

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généralement désignées, les premières sous le nom de goitre endémique, les secondes sous celui de goitre cancéreux.

Adénome du corps thyroïde. — Thyro-âdénome. — Goitre endémique. — Subordonnée à une influence extérieure locale, cette affection, l’une des plus intéressantes de la pathologie, ne présente pas, ainsi que l’ont pensé quelques auteurs, une série d’espèces particulières, indépendantes les unes des autres, mais des formes différentes d’une production identique, quant à son origine, avec des modes divers de transformation et de terminaison.

La glande thyroïde est le siège d’une tuméfaction lente, qui ne donne lieu à aucune réaction; tantôt diffuse, cette tuméfaction atteint la glande tout entière; tantôt partielle, elle se localise soit à un seul lobe, soit aux deux lobes à la fois; tantôt nettement circonscrite, elle donne naissance à des tumeurs logées à l’intérieur de la glande et dont les limites sont bien tranchées. A son début, la tuméfaction glandulaire offre une consistance ferme, assez uniforme, peu différente de celle de l’état normal, et d’ailleurs l’aspect, à l’œil nu, d’une surface de section ne diffère pas sensiblement, tout d’abord, de celui de la glande normale, mais seulement plus tard, sous l’influence de transformations diverses. Celles-ci ont pour effet de modifier la consistance et la forme de la glande thyroïde et de produire, sur un ou plusieurs points, des saillies molles, légèrement fluctuantes, tenant à la présence d’un magma athéromateux ou gélatineux, ou bien encore à des formations kystiques. Le magma, dit athéromateux, est le résultat de la transformation graisseuse des éléments épithéliaux des vésicules et de la formation de cristaux de cholestérine. Le contenu gélatineux, beaucoup plus commun, occupe en général un certain nombre de vésicules parfois fusionnées entre elles; d’aboi'd épais, il se liquéfie peu à peu et arrive à constituer les kystes, dernier terme de la transformation de la substance gélatiniforme. Cette substance jaunâtre, d’un gris pâle ou incolore, filante et visqueuse, se laisse écraser entre les doigts, et se présente, dans quelques cas, sous la forme de granulations petites et claires; tantôt elle se dissout dans une grande quantité d’eau, et se comporte comme une solution albumineuse alcaline; tantôt elle résiste à l’action de l’eau froide, et ne se dissout pas, même par l’ébullition : ainsi elle contient des produits divers, mais répondant tous à des composés d’albumine.

Dans le principe, les follicules glandulaires, agrandis, renferment un plus grand nombre de cellules épithéliales que normalement, et, suivant quelques auteurs, ils envoient des prolongements ou bourgeons latéraux

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qui s’étranglent et constituent des follicules nouveaux. Aussi voit-on sous 1e champ du microscope, à côté de vésicules manifestement élargies et déjà en voie de formation, des vésicules jeunes ne renfermant que des cellules semblables aux vésicules thyroïdiennes du fœtus. Mais au bout d’un certain temps, ces éléments se modilienl à leur tour et subissent des transformations diverses, des dégénérescences colloïde et graisseuse notamment.

Si le processus pathologique du goitre a pour siège spécial les vésicules thyroïdiennes, cependant le stroma et les vaisseaux ne sont pas sans jouer un certain rôle dans cette néoplasie. Les modifications qu’ils apportent au sein du goitre ont même servi à classer les diverses formes de cette affection qui reposent sur la prédominance plus ou moins marquée de l’élément folliculaire et du stroma conjonctif.

Le goitre dans lequel l’état folliculaire se trouve prédominant, goitre parenchymateux, est en général bosselé, lobulé à sa surface, d’une consistance peu ferme ou molle, et sur quelques points presque fluctuant. 11 se limite à quelques parties, à un ou deux lobes, et y forme des nodosités plus ou moins volumineuses, circonscrites par une couche fibreuse et constituées par des follicules remplis de cellules, un tissu interstitiel lâche et des vaisseaux ordinairement larges. Selon Rokitansky, ces follicules tantôt se développent d’une manière indépendante, tantôt résultent d’un bourgeonnement qui s’opère sur les parois des anciennes vésicules dilatées.

