III. — Chroniatose
La chromatose ou mélanémie est, comme la dégénérescence amyloïde, une lésion peu observée dans le tissu osseux, mais peut-être uniquement à cause de la négligence que l’on apporte en général à l’examen de la moelle des os; aussi Arnstein, qui a fait une étude sérieuse de cette altération, l’a fréquemment rencontrée dans la substance médullaire dont la composition, suivant beaucoup d’auteurs, a la plus grande analogie avec le parencbyme splénique. Elle se révèle par des taches jaunes ocreuses ou par un pointillé noirâtre disposé sur le trajet des vaisseaux, ce qui donne aux os une coloration brun rougeâtre. Cette coloration, due à l’infiltration des éléments de la moelle par la matière colorante du sang, est persistante, et, si l’on en croit Arnstein, le mécanisme de sa formation ne différerait pas de ce que l’on observe à la suite des injections de cinabre dans les veines des animaux. Le cinabre disparaît de ces vaisseaux au bout de vingt-quatre heures, et les leucocytes qui se le sont approprié le déposent dans la rate, le foie et les os. Rien ne prouve, cependant, ({ue le pigment qui a sa source dans les hématies ne puisse pas filtrer à travers les parois des capillaires propres de la moelle osseuse ; au contraire, tout porte à le croire. Quoi qu’il en soit, la chromatose ou mêla némie osseuse n’est jamais qu’un accident de peu d’importance, un effet de l’altération du liquide sanguin.
Bibliographie. — Arnstein, Bemerkang ueber Melanæmie und Melamse (drc/i.
path. Anat. und PhysioL, 1874, t. LXl, p. 498).