DEUXIÈME SOUS-CLASSE
Bm lÉtaBUfrpfcaiCi cl 4ea proéaeMfa califaléca.
TIUUUÈMB CLAMfi. DM MÉTAMOaMOSES. 591
Or, les kystes pr^xistàats se divisent en dfeux «aCé* gories : 1* en ceux qui ne sont entre chose <^e le déve^ loppeiaeût de poches ou de oevités closes , normales ; S* en ceux qui sont formel de toutes pièces aux dépenê du tissu oellulâire, et qui constituent des prodncûoos nouvelles.
Je dirai t par anticipation, qu*à mesure que l'anatomie pathologique ftût des pix>grèâ« le nombre des kystes qui reconnaissent pour siège des cavités closes préexistantes tend sans cesse à augmenter, et celui des kystes formés de toutes pièces saus cesse à se restreindre.
Je me gaitierai bien de dire que touij les kystes sans exception reconnaissent pour point de départ une cavité close naturelle; comme s*il nous était donné d'imposer à la puissance de la nature les limites de nos distinctions systématiques. Nous verrons plus tard , à Toccasion des kystes vésiculaires et aréolaires de Tovaire, des myriades de kystes se produire de toutes pièces au sein de ce petit organe. Que peuvent les follicules de Graaf pour cette création? Avec un peu de tissu cellulaire la nature peut produire toutes les lésions.
Tout kyste offre à considérer : 1^ une poche; 2*" une nuitière contenue. L'une et Tautre présentent des différences asseB nombreuses^ mais quelque importantes que soient ces différences, elles ne sauraient servir de base qu a des divisions secondaires (1) et doivent céder le pas à la question de siège.
Les productions enkystées se présentent presque toujours isolément, c'est-à-dire indépendamuient de toute autre lésion î mais il n*est pas rare de les voir s associer à
(s) ie dîiaia dans une note de mon premier ouvragé (livr. t, p. 3o5], mm sv}«t et la dassificftiioa dei kystn f^ntMe mt la iMitèrt oéniMiMt
• Je aea« combien la divifion des kystes fondée sur la nataie de la
• macière (^ui\$ contiennent est peu pbilosupliique, cette matière pré^en-
• caoc ^ille Yariëtêi. Je l*ai cependant adoptée faute demieus, »
d^autres lésions. Ainsi on les observe assez souvent dans les aiïections cancéreuses.
Les productions kysteuses constituent une dasse très importante de lésions qui doivent entrer en ligne de compte toutes les fois qu il est question de la détermina* tiou'd'une tumeur.
Gela posé, je vais étudier successivement dans un premier genre les kystes préexistants , et dans un deuxième genre les kystes non préexistants.
PREMIER GBNR& Kjite» formés par le dérdoppement d*tiiie cafUé nomsle préeihtinle.
On peut diviser les kystes préexistants en six espèces fondées sur leur siège :
Première espèce : Kystes foUiculeux sébacés ou cutanés.
Deuxième espèce : Kystes foUiculeux muqueux.
Troisième espèce : Kystes glanduleux.
Quatrième espèce : Kystes ovariques.
Cinquième espèce : Kystes synoviaux.
J'ajouterai une sixième espèce encore peu étudiée, sous le titre de kystes vasculaires , c'est-à-dire de kystes formés aux dépens des vaisseaux.
i'* BSPècB. Ryftes foUicnleai lébacét ou cutanés.
Les kystes Jblliculeux sébacés ou cutanés (vulgairement tannes ou loupes) sont formés par la rétention de la matière sébacée de la peau dans les foUicules qui la sécrètent (1).
La Formation de ces kystes suppose en général rocclu* sion de Torifice folliculaire. Cependant j'ai eu occasion de voir un certain nombre de kystes sébacés dont I orifice n'était pas complètement oblitéré. Je dirai même que j'ai rencontré quelques cas dans lesquels lorifice, largement
(ij Lacfi« fe6ac«a , si bieo décrite par M. Alpbée Caic&aTe, dW qn ttoe variété des kystes sébacés. — Voyea son Tr«ité dtt mtJtulies dm aair ek^vttu , Paris, i85o, p. 3oo et sniv.
TREIZI&MB CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. Zii
ouvert , ëlait obturé par un corps dur qui n'était autre chose que la matière sébacée solidiSée. Dans le plus grand nombre des kystes sébacés y même dans ceux qui sont parfaitement clos, il ma été possible de recoonattre le vestige de lorifice folliculaire à une légère dépression.
L*anatomie pathologique des kystes folliculeux sébacés comprend : i^ Tétude de leur siège ; 2® celle de la matière contenue; 5<> celle de la poche ou cavité close qui la circonscrit de toutes parts.
Siège des fystes foUiculeux sébacés. Les kystes sébacés peuvent se développer sur tous les points de la surface du corps, puisque partout la peau est pourvue de follicules ; la paume des mains et la plante des pieds sont peut-être les seules régions du corps où ces kystes n'aient pas été observés : or, ce sont précisément les seules régions do corps dans lesquelles 1 anatomie normale n ait pas démontré de follicules sébacés.
