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I. — Trichine

La trichine est un parasite qui, à une certaine phase de son existence, fait du système musculaire son siège d’élection. Ce parasite est très répandu dans certains pays où existe l’habitude de manger de la viande de porc crue; c’est ainsi qu’en Allemagne, il est l’occasion de véritables épidémies. Les muscles envahis par la trichine sont parsemés de taches ou petits points blanchâtres légèrement colorés et friables. Vus au microscope, ces points blanchâtres sont constitués par des vésicules an centre desquelles se trouve le ver enroulé sur lui-même (voy. pour les caractères de ce ver, t. I, p. 692) (fig. 88). Ces vésicules ou kystes sont disnosées au sein du tissu musculaire, tantôt en groupes, tantôt en séries linéaires ; mais d’autres fois elles sont isolées et placées à une certaine distance les unes des autres. Elles ont leur grand diamètre parallèle à la direction des faisceaux primitifs qu’elles refoulent et atrophient, et sont adhérentes au tissu cellulaire ambiant par leurs extrémités. A leur circonférence existent des amas de graisse qui tantôt restent limités aux deux pôles, et tantôt forment une enveloppe complète. Dans quelques cas enfin, on ne trouve entre les faisceaux musculaires que des collections graisseuses

fusiformes et semblables à celles qui entourent les kystes des trichines ; ce sont là vraisemblablement des amas graisseux ayant envahi des kystes anciens qui ont disparu.

La disparition de la trichine musculaire n’est pas rare ; elle est pour ainsi dire forcée, dans les cas où la personne infectée vient à résister. Au bout d’un temps variable et qui peut être de plusieurs années, la trichine,

ne se trouvant pas transportée dans le milieu qui lui convient, périt ; le kyste s’incruste de sels de chaux, ou bien il est remplacé par des amas graisseux plus ou moins abondants.

Les phénomènes qui résultent de la présence de la trichine au sein de l’organisme humain présentent deux phases distinctes, subordonnées l’une et l’autre au siège du parasite. La première phase, ou phase intestinale, succède à l’ingestion des muscles trichinés ; elle est l’effet du développement de la trichine dans l’intestin et consiste en désordres divers, tels que inappétence, diarrhée, soif vive, fièvre, etc. La seconde phase, ou phase musculaire, résulte de la présence des embryons de trichines au sein des muscles ; ces organes deviennent alors le siège de douleurs violentes fortement exaspérées par l’extension des membres ordinairement demi-fléchis. La déglutition est gênée, la voix affaiblie ; les mouvements respiratoires, entravés par la douleur ou par la faiblesse musculaire, sont l’occasion d’une dyspnée des plus fâcheuses. Il existe en même temps de l’insomnie et parfois du délire, puis des éruptions furonculeuses ou des eschares se développent sur les membres œdématiés ; une pleurésie, une pneumonie ou une bronchite viennent enfin compliquer la situation déjà très grave et mettre un terme à l’existence.

La marche, la durée et la gravité du mal sont en rapport avec le nombre des trichines ingérées. La terminaison fatale, dans les cas les plus graves, a lieu après un ou deux mois de maladie. La guérison, dans les cas moins sérieux, peut rarement s’effectuer dans le même espace de temps, elle a le plus souvent besoin de trois ou quatre mois. Cependant si les parasites se sont logés dans les fibres musculaires et sont séparés de leur hôte par un kyste, ils restent inoffensifs jusqu’à ce qu’ils périssent.

Bibliogbaphie. — R. Owen, Description of a microscopie entozoon infesting

Fig. 88. — Trichines enkystées dans un muscle.

MÜSCLES.

the muscles of the human body {Transact. of the zoological Soc. of London, febr. 1835, t. I, part. IV, p. 315, pl. 41, et The London med. Gaz., 1835, t. XVI, p. 125). — Gaz. méd. de Paris, 1836, p. 65, et 1842, p. 680. — Friedler, Ueber die Kemvucherung in den Muskeln bei der Trichinenkmnkheit (Archiv fur path. Anat. undPhysiolog., 1864, t. XXX, p. 461). — G. Davaine, Gaz. med. de Paris, 1863, p. 58 et 75. -r Le même. Traité des entozoaires et des maladies vermineuses, Paris, 1878, p. 732. — J. Ciiatin, Formation du kyste dans la trichinose musculaire {Gaz. méd. de Paris, 1881, p. 415). — Voy. bibliographie, t. 1, p. 694.

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