Le goitre fibreux diffère du précédent par une consistance plus ferme, une résistance plus grande, caractères qui tiennent à un épaississement marqué du stroma glandulaire au sein duquel les follicules sont plus ou moins comprimés. En réalité, il s’en éloigne assez peu suivant plusieurs auteurs qui regardent la production de tissu conjonctif comme secondaire et subordonnée à une irritation phlegmasique développée dans un goitre parenchymateux préexistant. Le fait est que cette disposition ne s’observe que dans des goitres anciens. Le tissu fibreux est blanc, bleuâtre ou jaunâtre, et tellement dur et résistant dans certains cas qu’il offre l’aspect du cartilage. Toutefois les éléments de ce dernier tissu ne s’y rencontrent pas, mais on y trouve simplement une trame fibreuse avec noyaux conjonctifs appréciables par addition d’acide acétique; les follicules comprimés par cette trame présentent des cellules en état de dégénérescence graisseuse. Ajoutons que, dans quelques cas, le tissu interstitiel venant à se calcifier, le goitre offre une consistance osseuse (goitre osseux ou pierreux).

Le goitre vasculaire, agité de pulsations pendant la vie, se fait remar-

kec

fi CO

(JLANDES DITES VASCULAIRES SANGUINES. 771

(|uer par un développement exagéré et variqueux des différents vaisseaux qui entrent dans sa composition.

Telles sont les formes primitives du goitre; ses modes d’évolution ultérieure sont variables. L’un des plus communs et qui appartient surtout à la forme folliculau’e, est la dégénérescence colloïde. Cette dégénérescence est le résultat de l’infiltration des cellules épithéliales par une substance gélatiniforme, transparente, qui augmente leur volume et les rend très réfringentes. A un faible degré les vésicules, peu agrandies, présentent des grains transparents et jaunâtres comparés par Ecker à des grains de sagou cuits et formés de substance colloïde contenue dans les cellules épithéliales ou même déjà libre (fig. 174).

A un degré plus avancé, le contenu des cellules devient liquide ; les vésicules, par une sorte de fusion, se transforment en kystes dans lesquels se rencontrent encore quebiues cellules granulées, remplies de matière colloïde et des noyaux libres. Ces kystes refoulent le stroma et l’étouffent peu à peu, ils deviennent confluents, forment de grandes cavités anfractueuses dont le contenu subit diverses métamorphoses et dans lequel s’épanchent des liquides variés, ou bien se produisent des hémorrhagies abondantes. La métamorphose graisseuse est un autre mode d’évolution définitive par lequel les éléments glandulaires se transforment en matières grasses et finissent par être détruits. Avec les substances grasses des cristaux de cholestérine, des concrétions calcaires et parfois des restes de substance colloïde remplissent les vésicules qui, peu à peu, se rétractent et diminuent de volume. Dans toutes ces conditions les vaisseaux subissent des transformations diverses. Quant aux parois kystiques, elles peuvent s’enflammer et suppurer, donner lieu à des foyers purulents susceptibles, ainsi qu’il a été observé, de s’ouvrir au dehors.

Parallèlement à ces modifications anatomiques donnant lieu à un

Fig. 17i-. — Coupe microscopique d’un goitre atteint de transformation colloïde des éléments glandulaires. — a, capsule extérieure; h', follicule contenant de la matière gélatiniforme; f, plusieurs follicules réunis et dont le contenu est formé de la même substance.

accroissement toujours plus ou moins considérable du corps thyroïde, surviennent des désordres variés, résultant de la compression déterminée par cette glande. La trachée est aplatie, les vaisseaux et les nerfs sont parfois refoulés. Tout d’abord ces désordres sont peu appréciables, mais bientôt la respiration est gênée, la déglutition devient difficile si les lobes latéraux acquièrent un développement considérable. Les carotides, les jugulaires, les nerfs du cou sont plus rarement troublés dans leurs fonctions, mais un des dangers les plus sérieux est le développement sous-sternal du goitre, dont le principal effet est de produire de la suffocation.

Étiologie et pathogénie. — Lésion endémique par excellence, le goitre se montre dans des contrées diverses, et de plus il est susceptible de se transmettre par hérédité. Les lieux où s’observe généralement cette affection sont les mêmes que ceux où se rencontre le crétinisme; le plus souvent ce sont des localités situées au pied des grandes montagnes ou dans les vallées auxquelles elles donnent lieu, tels sont les monts Himalaya, les Andes, les Alpes, les Pyrénées, etc. Cette maladie par contre est rare dans des endroits non montagneux. Deux circonstances étiologiques paraissent contribuer à sa genèse : la nature de certains terrains et la qualité des eaux. Après avoir accusé l’absence d’iode, les eaux contenant en suspension des sulfates de chaux ou de magnésie, on est arrivé à soupçonner un miasme d’être la cause du goitre.

