CHAPITRE II
MUELLE Él'lNIÈRE
La muclle épinière a la forme d’un cordon cylindrique ; elle ebt composée d’une masse grise centrale et d’une masse blanche extérieure. La substance grise comprend une portion médiane sous forme de bandelette et des prolongements latéraux plus ou moins volumineux et arrondis : cornes antérieures et cornes postérieures, de sorte que sur une coupe transversale elle a l’aspect d’un IL La substance blanche présente trois cordons pairs mal limités, désignés sous les noms de cordon antérieur, cordon latéral et cordon postérieur divisé en zone radiculaire et encordon de Goll.
Déjà distinctes par leur coloration, ces substances difl'èrent encore par leur composition histologique. Tandis que la substance blanche ne contient que des tubes nerveux séparés par un stroma conjonctivo-vasculaire, la substance grise renferme en outre des cellules nerveuses, éléments spéciaux et actifs du cordon médullaire. Au centre de la substance grise existe un canal tapissé d’une couche d’épithéliums à cils vibratiles, c’est le canal de l’épendyme. Ce canal se forme au moment où la moelle fœtale s’enroule en cylindre, mais plus tard il se rétrécit et s’oblitère.
La moelle épinière est composée d’éléments nerveux, d’une charpente de tissu conjonctif et de vaisseaux. Les éléments nerveux enveloppés par le stroma conjonctif sont de deux ordres, les uns tubulaires, les autres cellulaires. Les éléments tubulaires de la moelle épinière diffèrent des tubes nerveux par l’absence d’une gaine primitive (gaine de Schwann) ; ils ont un diamètre moyen de 0™,002 à Ü"‘,009 (Frey) et présentent un cylindre-axe très net. Leùr disposition dans les cordons médullaires est variable ; ils sont longitudinaux, horizontaux ou obliques ; aussi est-il difficile de savoir exactement où ils aboutissent; en tout cas, ils com-
posent toute la substance blanche et entrent pour une partie dans la
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constitution de la substance grise. Cette dernière substance renferme en outre les cellules nerveuses ou ganglionnaires.
Ces cellules sont plus spécialement situées au sommet des cornes antérieures où elles forment des groupes réunis en réseau et séparés par des faisceaux de tubes nerveux, vers le centre et près de l’axe de la moelle, et enfin à la base de la corne postérieure. Volumineuses et étoilées dans les cornes antérieures, elles contiennent un pigment brunâtre; beaucoup plus petites, fusiformes ou sphériques dans les autres parties, elles présentent une teinte jaunâtre ; niais, quels que soient leur siège et leur volume, elles ont ce caractère commun que toutes sans exception sont pourvues de prolongements multiples et appartiennent aux cellules dites multipolaires. Parmi ces prolongements, les uns se dirigent, sans se ramifier, vers les racines et vers les cordons où, très probablement, ils se continuent avec les fibres nerveuses à contours foncés; les autres offrent des ramifications multiples et se terminent par des filaments très fins. Suivant Deiters chaque cellule n’aurait qu’un prolongement non ramifié ou prolongement du cylindre-axe, qui se continuerait avec une fibre à contours foncés; quant aux autres prolongements ou prolongements du protoplasma, ils seraient en rapport par leurs ramifications avec de fines fibres nerveuses à contours également foncés. En réalité, nous connaissons peu la connexion qui existe entre ces éléments, mais il est vraisemblable que les nerfs spinaux naissent, en partie de la moelle, en partie de l’encéphale, et que les cellules nerveuses sont tantôt des sources de fibres, tantôt des moyens d’union entre des régions homologues ou différentes du cordon médullaire.
Le stroma conjonctif est constitué, selon Kolliker, par un réseau de cellules, de fibres et de trabécules anastomosés de façon à former un canevas plus ou moins serré dans lequel sont contenus les éléments nerveux. Cette charpente, qui communique avec la pie-mère, s’étend à toute la moelle, mais elle n’a pas partout la même structure, et c’est là sans doute le secret des localisations pathologiques dont elle est le siège. Formé par une substance homogène et striée au pourtour du canal central, ce stroma revêt la forme d’un anneau connu sous le nom de cordon central de l’épendyrne, qui se confond insensiblement avec la substance grise. La charpente de cette substance est constituée par un tissu spongieux contenant un grand nombre de noyaux libres ou enveloppés d’une mince couche de protoplasma; celle de la substance blanche a une consistance plus ferme, elle est homogène ou striée, et forme un réseau continu dont les mailles enveloppent les sections des tubes nerveux.
Langereaux. — Traite d’anat. patli.