‹ Traité d'anatomie pathologique générale (volume 4)Chapitre 13 sur 36 · Humiditë, o · texte numérisé non relu

Humiditë, o

• La quantité d*biiile obtenue par cette (^>cratiQB n*a point M formée par la chaleur; car un morceau du même foie, mis dans de l'eau dont la température ne passait pas 40 ieçrês , a Inis^é couler une assez grande «loantiié d'huile moins rolorée que celle qui a été obtenue ^ans eau da^i Tapération ci-dea««it. Ceue graisse ne e'nnit pae h l'akool; et la pen i|oi se dissout dans cette liqueur s'en sépare par le refroidissement: elle •# combine facilement ï Talcali, et forme avec lui un savon qui a peu de consistance, mais qui se dissont dans l'eau vt qni jouit d'ailleurs de tdntee les pn»pi télés du savon. 'Cette graisse est donc séitiblabl« & fa caisse animale et n'eut point de Vatlipocire. » (Voyi-z l'ou^ljsO de Mi Félin' Boudet quia tion^c dans un foie gras la matière gra>se saponiBnble di&huit f«ii4 plu« aboH'lantc qut* dans les foies ï>aiii<. La proportiou.de (:)io-, lesierioe s'est élevée de 1 1^ S, tandis que la matièhe animale ('lait préique faia»*ltil<iehéë^o4a*)

202 ANATOMIB PATHOLOGIQUE GÉnAbALB.

quelques groupes de granulatioos et même k des granu-. lations isolées. J'ai rencootré celle iransformalioD partielle chea plusieurs enfants tuberculeux : je crois qu'il fauj rapporter au cancer les masses graisseuses qu'on dit avoir rencontrées soit 'profondément le long des vais* seaux du foie » soit à la surface de cet organe; la couleur jaune-<lorëe quaffecient ces masses cancéreuses dans quelques cas aura bien pu eu imposer à cet égard. ^

Du reste, la métamorphose graisseuse du foie diffère beaucoup de la mélamorphose graisseuse musculaire , en ce sens que c est la granulation elle-même qui est primi* tivement envahie et non le tissu cellulaire interposé aux granulations ; ce qui semble en opposition avec la loi de Tinaltérabilité des tissus que j ai exposée el appuyée sur un grand nombrede faits ; mais, en y réfléchissant un peu, on voit que la doctrine de Imahérabililé des tissus n'est pas plus compromise par le dépAl de la vésicule adipeuse dans l'épaisseur de la granulation dont les éléments comprimés s'atrophient, que par le dépôt de la vésicule adipeuse autour de ces granulations : la seule difiSérence, c'est que l'atrophie adipeuse de la granulation se fait du dedans au dehors dans le premier cas, et du dehors au dedans dans le second*

La métamorphose adipeuse du foie n'est donc autre chose qu'une atrophie adipeuse, bien qu'elle s'accompagne constamment d'une augmentation de volume de cet organe, la granulation hépatique transformée en graisse ayant doublé et quelquefois triplé de volume.

Le foit suivant que j'ai recueilli avec beaucoifp de soin dans mon service à l'hôpital de la Charité , servira pent* être à jeter quelque jour sur les caracières anatomiques et peut-être aussi sur les causes de la métamorphose adipeuse du foie.

Dinocourt (Paul) , seize ans , tourneur en cuivre, entré le 22 janvier 185S, mourut le & février. A son entrée , fièvre très intense, marasme au dernier degrés énormes

TREIZIÈME CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 2ftS

ganglions cervicaux, surtout à droite où ib formaient une masse qui égalait la grosseur du poing. La présence facile à constater de tubercules limités au sommet des pounsons est bien loin de rendre compte de Tétat général.

Je constate une augmentation considérable de volume du foie et en outre je diagnostique une péritonite cbroni» que tuberculeuse avec un peu de liquide dans rabdomen* Le malade s'éteignit.

A Touverture, tubercules dans les deux sommets des poumons, intégrité du reste de ces organes.

