II. — Hypertrophie
L’hypertrophie vraie des nerfs est, comme l’atrophie, un état peu commun qui est tantôt congénital, tantôt acquis. L’hypertrophie nerveuse congénitale, malgré l’absence de tout contrôle histologique, ne paraît pas devoir être mise en doute dans un certain nombre de cas où, avec un système cérébro-spinal imparfaitement développé, il existe une augmentation de volume des nerfs sympathiques, comme si le système nerveux de la vie organique pouvait être appelé à remplacer dans une certaine mesure celui de la vie animale. Tels sont, en effet, les cas rapportés par Meckel, Lobstein, l'omherg, dans lesquels le nerf grand sympathique d’enfants idiots ou atteints de malformation de l’encéphale était beaucoup plus volumineux qu’à l’état normal.
L’existence d’une hypertrophie acquise est chose vraisemblable; cependant la démonstration n’en sera complète qu’autant que l’examen histologique aura prononcé. Duncan prétend avoir constaté l’épaississement du grand sympathique dans plusieurs cas de diabète; mais depuis lors cet épaississement n’a pas été noté par les auteurs, ce qui tient peut-être
AN.VTOMIE PATHOLOGIQUE.
à ce qu’on ne l’a pas cherché. Dans l’anévrysme artério-veineux des membres, l'hypertrophie nerveuse n’a pas été signalée que je sache; cependant il y aurait lieu de la rechercher, car les nerfs comme les autres tissus augmentent de volume et s’hypertrophient par suite d’une plus grande activité circulatoire. En somme, l’hypertrophie vraie des nerfs, comme celle des autres organes, a pour condition pathogénique l’une des circonstances suivantes : circulation en excès ou fonction exagérée.
Bibliographie. — Cayre et Pinel, Nouveau Journ. de médecine, t. IV, p. 40-45.
— A. Duncan, Reports ofthe practice in the clinical Wards, etc., London, 1819.
— Romberg, A»’ die Anthropologie, 1823, part. 111,224. — Lobstein,
De nervi sympathctici hum. fnhr. usu etmorb. comment., p. 55, Paris, 1826. — Meckel, Descript. monstrosor. nonnul., Lipsiae, 1826, p. 21. — Otto, A compend. of path. anat,, by South, London, 1831, p. 444.
§2. — Phlegmasies des nerfs. — Névrites.
Les phlegmasies des nerfs ou névrites sont des lésions qui, malgré les vivisections et les expériences, n’ont pas été étudiées comme elles le méritent. Jusqu’ici, en effet, la plupart des auteurs classiques, prenant pour seule hase de leur étude l’examen à l’œil nu, se sont contentés de décrire une névrite aiguë et une névrite chronique, sans se préoccuper des caractères histologiques, de l’étiologie ou de la pathogénie de ces lésions. A notre avis, cette classification est artificielle et insuffisante. Les nerfs étant, comme la plupart des organes, composés d’éléments propres, d’un stroma conjonctif et de vaisseaux, les inflammations dont ils sont le siège se localisent de préférence tantôt aux tubes nerveux, tantôt au stroma conjonctivo-vasculaire, et de là des phlegmasies parenchymateuses et des phlegmasies interstitielles. Si, d’un autre côté, nous tenons compte de la nature du produit phlegmasique, nous arrivons à classer les névrites, de même que les phlegmasies des autres organes, sous trois chefs principaux : Névrites parenchymateuses ou exsudatives, névrites suppuratives, névrites prolifératives ; chacun de ces chefs ou genres sera à son tour divisé en plusieurs espèces, suivant la méthode étiologique qui nous a servi jusqu’ici à classer les lésions anatomiques en autant d’unités qu’il y a d’agents capables de modifier dans leur structure les diflérenles parties du corps humain.
Bibliographie générale. — Nasse, De neiiritide {dissert.), Halæ, 1800. — Karl Oppert, D. devitiis nervorum organicis, Berol., 1815. — Lobstein, De nervi
NERFS
sympathetici hum. fabricu usa et morhis comm.; Paris, 1823. — Martinet, Mém, sur V inflammation des nerfs {Hevue médicale, 1824, t. II, p. 329) — J. Descot, Dissertation sur les affections locedes des nerfs. Thèse de Paris, 1825. — Lepel- LETiER, Revue médicale, 1827, t. IV, p. 183. — Bell, Treat. on diseuses and injuries of the nerves, London, 1834. — J. Swan, Treatise on diseuses and injuries of the nerves, London, 2' édit., 1834. — Sobrero, Dissert, sur Vanatom.,lu physiol. et Vinflammut. des nerfs, Turin, 1835 (Anal, dans Gaz. méd. de Paris, 183G, p.543). — V.D. Lith, De vit. nervoruni oryanicis, à. , iS3S.
— Dubreuilh, De la névrite, thèse de Montpellier, 1845, et Recherches expérimentales sur l'inflammation des nerfs [Clinique de Montpellier, 1845, n“* 5, 7).
— Beau, De la névrite et de la névralgie intercostales (Archives gén. de médecine, 1847, t. I, p. 161). — H. Remak, Ueber Neuritis, Neuredgia und Krampfe (Allgem. med. Zeitung, 1860, et Œsterr. Zeitschr. f. prakt. Heilkunde, même année). — Tomaselli, In/I. primitive de la 7' paire, etc., Etneo, t. I, et Gaz. hebd. de méd. et de chirurgie, 1861, p. 379. — Mougeot, Rech. sur quelques troubles de nutrition consécutifs aux affections des nerfs. Thèse de Paris, 1867.
— J. Athaus, Neuritis des Plexus brachialis (Archiv f. klin. Medicin., 1872).
— Brown-Séouard, dans Holmes System of surgery, t. III, p. 876 (art. diseuses of nerves). — Fischer, Zwei Fallc von Neuritis (Rerlin. klin. Wochenschrift, 1875). - H. Nothnagel, Ueber Neuritis in diagnosticher und pcdholog. Reziehung (Samml. klin. Vortràge, 1876, n“ 103). — Gros, Contribution à l’histoire des névrites. Thèse de Lyon, 1879.