‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 158 sur 218 · I. — Aplasie ou agénésie · texte numérisé non relu

I. — Aplasie ou agénésie

L’état rudimentaire et même l’absence totale des capsules surrénales ont été plusieurs fois observés. Hewson , Vetter, Sômmering, Cooper, Klein et Voigtel ont constaté le faible développement de ces organes chez les acéphales. Meckel fait la même remarque sur six fœtus et tend à croire que l’aplasie des capsules surrénales ne coïncide pas seulement avec des lésions cérébrales, mais encore avec l’arrêt de développement de l’encéphale et particulièrement avec l’hydrocéphalie congénitale. Semblable coexistence a d’ailleurs été constatée récemment avec l’hémicéphalie par Lomer et par Weigert. Ce dernier auteur a fréquemment rencontré, en même temps que cette malformation cérébrale, une aplasie générale plutôt qu’une absence totale des capsules surrénales. Dans un cas qui lui est personnel et dans un autre de Marchand, le ganglion cervical supérieur faisait défaut, et il y avait lieu de se demander si Thémicéphalie n’était pas la cause de cette absence, laquelle à son tour aurait retenti sur le développement de la capsule surrénale. Toutes ces questions ne peuvent être définitivement résolues à cause du (rop petit nombre de faits observés ; mais il est certain qu’elles ont un grand intérêt, et que leur solution sera facile le jour où nous aurons une connaissance plus approfondie du développement du système nerveux sympathique et de son influence sur l’accroissement des organes.

Martini, de son côté, a communiqué à l’Académie des sciences le cas d’un homme de quarante ans, mort phthisique, exempt de mélanodermie, chez lequel les deux reins se trouvaient fusionnés en un corps unique et les capsules surrénales faisaient défaut. Kent Spender aurait constaté l’absence complète de ces organes chez une femme de cinquantetrois ans, offrant les principaux symptômes de la maladie dAddison, entre. autres un certain degré de pigmentation de la peau et de plusieurs viscères. Un cas assez semblable, mais douteux quant à l’origine congé-

nilale, a été observé dans le service du professeur Van der Corput, de Bruxelles (Presse méd. belge, t. XXII, mai 1870), chez un homme de trente-neuf ans, anciennement atteint de fièvres intermittentes et qui présentait les signes de la maladie d’Addison ; les capsules surrénales se trouvaient remplacées par une abondante couche de graisse.

Ces quelques faits prouvent que les capsules surrénales peuvent manquer ; malheureusement, ils sont incomplets et trop peu nombreux pour qu’il soit possible d’en tirer des déductions pratiques.

Bibliographie. — Hewson, Philosoph. Trans., t, XLV, part. 2, p. 315. — Vetter, Aphor. aus d. path. Anat., Wien, 1803. — Voigtel, Handb. derpath. Anat., Halle, 1804, t. 1, p. 555. — Meckel, Manuel d’anal, descriptive, patholoq, et génér., trad. fr., Paris, 1825, t. 111, p. 595. — Orxo, Neue seltene Beohacht., p. 121, pl. 2, fig. I. — A. Martini, A?’c/irâ. gén. de méd., 1857, t. 1, p. 3, et Séance Acad, des sciences, l'^’’ décembre 1856. — Kent Spender, British med. Joiirn., 11 sept. 1858, et Gaz. hebd., 1858, p. 774. — Eug. Shet, Presse méd. belge, mai 1870, t. XXII, p. 33. — Ph. Lomer, üeberein eingenth. Verhalten der JAebennieren bei Hemicephalen (Arch. f, path. Anat. und Physiol., Berlin, 1884, t. XCVlll, p. 366). — C. Weigert, Hemicephalie und Aplasie der Nebennieren (Ibid., 1885, t. 0, p. 176). — Le même, Ibid., 1886, t. GUI, p. 204.

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