Foie très volumineux, refoulant en haut le poumon droit qui ne dépassait pas la quatrième côte , débordant en bas les dernières côtes de plusieurs travers de doigt. Il adhèi^ au diaphragme et à la paroi abdominale par des liens celluleux très serrés ; quelques tubercules se voient dans 1 épaisseur de ces adhérences ; les uns restent attachés au diaphragme, les autres restent attachés au foie dans lequel ils se sont creusés une espèce de loge , comme si la partie correspondante du foie avait été enlevée par un emporte-pièce; le foie ad ailleurs conservé sa ferme naturelle et son ampliation s'est faite d'une manière régulière, comme s'il avait été injecté ; mais il n'a nullement la consistance d'un foie injecté : au contraire, sa consistance est molle, pâteuse. Sa surface est parfaitement lisse et pré» sente les empreintes des côtes : on dirait d'une masse de beurre qui conserve toutes les empreintes ; sa cou. leur, qui est jaune-serin, ne présente pas dans toutes les régions la même nuance, et il est bien évident que la métamorphose graisseuse a été inégalement ac« complie. Les parties qui sont le plus complètement transformées en graisse semblent ne foire qu'une masse continue, comme si les cloisons qui séparent les granulations les unes des autres avaient été détruites ellesmêmes on absorbées par la graisse ; mais avec un peu dPattention, il est focile, sur la surface lisse , uniforme du foie, de déterminer la disposition granuleuse ou plutôt

i9h 4IfAtOlini «ATHOIiOQlQVi; «ÉViMU.

pù\yiàfi(\utàe% granuloitons hépatiques, lesquelles m oot paru beaucoup plus développée^ que de coutume. Cette dtftermipation était surtout facile dons les rares régioqs de la suiibce du foie qui étaient naturellement injectées , attendu que les vaisseaux injectés entouraient et cir* ^Qonserivaient les acini. Mai^ cette injection était en raison inverse de la ti'anâformation graisseuse*

Coupes du foie. Le foie graisse le scalpel qui le divisf ; il graisse Les doigts qui se promènent sur |a surface des coupes ; il graisse le papier et le Unge^ Les coupes du foif prësenteni un rétrécissement ti*ès notable des sections de la veine*>))orte et des veines su^liépatiques. Je ne crois pas exagérer en disant que ces vaisseaux ont perdu pUi| de la moitié do leur calibre. Je n ai pas été moins frappa de la forme des orifices qui appartenaient auj[ divisons de la veine-porte. Ces orifices sont anguleux au lieu d'étff circulaires; ce sont des polygones peu réguliers; et en examinant ces orifices à la loupe, on voit que cette dispo* aition polygonale est le résghat du développen^ent des granulations bépatiques, lequel a eu lieu du côté de U veine 4e manière à empiéter sur son calibre,

J*ai pa, en isolant plusieurs de ces granulations, déterminer que du polyèdre qu'elles représentepl portaient des prolongements anguleux qui se dirigeaient du côté de la veine qu ils rétrécissent.

Du reste, les membranes d enveloppe du foie s'enlevaient comme de coutume ; les prolongements fibreux qui lui servent de charpente étaient très prononcés.

Ainsi , couleur jaune^erin , consistance suifeuse qui permet au foie de conseri'cr toittes les empreintes \ dé** veloppement considérable des granubtions qui paraissaient converties en graisse; vascularisation considérablement diminuée par la compression qu'exerçait sur les vaisseaux le dévetopi^çn^ent de ces granulatious ; diminution des vaisseauH oapiliairçs eu rapport avec |^s degr^ 4e raltémtiQUi si bien que toute espèce d'iqjeetioo capil-

TREQlklfV CLA8S9. DBS HÉTAlfOIIFHOSBS. 295

laire avait disparu dan» les régious les plus aUéréês:TeIs sant las carasières principaux que préseotait ce foie. Je regrette bien vivement de ne lavoir pas soumis à des injeotions.

Ce foie pesait i kilogramme 880 (grammes, dont il feut retrancher 50 pour le diaphragme et pour la vésicule du fiel qui avaient été enlevés avec )ui. Je i ai fait soumettre à la ooction. Nous avons obtenu 510 grammes de graisse et S80 grammes de résidu : déficit, 790 grammes pour ht Goction, Tévaporation, la combustion de la graisse et pcNiv le parendiyme.

Maïs je reviens à lautopsie qui ma présenté d autres particubrités d'autant plus remarquables qu'elles pour* raient bien avoir exercé quelque influence sur l'état graisseux du foie.

