‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 52 sur 218 · I. — Hypertrophie · texte numérisé non relu

I. — Hypertrophie

L’hypertrophie musculaire telle que nous l’entendons, ou hypertrophie vraie, n’est pas fine lésion proprement dite, mais un état qui se distingue uniquement par une exagération du volume de la fibre musculaire. Assez

commun dans les muscles lisses et le myocarde, cet état est plus rarement observé dans les muscles striés ; néanmoins il se rencontre quelquefois dans ceux de ces muscles qui sont soumis à des exercices répétés, et particulièrement dans les muscles des membres. En effet, Brown-Séquard (1) a étudié chez un jeune homme de quinze ans l’accroissement de la circonférence du bras au niveau de la partie moyenne du biceps produit par l’exercice pratiqué à l’aide d’haltères pesant 2'‘®,200. Ce jeune homme en était arrivé à exécuter chaque jour 525 mouvements dans l’espace de trois quarts d’heure environ. En treize jours la circonférence du bras avait augmenté de deux centimètres un tiers (bras gauche), mais de plus, un accroissement momentané de la circonférence du bras fut noté après chaque séance.

Le muscle strié atteint d’hypertrophie est ferme, coloré, résistant sous le doigt; ses éléments, examinés au microscope, offrent une augmentation de volume plus ou moins considérable avec ou sans multiplication des noyaux, conservation de la striation, et partant ne diffèrent que très peu de la libre normale. Les modifications que présentent le myocarde et les muscles lisses hypertrophiés ne diffèrent pas davantage de l’état normal (voy. t. I, p. 190). L’hypertrophie musculaire ne diminue pas la fonction des muscles, elle l’augmente plutôt; aussi est-elle rarement suivie de dégénérescence.

Les causes de cette hypertrophie, quoique diverses, ont presque toutes le même résultat, à savoir l’exagération de la fonction ; c’est pourquoi on observe assez généralement l’hypertrophie des muscles des avantbras et des bras chez les boulangers, ceux du pied et de la jambe chez les danseurs de profession, ceux des muscles du thorax chez les asthmatiques, etc. D’autres conditions étiologiques président quelquefois à l’hypertrophie musculaire; mais, en somme, leur mode d’action diffère peu, et cette hypertrophie est toujours l’elfet d’une plus grande activité de la circulation; telle est celle qui se rencontre dans un membre dont les vaisseaux principaux communiquent entre eux (anévrysme artério-veineux). Les désordres nerveux cjui amènent la dilatation des petits vaisseaux peuvent agir dans le même sens; c’est de cette façon, sans doute, que se sont produits les quelques cas connus d’hypertrophie musculaire congénitale.

CiBuoGRAPniE. — J. Reid, Ctts d'hiji'iertro'phie •partielle d'une portion des organes du mouvement volontaire {The London and 'Edinh. Monthhj Journ. of med. science, 18/i3, et Gaz. méd. de Paris, 1844, p. 26). — Bakdeleben, Ueber die

(1) Brown-Séquai'd, Comptes rendus des séances de la Soc. de biologie, année 1871, sér. 5, t. 111, p. 101.

MUSCLES

Beziehung derMusculi infracostaîes zu pleuritischen Exsudaten {Archiv fûrpathol. Anat. md PhysioL, 1847, t. I, p. 487). — L. Hepp, Die pathol. Veranderungen der Muskelfasern (Diss, inaug., Zurich, 1853). — Meyer, Beitrag zurLehrevon der Hypertrophie der Musheln (Zeitschrift f. rat. Med., N. F. , 1854, t. IV, p. 257).

— Danneil, Quaedam de muscul. anat. pathol., Halle, 1859. — H. Lebert, Traité d' anatomie pathol. , t. I, p. 89, 448. — L. Auerbach, Ein Eall von vahrer Muskelhypertrophie (Archiv f. path. Anat. und Physiolog., 1871, t. I.lll, p. 234).

— Friedreich (Cas d'hypertrophie muscul. vraie congénitale du bras gauche), Ueber progressive Mushelatrophie, etc., Berlin, 1873, p. 356. — J. W. Legg, Enlargement of the temporal and masseter muscles on both sides (Transact. of the pathol. Soc. of London, 1880, t. XXXI, p. 361). Voyez de plus t. 1, p. 190.

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