DES MÉTAMORPHOSES ET DES PRODUCTIONS ORGANIQUI» ANALOGUES
On doit entendre!* par métamorphoses organiques ana* logucSt en anatomie pathologiaue, une lésion de nutrition caractérisée par la transformation d'un tissu en un autre tissu analggue de 1 économie ; V par ^réductions organiques analogues^ le développement, la génération au sein de nos organes dont ils sont d'ailleurs parfeiitement distincts, àm tissus analogues aux tissus normaux, et ne recevant de Torgane aux dépens duquel ils sont développés que les moyens de nutrition*
Ainsi dans les métamorphoses proprement dites» il y a transformation ou substitution morbide d un tissu à un autre tissu. Dans les productions , il y a formation non* velle d'un tissu analogue parasitaire, et cette formation se fait suivant deux modes ; 1* tantôt par une sorte de végétation pédlculée, de bourgeonnement à la manière des polypes qui en sont le type (productions parasitaires pédiculées , polypiformes^ ou par implantation) \ Y tantôt pardéveioppementînterstitielipar une espèce d cnchatoa-
(i) L*étnde des mtfUmorphowt physiologiques nons condait pour ainsi dire pas à pas yers celle des métamorplioses pathologiques.
t sans eonnexioiifi autres que par le tissu œlliilaire etdei vaisseaux avec les organes au seiu desquels ilssoni développés. Il y a là un organe nouveau, iudépeiulaQt^ parisitaire, vivant d'une vie propre (productbnsparasi^ tairas encha tonnées, kystes, corps fibreux),
La limite entre la métamorphose proprement dite et la production organique est souvent difficile à établir; aussi ai-je bien vite renoncé à Tidée que j'avais eue d'abord de fiure des métamorphoses et des productions organiques dsoz classes distinctes.
Les limites entre les métamorphoses et productions analogoes {miiamcrphoses et productions homœomûrphes) et les métamorphoses et productions hétérologues {meta' morphoses ei productions hétéromôrphes), sont parfaitement uwicliées. Les premières sont en quelque sorte la copie Sdèle des tissus normaux; les secondes peuvent être résumées dans la grande classe des lésions carcinoma-**
Cette distinction importante n avait pas échappé aux premiers observateurs qui, au commencement de ce siècle, avaient cherché à systématiseï* lanatomie pathologique; on peut même la considérer comme le premier effort intelligent qui ait été fait pour arriver à une çlassifioatioi]^ méthodique des lésions morbides, et, sous ce rapport, elle bit époque dans l'histoire de la science (1).
si bien cett« dûtÎDOtioa lunmiciiM, qui ptralt $*étt€ présentée Qt àl*etprit d« plasieurt obsenrateurf, a-4-eUe M l'objet dé r^lamationt relative* à la question de priorité; eile a été t exposée par E^aennec (Journal de Goryiaart, Leroax et Boj^r), 4aaf m emceilaiit artiide lar les tMius accidentels. SaÎTant Laennec, In tiaesB ««ddeotels se divisent ea dens sections ; dans la première ar rcn^enl tes tissus accidentels qui ont des analogues pattni les tissus naimret» de t/conomie animale ; dans la deaxième, ceux qui n'en ont ^ini et qui n'existent jamais que par suite <fun état morhifique.
Dans la première section, Laennec irange les ossifications, les tissoa fibrcviv fibro^ctrtilaeinieiiz, cartiUeineuc, ocMeoi, cornés» leè poils
272 ANATOM» PATH0L0GK2DB GÉS^RALE.
Lois et limites des métamorphoses et productions de iissus analogues. L'importance de l'étude des métamorphoses et des productions de tissu analogues ne saurait être con* lestée, et c'est lesentimeûi de cette importance qui m'a inspiré le désir d'en iaire le sujet de ma thèse et de mon premier ouvrage (i).
Toutefois ces métamorphoses et productions sont restrdatesdans des limites beaucoup plus étroites «fuootie le croimi.tau premier abord : or, pour bien apprécier ces limites, il est nécessaire de diviser les tissus de l'économie vivante en deux catégories parfaitement distinctes : 1* le tissu cellulaire et ses dérivés (tissus fibreux , cartilagpneux, osseux)^ tissu général ou générateur, tissu qui sert de gangue ou de trame, de charpente à tous les tissas, à tous les organes; V les tissus spéciaux <[ui remptissent, dans l'économie, des fonctions spéciales: tissu masculaire, tissu nerveux, tissu glanduleux.
Or, les tissus spéciaux peuvent être considérés comme la puissance la plus élevée de l'organisation; ils remplissent dans l'économie des fonctions spéciales relatives à
Acoideot«l$, l«s membranea screafes accidéqteUes dérouter Ces parBichal dans qaetqnes tumeurs enkystées ; les membranes muqueuses doatrexî»tence dans les trajets fistuleux a ëté découverte par Hni^teret que Laenoec dit aroir rencontrées éçalemeni dans des Jcystet; Témaii accidentel qui au forme sur les smfsces articulaires, à la suite de certaines maladiea due articulatione et les membranes synoviales que Ton trouve dans les artlcnlatioM accidentelles.
Juaque*là, tout cela eat parfaitement bien; mais on ne peut suivra Laennec lorsqu'il dit qtu tous les tifsus ^ut, dans fêtai seùi, eDai|MMaN( Ir corps hwnain (si l*on ^n excepte cependant le parenchyme de queUpias viecéret), peuvent |tre produiu par suite d'un ëtat morbifique, et que ée» vaisseaux arténets (non), des vaisseaux veûieux (oui), lymphatiques (plus qna douteux), et peui-étn des nttfs (non), se d^cloppent dans cartaioaa tumeurs accidentelles.