C'est le cuir chevelu qui est en quelque sorte le siège de prédilection des kystes sébacés, sans doute à cause du grand développement et de la grande activité des follicules sébacés et pileux de cette région , peut-être aussi à raison des pressions diverses auxquelles elle est exposée.
Ordinairement solitaii*es, les kystes sébacés ne sont multiples qu'au cuir chevelu. Ainsi, j'ai vu un individu qui portait dans cette région douze kystCs d'inégal vo* lume, depuis celui d'un noyau de cerise et même d'un petit tubercule dur , lenticulaire , jusqu'à celui d'une grosse orange. 11 n'est pas rare de voir quatre ou cinq kystes d*inégal volume juxtaposés (1). J'ai observé un très gros kyste sébacé à la région surcilière. J'en ai vu fréquemment à la région postérieure du tronc et à la mamelle; une seule Fois au front.
(i) La ilispotîtion «ox kystet lëbacét da cuir cheveki ••raU*eUe li^ fféditaifc? J^ai connu trois gcn^ationt qnî ont été «flvcf^et de cet k|Slet*
BSft ANATOMIC PATHOLOGIQUE GÉNÉIIALE.
Aien de plus fréquent que les kystes sébacés in hord libire et de la faee externe des paupières, petits kystes du Tolnme d'un grain de miHet , d^où le nom de milhim pafpéhral , qui leur a été donné par les ophthalino* logisies (i).
J^ai vu un kyste sibaeé volumineux situé è l^ngle de la mâchoire inférieure. Ce kyste aurait pu être pris pour un ganglion lymphatique» si Ion n avait pas tenu compte de son adhérence à la peau. On évitera toujours cette erreur» si Ton considère que ce n'est que consécutivement que les ganglions lymphatiques sous-cutanés deviennent adhérents à la peau, tandis que les kystes sébacés sont des annexes de la peau, è laquelle ils adhèrent toujours, au moins par une partie de leur surfisice.
Les kystes sébacés ont été observés jusque sur le pré« puce. En voici un exemple (2) :
Sur la verge d'un cadavre on trouva une tumeur qui avait la forme et le volume d'un petit o&iif de poule : la peau ayant été incisée, on vit un kyste formé dans le tissu cellulaire lâche qui se trouve entre les membranes cutanée et muqueuse du prépuce. Lia matière contenue , qui était solide, put s'enlever en masse. Elle était retsouverte par une couche blanche et grasse qoi avait lodeur de Khumeur sébacée que fournissent les follicules du gland. Au-dessous de cette couche, qui avait mie demi^ ligne d'épaisseur, se trouvait une matière jaune, fermant la totalité de la tumeur, assee friable pour pouvoir être rompue au moindre effort. Son intérieur offrait une
/i) Je sigoalerai un petit groupe de kystes miliaires paipëbraoi, que j*ai observé tris fréquemment cfaeE les personnes avancées en Age, et qui me parait appartenir à Tétat pbysiofogique. If se présente sous Taspect d'une petite tumeur oblongne , jannlitre , ocscupAot le quart nt^riMi dhi bord adhérent de la paupière supérieure , immédiatement au-dessous du r«bord de l'ofbit«.
<i) Noti€9 mtr um Umemr aiipotipÊmê ( MmUetit^ é9 CÉcoU H éê U Société de méiieciney année 1808, page 3o).
TREIZIÈME GLA89K. DBS MÉtAMOU PROSES. tlS
multitude de lames brillantes. Il est infiniment probabla que ce kyste avait son siège non dans un follicule sébaoë de la peau , mais dans un de ceux du feuillet mircutanéf mi-muqueuxy qui constitue la membrane interne du prépuce.
J*ai été consulté pour un kyste sébacé qui occupait Textrémité antérieure de la grande lèvre du oétégauc^; Forifice du follicule était resté ouvert, si bien que la malade comprimait de temps en temps la tumeur lors« qu'elle Tincommodait parson volume, et en exprimait une matière sébacée.
Les kystes sébacés sont une dépendance de la peaa comme les follicules sébacés aux dépens desquels ils sont formés ; de même que ces follicules , ils sont situés non dans rc'paisseur du derme cutané , mais immédiatemem au-dessous de la peau , qu*ils soulèvent et qui leur forme une enveloppe dont la ténuité est en raison directe de leur volume. Cette ténuité atrophique de la peau par disteosi«Mi est surtout remarquable au cuir chevelu. La calvitie da toute la portion du cuir chevelu que s'est appropriée ta tumeur est la conséquence inévitable de latrophte des follicules pileux.