J ai porléde la tubercnlisation du sommet des poumons et des deux masses ganglionnaires tuberculeuses do la région cervicale. Eh bien , le tronc de la veine*porte était entouré comme par une gaine de ganglions tuberculeux très considérables ; gaine tuberculeuse qui , d'une part, accompagnait la veine- porte jusqu au fond de la scissure transverse du foie, et, d'une autre part, se prolongeait la long do la veine splénique et de la veine inéseuténque supérieure. Il y avait adhérence des ganglions à lu veine par du tissu cellulaire très serré, et diminution notable du calibre de ce vaisseau. 11 en était absolument de même pour la veine-cave inférieure: tous les ganglions qui Ion* gent la colonne vertébrale depuis Forifice aorti([ue du diaphragme jusqu'à langte sacro-vertébral , étaient volumÎDeaxet tuberculeux. Ces ganglions, fortement adhérents entre eux à tel point qu'ils paraissaient confondus, se moulaient exactement sur les vaisseaux (1).

(i) Pour compléter let d^laiN de celte ftuloptic, je dirai que le (vraod éfftipl^oti formait qd« bande épaitte, i^nnleute i ta turface et dam son ^pmMrar, latge do iroia travers de doigta, attaoliée an bord antérienr da

296 AVATOMIB PATUOLOGIQUB GÉMÉRALE.

Gela posé» une question se présente : Quelle connexion existe-t-il entre ces lésions : tubercules du sommet des poumons, développement tuberculeux des ganglions ab* dominaux d'une part, et foie gras de lautre. Évidemment la tuberculisation pulmonaire était tellement limitée qu'elle ne saurait être considérée comme la cause formelle de la métamorphose adipeuse du foie. Mais en est-il de ■tiéme de la tuberculisation des ganglions abdominaux ? Je ne le pense pas. Il m est impossible de ne pas admettre ui^ relation intime entre Tétat adipeux du foie et le dé« veloppement de ces ganglions abdominaux qui entouraient comme dans une gaine la veine-porte et.la veine<K:ave, et rétrécissaient considérablement le calibre de ces vaisseaux.

Le foie gras est-il, en efFet, autre chose qu'un foie qui a subi 1 atrophie adipeuse, c'est-à-dire le dernier degré de l'atrophie (1) ?

Métamorphose adipeuse du rein. Le rein peut^il subir la métamorphose adipeuse? Pour résoudre cette question, il font bien distinguer la transformation proprement dite du tissu propre du rein , de son atrophie avec accumulation considérable de graisse autour de cet organe.

Or, l'atrophie du rein a pour conséquence non scu lement laccumulation de la graisse dans son enveloppe

foie Ik la manière d*ane bordure ; que la partie supërienre de TintestiQ grêle pr^Dtait «ne mnllîtade dVIeëraiions, les anet a|;çloméréea, Im aaires isolées; qae les gaoglions loésentéricpiei étaient pretcpie Iohs Cuberculeax et notablement augmentés de volume.

(i) Lire, pour Tétude microscopique du foie gras, rexcellent travail de M. Lereboollet, Sur la struciure intérieure du foie et sur la nature de Valtérution connue sous le nom de foie gras. { Mémoires de l Académie de médecine f Paris, i853, p. 386 à Soi, avec 4 planches.) — Daprèa cet aateur, la dégénérescence graisseuse du foie serait due à raccurotilation de la graisse dans les cellules microscopiques bépaiiques et non dans des cellules graisseuses particnlières on dans les interstices de ces odlales. Or, les cellules microscopiques biliaires sont des atricoles contenant des éléments variables, noyau, nucléoles^ granulations, vésicules graîsaeases.

TRBIZIÈMfi CLA8SB. OB8 Mé7AMOBPH09ES. 297

adipeuse» mais encore la pénétration de la graisse dans la scissure de cet organe (1) autour des vaisseaux , du bas* sinet et des calices jusque dans la profondeur du rein : cette graisse semble méuie pénétrer dans la substance du rein, entre les mamelons de la substance tubulease; si bien qu'on dirait, au premier abord, que le rein, ainsi enveloppé et en même temps pénétré de graisse, est complètement transformé en tissu adipeux.