Les fîsfui accidentels saus analogue dans réconomie toni, tuivaut Laennec, le tubercule^ le tq^rrhe^ Veneéphatoîde^ la mélanose,
(i) Etsai sur CtMAtomie pathologiquelen général et sur les imntfM^ mations en productions organiquet en particulier (Paris, i8i6).
TflEIZIÈME CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 273
leur structure et à leur vitalité. Le tissu cellulaire et ses dérivés ne remplissent au contraire, dans réconoroie, que des usages relatifs à leurs propriétés physiques et pardcu* lièrement à leur résistance ; ils peuvent être considérés comme appartenant à une puissance beaucoup moins élevée dans l'organisation.
Or, si dans les métamorphoses physiologiques de nos tissas, on voit les tissus spéciaux partir d'une gangue cel-luleuse pour s'élever dans Téchelle organique des tissus, dans les métamorphoses pathologiques, au contraire, non seulement les tissus inférieurs dans Tordre de la vitalité ne peuvent jamais s'élever à une puissance supérieure d'organisation, mais encore les tissus élevés descendent toujours à des puissances inférieures ; et une fois que les tissus supérieurs ont subi une métamorphose^ ils sont déchus à tout jamais de leurs prérogatives d'organisation, ils ne peuvent pas revenir à leur état premier.
Ainsi jamais les tissus cellulaire, fibreux, cartilagineux, osseux ne se transfiDrment en tissus spéciaux, à savoir : en tissu musculaire, nerveux ou glanduleux, tandis que les tissus musculaire, nerveux ou glanduleux se transforment souvent en tissus cellulaire, fibreux, cartilagineux, osseux.
Cette loi, en vertu de laquelle les tissus élevés dans for" ganisme peuvent descendre à un degré inférieur d'organisation ^ tandis que les tissus inférieurs ne peuvent pas s^ élever à un degré supérieur^ s'applique même aux dérivés du tissu cellulaire; ainsi le tissu osseux qui est plus élevé dans l'orga'' nisation que les tissus cartilagineux, fibreux, cellulaire, ne se transforme jamais en ces tissus, de même que le tissu cartilagineux ne se transforme jamais en tissu fibreux : le tissu fibreux lui-même ne se transforme que très rarement en tissu cellulaire (1).
( I ) ITetl-cc pas une choie remarquable que de voir les tiisiit qu'on a III. 18
27 & ANATOBOB PATHOLOGIQUE GÉMÉRAUI.
Une deuxième loi qui préside aux métamorphoses or* ganiqueSy cest que les tissus spéciaux ne peuvent pas se trant^ former les uns dans les autres.
Une troisième loi, qui régit toutes les productions de tissu, c est que les tissus spéciaux ne peuvent pas se produire de toutes pièces au sein de nos organes i ainsi jamais, dans aucune circonstance donnée de lorganisme, il ne peut se produire ni tissu musculaire, ni tissu nerveux, ni tissu glanduleux.
Une quatrième loi, c^est que, lorsque les tissus ont subi une métamorphose complète^ et cette métamorphose est toujours descendante^ ils ne peuvent plus remonter dans Céchelle^ ni à plus forte raison revenir à leur état premier; que si l'on cite des cas d'organes transformés qui ont recouvré leurs caractères normaux, cest que ces organes n avaient subi qu uae métamorphose incomplète ou apparente.
Les métamorphoses organiques se réduisent donc , en dernière analyse, 1* à la transformation du tissu cellulaire en ses dérivés, tissus fibreux, cartilagineux et osseux ; 2* à la transformation des tissus spéciaux, musculaire, nerveux, glanduleux eu tissu cellulaire et ses dérivés.
Les productions organiques qui, au fond, ne sont autre chose que des transformations de tissu, se réduisent 1* à des masses graisseuses développées au milieu du tissu adipeux ou celluleux ; 2° à des kystes ou poches sans ou* verture contenant des produits divers, et quon peut considérer comme des membranes séreuses accidentelles ; 3* à des corps fibreux qui se développent au sein des organes, toujours, je crois, aux dépens dune portion de ces organes ; V à des membranes tégumentaires; S"" à dea tissus vasculaires tout à fait analogues au tissu érectile du corps caverneux (tumeurs érectiles).
considérés à juste titre comme des dérives da tissa cellulaire, ne jamais rederenir celluleux, tandis que des tissus qui occupent un ran^ bien plos élmré dam la hiér«fchi« d« la TÎtaliU redtneoiieat da lit •« œlialatre T
TREIZIÈME GLAISE. PB» MÉTAVORP^iOSes. 37$
En consëqueoce, j'admettrai sept espèose do métamor*phoses et productions de tissu :
1'* espèce. Métamorphoses et productions celluleuses.
2* espèce. Métamorphoses et productions adipeuses.
S^ espèce. Métamorphoses et productions kysteuses.
k* espèce. Métamorphoses et productions fibreuses.
5* espèce. Métamorphoses et productions cartilagineuses.
6* espèce. Métamorphoses et productions osseuses.
7* espèce. Métamorphoses et productions tégumenleuses.
V espèce. Métamorphoses et productions vasculaires ou érectilei.
1** nràci. Métamorphostf et prodoetions cellnleutei.