Un certain nombre de kystes folliculeux restent sta« tionnaires ^ mais le plus grand nombre augmente progressivement de volume r arrive un moment où ilss^échauftent, s*enflamment, suppurent, s'ouvrent spontanément et se vident plus ou moins complètement; doù des Bstulea fblliculeuses cutanées qui persistent jusqu'à ce que li| poche, entièrement vidée, devienne le siège d'une inflammation adbcsive»
Cela posé sur le siège des kystes sébacés , étudions maintenant : 1® la matière contenue , 2* \a poche ou cmnté dose qui la circonscrit de toutes parts.
i* Matière contenue^ La matière contenue dans les kyaies sébaoés n'est Mitrecboeeque le produit de aécréftioa
S36 AMATOMIB PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE^
plus OU luoina altéré des follicules aux dépens desquels ces kystes sont formés. Le vice de la division des tu* meurs enkystées d*après les caractères de la matière contenue se révèle ici dans tout son jour; car on voit la même espèce de kystes présenter dans cette matière con« tenue des différences très nombreuses ^ue les trois expressions uniquement fondées sur la consistance et sur les caractères physiques de cette matière, à savoir : de kystes mélicériques {$etnh\ikh\es à du miel), fystes athéromateux (semblables à de la bouillie) , et kystes sléatomateux (semblables à du suif)(i), ne suffisent nullement pour caractériser.
Cependant ce sont peut-être les différences que présente la matière contenue dans ces kystes , laquelle s'offre quelquefois sous Taspect d'une masse jaune friable ayant quelque analogie avec la fibrine dépouillée de sa matière colorante et altérée, qui ont fait admettre queces tumeurs, ou du moins qu un certain nombre d entre elles avaient pour point de départ un épanchement de sang. Mais la marche de ces kystes, qui se pi*ésentent d abord sous Taspect d'un petit noyau très dur, lequel se himoUit à mesure qu'il se développe ; leur multiplicité, les caractères physiques et surtout chimiques de la matière contenue, où Ton trouve constamment beaucoup de matière grasse , me paraissent en opposition formelle avec cette théorie.
Il est extrêmement rare de vmr les kystes sébacés contenir une matière huileuse. Dans les deux cas de ce genre qoe j'ai rappoi*tés ailleurs (2), la matière huileuse
(i) L*anatoinîe pathologique repousse d'ailleurs formellement tonte espèce d afBoitë entre les kystes stéatomateux et les adipômet.
{i) Etmi mr fanaiùmie pathoto^ut^ 1. 1, p. 3o3. Voici ces deux obtertations i
I* Gilbert (Josepb), vingt-cinq ans, poruic un kyste s^bnce an- dessus de la commissnre externe des paupières. Dupuytren fait une incision i la peau qui le reconyre. Le kyste est entame, il s*écoale «ne matière huileuse qni tacbe le linge à le manière de llmile et ne ae mêle p»s aree
TRKIZIÈMR CLASSE. DRS MÉTAMORPHOSES. 5v^7
était accompagnée d*une matière nacrée analogue au mica (cholestérine).
La matière contenue est quelquefois solide et disposée en couches concentriques parfaitement régulières , mais d*une inégale consistance. La partie centrale est Ja moins compacte et presque toujours très odorante. Tel était un kyste sébacé du volume d*une grosse orange, que j ai observé à Faine d*une vieille femme. La peau, très amincie, était ulcérée à sa surface , en sorte que dans un examen superficiel on avait pu croire à l'existence d*un cancer ganglionnnaire ulcéré.
H est des kystes sébacés du cuir chevelu, ou de toute autre région, qui restent siationnaires ; ce sont les kystes durs. On rencontre quelquefois un grand nombre de kystes très durs, juxtaposés de manière à simuler une tu* meur unique divisée en lobules. Voici un cas de ce genre :
Sur un cadavre, je rencontrai au cuir chevelu : V une tumeur bosselée, peu proéminente, lobuleuse; 2" deux petites tumeurs isolées. La peau qui recouvrait ces petites tumeurs était très amincie et complètement dépourvue de poils.
La tumeur lobuleuse présentait une croûte épaisse au niveau d'une de ses bosselures. En voulant détacher
te san{*. On agrandit Tonverture, la matière huileuse entraîne des flocons blanchâtres , d'apparence nacrée , trt-s anato(*ues k des paillettes d*adi« pocirr. On excise la plus grande partie du kyste : le reste adhérait à l'os froocal, ce qui empêcha de TeoleYer.
a* Uo enfaDt« âgé de trois ans, avait un kyste situé à la paupière supérieure, près Tangle externe. Dupuytren incise la peau, suivant la direction de? fihreii du muscle orhiculaire des paupières. Le kyste, nfiiré avec des pinces ponr l'isoler des parties voisines, se déchire; la matière qu'il roGtenait avait tous les caractères du beurre, l'acpect, la consi»* unce, la goût méine (a). Elle était immiscible à l'eau et tachait le lin,';^ comme laurnit fait du heuric. L'examen attentif dos parois du ky^te Ht voir qu'il naissait de sa surface interne des ^oiVs btanctuUrti^ tonjs dt auei^ues lijnet et en aise: grande quantitt',
(m Ce fat Dnpojtren liii-mimf t\n\ (oAta c« liq«iil«.