11 n’entre pas dans notre plan de discuter les opinions diverses émises à cet égard ; reconnaissons toutefois que le goitre endémique est le résultat d’un désordre général produit par une cause spéciale, et que l’idiotisme ou le crétinisme l’accompagnent dans un certain nombre de cas et n’en sont peut-être que les efiéts. Le goitre sporadique, lésion d’une nature différente, n’est en général qu’une simple dégénérescence colloïde, ou encore un désordre de la nature du goitre exophthalmique.

Le nom de goitre congénital a été donné à des lésions diverses du corps thyroïde. Ces lésions, dans quelques cas, sont bien des adénomes congénitaux (W. Muller), mais dans beaucoup d’autres elles sont de simples hypertrophies, plus souvent des angiomes nés à la période de vascularisation lacunaire du développement de la glande, ou bien encore des dégénérescences kystiques ou colloïdes des vésicules glandulaires (Wôlfler). Chacune de ces lésions rentre naturellement dans le type qui lui correspond à l’état adulte; aussi nous semble-t-il inutile d’en donner une description particulière.

Le goitre n’est pas une affection spéciale à l’homme, il se trouve encore

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diez les animaux. Quelques auteurs prétendent l’avoir observé chez les solipèdes, d’autres ont nié qu’il se rencontrât dans cette classe animale, mais tous sont d’accord pour reconnaître que cette lésion existe incontestablement chez le chien dans un certain nombre de contrées où l’adénome du corps thyroïde est endémique chez l’homme.

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Épithéliomes. ' — Les épithéliomes de la glande thyroïde sont de trois espèces : l’épithéliome alvéolaire ou épithéliome primitif, de beaucoup le plus fréquent ; l’épithéliome à cellules cylindriques, et enfin l’epithéliome

à cellules pavimenteuses. Cette dernière forme provenant, suivant Wolfler, de l’inclusion d’une portion du feuillet externe du blastoderme dans la glande, au moment de la soudure des fentes branchiales, rentre, d’après notre division, dans le groupe des malformations. D’autre part, l’épithéliome à cellules cylindriques étant toujours secondaire, la tumeur alvéolaire du corps thyroïde devient le principal objet de notre étude.

L’épithéliome alvéolaire débute par un point de la glande qui se tuméfie et fait saillie, pour s’étendre ensuite à un lobe, et souvent à l’organe tout entier qui conserve sa forme. Dans ce dernier cas, la masse cancéreuse située au-devant de la trachée, depuis le cartilage cricoïde jusqu’à la fourchette sternale sous laquelle elle peut pénétrer, se trouve recouverte latéralement par les muscles sterno-mastoïdiens et par ceux de la région sous-hyoïdienne; elle est ferme, résistante, ligneuse, de forme arrondie, inégale, bosselée, ou même nettement lobulée. Les ganglions du voisinage sont le plus souvent altérés, les vaisseaux et les nerfs englobés dans la tumeur, qui parfois envahit les veines jugulaires (Mathieu). Le degré de consistance de cette tumeur dépend de la plus ou moins grande exubérance du tissu conjonctif par rapport au tissu épithélial et de l’état de dégénérescence plus ou moins avancée de ce dernier; son aspect est encépbaloïde ou lardacé, sclérosé sur quelques points, ramolli sur d’autres avec ou sans extravasats sanguins. Histologiquement, cette production se rapproche de la structure du corps thyroïde à l’état normal. Les points les moins altérés, c’est-à-dire les plus superficiels, ceux où le processus ne fait que commencer, sont formés par les vésicules thyroïdiennes élargies et l’emplies de cellules, les unes arrondies, allongées, ou même cylindriques, suivant leur degré de pression, avec un ou deux noyaux volumineux et de gros nucléoles, les autres plus ou moins déformées et dégénérées, vitreuses ou graisseuses. Des travées conjonctives épaissies séparent ces vésicules, et leurs espaces lymphatiques sont remplis et distendus par des cellules épithéliales provenant des vésicules dont les parois ont été détruites.

