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III

ANATOMIE PATHOLOGIOUE.

Les artères de la moelle épinière, après s’être ramifiées, pénètrent dans la substance nerveuse, sous forme de vaisseaux très délicats qui finissent par se résoudre en un réseau capillaire. Deux rameaux partant de l’artère spinale antérieure et une branche située dans le sillon postérieur fournissent à la substance grise, tandis que des artérioles pénètrent sur toute la périphérie de la moelle, suivent les cloisons de tissu conjonctif et se distribuent à la substance blanche dont elles forment le réseau capillaire qui communique avec celui de la substance grise. De ces réseaux naissent les radicules des veines. Celles-ci, après avoir suivi le trajet des artérioles, viennent se réunir sur les parties latérales du canal central de façon à former deux veines principales. Les vaisseaux sanguins de la moelle épinière sont enveloppés de gaines extérieures ou canaux périvasculaires (Robin, Dis) qui ont en moyenne une largeur double, triple ou quadruple de celle de ces vaisseaux, et que des injections font communiquer avec les réseaux lymphatiques de la pie-mère (Kolliker). Ces canaux, que limite une membrane de substance conjonctive, renferment des cellules incolores qui ont été considérées par Ch. Robin comme des corpuscules lymphatiques en suspension dans un liquide.

La moelle épinière se développe aux dépens du feuillet corné du blastoderme, ou mieux d’une portion de ce feuillet qui touche àl’axe de l’embryon et à laquelle Remak a donné le nom de feuillet médullaire. Le canal central, tout d’abord très large, est entouré par une substance composée de cellules arrondies et semblables, qui se divisent en deux couches dont l’externe se transforme en substance grise, tandis que l’interne forme le revêtement du canal central. Au sein des éléments accumulés au pourtour de ce canal apparaît d’abord la corne antérieure d’où partiront les tubes nerveux de la racine antérieure, et vers le même temps se développent les racines postérieures. Les cordons blancs et les commissures ne se montrent qu’en second lieu, sous forme de revêtement extérieur. Ils forment deux cordons antérieurs plus forts et deux cordons postérieurs plus faibles. Les zones radiculaires se dégagent tout d’abord de ces derniers, et plus tard seulement les cordons médians postérieurs ou cordons de Goll, disposition qui rend compte de l’indépendance fonctionnelle et anatomo-pathologique de ces faisceaux. (Voy. Kolliker, Embryologie, trad. fr., p. G07, Paris, 1882; Pierret, Arehiv, de Physiologie, 1873, t. V, p. 535.)

Sous l’influence de Page, la moelle subit des modifications qui portent sur tous ses éléments.^ Les cellules nerveuses s’infiltrent d’un pigment , abondant et s’atrophient; les tubes nerveux perdent de leur transparence,

AIOELLE EPINIERE

la substance conjonctive interstitielle s’épaissit, et les tuniques des vaisseaux s’altèrent ; ainsi se trouve accrue la prédisposition aux lésions matérielles.

Située dans le canal rachidien et enveloppée par les méninges, la moelle épinière est exposée à des compressions diverses produites par des lésions vertébrales et méningées, et ces compressions ont pour effet, une altération des tubes médullaires qui s’étend, suivant la direction du courant nerveux, vers le haut pour les cordons postérieurs, vers le bas pour les cordons antérieurs. Organe de transmission et d’activité nerveuses tout à la fois, la moelle épinière se trouve unie à l’encéphale i par la moelle allongée, et aux nerfs par les racines antérieures et pos- ( térieures ; elle est de la sorte, en rapport de nutrition avec ces parties; i aussi, lorsque l’une d’elles vient à s’altérer, elle est presque toujours secondairement atteinte.

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AN.OMALIES UE FORMATION ET DE DÉVELOPPEMENT

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