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poumon, le long des tuyaux bronchiques, qui étaient déjà pénétrés de suc cancéreux et notablement rétrécis. Les cerceaux cartilagineux seuls avaient résisté à Tenvahissement.
3* Compression produite par des tumeurs cancéreuses et autres difvéloppées dans le médlaslin.
Il existe dans la science quelques exemples de masses cancéreuses presque toujours décrites jusque dans ces derniers temps sous le nom de masses stéatomoteuses , c'est ce qu'on voit très bien dans plusieurs modèles en cire du musée Dupuytren. Ces tumeurs déplacent le cœur, qui est refoulé à droite, et dont l'axe devient vertical, et compriment les poumons, qu'elles repoussent en arrière; mais pour que ces tumeurs exercent une influence directe sur la trachée, il faut qu'elles se prolongent en haut , au-dessus de la crosse aortique , pour atteindre le conduit aérien.
Ainsi, dans un très beau modèle en cire du musée, le médiastin antérieur est rempli par une masse cancéreuse énorme ; une bonne partie du sternum est envahie dans toute son épaisseur; la tumeur, en même temps qu'elle comprime la trachée, enveloppe comme dans une gaîne le tronc brachio - céphalique et la carotide primitive gauche.
J'ai eu occasion d'observer un cas remarquable de mort par suffocation produit par une masse encéphaloïde développée dans le médiastin antérieur ; en voici le résumé : Un jeune homme de dix-huit ans se présenta à l'hôpital avec une tumeur située profondément sur la partie latérale gauche du sternum. Elle s'accrut rapidement en soulevant le grand et le petit pectoral; cette tumeur transmettait parfaitement les battements du cœur à la main et à l'oreille; il y avait une matité considérable derrière le sternum et au niveau des cartilages costaux gauches, en
sorte qu'on pouvait croire à un anévrisme du cœur. La suffocation devient de jour en jour plus considérable : mort instantanée.
A l'ouverture, je trouvai derrière le sternum et les côtes gauches, auxquels elle adhérait, une tumeur qui avait le volume de la tête; elle avait envahi la membrane fibreuse du péricarde. Le cœur, refoulé en bas et en arrière, présentait une direction verticale; les gros vaisseaux, les poumons et la trachée étaient également refoulés en arrière. La bronche gauche, enveloppée par un prolongement de la tumeur, était aplatie. L'altération se prolongeait à travers les muscles intercostaux envahis , pour constituer la tumeur extérieure observée pendant la vie. Cette tumeur était pénétrée de suc encéphaloïde.
4" Compression sur la partie médiastine de la trachée et sur l'origine des bronches par le thymus.
J'ai déjà parlé de la compression exercée sur la partie médiastine de la trachée par le lobe médian prolongé du corps thyroïde. Le thymus hypertrophié peut il exercer sur la trachée une compression suffisante pour produire des accidents de dyspnée et de suffocation? Telle est l'opinion de Kopp et des auteurs allemands qui admettent chez les enfants un asthme thymique, une angine thy inique : il est certain que chez un certaiu nombre d'enfants nouveau-nés, et même dans le cours de la première année, le thymus, organe fœtal, ne subit pas l'atrophie relative (1) qu'il subit ordinairement après la naissance; mais est-il vrai qu'il s'hypertrophie dans quelques cas de manière à comprimer la trachée? Je crois qu'il est ])eu logique de rejeter absolument un fait par cela seul qu'on ne l'a pas ob-
(0 yoyez Anatomie descriptive, tome III, page 628. Suivant Meckel, le volume absolu du thymus augmente jusqu'à la fin de lapremière et même de la deuxième année, mais son volume relatif diminue notablement.
260 ANATOMIE PATHOLOGIQUK GÉNÉRALE.
serve. Je suspendrai clone mon jugement à cet égard jusqu'à ce cju'on m'ait prouvé, par un fait d'anatomiepatliologique, qu'une trachée peut être assez fortement comprimée Dar le thymus hypertrophié ou induré pour produire la suffocation avec langue pendante hors de la bouche, ainsi qu'on dit l'avoir observé. J'ai vu un cas de thymus tuberculeux chez un enfant de huit à dix mois, qui mourut avec une fièvre hectique sans aucun symptôme de suffocation. N'oublions pas cependant , dans l'appréciation de ces faits, que le thymus du fœtus et de l'enfant nouveau-né présente une portion cervicale (1) que j'ai vue se prolonger jusque sur les côtés du larynx; que là, immédiatement au-dessus de la crosse de l'aorte, il répond directement à la trachée. Me serais -je trompé lorsque j'ai cru devoir rapporter au développement de la partie moyenne du corps thyroïde, laquelle se serait prolongée derrière le sternum, et non au thymus, comme le pense sir Astley Cooper, les accès de dyspnée auxquels succomba la jeune fille de dix-neuf ans dont parle ce chirurgien (2)?
(i) Voyez Anatomie descriptive , t. III, p. SaS.
(a) Id., T^. 52b. Bien ceriaiufcuieni, si Je développement du thymus peut être assez considérable pour produire une compression moitelle de la tracliee, il doit exister, dans ce cas, une tumeur cervicale, immédiatement au-dessus de la fourchette du sternum, tumeur recouverte p.ir le tascia cervical et par les muscles de la région sous-hyoïdienne, ainsi que Burns dit l'avoir toujours rencontré ; car ce n'est pas la portion de thymus, qui répond au péricarde ou à la crosse de l'aorte, qui peut exercer sur les voies aériennes une compression suffisante pour déterminer des accidents. Il faut, d'ailleurs, bien se garder de rapporter à l'hypertrophie du tiiymus des accidents qui dépendent de toute autre cause, par exemple, des vices de conformation du cœur ou du poiunon, ainsi que Uaugsted [Des anomalies de structure et des maladies du thymus, Archives cjénerules de médecine, 3' série, totn. 111, p. iio, i833j dit l'avoir presque toujours obst^rvé. — A. Cooper, A nalomy ot ihe thymus gland^ London, ib^2, ii>-4i fi};- '«'^1. en français, par Figné et Robin, Paris, i832) in-8.
HUITIÈME CLASSE. KKTHÉCISSEMENTS ET OULITÉHATIONS, 261 S" Compression par anévrisme de la crosse de Vaorte.
