C. De tkygrùma ou de$ kyttei hygromateux
Habituellement sèches, vides , les synoviales de glissement sous-cutanées , sous-tendineuses ou autres , sont assez souvent le siège d'une exhalation plus abondante que de coutume , qui est beaucoup plus considérable que Tabsorption , d'où leur hydropisie , qui peut être temporaire, qui peut être permanente : c'est à Thydropisie des synoviales sous-cutanées qu'on a donné le nom d'hygroma, J^appliquerai ce nom à Thydropisie de toutes les synoviales de glissement (sous-cutanées , sous-tendin^uses et péritendineuses) (!) ; je rappliquerai même à Thydropiaie des synoviales de nouvelle formation.
Le type de Thygroma sous-cutané est au genou , aa coude, è l'articulation métatarso^phalangienne du gros orteil. Tous les cas d'hygroma qui ont été observés sont la suite lente de pressions , de frottements habituels, et quelquefois la conséquence rapide d'une pressiop très forte instantanée , d'une contusion. Ainsi , j'ai vu un
(i) On pourrait y ajouter des synoviales de gtitsement sous-mutculaircs. M. Vr-rneuil a présenté à la Société anatomiqne une petite boorse synoviale sitiii'o entre le constricteur inférieur du pharyni et le bord postérieur du cartilage thyroïde.
TREIZIÈME CLASSE. DBS MÉTAMORPHOSES. &7f
énorme hygroma olëcranien, mou, fluctuant, survenu chez un commissionnaire qui avait fait une chute violente sur ie coude, cinq semaines auparavant. — Chez un autre individu qui avait également feit une chute sur le coude, la tumeur apparut au bout de huit jours. -^ Il y a des hygroma qui sont la conséquence d'un épanchement de sang , ou plus rigoureusement des hygroma remplis de sang plus ou moins altéré; d où Topinion que ces kystes sous-cutanés reconnaissent toujours pour cause un épanchement de sang. Bien loin de là, ces kystes sont ordinairement remplis d^un liquide filant comme le blanc d œuf, transparent; ce n'est que dans quelques cas particuliers qu^ils contiennent du sang. (Voy. plus bas, hygroma hématique.)
Lanatomie pathologique de Thygroma établit que la poche est tantôt uniloculaire, tantôt raultiloculaire : cette différence, qui est facile à apprécier sur le vivant , n'est qu'une variante qui tient aun différences remarquables que présentent les synoviales sous-cutanées sens le rapport de leur organisation : tantôt, en effet, ce sont des cavités closes uniloculaires parfaitement régulières; tantôt ce sont des cavités closes mdiraentaires, divisées en compartimenu oi} cellules communicantes.
Je crois devoir diviser les hygroma du genou en ceux qui sont situés au devant de la rotule et en ceux qui répondent à la fois et h la rotule et nu ligament rotulien.
Chez une jeune fille dont Thygroma était la conséquence de la génuflexion, l'hygroma occupait la partie infiénieure de la rotule et la partie supérieure du ligament rotulien. Cet hygroma éuiit obloBg transyersale ment et envoyait en dehors de la rotule un prolongement, lequel était séparé du reste de la poche par un étranglement.
J'ai vu chez un paysan un hygroma prérotulien , oblong, ellipsoïde, qui occupait toute la kaaleur du
A72 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.
ligament rotulien, et qui ne recouvrait que |& ou 5 niillimètres de la partie inférieure de la rotule. Ce kysle était flasque , mollasse , comme si la poche avait été à moitié pleine. Quand on la comprimait de bas en haut, onfeisait refluer le liquide au devant de la partie inférieure de la rotule. Une dépression linéaire indiquait alors la ligue de démarcation entre la portion prérotulienne et la portion préligamenteuse on plutôt prétendineuse.
Les kystes hygromateux sous -cutanés situés aa niveau de Tarticulation métatarso-phalangienne du gros orteil (oignon) méritent une mention toute particulière, à raison de leur fréquence et du volume qu*ils peuvent acquérir, et surtout à raison de la communication qa ih présentent quelquefois avec la synoviale articulaire. Comme type d'bygroma métatarso-phalangien du premier orteil non communicant, je citerai le fait suivant:
Une femme ma consulté ( à Limoges en septembre 48ft5), pour une tumeur du volume d'un œuf de pigeon, située au côté interne et supérieur de rarticulatioo métatarso-phalangienne. Cette tumeur était transparente; et la peau qui la recouvrait tellement amincie, quoo aurait dit qu elle était réduite à sa couche épidermique. La fluctuation était évidente, bien que la tension fût considérable. La malade me dit que cette tumeur datait de plusieurs années, qn'elle s'était ouverte spontanément plusieurs fois , mais qu elle se reproduisait bientôt après. Je la remis à Tannée suivante pour lui donner un conseil définitif. Je ne lai pas revue.
Il est, ai -je dit, des bygroma de Tarticulation métatarso-phalangienne du gros orteil qui communiquent avec larticulation. Ce fait anatomique a été l'objet d'une communication à la Société anatomique par M. Broca : on s'est même demandé si cette communication était naturelle ou accidentelle; mais évidemment elle était accidentelle. Dans un cas où cette communication existait, un
chirurgien, qui ignorait ce fait anatoiniquc , fit une injec* tion iodée dans la bourse synoviale sous-cutanée. Le liquide injecté ayant pénétré dans la cavité articulaire, il s'ensuivit une inflammation très aiguë. Néanmoins le malade guérit.
, H est de la plus haute importance de connaître toutes les bourses synoviales de glissement qui existent norma* lement dans l'économie, ^ar il n en est aucune qui ne puisse devenir le siège d'un hygroma. J*ai été consulté par un homme de quarante ans , qui portait à la région trochantérienne une tumeur fluctuante , profonde , que j'ai reconnu être une hydropisie de la vaste et belle synoviale intermédiaire au grand trochanter et au tendon du grand fessier. Un praticien distingué ki avait proposé une injection iodée, mais le malade ne voulut pas s'y soumettre sans avoir eu mon avis. Comme il n'éprouvait aucune douleur ni même aucune gène dans les mouvements, je l'en dissuadai, et je lui conseillai de se contenter de maintenir un emplâtre de ciguë sur la région trochantérienne et d'éviter la fatigue.
Je reviendrai sur ce sujet à l'occasion des kystes hygromateux formés dans des 'poches accidentelles de glissement.
Je terminerai Tétude des kystes hygromateux par celle des kystes péritendineux, c'est-à-dire des kystes formés aux dépens des synoviales tendineuses de glisse* ment.
KjrtUs formés aux dépens dts ^jniîoyiedtt têndintmet i% gliuemêHt.
Les kystes formés aux dépens des synoviales tendineuses de glissement présentent ce double caractère : 1^ qu'ils sont ordinairement bilobés ; 2*qu'ils contiennent dans leur cavité une multitude de petits corps blancs presque tous taillés sur le même modèle, semblables à
67 & ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
des pépins de poire , ou à des grains de riz (ariziiormes), petits corps blancs r|ue Laënnec avait proposé d'appeler acéphalocystes planes f que Du puytren considérait comme des hydatides; d'où le nom de kystes hydatîques quil donnait à ces kystes.
Je crois devoir ajouter comme troisième caractère de ces kystes, au moins pour un grand nombre d^entre eux, la sécheresse de la synoviale.
Siège. Leur siège le plus ordinaire est dans les spoviales tendineuses, et plus particulièrement dans celles des fléchisseurs des doigts. J'en ai observé plusieurs exemples dans la synoviale des extenseurs des orteils. Je crois en avoir observé un dans la synoviale des tendons de la patte d'oie.
J ai déjà parlé des kystes péritendineux qui m avaient donné à l'exploration la même sensation que les kystes à corps blancs des synoviales tendineuses. Enfin, je rapporterai plus bas l'examen anatomique d'un kyste à petits corps blancs développé accidentellement entre l'angle inférieur de l'omoplate et la côte correspondante.
J'ai décrit dans mon premier ouvrage ces kystes sous le titre de kystes contenant de petits corps blancs ; et les faits, au nombre de dix, consignés dans ce travail, le premier, je crois, qui ait été publié sur ce sujet, ont été presque tous observés dans le serviee de Dupuytren dont j'étais alors élève interne (1815) : et c'est certainement A Dupuytren que revient rhonneur delà détermination de ce genre de maladie , bien que quelques cas particuliers eussent été observés avant lui.
Les faits cliniques observés par Dupuytren avaient établi :
i"» Qu il existe une espèce de tumeur enkystée , essentiellement constituée par la présence de petits corps blancs ressemblant assez généralement à des pépins de poire, contenus dans une membrane syooyiaU teodi-
oeuse, et plus particulièrement dans la synoviale principale des tendons fléchisseurs de Tavant - bras , au niveau du ligament du carpe; tumeur enkystée qu'on a également observée au niveau du ligament dorsal du tarse, aux dépens de la synoviale des tendons exten* seurs.
V Que ces tumeurs enkystées se reconnaissaient & leur division en deux parties séparées par un étranglement moyen (poche en bissac) ; à la communication qui existe entre les deux poches du bissac , et à un sentiment particulier de frottement ou frôlement, tel que le prodtiiraient des morceaux de riz à moitié cuit, qui passeraient de Inné dans l'autre.
S* Mais quelle était la nature de ces petits corps ? Dupuytren était porté à croire que ces petits corps étaient organisés. Il se fondait : 1* sur leur forme à peu près constante, régulière; V sur leur structure : ils sont constitués par des lames superposées; peut-être , disait-il , existe-t-il une cavité centrale? 3* sur leur inaltérabilité. Ils s'étaient conservés intacts an milieu de la suppuration abondante déterminée pur la présence d'une mèche de linge introduite dans la poche pour produire son inflammation. 4* Enfin, Dupuytren croyait avoir aperçu des mouvements dans un de ces corps.
Pour avoir des idées plus positives sur la nature de ces petits corps, Dupuytren désira qu'ils ftissent soumis à un observateur fort habile en ce genre de recherches, k H. Bosc. En conséquence, ayant fait une ponction à un de ces kystes que portait un individu couché dans la salle des opérés , il me chargea de conduire ce malade chez M. Bosc et de faire sortir en sa présence plusieurs de ces corps. Or ces corps, examinés immédiatement à une forte loupe, ne nous ont présenté aucun mou veinent. Placés entre deux verres forteuient serrés, ils ont ^té réduits è une membrane transparente, laquelle.
&76 AMATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
examinée soit à rœil nu , soU au microscope, n a présente ni bouche, ni suçoirs. Enfin, l'expérience ayant démontré à M. Bosc qu'un état de demi-dessiccation était très favorable à la découverte de la bouche et des suçoirs, cet observateur a répété son examen dans cette dernière condition et n'a pas obtenu d autre résultat ; il en a conclu que ces petits corps n'étaient autre chose que des concrétions inorganiques albumineuses ou autres. M. Du* méril, qui désira avoir à sa disposition quelques-uns de ces petits corps , les ayant soumis aux mêmes essais , obtint un résultat identique.
Voici maintenant 1 exposé de Tanatomie pathologique du cadavre, relativement à ces kystes :
Une femme, âgée de quarante^inq ans, était entrée à THôtel-Dieu , salle Sainte-Jeanne , service du vénérable docteur Montaigut, dont j'étais alors élève interne (1816), pour un catarrhe pulmonaire chronique (1). Je vis par hasard à la région antérieure de son avant-bras gauche, deux pouces au-dessus du ligament du carpe, une tumeur divisée par un étranglement vertical en deux lobes latéraux , l'un droit , l'autre gauche. En exerçant une compression alternative sur ces deux tumeurs , je reconnus qn elles communiquaient entre elles ; et en faisant passer alternativement la matière contenue de l'une dans l'autre, j'éprouvai cette sensation particulière de frottement , de frôlement auquel on ne se méprend jamais quand on la une fois bien perçu. Je diagnostiquai donc que cette tumeur était un kyste synovial tendineux contenant de petits corps blancs. La mort de cette malheureuse ne tarda pas à me permettre de vérifier mon diagnostic. Avant toute dissection , je voulus percevoir la même sensation , et je priai plusieurs de mes camarades d'étude de s'en convaincre avec moi. Peut-être quelqu'un
(i) Essai tartanaL pathoL^ t. I,p, 3ai.
de nous exerça-t-il sur la tumeur une pression trop considérable ; mais, après notre examen , la bipartition de la tumeur était beaucoup moins évidente qu'auparavant. J enlevai la peau ; sous elle, était une poche contenant de petits corps transparents , semblables par la consistance et par I aspect à des fragments de cristallin. Le kyste était extrêmement mince à la manière d'une membrane séreuse et telletnent adhérent aux parties voisines , que je ne pus pas Ten séparer sans solution de continuité.
Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette observation, c'est la situation de la tumeur bilobée à deux pouces audessus du ligament annulaire du carpe. Cette tumeur avait-elle pour siège la synoviale tendineuse des fléchisseurs? Je suis porté à en douter; car la synoviale tendineuse des fléchisseurs ne s'élève pas en général aussi haut ; et bien certainement si cette synoviale avait environné les tendons , elle aurait envoyé un prolongement en bas derrière le ligament annulaire, ou dans l'intervalle des tendons. En conséquence» je suis autorisé à considérer ce kyste comme un kyste synovial accidentel péritendineux. Une autre particularité remarquable, c'est que l'étranglement de ce kyste était dirigé dans le sens vertical et non dans le sens horizontal. Je dois noter encore Tabsence de liquide dans sa cavité. Enfin , j'appellerai I attention sur la transparence et le défaut de consistance et de régularité de ces corps que j'ai comparés à des fragments de cristallin.
Dans l'observation suivante , le défaut de régularité et le caractère de concrétion de ces corps apparaissent dans toute leur évidence.
Pendant mon bien court professorat à la Faculté de médecine de Montpellier (1), le 8 décembre 182A , les
(i) Qa*il me loit permis de payer un juste tribut d'éloges, de recon*
ft78 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
élèves de Fécole pratique me montrèrent , au moment où j allais faire ma leçon» un sujet qui présentait une tumeur au-dessus et une autre tumeur au-dessous du ligament annulaire antérieur du carpe. Il me fut facile de reconnaître un kyste de la synoviale tendineuse des fléchisseurs des doigts. Je fis apporter, avant toute dissection , le sujet à ma leçon , et là je fis Tliistoire de ces kystes telle que je lavais décrite dans mon premier ouvrage ; j annonçai que la ponction de Tune de ces poches donnera issue à une multitude de corps blancs semblables à des pépins de poire. Et en effet , ayant ouvert la poche supérieure séance tenante» et ayant exercé une compression légère sur la tumeur inférieure » il s'échappa par Touverture , d'abord deux corps demi-transparents , disposés eu gouttière, d'une épaisseur inégale dans les divers points de leur longueur, et à leur suite des corps ovoïdes, aplatis» ayant la forme d'un pépin de poire» mais d'un volume double.
Je me demandais ce que c'était que ces deux corps demi-transparents, demi-canaliculés , qui avaient précédé l'expulsion des petits corps blancs réguliers, tous taillés sur le même modèle. Et voici ce que m'apprit la dissection :
1* La poche ou kyste n'était autre chose que la synoviale tendineuse épaissie des fléchisseurs» laquelle se prolongeait en haut et en bas le long des tendons» entre les tendons et les os , et présentait des espèces d'anfractuosités ou culs-de-sac plus considérables en haut qu'en bas«
haiwance «t de regrtu à mes anctent collègues de cette ilbsCre F«ciilté. Presque tout, hélas I soot morts, depuis Baumes, Lafabrie et Broussonnet, jusqu'à Tinfortunë Delpech , jusqu'à Ant. Dugès, Dubrueil et Lallemacd. Puisse le vénérable professeur Lordat, Tami de Bardiez, le digne repr^ sentdnt de la doctrine de Montpellier, a(^éer le tribut de ma reeonnaî»sauce pour Taccueil si bienveillauC que j'ai reçu de tous mes anciens collègues et de lui en particulier !
TRRIZltMB CLASSE. DBS MÉTAMOfiPHOSBS. 679
Les petits corps eo forme de pépins de poire étaient encore nombreux dans la synoviale; tous ëtaienl transparents, mais ils sontdevenus blancs par leur immersiondans leau. Plusieurs de ces petits corps adhéraient par leur extrémité étroite aux tendons et à de petits prolongements de la synoviale. En outre, les tendons des fléchisseurs su* perficiels et profonds étaient entourés d'une espèce de gaine couenneuse tout à fait semblable aux demi-gatnes extraites par la ponction , et présentaient d'ailleurs le même aspect, la même demi-transparence, la même consistance que ces corps.
Dès ce moment , il fut évident pour moi que ces corps étrangers synoviaux n'étaient rien autre chose quun produit de sécrétion concret , probablement de la même nature que les fiausses membranes; que ces concrétions tantôt se moulaient sur les tendons auxquels elles adhéraient » et tantôt battues dans tous les sens par les tendons , pendant les alternatives de contraction et de relâchement des muscles , exprimées en quelque sorte à travers leurs intervalles, ces concrétions se fragmentaient, et soumises aux mêmes causes , passant à travers la même filière , coulées dans le même moule , affectaient une forme identique.
