Endothéliome
Cette néoplasie se rencontre rarement dans le système osseux, ou du moins les faits qui permettent d’y établir son existence sont peu nom-
os.
breux. C’est néanmoins une production de ce genre qu’il faut voir dans un cas décrit sous le titre de tumeur pulsatile des os, et rapproché par Kocher de la néoplasie appelée par quelques histologistes allemands du nom de « cylindrome D’un autre côté Jaffé a décrit, dans le tibia, des tumeurs pulsatiles ressemblant au carcinome, tant par les fortes dimensions et l’apparence épithéliale de leurs éléments constituants, que par la disposition alvéolaire de leur trame ; et ces tumeurs, qu’il compare au sarcome alvéolaire à cellules rondes de Billroth, nous paraissent rentrer encore, par leur structure et par leur évolution, dans la catégorie des néoplasies que nous désignons du nom d’endolhéliome.
Cette néoplasie, unique ou multiple, a pour siège ordinaire les os du crâne et le tibia. Elle se présente sous la forme d’une tumeur arrondie, du volume d’une noix ou d’un œuf, un peu molle, et fréquemment agitée, pendant la vie, de légers mouvements d’expansion qui lui ont parfois valu la dénomination de tumeur pulsatile, à' anévrysme des os. Peu colorée après sa séparation de l’os, elle est friable, grisâtre ou rougeâtre à la coupe, semée de lamelles osseuses comme s’il s’agissait d’un épithéliome, mais c’est par sa structure surtout qu’elle ressemble à cette dernière lésion. L’endothéliome osseux est, en effet, formé de cellules sphériques ou polyédriques volumineuses, munies d’un gros noyau et d’une trame alvéolaire, avec cette différence que les parois des alvéoles, au lieu d’être constituées par des trabécules conjonctives ayant à leur centre un ou plusieurs canaux vasculaires, sont composées uniquement par des vaisseaux ; de là il résulte que la disposition alvéolaire n’est ici qu’une apparence dépendant de la répartition des vaisseaux au sein de la tumeur. Lorsqu’on examine celle-ci à une période avancée de son évolution, on constate que l’élément cellulaire abonde au pourtour des parois vasculaires, et qu’une connexion existe entre ces deux parties. 11 semble aussi que l’élément cellulaire provienne de la végétation des cellules endothéliales ou mieux du périthélium de la tunique adventice des vaisseaux, ce qui rapproche ces tumeurs osseuses de celles que nous avons observées dans le péritoine et la pie-mère (voy. t. 11, p. 315 et 921). Les dessins histologiques de Kocher ne nous paraissent laisser aucun doute à cet égard, et nous pensons avec Jaffé que ces productions ont de grandes analogies avec les cylindromes dont ’Waldeyer et Sleudener ont placé le point de départ « dans l’hyperplasie des cellules les plus superficielles de l’adventice».
L’endothéliome osseux évolue lentement, mais il n’en est pas moins une néoplasie indéfinie, c’est-à-dire qu’il rétrocède rarement ou jamais. Il est exposé à subir la dégénérescence colloïde qui peut entraîner à sa
suite des formations kystiques. Les pulsations que l’on constate dans cette tumeur sont dues tout à la fois aux vaisseaux qu’elle renferme et aux kystes nombreux qui résultent de sa dégénérescence spéciale.
Bibliographie. — ■ Th. Kociirb, Znr Kenntniss der pulsirenden Knochengeschivùlste nebst Bemerkungcn ùber hrjaline üegeneration {resp. cylindroma) {Archiv für putliol. Anat. imd Phys., 1868, t. XLIV, p. 311). — Billrotii, Archiv f. kliti. Chirurgie, t. XI, p. 244. — Th. Jaffé, Zur Kenntniss der Gefàssreichen Swrcotn {Contribution à l’étude du sarcome vasculaire) {Ibid., 1874, t. XVII, p. 91). — H. Morris, Pulsating tumours of the left pariétal bone, associated with other similar tumours of the right clavicle and both femora, etc. (Transact. ofthe path. Soc. of London, 1880, t. XXXI, p. 259).