Une des causes les plus remarquables et les plus fréquentes de la compression de la partie inférieure de la trachée et de la bronche {^auche, c'est sans contredit Tanévrisme de la portion ascendante de la crosse aortique : dans ce cas, la compression s'exerce avec d'autant plus d'intensité que l'aorte dilatée se trouve placée entre le sternum incompressible et la trachée, d'où résulte et l'aplatissement et le refoulement en arrière de ce conduit, lequel décrit souvent une courbe à concavité antérieure , et par suite des crises de dyspnée avec sifflement , raucité de la voix, cornage qui en ont quelquefois imposé pour le croup, ou plutôt pour la laryngite œdémateuse, et qui ont été traitées par la trachéotomie. Rien ne ressemble, en effet, davantage, ai-je dit ailleurs (1), à un accès de suffocation par la laryngite œdémateuse, que la dyspnée trachéale déterminée par la compression qu'exerce sur la trachée l'aorte anévrismatique. J'ai été sur le point de commettre cette erreur à la maison royale de santé, dont j'étais le médecin. Une femme d'une cinquantaine d'années éprouvait, à des intervalles divers, des accidents de suffocation qui mettaient sa vie en danger. Un jour, l'accès de suffocation fut tellement intense que, croyant la mort imminente, l'interne de garde m'envoya chercher. L'appareil pour la laryngotomie était prêt. Je fus témoin de la crise : c'était celle d'une asphyxie de laryngite œdémateuse à son apogée : face violacée, inspiration sifflante difficile, ahénéenne (comme à travers un tube d'airain), cornage, voix rauque, réfrigération. Je crus au premier abord avoir affaire à une laryngite œdémateuse, mais il me fut facile de voir que l'obstacle n'était pas au
(i) Article Laryngite, paye 33, tome XI, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.
larynx, mais à la trachée, et que le bruit de cornage était un bruit trachéal, et nullement un bruit laryngien. Bien ([u'aucun sip,ne physique ne me démontrât positivement la présence d'un anévrisme de la crosse de Taorte , je soupçonnai sa présence , ce que Tautopsie confirma plusieurs mois après , car la malade résista encore à un grand nombre d'accès de suffocation. Je dois peut-être mon abstention de la trachéotomie, dans ce cas, à TexemplÉ de Dupuytren, qui, appelé par un médecin de 1 Hôtel-Dieu, pour un malade que ce dernier jugeait affecté de laryngite œdémateuse, crut devoir s'abstenir, parce que, nous dit-il, il n'avait pas la certitude que la cause de la dyspnée fût dans le larynx. Son merveilleux tact le sauva ainsi d'une erreur de diagnostic que l'état de la science ne lui permettait pas à cette époque de réfuter par des arguments péremptoires. Le maladeayantsuccombé, on trouva que la cause de la compression était dans un anévrisme de la crosse aortique.
6° Compression des voies aériennes par pneumo-thorax^ par épanchement dans les plèvres , par une tumeur (fui comprime directement le poumon.
Ije pneumo-ihorax ou épanchement d'air dans la cavité de |a plèvre, que cet épanchement soit dû à une cause traumatique ou bien à une perforation spontanée du poumon, a pour conséquence la compression, l'affaissement et l'imperméabilité des vésicules pulmonaires , et si les deux plèvres étaient à la fois le siège du pneumothorax, la mort serait aussi immédiate que celle de l'animal dont on ouvre largement les deux côtés de la poitrine. Quand le pneumo-thorax n'a lieu que d'un seul côté, la vie peut se maintenir par le poumon sain : que si le pneumothorax, survenant d'un seul côté chez un phthisique , entraîne quelquefois la mort en quelques heures, tandis
que, dans d'autres cas, la vie persiste pendant quinze jours, un mois, plusieurs mois, cela tient unicjuement aux états divers dans lesquels se trouve le poumon du côté opposé, insuffisant ou suffisant pour maintenir la respiration et la vie.
L'affaissement, l'imperméabilité des vésicules pulmonaires par ( ompression sont également le résultat d'un épanchement dans la plèvre; le champ de la respiration est réduit en proportion de l'épancliement. La respiration est complètement interceptée dans un poumon, lorsque l'épancliement occupe la cavité pleurale tout entière ; lépanchement double complet aurait donc le même résultat que le double pneumo-thorax. Il est bon de rappeler ici que lorsqu'un épanchement pleurétique chronique occupe un côté de la poitrine, la plèvre pulmonaire se couvrant d'une fausse membrane organisée, dont la densité va toujours croissant, le poumon, comme étranglé, incarcéré dans une coque très dense, qui l'a surpris en quelque sorte dans l'état d'affaissement vésiculaire où il était réduit, reste toute la vie plus ou moins impropre à la respiration.
Enfin , des tumeurs volumineuses développées dans la cavité thoracique , peuvent exercer directement sur les vésicules pulmonaires une compression qui les rende plus ou moins imperméables; tels sont des kystes acéphalocystes, ou, comme je Tai observé, une énorme acéphalocyste akystique, développés dans la cavité pleurale. On voit au musée Dupuytren une pièce naturelle et un Oiodèle en cire représentant une énorme tumeur qualifiée de stéatome, qui remplit la presque totalité de la plèvre gauche. Le poumon atrophié, refoulé en avant, occupe la place du médiasiin antérieur; le cœur, dévié et vertical, occupe la cavité gauche.
Lorsque c'est la partie inférieure de la trachée qui est comprimée, la respiration est interceptée dans les deux
264 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉllALE.
poumons à la fois ; lorsque c'est seulement la bronche gauche, laquelle affecte des rapports plus particuliers avec la crosse aortique, la respiration n'est interceptée que du côté gauche, et l'auscultation, en révélant l'absence ou la diminution du murmure respiratoire dans les deux poumons, dans un seul poumon ou dans une portion de poumon, peut jeter un grand jour sur le siège et le degré de la com [Pression.
Les acéphalocystes développées dans l'épaisseur du poumon peuvent également exercer sur le tissu pulmonaire et sur les bronches une compression suffisante pour mtercepter la respiration dans la portion du poumon correspondante. Telle est la pièce présentée h la Société anatomiquepar M. Hérard dans sa séance du 29 novembre 1850, et déposée au musée Dupuytren : une énorme acéphaiocyste stérile occupe la moitié supérieure du poumon ; elle est dépourvue de kyste propre (acéphaiocyste akystique), c'est le tissu du poumon lui-même qui en tient lieu. Les parois de la poche fibreuse, en laquelle le poumon est converti dans sa moitié supérieure, présentent çà et là des débris de tissu pulmonaire reconnaissablés à des taches noires qui manquent même dans une certaine étendue. La partie inférieure de cette poche est constituée, et par le tissu pulmonaire parfiiitement sain, mais dont les lobules ont été comme éparpillées, et par les tuyaux bronchiques mis à nu, aplatis et comprimés, ce qui devait rendre la respiration bien difficile. La malade à laquelle appartenait cette pièce n'était restée que deux jours à l'hôpital , et la poitrine avait présc nté au niveau de la poche une matité complète et une abser.ce absolue de bruit respiratoire : ce bruit s'entendait très bien à la base du poumon. En pareil cas le diagnostic doit flotter entre un kyste acéphaiocyste et un épanchement pleural limité par des adhérences à la partie supérieure de la plèvre, ainsi que j'en ai recueilli plusieurs exemples.
HUITIÈME CLASSli. «ÉTBÉCISSEMEINTS ET OBLlTÉRATlOiNS. 265 3* ESPÈCE. Rëli écissement des voies aériennes par spasme.
Le spasme joue un rôle bien important clans les maladies des voies aériennes, dont un grand nombre ne sauraient être interprétées sans la prise en considération de cet élément nerveux.
C'est pour ainsi dire aux deux extrémités des voies aériennes, 1° au larynx, 2" aux divisions ultimes des bronches, que le spasme s'observe dans toute sa plénitude. L'appareil musculaire du larynx est parfaitement connu de tous; l'appareil musculaire des divisions bronchiques est moins généralement étudié. Je l'ai décrit avec beaucoup de soin dans l'anatomie descriptive (1).