La métamorphose celluleuse peut être considérée comme le dernier terme de latrophie des organes (voyek Atrophie) ; il y a, en effet, dans cette métumorphose, dis* parition de tous les tissus propres que remplace une gangue celluleuse qui n*est autre chose que la trame de Torgane. Et comme d'une autre part, dans les premiers temps de la vie embryonnaire, le germe fécondé parait n'être autre chose quun peu de tissu cellulaire » on a pu dire que l'état celluleux était le point de départ et Tabou^ tissant de toute organisation.
Les métamorphoses celluleuses ne sont donc, en général^ autre chose que des métamorphoses atrophiques (1).
Les métamorphoses celluleuses complètes ne sont pas susceptibles de rétrogradation. Je veux dire que les orga^
(i) On a posé la question de savoir si, dans U traosforinalioa celliik lense complète, la gangue celluleuse de Torgane disparaissait complète* ment avee Torgane, et si le tissu cellulaire qui occupe sa place n*appar» tient pas au tissu cellulaire ambiant développe. Je ne le pense pai: l'oiigaae m**» toojoiirs para rspréff ot^ par top tissa c«U«Uire propre.
nés ainsi métamorphoses ne reprennent jamais leur état antérieur.
L'état physiologique nous présente le type le plus élevé de la métamorphose celluleuse dans deux organes glanduleux, savoir : V dans les corps de WolfF, organes transitoires de la vie embryonnaire, et dont les vestiges étudiés par M. FoUin chez la femme expliquent si bien la production des petits kystes si communs dans les ligaments larges;
2* Dans le thymus, organe glanduleux si considérable de la vie fœtale, qui va en diminuant de volume, au moins d'une manière relative, dans les deux premières années de la vie extra-utérine, et qui finit par disparaître complètement à l'époque de la puberté, époque à laquelle il n est plus représenté que par du tissu cellulaire (1).
Aucune métamorphose celluleuse pathologique n'est aussi complète que la métamorphose normale de ces deux organes glanduleux.
Cest encore par atrophie qu'ont lieu les transformations celiuleuses pathologiques qu'on observe après la naissance, mais cette transformation est restreinte dans de bien étroites limites.
Ainsi les tissus osseux, cartilagineux et fibreux ne se transforment jamais en tissu cellulaire.
Il n'en est pas de même des tissus plus avancés dans l'organisation, savoir : le tissu musculaire, le tissu nerveux, le tissu glanduleux.
Ainsi les muscles et les nerfs, distendus par une tumeur, finissent par être réduits à leur gangue celluleuse; ainsi le testicule, dans la tunique albuginée duquel se développe une masse cancéreuse ou une tumeur quelconque, finit par se réduire à un peu de tissu cellulaire à peine recon*
(i) Jfiutomie dticripùvej t. lU, p. 55i, 3* édition.
TBEIZliME CLASSE. DES It^AMORPHOSES. 277
naissable. Mais cette métamorphose atrophique ne se fait que par degrés insensibles, si bien que jusqu*à ce qu elle soit complètement opérée, on pourrait conserver Fespérance de rétablir lorgane dans son état normal, si la cause comprimante venait à cesser. Il en est de même de tous les organes glanduleux qui sont le siège du développement de tumeurs volumineuses ; la substance de l'organe refoulée à la surface s amoindrit, perd sa couleur, son aspect, et finit par se convertir en tissu cellulaire ou fibreux, si bien qu on croirait que Forgane tout entier a éié converti en tissu morbide.
Les membranes séreuses, qui dVdIeurs ne sont qu'une dépendance du tissu cellulaire^ se transforment souvent eo tissu cellulaire. Toutefois il faut bien remarquer que dans leurs adhérences celluleuses ces membranes séreuses subsistent encore et qu'elles peuvent être facilement mises en évidence par la dissection; que le tissu cellulaire plus ou moins abondant, interposé aux deux lames séreuses, est un produit de nouvelle formation dont la fausse membrane est le point de départ. Je ne connais. de productions celluleuses proprement dites que celles qui constituent les adhérences, et la production celluleuse est d'autant plus abondante que les fausses membranes qui en sont le point de départ étaient plus épaisses (1),
(i) L'inflammatioii pseudo-membraneuse est donc la source des prodsctions celluleuses : or ce n'est que par une production celluleuse qu on peut oblitérer les membiaoes séreuses. L'opération de l*1iydrocèIe n'a «favire bot que cette production qui transforme une membrane séreuse CD edluJositë. On a en Fidée d'appliquer ce mode de guérison de Tbydro* ptsie de la tunique Tai^inale au péritoine, au péricarde, aux synoviales; en un mot, à toutes les membranes séreuses normales aussi bien qu'aux kystes accidentels; et Ton croit avoir trouvé dans la solution d'iode un moyen irritant spécial. Mais trop de dangers sont attacbés a l'inflammalioo des membranes séreuses et synoviales pour qn*on doive adopter remploi des injections iodées comme méthode générale de traitement dans Um bydropiiies de ces membranes.
27 B AKATÔMtË PAtHOLOOlQÛB ÔÉNÉllALB.
D'une autre part , la métamorphose du tissa cellulaire en membrane séreuse est un fait extrêmement fréquent. Règle générale : toutes les fois que deux surfaces frottent accidentellement et fortement Tune contre Tautre, il y a production d'une membrane séreuse destinée k les lubrifier.