Cette observation me parait importante , parce qu elle établit d'une manière bien positive que les kystes en bissac des régions palmaire et antibrachiale ont vraiment leur siège dans la synoviale tendineuse et non dans une poche accidentelle. Elle établit aussi que ces petits corps blancs ne sont autre chose qu'un produit de sécrétion et que leur forme régulière tient à des conditious purement mécaniques.
Il arrive quelquefois que la poche palmaire et la poche untibrachiale communiquent entre elles par une ouverture tellement étroite, que le passage des petits corps d'une poche dans l'autre est difficile. Tel était le cas
ftSO ANATOMIb PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
présenté à la Société anatoraique par M. Cbassaignac en février 18/i5. L'une des poches ayant été ouverte, il en sortit de petits corps ariziformes ( semblables à du riz), à surface comme laciniée, et il a ftillu exercer une très forte compression pour foire passer ces petits corps d une poche dans l'autre.
Kyste synovial en bissac ou bilocuhire de la région dorsale du tarse, Jai été consulté, en août 18&7, par un homme âgé de trente-sept ans , autrefois boulanger, aujourd'hui blanchisseur de linge fin , profession qui Toblige à rester toujours debout. Il portait sur le cou-de-pied deux tumeurs qui communiquaient enf re elles : l'une , volumineuse , occupait la région externe de larticulation dû pied, depuis le tendon du jambier antérieur jusqu'à la malléole externe; l'autre, beaucoup plus petite, sphéroïdale, occupait la région dorsale du pied. Toutes deux étaient mollasses, et lorsqu'on les comprimait alternativement, elles donnaient la sensation de petits corps durs frottant les uns contre les autres.
Kyste synovial bosselé avec sensation de frôlement , au niveau de la patte d'oie. Ce kyste , du volume d'une prune reine-Claude, était situé au côté interne de l'articulation du genou , au niveau de la patte d'oie ; il était bosselé , dur : quand on le comprimait en deux points opposés, il feisait éprouver en même temps qu'une sensation de fluctuation celle d'un frôlement analogue à celui qui résulte du frottement de petits corps libres. Il est bon de foire observer que la pression ne déterminait 'pas le même phénomène sur tous les points de la tumeur, ce qui m'a foit penser que plusieurs des cellules de cette poche multiloculaire ne communiquaient pas entre elles.
Kyste à corps blancs dans une bourse synoviale accidentelle. Le foit suivant prouve de la manière la plus évidente que les kystes hygromateuxà corps blancs n'appartiennent pas exclusivement aux synoviales tendineuses. Sur un cadavre
TREIZIÈME CLASSE. DBS Mlh*AMOBPHOSES« 681
qui ma présenté un trajet fistuleux entre lomoplate et les côtes , j*ai trouvé au voisinage de ce trajet fistuleux un kyste situé entre l'angle inférieur de Tomopbte et la côte correspondante. Ce kyste celluloso-fibreux, anfractueux« ne contenait pas du tout de liquide, mais seulement des corps blancs , dont les uns étaient libres , réguliers , de la forme d'un gros pépin de poire , dont les autres étaient moins réguliers, inégaux en volume. Ces corps étrangers avaient moins de densité que de coutume , ils avaient tous la consistance et l'aspect du cristallin (1).
6* BSpàcB. Kystes vasculaires.
Existe*t-il des kystes vasculaires^ c est-à-dire des kysf es formés aux dépens de vaisseaux artériels ou veineux , c\ont une portion de cylindre isolée par des adhérences et ayant subi de notables modifications dans sa structure et dans ses propriétés vitales, se transformerait en kyste? La théorie ne répugne nullement à cette transformation, car Tanatomie normale ( voy. Anaiomie descriptive) établit que la membrane interne de tous les canaux vasculaires est une véritable séreuse canaliculée. Les faits suivants me paraissent établir la possibilité de cette transformation encore contestée.
Kystes placentaires. L'altération kysteuse si remarquable du placenta , connue sous le nom de môie hyda* tique, môle vésicuiaire^ hydrometra hydatidica^ hydatides utérines , acephalocystis racemosa , etc. , me parait le ré* sultat de la transformation des vaisseaux sanguins placentaires en vésicules. C'est ce que m'a démontré l'étude des placentas kysteux. Aussi n'hésité-je pas à présenter cette altération comme le type des kystes vasculaires ,
(i) Voyex, pour de plus grandi développemenls, la thès« de M. Michon déjà citce, sur les riufieuri synoviales de la partie inférieure de tuvani^ èrat, etc.
IIU SI
AS) AWATOMIB PATHOLOGIQUE GÉR^ftALE.
c est •{!' dire des kystes formés aux dépens des vais* seaux.
Voici d abord la description que j ai donnée (I^ livr.) de la transformation kysteuse placentaire :
Ce sont des kystes séreux ordinairement en très grand nombre, dont les vésicules sont tantôt agglomérées autour d'un axe commun, à la manière des verticilles; tantôt disposées à la manière d^une grappe de raisin , alternes, opposées, très rapprochées ou séparées par un grand intervalle. On dit généralement que les grappes , comme les vésicules, ne tiennent à la masse que par un seul point; mais on peut s assurer (fig. 2 et 2^) quil n'est presque aucune vésicule qui ne présente deux, trois ou quatre, cinq et même six pédicules ; en sorte qu'il n'existe pas de grappes vésiculaires à proprement parler, mais des espèces de réseaux formés par des vésicules liées entre elles au moyen de filaments plus ou moins nombreux; et comme ces filaments sont pour la plupart extrêmement grêles et fragiles, ils se rompent a la plus légère traction ; d'où la forme de grappe {hydatis racemosà) et rajiparence d'isolement des vésicules. Je dois faire observer que les vésicules terminales n'ont qu'un seul pédicule.
Généralement ovoïdes, les vésicules placentaires peuvent être sphéroïdales, cylindroïdes, fusiformes, triangulaires, en forme de cornemuse, de calebasse, bicornes, etc. (1).
Sous le rapport du volume, les pédicules qui relient les vésicules entre elles sont quelquefois aussi déliés que des fils d'araignée; d'autres fois ils ont une certaine épaisseur et une assez grande résistance; le plus ordinairement sans cavité, ils sont quelquefois canaliculés avec ou sans communication avec la vésicule correspondante.
(i) Voyes À natomie pathologique^ avec p]ancb«s, F* IWr., pi. i, ii, 1839, Ipgroape des petites H^nres 1, 3, 3, 4i ^> ^i 7» 8, 9, 10, il> la, i3, 14, 1 5 delà planche I.
TREIZIÈMB CLASSfi. DBS MÉTAMORPHOSES. èêS
Quant à la structure de ces vésicules, dans le cas que j'ai (ait représenter, si Ton examinait au soleil une vésicule intacte , on voyait à travers la transparence de ses parois une disposition réticulée on ne peut plus manifeste. Si on l'entamait, on trouvait que sa cavité était traversée par un nombre prodigieux de lamelles et de fibres blanches resplendissantes, qui la divisaient en cellules , en une trame aréolaire , dont les mailles communiquant toutes entre elles étaient remplies par une sérosité ordinairement transparente, quelquefois cependant sanguinolente (1).
Cette disposition aréolaire existait de la manière la plus manifeste dans le cas représenté (I'* livr.), mais elle n'est pas constante, ce qui explique pourquoi de très bons observateurs ne l'ont pas rencontrée.
La texture des parois des vésicules est extrêmement résistante : on dirait du tissu fibreux.
C'est surtout dans l'étude des grappes vésiculaires les plus petites qu'il est difficile de ne pas admettre que la transformation kysteuse a son siège dans les vaisseaux. On voit , en effet , des filaments d'apparence vasculaire interrompus d'espace en espace par des renflements vésiculeux , se ramifier, s'unir les uns aux autres à la manière des réseaux vasculaires. On passe par des degrés insensibles des vaisseaux dilatés d'espace en espace aux vaisseaux transformés en kystes oblongs , fusifonnes , ovoïdes , sphéroïdaux et liés entre eux par des filaments qui ne peuvent être que des vaisseaux oblitérés ; et le rapprochement des figures représentées planches i et ii, I** livraison, lesquelles permettent de suivre le développement des vésicules ou kystes, depuis le premier moment de leur apparition jusqu'à leur développement complet, me paraît constituer une preuve anatomique aussi péremptoire que possible.
(i) Voyei let figures T, a', 3', 4', 5', 6', 7', planelM t, 1* Hvrmiioii.
Cette déinonstratioD anatomique je la trouve auêsi dans les figures du Thésaurus anaiomicus âeRuysch(6*tab., 5 fig.) que j'ai reproduite (pi. i**, I'*Hvr.).
Voici la description de Ruysch :
a Extremitates vasorum sanguineorum variis tocis rudimenium hydati4utn reprœsentant. » Cette démonstration , moins complète peut-être, résulte également d'une figure d'Albinus que j'ai aussi reproduite. A la membrane chorion sont comme suspendus des rameaux vasculaires, ici plus dilatés, là plus resserrés» commençant à dégénérer en hydatides, et même quelques-uns d'entre eux se terminant par des vésicules : trunci ramique ^ per intervalla contractiores sunt ^ mediisque lacis capaciores^ tanquam si inciperent in hydatides generari. Quin vesiculœ atiquot insunt verœ in fine ramorum. Enfin , cette même démonstration je la trouve dans une très belle planche de Gregorini , où 1 on voit la transformation vésiculeuse ou kysteuse à toutes ses périodes (1).
Déjà Ruysch avait pensé que ces vésicules étaient formées aux dépens des vaisseaux sanguins ; mais il admettait qu'elles se produisaient entre les tuniques de ces vaisseaux aux dépens du tissu cellulaire qui les unit; si bien que par le fait de l'accumulation de la sérosité dans l'épaisseur des parois vasculaires , la cavité des vaisseaux se serait effacée et oblitérée*
Bidioo et Vallisnieri placèrent le siège des vésicules placentaires dans les vaisseaux lymphatiques : et la pré-
(i) Je n'invoque point comme preuve du développement vésiculaire aux dépens des vaisseaux, la couleur rou(veàtre du liquide contena dans les vésicules, parce qu'elle me parait le résultat d*one traniisudatîon cadavérique. Je passe aussi sous silence les injeoiions , heureuses , dit-on, faites par Wrisbcri; et Gregorini, injections qui leur auraient permis de voir quelques vésicules se remplir de la matière hi injecter poussée dans les vaisseaux , parce qu'il est plus que probable que dans ce cas, c'est A la faveur de quelque rupture que le liquide injecté a pénétré des ▼miasequx dans ces vésicules.
TMEIKIKMU CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. liSS
sence des valvules de ces vaisseaux venait merveil leusement à Inppui de leur opinion, et ils leur firent jouer un grand rôle en disant que par leffet d'une cause quelconque, la circulation étant interceptée dans ces vaisseaux et les valvules étant devenues adhérentes par leur bord libre, les parties intermédiaires se dilataient en vésicules, et (|ue les mouvements, les trac* tions allongeaient les espèces de pédicules qui les séparaient.
Indépendamment des arguments irrésistibles qui lui furent opposés par de Haen et Haller, cette théorie ne présente qu'une petite difficulté , c'est que la présence des vaisseaux lymphatiques dans le placenta n'a pas encore été démontrée.
C'est donc dans les vaisseaux sanguins quil faut chercher le véritable siège des kystes placentaires , idée déjà émise par Reuss. Mais, pour rendre compte de la formation de ces kystes, il ne suffit pas d'admettre l'oblitération des vaisseaux de distance en distance; car nous voyons tous les jours que l'interruption du cours du sang soit dans les veines, soit dans les artères, a pour résultat leur oblitération complète. H Faut donc reconnaître pour cause de la transformation vésiculaire, en même temps qu'une oblitération d'espace en espace, une altération dans les parois vasculaires qui les ramène au type celluleux ; ou plutôt contentonsnous de lexposition pure et simple du fait, et concluons que les vaisseaux sanguins du placenta se transforment dans quelques cas en vésicules réunies au moyen de filaments , en général grêles et pleins , quelquefois creusés d'un petit canal qui communique avec les vésicules voisines.
A cette théorie, d après laquelle le siège de la transfor* mation vésiculaire ou kysteuse du placenta, dans les kystes placentaires , serait dans les vaisseaux sanguins.
hM AtlATOMIE PATH0U)61QUB &ÈSÈÏÏALE.
M. Ch. Robin (1), fondé sur des observations microscopiques , a substitué une autre théorie d après laquelle les vésicules placentaires auraient pour siège non les vaisseaux placentaires, mais les villosités choriales^ de telle manière que ces vésicules ne seraient autre chose que les villosités choriales dilatées.
Mais qu entend-on par villosités choriales? C'est ce tissu tomenteux, chevelu {chorion Jrondosum) , qui nattde la surface externe de la membrane du chorion par des pédicules étroits , desquels partent dans le principe quatre ou cinq prolongements inégaux, arrondis, terminés par un léger renflement : ces villosités, qui occupent dans les premiers temps toute la suriace de Tœuf, ne sont autre chose qu'un prolongement canaiiculé du chorion lui-même ^ s'ouvrant è la surface interne de cette membrane par un petit orifice circulaire , se terminant en cul-de-sac à lextrémité terminale de chaque prolongement. G est dans ces prolongements canaliculés qui vont sans cesse grandissant, s allongeant, se ramifiant, se renflant d espace en espace, s*enchevétrant, se dévelop* pant d'une manière prodigieuse dans les points qui doivent correspondre au placenta, s atrophiant , au contraire , sur tout le reste de la surface du chorion ; c'est, dis «je , dans ces prolongements canaliculés que pénètrent bientôt les vaisseaux ombilicaux, une artère et une veine.
Or, d'après M. Ch. Robin, l'étude microscopique de ces villosités , ou prolongements canaliculés du chorion , démontrant une identité de structure absolue entre le chorion et ces prolongements, et, d'une autre part, entre les vésicules hydatidiformes et le chorion, il s'ensuit tottjonrs , d'après le même observateur, que ces vésicules sont constituées par les villosités, c'est-à-dire par les prolongements canaliculés du chorion, et nullement par
(i) Du microscope et des injections dans ses applications à Canuîomk puth9tù^iijuef Paris, 18499 i** partie, p. 3i.
TRBIZIÈMB OiA^SS. DKS IféTAlliOilPHOSBS. kèl
les vaisseaux* Mais que devifinaent doac les vaisseaux contenus dans les gaines choriales? Ou suppose que la formation des vésicules est antérieure à la pénétration des vaisseaux dans la cavité tubuleuse des viltosités choriales.
Ainsi dans cette théorie purement microscopique, ce ne seraient pas les vaisseaux ombilicaux qui seraient le siège de la transformation vésiculaire , mais bien les villosités choriales. Les vaisseaux y seraient complètement étrangers; ils auraient même entièrement disparu*
Dans Tune et dans lautre manière de voir» et c'est là pratiquement le point fondamental , il y a oblitération ou disparition des vaisseaux ombilicaux , le tissu placentaire est donc privé de circulation dans toute la portion de ce tissu qui a subi la transformation. Si la transformation est générale, la mort du fœtus est inévitable (i); si la transformation est partielle, il pourra rester une assea grande quantité de cotylédons intacts pour entretenir la vie du fœtus pendant un temps plus ou moins long. Le foetus pourrait même venir à terme si la transformation vésiculaire ou ky stense du placenu était extrêmement limitée.
Le point important pour la science, c est qu'il soit établi que les kystes placentaires sont formés aux dépens de canaux : or, que ces canaux soient constitués par des vaisseaux ou par les canaux cboriaux qui les engainent , c'est là une question secondaire : la question principale c'est qne les kystes placentaires soient classés parmi les kystes i cavités préexistantes. Quant à moi , je reste convaincu que c'est aux dépens des vaisseaux veineux placentaires qu'a lieu la transformation vésiculaire du placenta, et con* séquemment que les kystes placentaires sont des kystes vasGulaires.
(i) Car il estprWéde tous moyens de nutrition. Sar une femme (grotte de ôn^ mois, It faelus tt*av«il que le développeneni d*ini fetCvt d« in
Kystes des plexus choroïdiens. On connaît cette lésion si fréquente des plexus choroïdiens, qui consiste dans le développement de kystes transparents, sphéroïdaux, qui leur adhèrent et qui ont été longtemps confondus avec les cysticerques sous le nom commun ^hydatides, Baillie croit que ces poches sont le résultat de la distension de la veine qui passe sur le bord libre du plexus choroïdien. Il est parvenu , dit-il , à les distendre par de l'air en ouvrant cette veine et en Tinsuflfiant à laide d*un chalumeau : assuré* ment je suis bien loin d'adopter cette théorie de la formation des kystes choroïdiens; mais jai cru devoir faire ressortir une idée qui se trouve réalisée dans le cas suivant qui offre un exemple de kystes développés aux dépens d'une varice.