Relativement au spasme du larynx, les dénominations de croup spasmodique , de spasme de la glotte , à' asthme aigu ou spasmodique des enfants, témoignent de l'importance que la plupart des observateurs ont attachée au spasme dans les maladies du larynx; et, en effet, l'étude de la myologie du larynx nous apprend que la contraction des muscles constricteurs de la glotte peut être portée jusqu'à rocclusion du larynx, et que, par conséquent, la mort par asphyxie peut en être le résultat immédiat.
(i) Traité cCanat, descript., tome III, page 47-^7 2" édit., Structure des ramifications bronchiques. Ce paragraphe se termine ainsi: « Lorsqu'on » considère, d'une part, la disposition des serments cartilagineux, qui » semblent avoir été taillés tout exprès pour s'emboîter les uns dans les » autres parleurs extrémités et pour constituer un appareil de mouvement ; » d'une autre part, l'existence des fibres contractiles circulaires placées à V la face interne de ces segments, on ne saurait révoquer en doute les » mouvements de ces segtnents les uns sur les autres; l'étendue de ces » mouvements peut être mesurée par l'espace qu'ils doivent parcouiir » pour arriver au contact. Or l'arrivée au contact doit avoir pour re'sultat « l'oblitération presque complète de ces conduits. » J'ajoute dans une note que « ces faits anatomiques expliquent merveilleusement tous les » phénomènes de l'asthme neiveux, delà suffocation nerveuse, et tous les » phénomènes spasmodiques de suffocaiion qui se passent dans les voies » respiratoires, »
On peut diviser le spasme du larynx, qui me parpit très bien caractérisé par la dénominaiion de spasme de la glotte, en idiopathique et en sympiomalînue.
Y a-t-il un spasme de la glotte idiopathique? Ce que je viens de dire prouve que je crois à sa possibilité; mais il est probable qu'il est !e plus ordinairement provoqué par une irritation de la membrane muqueuse.
Je fus appelé en 1820 (j'habitais alors Limoges) pour aller voir deux sœurs en bas âge, Tune de cinq ans, Tautre de sept ans environ, qui venaient d'être prises en même temps d'une maladie qu'on jugeait sérieuse. Je ne fus prévenu que le soir en rentrant chez moi; il était onze heures : je m'y rendis; mais telle était la disposition de Fçippartement, qui! me fut impossible de me faire entendre. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu'en y retournant le lendemain de grand matin j'appris que l'une des enfants (la plus jeune) était morte à une heure du matip, au milieu d'une crise de suffocation qui l'avait asphyxiée en quelques secondes. Or, lautopsie ne me démontra d'autre lésion dans les voies aériennes qu'un peu de rougeur de la membrane muqueuse. Quant à la seconde enfant, elle me présenta tous les prodromes d'une rougeole qui régnait épidémiquement dans le pays, et dont elle guérit parfaitement. Bien évidemment l'enfant qui a succombé était dans les mêmes conditions : le spasme de la glotte ou le spasme bronchique a été provoqué par l'irritation de la muqueuse des voies aériennes, irritation qui constitue un phénomène prodromique constant de la rougeole, un élément de la maladie aussi constant que l'éruption cutanée.
Le spasme de la glotte joue un rôle non moins important dans toutes les maladies du larynx, et surtout dans les phlegmasies aiguës de cet organe, d'où les accidents imprévus qui surviennent si souvent dans le cours de ces maladies (laryngite striduleuse, laryngite spasmodique,
croup spasmodiquo), d'où la mort par asphyxie dans des cas où Tautopsie révèle une certaine liberté dans le passage de l'air.
Y a-t-il un spasme de la glotte produit par une irritation directe fixée sur les nerfs laryngés inférieurs, sur le pneumo-gastriqueou sur le bulbe rachidien supérieur, qui est leur point d'origine : cela ne me paraît pas douteux. Ainsi, dans les tumeurs cervicales, comme aussi dans les tumeurs thoraciques , qui compriment les voies aériennes, il faut bien distinguer les cas où les accidents d'asphyxie sont le résultat pur et simple de la compression des voies aériennes, de ceux dans lesquels ils sont le résultat de la compression et de rakération des nerfs récurr rents ou du tronc des pneumo-gastriques. Ainsi, dans les cas d'anévrisme de la crosse de l'aorte, l'aphonie, les accidents dyspnéiques, et finalement la suffocation, s'expliquent souvent par la compression des nerfs récurrents, ou par celle des pneumogastriques. Sur une pièce de tumeur cervicale conservée au musée Dupuytren, tumeqr qui a appartenu à un malade mort asphyxié, on Irouyg que : l'un des nerfs récurrents est comprimé; et que l'autre se perd dans l'épaisseur de la tumeur. Sur trois autopsies d'enfants qui avaient succombé au spasme du larynx par suite du développement des ganglions lymphatiques cervicaux et thoraciques, Hughiey (1) a trouvé une fois les nerfs laryngés inférieurs fortement comprimés ; une autre fois, le nerf laryngé inférieur gauche ramolli et dévié dans le point où il embrasse la crosse aortique; dans le troir sième cas, ce même nerf était évidemment altéré.
Quant au spasme bronchique , il joue un rôle très important dans presque toutes les maladies des voies respiratoires : il explique les alternatives d'oppression extrême
{i)London médical Gazette, février i834, et Compendium de médecine pratique, tome V, page 553.
et de respiration libre, les quintes suffocantes de la coqueluche, l'asihme symptomatique d'une maladie du cœur, et constitue à lui seul l'asthme idiopathique, l'asthme nerveux proprement dit : quelles que soient, en effet, les idées qu'on se fasse de l'asthme, on ne saurait y méconnaître une excessive difficulté dans le passage de l'air, surtout pendant l'expiration, qui se prolonge en un long roucoulement. Sans doute, l'obstruction des dernières divisions bronchiques, par un mucus glutineux, est pour quelque chose dans la sibilation, la dyspnée de l'asthme; mais le spasme des divisions bronchiques est évidemment l'élément principal de la lésion ; la preuve en est dans l'instantanéité de son invasion, et souvent aussi dains l'instantanéité de sa disparition.
Le spasme bronchique est d'autant plus intense qu'il occupe des divisions bronchiques plus déliées : il esta son maximum dans les dernières divisions bi^onchiques, celles qu'on peut appeler bronches capillaires, et qui sont réduites à leur partie membraneuse, la partie cartilagineuse de ces conduits étant épuisée. Aussi la moindre irritation fixée sur la muqueuse de ces conduits capillaires a-t-elle pour conséquence immédiate une crise ou un accès d'asthme.
4* ESPÈCE. Rétrécissement et oblitération par le'siou organique des canaux aériens.
1° Vinjlanwiation aiguë ou chronique est la cause la plus ordinaire des lésions de canalisation par rétrécissement des voies aériennes, rétrécissement qui constitue le danger réel de la maladie. Ici comme dans le spasme, et souvent à cause du spasme, ce danger existe surtout aux deux extrémités des voies aériennes, au larynx si notablement rétréci par le placement de l'appareil vocal et aux dernières divisions bronchiques. Le siège bien plus que la nature de la maladie domine
HUITIÈME CLASSE. Bh^TRÉClSSEMENTS ET OBLITÉRATIONS. 269
ici toute la question. Un mot sur chaque espèce de laryngite (1).