La métamorphose des membranes muqueuses en membranes séreuses n'est pas très rare. Ainsi lorsque la vési«> cule biliaire est isolée du reste des voies biliaires et qu'elle renferme encore quelques calculs , il arrive souvent que cette vésicule est transformée en poche contenant une sérosité parfaitement limpide, tout à fait analogue au sérum des hydropisîes séreuses. Sa surface interne présente Taspect lisse et poli des membranes séreuses au lieu de Taspect tomenteux, villeux, lozangique qui lui appartient dans Tétat normal.
La métamorphose de la vésicule biliaire en tissu cellulaire s observe dans les conditions suivantes : 1* lorsque cette vésicule est complètement isolée des voies biliaires ; 2* lorsqu'elle est dépourvue de tout calcul, de toute accu* mulation de liquide : alors une adhérence s'établit entre les parois opposées contiguës et la vésicule se réduit en une petite masse celluleuse, si bien que, dans quelques uns de ces cas, ona pu croire à l'absence congénitalede la vésicule.
J'ai eu occasion de voir plusieurs fois la transformation d'une membrane muqueuse en membrane séreuse, l*dans les trompes utérines oblitérées qui se transforment en kystes séreux ; 2* dans la cavité du corps de Tutérus chez les vieilles femmes, lorsque ce corps, séparé du col, constitue un kyste séreux ; 3* dans le rein et dans les uretères séparés des voies urinaires par une oblitération et convertis en une poche séreuse, cylindroïde dans la portion qui correspond à luretère, multiloculaire dans la portion qui correspond au rein, ne contenant qu'une sérosité transparente, identique au sérum le plus pur.
TRKI21È1IB CLASSE. MS MÉTAMORPBOSES. STd
Qmgénitalement^ tous les organes en défieiut sont remplacés par du tissu cellulaire, quelquefois par du tissu fibreux. C'est ce qu'on voit dans les cas d'absence congénitale du vagin, du rectum, etc.
1* nràct. Métamorphotet et prodnetionf •dip#iiMs(i).
Je distinguerai les métamorphoses des productions adipeuses. Dans les métamorphoses ou transformations, il y a substitution du tissu adipeux à un autre tissu; dans les productions , il y a développement au milieu des organes d'une masse adipeuse enchatonnée. Je dois foire remarquer que cette distinction entre les métamorphoses et les productions adipeuses, quoique importante, est peut être purement nominale ; car au fond, dans les métamorphoses adipeuses des tissus, ce ne sont pas ces tissus qui se transforment eux-mêmes en graisse, mais bien la graisse qui remplace le vide laissé par latrophie du tissu propre. Les travaux de plusieurs médecins modernes, et plus particulièrement ceux de MM. Rokitanski, Bowman, Johnson et Quain tendent à foire jouer un rôle important en anatomie pathologique à ce qu'ils appellent la dégénères^ eence graisseuse. J'étudierai successivement : 1^ les métamorphoses; a* les transformations adipeuses.
A, Mëtamorphoies adîpeai«t.
Pour résoudre toutes les questions relatives à cette transformation, il fout bien distinguer l'exhalation surabondante ou l'accumulation de la graisse de la transformation graisseuse proprement dite : l'exhalation graisseuse est une obésité locale, qui respecte le tissu propre de l'or-
(i) Le tism adipeux est constitii^ par des globules de graisse oonteons daas anla&t de ▼csîciiles. La graisse et la tésicule naisseot et disparaissent à U fois, (I. Muller» Manutl de physiologie, Paris, iS5i. T. I,p. 3oo.)
280 ANÂTOMIB PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
gane ; la transforniation graisseuse, au contraire, semble attaquer directement le tissu même de l'organe qui est remplacé par la graisse.
Ainsi les muscles sont susceptibles de ces deux modes bien distincts d'accumulation graisseuse; tantôt, en efFet, la graisse envahit le tissu cellulaire interposé aux muscles et aux faisceaux de chaque muscle, tantôt elle envahit les fibres musculaires elles-mêmes. Le foie n'est susceptible que de métamorphose adipeuse ; la granulation hépatique se transforme en graisse ou plutôt est remplacée par la graisse; le tissu cellulaire intermédiaire aux granulations y est complètement étranger.
La première question qui se présente est celle de savoir si le tissu cellulaire proprement dit peut se transformer en tissu adipeux; cela nest nullement démontré, car il y a des départements considérables de tissu cellulaire qui ne présentent jamais un atome de graisse. Ainsi, au milieu de Tobésité la plus grande, jamais on n'a vu le tissu adipeux envahir, soit la cavité crânienne, soit la cavité rachidienne, soit l'épaisseur du poumon, les parois du canal intestinal, la verge, les paupières, l'intérieur du globe de l'œil.
La métamorphose adipeuse est latrophie par excellence. Elle exige pour se produire certaines conditions : 1* l'immobilité de l'organe et des parties environnantes; 2^ une vitalité au-dessous du type physiologique (i), l'absence de tout stimulus.
Chose bien remarquable, les métamorphoses adipeuses s'observent principalement dans le tissu dont la structure et les fonctions semblent le plus en opposition avec ce mode de transformation, savoir dans le tissu musculaire.
(i) Aussi Dapuytren aTait-il classe les transfonnatioDt adipeuses parmi las afOfiMf téerétoirei.
Mëtamorphote adipeose des moscles.
