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ARTICLE IV. — CAPSULES SURRÉNALES

Situées dans la profondeur des bypochondres, à 1 extrémité supérieure des reins qu’elles coiffent, les capsules surrénales sont de foi me tiiaugulaire ou semi-lunaire, et formées de deux parties, 1 une externe ou coiticale, l’autre centrale ou médullaire. Surmontées dans quelques cas de lobules isolés ou capsules surrénales accessoires, elles prêtent peu à Laneereaux. — Traité d’Anat. path. UE

l’exploration physique, ce qui, joint au manque de connaissances physiologiques, apporte une difficulté réelle au diagnostic de leurs altérations. Celles-ci n’en ont pas moins la valeur qui s’attache aux désordres des organes richement pourvus de nerfs et de vaisseaux; mais, pour bien saisir leurs dillérences, il importe de donner un aperçu succinct de l’anatomie normale des capsules surrénales.

Ces organes sont formés d’éléments épithéliaux ou épithélioïdes, plongés dans un stroma conjonctivo-vasculaire qui sert à leur entretien. De la capsule d’enveloppe partent des travées puissantes qui convergent vers le centre; ces travées émettent par toute leur périphérie des faisceaux conjonctifs dont les anastomoses et les entrelacements produisent un réseau à larges mailles. Plus loin, vers la substance médullaire, les faisceaux connectifs se dissocient en filaments très fins qui forment une couche à mailles étroites (zone réticulaire d’Arnold). Les éléments inclus dans ce stroma sont de deux sortes. Sous la capsule et autour des travées qui en émanent, c’est-à-dire dans la couche à larges mailles connectives, ce sont des cellules allongées, disposées en une ou plusieurs rangées entre deux travées voisines, et présentant un aspect épithélial. Les mailles étroites, au contraire, ne renferment guère qu’une cellule, de forme polygonale; mais c’est à leur intérieur, dans la substance médullaire seulement, que se rencontrent des cellules nerveuses distinctes, isolées ou groupées entre elles, ou encore accolées à des nerfs.

Les artères propres aux capsules surrénales y distribuent un sang abondant et témoignent de l’importance fonctionnelle de ces organes. Les nerfs de ces glandes proviennent en majeure partie des ganglions semi-lunaires et du plexus solaire ; quelques-unes seulement de leurs branches naissent des nerfs pneumogastriques et phréniques.

Les capsules surrénales se développent en même temps que les reins, mais indépendamment de ces organes et aux dépens d’un amas cellulaire ([ue la plupart des auteurs font provenir du mésoderme. Cependant la nature des éléments compris dans les alvéoles porte à croire que le feuillet interne du blastoderme n’est pas absolument étranger à la formation de ces glandes. Ajoutons que la capsule surrénale, par sa structure et par son évolution, a trop d’analogie avec le corps pituitaire et la glande thyroïde pour n’avoir pas une même provenance. Suivant Brunn, les deux substances des capsules tireraient leur origine de deux blastèmes : celui qui donne naissance à la substance corticale serait en x’elation avec l’artère, celui qui préside à la formation de la substance médullaire serait relié à la veine cardinale.

Afin d’éclaircir la physiologie des capsules surrénales, Brown-Séquard

GLANDES DITES VASCULAIRES SANGUINES

extirpa ces organes chez des lapins et d’autres mammifères. L’opération ayant été suivie d’une mort très prompte, il fut conduit à penser que les capsules surrénales avaient une grande importance, et qu’elles étaient chargées, soit d’empêcher la formation de certaines matières toxiques, et surtout du pigment cutané, substances qui tendent toujours à se produire dans l’organisme, soit de détruire ces matièx’es à mesure qu’elles se développent; mais ces opinions ne sont pas justifiées par la pathologie. D’une part, en efl'et, il se rencontre des malades qui ont 1a peau bronzée, et dont les capsules surrénales n’offrent aucune trace d’altération, et l’on voit d’autre part, des individus dont la peau a conservé sa teinte ordinaire, et qui manquent complètement de ces organes ou qui les ont profondément lésés. Enfin Philippeaux a constaté que l’extirpation des capsules surrénales pouvait être faite chez des rats et d’autres mammifères albinos sans qu’il se produise le moindre changement dans leur pelage parfaitement blanc.

Suivant Giliberti et Mattéi, l’extirpation d’une ou de deux capsules surrénales chez les chiens est compatible avec la vie ; elle détermine une destruction rapide et passagère des globules rouges, une diminution de l'hémoglobine, du chiffre de l’urée, de la quantité journalière de l’urine, et de plus une augmentation de l’urobiline. Les modifications dans le nombre des globules rouges présentent une intensité et une durée à peu près égales, après l’extirpation simultanée d’une seule ou des deux capsules. Le poids de l’animal diminue dans les premiers temps, puis s’accroît en quelques jours, atteint et dépasse même le poids normal ; on ne constate néanmoins aucune tache pigmentaire sur la peau et les membranes muqueuses apparentes à l’extérieur, même dix-sept et cinquante-deux jours après l’opération. Ces expériences, en somme, nous renseignent peu sur la physiologie normale des capsules surrénales, et encore moins sur leur physiologie padiologique ; elles nous font simplement connaître que l’extirpation de ces organes n’est pas suivie de mélanodermie ; mais leurs fonctions réelles restent à déterminer.

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ANOMALIES DE FORMATION ET DE DÉVELOPPEMENT

Les capsules surrénales, eu raison de leur origine et sans doute aussi à cause de leur siège, sont des organes peu prédisposés aux anomalies de lorination; par contre, les anomalies de développement n’y sont pas très

GLANDES DITES VASCULAIRES SANGUINES

rai’es, mais il est digne de remarque qu’elles ne coexistent jamais avec les vices de conformation des reins, et partant, ces organes, malgré leur voisinage, sont dans un état d’indépendance manifeste.

Les formes sous lesquelles se présentent les anomalies des capsules surrénales sont multiples. Tantôt ces glandes font défaut (agénésie), tantôt elles sont augmentées de nombre (duplicité ou hypergénésie), tantôt enlin elles sont déplacées (ectopie). Chacun de ces états exige une description spéciale.

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