II. — Myxome
Cette néoplasie se développe quelquefois au sein du tissu musculaire, ou mieux dans le périmysium des muscles, et, pour peu qu’elle vienne à s’étendre, elle proémine entre ces organes, fait saillie sous l’aponévrose et dans le tissu cellulaire sous-cutané. Elle est molle, de la consistance d’un lipome ou d’un kyste, ou bien elle est dure et résistante comme un fibrome. Histologiquement, cette lésion présente les caractères que nous avons attribués aux myxomes en général (voy. 1. 1", p. 393). Elle évolue ordinairement avec lenteur, quelquefois avec rapidité, lorsqu’elle est très vasculaire, chez les jeunes gens par exemple, et dans ce cas, elle tend à se généraliser.
Bibliographie. — R. Virchow, Pathologie des tumeurs, trad. fr. Paris, 1867, t. II, p. 419. — Langenbeck et Virchow, Myxome lobulaire des muscles du dos chez l'enfant (Revue des sciences méd., 1883, t. XXI, p. 53).
lit. — Lipome.
Sous-cutané dans le plus grand nombre des cas, le lipome est quelquefois sous-aponévrotique et siège tantôt entre les muscles, tantôt dans leur
épaisseur; lipome intermusculaire et lipome intra-musculaire. La première (le ces variétés, relativement plus commune que la seconde, a été observée sur le tronc et les membres, où elle présente souvent des difficultés d’ablation, à cause du danger de léser des organes importants. Le lipome intra-musculaire est presque une rareté, cependant Farabeuf a rencontré, en disséquant un cadavre, une tumeur graisseuse développée dans le couturier, au-dessous de l’aponévrose, entre les fibres musculaires elles-mêmes.
Mon ami le docteur Ch. Rémy a rapporté l’observation d’un malade dont les deux biceps brachiaux étaient chacun le siège d’une tumeur lipomateuse. La tumeur de gauche, située sous l’aponévrose d’enveloppe du muscle, était nettement limitée; en forme d’amande et de couleur jaune, elle écartait les fibres musculaires superficielles et se prolongeait dans l’épaisseur de l’organe. Celle de droite était plus dure, de couleur blanchâtre, fibreuse, elle adhérait intimement aux fihres musculaires superficielles et à l’aponévrose. Monod a présenté à la Société anatomique un lipome qui avait été enlevé par Després de la gaine du vaste interne de la cuisse gauche.
Ces tumeurs, les seules dont nous ayons connaissance, sont difficiles à diagnostiquer. Elles font saillie sous l’aponévrose, accompagnent le muscle dans ses mouvements de contraction, et se distinguent par une mollesse toute spéciale, si ce n’est dans les cas où prédomine le tissu fibreux; elles obligent rarement de recourir à une opération.
Bibliographie. — J. Crdveilhier, Traité d’ anatomie 'pathologique ^ Paris, 1856, t. III, p. 306. — J. Paget, Lectures on surgical pathology , London, 1853, t. Il, p. 98. — R. Virchow, Pathologie des tumeurs, Paris, 1867, t. I, p. 369. — Farabeuf, Lipome intra-musculaire (Bull, de la Soc. anat., 1875, t. L, p. 100).
— Ch. Rémy, Lipomes intra-muscidaires symétriques (Ibid., 1876, t. LI, p. 136).
— Eug. Monod, Lipome intra-musculaire développé dans la gaine du vaste interne (Ibid., p. 505).