La métamorphose adipeuse des muscles, qui est le dernier degré de Tatrophie musculaire, s'observe généralement toutes les fois que les muscles restent inactifs ; mais pour cela, il est nécessaire que leur inaction soit complète et longtemps continuée ; car, pour peu qu'il y ait de con» traction, les fibres musculaires se maintiennent amoindries, décolorées, atrophiées, mais conservant encore leur caractère essentiel. Mous verrons dans un instant que Tatrophie musculaire adipeuse la plus complète est celle qui est consécutive à Tatrophie des nerfs musculaires.
Avant Vicq-d'Âzir, on avait vu des muscles graisseux, mais on n'en avait pas apprécié le véritable caractère. Vicq-d'Azir (1) avait observé trois fois la métamorphose graisseuse^ et particulièrement sur les muscles des membres inférieurs d'un homme qui s'était servi d'une béquille pendant les dernières années de sa vie. On voyait la transformation graisseuse se faire par degrés insensibles, c Ce n'est point, dit Vicq-d'Azir, entre les lames que le suc graisseux paraissait épanché, mais entre les éléments de la fibre musculaire elle-même. »
Dans tous les cas où un muscle reste complètement inactif, il passe nécessairement à l'état graisseux. Ainsi , chez les vieillards paralytiques qui sont restés immobiles au lit pendant les dernières années de leur vie, dans Tankylose, dans certains élépbantiasis , dans le cas d*ulcères anciens qui s'opposaient depuis longtemps aux mouvements du membre, dans le pied-bot, etc., les muscles inactifs deviennent graisseux.
Cest en conséquence du même principe que les muscles dont les nerfs excitateurs ont été coupés passent
(i) Métmoiftt i€ tActdémt€ des $eknct$^ savanUi et étrmnffèret, t. Vil, p. 3oi.
282 ÂKâTOMlÊ t^ATHOtOGIQUE OÉEtÉRALB.
à l'état graisseux. Un des cas les plus remarquables que j'aie observés de transformation adipeuse atrophique des muscles est celui de Tatrophie complète d'une moitié de langue par suite de l'atrophie complète du nerf grand hypoglosse comprimé à son passage par le trou condylien antérieur. La moitié de la langue correspondante était très amincie et les fibres musculaires entièrement converties en graisse.
C'est dans la même catégorie, c'est-à-dire parmi les transformations adipeuses atrophiques des muscles par suite de l'atrophie des nerfs correspondants, que doit être placée la paralysie musculaire atrophique qu'une première autopsie m'avait fait considérer d'abord comme le résultat d'une atrophie musculaire graisseuse primitive , et qu'une seconde autopsie ma démontré être une atrophie musculaire graisseuse subordonnée à uneatrophie des racines spinales antérieures. Et ce qui est bien remarquable , ce qui semblerait en ^opposition avec cette loi que tout muscle complètement inactif passe à tétat graisseux y c'est que cette transformation adipeuse atrophique des muscles s'observe presque toujours chez les individus qui mènent une vie extrêmement active et dans les muscles qui ont été le plus exercés et souvent d'une manière exagérée. Cette apparente contradiction se trouve expliquée par le fiait de l'atrophie antérieure des nerfs présidant en quelque sorte à l'atrophie musculaire graisseuse.
La métamorphose adipeuse des muscles présente deux variétés bien distinctes. Dans une première variété, le muscle conserve son volume^ sa forme et sa disposition fasciculée; il est évident que , dans ce cas , la transformation s'est opérée, le muscle jouissant encore de tout son volume.
Dans une seconde variété dont on trouve le type dans la paralysie mu$culaire atrophique, la transformation graisseuse est précédée de l'atrophie par madltiica,
TtitmIsME CLAdSÉ. DÈS m^âMOHMiôSes. iti
et ce n'est que lorsque le muscle a été réduit pôUr ainsi dire à sa plus simple expression comme volume qu'il passe à Tëtat graisseux (voyez Atrophie musculaire).
Dans Tappréciadon de la métamorphose adipeuse des muscles, il fiiut bien distinguer Tembonpoint ou Tobésité musculaire, c'est-à-dire Taccumulation de la graisse dans le tissu cellulaire qui unit entre eut les faisceaux musculaires, de la métamorphose proprement dite qui envahit la fibre musculaire elle-même, et qui s'observe chez les individus les plus émaciés.
J ai pu suivre un grand nombre de fois sur les mus* clés transformés en graisse tous les degrés de cette métamorphose, non seulement dans des muscles différents, mais encore dans les divers faisceaux du même muscle.
Ainsi , dans un premier degré , les fibres musculaires sont moins rouges que de coutume, puis elles prennent une couleur blanchâtre ; on dirait, au premier abord, que ces fibres blanchâtres ne sont pas graisseuses, mais en les lacérant, on en exprime une matière huileuse qui tache les doigts, le linge et le papier absolument comme Thuile. Dans d'autres points, la métamorphose graisseuse est complète, il ne reste plus un seul vestige de fibres musculaires : et ce qu'il y a de remarquablci c'est que constamment les muscles graisseux conservent leur même forme, leur même volume, leur même disposition fasciculée, la même implantation oblique des fibres devenues graisseuses sur les plans aponévrotiques et sur les tendons : de telle sorte qu ils peuvent être disséqués et sont parfaitement reconnaissables. Les aponévroses d'enveloppe, de même que les enveloppes d'insertion et les tendons, ont perdu de leur épaisseur et de leur aspect nacré. Il est aisé de voir dans le passage des muscles à Tétat graisseux, que la graisse envahit le muscle non en masse» mais progressivement, faisceau par faisceau, fibre par fibre» en sorte qu'il
38& ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉII<BALB.
n'est pas rare de voir qadques feisceauz rester étrangers à la transformation.