Kyste séreux anal développé aux dépens dune varice hémoi^ rhoïdale. Rien de plus commun que de voir des hémorrhoïdes kysteuses; en un mot, une varice transformée en kyste hématique sans aucune communication avec les vaisseaux voisins. Il n*y a qu'un pas de ce kyste hématique pur au kyste séreux hématique. Ainsi, M. Laugier m'a montré un kyste qu'il venait d'enlever à la marge de l'anus ches un homme qui le portait depuis trente ans environ. Ce kyste, qui avait le volume d'une petite pomme, était placé à côté de l'anus. Il se vidait de temps en temps, et quelquefois tous les ans seulement, pa r une petite ouverture spontanée. Ce kyste contenait , indépendamment de la sérosité , une matière couleur chocolat qui attestait son origine.
Nous verrons plus bas que les kystes hématiques adventifs se transforment souvent en kystes séreux.
Kjrstes vateutaires fonnés aux dépens des tissus érectites>
Plusieurs (bits établissent que les tumeurs érectiies peuvent éprouver spontanément un travail morbide qui les transforme en kystes ; et c'est peut.étre là un des modes de guérison spontanée de ces tumeurs. Tout récemment,
TBEIZIÊMK CLASSE. DË8 MÉTAMORPHOSES. &89
M. Laogier a observé un fait d où il résulte qu'à la suite d*un traitementdestiné a oblitérer les vacuoles des réseaux vasculaires d'une tumeur érectile, quelques-unes de ces vacuoles ont subi la transformation enkystée. Voici le résumé de ce fait consigné dans une excellente thèse (1) :
Transformation kysteuse (twi iissu érectile à la suite du traitement par le caustique et par les sétons. On sait qu'une des conquêtes les plus intéressantes de la chirurgie moderne, c'est le traitement des tumeurs vasculaires érectjles par des méthodes opératoires propres d produire au sein de ces tumeurs un travail inflammatoire, d où résulte la transformation du tissu érectile en tissu fibreux cicatriciel , et que cette conquête , qui est une des plus belles applications de 1 anatomie pathologique à la chirurgie, est due au regrettable professeur Lallemand (de Montpellier).
Le fait de M. Laugier, publié et fécondé par M. Laboulbène, établit un autre mode de guérison des tumeurs érectiles : c'est la production d'une multitude de petits kystes au milieu même du tissu cicatriciel ; petits kystes qui, bien entendu, ne conservent plus aucune communication avec ce qui reste de tissu érectile dans la tumeur. Or, dans le cas dont il s'agit, ces petits kystes contenaient une matière huileuse (2). La tumeur, qui était un nœvus saillant , vasculaire, de la paupière supérieure , avait été d'abord traitée par la cautérisation à l'eau-forte, puis par le séton , sans résultat notable , puis enfin extirpée par M. Laugier. L'examen de la pièce a montré au milieu du tissu fibreux de petites vésicules ou kystes jaunâtres, de grandeur variable entre une tête d'épingle et du gros plomb de chasse ; vésicules ou kystes remplis par tm
( I ) Tbèta sur le Nmtmt ttuurune modifieaiionpariieutièn «n tês éétûits^ ohêtrvte dans un nmmis de la paupière supérieure^ par M. Labonlbène, 8 mari i854.
(s) Il est bon do rappeler que j'ai parlé de kystes conteDant une i lière grasse, lifpiide, à Toccation des kystes sébacés. Voyes pins kant.
A90 ANATOMIE PATHOLOGl^B GÉNÉEAUS.
liquide clair et huileux. Ces petits kystes , tout à £ait indépendants des vaisseaux de la tumeur, étaient constitués par une fine enveloppe cellulaire remplie de matière grasse.
G est probablement une altération kysteuse de même nature que M. Costilhes (1) a décrite sous le nom de f^tits corpuscules hydati/ormes. La tumeur érectile, qui occupait la racine du nez, avait été inutilement attaquée par le caustique de Vienne et par les sélons multiples ; elle fut extirpée.
Transformations kysieuses spontanées des tissus érectiles. On lit dans un travail de M. Holmes Goote , professeur d'anatomie à l'hôpital Saint-Barthéleroy de Londres :
a Dans le cas de tumeur veineuse, j'ai observé que les V vaisseaux tortueux et dilatés finissaient par devenir » adhérents les uns aux autres, et que des portions de tubes 9 contenant du sang étaient interceptées et isolées par ces adhé^
• remces. Le sang, n'étant plus dans le courant de la circ«i- » laûpn , subit un changement : les disques sanguins » deviennent ébréchés à leur bord , puis se résolvent en
• granulations (\ui fÛBissani par se séparer^ Jlottentlibremeni » dans un fluide séreux plus délié 4/ue le sérum du sang , par » suite d'une sécrétion d*eau des parois des fystes en lesquels » ces portions isolées des veines sont converties. Les parois des » kystes qui retiennent peu ou point de traces de leurs » caractères normaux deviennent amincies et absorbées
• là où elles deviennent adhérentes , de sorte que des
• communications sont établies entre les kystes adjacents;
• et quand on coupe une tumeur ainsi formée, eUeres-
(i) Revue médicale^ i85i,p. 33{. Du nœvui matemwts ei ée$ tumeurs éneiites. Il est malheureux que Tauteur ne soit pas entré dans plus de dciaUf. Il dit toot timplemciil qae le lissa en leqael avait clé crass formé le ittMi érectile était formé d*one foole de petiu corp«acalc« k jdatifonaes communiquant sans doute entre eux : dans quelques points, les véaicnlM étaient plus considérables. On reconnaissatt dans d'aotret, près âe la circoaferance, de ▼éritabiet iwieaai.
TBKIZIÈIIE CLA«8fi. JMBS MiTAliOfiPilOSES. Mi
• tembU à une tumeur kystique ordinaire; les kystes cou-
• tenant un fluide qui, bien qu originellement dû au sang,
• a perdu sa couleur rouge par la désintégration des dis-
> ques sanguins, et est devenu plus délié par Tinfluence ■ de la sécrétion de la paroi kysteuse, etc. (1).
Le dit suivant et les réflexions qui raccompagnent me paraissent compléter le point de doctrine relatif à la transformation du tissu érectile en tissukysteux.il est dû à M. Bickersteth, chirurgien à Liverpool :
Chez une jeune fille de dix-huit mois, tumeur sur le dos, à la partie supérieure de Fépaule gauche, de forme ovale, aplatie , ayant le volume d'un petit poing; tumeur présentant à son sommet une tache rouge et sur toute la surface une teinte générale un peu bleuâtre , ferme , légèrement lobulée, donnant la sensation d'une tumeur graisseuse, indurée sous Tinfluence d'un léger travail inflammatoire. Comme cette tumeur faisait des progrès, on se décida à rextir[)er. L opérateur croyait à une tumeur graisseuse. La pi*ésence du naevus lui fit admettre la possibilité d une tumeur vasculaire ; par mesure de prudence, il fit précéder l'extirpation de ligatures à la base de la tumeur (2).
L'examen de la pièce a montré , dit Tobservateur, un changement pathologique très remarquable dans la stf uctore du naevus ; « changement auquel il paraîtrait que
> le naevus est sujet quelquefois : je veux parler du déve-
> hppemenî de kystes formés par suite d'une oblitération
■i) Médical Gazette^ i853, t. X, p. 4oa. Rapporté dans la tbèse de M. LabonJbèoe, p. $7.
("i) Monthtjr Journal f\n\n i853. Ëgalemeiit rapporté dans la thèse ae M. Uboulbène, p. 58.
CooiiDe fait clinique, il est bon de dire que TeufonC, qui allait trds Imco lei cioq premiers jours qui suivirent Topération, mourut douae jours *près. J'ai coBoatssance de plusieurs faits d'eitirpation de naevus dans le P<^caier âge de la vie, qui ont éié suivis d'érytipèle envahissant ou erra* t^at et de «lort.
&92 ANATOMIË PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.
» partielle de capillaires dilatés. En faisant des sections dans » différentes directions, et aussi par la dissection, on » observa plusieurs cavités complètes contenant du sang » fluide plus ou moins décoloré: le plus grand nombre des » kystes étaient un peu plus gros qu'un grain de chènevis; » mais il y en avait du volume d'un gros pois, et dans ceux- 9 ci le contenu semblait plutôt être de la sérosité que » du sang : ces cavités étaient parfaitement arrondies et » formées d'une petite paroi kysteuse très mince, tapissée » par une membrane séreuse lisse. Les vaisseaux dilatés, » qui formaient de beaucoup la plus grande partie de la » tumeur, admettaient en général un stylet ordinaire; » leurs parois étant minces et safFaissant quand on les » coupait en travers , il Fut impossible de s'assurer par la « dissection d'une connexion positive entre ce réseau » vasculaire et les kystes. »
Ainsi, la guérison spontanée ou artificielle des tissus érectiles s'opère en général par une inflammation qui oblitère les vaisseaux sanguins dilatés ; mais si l'oblitération est incomplète, s'il reste des portions limitées de tumeur vasculaire qui n'aient pas été envahies par l'inflam* mation oblitérante, les portions de canalicules vasculaires qui sont isolées , sans communication avec le reste de la circulation, forment des cavités closes contenant du sang coagulé. L'absorption et la disparition de la matière colorante s'efi^ectuent lentement. La sécrétion des parois s'établit et une dilatation consécutive des kystes nouvellement constitués complète la métamorphose. Telle est presque textuellement la théorie développée par M. Bickersteth. On ne saurait mieux dire (1).
(i ) On lira dans leméfDe travail deux antres hits de tnmenra kjstênset consécnlives à des naevus, qui furent prises pour des tumeurs graisseuses, et qui, eitirpées, présentèrent un amas de kystes dëlicals unis ensemble par an tissa souple fibro-cellulaire. II y en avait d'aussi grands que des fèves rustiques (fëvcroles), tandis que d'autres n'atteignaient pas plus
JesuisdoDC fondé à admettre que les tumeurs kystiques, suite d'un travail inflammatoire spontané ou provoqué des tumeurs érectiles, tumeurs kystiques qui sont lobulées à la manière des adipomes ou tumeurs graisseuses, doivent prendre place, en chirurgie pratique, dans la nombreuse tribu des tumeurs, et être mises en parallèle avec d'autres tumeurs, les adipomes en particulier, pour être soumises à répreuve d'un diagnostic difFérentieL
Kystes aréolaires de l'ovaire. Les kystes aréolaires de Fovaire peuvent-ils être considérés comme ayant leur siège dans le système capillaire veineux de cet organe ? Il y a bien longtemps que cette pensée m'est venue à Tesprit, et voici comment je lexprimais (XXV* livr., pi. i, p. 2 du texte) :
« L'étude des kystes aréolaires de Tovaire, faite com- » parativement avec celle des kystes hydatidiformes du » placenta, et avec celle des tissus caverneux, m'a conduit » à me demander si ces kystes aréolaires ne seraient pas » formés aux dépens des veines ovariques prodigieuse- » ment développées, ayant perdu toute communication • avec le reste du système veineux , devenues organes V d'exhalation morbide , au lieu d'être organes de la cir- 9 culation et vivant d'une vie propre.
» L'analogie de ces tissus aréolaires avec les tissus dits » caverneux ou érectiles est évidente : la seule différence n consiste dans le déftiutde communication des cellules » entre elles dans le kyste, tandis que leur communication » est libre dans les tissus caverneux. Au reste, sous le rap- » port de la communication des cellules, les kystes aréo- » lairesdel'ovaireprésententun grand nombrede variétés;
de la moitié de ce volume. lU contenaient an liquide transparent et clair. Dans quelques points, deux oa plusieurs kystes communiquaient entre eux; la pression semblait avoir cause Tabsorption des parties adjacentes. On o^seriMiC aua$i quelques parties graisseuses dans ie îissH unissani fibrO'^iuiaire, Cette demièr« particularité me parait importante.
69 A ANATOMie PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
» carilestdes cas dans lesquels la communication n'existe 9 que pour un petit nombre de cellules, et d'autres dans » lesquels toutes les cellules communiquent librement » entre elles. Si Ton considère, d'une autre part, que » les hydatides placentaires sont évidemment formées aux » dépens des vaisseaux (voy. I"*livr.) (je n'ai pas détcr- 9 miné aux dépens de quel ordre de vaisseaux), on sera V fondé à considérer , sinon comme établie , au moins » comme ne sortant pas des bornes d'une induction légi- » time, ridée que les fystes aréolaires de l'ovaire ont leur » siège dans le réseau irectile veineux de cet organe. »
Kjites çongéniUux d€ la région eervicaU^
Je suis également disposé à considérer comme apparte* nant aux kystes vasculaires , les kystes congénitaux du cou, qui ont, dans ces derniers temps , fixé lattention des observateurs, surtout en Angleterre et en Allemagne ; et je commence par séparer de ces kystes congénitaux, toujours multiloculaires, contenant seulement de la sérosité, les kystes congénitaux qui contiennent des dents, des os, des poils, auxquels ils ont été assimilés par quelques observateurs. La dissertation inaugurale de M. Virlet (1) résume parfaitement i état de la science sur ce point important d'anatomie pathologique.
Cest à M. César Hawkins , en 18/^3 , qu*est due la première description anatomique bien faite de cette lésion. L'observation suivante laisse bien peu à désirer sous ce rapport.
Fait de M, Hawhîns. L*enfant avait près de trois mois. 11 éprouvait de fréquents accès de suffocation. La tumeur qu'il portait au côté droit du cou était molle, élastique, compressible comme un naevus : ou pouvait d'ailleurs reconnaître à travers la peau la présence de quelques
(t) Hes kjrsiet congénitaux du cùa^^ thèse présentée et sontenae à la Faculté de médecine de Paris, le 4 joillet i8S4«
TRBIBffcMG CLASSe. DES MÉTAMORPHOSKS. A9S
kystes. Quand Tenfent criait, la portion molle de la tumeur devenait plus saillante. Il existait sous la muqueuse buccale plusieurs vaisseaux variqueux analogues à ceux qu'on observe quelquefois au voisinage des tumeurs sanguines. L'enfant mourut peu de jours après dans un accès de suffocation.
Autopsie. La peau ayant été disséquée, la tumeur mise ànu avait presque le volume de deux oranges séparées par un sillon profond dû à la pression exercée par le tendon du muscle digastrique repoussé en avant. On constata dès lors qu'il s'agissait d'une agglomération d'un grand nombre de kystes; il y en avait plusieurs centaines, variables en volume, depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une noisette, étroitement unis et formés d'une membrane fine ayant l'aspect d'une séreuse, couverte dans quelques régions par une couche fibreuse. Dans beaucoup de ces kystes il y avait un liquide transparent ; dans d'autres, le contenu était d'une teinte rougeâtre, parfois aussi foncée que celle du sang veineux, mais sans caillots: c'était évidemment une sécrétion séreuse colorée. La mollesse et l'élasticité de la tumeur provenaient de la flaccidité de certains kystes à moitié remplis : dans d'autres points, ils étaient si distendus, au contraire, qu'on les aurait aisément pris pour des tumeurs solides; cependant il n'y avait d'autres corps ayant ce caractère (|ue deux ou trois gan* glions lymphatiques entremêlés aux kystes. Ija portion de la tumeur voisine de l'oreille était recouverte par une couche assez épaisse , formée aux dépens de la glande parotide condensée.
La glande sous-maxillaire était repoussée en dehors par d'autres kystes, si bien qu'elle était libre sous la peau : tous les vaisseaux et nerfs qui avoisinaient la base de la mâchoire se trouvaient entourés de quelques kystes avec lesquels ils étaient en quelque sorte entrelacés. En pëné* trant plus profondément, on reconnut que les kystes
s'étendaient le long de la région antérieure de l'épine , derrière le pharynx et Tœsophage , (|uelque8-uns même atteignaient Tapophyse basilaire, d autres se portaient en bas jusqu'à la sixième vertèbre cervicale: tout le long du cou, les kystes environnaient Tartère carotide , la veine jugulaire interne et le nerf vague, qui se trouvaient même séparés les uns des autres par de petits kystes développés dans leur gatne; aucun de ces kystes n était adhérent ni au pharynx, ni à Toesophage.
Cette observation est de la plus grande importance : 1» sous le rapport clinique, car elle établit que ces tumeurs ne sont pas toujours sous-cutanées, mais qu elles peuvent être sous-aponévrotiques et envoyer au loin des prolon* gements qui en rendent l'extirpation impossible; 2* sous le rupport palhogénique. M. Hawkins conclut que ces nombreux kystes se sont primitivement formés dans le tissu cellulaire libre, que chacun d'eux est analogue à ces kystes séreux qu on rencontre à tout âge dans plusieurs parties du corps. Sans doute, il n'est pas impossible quil en soit ainsi; mais l'analogie, la qualité du liquide qui était ici séreux , la rougeâtre, ailleurs aussi foncé que le sang veineux , me portent à considérer celte tumeur comme ayant eu pour point de départ un tissu érectile.
