Ruptures sous-cutaiiées des tendons
Les ruptures sous-cutanées des tendons sont des lésions relativement rares pouvant afl'ecter la plupart de ces cordons fibreux, mais qui se localisent particulièrement au tendon d’Achille, au tendon et au ligament rotuliens.
L’entorse et la luxation sont les circonstances traumatiques dans lesquelles la rupture des ligaments et des capsules fibreuses survient généralement; au contraire, la contraction musculaire brusque, violente, exagérée, est la cause la plus ordinaire de la rupture des tendons. — L’examen anatomique de ces ruptures n’a guère été fait, et c’est surtout par l’étude des symptômes que nous les connaissons. La rupture du tendon d’Achille existe le plus souvent à 4 ou 5 centimètres au-dessus du calcanéum, celle du tendon du crural antérieur au voisinage de la rotule. Sur dix-huit observations où le siège précis a été nettement relevé par Binet, onze fois la rupture se rencontrait au niveau même de cet os, deux fois à 2 centimètres et cinq fois de 4 à 6 centimètres plus haut. Le ligament rotulien se rompt ordinairement dans un point rapproché de ses insertions supérieure ou inférieure, et entraîne parfois avec lui des fragments osseux.
Ces ruptures sont uniques ou doubles, complètes ou incomplètes, avec des bords plus ou moins irréguliers, mais on a rarement l’occasion de voir ces lésions après la déchirure et même plus tard. Cependant Martini a vu chez un homme mort d’hémorrhagie cérébrale, un an après la rupture du muscle droit antérieur de la cuisse, la substance intermédiaire qui opérait la réunion des bouts séparés présenter l’étendue de la largeur d’un doigt; il n’existait aucune adhérence anormale avec les parties voisines, et l’articulation était intacte malgré la présence de cicatrices sur sa capsule. L’existence d’une douleur vive et subite, parfois accompagnée de craquement et de chute, lorsqu’il s’agit d’un des principaux tendons du membre inférieur, est le signe initial-de la rupture tendineuse ; l’écartement des parties divisées en est un autre qui, venant s’ajouter au précédent, conduit à un diagnostic certain.
Le pronostic de la rupture tendineuse est sérieux, surtout quand il s’agit des tendons et des ligaments rotuliens; il l’est moins pour le tendon d’Achille et les autres tendons dont la réunion est en général plus facile.
La guérison ne s’obtient toutefois qu’après un temps fort long; sur vingtdeux cas de rupture sus-rotulienne cités par Binet, neuf fois il y eut une claudication persistante, et, sur vingt-trois cas de rupture sous-rotulienne, quatorze guérisons ont été observées; la durée moyenne a été de quatre à huit mois. L’indication thérapeutique consiste dans le rapprochement des parties séparées et dans le repos absolu.
Bibliographie. — J.-L. Petit, Traité des maladies des os, t. II, 1735, p. 308.
— Picard, Bull, de la Soc. anat,, 1838, t. XIII, p. 41. — Martini, Correspondenzblatt, 1838, t. VIII, n® 50. — Demarquay, Mém. sur les ruptures du tendon du triceps fémoral au-dessus de la rotule {Gaz. méd. de Paris, 1842, p. 393).
— Baudens, Mém. sur la rupture du ligament rotulien, etc. {Ibid., 1851, p. 451).
— Binet, Sur la rupture du tendon et du ligament rotidiens {Archives générales de médecine, 1858, t. I, p. 687). — Waren Webster, Rupture du tendon d’Achille, résection, etc. {American med. Times, anal, par E. Berchon, Gaz. des hôpitaux, novembre 1865, p. 546). — Partridge, Un cas de rupture du tendon du triceps brachial {Med. Times and Gaz., 15 février 1868, et Gaz. hebd. de méd. et dechirurg., 1868, p. 221). — R. Lépine, Ataxie locomotrice, rupture du tendon rotulien {Bull, de la Soc. anat., 1873, p. 747). — Demarquay, Rupture du tendon droit antér. {Gaz. des hôpitaux, 1873, p. 450). — Voyez en outre la bibliographie, t. 1, p. 810.