Quelle différence entre les cas de métamorphose graisseuse de la fibre musculaire et ceux dans lesquels la graisse occupe exclusivement le tissu cellulaire intermédiaire aux foisceanx musculaires ! C est surtout dans les cas de cette dernière espèce qu on a pu dire que, dans les muscles graisseux, la fibre était respectée (i).
Si, par le secours des injections, on étudie les vaisseaux des muscles passés à l'état graisseux, on voit une diminu* tion notable de calibre dans les vaisseaux artériels et veineux : on voit encore que leurs nerfs sont comme atrophiés et que le tissu propre de la fibre nerveuse a pris une couleur grisâtre.
2* soot-nrici. Métamorpbote graitieaie des mnsclei de la Tie nntritiTC.
La métamorphose graisseuse des muscles de la vie nutritive est aussi rare que celle des muscles de la vie de relation est fréquente.
Chose bien remarquable, c'est le cœur qui offre les exemples les plus fréquents de métamorphose graisseuse. Or, le cœur est susceptible d obésité; il est également susceptible de métamorphose adipeuse.
(i) Voici les déuili de raoalysc chimique de denz moscles paMés à 1 état graiffeuzy qae j*ai rapportés dans mon premier ouvrage. {E$$ai sur tanatcmie pathologique^ 1816, 1. 1, p. i88«)
!• Un muscle ei son tendon, do poids de 1 once 7 gros, a donné :
Matière huileuse nageant sur Teau froide,
i/a gros.
Matière semblable \ des muscles cuits ,
36 grains.
Gélatine,
Matière adipocireuse.
Matière huileuse retirée par Talcool, sem-
blable à celle qui nageait sur l'eau froide,
Graisse solide,
1 once 3 gros.
Perte,
Par coDséqttenti le muscle contieDl en graisse i once, 3 gros, 3a grains»
TBEIZfÈME CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 285
L'obésité du cœur a son siégea la surface de cet organe, entre le feuillet séreux et la couche musculaire superficielle. Le centre de ce dépôt adipeux est autour des gros vaisseaux, par conséquent dans le sillon auriculo-ventriculaire et dans le sillon interventriculaire. La pointe du cœur est également un des lieux de prédilection de cette accumulation graisseuse.
Il est rare que l'obésité envahisse toute la surface du cœur, presque toujours elle se prolonge le long des vaisseaux superficiels de cet organe, et s'arrête au moment où les vaisseaux pénètrent dans son épaisseur. Cette obésité, qu'on n'observe que chez les individus pourvus d'un gros embonpoint, ne parait pas exercer une influence notable sur le volume propre du cœur. Mais, dans d'antres circonstances, la fibre musculaire de cet organe passe elle-même à Tétat adipeux , et la transformation débute et par le sommet et par les couches superficielles. Les colonnes charnues des cavités ventriculaires et la couche musculaire pariétale qui les avoisine ne sont pas toujours respectées. J'ai trouvé bien manifestement dé la graisse dans l'épaisseur des colonnes charnues du ventricule gauche. Le fait le plus remarquable de métamorphose adipeuse du cœur que j'aie observé est consigné dans un premier ouvrage (1); je l'ai recueilli en 1812 à l'hôpital Saint-Antoine, où j'étais élève interne.
Une femme âgée de cinquante-cinq ans, d'un embonpoint extraordinaire, présentait tous les symptômes d'une maladie du cœur parvenue à la dernière période : foce violacée, orthopnée, œdème des extrémités inférieures, pouls inégal et intermittent, crises de suffocation. La malade mourut dans une de ces crises quinze jours après son entrée. A l'ouverture, cœur très volumineux, surdiargé de graisse, laquelle formait la presque totalité de
(i) Smimr raii«r(.|M(W.f t, I, p. i84.
280 ANATOMIS PATHOUX&IQUS OtoÉBAU.
lepaisseur de cet organe, La couche musculaire la plus profonde et les colonnes charnues avaient seules conservé les caractères de la fibre musculaire.
Quant à la pathologie de letat graisseux du cœur, elle laisse beaucoup à désirer. M. le docteur Quain (1) a abordé ce sujet difficile. Son mémoire est fondé sur quatre-vingt-trois observations dont vingt-cinq lui sont propres. JL auteur reconnaît que Tétat graisseux du cœur se produit sous deux formes : ou bien la graisse déposée sous le péricarde s'insinue entre les fibres musculaires qu elle semble quelquefois avoir fait entièrement disparaître, ou bien une matière graisseuse occupe la place de la fibre musculaire. Dans le second cas, suivant lauteur, la fibre musculaire aurait dégénéré en tissu graisseux. Point de cause connue. — Effets^ mort subite, difficulté de res* pirer, rupture (25 fois sur 68), par apoplexie cardiaque.
lia transformation graisseuse partielle du cceur, c est^ à-Kiire limitée à une portion du tissu du cœur, soit à sa pointe, soit dans l'épaisseur des parois ventriculaires, a été observée \ et c'est à cette transformation graisseuse qu'on attribue généralement aujourd'hui la rupture spontanée du cœur. Si je m'en rapportais à mon observation personnelle, je serais disposé à rejeter cette cause de rupture du cœur; car, dans les dix ou douze cas de rupture du cœur que j'ai étudiés avec soin, je ne l'ai pas constatée. J'ai même rapporté ailleurs (2) que, faisant l'autopsie d'une femme de la Salpétrière , morte de cette rupture , plusieurs élèves internes qui assistaient à l'au* topsie, et auxquels je montrais la couleur jaune de bois de la portion du cœiu* qui avoisinait la déchirure, couleur qui coïncidait avec une grande fragilité de tissu , couleur et fragilité que j'avais déjà constatas plusieurs fois dans
(i) The London med^ Mr. trant,^ tom. XXXIU, i85o, et AreKgén»^ i85i,t. XXVI, p. 91.
