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CHAPITRE V

TENDONS, APONÉVROSES ET LIGAMENTS

L’étude pathologique des ligaments, des aponévroses et des tendons a nécessairement sa place à côté de celle des articulations et des muscles. Destinés à relier les os entre eux, à maintenir et à unir les muscles aux parties qu’ils sont appelés à mouvoir, ces toiles et ces cordons membraneux sont formés par une substance peu élastique, composée de faisceaux longitudinaux de tissu conjonctif, cylindriques et nettement fibreux. Ces faisceaux, réunis par une gangue solide, produisent des sortes de cordes solides, séparées les unes des autres par du tissu conjonctif lâche dans lequel rampent un très petit nombre de vaisseaux.

La structure intime des tendons, malgré des recherches nombreuses, est toujours très discutée ; elle comprend des éléments cellulaires qui varient suivant l’âge des individus et le tendon que l’on examine, et des faisceaux conjonctifs toujours identiques dans leur forme. La cellule tendineuse est une cellule embryonnaire de tissu conjonctif, une cellule plate appliquée d’un côté à la surface des faisceaux et moulée de l’autre sur leurs interstices, ou enfin une cellule globuleuse plus ou moins semblable aux éléments du cartilage (Ranvier).

Les faisceaux tendineux prennent naissance dans une masse de cartilage et se terminent à un faisceau musculaire primitif. Leur diamètre augmente dans une forte proportion de la naissance à l’âge adulte, et c’est à l’union du tendon et du cartilage d’insertion que se produisent les phénomènes d’accroissement. Émanation du squelette cartilagineux, le tendon conserve naturellement une certaine aptitude à former de l’os ; il s’ossifie régulièrement à son insertion (rugosités d’insertion) en se conti nuant avec la masse osseuse par les fibres de Sharpey, qui sont le prolongement de ses faisceaux conjonctifs.

Les ligaments, à l’exception de ceux qui sont constitués par du tissi élastique, offrent une structure analogue à celle des tendons. Les aponé vroses ont aussi une structure peu dilférente de celle de ces derniers mais quelquefois les fibres élastiques sont prédominantes et forment de

TENDONS, APONÉVROSES ET LIGAMENTS

réseaux très riches. En rapport extérieurement avec un tissu conjonctif lâche, ces toiles membraneuses pénètrent par leur face interne entre les muscles qu’elles maintiennent dans des loges spéciales : circonstance importante pour la contraction.

Toutes ces parties, renfermant des éléments cellulaires conjonctifs, sont exposées à un travail de prolifération et d’inflammation, mais ce travail, en raison de la faible vascularité des tissus en question, a forcément une évolution lente et une durée relativement longue. D’un autre côté les tendons et les aponévroses se modifiant avec l’âge, ainsi que les autres tissus de l’organisme, peuvent dégénérer comme eux ; ces dernières modifications, sans importance sur la santé générale des individus, ne nous arrêteront pas.

Bibliographie générale. — Bacheraciit, Dissert, de morbis ligamentorum (Lugd. Batav., 1750, et dans Haller Disputationes morborum, t. VI, p. 399). — Bichat, Anat. génér. Paris, 1802, t. III, p. 119. — Portal, Cours- d’anatom. méd., Paris, 1803, t. I, p. 60. — P. A. Béclard, Éléments d’anatomie générale, 3® édit., par J. Béclard, Paris, 1852, p. 397. — Sappey, Traité d’anat. descriptive, 2* et 3® édit., t. I et II. — Th. Langhans, Beitràge zur Histologie des Sehnengewebges in normalen und pathol. Zustand. Wurzburg, 1864. — Ch. Robin, Tissu et système fibreux (Dict. encyclopéd. des sciences méd., sér. 4, t. II, Paris, 1878, p. 27). — L. Ranvier, Traité technique d’histologie, fasc. III

ANOMALIES DE NUTRITION

§ 1. — Phlegmasies.

Comparées aux inflammations du tissu conjonctif lâche, les phlegmasies des ligaments, aponévroses et tendons sont relativement rares ; et, lorsqu’elles existent, elles revêtent presque toujours le caractère des phlegmasies prolifératives. C’est qu’en effet un exsudât fibrino-albumineux ou purulent a de la peine à se produire au sein de tissus aussi serrés et aussi peu vasculaires que ceux qui nous occupent. Néanmoins, certaines phlegmasies suppuratives ont été quelquefois observées dans les tendons.

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