TROISIÈME SOUS-CLASSE
Des pseudo-cancers.
La dix-huitième classe et dernière de M. le professeur Cruveilhier, a pour objet l'étude des dégénérations organiques ; elle renferme deux sousclasses, les dégénérations aréolaires et gélatiniformes et les dégénérations cancéreuses. Cette dernière sous-classe comprend les cancers ou carcinomes^ qui constituent la variété de tumeurs la plus redoutable ; celle aussi qui dans ces dernières années a le plus exercé la sagacité des anatomo-pathologistes.
L'histologie pathologique étant aujourd'hui intervenue avec une certaine autorité dans la détermination des éléments qui composent les productions morbides, il en est résulté qu'un certain nombre de tumeurs, peut-être mal déterminées , mais englobées sous le titre général de cancers, à cause de la gravité qu'elles pouvaient acquérir, ont été retirées de cette classe pour en constituer une voisine, les pseudo'Cancers, qui, il faut le reconnaître, a cependant avec la première une grande affinité clinique. C'està-dire que comme elle, elle peut quelquefois se reproduire et même se généraliser. Lorsque en France les études histologiques normales et pathologiques, sous l'impulsion de M. Lebert d'abord, et plus tard de M. le professeur Ch. Robin, prirent une certaine extension, on cher • cha à mieux définir le cancer, on ne se contenta plus pour arriver à ce résultat des symptômes cliniques ; on chercha dans les éléments constituants mêmes, des caractères dits positifs certains qui permissent de réaliser un résultat aussi désiré.
C'est alors que dans cette grande classe de tumeurs généralement regardées comme cancéreuses, et dont le
(i) Rédigée par M. Houel.
microscope nous révélait une composition spe'ciale, on établit cette distinction à savoir : 1° tumeurs à éle'ments anatomiques existants normalement dans nos tissus ; 20 tumeurs formées par des éléments nouveaux, normalement étrangers à nos tissus. La première forme de tumeurs fut qualifiée du nom dH homœomorphe qui était la synonymie des tumeurs dites analogues de Lœnnec, la seconde fut qualifiée de Iiétéromorphe , Iiétérologue de Laennec. Dans cette nouvelle classification des tumeurs, il n'y avait véritablement que les mots de changés, le sens était le même que celui créé par le célèbre professeur.
Les tumeurs bétéromorphes pour les micrographes français constituaient seules la classe des cancers vrais ou proprement dits, tandis que les homœomorphes formaient les pseudo' cancers ^ c'est-à dire les tumeurs qui n'étaient point susceptibles de généralisation d'infection. Les premières portaient encore le nom de tumeurs mali^ gneSy par oppositionaux secondes qui étaientdites bénignes; mais comme on ne tarda point à le faire remarquer, ces deux mots n'ont aucune valeur, car la malignité n'est qu'un caractère relatif. Toutes les tumeurs, quelle que soit leur nature par leur siège, leur exagération de volume, peuvent devenir malignes : ces deux mots ne peuvent constituer un caractère d'espèce.
C'est avec les tumeurs homœomorphes qu'avaient été classées les tumeurs épithéliales ou cancroïdes, les tumeurs fibro-plastiques ainsi que les tumeurs à myéloplaxes. Ces trois ordres d'altérations morbides n'ont point trouvé de place dans la description que M. Cruveilhier a donnée du cancer, ce sera donc exclusivement ces trois formes de lésions que nous décrirons dans cette troisième sousclasse, à laquelle nous donnerons le nom de pseudo-cancers. Nous commencerons par l'étude des tumeurs dites épithéliales, qui constitueront notre premier ordre; le second
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comprendra les tumeurs fibro-plastiques, et le troisième les tuuieurs à amyéloplaxes, qui ne sont bien connues que depuis quelques années seulement.