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S86 anatomië pathologiqijE générale.
laires ou séreux peuvent occuper toutes les parties conslituantes de l'appareil circulatoire, artères, veines, vaisseaux lymphatiques , cœur.
Les réirécissements et oblitérations des canaux vasculaires, de même que ceux des canaux muqueux, peuvent être produits : 1° par compression; 2° par oblitération ; 3° par lésion des parois vasculaires; 4° ces rétrécissements et oblitérations peuvent être congénitaux. Nous allons étudier ces divers modes de rétrécissement et d'oblitération : 1° dans les artères; 2" dans le veines et les vaisseaux lymphatiques ; â° dans le cœur.
PREMIER ORDRE
Rétrécissements et oblitérations des artères.
Il est une oblitération physiologique des artères dont l'étude doit précéder celle de leur oblitération pathologique : telle est l'oblitération du canal artériel et des artères ombilicales immédiatement après la naissance. Cette oblitération résulte de la cessation de l'abord du sang dans ces vaisseaux , et le sang cesse d'y aborder : 1° ou bien parce que l'organe fœtal, auquel les artères sont destinées, n'existe plus (artères ombilicales), ou bien parce que l'entrée en fonction des organes de la respiration rend inutile le moyen de circulation provisoire que constitue le canal artériel.
Le défaut d'abord du sang , tel est le mécanisme de cette oblitération physiologique : le vaisseau se resserre et s'oblitère en vertu de cette grande loi qui appartient aux canaux muqueux, tout aussi bien qu'aux canaux vasculaires, loi qui peut être ainsi formulée : Tout canal dans lequel la circulation cesse complètement s oblitère.
Toutefois l'oblitération du canal artériel et des artères ombilicales n'est complète qu'au bout d'un temps plus ou moins long : elle se fait par adhésion pseudo-membra-
neuse, rarement par caillot, quelquefois cependant en partie par adhésion et en partie par caillot. C'est ce (pfon voit souvent pour la portion d'artère ombilicale qui fait suite à l'artère iliaque primitive; c'est ce qu'on voit encore quelquefois pour l'oblitération du canal artériel , qui présente à sa partie moyenne une dilatation en ampoule sphéroïdale ou ovoïde, et à ses extrémités un rétrécissement très considérable, disposition qu'on a décrite à tort sous le nom d'anévTi'sme du canal artériel.
Règle générale : toutes les fois que dans Fétat physiologique un organe augmente ou diminue de volume ou de densité, ses vaisseaux, et plus particulièrement ses artères, augmentent ou diminuent dans les mêmes proportions.
Ce rétrécissement et cette oblitération physiologique donnent en quelque sorte la clef du rétrécissement et de Toblitération pathologiques des artères dans Tatrophie morbide. Aussi à mesure qu'un oi-gane s'atrophie , ses vaisseaux artériels se resserrent dans les mêmes proportions. J'ai eu occasion de voir dés rates, des reins réduites au dernier degré de l'atrophie. Eh bien , l'artère splénique, dans la portion de cette artère qui est exclusivement affectée àlarate, l'artère rénale, si volumineuses dansl'état régulier, étaient devenues filiformes : plusieurs des divisions de ces artères étaient oblitérées. Et en présence de semblables faits, on est toujours tenté de se demander si dans le cas de coïncidence de rétrécissement notable et même d'oblitération d'artère avec l'atrophie de l'organe correspondant, c'est l'atrophie qui est cause ou qui est effet. Les faits me paraissent établir que tantôt l'atrophie est cause et que tantôt elle est effet : l'art a fait une application heureuse de cet ordre d'idées, en pratiquant la ligature des principales artères qui fournissent à un organe hypertrophié pour en diminuer le volume. Telle est la ligature des artères thyroïdiennes supérieures, dans le goitre hypertrophique ; telle est encore la ligature de la
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rarotide primitive, dans le cas de tumeurs érectiles du cuir chevelu , etc.
Cela posé , nous allons examiner dans autant de genres les létrécissements et ohlitéraiions des artères : 1° par compression; 2° par oblitération; 3° par altération des parois vascidaires; h" et enfin nous dirons un mot de quelques rétrécissements et oblitérations congénitaux.
PREMIER GENRE
Rétrécissement et oblitération des arlères par compression extérieure.
Les rétrécis'=ements et oblitérations des artères par compression extérieure peuvent se diviser en ceux qui sont provoqués par Tart et en ceux qui sont le résultat de causes accidentelles ou pathologiques.
1° Réirécissenient et oblitéra lion produits par l'art. Tandis que la compression la plus légère exerce une si grande influence sur la circidation veineuse, les artères résistent énergiquement à cette com|)ression à laqueUe elles échappent par leur situation plus ou moins profonde, par leur l'orme cylindrique, par leur déplacement ou par leur élasticité, et surtout par la force d'im^ ulsion que la contraction du ventricule gauche imprime au sang qui les parcourt.
Aussi voyez les précautions prises parl'art pour exercer pendant les opérations chirurgicales une compression propre à arrêter temporairement le cours du sang dans un membre; voyez encore Timpossibilité presque absolue de guérir les anévrismes parles dix ers instrinnents de conqoression imaginés pour cet objet, et la nécessité d avoir recoms à la ligature, c'est-à-dire à une constriction circulaire exercée directement sui- le vaisseau.
La ligature in.médiate, voilà le grand moyen d'oblitération artificielle des artères, oblitération mécanique bientôt suivie d'une oblitération vitale.
HUITIÈME CLASSE. RÉTKÉCISStMElNTS ET OBLITÉRATIONS. 289
Je crois devoir mentionner ici l'influence qu'exerce sur la circulation artéiielle d lui membre un bandage fortement serré. J'ai vu à la suite d'un bandage unissant, soutenii par des circulaires trop fortement serrées depuis le bout des orteils jusqu'à la partie supérieure de la cuisse ; j'ai vu la paralysie du sentiment et du mouvement du pied persister pendant plusieurs mois, et le membre rester atrophié. Dans im autre cas , la gangrène des orteils en a été la conséquence. Or cette paralysie , comme cette gangrène, doit être essentiellement rapportée à l'interception du cours du sang artériel dans le membre.
2" Rétrécissement et oblitération produits par des causes pathologiques. Les artères échappent presque toujours aux causes de compression qui se développent autour d'elles , et par leur déplacement facile, et par la force d'impulsion du sang quilesanime : ainsi des tumeurs développées dans leur voisinage, voire même des exostoses considérables, ne déterminent-elles presque jamais leur oblitération. Mais si les artères éludent les causes de compression qui n'agissent que sur une partie de leur circonférence, il n'en est pas de même des causes de compression qui les étreignent circulairement (1) et qui les aplatissent contre un plan osseux : ainsi il existe dans les annales de la science des exemples de tumeurs anévrysmales qui , par la compression qu'elles avaient exercée sur la portion d'artère supérieure au point malade , avaient fini par déterminer l'oblitération de l'artère, et par conséquent la guérison de l'anévrysme. Ainsi j'ai vu l'aorte ascendante comprimée circulairement par une tumeurcancéreuse développée dans le médiaslin antérieur, à tel point que cette artère n'avait pas conservé la moitié de son calibre. Il n'est pas rare de voir l'aorte abdominale visiblement rélrécie par les ganglions lombaires, tuberculeux ou cancéreux qui l'appli-
(i) Cependant j'ai vu une artère intacte traverser un cal osseux.