Le fait suivant, observé par M. Lorain (1), n^est pas moins digne d'intérêt sous le rapport de l'anatomie pathologique :
Enfant à terme qui ne vécut que huit jours : il portait en naissant à la région cervicale antérieure une tumeur d'un volume très considérable, qui commençait au-dessous du menton , dont elle eflaçait la saillie, remontait de chaque côté jusqu'aux apophyses mastoïdes , et descendait jusqu'à la partie moyenne du sternum, au niveau des mamelles. La couleur de la peau était la même que celle des parties environnantes.
(t) Compte rendu Jes travaux de la SœiM de biologie^ ranrs t853«
TREIZIÈME CLASSE. DES METAMORPHOSES. Zl97
Le lendemain et le surlendemain de la naissance, la peau prit une teinte ronge vineuse, eccbymotique, que Fobservateur attribuait à la compression exercée sur cette partie dans le dernier temps de Taccoucbement ; elle était molle, fluctuante dans certains points, non pâteuse, non transparente, non pnisutile, ne subissait aucun cban* gement par laclion de la respiration ni par aucune ma* nœuvre. L'enfant s'éteignit le huitième jour.
Autopsie, Une première incision donna issue à une quantité assez considérable de liquide séreux sanguinolent et mit à nu un grand nombre de petits kystes de la grosseur en moyenne d'une noisette : leurs parois sont minces , transparentes. De ces kystes, les uns sont remplis d'un liquide séreux, limpide, jaunâtre; les autres contiens nent un liquide rosé; d'autres sont noirs et remplis de sang liquide; dans quelques-uns on trouve des caillots. La peau qui recouvre ces kystes est si mince et leur est si intimement unie, qu'elle ne peut en être séparée qu'avec une très grande difficulté. Ces kystes paraissaient donc formés aux dépens du tissu cellulaire sous-cutané , mais la tumeur naissait bien plus profondément, ainsi que le démontraient des fibres musculaires étalées à sa surface antérieure, fibres musculaires qui appartenaient les unes au peaucier, les autres au stemo-mastoidien. Des kystes à parois translucides et à sérosité limpide, d'un petit volume, sont interposés aux fibres tendineuses qui constituent l'inserlion supérieure de ce dernier muscle; cinq ou six petits kystes de même nature se voient dans l'intervalle qui sépare ses insertions sternales de ses insertions claviculaires. On trouve également plusieurs de ces kystes entre les muscles sterno-hyoïdiens, hyo-glossiens et génio*hyoïdiens d'an côté et ceux du c6té opposé, et en dehors du digastrique: la trachée , le larynx , les nerfs et vaisseaux superficiels et profonds du cou n'avaient pas été envahis (1).
(i) Uo poiol inipoftuit daoi l*hiiCoiN d« e«tkyties, c*«tt kor iiWSga- UI. 32
/|d8 ANATOMip PATHOLOGIQP£ OÉNtofl^B.
Ces kystes sont an nombre de quatre-vingts ou eent, d'un volume variable, depuis celui d*un gros pois jusqu'à celui d'une petite noix. Ils sont isolés , généralement uniloGulaires ; quelques-uns cloisonnés. Le nombre d^a kystes contenant du sérum ^st beaucoup plus considérable que celui des kystes qui contenaient du sang.
Le fîiit suivant, présemé à la {Société anatoœiqif^ par M. Verneud , le f 1 août 1*85^, établit, d'upe part, que C(3S tumeurs ky^^t'ques sous-cutcipé^s peuvent se développer partout ailleurs qu'à la régiop cervicale antérieure» et, d'une autre part, me paraU rendre plus probable encpre que les observations précédentes , la doctrine de la transformatipn congénitale des p.isus éfectiles en kystes muUiple^. Cette tumeur avait été extirpée au creux de laisselle cbe» un eiiFaut de sept ans, Ell^ était congénitale et adhérait intimçipent à la peau daps sa partie centrale.
Cette tumeur était ipoilasse, à \^ manière d'un adi^ pome; et, ep effet, elle était eu pprtie constituée par du tissu graisseux, au milieu duquel se voyait une multitude 4e petits kystes miliaires contenMUt les ums de la sérosité pure, d'autres de la sérosné sau<;uinolepte, quelques uns du sang pur* Indépendammeni de ces kystes miliaires, la tumeur préseniai^ des kystes plus considérables, roulti* loculi^jre^, à cel ule# comiQunici^ntes, et ^ Pprifice de ces cellules des espèces de replis valvulpires très ipinces, analogues aux valvules veineuses. (Jne cellulp plus CoutU dérable que les autres pré&eptait sur ses parpis des faisceatix réticulés à I4 minière 4es çolpnpes cbandues (]ps oreillettes du cœur.
lité de ▼olume, et quelquefois ce volume est consid^able. Dans un cas obienré dans le service de M. Nélaloo sur un eofanc nouvean-oa, la lu* meur, située ik la partie latérale droite i^ cou, s'élandaii de t'apophiaa roamoîde à la clavicule et avait le volume de la télé d*ua enfaot. Une poiictiuii fiplorairic** donna issue à 700 çrammea de liquide et la tumeur s*atfiiiii'»a conip élément. OiiKeninil Cfpetidantdi^ua outrui^ petits kystes quicouieuaieut eocur«du liquidtt.
TRUIlftMt €LAflSB. DES MATAMOBniQBES. 690
Ma première idée, en voyant cette tumeur, Fut que nous avions aflaire à une tumeur kysteuse consécutive i une tumeur érectile. Ce fut aussi Topinion de M. Broca. Celte transformation kysteuse des tumeurs sangqines , est un modedegiiérisoa (|ui s'associe souvent à la transformation fibreuse: elle est quelquefois spontanée, d'autres fois la conséquenee d^une violence eitérieure : et lart peut lobiepir par plusieurs moyens, par le séton , le cautère : il serait encore possible de l'obtenir par une espèce de broiement , de froissement.
La présence de la graisse autour des kystes est^elle une preuve que la tumeur a été primitivement graisseuse? Je ne le pense pas. La graisse s'est développée consécotive* ment à latrophiede la tumeur; là, comme ailleurs, la graisse est destinée à remplir les vides. Ce lipome avec kystes doit donc être considéré comme une transformation du tissu érectile.
Mjntn maculMfmf$rméi mux dépens dm waùttmtx tywifhaiifu$$,
Y a-t-il des kystes formés aux dépens des vaisseaux lymphatiques ?
Nous avons déjà vu qne c'était dans les vaisseaux lym* phatiques que Bidioo et Vallisnieri plaçaient le siège des hydatides placentaires, mais que cette opinion n'était qu'une vue de l'esprit, puisqu'on n'a pas encore pu démontrer la présence d'un seul vaisseau lymphatique dans le placenta.
VVarthoo rapportait d'une manière générale la formation des hydatides (kystes séreux) à la dilatation de la portion des vaisseaux lymphatiques intermédiaire à deux paires de valvules dont ladhésion aurait oblitéré le vaisseau ; et Morgagni (1)« qui expose, d'après Bonet, cette
(f) 38* lettre, «• SI.— BoimI, tehol. ad S ^ohs. X, et J s, oH XXI.
opinion de Warthon , sans nier la probabilité de cette explication ingénieuse, iait observer queRuysch lavait réfutée par cette simple considératimi anatomique, quon rencontrait quelquefois un grand nombre d'hydatides dans le placenta et dans d autres parties dans lesquelles on ne trouve aucun conduit de la lymphe, et que c'est pour cette raison que Ruysch avait admis que les hydatides placentaires étaieut les «xfr^/iiiVes des vaisseaux sanguins t/ui ont changé de nature et qui ont dégénéré en une struciure vicieuse.
Toutefois la question de la part que peuvent prendre les vaisseaux lymphatiques à la production d'un certain nombre de kystes séreux ne me parait pas décidée d'une manière définitive , et je pense que de nouvelles recherches doivent être foiies dans cette direction.
Ainsi la lymphangite puerpérale aiguë ou chronique (1) ma montré dans les couches superficielles de l'utérus de vastes dilatations circonscrites, tantôt remplies de pus, tantôt remplies de sérosité trouble, et dans la forme chronique ces mêmes dilatations ampullaires rem* plies d'une matière compacte, ayant l'apparence du mastic de vitrier. 11 ne manquerait là, pour constituer des kystes, que la circonscription de l'ampoule par une inflammation adhésive. Ces recherches doivent porter non-seulement sur les troues lymphatiques, mais encore sur le réseau capillaire; et il ne serait pas impossible que certaines tumeurs cutanées multiloculaires ou uniloculaires, reconnussent pour cause risolcnient et la dilatation d'une partie circonscrite du réseau capillaire lymphatique.
Kystes formés aux dépens des ganglions lymphatiques. Il ne serait pas impossible que les abcès tuberculeux , que les concrétions tuberculeuses des ganglions lymphati* ques eussent primitiveiueni leur siège dans les vaisseaux lymphatiques qui les pénètrent de toutes parts, (i) AnaUmiê péiholotfiipu^ avec pUnobet , XlU* lÎTr.
TRKI^IÈMK CLASSB. DK5 MIlTAMORPHOSES. 501
Cela posé sur les kystes préexistants ou formés aux dépeos des cavités naturelles, je vais in*occuper des kystes non préexistants ou formés de toutes pièces,
II* GENRE
Kystes romés de toutes pièces et préexistants à la matière qu*ils coQUenneni.
Bien que le plus grand nombre des kystes puisse être rapporté au développement d'une cavité close préexistanie, cependant on ne saurait limiter la puissance trans* formatrice de lorgaoisme, au point d affirmer que toute cavité close accidentelle reconnaît nécessairement pour point de départ uue cavité close naturelle.
Les faits établissent, au contraire, qu'il n'est pas un point dans Téconomie où il ne puisse se produire des kystes» parce que partout il existe du tissu cellulaire , et ces kystes sont ordinairement séreux.
On peut diviser les kystes formés de toutes pièces aux dépens du tissu cellulaire , lesquels kystes sont préexistants au liquide qu'ils contiennent , en deux espèces : i* kystes hygromateux accidentels^ qui sont la conséquence du frottement ; 2* kystes séreux , lesquels se développent spontanément, sans cause ronnue, dans l'épaisseur des organes.
I** ESPicK. Kystes hygromateux accidenieli ( synoviaux et séreux).
Partout où existent des parties qui frottent accidentel*lement l'une contre l'autre , il s'organise des kystes, soit séreux, soit synoviaux, analogues à ceux qui existent entre les surfaces frottantes de l'économie : des kystes synoviaux . quand les frottements sont très rudes, ce qui arrive quand Tune des surfaces frottantes est un os ou un teadon; des kystes séreux, quand les frottements sont doux.
502 ANATOHIB PATROLOGIQUB GÉNÉSALB.
L*affinité entre le tissu cellulaire et les membranes séreuses est un des faits les mieux constates de i anatomie de texture. L anatomie physiolo^qne, aussi bien que l'anatomie pathologique, démontre, en eFFet, la transFor* raaiion du tissu cellulaire en kystes, suivant les besoins de l'économie. Ainsi , lorsque les grandes cornes de los hyoïde ne sont pafi soudées au éorps de Tos, c'est un kyste synovial qui est interposé aux deux surfaces frottantes. ïx)rsque le point d'ossification de l'acromion ne se soude pas à Tépine de Tomoplaté, il se produit encore là une synovia'e. Le sralpe! des anatomîsies modernes découvre chaque jour des bourbes séreuses et syrtovîales nouvelles, en étudiant avec plus de soin qu^on ne Favaitfatt avant eux les régions où s'opèrent des frottements ; de même , lorsque accidentellement il se produit des frottements, il s*organise une poche de glissement. Ainsi , Brodie a vu une cavité séreuse entre une gibbosité et la peati. Tai trouvé, en disséquant des colonnes vertébrales (féviées, un grand nombre de bourses synoviales parfaitement constituées entre les surfaces frottantes des côtes aplaties et déformées.
C'est par la même toi que dans lés luxations non réduitei un kyste fibro-synovial sorganise autour des surfaces frottantes : la même chose se voit autour des bouts des fragments dans les fractures nou consolidées qui se terminent par fausse articulation.
On ne saurait méconnaître ici dans le frottement, dans la compression, la eaose d'un travail morbidcrde neataurattoii, oii plutôt d'on mode d'irritation , qne dans mon pfémiéf ouvrage j'avaiâ proposé d'appeler àritaikm de transformation (1).
(0 B%mi suri*anùt. pnthol.^U I, p. 3«7. « Outre Fet îrriiatimif triilrl-
• tfi»0f, téerétoirett hémorrh^gi4iiiiB$^ infiiimmmtoiret^ il m em «ne ^m n*a
• pas encore été nommipe: c'e^i Vinitatinn de transformation^ trricaiion ■ puissante qui préjiile à toutes les productions et t> ao^formatioos dont m j'ai entrepris l'histoire, ■
TBMffeMB CLASSE. DÉS MÉTABiORPH08£8. SOS
Voici quelques exemples de kystes par pression que j*ai cru devoir considérer comme des kystes synoviaux.
Ainsi j'ai vu un kyste syliovial gros éomme un oeuf de poule sur le cou-de-pied d'une paysanne du Limousin. Ce kyste reconnaissait évidetnment pour cause la pression de la bride du sabot : ce kyste, développé au rtiilieu du tissu celluloso-fibreux de cette réjpon, put être extirpé sans accidents consécutifs.
Autre exemple. J'ai vu clies une femme de la campagne, égëe de vingt*sept ans, un kyste mollasse, flasque, oblong, de la Forme et du volume d'un demi-ceuf de poule, occupant la face dorsale du poignet : ce kyste s*éievait à 6 ou 5 millinièlres au-dessus de i articulation rudio-carpienne, descendait ]usqu*au niveau de lu partie moyenne du métacarpe, et se terminait brusquement par un bord presqtie droit, je dis presque droit, parce que le kyste envoyait un petit prolongeuient au niveau de chaque tendon extenseur. Ce kyste était sous-cutané.
Dans un autre cas , le kyste , qui paraissait souscutané au niveau du carpe et du métacarpe, envoyait un prolongement cylindroîde sous le ligament dorsal du carpe et le long des tendons des muscles extenseurs des doigts.
Encore un exemple. Xai été consulté par une femme figée de soixante lins, pour des tumeurs qu'elle portait au côté intefnedela région tarsiennedu pied. Ces tumeurs, an nombre de trois , étaient placées horizontalement sur la même Hgne. On eût dit, au premier aliord , qu elles étaient sous épidermtqoes, tant était grande leur transparence ; mais évidemment elles étaient sous-cutanëes , et la transparence était le résultat de Tamincissement extrême dé la peau. Ces trois kystes , que j'ai consiilérés comme synoviaux, étaient indépendants : l'un d'eux envoyait un prolongement jusque sous la plante du pied, au niveau de la concavité du calcanéum. Ces kystes étaient bien évî-
iA6 AllâTOMtB l^ATBOLOGIQUB GÉMÉBâLB,
foite sur de nouveaux frais. Il faut les différencier nonseulement des kystes hydatiques* mais encore des kystes séreux qui succèdent à un épanchement, à une destruction de tissu. Nous verrons plus bas , à iViccasion des kystes hématiques, que ces kystes se transfor-tnent souvent eu kystes séreux, à la suite de l'absorption du sang épanché. Il est vrai que les kystes héniatiques présentent presque toujours des traces de leur origine, soit par une colorati6d particulière des parois, soit par des débris de caillots sanguins.
Il est dei» accumuiattona de sérosité qUi sont destinées ft remplir des vides, des interstices, et qui ne sont pas ciréonfc^crites par une membrane continue. G*est h ces collections séreuses <|ue doivent s*appliquer les considérations pleines d'intérêt de M. Velpeau, sur les cavités closes sans |farofS (i).
Lé fait représenté pî. 1, fig. 2 , XVII* livr., que jVi mentionné à l'article Atrophies, peut être considéré oomoM nn type diJ genre.
Chez une enfant idiote, Agée de quinse mois, tontes lés circohvolutions antérieures des deux hémisphères cérébraux étaient transformées en autant de kystes è parois excessivement minces, transparentes^ contenant une sérosité limpide : on eût dit d'autant de kystes séreus ou by* datiques. 7'ous ces kystes communiquaient entre eux , si bieti que l'otiTerture de Ton des kystes de draque béraisphèrtf fut suivie de Tévacuatiofi de la totalité du liquide : les parois des kystes , affaissées et plissées sur ellesmêmes, représentaient assez bien Taspect d^une dentelle; la sérosité paraissait n'avoir d'autre destination que celle de remplir les vides. Et ee cas doit être rapproché de cet antre cas (représenté >• livr., pi. h) d'idiotie par atrophie de ta pres(|ue totalité de Thémisph^re droit avec tratisfor-
(i) /hcherches anatmnitfuês ^ physioiityifttef et pûtholo^i^ues eut frt cavités etotês natûriUeê oii iÊecié§nt0êiê»i P«rif ^ tS43 «t iS^Ô.