La lésion de canalisation dans la laryngite et bronchite catarrhales peut faire périr 1» par le simple épaississement de la muqueuse; 2" par une sécrétion très abondante de mucosités; 3" le plus souvent par l'addition du spasme.
Comment expliquer autrement (jue par le spasme un accès de dyspnée qui tue un enfant, plus rarement un adulte, à Tinvasion d'une laryngite simple. A l'ouverture, on ne trouve rien autre chose qu'un peu de rougeur, un peu de tuméfaction de la membrane muqueuse. L'asthme aigu de Millar ne me paraît être autre chose qu'un accès de suffocation survenant dans la laryngite simple ; il en est de même du faux croup (2) que je considère comme une laryngite catarrhale, un croup catarrhal, lequel peut être aussi immédiatement funeste que le croup pseudomembraneux.
Indépendamment du spasme , la mort dans la laryngite et la bronchite peut avoir lieu par l'abondance des mucosités catarrhales. Sur un enfant d'un an environ, qui présentait tous les symptômes du croup et qui fut opéré en ma présence par M. Trousseau , la trachéotomie n'amena que des mucosités; le petit malade fut sauvé. J'ai vu une jeune fille, âgée de neuf ans, qui présentait tous les symptômes de la dernière période du croup. Je pense à la trachéotomie; mais ayant reconnu par l'auscultation la présence dans les voies aériennes d'une grande quantité de mucosités, je veux, avant d'en venir à l'opération, débarrasser les voies aéiiennes en provoquant des efforts réitérés de vomissement à l'aide d'une barbe de plume,
(i) Voyez Dictionnaire de méd. et de chir, pratiques, t. XI , p. 2 1 , article Lauynoite.
(3) Faux croup : mauvais mot, mot (luelquefois funeste, ainsi que j'en ai rapporte un exemple dans mon arlicle laryngite^et que je propose de remplacer par celui de croup ctttarrhal.
efforts qui ont pour résultat l'expulsion en masse d'une grande quantité de mucosités : la disparition immédiate des symptômes du croup en fut la conséquence; la raucité de la voix a persisté pendant un mois.
Le catarrhe suffoquant humide des vieillards tient à une sécrétion excessive de mucosités dont ils ne peuvent se débarrasser. Le catarrhe suffoquant sec de Laënnec ne me paraît être autre chose qu'une irritation vive ou inflammatoire delà muqueuse avec spasme bronchique. Le plus souvent on trouve dans le catarrhe suffoquant humide des vieillards et de l'œdème et de la pneumonie. Le fait suivant est un type de catarrhe suffoquant humide mortel par l'accumulation pure et simple de mucosités.
Une femme , âgée de soixante-quinze ans, entre dans mon service à la Salpêtrière (octobre 1832) pour un catarrhe pulmonaire chronique apyrétique dont elle est affectée depuis un grand nombre d'années. Expectoration extrêmement abondante de mucosités puriformes; ortbopnée. L'auscultation démontre des raies à grosses bulles avec sifflement occupant toute l'étendue de la poitrine. La malade mourut suffoquée pendantla nuit. La journée s'était très bien passée, et le matin du même jour elle avait de la gaieté. A l'ouverture, je trouve tout l'arbre aérien rempli d'une énorme quantité de mucosités; rougeur sans épaississement de la membrane muqueuse; le tissu du poumon était parfaitement sain.
2° Lésion de canalisation par rétrécissement des voies aériennes dans t inflammation couenneuse du larynx, de la trachée et des bronches. Ici encore tout le péril est, d'une part, dans l'obstacle matériel à la circulation de l'air par la présence des pseudo-membranes tabulées, et, d'une autre part, dans le spasme qui, presque toujours, s'empare soit du larynx, soit des divisions bronchiques. L'obstacle peut être au larynx seulement; il peut être dans les grosses et les petites bronches seulement, jusque dans les dernières di-
visions; il peut être dans tout Tai bie aérien à la fois : il est des croups purement laryngiens , il est des croups purement bronchiques. Je ferai remarquer que, dans le cas de croup bronchique , les bronches sont incomplètement remplies par la concrétion tubulée, laquelle n'adhère pas aux parois dont elle est quelquefois séparée par un certain intervalle, en sorte qu'on peut admettre que la circulation aérienne n'est pas impossible entre les parois des canaux aériens et la pseudo-membrane (1). Mais il est évident qu'il y a eu un moment où ces concrétions ont été adhérentes , car leur surface présente l'empreinte des fibres longitudinales qui tapissent tout l'arbre bronchique^ Ces empreintes linéaires sont surtout très apparentes dans les bronches de moyen calibre. C'est ce défaut d'adhérence que j'explique par les mouvements qui se passent dans les tuyaux bronchiques, qui rend compte de la facilité avec laquelle des tubes pseudo -membraneux , disposés en arborisations, sont expulsés au milieu de quintes de toux (2).
L'expulsion spontanée ou provoquée par l'art de tubes pseudo-membraneux peut amener la guérison: mais cette expulsion n'est, en général, que partielle , et à moins que l'inflammation ne soit limitée à un petit nombre de con-
(i) J'ai eu occasion de voir des concrétions pseudo-membraneuses des divisions bronchiques qiii constituaient des cylindres pleins, libres dans ces conduits, qu'ils ne remplissaient que très incomplètement. Je rapprocherai ce fait des concrétions non tubulées ayant le volume d'un ascaride lombricoïde que rendent par les selles plusieurs individus affectés d'inflammation chronique du gros intestin, (Voyez la Classe des corps étrangers-)
(2) On ne saurait assez répe'ter que l'inflammation pseudo-membraneuse du larynx peut être indépendante de l'inflammation pseudo-membranease de l'arrière-bouche ; qu'en conséquence c'est une fort mauvaise manière de raisonner que de dire : « Il n'y a pas de fausse mem- » brane dans l'arrière-bouche, donc il n'en existe pas dans le larynx. » Tel était le cas d'une petite fille de quatre ans qu'on croyait affectée de laryngite simple, et qui mourut le quatrième jour de l'invasion. Toute
272 ANATOMIE PATHOLOGIQUK GÉNÉRALE.
duits aériens, cette expulsion dénote le danger plutôt qu'elle ne le conjure; et d'ailleurs cette expulsion n'amène qu'un soulagemeEi; momentané, car les tubes pseudomembraneux ne tardent pas à se reproduire , si l'inflammation persiste encore.
La trachéotomie, en ouvrant à Tair une large voie artificielle au-dessous du larynx, ne peut évidemment s'appliquer qu'aux cas où l'obstacle à la respiration occupe le larynx; elle est impuissante lorsque l'obstacle est audessous (1).
3' Lésion de canalisation par réti'écissement dans la laryngite sous-muqueuse. (Jette lésion de canalisation mérite une mention toute spéciale. Ici, les produits de l'inflammation déposés dans le tissu cellulaire sous-muqueux et non sur la surface libre de la membrane muqueuse, peuvent déterminer des phénomènes de suffocation non moins graves, non moins immédiatement funestes que les pseudomembranes du croup le plus aigu. Or la laryngite sousmuqueuse (2), aiguë ou chronique, peut affecter 1° la région sus-glottique, 2o la région sous-glottique du larynx,
A la région sus-glottique, la laryngite sous-muqueuse
la cavité du larynx, y compris la face postérieure de l'épigloite, la trachée et les premières divisions bronchiques, étaient tapissées par une fausse membrane consistante, légèrement adhérenie à la muqueuse, très fortement injectée. L'orifice supérieur du larynx était la limite de l'inflammaliun pscudo-menibraneuse. Un cas du même genre vient d'être présenté à la Société anatonii(]ue par M. Piogey.
