IX. — Myome
Végétation du tissu musculaire, le myome ne se développe pas primitivement dans les os, et vu sa faible tendance à infecter l’économie, il est exceptionnel de le rencontrer dans ces organes. Il y a été observé cependant dans un cas qu’a bien voulu me confier le docteur Lannelongue et qui se trouve inséré dans mon Atlas d'anatomie pathologique (\).
Un homme de soixante-huit ans était porteur depuis plusieurs années d’un myome du cordon spermatique qui avait acquis le volume d’une tête d’enfant de huit à dix ans lorsqu’il vint à succomber. A l’autopsie, le foie, les poumons, le cœur, le corps des vertèbres, etc., étaient le siège de petites nodosités enkystées, semblables à la tumeur primitive. Effectivement elles offraient au microscope la même composition que celte dernière, à savoir : des fibres musculaires lisses, isolées ou groupées en faisceaux, sans interposition d’aucun autre élément.
Le myome vient clore l’étude de la grande classe des néoplasies dites conjonctives ou dérivées du feuillet moyen du blastoderme. Ces néoplasies, à l’exception de la dernière qui se «rencontre peu dans les os, ont pour origine l’un des tissus constituants de ces organes et se développent le plus souvent pendant la période d’accroissement, comme si elles résultaient de la perturbation de l’activité formatrice. Elles sont d’ailleurs dans un rapport des plus intimes tant avec le développement qu’avec la
(1) E. Lancercaux, Atlas d’anat. pathoL, Paris, 1871, p. 372, fig. 36 et 37.
os.
nutrition du tissu osseux, car elles s’observent principalement chez les personnes jeunes, au niveau des épiphyses ou mieux du cartilage de conjugaison, là où l’aclivité nutritive est à son maximum d’intensité. Elles prennent naissance dans un ou plusieurs points de l’os ; et s’étendent en général par propagation de voisinage. Remarquons que ce sont uniquement celles qui sont constituées par des éléments jeunes et exubérants qui jouissent de cette propriété, par exemple les fibromes, les ostéomes, les angiomes que nous avons appelés embryonnaires. Aussi cette qualification nous paraît-elle parfaitement légitimée. L’infection s’opère le plus souvent par les veines, et c’est sans doute pour cela que le poumon est presque toujours l’organe secondairement affecté. Les néoplasies qui parviennent à l’état adulte sont ordinairement isolées, de sorte que, prati(|uement, la proposition suivante peut être donnée comme loi : la récidive et la généralisation des tumeurs coujonctives des os sont d'autant plus à redouter que ces néoplasies se trouvent constituées par des éléments plus jeunes.