On conçoit que cette accumulation de graisse s accompagnant constamment d'une atrophie proportionnelle du rein , doive en imposer au premier abord pour une meta* morphose graisseuse. Cependant je puis affirmer que jamais le tissu rénal (substance corticale et substance tnbuleuse ) ne se transforme en tissu adipeux , et qu'à moins dabsence congénitale du rein , on trouve toujours vestige du rein atrophié. Ainsi, dans plusieurs cas, où 1 on croyait et oit j'avais cru moi-même au premier abord que le rein absent était remplacé par une énorme quantité de graisse; j'ai pu découvrir un rein extrêmement petit, décoloré, en miniature, eu vestige, comme perdu au milieu de cette graisse, ou rejeté à sa surbce. Je serais donc porté à révoquer en doute le fait de Laënnec, qui parle d*un rein entièrement converti en une matière jaunâtre^ graissant fortement le scalpel. Il est infiniment probable que, dans ce cas, le rein était tellement réduit , qu'il a échappé à l'habile investigateur, à moins qu'il n'eût affaire à un cas d'absence congénitale du rein de ce côté (2).

Un fait vient d être présenté à la Société anatomique qui confirme pleinement cette manière de voir : sur un individu mort dans le service de M. Velpeau (5) par suite

(i) H importa, pour rapprécîation de cet faits de transformation , de Imcq ac rappeler la profondeur de la tcitsiire da rein.

(a) Dans le cas d'alisenoe congénitale d*an rein, Tantre rein est

(3) Pièce présentée k la Sociëté anatomique par M. Banchë en no-

SOS iWATOMIB PATHOtOGIQUB 6É«ÉBAU.

d*iine mabdie des voies urinaires (nëphro-pyélite), ém trouva une inflamtnalion chronique* avec dilatation du rein gauche , et des concrétions urinaires non oblitérantes dans l*uretàre correspondant ; à droite , lorifice inférieur de Furetère était complètement obturé por un gros calcul cylindrique qui débordait de plusieurs niîtKmètres cet orifice; si bien que le cathétérisme Tavait lait découvrir pendant la vie : point de rein droit; à sa place» niasse adipeuse qui présente ce caractère quelle était compacte et qu elle adhérait fortement à la région lombaire.

Cette masse adipeuse divisée dans tonte son épaisseur, a paru n'être constituée que par de la graisse, seulement on déoouvri t dans Tépaisseur de sa partie supérieure une cap» suie surrénale parfaitement conservée. Quant ou rein, il paraissait avoir complètement disparu. Mais ayant remar* que à la partieantérieure deoette masse adipouseune mem* brane fibreuse très épaisse, je la divisai avec soin en dédotant, et j'arrivai h un tissu particulier que j'isolai en le séparant avec le manche du scalpel de cette membrane fibreuse très adhérente. Ce tissu particulier, c était le tissu rénal , reconnaissable à sa couleur rose^pàle, à sa disposition grenue, et à deux kystes séreux. Cette couche de tissu rénal avait Tépaisseur de a millimètres. Je n*y reconnus ni substance tubuleuse, ni mamelons; il a y avait pas non plus vestiges de caliœ et de bassinet , les* quels étaient confondus dans un tissu fibreux (1).

L'induration ou plutôt la compacité du tissu adipeux également notée par M. Bayer (2) , dans des cas analo-

(i) L'arelère était diUt^ et considérablement épftisti du c6té de la vessie, dans \en 3 ou 4 centimètres qui surmontaient la partie ampnU laire de ce canal rempli par le calent. Je n*ai pas eo k m* diaposliion la portion de l'uretère intermédiaire à ki Tetsie et eu rein; mais il m'ealdé* montré par des faiii analnçiiea que Tatropliie du rein a été conaécutive à la rétention d'uiine. (Voyez la classe des Bétrécissements et eèlM rmthm. )

(3) Maladit$ 4e$ fthu^ Paria, 1840, U II, p. 614.

THVSltlil GLAMI. B19 UtVAUWnOtëS. lit

f u#a » ttnQÎt bien évidemment i la propugaiioa à ce liMU de rinflammaiiop cbroDÎque dont le rein et ses annexes aveieni élé le siège.