(i) Pour que la trachéotomie ait un plein succès dans les cas où elle est applicable , il faut , suivant le conseil très important donné par M. Brelonneau, que la canule ait un diamètre aussi consiilérab'e que le permet le calibre de la trachée. Les petites canules ne remédient que très incomplètement à l'asphyxie. L'idée des doubles canules, dont l'interne peut être retiiée sans loucher à l'externe, est un véritable perfectionnement, caria canule laryngienne est sujetie à l'oblitération, soit par des mucosités, soit par des pseudo-membranes.
(2) Voyez article Larjngile , loc, cit.^ p. 32. Voyez aussi Anatomie pathologicjue avec planches , 8* livraison, explication de la planche a.
HUITIÈME CLASSE. RÉTRÉCISSEMENTS ET ÛBLlTÉRATIOiSS. 275
aiguë, œdémaieuse à sa première période (œdème de la glotte de Bayle ) , est souvent moi telle en quelques heures ; car Tœdème , premier symj)iôme de l'inflammation , peut, en peu d instants, convenir les replis muqueux épiglotti - aryténoïdiens en deux gros bourrelets obtmateurs qui, à chaque mouvement d'inspiration , tendent à se rapprocher lortement et à se précipiter en quelque sorte dans la cavité du larynx , d'où l'asphyxie. A l'état purulent, la laryngite sous-muqueuse de la région sus-gloitique produit les mêmes effets qu'à l'état œdémateux. La laryngite sous-mu(|ueuse sus-glottique, souvent idiopathique, souvent aussi consécutive soit à une ulcération syphiliti(]ue , soit à une phthisie laryngée.^ soit à un cancer de la langue (1), est le triomphe de la trachéotomie ou laryn<;otomie.
Dans la laryngite sous-muqueuse de la région sousglottiqne, le tissu cellulaire étant beaucoup plus serré, et par consé(juent moins suscej)tible d'infdtration que celui de la région sus glottique , la marche de la maladie est moins rapidement mortelle ; mais la muqueuse soulevée forme un bourrelet circulaire qui rétrécit la partie correspondante du larynx , et détermine une gêne proportionnelle dans la respiration. Plus tard, ce bourrelet devient bien plus considérable, lorsque le pus est accumulé sous la muqueuse décollée circulairement. La mort par suffocation peut alors avoir lieu au milieu d un accès de dyspnée et de toux. A une époque plus avancée, le
(i) M. Morel-Lavallp'e a comrïmnif|né à la Société de rhirurgie ( en. 1849 et l85o) deux cas d'œdèiiie de la glotte, survenus subitement cheï deux individus -affecie's de can''er de la lanj^ue avec engorgetneni de^ favi' gUouS sous-maxillaiies. Ces deux cas ont été véritablement foudroyants, Il y avait à la fois infiliration de la j;loile proprement dite et infiltration du vode du palais. M. iMorel-Lavailée insiste avec raison sur la valeur de rinfilirntion du voile du palais comme signe diagnostic de I œdème de la glotte. Il est probable que dans ce cas l'engorgement cancéreux des fçanglions sous-maxillaires a été la cause de l'œdème de la glotte.
îlh ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE,
cartilage cricoïde nécrosé, se faisant quelquefois jour dans la cavité du larynx , peut occasionner la suffocation.
Dans un cas de laryngite sous-muqueuse chronique de la région sous glottique, qui se termina par suffocation, je trouvai la cavité du cartilage cricoïde presque entièrement remplie par un tissu induré, tout à fait analogue à celui des callosités. L'induration avait envahi les cordes ?ocalesinférieureset les ventricules: les cordes vocales supérieures étaient intactes. Un pertuis bien insuffisant pour les besoins de la respiration existait au centre de ces callosités. Je suis persuadé que cette induration phlegmasique, avec épaississement considérable et de la muqueuse et du tissu cellulaire sous-muqueux, a été prise quelquefois pour im cancer. C'est également dans la catégorie des laryngites sous-muqueuses sous-glottiques que je classe le fait suivant, publié en 1830, par mon excellent confrère et ami M. Gintrac , sous le titre d'Hypertrophie concentrique du cartilage cricoïde. En voici le l'ésumé.
Vingt-huit ans; toux et dyspnée habituelles, respiration difficile accompagnée de sifflement comme si fair avait traversé une ouverture étroite. Quelcjues jours avant la mort, à la suite de courses fatigantes et de fusage d'aliments excitants,augmentation de la toux et de la dyspnée; plusieurs accès de suffocation avec quintes de toux prolongées : le malade meurt asphyxié pendant un de ces accès.
Le larynx présente un rétrécissement très considérable de sa cavité à sa partie inférieure, ou sous-glottique, qui n'avait environ (jiiune ligne de diamètre. C'était aux dépens du cartilage cricoïde , concentriquement hypertrophié , qu'avait lieu ce rétrécissement : étroit et mince en devant, ce cartilage offrait en arrière et sur les côtés une épaisseur de 8 à 9 lignes. Sa surface externe était inégale et bosselée. Son bord inférieur présentait des saillies considérables et des écbancrures profondes. Les
HUITIÈME classe: RÉTBÉCISSEMENTS ET OBLITÉRATIONS. 276
articulations crico-thyroïdiennes étaient soudées. « La » structure du cartilage cricoïde était en outre alte'rée : « sa substance était intérieurement ramollie et comme M fongueuse. Elle n'offrait aucune trace d'ulcération M ni de suppuration. Elle n'était abreuvée par aucun M fluide: elle était renfermée de tous côtés par une lame » cartilagineuse, mince, dense et presque osseuse. Au » niveau du rétrécissement, la membrane muqueuse » était plus épaisse ; elle était renforcée dans cette partie » par une couche de tissu cellulaire dense qui l'unissait » étroitement à la surface interne du cartilage. » Les autres parties du larynx étaient sans altération. Les poumons, volumineux, s'affaissaient à peine sous la colonne atmosphérique. Les canaux aériens, la trachée surtout, avaient plus de volume que de coutume.
Il y avait donc, indépendamment de l'hypertrophie concentrique du cartilage cricoïde, un épaississement très prononcé de la membrane muqueuse et du tissu cellulaire sous-muqueux. Il est malheureux que l'altération du cartilage n'ait pas été décrite autrement que par ces mots : « la substance du cartilage était ramollie et comme » fongueuse. » Quelle était cette altération? Plusieurs fois, en étudiant des cartilages thyroïdes et cricoïdes ossifiés, j'ai trouvé dans l'épaisseur de ces cartilages de vastes cellules remplies de suc médullaire comme gélatiniforme et très abondant. Serait-ce la même altération ?
