‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 70 sur 218 · II. — Écliinocoque · texte numérisé non relu

II. — Écliinocoque

Renfermée dans un kyste spécial connu sous le nom d’hydatide, cette larve n’a pas, comme la trichine, le systèmemusculaire pour siège d’élection; néanmoins elle a été plusieurs fois rencontrée au sein des muscles. Ceux de ces organes où l’échinocoque a été le plus souvent observée sont les muscles de la région supérieure du corps, et principalement ceux du bras, du thorax et de la masse lombaire. Toutefois, comparés aux kystes hydatiques des viscères, ceux des muscles de la vie animale sont relativement rares, puisque le chiffre des cas connus est inférieur même à celui des kystes hydatiques du cœur.

Les muscles affectés se font remarquer par la présence, dans leur épaisseur, d’une saillie ou tumeur lisse, arrondie, ferme, élastique, mobile ou ! fixe suivant leur état de contraction ou de relâchement. Le volume de ces tumeurs ou kystes hydatiques est très variable ; les plus grosses ont au moins les dimensions d’une orange, les plus petites celles d’une noix. Leur structure ne diffère pas de celle des kystes hydatiques en général (voy. 1. 1, p. 724). Elle consiste en une tunique adventice circonscrivant l’hydatide mère qui renferme un liquide transparent, non albumineux, dans lequel nagent des hydatides de tous les âges, à l’exception de quelques cas rares où la poche hydatique est en suppuration et le liquide transparent remplacé par du pus. Les hydatides desmuscules sont le plus souvent uniloculaires, rarement multiloculaires, quelquefois seulement stériles comme dans un fait présenté par Sanné à la Société anatomique. Ces tumeurs écartent les faisceaux musculaires, qui sont décolorés, plus ou moins atrophiés et parfois adhérents à la tunique adventice; le tissu cellulaire voisin est en même temps œdématié ou induré.

Les hydatides .musculaires n’ont pas de gravité par elles-mêmes, à moins de siéger dans un muscle, comme le cœur ou le diaphragme, dont la fonction est essentielle à l’existence ; leur diagnostic, parfois difficile.

est éclairé par la ponction exploratrice. Le traitement consiste dans l’incision ou l’ablation.

Bibliographie. — Dupüytren, Leçons orales de clinique chimrgicale, Paris, 1839, t. II, p. 174. — Follin, Kystes hydatiques des muscles (Gaz. méd. de Paris, 1852, p. 162). — Soûlé, Gaz. des hôpitaux, 1852, p. 144. — Velpeau, Ibid., 1857. — Sanné, Kyste hydatique développé dans le tissu musculaire de la cuisse gauche {Bull, de la Soc. anat, 1865, sér. 2, f. X, p. 214). Rapport par Fernet {Ibid., p. 217). — Demarquay et Boyron, B.echerches sur les kystes hydatiques développés chez l'homme dans le tissu musculaire et intermusculairc (Gaz. des hôpitaux, 1870, p. 157, 160 et 165). — Orillard, Étude sur les kystes hydatiques des muscles. Thèse de Paris, 1869. — Verneuil, Bull, de lu Soc. de chirurgie, 25 janvier 1873, et Gaz. hebd. de méd. et de chirurgie, 1873, n“ 4. — Ed. Cruveilhier, Gaz. des hôpitaux, 1873, n“ 71. — W. Gruber, Ein Hydatidensack von enormer Grosse im Musculus adductor magnus femoris (Archiv für path. Anat. und Physiol., 1875, t. LXV, p. 233). — A. Hénocque, Dictionnaire encyclopéd. des sc. méd., sér. 2, t. XI, p. 106. Paris, 1875. — C. Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses. 2® édit., Paris, 1878, p. 568.

ill. — Cysticerque ladrique.

Ce ver, qui a pour siège d’élection le tissu cellulaire sous-cutané ou sous-muqueux, se rencontre encore dans les viscères et jusque dans les muscles. Ces organes sont envahis isolément ou simultanément (cas de Demarquay et Gervais, de Delore et Bonhomme), et de là des accidents plus ou moins sérieux. Les muscles affectés sont le siège de petites tumeurs légèrement saillantes, arrondies, élastiques et transparentes, et du volume d’une olive; leur tissu est décoloré, moins résistant (fig. 89). Leurs fibres sont facilement dissociées et contiennent une proportion de graisse considérable. Examinées au microscope, ces fibres, quoique conservant leur volume, sont aplaties, irrégulièrement striées, granuleuses dans une grande partie ou la totalité de leur étendue, et quelquefois séparées par des cellules de graisse, principalement au voisinage des kystes. Ceux-ci sont renfermés dans trois vésicules: la première, ou kyste adventice, est formée aux dépens de l’animal sur lequel vit le parasite, elle est fibreuse et vasculaire ; la seconde et la troisième, constituées par une substance demi-transparente, opaline, peuvent être regar-

Fig. 89. — Larves de tænia inedicocanellata dans l’épaisseur d’un muscle de bœuf (Leuckart).

MUSCLES

dées comme une seule enveloppe dont Tune des extrémités assez rétrécie s’invaginerait dans la plus grosse qui serait la poche immédiate de l’entozoaire (voy. t. I, p. 714).

La présence du cysticerque ladrique s’oppose peu au libre fonctionnement des muscles, si ce n’est dans les cas où ceux-ci sont pour la plupart envahis par le parasite. La mort de ce parasite n’est pas rare lorsque son hôte continue de vivre; aussi nous est-il fréquemment arrivé de constater dans les muscles du thorax la présence de petits corps calcaires du volume d’un grain d’orge qui étaient, selon toute vraisemblance, des kystes de cysticerque ladrique calcifiés. Le diagnostic de ces kystes non encore altérés est, comme celui de l’hydatide, éclairé par la ponction exploratrice ou par l’incision à l’aide d’une lancette; c’est de cette façon que je suis arrivé à reconnaître pour la première fois la ladrerie chez l’homme vivant.

Bibliographie. — Demarquay, Bull, de la Soc. anal., 1845, t. XX, p. 112. — Gervais, Bull, de la Soc. philomathique de Paris, 4 Janvier 1845. — ^Leudet, Cysticerque du cerveau et des muscles {Bull, de la Soc. anat., Paris, 1853, p. 91), — - R. Virchow, Archiv f. pathol. Anat. und Physiol., t. XI, et Gaz. méd. de Paris, 1858, p. 443. — Kœberlé, Des cysticerques de tænia chez l’homme. Paris, 1861. — E.-C. Ordonez, Cysticercus cellulosæ des muscles chez l’homme (Gaz. méd. de Paris, 1862, p. 686). — Delore et Bonhomme, Gaz. hehdom. de Paris, 1864, p. 94. — E. Lancereaux, De la ladrerie chez Vhomme (Arch, gén. de méd., 1872, t. XX, p. 545). — Boyron, De la ladrerie chez Vhomme. Thèse de Paris, 1876. — G. Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses, Pari'-, 1878, p. 677 et 684.

§ 2. — Traumatisme

Nous étudierons sous ce chef les contusions, les ruptures, les plaies des muscles, les phlegmasies et les déplacements qui en sont la conséquence.

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