Je le répèle donc, le rein n'est pas susceptible de raéte^ morphose adipeuse ; et , sous ce rapport , il y a une énorme différence entre cet organe et le foie. Il serait eiirieox d*établir une biérarcbie entre les organes sous, le rapport de leur compatibilité ou de leur incompatibilité avec la graisse. Ainsi , la rate, le corps caverneux , les poumons , Tutérus sont des organes absolument incom*' patibles avec la graisse ; il eu est de même du cerveau et de la moelle épinière » tandis que les muscles , le foie, le tissu cellulaire séreux sont très fréquemment le siège <le métamorphose ou production adi|)euse.

MélQn^rphoH ndipeuie des wani^Ues. Il n est pas exr tréineroeDi i*arede voir ches les femmes, à 1 âge de re» teur, lobésité des mamelles devenir tellement çonsidér rable, que la gbnde mammaire, proprement dite, semble s*étre transformée en graisse ; mais, avec un peu d attention « on If trouvera toujours des vestiges de cette glande dans une petite masse fibreuse, blanchâtre, noueuse^ qui est attachée au mamelon à Taide de petits prolongements très résistants, qui ne sont autre chose que les trônes des canaux galactophores. Il n*y a donc pas meta*» morphose adipeuse de la glande mammaire, mais bien atrophie par compression , et cette compression est d'au^ tant plus efficace que le tissu adipeux mammaire ne se borne pas à entourer la glande, mais qu il envoie des prolongements nombreux dans son épaisseur.

Il peut se rencontrer des eus dans lesquels la glande maromaireait complétemeni disparu. Tel était sans doute celui de la femme si obèse dont le module de plâtre est dans les cabinets de la Faculté. Dupuytrcn , qui en fit la dissection, trouva que les glandes inavniuaires étaient complètement transfermées en tissu adipeux. L'obésité

^00 ANATOMIK PATHOMGîQtJB GÉNÉftALE.

générale de ce sujet était telle qa il y avait sous lés tégutnents de labdomen de 3 à & pouces de graisse (1)*

Métamorphose graisseuse du pancréas. Quelques exemples du pancréas converti en graisse existent dans la science (2).

J'ai vu un certain nombre de fois le pancréas tellement surchai^é de graisse, que j ai pu croire au premier abord à sa métamorphose adipeuse. Voici ce qu on^ observe : Non seulement toute la face antérieure du pancréas est ensevelie sous une couche épaisse de graisse, mais encore cette graisse pénètre dans l'épaisseur du pancréas en séparant ses lobules les uns des autres, si bien qu'au premier abord on pourrait croire que ces lobules ont été rem* placés par du tissu adipeux. Mais ces lobules granuleux existent tous, plus ou moins atrophiés ^ ainsi qu'une dissection attentive le démontre. Je] ne connais aucun fait positif qui établisse la transformation adipeuse des glandes salivaires. L'oblitération complète de leur canal excréteur pourrait seule produire ce résultat.

Métamorphose adipeuse du système nerveux. Il y a incom* patibilité entre la substance cérébrale proprement dite et le tissu adipeux.

Jamais on n a vu de tissu adipeux dans l'épaisseur du cerveau et de la moelle, et ce n est que bien rarement quon en a trouvé dans le tissu cellulaire sons-arachnoïdien : ainsi , une fois seulement , j ai rencontré une boule graisseuse du volume d'une aveline dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien de la base du cerveau.

Lorsque le cerveau atrophié se réduit à nn petit vo-

(i) 11 n'ettpas sans intérêt de faîra remarqaer ijat eatte malade «Yait éprouva pendant les dernières années de sa vie toat les sympttoies d'osé maladie du cœur. Ainsi lorifice aortiqne était cartilas'menx et pins étroit d*on tiers que dans Tétat natorel.

(a) J*ai dit dans mon premier ourrage, t. I , p. 198, que Dapnytren atait VQ le pancréas converti en graisse.

TBBIZIÈIIE CLASSE* DES MÉTAM0MPH0S6S. SOI

Jume, le vide qae laisse sob retrait dans la cavitë crânienne se remplit non de graisse, mais bien de sérosité. Le double mouvement de soulèvement et d'expansion dont le cerveau est incessamment agité dans sa botte osseuse et par les battements artérieb et par la respiration, explique probablement cette incompatibilité.

Dune autre part, nous savons que chez les poissons , dont le crâne n est nullement rempli par le cerveau, c'est une graisse molle ou plutôt une matière huileuse qui comble le vide considérable laissé dans le crâne par cet organe.