(t) Anal, pathoL avec plandiM, XX* Mr., pL t| p« a 4a Uslisi
TREIZIÈME CLA3SE. PB9 UttÀMÛMUOSMS. 297
le cas de rupture du ccçur, ces élèves, diH^f crarept voir de la graisse. Quant à moi » je ne la conçfbiai pas de visu » et je restai fidèle à ma théorie, à «avoir : que les ruptures du cœur étaient la conséquence d'une altération préa* lable du tissu du cœur.
Je rapprocherai des cœurs adipeux par obésité les vessies adipeuses. Il n est pas rare de voir la graisse souspëritonéale occuper presque toute l'épaisseur de la vessie qui semble coustituée, excepté à sa base, par de la graisse et une membrane muqueuse ; mais on trouve toujours dans ce cas uue couche ^musculaire très ténue interposée à la muqueuse et au tissu adipeux.
Je nai observé qu uue seule fois la métamorphose graisseuse des Jibres musculaires de l'intestin ^ cest chez la femme aux noyaux de cerise , dont j'ai rapporté Tbistoire (1). La présence de ces corps étrangers, qui datait de prés d'un an, en sopposant au mouvement péristaU tique et antipéristaltique de Tintestin, avait amené Tatro» pbie graisseuse de la tunique musculaire.
Je ne connais aucun fait qui établisse que l'utérus puisse subir la transformation graisseuse.
Que se passe-t-il dans la transformation ou métamor* phose adipeuse des muscles ? Y a-t-il transformation de la fibre musculaire proprement dite, ou bien le dépôt adipeux se faisant autour de chaque fibre, dans la gangue celluieuse qui Tentoure, la disparition de la fibre musculaire est-elle le résultat de la compression exercée par cette graisse circulairement amassée autour délie? L'étude des changements successifs qui s opèrent dans les muscles qui subissent la métamorphose graisseuse est favorable à cette dernière manière de voir, que lexamen microscopique démontre d'une manière non moins évi* dente : elle vient, d'ailleurs, à l'appui de cette loi que je
(i) Jnat. p«a^l^ Utt. XXVI, pL 6.
28S ANATOMIB PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.
crois avoir formulée le premier, à savoir : que les tissus vivants sont inaltérables , et qu'ils ne sont susceptibles par eux-mêmes que d'hypertrophie et d atrophie. Il n'y a donc pas métamorphose proprement dite de la fibre musculaire en tissu adipeux ; il y a substitution du tissu adipeux à la fibre musculaire. Il se passe ici le même phénomène que dans la pétrification des plantes qu'on laisse plongées dans une eau chargée de sels ; le tissu de la plante est remplacé par des sels , et la forme de la plante est parfeitement conservé ; et lorsque la pétrification est complète, il ne reste plus un atome du tissu de la plante. Reste à savoir jusqu'à quel degré le muscle qui a subi l'atrophie adipeuse est susceptible de reprendre ses caractères normaux par la soustraction de la cause qui Ta produite.
Peut-on désigner sous le nom de métamorp/iose congéni-taie des muscles les cas où chez le fœtus les muscles d'uo membre sont remplacés par une masse amorphe de graisse? Dans ce cas, il y a absence de muscles, agénésie musculaire et non métamorphose.
Métamorphose graisseuse atrophique des tissus fibreux , cartilagineux^ osseux. Je ne connais pas d'exemple de métamorphose complète du tissu fibreux en graisse. Dans le cas de métamorphose complète des muscles, la graisse entoure le tendon amoindri , pénètre même dans son épaisseur, mais ne le remplace jamais. Je ne connais aucun exemple de métamorphose adipeuse des cartilages, en tant que cartilages : chez plusieurs^ vieillards les cartilages ossifiés du larynx présentent une grande quantité de graisse dans leur épaisseur.
Peut-on désigner sous le nom de métamorphose adipeuse des os ces cas d'atrophie osseuse dans lesquels le tissu osseux disparaît en grande partie pour être remplacé par de la graisse? Les os, aije dit(voy. classe des j4trophies\ conservent leur forme, leur volume, mais ils sont en quelque sorte envahis par la graisse. Les parois du cylindre
TRBIZliMB GUaBB. DBS MÉTAllOBraOSES. 269
des os longs sont converties en ane lame mtoce ; la cavûbé médullaire siogoIièFement agrandie esl remplie de graissot. Les os se coupent avec le scalpel et se brisent parle plus léger effort; les os spongieux^ excessivement légerscCoiBme les os longs, présentent de très grandes aréoles remplies de suc adipeux ; la couche compacte qui les revêt esl excessivement mince*
Certes » on ne saurait dire qu'il y ait là métamorphose adipeuse, mais il y a envahissement du tissu osseux par la graisse. Les os s'atrophiant, les fibres et lames osseuses s amincissent, et les vacuoles qui les séparent, singulièrement agrandies, se remplissent de graisse, par suite de cette loi que les vides qui se font dans Téconomie se ren»plissent de graisse, lorsque ces vides ont lieu dans une région où il ne se passe aucun monvement.
