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III. Plaies des muscles. Myosites traumatiques

Ces lésions, dont il a déjà été parlé dans l’étude que nous avons laite des plaies en général, ne peuvent nous occuper longuement.

Rarement dirigées suivant l’axe des faisceaux musculaires, les plaies par instruments tranchants divisent ces faisceaux obliquement ou transversalement, de telle sorte qu’elles ont pour premier phénomène la rétraction et l’écartement des parlies sectionnées ; le sarcolemme des libres musculaires se plisse et leur donne un aspect variqueux, les capillaires laissent écouler une certaine quantité de sang qui en se coagulant arrête

l’hémorrhagie. Au bout de vingt-quatre heures, ainsi que cela a été constaté dans les cas de myotomie sous-cutanée, les noyaux des corpuscules musculaires commencent à se multiplier; ils forment des séries de deux, trois, quatre et plus ; puis la substance musculaire devient granuleuse ou se divise en masses cireuses, et pendant ce temps les noyaux s’allongent, forment des fuseaux et parviennent quelquefois à produire de nouvelles libres suivant le type du développement normal. Le périmv sium ne donne naissance à aucun faisceau musculaire (Gussenbauer), mais à ses dépens il se forme un tissu conjonctif cicatriciel, qui s’infiltre peu à peu des faisceaux nouveaux.

Une plaie ouverte et qui se réunit par première intention se comporte de la même façon. Quand, au contraire, la solution de continuité vient à suppurer, ce qui arrive à la suite de plaies malpropres ou contuses, et surtout de plaies par armes à feu, il se produit plus tard à sa surface une couche de tissu embryonnaire parsemée de vaisseaux en anses et dilatés, ou membrane des bourgeons charnus qui fournit la suppuration. Audessous de cette couche les éléments musculaires, atrophiés ou vitreux, sont recouverts de noyaux et séparés par une gangue de nouvelle formation, puis la guérison définitive s’opère par l’organisation du tissu de la surface et par la disparition habituelle du tissu interposé aux faisceaux qui, en général, ne se régénèrent pas.

La myosite en question, spécialement étudiée à la suite de l’amputation des membres ou du sein, est subordonnée à des causes spéciales et particulièrement au défaut de soins de propreté et à la présence de microbes. Les caractères anatomiques des muscles affectés diffèrent peu de ceux que présente la myosite spontanée. Ces organes, violacés et ramollis, sont le siège d’une infiltration disséminée et plus rarement de foyers purulents. Les faisceaux primitifs, toujours modifiés, sont atrophiés ou graisseux, et souvent circonscrits par le pus ; privés de matériaux nutritifs, ils deviennent friables, et sont quelquefois détruits. Cette myosite a une marche ordinairement rapide, et souvent elle se termine par la mort, mais alors elle coexiste presque toujours avec des désordres plus graves, tels que : ostéite, phlébite, érysipèle, etc.

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