Les nerfs sont quelquefois graisseux : 1<> chez les indi* vidns pourvus d'un gros embonpoint; 2^^ dans le cas d atrophie d'un membre : la graisse est alors déposée dans la gaine névrilématique générale , dans les gaines de chaque filet nerveux et interposée aux cordons nerveux dont la réunion plexiforme constitue le nerf ; mais jamais la vésicule adipeuse n'infiltre la gaine névriléma^ tique propre de chaque filet nerveux.

Méiamorphase adipeuse du placenta. Le placenta est-ii susceptible de la métamorphose graisseuse? Je n'ai jamais eu occasion d'observer cette transformation, peut-être parce que je n'ai jamais étudié au microscope les placentas atrophiés que j'ai eus à ma disposition. Mais voilà qu'en 1850 le professeur Kilian a signalé la présence de tumeurs graisseuses dans le placenta, mais sans les rattacher à leur véritable cause, qni est l'atrophie, et d^une autre part M. Bernes, qui a eu occasion d'observer deux bits de dégénérescence graisseuse du placenta (1) , a signalé son influence sur l'avortement ou l'accouchement prématuré, sur la mort du foetus et sur les hémorrhagies utérines. L'altération anatomique consisterait dans la présence de nuttses graisseuses d'un volume variable, depuis celui d*iuie aveline jusqu'à celui d'un teuf de pigeon, ayant pour

(i) Yoy. MetUiOfMJiirwg. fmniacfîoAf, iS53.

S02 AMATOMfK PATHOLOGIQUE ««NÉRALIt.

si^e principal lu portion maternelle du placenta, s*éten* dunt plus rarement dans la portion fatale ou dans toute retendue deTorganeet occupant souvent la pins grande partie du gâteau placentaire.

Gela posé sur les tnétamorphoses adipeuses, \% nis maintenant m occuper des produotiotis adipéuêes.

B. Prodntiioiti adipeuses (lipôtaiefl bu «dipôiue»).

tes productions adipeuses constituent leé Iip6vm{àt Xtiroc, graisse) que j'appellerai adipômeSy le mot /ipdm« oa louf^ grais^use ayant été quelquefois appliqué à d'autres tumeurs que les tumeurs graisseuses proprement dites.

Définition. Tumeurs ou masses adipeuses parfaitemeal circonscrites , encbàtonnées et non enkystées i vivoul d'une vie propre et suscepiihie d'un accroiftsement illimité. On pourrait encore définir ladipâoie une bype^ U'ophie circonscrite du tissu odipeuK.

L'étude des tumeurs adipeuses est d'un très gntoa intérêt en pathologie; car ces productions pouvant se développer dans presque toutes les régions ^t dans presque tous les organes de chaque région^ il est de lo plti* haute importance de les faire intervenir dans le diagnostic différentiel des tumeurs.

Les adipômes constituent d'ailleurs « dans l'immense majorité des cas, une lésiou purement locale» indép^n* dante de l'état générait n'incommodant que p^r '^'"' volume et se conciliant avec la santé la plus parS^tte. Nous verrons cependant qu'il existe dans la science quelques cas de tumeurs adipeuses multiples qtioa pourrait rapporter à une espèce de diuthèse.

Siège. Les adipômes occupent le plus ordiuaireoiânt le tissu adipeux sous-cutané; mais ils peuvent égeletnentst produire dans le tissu cellulaire sous-aponévroliqiMi daflâ le tissu cellulaire intermusculaire, très rareneat da^^

TBEWIÉICB CLASSS. DBS MÉTAlfORNOSES. 10 1

répaÎMcur des muscles eux-mêmes. Je ne comiais qu'un exemple de tumeurs odipeuses développées dans Tépaisseur d UD organe glanduleux^ dans le rein.

On trouve quelquefois des ynasses de graisse dans le oistt cellulaire sous-séreux ; m.ais il est excessivement rare dea rencooirer dans le tissu cellulaire sous^mu»qoeux.

Avant de décrire les caractères anatomiques des adipÔMSt j« vais les étudier successivement dans les sièges diven qu'île occupent » la question de siège étant ici de la plas haute importance*

Le tissu adipeux sous-cutané est, sans contredit, le siège le pins fréquent , et pour ainsi dire le siège de prédileciioQ des adipômes; c'est là que ces tumeurs acquièrent Uur plus gratid développement^ on pourrait même dire que ce n'est que par exception que les adipômes se déve^ loppent dans d'auires régions.