Indépendamment des cellules hypertrophiées et multipliées des alvéoles de la glande thyroïde, s’élèvent parfois de la paroi de ces alvéoles des bourgeons vasculaires recouverts des mêmes éléments (Cornil), disposition qui a fait donner à cette forme le nom de papillome infectant du corps thyroïde (Griffini). Semblable lésion a été vue dans une glande thyroïde accessoire (Bilton Dollard). Déjà antérieurement, Wedl et Rokitansky avaient décrit et même figuré des excroissances dendroïdes appendues à la paroi interne des kystes du corps thyroïde, et constituées par un tissu très vasculaire recouvert de cellules épithéliales; mais ces

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végétations, qui généralement subissent la dégénérescence graisseuse, ne sont pas toujours cancéreuses.

La végétation véritablement cancéi’euse abandonne la vésicule qu’elle perfore, pour se porter dans le stroma conjonctivo-vasculaire, et cette pénétration est, suivant nous, la caractéristique de la tumeur épithéliale de mauvaise nature ou épithéliome, car celui-ci peut se généraliser, tandis que l’adénome reste toujours localisé à la glande thyroïde, j Le pharynx, l’œsophage, la trachée et le larynx sont les organes le ' plus souvent envahis par continuité; les ganglions lymphatiques, les j médiastins, les poumons et parfois les os sont les parties les plus expo- 1 sées à l’infection métastatique, laquelle se traduit par des nodosités ou ' des masses de peu d’étendue, ayant les caractères histologiques de la 1 j néoplasie primitivement née dans le corps thyroïde.

I Le développement de l’épithéliome du corps thyroïde commence par I la tuméfaction et la multiplication des cellules épithéliales des alvéoles ■ I de cette glande qui sont, tout d’abord, élargies et distendues; plus tard,

I les parois de ces vésicules sont détruites et livrent passage aux éléments cellulaires qui se logent dans les espaces lymphatiques, mais, en même ; temps, le tissu conjonctif irrité végète à son tour, et envoie aux éléments de nouvelle formation des travées conjonctivo-vasculaires destinées à les soutenir et les nourrir. Ce mode de développement ne diffère pas, en 1 somme, de celui de l’épithéliome de tous les viscères : il consiste dans I la multiplication pathologique des cellules épithéliales et la formation de I bourgeons qui peu à peu remplissent les vésicules closes, les distendent,

' les détruisent, et envahissent le tissu interstitiel.

L’épithéliome secondaire du corps thyroïde est dû tantôt à une méta- : j stase, tantôt à la propagation d’un épithéliome de voisinage. Ce sont les I épithéliomes de la trachée et de l’œsophage qui se propagent en général

. I au corps thyroïde, comme dans un cas rapporté par Marcano (Bull, de la Soc. anat., 1873, p. 451). Assez souvent alors, il est difficile de distin- 1 guer l’organe primitivement alfecté, œsophage, trachée ou corps thyroïde, si l’on n’a recours à l’examen histologique qui vient renseigner sur la nature de l’épithélium afi’ecté. Malgré sa grande vascularite, le corps !• thyroïde est rarement le siège d’un cancer métastatique. Cette forme est ' facile à discerner, car elle se manifeste ici, comme partout ailleurs, par ' la présence de nodules limités, circonscrits et arrondis, disséminés au (■ milieu d’un tissu sain d’ailleurs.

Les désordres symptomatiques engendrés par le cancer du corps thyroïde varient suivant que la tumeur occupe un seul lobe, s’étend siniul- I tanément aux deux et même envahit tout l’espace compris entre le

sternum et le maxillaire inférieur. Dans ce dernier cas, elle comprime forcément les nerfs et les vaisseaux du cou, gêne leur fonctionnement, et détermine des phénomènes peu différents de ceux du goitre : parfois enfin, elle entraîne la perforation de la trachée et de l’oesophage, avec toutes leurs conséquences, l’ohstruction des veines jugulaires et même la destruction des parois de l’artère carotide.

L’épithéliome de la glande thyroïde, de même que toutes les productions du même genre, est une lésion de l’àge avancé de la vie; Lebert a constaté que son développement ordinaire avait lieu entre quarante et soixante ans, et cette remarque concorde entièrement avec les résultats de nos propres recherches. Les cas de prétendu cancer du corps thyroïde chez des individus jeunes se rapportent, comme il est facile de s’en assurer, à des végétations différentes de celles de l’épithéliome. L’hérédité joue ici, comme dans le cancer en général, le principal rôle étiologique.