Ce qui se voit dans les os qui passent à Tétat adipeux me paraît la fidèle image de ce qui se passe dans les muscles graisseux; la fibre osseuse n'est pas plus trans* fermée en tissn adipeux que la fibre musculaire ; mais de même qu'à mesure que la fibre osseuse satrophie et disparaît, les vésicules adipeuses les remplacent; de même quand la fibre musculaire s*atraphie et disparaît, les vésicules adipeuses remplissent les vides. L'atrophie delà fibre musculaire précède donc le dépôt de la graisse.
Métamorphose graisseuse des organes glanduleux. La métamorphose adipeuse la plus importante des organes glanduleux est , sans contredit, celle du foie. On connaît les inventions du luxe des tables pour opérer cette transforoMition sur les oies et sur les canards.
Cbex rhomme elle est assex firéquente; et, chose remarquable , c est l'affinité de cette altération avec la tuberouUsatbn pulmonaire, affinité telleque plusieurs observateurs assurent lavoir rencontrée sur le tiers des phthisîques> plus souvent chez la femme que chez rhomme. Il s'en feut bien que je l'aie rencontrée dans la ui. 1»
890 AtlATDIItR PATHOLOGIQOB OÉllAtAlS.
Même proportion. Pourquoi cette affinité non contestée entre la tuberculisation pulmonaire et Tétat graisseux dm foie ? Pourquoi cette tuberculisation imprime-t-elle an foie la même altération que le double supplice de Timmobilité et de ringurgitniion forcée des aliments qn on foit subir 4 certains animaux?
La métamorphose adipeuse du foie se TencoBtre*t*eUe dans d'outrés tnnUidies que la tuberculisation pulmonaire avaneée? Pourquoi ne se produit^elie que sur un certain nombre de piiihisiques, et ipielles sont les conditions particulières dans lesquelles se trouvent les pbtbisiques ohet lesquels elle se produit ? enfin à quels signes peut-on reconnaître sur le vivant la métamorphose adipeuse du foie? Les faits se taisent à cet égard. Je ne connais d mtre signe que son augmentation de volume.
Au reste la métamorphose adipeuse n'est pas propre aux phthisies tnberculeuses; elle s'observe enrôlée dans pi» sieurs maladies ^ et en partieulier chez les sujets morts de maladie ctmcéreuse. M. Barth la même rencontrée sans aucune altération viscérale. Je lai observée récumment -daes une Femme affectée de dévoiement chronique, qui a •ttccombé dans le délire* Les poumons émient parfoito> flCient sains.
On |)eut d ailleurs observer cbea Thomme tous Ins dégrés de la métamorphose adipeuse , depuis la couleur rouge-ijaun&tre où la présence de la graisse est difficile à apprécier autretueot que par des procédés chimique^ | jusqu'à la couleur jaune-pâle ou fauve, qui est tout à fait caractéristique. Du reste, les foies adipeux sont remar«> quables par leur volume qui est quehpiefois double de Tétat ordinaire; si bien quHU atttngnem lombilic nt ménlela région hypogastrique : leur oonsistouce est modi« fiée, elle est comme pâteuse, et le foie comprimé consenre l'empreintedudoigt; il se diîchireà la manière dnfoiecuit; il graisse les doigts ^ les instruments^ lëlinge^ lepapier>
J'ai eonstamment trouvé de la bile dans la vésicule
TREUtÊliE QLA88É. bU ltfrAMÙRf>ifbSlU. 2M
dts fbies gr&s; ntais cette bile est |>eu colorée et d*iiii jautle serin. M. Then&ixl,qui a analysé diiM isilc daédiU^etits la Uiedes foies grâs, Ta trouvée cirtc) Ibis âlbumiMuse; une ^tile fois elle avait de iamertumô. Il en bien évident qne si la bile est sécrétée, c'est qu'un certain nombre de granulations hépatiques a échappé à la tnétawreirphose. Il serait intéressant d'injecter les vaisseaux et canduits dtt foie passé à l'état graS () ) .
Les métumorphoses adipeuses du feie sont presque toujours (jéaéruic» , qtiel quefoii tëpèndant elles èoftt partielles, c'est-à-dife limitée» à une portion d« lobe, \
(i) Voici le résnitat Je quelque« espër»t;.''es chimiques faites sur ua. foie gras, en Tan Titr, par Vauqnelio :
« Ce foie, «iivoyë par le profesdeor Leclefc, pesait S livrer S onces en- ▼irèii I son poids était k peil près i<f,al h celui de rèoii^ tttt^ plongé dadi co liquide, il ne eurnigeeit qim d*uQe qtianiite iiifiniiuent p«lke : ensfi Ton |)eot dire que le ywluinc du fuie était égal à celui de 5 livres 8 opces, d*eauy ou a 160 pouces cubes (5.36o'ceniimèires ciihen). La couleur de c«t or|rane i^iait jaone-p≤ il n'avait aucune élasueiié; Il eonservait nmprestioii dtt corpi compritnnnt ; sa cotisitlanfce éuût liés légère 1 ti plue petit effort en dédbirait le tissu. 3on iniérieur graissait les doigff et les instruments arec lesquels on le coupait ; des fragmouls ou sec* tioos de ce foie, exposés â tine chaleur douce. et incapalde de décQin-. pbSèr la matière ânimate, ont fourni (terme moyen des op^faUOné] : ' 1. Huile jaonâtre concrescible, 0,4^> %é Parenchyme, ^t^9»