TREIZIÈME GtASSfi, DES IliTAMOaPHOSBS. S07
mation de cet hémisphère en cellulosité, dans leA mailles de laquelle était déposée une grande (|uantité de sérosité.
Ce c|u'il y a de certain , c est que les kystes séreux peuvent se développer pariaut, dans tous les organes» dans tous les tissus; qu'il y a des diatlièses kysteases générales, comme il y a des diathèses kysteuses limitées à un seul organe : c est surtout clies les animaux rumi* nants (mouton, veau, bœuf), qui paissent dans des pAtu* rages humides, (|ue Ton rencontre ces dirailièaes kysteuses. Ainsi t jHi vu chez le même mouton des kystes séreux innombrables dans les poumons, le foie, les reins et même dans répaisseur du cœur. Ce n'était pas des kystes acépbalocystes solitaires , sorte de diathèse plus commune encore que la diathèse kysto-séreuse; c'étaient des kystes séreux à parois très minces « contenant un liquide très limpide.
Un fait bien remarquable, c est laffinité qui existe entre les kystes séreux, les kystes acéphalocystes et les iubercules cbee les animaux ruminants.
Les kystes séreux, avec lesquels on confondait jusque daus ces derniers temps les kystes hydatiques, oat beaucoup occupé les anciens , sous le point de vue de leurs connexions avec Thydropisie des cavités séreoses ; bydro* pisie qu'ils considéraient comme le résultat fréquent de la rupture de ces kystes , et (>ar conséquent comme le résultat de Tépanchement de la sérosité qu'ils contenaient dans les cavités splanchniques. Coïter, Morgagni et Valsalvd , tout en admettant d'autres causes d*hydropisie, ont défendu celle-ci avec chaleur; Morgagni surtout, qui, dans vingt passages de son immortel ouvrage, revient avec uae sorte de oomplmsanoeattr cet le matière. Il admettait un rapport infînie entre les bydatides et les granulations, les cicatrices du foie, de ta rute, des reins, d'une part, et les hydropisiea des séreuses* d'une autre part. Il supposait <|ae oee granoldimM m oieitnMt étaient k tmm dèi !•
508 ANATOMIB PATHOLOGIQUE GÉnÉBALK.
rupture des hydatidesdont le liquide s'écarf épanché dans les cavités séreuses. Mais ces cicatrices , ces prétendus tubercules , ne sont autre chose que dos épais^issements fibreux, cartilagineux et osseux, qui n'attestent nullement la présence de kystes antérieurs.
Quant à la production des kystes séreux, du temps de Morgagni on n'en donnait d'autre explication que celle-ci : Si une humeur aqueuse vient h découler non^seulement des parois des conduits de la lymphe légèrement lésés, mais encore de quelque endroit que ce soit ^ et se répand entre les petites membranes environnantes^ elle les soulève et les transforme en hydatides. C'était également par l'accumulation d'un liquide dans les mailles du tissu cellulaire, liquide qui en appliquait peu h peu les parois les unes contre les autres, que Haller et Louis se rendaient compte de leur formation. Mais cette explication a été victorieusement réfutée parBichat. a Les kystes sont analogues, dit-iK sous tous » les rapports, aux membranes séreuses; comment donc m auraient-ils un mode différent d'origine que ces memy branes, lesquelles ne se forment jamais par la compres- » sion du tissu cellulaire? »
Assurément, dans les kystes séreux, ainsi que je t'ai déjà dit, le kyste préexiste au liquide contenu. C'est, au contraire, le contenu qui préexiste au contenant dans les kystes adventifs ou consécutifs dont il me reste à feire l'histoire (1).
( I ) Comme type de kjtcea téreux dont le point de départ ne Murait être rapporté à une cavité close préeiistanie, je citerai seulement le fait suivant que j*ai observé sur un cadavre de femme. Cétait un kjsie séreux soos-périlonéal qui occupait la région lombaire et la rég^ion iliaque gauche, et qui, pendant la vie, m'en aurait certainement imposé pour un kyste de l'ovaire. Ce kyste, qui était flasque, avait le volume de Tutérua dans une grossesse à terme. Son aie était oblique de haut en bas et de gauche à droite. Il appartenait bien évidemment au tissu sous-péritonéal du côté gauche plutôt qu*k celui du côté droit. Du reste, ce kyste ëuit eompMteacot ëtriogn* ans organet génitau; ewr les d«m ovaires , les
THEIZIÊME CLASSE. DES MBTAMOAPHOSES. 509
DEUXIÈME ORDRE
KjslM BOB pr<€XtottiBU (kjstcs tonutuatê oa ««TCBaft).
Les kystes dont je viens de tracer Thistoire sont p-iVni- /^, c est àdire préexistants à la tnattère qu'ils contiennent. Us constituent le premier ordre des productions et metamorphoses enkystées que j'ai divisées en deux genres : 1® en kystes formés par le développement d'une cavité normale (premier genre) ; 2^ en kystes formés de toutes pièces , mais toujours préexistants à la matière qu'ils contiennent (deuxième genre).
Dans le deuxième ordre qui me reste à décrire, les kystes sont consécutifs ou ndveniifsj cest*à«dire qu'ils se sont développés autour d'un corps étranger existant préalablement dans l'économie; dans cette catégorie , c'est donc le contenu, et non le contenant, qui est préexistant.
Tout corps étranger, liquide ou solide, vivant ou non vivant, formé au dedans de nous ou venu du dehors, tend à être éliminé. S'il est irritant par ses propriétés physiques ou chimiques, il enflamme tout ce qu'il touche et est expulsé au milieu du pus; s'il n'est pas irritant, il s'organise autour de lui une membrane ou kyste adhérent par sa iace externe, libre et lisse par sa face interne ; kyste d'isolement qui fournit dans un grand nombre de cas un liquide propre à entnmer, à li(|uéfier, à dissoudre plusieurs de ces corps et à en favoriser ainsi l'absorption. I /existence de ces kystes est donc postérieure à celle du corps étran*
f)eui trompet, Tutérus, étaient parfaiiement sains, et occupaient le petit liaitin dam lequel le kyste ne s'engageait nullement; les deux reins et leurs uretères étaient également sains. Le côlon descendant et le côlon iliaque étaient accolés à la tameur, qui s'était, en qael(|ue sorte , approprié leur repli périlooeal ou métorôlon. La kyste, dont les parois étaient libfoaétatMei^ éiait rempli d« térotiié limpide.
510 ANAtOMIC PATHOLOGIQUE GÉWtlIAtt.
ger : ce sont des kystes d'isolement, des kystes ad veniîFs (1). Le sang épanché, le pus, la matière tuberculeuse, des grains de plomb, des balles, des entozoaires(cysticerques, acépbalocystes ) , des productions organiques , les corps fibreux, le cancer^ le fœtus dans les grossesses extrautérines ou dans la monstruosité double par inclusion. De là sept espèces de kystes adventifs:
!'• espèce : Kystes hématiques.
2* espèce : Kystes purulents^ tuberculeux.
%• espèce : Kystes 4^eloppés autour des masses cancéreuses et des corps fibreux.
4* espèce : Kystes formés autour des corps étrangers venus du dehors.
5* espèce : Kystes des entozoaires,
6* espèce : Kystes formés autour du fœtus.
7* espèce : Kystes pileux de l'ovaire.
i'* ESP&CB. Kystes hëroatiqnes.
Lorsque du sang épanché hors des voies de la circulation, par une cause traumatique ou non trauroattqtie, est ramassé en foyer; si, d^une part, il n^est pas complètement résorbé, et, d'une autre part, si , par sa présence, il ne provoque pas une inflatnmation élitninatrice, il arrive souvent qu'il est isolé , incarcéré par une poche qui se produit tout autour de lui. Or celte poche d'isolement, qui n'est autre chose, dans le principe, qu'une fausse membrane, ne tarde pas à s'organiser; et voici ce qui se passe:
Le caillot solide constitué par le snng dépouillé de toute sérosité est peu à peu entamé, enlevé par l'absorption, soit immédiatement» soit après dilution dans une
(t) J*ai dëj^dit que la sérosité épancfaëe dans le tissu cet I il laire ne |inttviit jamais devenir le point de déparc d'nn kjsie.La perméaliUiié dy dssv otllulaire et le caractère looffriisif de la sérosité s opposent k Penkysienieol,
TSBIilkMV CLAiW. DES MtTAMOftPHOSBS. 511
quantité plus ou moins considérable de sérosité dont la sécrétion a été provoquée par sa présence. Or, il peut arriver deux choses : ou bien le kyste se réduit au Fur et à mesui-e que le saog est résorbé, et finit par disparaître par Fadhérenoe de ses parois; ou bien le kyste survit à 1 epancbemeot, persiste même toute la vie sous la ferme d'une pocbesans ouverture, dont les paroifl,.oomme tatouées par la matière colorante du sang, conservent d*une manière iodélébile le cachet de leur origine.
Or l^s kystes hématiques présentent deux variété^ bie^ distinctes. Dans la première variété, qui est la plus fré queote, la matière contenue est constituée par du sanf^ plut ou moins altéré dans sa couleur et dans sa consis^ tance. Dans quelques cas , le sang a été trouvé concret , très concret, comme sHI avait été soumis à la dessiccation, d une couleur noir de jais , et adhérent au kyste. Dans la deuxième variété, la matière contenue est en totalité ou en partie constituée par de la sérosité limpide , laquelle i remplacé le sang au fur et à mesure qu'il a été résorbé. Les kystes compris dans cette dernière variété méritent le nom de kystes hématiques séreux. C est elle surtout qui luérite de fixer notre attention. Les kystes hématiques peuveot«ils se transfermer en tystes séreux purs^ sans tucune trace d'épanchement de sang , de telle façon qu'il devient impossible de déterminer leur véritable origine? Je pense que cela n'est pas absolument impossible ; mais ce qœ je puis dire, c'est que dans Timmens^ majorité des cas TorigiDe hématique du kyste se révèle d'une manièrenon équivoque.
On peut diviser les kystes hématiques : 1^ en ky$te$ iu tissu cellulaire Uh-e; 2« en kysteg des cavités séreuses et fpimales; 3o en kystes formés au sein des organes; h^ pour compléter le tableau, je dirai quelques roots des fyste$ Umati<fuesdu cancer encéphaloïde.
4f« flOtJMsrlGi. Kystes bématiqoet da lisni ceUoUire libre.
Les kystes hématiques du tissu cellulaire libre ( et je m'occuperai surtout des kystes hëmaiiques séreux ) ont pour caractère une grande flaccidité, si bien que leur cavité n'étant nullement distendue par le liquide contenu, la fluctuation peut échapper à un examen peu attentif. Joignez à cela que le kyste est rarement spbéroîdal, mais presque toujours oblong. I^ première fois que j ai observé un kyste héma tique, c'est à la région antérieure et externe de la jambe. Ce kyste était survenu à la suite d'une forte contusion éprouvée deux mois auparavant. Il était obloug, très flasque, et présentait plutôt du tremblotement qu'une fluctuation proprement dite : la près* sion exercée de haut en bas ou de bas en haut refoulait le liquide dans lun ou l'autre sens ; et ce n'était qu'après ce refoulement qu'on pouvait produire la fluctuation dans la partie de la poche où le liquide était accumulé. J'espé* rais que la résorption du liquide se ferait à l'aide de la compression secondée par l'usage des laxatifs ; et , en effet, sous l'influence de ces moyens, il y eut notable diminution dans la quantité du liquide. Mais la malade ayant été obligée de partir pour les colonies , j'ignore si ladbésion des parois s'est définitivement établie.
Le kyste hématique le plus considérable que j'aie vu occupait la région latérale gauche et inférieure de la poitrine chez une femme d'un gros embonpoint; il était survenu à la suite d'une chute violente sur l'angle d'un degré d'escalier, faite trois mois auparavant. La tumeur, molle , flasque , assez nettement circonscrite , malgré l'embonpoint de la malade , avait 10 pouces dans son diamètre transverse, sur 6 dans son diamètre vertical. Au premier abord , on aurait dit d'un adipome moa \ mais un examen plus attentif me fit reconnaître un kyste
sëreux flasque, dont le liquide pouvait être refoulé en masse dans divers sens. Le flot du liquide que Ton percevait SOUS la forme d'un tremblotement ne permettait aucun doute à cet égard. Joignez-y une fluctuation très manifeste, lorsque ce liquide avait été refoulé en entier dans une partie de la poche.
Je n ai pas eu Toccasion de faire Tanatomie pathologique des kystes de ce genre» mais les caractères du liquide contenu ont été parfieûtement exposés dans un mémoire présenté à l'Académie de médecine par M. Mo* rel-La vallée, sous le titre d'c^ncAeme?i<i traumatîques de sérosité{i). Et c est bien des kystes hématiques séreux du tissu cellulaire sous-cutané qu'il s'agit dans son travail , car il décrit à merveille la réplétion incomplète de la poche qui^l^e et qui tremble pendant les mouvements de la partie sur laquelle elle repose , qui ondule même mani' festement sous le souffle de tobservateur (rien de plus exact), et le déplacement du liquide qu'on fait refluer d'une partie de la poche à l'autre , comme dans une vessie à moitié pleine.
Voici les caractères du liquide contenu dans les kystes hématiques séreux : Ordinairement d'une limpidité par* faite, d'une couleur tantôt légèrement citronnée , tantôt légèrement rosée, quelquefois noire à la manière du sang veineux, ce liquide jaillit par la canule du trocart, Gonune la sérosité de l'hydrocèle. Il laisse déposer par le repos une matière rouge brunâtre, floconneuse, constituée par des globules de sang presque blancs et par la matière colorante.
Les caractères des parois des kystes n'ont pas été aussi bien étudiés. Dans les cas où M. Morel*Lavallée a mis à nu ces parois par une incision cruciale, elles étaient le siège d'une inflammation suppurative; mais bien évidem-
(i) BuU^im d€ VAcailtmit de mMeeine, t, XVIII, p. S56.
5 là AITAtOMIK PAtHOLOGiQtJB aÉRÉRAtG.
ment ces parois ne sont autre chose qu'une tnembrïine séreuse de nouvelle formation qui a eu pour principe une fausse membrane ; et cette membrane séreuse est si bien organisée, qu elle persisterait toute la vie si Tart nmtervenait pour y produire rinflammation adbésive.
Ces considérations ne s'appliquent qu*è la deuxième variétédes kystes hématiques, à savoir, aux kystes séreux. Dans la première variété du kyste he-matique , le sang enkysté subit diverses altérations qui pourraient induire en erreur, et sur le point tle départ, et sur la nature du kyste. Ainsi, on a pris un kyste hématique du cuir chevelu pour un mélicéris ; et même quelques auteurs ont cru devoir rapporter à du sang épanché dans le lissu cellulaire l'origine d un certain nombre de kystes sébacés du cuir chevelu : d autres fois, on a pris des kystes hématiques pour des encéphaloïdes.
> sois-iiPiCB. Kyttet hématiqaei dei meffibnnct iérauei.
Les kystes hématiques des membranes séreuses sont taniôl la conséquence d'une hémorrhagie traumatique , laniôi la conséquence d'une inflammation pseudo-membraneuse ' hémorrhagique.
1° Siyttes hématiquts de Vataehnmde panéUde.
Les kystes hématiques de l'arachnoïde , qu'on poumi aussi appeler kysLes de la dure-mère , se présentent sous l'aspect d'une tumeur aplatie occupant la lace iotene de la dure- mère, à laquelle elle adhère intimemem, tumeur aplatie , libre d'adhéience et lisse du côté de larachnoïde cérébrale » laquelle est également libre et lisse, dans l'état le plus naturel, et par conséquent tout à fait étrangère à la production de ces kystes.
Ces tumeurs , que j'ai toujours rencontrées au niveau de la voûte crânienne, le long de la lalix dli eerveiB,
TBBIZIÈIfB CLAME. 1>ES MAtaMORP^OSES. $iS
jamais da o6té de la bMe, sont conatamtneot oblônguês d'avant en arrière et d^une forme plus ou moins irrégûiière; elles dépriment considërabiement le cerveau, qui se BKmie en quelque sorte sur elles : et, en otttré, qiHind elles ont une grande épaisseur, elles soulè^^eni-mattifestemeac les os du crâne dans k région correspondante. J m piiitfMirs fois trouvé k surface interne des oé du crftne rugueuse, comme chagrinée à leur niveau ; et cette dispo^ sition était du^ non A Tusure de ces os , mais bien à une couche osseuse de nouvelle formation , irrégulîère et comme réticulée.