Bibliographie. ^ — C. Hawkins, Carcinoma of the thyroid body (Med.chir. Trans., London, Î844, t. XXVII, p. 25). — R.-W. Brown, Case of schirrus ofthe thyroid body [Ibid.,]). 37). — Gendron, Cancer de la glande thyroïde^ avec carie du cartil. cricoide et double perforation de l' œsophage, dilatation de la trachée-artère (Bull, de la Soc. anat., Paris, 1833, t. YIII, p. 34). — Poumet, Cancer du lobe gauche de la glande thyroïde, obi. veine jugul. int. gauche, ulc. de la trachée-artère, ulcérât, et perforai, de l'œsoph. et de Vart. carot. prim. (Bull, de la Soc. anat., Paris, 1837, t. XII, p. 327). — A. Forster, Cancroide et sarcome du corps thyroïde (Wurzb.med.Zeitschr.,\SùO,t I, p. 8, et Gaz. méd., Paris, 1801, p. 475). — Morell Mackenzie, Transact. of the pathol. Soc. of London, t. XVII, 1866, p. 30 (atrophie du i écurr.). — Lücke, Cancroide der Schildrüse mit sehr akuten Verlauf (Arch. f. klin. Chirurg., 1867, t. IX, p. 88). • — Rose, Ibid., l. XXVIII, p. 1. — Moxon, Encephaloid cancer of the heart and scirrhous cancer of the thyroid gland (Trans. of the path. Soc. of London, 1867, t. XVIII, p. 38). — W. S. Church, Cancer of the thyroid gland (Ibid., 1869, t. XX, p. 392). — Th. Williams, Diseuse of the thyroid gland, with malignant growth in the Trachea (Ibid., p. 394). — Semple, Fibroid enlargement of the thyroid body, loith cnlarged cervical glands (Ibid., p. 397). — F. Semon, Double stenosis ofthe upper air passages, in a case of malignant tumour of the thyroid gland (Ibid., 1882, t. XXXIII, p. 38). — C.-J. Eberth, Zur Kenntniss des Epithelioms der Schilr drüse (Archiv f. path. Anat. und Physiol., Berlin, 1872, t. LV, p. 254). — • Eppinger, Carcinoma glandulæ thyroideæ (Prager Vierteljahrschrift, 1875, t. II, p. 13, et Rev. des sc. méd., 1876, t. VII, p. 71). — G. Marcano, Epithélioma de V œsophage, de la trachée et du corps thyroïde (Bull, de la Soc. anat., Paris, 1873, p.451). — Jul. Gohnheim, jEiiifac/ier Gallerthropf mit Metastasen (Archiv fur pathol. Anat. und Physiol., 1876, t. XXVIII, p. 547, avec planche, et Rev. des SC. méd., t. IX, p. 524). — Cornil, Sur le développement de Vépithélioma du corps thyroïde (Arch. de physiol. norm. et pathol., Paris, 1875, sér. 2,

CLANDES DITES VASCULAIRES SANGUINES

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§ 4. — Hypoplasies.

Les dégénérescences du corps thyroïde sont le fait habituel de l’àge, mais souvent aussi elles viennent compliquer certaines lésions de cet organe, notamment le goitre endémique, et se rencontrent enfin dans quelques autres circonstances parfois difficiles à déterminer. Les formes sous lesquelles elles se présentent sont diverses.

Stéatose. — La stéatose primitive du corps thyroïde, peu étudiée et mal connue, se traduit par la teinte jaunâtre de cette glande, dont la consistance reste ferme. Histologiquement, les cellules épithéliales sont infiltrées de granulations grisâtres, de granulations fortement réfringentes et graisseuses, plus ou moins déformées et fréquemment atrophiées.

Les effets de cette stéatose sont peu connus, mais il y a lieu de se demander s’ils ne se rapprochent pas, dans une certaine mesure, de ceux que l’on observe à la suite de l’extirpation du corps thyroïde. Indépendamment de la vieillesse et du goitre, l’alcoolisme m’a fourni des altérations graisseuses de cette glande.