Je sigoalemi In région postérieure du tronc, la région aiillaire, la région fe6sière,com|ne le siège le plus hahiiuel de œi tumeurs. Chose bien remarquable, jamais elles savaient été observées à la paume des mains ou à la plsQtedes pieds avant l'exemple suivant que nous devons à M. Robert.

Ce praticien distingué a observé A la paume de la main un lipome bilobé qui présentait tous les caractères des kfiies synoviaux à corpuscules mobiles si communs dans «ttle région.

Uueponction exploratrice n'ayant donné issue à aucun liquide, on reconnut qu'on avait affaire à une masse so-> litie, et M. Robert extirpa à Tuide d'une incision cruciale use masse adipeuse composée de deux lipomes emboîtés Too dans l'autre, de telle sorte que le lipome emhoUé pou-

S02 ARATOMlt PATBOLMIQÛE «tNÉlULIt.

siège principal la portion maternelle du placenta, 8*éten'> duût plus rarement dans la portion foêtttle ou dans toute l'étendue de Torgane et occupant souvent la plus grande partie du gâteau piooentaire.

Gela posé sur les tnétamorphoses adipeuses , je tais maintenant m'occuper des productions adipéuêes.

B. Prodtttfioiti adipeuses (lipômefl bu adipômet).

Les productions adipeuses constituent leé lipôm$$ (de hmç^ graisse) que j'appellerai adipàmes^ le mot lipôm^QU loupe graisseuse ayant été quelquefois appliqué i d'autres tumeurs que les tumeurs graisseuses proprement dites.

Définition* Tumeurs ou masses adipeuses parfaitement circonscrites , encbâconnées et non enkysiéfls , vivant d'une vie propre et suscepiihie d'un accixiissemenl illi-» mité. On pourrait encore définir ladipâme ttne hypei>- U*opliie circonscrite du tissu adipeuK.

L'étude des tumeurs adipeuses est d'un très {nind intérêt en pathologie; car ces productions pouvant se développer dans presque toutes les régions et dans presque tous les organes de chaque région» il est de la plus haute importance de les faire intervenir du0s le diogooslio différentiel des tumeurs.

Les adipômes constituent d'ailleurs^ dans TiBunense majorité des cas, une lésion purement locaUi indépendante de l'état général, n'incommodatit que par leur volume et se conciliant avec la santé la plus parfaite* Nous verrons cependant qu'il existe dans la science quelques cas de tumeurs adipeuses multiples qu'on pourrait rapporter à une espèce de diathèse.

Siège. Les adi|)ômes occupent le plus ordiuairenient le tissu adipeux sous-cutané \ mais ils peuvent également s* produire dans le tissu cellulaire sous-aponévrotique, dnal le tissu cellulaire intermusculaire, très rarement dans

TBEHSiiMB CLASSB. DBS IIÉTAMOHPBOSES. 19 1

répaisseur des muscles eux-mêmes. Je ne connais qu'un exemple de tumeurs odipeuses développées dans Tépaisseur d'un organe glanduleux^ dans le rein.

On trouve quelquefois des ynasses de graisse dans le tissu cellulaire sous^séreux ; mais il est excessivement rare d ea rencontrer dans le tissu cellulaire sous^mu** queux.

Avant de décrire les caractères anatomiques des adipômesi je vais les étudier successivement dans les sièges divers quMa occupent » la question de siège étant ici de la plus haute importance.

t"* Bwàos. AdipAnet sovwivUncei.

Le tissu adipeux sous*cutané est , sans contredit » le siège le plus fréquent , et pour ainsi dire le siège de prédilection des adipômes; c est là (|ue ces tumeurs acquièrent leur plus grand développement, on pourrait même dire que ce n'est que par exception que les adipômes se déve^ loppent dans d*auires régions.

Je signalerai lu région postérieure du tronc, la région axilbire,la région fessière,com|ne le siège le plus habituel de ces tumeurs. Chose bien remarquable, jamais elles n^avaient été observées à la paume des mains ou à la plante des pieds avant lexemple suivant que nous devons à M. Robert.