Les parois de ces kystes sont très épaisses , asses son* vent crétacées , ossilbrmes en totalité ou en partie : leur cavité fi>rt irrégulière, queiqiiefbis iilcomplétemeiH dot^ soooée, est remplie et de sérosité, et de fibrine adhérentfs et très cohérente, souvent colorée en jaune-serin : ti cette fibrine est tantôt disposée en couches concentriques, comme dans les poches anévrysmaies anciennes y tantôt fermée des masses amorphes.
Ce sont véritablement des kystes hématiques que ces tnmeors kysteuses aplaties adhérentes à k face interne lie la dureflière , et il serait bien difficile de déterml-^ aer et leur aîége et letir mode de formation , si Ton Qa?ait pu les observer qu'i leur maximum de dévelop*pement.
Siéjt etmùde de fortnation de ces fystes* On dirait, au premier abord, que ces kystes sont dévelop[>és soit dans l'épaisseur de k dure-mère entre les deux lames fibreuses que I anatomîe normale y démontre, ou bien encore entt« la dare-mère et le feuillet arachnoïdien qui la revêt en loi idhéraot intimement; mais il résulte d'un grand nombre <le faits présentés à la Société anatomique , et dont Fen- <^loenieBt a été parfaitement exposé par M. Baillarger, ^t ces kystes hématiques de la dure-mère reconnaissent pour cause iin épanchement de sang dans k cavité de
5iA ANATOMIK PAtHOLOGiQtfB aÉRÉRALC.
ment ce» parois ne sont autre chose qu'une membrtae «éreuse de nouvelle formation qui a eu pour principe une fausse membrane ; et cette membrane séreuse est si bteu organisée, qu elle perstsierait toute la vie si Tart n intervenait pour y produire Tinflammation adhésive.
Ces considérations ne s appliquent qu'à k deuxième variété des kystes héma tiques, à savoir, aux kystes séreux. Dans la première variété du kyste hematique , le sang enkysté subit diverses altérations qui po«tï^raient induire en erreur, et sur le point <!e départ, et sur la nature du kyste. Ainsi, on a pris un kyste bématique du cuir chevelu pour un mélicéris ; et même quelques auteurs ont cru devoir rapporter à du sang épanché dans le tissu cellulaire Torigine d'un certain nombre de kystes sébacés du cuir chevelu : d'autres fois, on a pris des kystes hématiques pour des encéphaloïdes.
Si BOUS-ifrkcB. Kyttet hématiqnei des inefflbnnct léreuiet.
Les kystes hématiques des membranes séreuses sont tantôt la conséquence d'une hémorrhagie traumatique , tantôt la conséquence d'une inflammation pseudo-membraneuse hémorrhagique.
i" Êixttes hématiques de VataekntHde pariëtéât.
Les kystes hématiques de 1 arachnoïde, quod pourrait aussi appeler kysies de la dure-mère , se présentent sous l'aspect d'une tumeur aplatie occupant la fece interne de la dure- mère, à laquelle elle adhère intimement, tumeur aplatie , libre d'adhérence et lisse du o6té de ratachnoîcle cérébrale , laquelle est également libre et lisse, dans l'état le plus naturel » et par conséquent tout à fait étrangère à la production de ces kystes.
Ces tumeurs , que j'ai toujours rencontrées au niveau de la voûte crânienne, le long de la fotix dli terveau.
TBBIZIÈMB CLASSE. 1>ES MAtaMORPAOSAS. ^iS
jamais da o6té de la bMe, sont constamtfient obiôngues d avant en arrière et d^une forme plus ou moins it^régûlière; elles dépriment considérablement le cerveau, qu( se BOttie en quelque sorte sur elles : et, en outre « qttdnd elles ont une grande épaisseur, eDes-soulè^eiH-lnaulfestement les os du crâne dans k région correspondante. J'ai piittieors fois trouvé k surface interne des oé du crftne nigueuse, comme cbagritiée à leur niveau ; et cette dispo^ sition était due non à l'usure de ces os , mais bien à une coache ossetise de nouvelle formation, irrégulîère et eomoie réticulée.
Les parois de ces kystes sont très épais&es , asiSez sott^ Têot crétacées , ossifbrmes en totalité ou en partie : leur csYtié fi>rt irrégniière, queiqiiefbis iucompléteuiem doi^ soooée, est remplie et de sérosité, et de fibrine adhérente H très cohérente, souvent colorée en jaune-serin : et cette fibrtoe est tantôt disposée en couches concentriques, comme dans les podies anévrysoftaies anciennes , tantôt ibraiée des niasses amorphes.
Ce sont véritablement des kystes hématiques que ces tamears kysteuses aplaties adhérentes à le face interne it la dure^oière , et il serait bien difficile de déterml* oer et leur aiége et letir mode de formation , si Ton Ba?ait pu les observer qu'à leur maximum de dévelop» pement.
Sléj€ €imôde de formation de ces kystes^ On dirait, eu premier «bord, que ces kystes sont développés soit dans l'épaisseur de la dure-mère entre les deux lames fibreuses <|ae laiiatomie normale y démontre, ou bien encore entl« la durenuère et le feuillet arecfanoïdien qui la revêt en loi adhérant intimement; mats il résulte d'un grand nombre de Êiits présentés à la Société anatomique , et dont len* dwlnement a été parfiiitement exposé par M. Baillarger, <ine ces kystes hématiques de la dure-mère reconnaissent pour cause tin épaachement de sang dans la cavité de
516 ANATQMIE PATHOLOGIQUB GÉmAHALE.
larachnoïde , uue apoplexie tnéniogée ainchooidienne dont le sang s est enkysté.
Mais une question restait encore à résoudre. Quelle est la source de cette hémorrbagie ? Ma position de médedn à la Salpétrière pendant plusieurs années m'a permis de démontrer que ces héinorrhagies arachooïdiennes avaient pour point de départ une phlegtnasie pseudo-membnaiem hémorrhagique de f arachnoïde pariétale (i), et voici ce qui se passe : £n vertu d*une cause difficile à déterminer, il se produit une pseudo*membrane adhérente à la face profonde de la dure-mère, et par conséquent au feuillet panâai de larachnoïde , fausse membrane qu*on ne rencontre jamais sur le feuillet viscéral arachnoïdien correspondant: cette fausse membrane tantôt lest maculée de sang, tantôt contient de petits foyers sanguins dans son épaisseur. Quelquefois elle se lacère pour verser dans la cavité arachnoïdienne une quantité plus ou moins considérable de sang. C'est à cette fausse membrane , source de Thémorrhagie, qu*est dû Tenkystement du sang, et cet enkystement se fait aux dépens de la fausse membrane qui s'organise sans contracter d'adhérences avec le feuillet viscéral de l'arachnoïde, tandis que le sang subit toutes les altérations qu'il présente dans les cavités closes. Il suit de là que les kystes faématiques de la face interne de la dure--mère ont pour paroi externe trois couches de parties qui sont, en procédant du dehors en dedans: l*b dure -mère; 2" l'arachnoïde pariétale; Z^ une coudie pseudo - membraneuse organisée avec concrétions sanguines adhérentes, et pour paroi interne une seule couche, une pseudo-membrane organisée, libre et lisse, par celle de ses surfaces qui correspond à l'arachnoïde viscérale, et
(i) Uo grand nombre de faits m'ont démontré que toutes les i branes séreuses sont sujettes k un mode d'inflammation qu'on pcot appeler phtegmasie pseudo^membranmite hémorrhe^iiue^
TBEIZIÈMB CLASSE. DBS MÉTAMORPHOSES. 517
tapissée du côté du foyer par des concrétions sanguines plus ou moins adhérentes.
Gomme types des kystes hématiques de la dure-mère, je citerai les deux iaits suivants» dont le premier a été présenté à la Société anatomique en septembre 1851, et le deuxième en janvier 1852.
Premier faiL Chez un individu mort à Tàge de vingttrois ans, avec toutes ses iacultés intellectuelles, à bosses pariétales énormément saillantes, à suture sagittale très déprimée (1), nous avons observé Taltération suivante :
lia portion de dure-mère qui recouvre la convexité de rhémîsphère droit du cerveau présentait à sa fece profonde une tnmeur aplatie qui occupait tout le diamètre antéro-postérieur de cette convexité. CTétait un kyste à parois crétacées ou ossiformes, rempli par du sang altéré et une matière pultacée d apparence tuberculeuse, au miliea de laquelle existait une matière crétacée parfaitement indépendante de celle des parois.
Il existait sur la convexité de lliémisphère correspondant du cerveau une dépression en rapport avec la proéminence du kyste.
En outre, on voyait à la face interne de la portion de dure-mère qui revêt la convexité de Thémisphère gauche , une membrane très résistante , d'un aspect fibreux , qui lui était intimement unie , libre d'adhérence du côté de Varachnoïde viscérale, et qui contenait dans son épaisseur une couche mince de sang altéré.
Deuxième fait^ présenté par M. Bauchet. Sur un cadavre, augmentation notable du volume de la moitié gauche de la voûte crânienne ( à savoir du demi-frontal gauche et du pariétal du même côté); surface interne correspondante de ces os tapissée par un réseau osseux
(i) CcMnne conmémontift, je dirai que cetindivida faisait mnonter la dUpotilion de ton crâne à la première enfance, à l'Age de deax ans et demi, k U suiu d'one maladie.
518 AEIAT6IIMI PATHOLOOIQBK GÉilÉBAI^
disposé en couche mince , irrégulière et rugueuse ; en outre , déviation de la suture bîpariétale. En enlevant la dorennère qui recouvre la convexité de Thémisphère gauche, on voit à sa face interne une turaenr extrémemeoi dure , large , aplatie , oblongoe d^Blvant en arrière, longeant la faux du cerveau, occupant les S^/S*^ moyens éxM diamètre antéro - [lostérieur de la convexité- du cerveau; tumeur très proéminente à la Imso prefonde de la dnre*mère , nullement proémmence du eèté de la face externe. Le cerveau présente une dépuession considérable au niveau de la tumeur. J'ai tout ée suite reconnu un kyste bémetiifue à parois ostéo-fibreuses ; et, en effet, c'était un kyste à parois très nigoeuses, contenant de la sérosité jaune-serin et tapissé par une matière fibrineuse très adhérente et très cohérente, disposée partie en coqdies œncentriques-, partie en couokes amsrphes. Les parois dn kyste étaient constituées par du tissu fibreux dans 1 épaisseur duquel sétaient déveluppées des ooacrétiona-oaseuses oii^ oasilbrmes (i).
a* Kystes hématùiuet de ta plèvre^ du péricÊié», tlm périt^m,
Oii les observe à la. suite d'une plaie pénétrante dans la {IK>itrine, dans L abdomen, : on pourrait également les ol^server i^ Isi suite d'une hydro-phlegm^sif^ béqaarrbagique de U plèvre, du péritoine et du péricarde ; mais je ne sache pa^ qu'un c^ystement du s^ng ait été observé
d^I^CCLC^S.
Cqmmetype de kyste hémi^tiquepéritonéal par cause traumatique , je citerai le cas de ce garde du corps dont j'ai déjà dit qudques mots à Tocca^on des plaies par instrument piquant (voy. t. I, p. 67). Ce malheureux, qui avait reçu en duel un coup d'épée dans l'épigastre
(i) Chose singulière ! Ili^inisptràre gaache (o6té comprime )da cêrrean pesait ai grammesMe plus qae rbémnpkère saiM compression.
TBBMttm GLA88B. H8 MÉTAIfOtPHOWU. &i§
juêqu^è la garde , Au pnrté axHirant à sa caserne ( rue Bellecbasse).
Appelé auprès de lui comme son compatriote , je crus qu il ailail rendre le dernier soupir : cependant il résisca aux accidents primilifis qui étaient ceux d'une hémorrha* gie interne des plus intenses (décoloration de la peau , absence presque complète du pouls » état synoopal per* manant). Six semaines après, il est convalescent et peut être transporté rue Blanche, à l'infirmerie des garder du corps, dans Tétat le plus satisfaisant. Il reprenait ses forces à vue d'oeil et paraissait guéri, lorsque deux mois et demi environ après sa blesspre, se promenant dans le jardin, il est pris de défaillance , de syncope, et succombe quelques heures après : c'était à une bémorrhagie consé* Ctttive , ainsi que le démontra lautopsie. Noos trouvâmes que la source de rbémorrfaagie était au tronc cœliaque qui avait été atteint par Tinstrument piquant (1). Les traces de l'hémorrhagie primitive se voyaient dans des adhérences intestinales de couleur bleuâtre, dans des foyers sanguins en voie de résorption , interposés aux anses de Tintestin. Mais, en examinant le bassin, je trouvai une énorme poche qui remplissait tout le petit bassin et que je pris d'abord pour la vessie distendue par une grande quantité d*urine. C'était un kyste hématique contenant de la fibrine décolorée et une grande quantité de sérosité. Ce kyste s'était produit dans la cavité du péritoine, entre la vessie, qui était refoulée en avant , et le rectum. Des anses intestinales adhérentes circonscrivaient
(i) Le malade m*avail dit que Tépée de son adversaire, qui avait pénétra jusqu'à la garde, s*^uit ployëe très fortement sur elle-même, comme si elle avait butté contre un corps très résistant. Et en efFet, la cinquième ▼erlèfart lombaire correspondant aa trcmo cœliaqne présentait on trou de a à 3 millimèUes de profondeur, qui ne pouvait s'fapliquer que da cette manière.
520 ANATOMIB PATHOLOGIQUE GÉRÉBALB.
sa partie supérieure. Le kyste était formé par une pseudo^ membrane organisée.
Les kystes himatiques de la tunique vaginale ne sont autre chose que l'hydro-héroatocèle si bien décrite par M. 6osselin; hydro-hématocèle qui est tantôt tramnatique et la conséquence d'une contusion , tantôt et bien plus souvent spontanée , et la conséquence d^une hydro>phlegmasie hémorrbagîque. Dans ce dernier cas, l'épanchement sanguin se iait par le même mécanisme que dans le cas de kyste bématique de rarachnoïde, c'est-à-dire par Tintermédiaire d'une fausse membrane. Tous les kystes hématiques de la tunique vaginale présentent ce caractère, que leurs parois sont très épaisses, doublées qu'elles sont par des fausses membranes organisées, d'une densité quelquefois cartilagineuse, disposées par couches coo* centriques. Dans un cas présenté à la Société anatomique par M. Dolbeau, la fousse membrane ta[Hssait non-seule» ment la partie pariétale de la tunique vaginale, mais encore la partie viscérale ou testiculaire ; le testicule était atrophié. Il était presque impossible de séparer les unes des autres les couches pseudo - membraneuses organisées, et plus difficile encore de les séparer de la tunique vaginale*
Je parle de kyste hématique de la tunique vaginale* mais je me demande si Ton peut donner le nom de kyste à un épanchement qui occupe la totalité d'une cavité séreuse. L'enkystement ne suppose-t-il pas que la collée* tion du liquide n'occupe qu'une partie de sa cavité?
3* 80D8-nrkCB. K^tttê himatUfu» tymvtoiur.
Existe-t'il des kystes hématiques dans les synoviales ? Les synoviales, comme les séreuses, sont sujettes à des phlegmasies pseudo-membraneuses hémorrhagiques. Je ne connais pas d'exemple denkystement; mais ce que je sais.
c est que le sang coagule dans les cavîiés synoviales n'est pour rien dans la production des corps étrangers articulaires.
Hygroma hématîque. L'hygroma, ordinairement con* stilué par une accumulation de synovie , contient quelquefois du sang. Comme type, je citerai le fait suivant qui a été recueilli dans le service de M. Velpeau et présenté à la Société anatomique par M. Rombeau, interne.
Une femme» âgée de soixante et onze ans, qui passait une bonne partie de ses journées dans la génuflexion, portait au genou gaucbe une tumeur un peu plus grosse que le poing d^un adulte , dont Torigine remontait à dix ans environ. La rotule était entièrement recouverte par la tumeur, qui était indolente , incomplètement fluctuante, et divisée en deux bosselures par un sillon transversal. C'était bien évidemment un hygroma. Une ponction donne issue à une assez grande quantité de matière brunâtre couleur chocolat ; mais la tumeur ne se vide pas complètement , et Ion sent par le toucher des concrétions volumineuses. Dès le lendemain , la tumeur ayant repris son volume , M. Velpeau se décide à Textirpation, qui est faite avec le plus grand soin, en respectant par-dessus toutes choses les couches fibreuses qui entourent Tarticulation du genou. La poche enlevée nous a présenté les caractères suivants : cette poche était tapissée par une couche épaisse de caillots sanguins offrant tous les degrés de consistance que peuvent présenter les épancheroents du sang , depuis la consistance de bouillie jusqu'à des concrétions extrêmement denses et très élastiques : on y voit aussi une matière crétacée formant dans une grande portion du kyste une couche intermédiaire à la poche et aux caillots. La poche elle-même était fibreuse, comme cartilagineuse dans quelques points, et même infiltrée de matière crétacée.