Leucomatose. — Cette lésion, qu’il ne faut pas confondre avec la forme gélatineuse ou colloïde du goitre, a son point de départ dans les petits vaisseaux, et la plupart du temps elle vient compliquer le goitre endé-

inique. Friedreich, dans deux cas, a rencontré la dégénérescence des petites artères et des capillaires jointe à un goitre gélatineux récent.

Beckmann, Yirchow et Kyber ont vu la glande thyroïde, augmentée de volume, renl’ermer dans son épaisseur des espèces de nodosités enkystées d’un rouge gris pâle, homogènes à la coupe et d’un aspect cireux. Au microscope, on n’apercevait, dans la plupart de ces nodosités, qu’un lacis de vaisseaux séparés par un tissu finement fihrillaire et dont les parois épaissies et remarquables par leur brillant prenaient, par l’addition de l’iode, une très belle teinte d’un rouge vineux. Au sein de ces lésions il existait des follicules remplis de cellules et de granulations gélatineuses, et par places, une sclérose interstitielle avec disparition des follicules et transformation amyloïde progressive des vaisseaux. J’ai constaté l’existence de cette transformation en dehors du goitre, dans le cours d’une syphilis avancée.

CoLLOSE. — La dégénérescence colloïde est une des complications les plus communes du goitre, nous en avons déjà suffisamment parlé pour n’avoir pas à y revenir; contentons-nous de dire que cette lésion peut se produire dans un corps thyroïde sain, qu’elle envahit les cellules normales et les transforme de la même façon que celles du goitre. Cette dégénérescence donne lieu à des tuméfactions parfois considérables, résistantes, un peu pâteuses et d’un développement assez lent, qui présentent, à la coupe, des espaces de dimensions variables, formés par les follicules de la glande remplis d’une gelée grisâtre ou jaunâtre, gélatiniforme, s’enlevant avec la pointe du scalpel. Distendu par la pression de la masse gélatiniforme contenue dans les follicules, le tissu conjonctif intermédiaire s’atrophie et, dans certains cas de goitre, il disparaît avec les vaisseaux, ce qui permet la communication de plusieurs follicules en une cavité commune qui, plus tard, peut devenir kystique (voy. plus haut).

Calciose. — Cette dégénérescence, qui est tantôt un mode de terminaison du goitre, tantôt une lésion survenant dans un corps thyroïde primitivement sain, a pour siège les cloisons conjonctives interfolliculaires. Le tissu de ces cloisons, déjà sclérosé, se charge de sels calcaires (carbonates et phosphates), qui leur donnent une apparence blanchâtre, crayeuse et une consistance ferme, mais friable.

Bibliographie. — -M. FRiEmiEicn, Amyloid Entartuivj d. Schildrüse (Archiv fur path. Allât, und PhysioL, Berlin, 1857, t. XI, p. 389-391). — Beckmann, Ibid., 1858, t. XIII, p. 95. — ^evmani^, Deutsche Klinik, 1860,n°35. — B. Virchow, Pathol, des tumeurs, trad. fr. par Arronsohn, Paris, 1879, t. III, p. 219.

GLANDES DITES VASCULAIRES SANGULNES

— C.-J. Ebertd, Die amyloide Entartung (Archiv fur pathol. Anat., 1880, t, LXXX, p. 154). — Edw. Kyreu, Die amyloide Dégénérât, der Schüdrüse (Ibid., t. LXXXl, p. 421).

ANOMALIES DE CIRCULATION I. — Anémie et hyperémie.

L’anémie du corps thyroïde a été peu étudiée à cause, sans doute, des faibles désordres auxquels elle donne lieu; mais son existence, malgré la grande vascularité de cet organe, n’en est pas moins évidente.

L’hypérémie de cette même glande mérite beaucoup plus notre attention. Tantôt dépendante d’un désordre nerveux, elle finit par amener l’hypertrophie de la glande, comme dans le goitre exophthalmique : tantôt subordonnée à une gêne circulatoire, elle produit l’induration avec épaississement du stroma conjonctivo-vasculaire. De là deux variétés bien distinctes de Thypérémie thyroïdienne, l’une névropathique ou active, l’autre angiopathique ou passive.