Y aurait-il quelque rapport de cause à effet entre l'augmentation d'épaisseur avec ossification du cartilage cricoïde et l'inflammation chronique de la membrane mu= queuse caractérisée par son épaississement, etpari'épaissis" sèment avec induration du tissu cellulaire sous-muqueux? Cette augmentation d'épaisseur avec aspect fongueux du cartilage serait-elle consécutive à l'inflammation sous-muqueuse, comme on voit les os s'hypertrophier, leurs cellules s'agrandir au voisinage d'une inflammation? C'est de cette
276 âmatomie pathologique générale.
manière que je crois pouvoir interpréter ce fait. îl est évident que dans ce cas la trachéotomie était parfaitement indiquée.
Dans la laryngite chronique ou pltlhisie laryngée, il y a à la fois inflammation catarrliale, inflammation sous-muqueuse chronique, induration, ulcération, érosion, carie, nécrose des cartilajjes aryténoïdes et cricoïdes ossifiés ou non ossifiés : on trouve bien rarement de la matière dite tuberculeuse. Le larynx est pinson moins rétréci, et il sulfit d'une pidegmasie nouvelle pour amener des accès de suffocation. La trachéotomie peut sauver le malade ou du moins prolonger sa vie. Il ne faut pas j)erdre de vue que les cartilages du larynx , et plus particulièrement le cartilage cricoïde, nécrosés dans toute leur circonléreiice, pénètrent quelquefois dans la cavité du larvnx après leur séparation complète, et peuvent oblitérer cette cavité (1).
JRéliécissement du larynx par cicatrice. Les ulcères syphilitiques, cjui attaquent si fréquemment la partie susgioiiique du larynx, peuvent, en se cicatrisant, rétrécir noiablemeut celte région : il existe au musée Dupuylren un larynx ainsi rétréci. L'éj)ig!otte et les cordes vocales ont été détruites. Il a fallu qu'd existât petidant la vie une gène bien considérable dans la respiiaiion laryngienne;
(j) L'étude stétlioscopique du larynx faite par M. Beau, l'e'tude stëtlioscopicjue delà poiinue faile par M.Barih,daiis le cas de rétrécissement des voies aériennes, peuvent Fournir des données précieuses sur le sip(»e de l'obstacle, le degré et même la nature de cet obstacle. Quand le resserrement du larynx est médiocre, dit M. Beau, le bruit de souffle laiyngien est seulement exagéré; quand la consirntion est extrême, il y a liansformation du bruit de suuflle en un siFHemenl qui présente un timbre éclatant. La diminution et même l'abolition du mnrnture vësiculaire des poumons sont, d'après M. Barth, la consécjuence de toute lésion capable de rétrécir le calibre de la partie supérieure des voies aériennes. M. Bailh, dans son excelli'Ut mémoire, a même essayé de déterminer le siège et la nature de l'obstncle d'après les caractères fournis par l'auscultation directe de la poitrine. {^Archiv, qén. rte mécl., iSSg, ?!>* série, t. V, p. iSy.)
HUITIÈME CLASSE. BÉTllÉCrSSEMENTS ET OBLl lERATIOWS. 277
car chez ce sujet la trachée est irts notablement dilatée, si bien qu'on dirait f|u'el!e appartient à un autre appareil vocal (\ue le larynx du niéuie individu.
fiétrécissemenide la trachée- artère jjar cicatrice. Non seulement le larynx, uiais encore la trachée peuvent être rétrécis par cicatrice syphiliti(iue : tel est le cas suivant (1) dîi à M. le docteur Worthington. En voici le résumé. Quarante-neuf ans , syphilis contractée en 1833; toux, gène de la respiration et de la déglutition qui vont en augmentant jusqu'en 1837. A cette époque, la respiration présentait une dilHculté telle que ch que induration durait dix secondes, et que la respiration ne se faisait que six fois pat minute. L'expiration était beaucoup moins difdcile que l'inspiration ; voix très altérée, rude et rauque ; toux fatigante, avec crachats niucoso-purulents très abondants. On diagnostiqua un obstacle à la trachée ou au larynx. Le malade moiuut subitement le 15 mai 18ûl , sans qu'il y eût aucun changement dans les phénomènes locaux. On attribua sa mort instantanée à quelques morceaux d'aliments qui seraient tombés dans le larynx,
A l'autopsie, on trouva juste au-dessous du cartilage cricoïde, par conséquent, au niveau des premiers anneaux de la trachée et dans une hauteur de trois pouces, un rétrécissement tel que le diamètre de ce conduit dans ce point i\ excédait pas celui d'une plume de corneille. Les cerceaux de la portion de trachée inférieure au rétrécissement, c'est-à-dire supérieure dans l'oidre de la circulation aérienne, étaient, au contraire, très dilatés, très amincis, et avaient jusqu'à un certain point perdu leur élasticité et leur caractère cartilagineux. Cette dilatation avec amincissement s'étendait jusqu'à la bifurcation de la trachée. La membrane muqueuse du larynx
(ï) Medico-chirurg. Transactions, London, 1842, l. XXV, p. 220. (^r- "■h'wts gémrales de mpdecine, i843, t, III).
était un peu épaissie , saine d'ailleurs , à rexception des petites cicatrices qu'elle présentait au niveau de la partie inférieure de l'anneau cricoïdien : quant à la trachée , la portion rétrécie présentait, à sa surface interne, une cicatrice lisse, quoiqu'un peu irrégulière. Les anneaux cartilagineux avaient complètement disparu au niveau du rétrécissement , c'est-à-dire dans une longueur de trois pouces, La portion dilatée de la trachée présentait supérieurement quelques cicatrices superficielles.
Rétrécissement par polype du larynx. M. le professeur Erhmann a publié deux observations très intéressantes sur ce sujet. Dans la première^, l'enfant, âgé de neuf ans, mourut asphyxié, les parents ayant repoussé l'opération de la laryngotomie. La tumeur, du volume d'une aveline, lobulée , était insérée par un large pédicule à la corde vocale inférieure, dont elle occupait la place. Dans la seconde observation , la malade , âgée de trente-trois ans(l),était sur le point de suffoquer lorsqueM. Erhmann pratiqua Tincision du cartilage thyroïde et fit l'excision d'une excroissance polypeuse implantée le long du ligament inférieur de la glotte.
Rétrécissement par cancer du larynx. Au cas fort intéressant, publié par MM. Trousseau et Belloc (2), et dont j'ai constaté moi - même la nature cancéreuse , j'ajouterai le fait suivant que j'ai pu étudier à l'état frais (3). Pour tout comraémoratif , j'ai appris que l'individu auquel appartenait ce larynx était aphone, et qu'on avait soupçonné une phthisie laryngée. L'altération est exactement limitée aux cordes vocales inférieures qui sont remplacées par un tissu mou, fon-
(i) Voyez Dissertation de M. Erbmaiin fils : Des polypes du larynx. Strasbourg, 1842. — C.-Ii. Erhmann, Histoire des polypes du larynx. Strasbourg, i85o, in-fol., avec fig.
(2) Traité pratique de la phthisie laryn^e'e, iSS^, p. i35.
(S)" Présenté à la Société anatomique et déposé an musée Dapuytren par M. Pptit, éîèvp interne de M, Marlin-Solon.