Ce praticien distingué a observé à la paqme de la main un lipome bilobé qui présentait tous les caractères des kystes synoviaux à corpuscules mobiles si communs dans cette région.

Une ponction exploratrice n'ayant donné issue à aucun liquide, on reconnut qu'on avait afiaire à une masse solide, et M. Robert extirpa à l'aide d'une incision crucialf une masse adipeuse composée de deux lipomes emboîtés Tnn dans l'autre, de telle sort* que le lipome amhoUé pou-

soi ANATOMIB PATHO1X)GrQ0E GâKÉftAtB.

vait se déplacer en simulant la crépitation des kystes du porgnet C'est le seul exemple de lip6me de la paume de la main qui existe dans la science (1).

Il y a des distinctions importantes à établir entre les adîpômes sons-cutanés sous le rapport de leur siège précis : le plus grand nombre; l'immense majorité , se développe dans la couche de tissu adipeux intermédiaire au fiiscia superficiel et à laponévrose d'enveloppe. La tumeur est alors mobile, et du c6té de la peau et du côté de Taponévrose. C'est là que les adipômes trouvent les conditions les plus favorables pour leur production; c'est, si Ton peut ainsi dire , leur sol natal : c est aussi au sein de ce tissu adipeux que se voient les adipAmes qui acquièrent le volume le plus considérable ; c'est, je crois, le seul siège qui soit généralement indiqué pour les lipomes sous-cutanés.

Mais j'ai eu occasion d'observer des adipâmes sous* cutanés qui se sont développés entre le fescia superficiel et la peau. Alors ta tumeur est adhérente à la peau; elle est également beaucoup plus consistante. C'est surtout alors que ta peau présente des points déprimés à la surface de la tumeur, ce qui tient aux prolongements fibreux que le derme cutané envoie dans son épaisseur ou autour d'elle.

Je signalerai encore un troisième siège de ces tumeors graisseuses sous-cutanées; ce sont les mailles mêmes de la peau , et voici ce qui a lieu : Un des paquets adipeux qui remplit les mailles du tissu dermique s'hypertrophie, dilate l'aréole ou alvéole dans laquelle il est contenu; soulève la peau qu'il amincit de manière à s'en faire une enveloppe , et constitue une petite tumeur ordinairement pèdiculée, que l'on confond généralement avec les productions dermiques de la peau , mais que la dissection

( I ) Ànnalei de îkérmptuîi^w, t. Il,

TnCIZIÉME CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 305

démontre n*étre autre chose qu'une petite masse de graisse reofermée daus un petit sac cutané extrêmement mince. Daus ce cas, le pédicule est exclusivement formé par la peau amincie et non par une portion du lipome lui-même.

Il arrive assez souvent que les lipomes développés dans le tissu cellulaire intermédiaire au fascia superficiel et au fascia profond, envoient un prolongement dans le tissu cellulaire intermédiaire au fascia superficiel et à la peau 9 et même dans l'épaisseur de la peau qui s amincit prodigieusement et constitue un appendice à la manière d'uQ mamelon. J'ai vu plusieurs tumeurs adipeuses de ce genre qui avaient laspect d'une mamelle. C'est dans cette catégorie qu'il faut placer l'observation de lipome en bissac, recueillie dans le service de M. Gerdy par M. Broca (1). Cette tumeur, qui occupait la région fessiëre, présentait un étranglement circulaire qui la divisait en deux parties bien distinctes : l'une sous-cutanée et l'autre cutanée ; celle*ci,qui était pédiculée, du volume du poing, était recouverte par une peau extrêmement amincie , qui paraissait constituée par les fibres les plus superficielles du derme; l'anneau fibreux semblait constitué par les fibres les plus profondes du même derme.

9* ESpftcB. Adipomes soua-apon^vrotiques.

J*ai longtemps cru que tous les adipômes étaient souscutanés, que jamais ils n'étaient sous-aponévrotiques ; mais j'ai eu occasion de voir et de disséquer plusieurs tumeurs graisseuses sous-aponévrotiques, et j'ai connaissjincedeplusieursextirpationsdulipômedontles racines, si Ton peut s'exprimer ainsi, pénétraient dans les intervalles des muscles. Ces tumeurs adipomateuses qui prennent leur origine dans les grands espaces celluloso-grais-

(i) CÂifwyu prmti^ae^ Paris, 1862, t. II, p. 338.

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