‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 176 sur 218 · I. — Parasitisme · texte numérisé non relu

I. — Parasitisme

Parasites animaux. — La glande et les voies lacrymales peuvent se trouver envahies par des parasites divers, les uns animaux, les autres végétaux. Les parasites animaux sont au nombre de deux, 1 échinocoque et la filaire. L’échinocoque a été observé dans la glande lacrymale par Adam Smith et Jones. Il forme des tumeurs qui refoulent l’œil, altèrent

quelquefois la vision, et d’ailleurs ne se comportent pas auti’ement que dans tout autre organe superficiellement situé.

Guyot rapporte que les nègres de la côte d’Angola sont sujets à des ophthalmies qui ont pour origine un ver du genre filaire, ayant son siège sous la conjonctive. Lestrille, cité par Davaine, aurait vu ce même ver chez un nègre du Gabon. Gurlt et Goubaux ont enfin rencontré chez le cheval un ver du même genre, le premier dans les conduits excréteurs de la glande lacrymale, le second dans les conduits lacrymaux.

Bibliographie. — A. Schmidt, Ueber die Krankh. d. Thrànenorgans, Wien, 1803, tab. II, p. 63. — Jones, British med. Journ., London, 1864, p. 675. — C. Davaine, Traité des entozoaires, 2® édition, Paris, 1887, p. 840.

Parasites végétaux. — Les parasites végétaux ont pour siège exclusif les voies lacrymales. Deux espèces de microphytes s’y rencontrent : le leptothrix buccalis et Voïdium albicans, qui l’un et l’autre s’observent dans la bouche. Ces microphytes restent localisés, tantôt à un seul conduit lacrymal, tantôt aux deux conduits lacrymaux inférieurs, tantôt aux conduits lacrymaux supérieurs, tantôt enfin à tous ces conduits simultanément; ajoutons même que parfois la conjonctive n’est pas épargnée. Ils forment dans la couche sous-épithéliale des taches ou dépôts de teinte blanchâtre ou laiteuse, et même des concrétions d’apparence calcaire, qui obstruent les canaux et s’opposent à l’écoulement des larmes. A l’examen microscopique il est facile de constater l’existence isolée ou simultanée des filaments de leptothrix, des spores et des tubes de l’oïdium albicans, et souvent alors ces deux parasites se retrouvent en même temps dans la bouche. Ch. Robin, l’un des premiers, a reconnu que certaines concrétions du sac lacrymal étaient composées de filaments parasitaires et d’une matière amorphe interposée.

Bibliographie. — A. von Graefe, Concretionen im unteren Thrànenrôhrchen durch Pilzbildung [Archiv f. Ophtkalmol., Berlin, 1854-1855, I, 284-288). — Le même, Ein Fait von Pilzbildung im unteren Thrànenrôhrchen (Ibid., 1855- 1856,11,224-227). — Weber, Leptothrix in den Thrànenrôhrchen (Ibid., 1869, XV, 1 Abth., 324-344). — Ch. Robin, Compt. rend, et Mém. de la Soc. de Biologie, 1859, p. 112. — Fôrster, Pilzmassen im unteren Thranencanalchen (Archiv f. Ophth., Berlin, 1869, t. XV, 1 Abth., p. 318-323, pl. 1). — G. Haase, Archiv f. Augenheilk., avril 1879. — R. Schirmer, Leptothrix im oberen Thrànenrôhrchen (Klin. Monatsbl. f. Augenh., Erlang., 1871, IX, p. 248-250). — M. DEL Monte, Leptotrix del canaletto lacrimale superiore destro (Movimento, Napoli, 1872, IV, p. 73). — Delacroix, Champignons filiformes du conduit lacrymal super. (Bull. Soc. de méd. de Beims, 1873, 115-117). — E. Gruning,

Leptothrix intheupper canaliculus (Archiv. Ophth. et Otai., N. -Y., 1873-1874, III, pl. 1, 17-19). — C. W\r,Gms,Mass of fuwiusin the superior canaliculus {Br ü. med. J. Lond., 1879, II, p. 616). — C.-G.Haxse, Leptothrix buccalisimuriteren Thrânencanal {Archiv f. Augenheilk. , Wiesb., 1879, t. VIII, p. 219). — P.-D. Keyser, Leptothrix in the upper canalicul. (3 cases) {Med. and surg. Repiorter, Phil., 1880, XLllI, p. 28-30). — R. Cervega, Phytoparasitisme conjonctival {El Siglo medico, janvier 1881, et Réveil médical, 1881, n, 5). — Camdset, Les tumeurs Cl leptothrix des voies lacrymales {Rev. clin, d'ocul., Bordeaux, 1882, t. II, p. 209-216). — A. VON Reuss, Pilzkonkretionen in den Thrünenrôhrchen (Wien. med. Presse, 1884, t. XXV, p. 201-237).

§ 4. — Traumatisme.

Cachée dans la fossette du frontal, la portion orbitaire de la glande lacrymale est peu exposée à l’action des corps vulnérants, et du reste les auteurs ne citent qu’un exemple de traumatisme de cette glande emprunté à Larrey. Les conduits lacrymaux sont parfois intéressés dans les plaies de la paupière supérieure: mais leur cicatrisation est généralement rapide. N’oublions pas que dans certains cas une cicatrice a pu amener le rétrécissement de ces conduits, et à sa suite une tumeur par rétention des larmes et une fistule lacrymale vraie.

Les plaies pénétrantes de la région orbitaire interne peuvent atteindre le sac lacrymal et le canal nasal, d’où la formation d’une fistule lacrymale externe ou même la communication de ces organes avec les narines ou le sinus maxillaire, si les os ont été fracturés. Ces désordres toutefois ne tardent pas à guérir. Les blessures du canal nasal et les fractures de l’apophyse montante laissent à leur suite des cicatrices qui peuvent entraîner une oblitération complète du canal nasal et une tumeur lacrymale consécutive.

Bibliographie. — D.-J. Larrey, Mém. de chirurg. milit. et campagnes, Paris, 1812-1817, t. IV, p. 342. — Pu. Boyer, Traité des maladies chirurgicales, Paris, 1847, t. III, p. 124. — Voyez, en outre, les traités modernes de chirurgie.

Lancereaüx. — Traité d’Anat. path.

Page 1