ISS AMArroMIS PATHOLOGIQUB CÉHÉRALB^
Cette pOGhe4tait divisée en plusieurs loges par des brides fibreuses (1).
1* Kystes hématiques cérébraux. Ces kystes sont la conséquence soit d*une lésion traïuoatique , soit d'une héniorrbagie par cause interne, d'une apoplexie.
Un des modes de terminaison les plus remarquables des foyers sanguins traumatiques ou non traumatiques, c'est la production d'un kyste d'isolement. C'est àRiobé, mon camarade d études et nion émule , trop tôt enlevé à la sci(^ice, qu'on doit la connaissance de ce Fait d'anatomie pathologique, par rapport aux foyers sanguins du cerveau.
Il est bieq rare que ces kystes ne présentent pas dans leur couleur, qui est tantôt brun-waiTon , tantôt jauneorangé ou jaune-serin, et dans les couches qui les tapissent, des traces de leur origine héniiatique ; et c'est pour cette raison que j'ai hésité à rapporter à un foyer apoplectique, et que j'ai décrit comme kyste primitif formé de toutes pièces, un kyste séreux considérable dévebppé dans l'épaisseur du cervelet , tQ^t pr^s de sa face supérieure, que j'ai observé sur iinç jeune fi|le qui mqurutà la suite de phénomènes cérébraux avec amaurose (2).
2^ Kystes hématiques mammaires^ Un des kystes hématiq^ues les plus intéressants et peut-être le moins qtudiés, c'est le kyste hématique mammaire , qui a été pris plusieurs fois pour un encéphaloïde^ C'e^t ce qui a eu lieu dans le cas suivant :
Une femme, âgée de soixante-seize ans , portait depuis
(i) La malade a succombé à un phlegmon diffus de la cuisse. L'an- ' topsie a démontré du pus au-dessous du muscle triceps crural et daos Ii capsule aynoviale de l'articulation du genou.
{,%\ Kmè «fr /'«fiffipiHie ptoimhsi^^^t t, I, p. aS^.
TREIZIÈME CLASSE. DES HÉTAIfWMIOSBS. &2}
trois ans dans la maioeUe une tumeqr qui lui causait de# élaoceaients. Le mainelon était rentre et inv^né au de* dans de lui-même, circonstance à laquelle on avait donn^ une importance exagérée. On cri^ à une tumeur encér phaloïde et l'on en pratiqua l'extirpation. Or la tumeur qui a été présentée à la Société anatomique , et que j ai étudiée avec le plus grand soin » n'était autre chose qu'un kyste hématique contenant un liquide couleur de biHtrc;. Les paroia du kyste étaient fibreuses» sana trace aucune de substance cancéreuse. On ignore si ce kyste était la suite d'un cpup reçu sur la mamelle^ ou s'il s'était développé spontanément (i).
Mais de tous les cas de kystes mammaires que j'ai vus, le plus remarquable est le suivant, qui m'a été présenté » à mon dernier voyage à Limoges (septembre 185 A), par M. Bouland , mon ancien interne, aujourd'hui médecin distingué de cette ville, Voici les commémoratifs, qui sont pleins d 'intérêt :
La mamelle avait le volume de la tète d'un enfant nouveau-né ; elle était fluçHiante 4ans toute son étendue.
La malade qui portait cette tumeur était âgée de trentequatre ans. Elle raconte que cette tumeur était survenue sans cause connue à Tàge de dix-sept ans , et qu'elle était tout à fait indolente; qu'elle avait augmenté graduellement de vQlume, et quà la fin de sa cinquième grossesse elle avait acquis l'énorme volume qu'elle prései^tait a^i ipoment de l'observation*
La tumeur était molle et présentait une fluctuation des plus manifestes daqs toute son étendue : elle se déplaçait avec beaucoup de iacitité ; la peau qui la recouvrait était extrêmement mince» demi -transparente ; sa couleur était
(i) Je suis porté à croire qn*îl s*est développa spontanémenU Les eonniftioof d« la mamelle aa deaxièin« de|{rtf, c'est-à*ilirc avec hfjm atQgnwa, tant cstréo«iiiaai nw^ tr U dfluké dn lîaaik
bleuâtre comme dans les tumeurs érecûles sous^cutanëes dont la peau amincie permet de voir la couleur de la tumeur subjacente. Ce pouvait être un cancer encéphaioîde; ce pouvait être un kyste sanguin ; ce pouvait être une tumeur érectile.
Un trocart explorateur plongé dans la tumeur donna issue à un liquide tout à fait semblable au sang veineux, à jet continu. Ce sang, examiné au microscope, ne contenait ni cellules cancéreuses , ni aucun élément autre que des globules sanguins. Quelle que fût sa nature, lablation de la tumeur était nécessitée par son volume qui incommodait beaucoup la malade. La tumeur était d^ailleurs confondue avec la glande mammaire dont on ne pouvait distinguer aucune trace.
L'extirpation fut pratiquée et ne présenta rien de particulier qu'une adhérence au grand pectoral, dont quelques fibres furent enlevées avec elle.
Or la dissection de la tumeur montre qu'elle n'était autre chose qu^un kyste hématique que j'ai examiné avec le plus grand soin avec M. Bouland: il nous a présenté les caractères suivants :
Le kyste est très dense, fibreux ; sa surface interne est aréolaire, à la manière de la surfSsice interne du cœur, et présente des brides saillantes, aplaties ou arrondies, subdivisées, entrecroisées, dont les unes adhèrent par leurs extrémités seulement , et dont les autres adhèrent dans toute leur longueur.
La glande mammaire paraissait avoir complètement disparu, et ce n'est qu'à laide d'une dissection très attentive qu'il nous a été possible d'en reconnaître quelques vestiges à la partie antérieure de la tumeur, entre le kyste et la peau. Jamais peut-être je n'ai vu d'atrophie mammaire plus complète. Ce kyste hématique s'est-il développé entre la glande mammaire et le grand pectoral , ou bien ai| centre de la çlapde mammaire ? Est - il le résultat
d'une contusion inaperçue, d'une rupture spontanée de quelque vaisseau ?
Cela posé sur les kystes hématiques mammaires , je vais dire quelques roots sur les kystes hématiques de la glande thyroïde.
Z^ Les kystes hématiques ou héniorrhagiques de la glande tfyroïde constituent une des formes les plus communes du goitre. Comme type de Tanatomie pathologique de ces kystes qui sont plus fréquents quon ne le croit ordinairement et qui ont fait le sujet d'un excellent mémoire de M. Seutin (de Bruxelles), je donnerai la description du fait particulier suivant.
Sur un sujet adulte, la glande thyroïde était représentée par trois kystes sanguins complètement indépendants les uns des autres. Le lobe droit avait le volume d'un petit œuf d'autruche , la forme d'un ellipsoïde parfaitement régulier, aplati d'un côté à l'autre ; il était extrêmement dur ; son diamètre vertical était de 9 centimètres ( 3 pouces S lignes); son diamètre antéro*postérieur et son diamètre transversal, de 7centimètres (2 pouces i/2). La section de ce lohe ma montré qu'il était exclusivement constitué par une coque très résistante remplie de sang noir coagulé , d'une inégale densité, nullement disposé en couches concentriques. C'était jdes masses de coagulum très denses, d'un noir de jais, séparées par des grumeaux de sang moins dense. La couche superficielle était excessivement dure, de la consistance du cuir, et faisait corps avec le kyste dont il était impossible de la séparer. On eût dit du sang qui aurait été soumis à une dessiccation complète. Le kyste proprement dit était d'ailleurs très épais ; on pouvait le diviser en deux couches, dont une, superficielle, un peu moins dense , était d'une couleur ocre qui permettait de la distinguer de la couche profonde , laquelle était blanche et tout à fait fibreuse. J ai pensé que la couche superficielle couleur jaune-ocre était formée aux dépens
du tissu propre du lobe droit de la glande thyroïde dont il n'existait pas de vestiges ; et je le pense d^autant plus qu'il y avait dans l'épaisseur de cette couche plusieurs concrétions calcaires semblables à des grains de sel gris: deux de ces concrétions se présentaient sous l'aspect de plaques calcaires jaunâtres, irrégulières, cassantes.
Le lobe gauche de la glande thyroïde était conlfidé ië lobe droit, remplacé par un kyste hématique aplati d'avant en arriére, ovoïde, ayant 5 centimètres de hauteur, h de largeur et S d^avant en arrière. Ce kyste était mou , ses parois celluloâô-fibreuses. Le contenu était non du sang , mais une matière Bbrineuse , décolorée , élastique , d^aspect gélatiniforme , nullement disposée en couches concentriques, creusée de quelques géodes remplies de sang concret pur. J'ai considéré cette fnatière comme le produit d*un épanchement de sang. Dailleurs point de vestiges du lobe gauche de la glande thyroïde.
Le lobe moyen était remplacé par un kyste sanguin du volume d'un gros grain de raisin, tapissé par une matière fibrineuse cohérente. Au devant de ce kyste se voyait une petite masse jaunâtre, d'apparence graisseuse, mais nullement graisseuse, qui m'a paru le vestige du lobe moyen.
Sur un autre sujet, j'ai trouvé un kyste hématique fibreux et osseux du corps thyroïde coïncidant avec une masse can^ cireuse. Un lobe (le lobe gau^'he) du corps thyroïde était transformé en un kyste osseux rempli de sang coagulé, du volume d^une noix ; Tautre lobe ( le lobe gauche) était converti en une énorme masse cancéreuse. Il est extrêmement probable que la transformation kysteuse du lobe gauche avait précédé Tinvasion du cancer du lobe droit| et que c'est cette transformation qui Ten a préservée.
&o Kystes hématiques ovariens. Les kystes hématiquet ovariens sont la conséquence d'une a|)oplexie de Tovaire, et peut-être souvent la consé<|uence du petit foyer sanguin qui se produit dans Tovaire à chaque période mehstruétlè.
TRBinÈKB CLAMS. BB8 MÉtAMCliraOSBS. 527
Ces kystes hématiques ovariens se transforment très souvent en kystes séreux parfaitement organisés , dont la Vf ntabie origine, souvent révélée par des concrétions fibrlneuses ou par la coloration bistre ou jaune orangé deâ parois, est quelquefois d^une détermination bien difficile. Je pense que, sous ce point de vue , Tétude des kystes de lovàtue doit être fiaite sur de nouveaux frais, et il ne serait pas impossible que les kystes hématiques de Tépoque menstruelle, ou autres, fussent souvent le point de départ des kystes de Tt^vaire.
De tous les kystes aanguins de lovâire , le plus considérable que j'aie observé est éhet une vieille femme, affectée d'un kyste de l'ovaire, qui est venue moiiri'r dYins moa service, avec tous les symptômes d'tihe péritonite avec étranglement. Ma pensée fut qu'il pourrait bien se hire que les symptômes péritonitiques Rissent la cotiséqueoce die rinflammatidn du kyste de l'ovaire qui dotltiah à l'abdomen le développement d'une grossesse de éîx à sept mois. A l'autopsie, nous avons trouvé une péritonite générale, une rétention de matières dans Tintestin gréfe, réteaticm produite par un étranglement dont la source était dans une bride fibreuse. Le kyste de l'ovaire était rempK d'une matière brun-marron foncé ayant la consistance et la couleur du chocolat à l'eau. Les parois du kyste étaient extrêmement injectées, plaquées de rouge, infiU trées de sang dans leor épaisseur, et présentaient d'ailleurs la structure fibro-séreuse accoutumée. Reste à savoir si ce kyste était primitivement hématique. Je suis porté & croire que répanchement du sang était consécutif: c^est ane question à étudier.
S* Kysieê hémaikfues réiro^vagîHO'Ut&éîs. On s'est beaucoup occopé, dans ces derniers temps, des kystes hématiques fermés dans le cul-de-sac përitonéal interniédiaire an vagin, et à l'utérus d'une part, et au rectum d'autre part; et la chirurgie moderne a donné souvent issDé avec
528 AMATOMIE PATHOLOGIQUE GÉHÉftALE.
boDbeur au sang épanche par une incision hardie praii* quée à la partie supérieure de la paroi postérieure du Tagin. Mais qu'on y prenne garde, le diagnostic de pareilles collections n*est pas toujours bien positif; et d*ailleurs fàt*il aussi positif que possible, je ne crois pas que la gravité de cette collection sanguine soit telle qu'elle comporte un moyen qui n est pas sans quelque gravité. K^est-il pas plus sage d appliquer ici la règle si prudente que Ton suit pour des collections sanguines placées aux membres, sous le cuir chevelu, et de respecter ce foyer sanguin dont la résorption se fera spontanément dans Timmense majorité des cas.
Que si, au lieu d être un foyer sanguin , c'était une gros* sesse extra-utérine siégeant dans Texcavation pelvienne, entre l'utérus et le \agin d'une part, et le rectum d'une autre part; si l'incision transversale faite à la partie supérieure de la paroi postérieure du vagin ne donnant issue à aucune matière, on faisait pratiquer une injection d'eau; et si immédiatement après cette injection survenait une péritonite, mortelle en douxe heures ; et si à l'autopsie on trouvait un kyste fioetal avec tous les signes d'une péritonite suraiguë , on aurait certainement bien des regrets qu on se serait épargnés par un peu de prudence. J ai connaissance d'un fait de ce genre. Les pièces ont été présentées à la Société anatomique.
J'ai dit que les kystes hématiques rétro-utérins, qui seraient mieux nommés rétro-vaginaux, avaient leur siège dans le cul-de-sac péritonéal situé entre le vagin et le rectum ; or plusieurs observateurs admettent une variété dans laquelle le foyer sanguin aurait lieu dans le tissu cellulaire sous-péritonéal qui revêt la foce postérieure de l'utérus (1) ou plutôt celle du vagin. Dans ce cas, le sang s'inBltrerait dans le tissu cellulaire qui unit le rectum au
(i) Je De crois pas la chose possible, vu l'adltéreiioe e&tréme du péritoine aux faces antérieare et posiérieare de l'at^s.
TAKIZIÈME CLASSE. DES MéTAMORPUOSES. 529
vagîoy et viendrait faire saillie dans Tune et lautre de ces cavités, disposition qui établirait un caractère difFérentiel entre la tumeur hépatique intra«périionéale et la tumeur hémaiique extra-péritonéale (1).
Quant au point de départ de ces kystes rétro* vaginoutérins, 1 observation ayant démontré dans un cas les deux ovaires convertis en kystes hématiques et communiquant avec le kyste rétro-vagino^utérin, ou en a conclu que le point de départ de ces kystes hématiques était dans une hémorrhagie de lovaire. C'est là Topiniou de M. le professeur Laugier, qui s'est beaucoup occupé de cette question et qui admet une apoplexie ovarienne ou hématocèle ova* rienne avec rupture de la coque , comme origine de Thématocèle rétro-utérine; or, suivant que cette rupture de la coque ovarienne a lieu à la surface libre de l'organe ou au niveau de Faileron du ligament large qui soutient Povaire, le sang s'épanche soit dans la cavité péritooéale, soit dans le tissu cellulaire lâche qui unit les deux feuillets du ligament large. Dans ce dernier cas, le sang, obéissant à la pesanteur, dédouble les deux feuillets du ligament large et s'infiltre te long de Tutérus et le long du vagin , jusque dans le tissu cellulaire du cul de-sac péritonéal.
6* Kystes hématiques du placenta. Les kystes hématiques du placenta sont toujours situés plus près de la iace utérine que de la face foetale. Ils sont constitués par une membrane d'isolement qui circonscrit le sang plus ou moins altéré dans sa couleur et dans sa consistance. Ces kystes hématiques peuvent -ils se convertir en kystes séreux?
V Kystes hématiques du cancer encéphalotde. Les kystes hématiques s observent très souvent dans le cancer encé-
(i) Voyez à cesujel U ihèie do M. Prost (Oethêmntochlerctro*uténne), totttroQe le 3o novembre i854« Uant cet intérefflint travail, l'autenr \ Tingt-deux cai de kjites ht^matiques n^cro-ntérint» III. 34
650 ANATOMU PATHOLOGIQUE 0ÉNÉBALB.
phaloïde, et quelquefois ils ont un volume coosidéniUe. Ou les rencontre dans les encéplialoïdes viscéraux comme dans les encéphaloïdes externes. J ai pu diagnostiquer plusieurs fois des kystes hématiques encéphaloïdes du foie par la rapidité avec laquelle une ou plusieurs masses encéphaloïdes augmentaient de volume. Les kystes hématiques encéphaloïdes sont ordinairement sans parois» et contiennent, avec des caillots plus ou moins denses, un liquide épais, visqueux , souvent jaunâtre , quelquefois couleur chocolat.