HUITIÈME CLASSE. RÉTKÉGISSIiMENTS ET OBLITÉKATIONS. 279
(jueux, lobuleux, mamelonné, présentant, à la loupe, une multitude de papilles ou végétations très vasculaires, à tête arrondie, réunies en groupes distincts, semblables à celles des cancers végétants de restomac. Cette altération présentait cela de remarquable, qu'elle était exactement limitée à la corde vocale inférieure. Les cordes vocales supérieuresétaient parfaitementsaines, ainsi que les ventricules du larynx, qui étaient seulement un peu rétrécis par le développement des cordes vocales inférieures. Le muscle aryténoïdien était sain. Je n ai pas dû disséquer les muscles thyro-aryténoïdiens pour ne pas altérer la pièce. Il est probable que le malade étant mort par suffocation, Faltération n'a pas pu parcourir d'autres périodes (1).
Une réflexion pratique qui s'applique à tous les cas de suffocation par rétrécissement aigu ou chronique du larynx, c'est que la trachéotomie doit être pratiquée iors même que le malade païaitrait expirant et même mort par asphyxie. On peut lire à ce sujet l'excellent article de M. Trousseau (2), et le succès de l'opération qu'iî pratiqua sur M. le comte de ***, chez lequel elle opéra une véritable résurrection. Le malade ne succomba que bien plus tard, par suite des progrès de la maladie du larynx, que l'autopsie démontra être de nature cancéreuse (o).
(i) M, Houel-, conservateur du musée, ayant fait examiner la pièce au microscope , la présence de globules cancéreux a été bien constatée. L'aphonie coïncidant, chez ce malade, avec l'intégrité des cordes vocales supérieures, on doit en inférer que la voix se produit essentiellement au niveau des cordes vocales inférieures.
(a) De la Irachéotomie comme remède extrême dans quelques maladies clironiques du larynx. [Journal des connaissances inédico-chirurgicalei, î84o, t. VIÏI, p. i33,)
(3) M. Marjolin et moi, nous avions été appelés en consultation auprès de ce malade pour une crise de suffocation des plus graves. Ce fut le leiîdemain de cette consultation qu'eut lieu la crise asphyxique si bietî décrite e( si heureusement combaitue par M, Trousseau.
De l ûblilération complète du larynx. Le larynx peut il être complètement oblitéré PÈxiâernineni. la mort précéderait 1 oblitPialion, si une voie ai tincielle,SLilfisanle pour entretenir la respiration, n'avait pas été pratiquée au-iîessous du larynx. On dit que cette oblitération s'ooserve assez souvent chez les chevaux affectés de corna^je, auxquels on a pratiqué la tracliéototr.ie. Le larynx , alors devenu inutile à la respiraiion, s'oblitère.
Dans le cas de M. Trousseau, le larynx qui , depuis l'opération, avait acquis le di.uble de son volume ordinaire, ne donnait pas passage à une seule bulle d'air lorsque la canule était lei niée.
Il existe au musée Dupuytren un larynx complètement oblitéré, qui y a été déposé par M. Reynaud (1). Voici le résumé de ce fait intéressant.
Leblanc, condamné à mort par contumace, se coupa la gorge (en mai 1821) pour échapper aux gendarmes qui le poursuivaient : l'instrument tranchant avait divisé le cartilage cricGÏde dans loute son épaisseur, immédiatement au-dî ssous des cornes inférieures du cartilage thyroïde, et pénétrédans le pharynxqu'il avaittraversé de part en part. Vingt jours après, Leblanc commence à paib-r; mais sa voix estiauque:la respiration devient de plus en plus difficile, à mesure que la cicatrisation de la plaie fait des [)rogrès. Il îmagined'introduirelui-mêmeun petitcouteaudansla jdaie pour l'agrandir dans le sens de la cicatrice : aussitôt après l'incision, la respiration se rétablit; mais à mesure que la cicatrice du larynx fait des progrès, la respiration devient plus difficile. Pour prévenir la suffocation, Leblanc se fabrique un tuyau de plomb de deux pouces de longueur siu' un pouce et demi de circonférence , coudé supérieu-
(i) Observation sur unejistule aérienne avec occlusion complète de la partie injéiieure du larynx, pour servir à l'histoire de ta phonation, par M. Reynaud, premier chirurgien en chef de la marine du port de Toulon.
reincnt et un peu cvasé pour prévenir sa chute dans la trachée -artère; il Tintrocluit par la plaie flans ce canal. Dès lors la respiration devient beaucoup plus facile. L'in- {jé lieux insiinct de conservaiion de ce malade lui suff^r^re Tidée de retirer de temps en temps letnyau pour le nettoyer et pour donner issue aux mucosités bronchiques. Ce fut, dans cet état , cpte traduit devant la cour d'assises (c'était un faux monnayeur), il fut condamné à mort; peine qui fut commuée en celle des travaux forcés à perpétuité: il est diri(]é sur le bague de Toulon, où il arrive le 11 septembre 1822, et où il est mort le 20 juillet 1828.
Voici les phases ou incidents à travers lesquels il a passé pendant ce laps de temps et les observations intéressantes aux(]uelles ils ont donné lieu.
La respiration étant devenue difficile, Leblanc, qui avait quelques notions de médecine vétérinaire, persuadé que Textrémité inférieure du tuyau était obstinée par des végétations, imagina d'ajouter un tuyau d'un pouce de long à celui qu'il portait déj'i, afin de dépasser l'obstacle; et, en effet, après l'introduction du tuyau ainsi modifié, la respiration devint immédiatement plus facile. Au mois d'août 1825 , le second petit tuyau, mal ajusté au grand, S8 détache, tombe dans la trachée et détermine la toux la plus violente. Leblanc retire inmiédiateuîent le grand tuyau , et fait d'inutiles efforts pour faite remonter le plus petit, qu'il essaie vainement d'accrocher à l'aide d'un crochet; il est obligé d'avoir recours au chirurgien en chef qui en fait l'extraction. Surpris d'entendre parler Leblanc assez distinctement, M. Reynaud ne pouvait croire à l'occlusion complète du larynx, bien que tout semblât l'indiquer; en conséquence il fait les expériences suivantes pour s'assurer de la vérité à cet égard : 1° Il bouche l'ouverture fistuleuse : aussitôt la face s'injecte, et Leblanc est menacé de suffocation; V il introduit une sonde de gomme élastique dans le larynx par son ouverture supé-
rieure, et injecte de l'eau dans cette sonde : aucune goutte ne pénètre dans la trachée, toute Teau ressort par la bouche; S" du mercure injecté de la même manière, à plusieurs reprises, en présence de plusieurs hommes de l'art, ne donne pas d'autres résultats. Il est donc démontré qu'il n'existe aucune communication entre le larynx et la trachée-artère, et pourtant Leblanc peut parler assez distinctement pour être entendu à quelque distance ; car c'est lui qui a fourni à M. Reynaud les détails de tout ce qui s'était passé depuis sa tentative de suicide jusqu'à son arrivée à Toulon ; et ces renseignements, il les a fournis, assis à côté du bureau de M. Reynaud, à quatre pieds de distance de son oreille.
