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I. — Atrophie

L’atrophie des nerfs est, comme nous venons de le dire, un état difficile à déterminer, car il ne suffit pas qu’un nerf soit diminué de volume pour être atrophié, il faut encore que l’élement fondamental de cet

organe, le tube nerveux lui-même, soit plus petit que normalement et j qu’il n’existe aucune lésion du stroma conjonctif. Quoique fort rare, cette modification est congénitale ou acquise.

Dans l’atrophie congénitale, les nerfs sont minces, gi'isâlres, aplatis et i en rapport le plus souvent avec des centres nerveux imparfaitement i développés : c’est ce qui existe dans la plupart des malformations de l’encéphale, l’hydrocéphalie, lespina-hilida, etc. Celte atrophie est encore observée dans quelques cas sans qu’il y ait de lésion concomitante appréciable des centres nerveux. Chez une malade qui avait depuis son enfance une parésie du nerf moteur oculaire gauche, et qui succomba dans mon service, ce nerf était grêle et de teinte griscâtre dans toute son étendue, mais surtout depuis son origine apparente jusqu’à son entrée dans le sinus caverneux. Examiné au microscope à l’état frais, il offrait des tubes nerveux amincis, dépourvus pour la plupart de myéline; sur la gaine on apercevait un grand nombre de noyaux se colorant par le carmin. Les muscles correspondants de l’orbite, y compris le droit externe, étaient moins volumineux que ceux du côté opposé, le releveur et le droit supérieur notamment.

L’atrophie acquise est relativement rare. Les nerfs en effet, contrairement à d’autres organes, ne reçoivent pas une seule artère mais des vaisseaux multiples dont l’obstruction totale est impossible, et partant ils peuvent diflicilement s’atrophier par suite d’une gêne ou d'un obstacle mécanique de circulation. D’un autre côté, malgré la cessation de leur fonction, ces organes continuent de se nourrir tant qu’ils sont en rapport avec les centres nerveux, de sorte qu’ils se trouvent à l’abri des deux principales causes d’atrophie.

Toutefois une diminution réelle du volume des nerfs, généralement accompagnée d’un changement de coloration, sans modification notable du tube nerveux, se rencontre dans des circonstances diverses : ou bien lors(|ue les noyaux d’origine des nerfs se trouvent altérés, ou bien lorsque les organes auxquels se distribuent ces cordons sont eux-mêmes détruits. Dans la paralysie infantile, affection qui consiste dans l’altération ou la destruction des centres de substance grise, les tubes nerveux correspondant au foyer altéré sont ordinairement faibles et minces; il en est de même dans plusieurs autres lésions de la moelle épinière ou de l’encéphale, surtout quand ces lésions se sont produites pendant le jeune âge. L’atrophie nerveuse par destruction des organes a été constatée dans les nerfs optiques après la fonte ou l’atrophie des yeux, dans les nerfs des reins, à la suite d’une oblitération artérielle ou de toute autre cause pouvant amener la disparition de ces viscères.

NERFS

L’atrophie des nerfs est parfois observée chez les vieillards, où elle occupe de préférence les nerfs encéphaliques. Prévost, auteur d’un mémoire intéressant sur l’atrophie des nerfs olfactifs dans la vieillesse, a ti’ouvé que les fibres de ces nerfs étaient non seulement amincies, mais encore inliltrées d’un petit nombre de corpuscules amyloïdes. Enfin une circonstance favorable à l’atrophie des nerfs est la compression de ces organes, soit par une tumeur de voisinage, soit par un corps étranger. Toutes les tumeurs, mais principalement celles qui ont, comme les tumeurs cancéreuses ou épithéliales, la propriété de se rétracter, peuvent conduire à ce résultat. Les nerfs qui subissent cette action sont tout d’abord moins bien nourris, ils subissent un léger degré d’atrophie et diminuent de volume. Quelquefois cependant la compression, allant jusqu’cà la destruction du tronc nerveux, place ce dernier dans les conditions où il se trouve à la suite d’une section ; nous n’insisterons pas sur cet état qui sera étudié plus loin.

Bibliographie. — A. W. Otto, Compendium of pathol. Anatomy, trad. angl., par J. F. SoüTii, London, 1831, p. 444. — A. Foersier, llandbiich der spec. pathol. Anatomie, 2® édit., Leipzig, 1863, p. 641. — J.-L. Prévost, Atrophie des nerfs olfactifs, fréquente chez les vieillards {Mém, de la Soc, de biologie, 1866, sér. 4, t. IIL p, 69).

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