L’hypérémie névropathique est caractérisée par la tuméfaction quelquefois rapide et presque brusque du corps thyroïde, et souvent aussi par de la chaleur et des battements artériels. Ce désordre n’est presque japaais constaté de visu, à cause de la rareté de la mort en pareil cas; son existence est cependant hors de toute contestation, tant par ses modes d’apparition et de terminaison que par les conditions dans lesquelles il survient. Ces conditions ne sont habituellement que des états physiologiques dans lesquels le système nerveux se trouve plus ou moins ébranlé ou surexcité. Ainsi, l’on voit le corps thyroïde se tuméfier et le cou se gonfler à l’époque de la puberté chez le jeune garçon, et surtout chez la jeune fille au moment de la première apparition des règles. Le coït et, suivant Bach, la masturbation arriveraient à produire le même effet; mesurer le cou des nouvelles mariées pour s’assurer de leur virginité est une ancienne coutume. |La grossesse, indépendamment de l’inflammation dont il a été question, détermine, dans certains cas, une congestion du corps thyroïde, et cet état, si l’on en croit Freund, serait l’elativement commun, puisque cet auteur prétend avoir trouvé l’augmentatibn de volume du corps thyroïde quarante-cinq fois sur cinquante femmes enceintes. Ajoutons que d’autres influences nerveuses peuvent amener également la congestion et la tuméfaction de cette glande.

L’impaludisme, enfin, est une maladie dans le cours de laquelle il survient parfois (Riebuych, Greco et Zézas) une tuméfaction thyroïdienne

rapide, qui n’est vraisemblablement qu’une fluxion ayant aussi pour origine un trouble de l’innervation.

Vhypérémie stasique ou angiopathique du corps thyroïde existe dans tous les cas où il y a gène de la circulation pulmonaire et cardiaque, et par conséquent dans la plupart des affections du cœur et des poumons, comme aussi toutes les fois qu’une tumeur vient à mettre obstacle au retour du sang veineux par les jugulaires supérieures. Le plexus thyroïdien et les veinules qui rampent dans les interstices celluleux de l’organe sont gorgés de sang, le parenchyme de la glande est injecté, violacé. Semblable phénomène s’observe encore dans la suffocation et dans l’effort; mais, en raison de son peu de durée, cette variété d’hypérémie ne laisse aucune trace dans la glande thyroïde, tandis que la première y détermine, au bout d’un temps plus ou moins long, un certain degré d’induration. C’est à une condition pathogénique de ce genre qu’il convient sans doute d’attribuer le goitre scolaire, puisque ce goitre, suivant les médecins qui en ont parlé, disparaîtrait pendant les vacances.

Bibliographie. — J. -A. Bach, DeVanat.pathol. des différentes espèces de goitre, etc. (Mém. Acad, de méd., t. XIX, p. 338-34G). — Baillarger, Congest. sexuelle chez les animaux (Gaz. hebd. de méd. et de dur., Paris, 1862, p. 617). — Hahn, Influence dé la tension du cou sur la production du goitre (Compt. rend. Acad, dessc., oct. 1869). — Guyon, Hypertrophie subite du corps thyroïde (Arch. de physiol. norin. etpath., 1870, p. 167). — Riebuyck, Recueil de mém. de méd., chir. et ph. militaires, Paris, 1871, p. 60. — Fr, Greco, U Morgagni giornale, anno XIV, 1873, p. 658. — ■ Lawson Tait, Enlargement of the thyroid body in pregnancy (Edinb. Med. Joum., 1875, t. XX, p. 993). — J. Pastriot, Étude sur les goitres dépendant de lagrossesse et de V accouchement, thèse de Pails, 1876. — Lücke, Ueber strüma puis, acuta (Deutsche Zeitschr. f. Clmmrgie, 1877, t. VH, 5 et 6, et Rev. des sc. méd., XI, p. ^9). — Porcher, Relut, du goitre avec les fond, utérines, thèse, Paris, 1880. — L. Plet, Infl. de la grossesse sur le corps thyroïde, thèse, Paris, 1881. — Parnet, Quelques cas de thyroïdites aigues à la suite de l’arrêt de la menstruation, thèse, Bordeaux, 1885-86. — G. Zezas, Ueber Thyroideitis und Strumitis bei Malaria (Centralblatt f. Chirurg., 1885, t. XII, p. 532).

Les hémorrhagies sont des accidents relativement rares dans le corps thyroïde sain, non atteint d’un goitre ou d’un néoplasme quelconque; elles se rencontrent quelquefois, mais uniquement à la suite d’une hypérémie intense, le plus souvent névropathique. Le sang épanché forme

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