Leblanc prononçait assez distinctement toutes les lettres, à l'exception des lettres m et n qu'il n'articulait pas du tout, et des lettres a, e, I, o qu'il articulait difficilement. Lorsqu'il voulait parler, il ouvrait la bouche, abaissait le pharynx , et après avoir rempli d'air le tuyau vocal , lequel était réduit au pharynx et au larynx , il élevait brusquement le larynx et parlait par secousse, comme s'il crachotait, en mettant toujours un peu d'intervalle entre les mots,
Leblanc, aprèsavoir essuyé plusieurs bronchites, mourut d'une inflammation chronique des poumons. Voici les détails de l'autopsie du larynx : L'orifice supérieur du larynx est intact; les cartilages aryténoïdes jouissent de toute leur mobilité, les cordes vocales supérieures et inférieures et les ventricules sont également intacts; la glotte est un peu rétrécie. La cavité du larynx a été remplie de mercure, et aucun atome de ce liquide n'a pénétré dans la trachée. Comment était constituée cette oblitération? Je laisse parler M. Reynaud : « Nous avons ensuite examiné la cloison » qui obture complètement le larynx au-dessous du carti- ') lage cricoïde : elle est oblique de haut en bas et d'arrière « en avant; elle nous a paru formée dans sps deux tier^
» antérieurs par les téguments, et dans son tiers posté- » rieur par la/f?ce antérieure du pharynx (1), qui est venue, » pour ainsi dire, à la rencontre de ces derniers. L'ouverture » fistuleuse a environ huit à neuf lignes de diamètre (2). ^
Lésion de canalisation par œdème pulmonaire.
Indépendamment du mucus, les voies aériennes sécrètent une quantité considérable de sérosité: c'est la perspiration pulmonaire. Or il est une lésion du poumon qui consiste dans une sécrétion surabondante de cette sérosité, laquelle estd'abord déposée dans les vésicules pulmonaires, qui mé paraissent plus particulièrement le siège de cette exhalation, etde là dans tout Tarbre aérien. Il en résulteun catarrhe ou Jlux suffocant séreux, bien plus grave , bien plus rapidement mortel que le catarrhe ou flux suffocant muqueux auquelil s'associe souvent (3), L'œdème pulmonaire, porté à son summum d'intensité, asphyxie de la même manière que si une énorme quantité d eau était injectée dans les voies aériennes : l'animal , sujet de l'expérience , échappe souvent à la mort, et parce qu'il expectore violemment une grande quantité de liquide injecté , et surtout parce
(i) Que veut dire : La face antérieure du pharynx? Sans doute la membrane muqueuse qui tapisse la face postérieure du cartilage cricoïde,
(2) Comment Leblanc jouissait-il de la faculté d'articuler les sons , malgré l'occlusion complète de l'ouverture infériexire du larynx? « Est-ce, » dit M. Reynaud, par le courant d'air établi entre les fosses nasales, le » pharynx et la bouche? Le larynx, dont les cordes vocales et les ventri- » cules sont intacts, coopérerait-il à l'articulation des sons? Si j'avais li à émettre une opinion, j'adopterais de préférence la première. » Il me semble que la question se résout d elle-même par l'exposé très bien fait parM.Reynaud de la manière dont s'aGComplissait l'acte de l'articulation des sons. L'air introduit dans la cavité du larynx en sortait à l'état de son vocal et se modifiait en traversant les cavités nasale et buccale. C'est là le mécanisme ordinaire de la phonation et de l'articulation des sons; seulement chez Lel^lanc la masse d'air expulsée faisant défaut a chaque instant, i! fallait remplir le larynx après chaque mot, d'où l'articulation des sons saccadée.
'^) V^oici un exemple ée t;nf.ar>-hf suffocant séreux ou t^démateux ^ Une
que la faculté absorbante des voies aériennes est immense; mais si cette quantité de liquide dépasse une cerlaine mesure , si les voies aéi iennes ne peuvent pas en être assez prompteuicnt débarrassées, si cette exhalation séreuse se reproduit à chaque instant, la mort par asphyxie est imminente et sauvent immédiate.
L'œdème pulmonaire est un fait d'anatomie pathologique du premier ordre et comme lésion primitive ou idiopathique, et comme lésion consécutive. Il peut causer la mort aussi rapidement que l'œdème des replis muqueux épi{jloiti-aryténoïdiens, en quelques heures. Cet œdème survient dans la pneumonie (1), la phthisie pulmonaire, la bronchite, les maladies du cœur, l'apoplexie; il est le plus souvent la source de l'asphyxie des agonisants ; il peut être idiopathiqne et survenir au milieu de la santé la plus florissante. Dans l'œdème pulmonaire , la sérosité remplit, oblitère j)lus ou moins complètement les vésicules pulmonaires qui deviennent alors tout à fait impropres à la respiration : il faut bien distinguer l'œdème vésiculaire de l'œdème intervésiculaire. (Xoyez Lésions de sécrétion , classe des hydropisies et flux.)
Lésions de canalisation par pneumonie^ par tubercules.
Dans la pneumonie arrivée à l'état d'induration, chaque
dame, â^jée de quatre-vingt-quatre ans, àpoitrine catarrhale, fut prise tout à coup d'un accès de suffocation , avec râle des agonisants, décoloration de la fiice, lèvres violacées. Je fus assez heureux pour arrêter cet accès à l'ai le de la position verticale, des dérivatifs cutanés, du tartre siibié, et d'> fforts de vomissement, provoqués fi chaque instant à l'aide de la b^rbe d'une plume. Deux mois après, deuxième accès, dont l'invasion fut aussi subite que la première. Je ne pus m'en rendre maître; 1 écume sortait à flots par les deux narines et par la bouche largement ouverte ; et après une lutte de sept heures, la mort par asphyxie eut lieu.
(i) La pneumonie la plus légère des vieillards peut amener subitement l'œdème pulmonaire et la mort par asphyxie. Chez un vieillard qui mourut ainsi en vingt-quatre heures par œdème des poumons, j*ai l-rouvé une pneumonie aiguë limitée au sommet du poumon gauche.
HUITIÈME CLASSE. RÉTRÉClSSEMEiSïS tT OBLlTÉtlATIONS. 285
vésicule devient pleine et se transforme en une granulation imperméable ((1011 le nom d'hépatisation du poumon). L'asphyxie serait inévitable si la pneumonie, au lieu d'être partielle, était générale, ou du moins envahissait une grande étendue des deux poumons. C'est, en effet, ce qui arrive dans la pneumonie qu'on peut aj)peler envahissante, parce qu'elle ne se borne pas aux points primitivement affectés, mais s'étend chaque jour, jusqu'à ce que le champ de la respiration soit insuffisant pour entretenir la vie.
J'ai dit ailleurs (1) qu'un certain nombre d'enfants mortnés ou pluiôt morts en naissant, et d'ailleurs parfaitement constitués , m'ont présenté pour cause de mon une imperméabilité absolue des poumons indurés par inflammation chroni'|ue : d'autres fois , les enfants nés faib'es vivent quelques jours, et présentent à Tâutopsie soit une pneumonie ordinaire partielle, soit une pneumonie lobalaire, soit enfin un œdème pulmonaire.
Enfin, dans les maladies tuberculeuses du poumon, chaque vésicule du poumon étant remplie pai" la matière tuberculeuse , on conçoit que le champ de la lespiration se restreint en proportion de la multiplication indéfinie des tubercules; joignez à cela les pneumonies partielles, les pleurésies^ les catarrlies et œdèmes f|ui vieiment s'y ajouter.
Cela posé sur les lésions de canalisation par rétrécissement et oblitération des canaux mucpieux, je vais m'occuper des rétrécissements et oblitérations des canaux vascu! aires.