Les kystes hématiques encéphaloïdes présentent cliniqoement deux variétés bien distinctes. Tantôt ces kystes sont aphones et non pulsatiles : je veux dire que pour im grand nombre de ces kystes, Torcille, appliquée sur eux ou au voisinage, ne perçoit aucun bruit, et c|ue la main n'est pas soulevée. Tantôt ils sont caractérisés : i^ par le soulfle continu avec ronflement de i unévrysme ordinaire ; 2* par le soulèvement de la main, avec frémissement ca* taire. Ce souffle et ce frémissement attestent d^une manière positive la communication de quelque tronc artériel avec le foyer sanguin. On conçoit que ces kystes hématiques pulsatiles et susiu*rauts, placés à rextcrieur, sur le tnijet d'une artère, aurout pu être pris quelquefois pourunauévrysme et opérés comme tels. Ainsi, Guthrie a lié 1 artère iliaque interne pour uu kyste hématique encéphaloide soufflant de Tartère fessière, kyste qu on avait pris pour un anévrysme , etc. Je reviendrai plus tard sur ce sujet.
Je dirai en terminant ces considérations sur les kystes hématiques encéphaloïdes, que lorsque je trouve un kysie hématique avec eocéphaloïde , au lieu de dire que lencéphaloïde est la consé(|ueuce de la transformation ou dégénérescence des caillots sanguins , ainsi quon la dit et qu'on le répète encore, jufHrme de la manière la plus positive que c est aux dépens des vaisseaux d*un encépbalolde que s est formée Thémorrhagie. Le sang épanché
TEUZIÈME CLiISÇe. DES M^AliORPHO&ES. S3l
hors de ses réservoirs est incapable de ressaisir la vie qu'il a perdue.
Cela poa< sur les kystes hëmatiques , je vais m'occuper des kystes purulents.
a* mstkcE. Kystes advencif* panilencs.
Lorsque du pus s'est pnxluit dans une région quelconque ducorpa, il se réunit en collection, et cette collection s appelle ajbcès * or cet abcès, cest un kyste pseudo-mem* hraneua d'abord, puis organisé, qui isole le pus d«s parties environnantes; et ce kyste, évidemment postérieur à la formation du pus, devient lui-même une membrane pyogéaique, suivant lexpression de Delpech.
On pourrait, à la rigueur, établir une distinction entrQ labcès et le kyste purulent, et réserver le nom de fysie k la collection purulente qui a ime certaine ancienneté, et dont les parois bien organisées n ont pas de tendance manifeste à s'ouvrir en dehors et sont à peine le siéige d'une sécrétion purulente nouvelle, et consacrer le nom d'abcis au« collections purulentes dont les parois imparfeitemeat organisées sont constamment le siéjje d une stforétioo purulente et tendent sans cesse à s ouvrir au dehors.
t^ Kystes jmrutents du tissu cellulaire libre. Les abcès froids, les abcès par congestion» constituent une^grande catégorie de kystes purulents du tissu cellulaire libre.
Les kystes purulents des abcès par congestion ont cela de particulier, qu'ils s'accompagnent d un trajet iistuleux plus ou moins long , qui établit une communication entre le foyer purulent et l'os carié« point de départ de la sécrétion du pus.
Lorsque les kystes purulents idiopathiques ou symptomatiques sont bien organisés, et que lu sécrétion purulente est si peu considérable que l'absorption fait équilibre à la sécrétion , ces kystes purulents peuvent subsister pendant
5S2 A?KATOMIC PATHOLOGIQUE CÉ^étllX.
ao grand nombre d^annëes, sans sabir de diangement notable , sans exercer aacnne influence sor réconomie ; et, dans ce cas, les kystes ponilents sont flasques, incomplètement remplis , car lenr distension coïncide presque toujours avec leur inflammation bientôt suivie de la perforation de la poche.
Ces kystes purulents chroniques, flasques, peuvent guérir spontanément , lorsque la cause qui les entretient n'existe plus. Ils reviennent peu ^ peu sur eux-mêmes et se convertissent en une petite poche contenant une matière d'apparence tuberculeuse , semblable à du mastic de vitrier, souvent mêlée à du phosphate calcaire. La réduc* tion du kyste purulent peut aller jusqu'à l'adhérence des parois, et Ton voitde vastes foyers, de vastes canaux purulents se convertir en un petit cordon cyHndrique au centre duquel on retrouve presque toujours des traces de la dis* position kysteuse ou canaliculée et de la matière purulente solidifiée ; mais jamais ces poches ne se convertissent en kystes séreux (1).
2® Kystes purulents développés dans F épaisseur des organes. Parmi les principaux, je citerai : i. Les kystes puruienis traumatiques ou non traumatiques du cerveau, qui, une fois bien organisés , peuvent subsister pendant longues années sans manifester leur présence par des accidents graves. Ce n'est que lorsqu'un travail fluxionnaire s'établit dans les couches cérébrales adjacentes que se développent des accidents de compression, d'irritation du cerveau presque toujours mortels.
2. Les kystes purulents pulmonaires y fort rares, qu'il faut bien distinguer des kystes pleuraux interlobaires.
(i) J'ai TU un kyste purulent flasque cootîdérable à la résîon fronule, iiDinédiatcinent au-Uest^as de la racine du net, cbez une Jeune fille de quatorze ani. Ce kyite purulent , qui datait de plusieurs années , était sans douleur, sans changement de couleur à la peau. Il coïncidait avec une inmenr hlanrbe de rarficulaiion dn roude.
TREIZIÈME CLASSE. DES MÉTAMORPHaSES. 533
S. Les kystes purulents du Joie , qui peuvent exister à Tëtat latent pendant un grand nombre de mois et même d'années , et qu*il faut bien distinguer des kystes acé« phalocystes suppures , lesquels me paraissent beaucoup plus fréquents.
y Kystes séreux aciphalocysles ou autres transformés en kystes purulents. Lorsque Tinflammation purulente sVm* pare d*un kyste préexistant on non préexistant, folliculeux, séreux, acépbalocyste, ovarique, alors le pus se mêle à la matière contenue, et la dénature à tel point qu'il est quelquefois difficile, au premier abord, de déterminer sa véritable origine. Cependant , avec un peu d attention , on découvrira soit dans la qualité de la matière contenue, soit dans les parois du kyste, des caractères qui révèlent la nature primitive de la lésion. Ainsi (1) dans les kystes purulents acéphalocystes , quelques lambeaux de membranes acéphalocystes mêlés au pus, quelques traces delà coque fibreuse du kyste adventif, établissent tout de suite le caractère différentiel : ainsi, dans le cas suivant, il m'a été facile de distinguer deux kystes suppures de lovaire du foyer purulent qui les avoisinait.
Une femme de vingt*sept ans , pbthisique au dernier degré, reçue dans mon service, en septembre 185A« présentait à rhypogastre une tumeur molle, fluctuante , exactement limitée, que je rapportai soit à une péritonite circonscrite, soit à un phlegmon du tissu cellulaire des fosses iliaques internes.
Cette malade fut emportée par le choléra avant que j'eusse exploré par le toucher Tétat du bassin. Cette femme avait eu un enfant.
A lautopsie , je trouvai une tumeur qui remplissait l'excavation pelvienne. Cette tumeur, molle , multiloculaire , constituait une masse dont toutes les parties adhé*
(i) Voyei Auatomie paikoto^'muMy avec planches, XXXVU* livraison, Mor/e éê tfuérisoH étt kytîn acêphalocjrsîes du foie.
534 AMATOMfC PATHOLOGIQUE OCRteAUB.
raient entre elles et aux organes pelviens. Je fis enlever cette niasse avec Ij symphyse du pubis en rasant les os du bassin, et je procédai à son étude d'avant en arrière. J'ou« vris la vessie par sa paroi antérieure; derrière elle était Totérus parfaitement sain , intimement uni à la face postérieure de la vessie. De chaque i6l^, en arrière et en haut de Tutérus, étaient deux poches parfaitement distinctes, mois intimement unies entre elles, qui remplissaient lex. cavation du bassin et débordaient en haut inégalement le détroit supérieur. En voulant séparer ces deux poches, on entame l'une d'elles ; il s'échappe une matière purulente , mais cette matière purulente est visqueuse à Ift manière du blanc d'œuF. J'en conclus que nous avions al&ire non à deux abcès, mais à deux kystes ovariques. Et , en eflet, le liquide écoulé , je trouvai dans les parois de ces kystes tous les caractères des kystes de l'ovaire. Chacun d'eux tenait à l'ntérus par un cordon facile à reconnaître pour le K^^ament de l'ovaire ; leur face interne était tapissée par une fausse membrane.
Ce n^est pas tout. En arrière de ces kystes et au devant du rectum était un kyste purulent à parois gangreneuses et sans communication avec Tintestin. Il ne communiquait pas non plus avec les kystes ovariens ; mais, attendu que la surface externe de ces kystes faisait partie du foyer gangreneux, il est bien possible que le point de départ de Tinflammatiou purulente des kystes ait été dans le phlegmon gangreneux du tissu cellulaire pelvien.
ft* Kjrstes purulents rétro^vagino^utérins. Parmi les kystes purulents les plus remarquables, je mentionnerai lesab* ces chroniques rctro-vagino-utciins, c est-à^dire les abcès intermédiaires au rectum , d'une part , et à l'utéros et au vagin, d'une autre part. Plusieurs faits établissent que ces l^ystes peuvent rester stationnaires pendant plusieurs années. J'ai connaissance d'un cas de ce genre dans lequel le kyste fut ouvert par le vagin à l'aide du bistouri, et in-
jecté avec la teinture d'iode étendue. L'abcès se repro* duisit et s'ouvrit ensuite spontanément dans le rectum. La malade mourut épuisée.
A Tautopsie, on trouva que Tabcès s'était ouvert par trois points dans le rectum.
Ces kystes purulents péri-utérins me paraissent rarement développés dans le tissu cellulaire pelvien; plus souvent ils se produisent dans la cavité même du péritoine, et, sous ce rapport, ils appartiennent aux kystes purulents des membranes séreuses dont je vais m'occuper dans un instant.
Kystes purulents ganglionnaires. Il est des kystes purulents ganglionnaires, c est-à-dire développés au sein d'un ganglion lymphatique, qui peuvent subsister sans déterminer dHnflammation éliminatrice, un très grand nombre d années: tels sont un certain nombre de kystes ganglionnaires cervicaux ou mésentériques.
Kystes purulents des membranes séreuses. Les plus remarquables sont ceux de la plèvre : ils constituent la plus grande partie des vomiques des anciens.
1® Les fystes purulents pleuraux peuvent être compris entre les parois costales et la partie correspondante de la surface des poumons, entre le poumon et le médiasiin, entre la base du poumon et le diaphragme, et enfin entre les lobes du poumon.
Aux kystes purulents pleuraux on doit annexer les kystes formés autour des épanchements séreux , séropuruleouet pseudo-membraneux, à la suitedes pleurésies chroniques.
Rien ne ressemble davantage à un abcès développé dans répaisseur du poumon que les kystes purulents interiobaires, lesquels sont en quelque sorte creusés aux dépens du poumon refoulé, flétri, au niveau de la collection ; mais on sait aujourd'hui que rien n est plus rare que les grands abcès du tissu pulmonaire. La même erreur
536 ANATOMIE PATMOLOGlQUIf; GËNEBALE.
aurait pu être commise dans un cas de kyste pleural (1) du volume d*nn gros œuf de dinde, situé entre le sommet du poumon déprimé et le cul-de-sac pleural correspondant. Tout le reste de la surface du poumon avait contracté des adhérences celluleuses.
il est facile de comprendre que ces collections purulentes kysteuses de la plèvre sont la suite d'une pleuré* sie qui s'est terminée par suppuration dans une région circonscrite et par adhésion dans le reste de son étendue. On pourrait également admettre, mais cette opinion me parait moins probable que la précédente , une pleurésie purulente circonscrite consécutive, survenue au milieu des adhérences d'une pleurésie ancienne.
Un autre siège non moins intéressant du kyste purulent pleural , c'est la base du poumon, entre cette base et le diaphragme. Dans un cas que j ai observé récemment dans mon service , à Thôpital de lu Charité , le kyste pleural diaphragmatique, qui était situé à gauche, m'en avait imposé d abord pour une rate volumineuse, avec d'autant plus de raison , que le malade disait avoir éprouvé , six mois auparavant, une fièvre intermittente, qu'on avait traitée par le sulfate de quinine. Mais je suis convaincu que cette prétendue intermittente n'était autre chose qu'une fièvre symptomatique de la pleurésie : car je crois pouvoir donner comme démontrée la proposition suivante, à savoir, que la fièvre pkurétique présente très souvent dans sa marche le type rémittent ou intermittent. Les kystes pleuraux purulents chroniques sont d'ailleurs souvent incomplets. La moitié pulmonaire du kyste manque. La moitié pariétale seule peut être séparée par le secours de la dissection.
Les kystes pleuraux purulents chroniques sont souvent des kvstes de guérison. Ils sont inégalement épais et pré-
(i) Pré»et)lé b U Société analomique eu noTeoibrc 1849.
THhmtUK CLASSK. DK8 MÉrAMOBraoSKS. 531
sentent assez fréquemment des épaississements fibreux, ossîformes, des brides saillantes à rintérieur. La paroi de ces kystes , qui est adhérente aux côtes, est généralement beaucoup plus épaisse que celle qui revêt le poumon. Quand ces kystes sont intermédiaires aux côtes et au poumon , ils exercent sur les premières une sorte d'attraction : les côtes sont rapprochées , se touchent par leurs bords voisins, maintenues qu'elles sont par la cui« rasse extrêmement résistante qui les revêt. Les muscles intercostaux correspondants sont devenus graisseux par atrophie.
Les kystes purulents pleuraux de guérison me paraissent un iait d'anatomie pathologique des plus importants : car il établit la possibilité de la guérison de la pleurésie purulente, pourvu que la purulence n occupe qu'une petite partie de Tétendue de la plèvre.
Voici la description d'un de ces kystes, qui peut être considéré comme un kyste purulent de guérison. Cette pièce a été présentée à la Société anatomique en mars
Ce kyste , trouvé dans la cavité pleurale d'un cadavre , était intermédiaire aux gouttières costales, au poumon et au diaphragme, et adhérait intimement à toutes ces parties dont il ne pouvait être séparé sans solution de continuité. Il se présentait sous laspect d'une masse dure, ostéo-fibreuse, ayant la forme d'un cône aplati, à base accolée au diaphragme , concave du côté du poumon , convexe sur la face qui répondait aux côtes , lesquelles étaient parfaitement saines , ainsi que les muscles intercostaux.
Le membre de la Société présentateur de cette pièce, incertain snr la nature et l'origine de ce corps , voulait avoir l'opinion de la Société à ce sujet. Je reconnus tout de suite un kyste pleural de guérison, et voici ce que m^a démontré la dissection :
SS8 AMATOM» PATHOLOGIQOC 6ÉMÉAALE.
CeCte masse ostéo-fibreuse était creusée d'une cavité à paroi extrêmement épaisse , mais dont la paroi costale était beaucoup plus épaisse que les parois pulmonaire et diaphragma tique. Ces parois étaient fibreuses, excessivement denses y ossifiées ou pétrifiées par places; mais l'ossification était beaucoup plus considérable du côté de la paroi costale que du côté do poumon. Quant à la portion de poche qui répondait au diaphragme, elle était simplement fibreuse et mince. La cavité du kyste était remplie par une bouillie blanche , épaisse, analogue au mastic de vitrier un peu mou; et cette bouillie, sur la nature de laquelle il s^éleva une discussion dans la Société , me parut être le résidu d'un épanchement pumlent cotidenâé par l'absorption.
Il est donc démontré que les éf^anchements purulents dans la plèvre peuvent guérir par Tenkystement. Dans d'autres cas de kystes purulents de guérison, la matière déposée ressemble à du luaslic de vitrier desséché; et alors on rencontre prest|ue toujours du phosphate calcaire en poussière , en grains ou en petits fragments. Nous verrons plus tard qu'il en est de même pour les kystes tuberculeux de guérison.
2^ Les kystes purulents péritonéaux^ soit pelviens, soit iliaques, soit intermédiaires au foie et au diaphragme, soit intermédiaires aux circonvolutions intestinales, ne sont pas moins digues d'intérêt que les kystes pleuraux.
Cn des exemples les plus remarquables de kyste purulent péi itonéal que j'aie observé, était intermédiaire au diaphragme et au foie : et comme il existait en même temps une pleurésie diaphragmatique droite, j'ai cru pendant toute la durée de la maladie avoir affaire à une pleurésie purulente, et ce n'est qu'à la fin que j'ai soupçonné Texisteuce soit d'une péritonite circonscrite au diaphragme et au foie, soit d'un abcès hépatique.
A lautopsie, j'ai trouvé : 1* un kyste séro-4ilbiumneux.
TRBIXIÈMB GLâSSK. DBS MéTAMOmtOSES. 519
ooDlenant an verre au moins de liquide intemiédîaîre à la base du poumon el au diaphragme > et occupant U partie postérieure de la cavité pleurale; 2^ un kyste purulent intermédiaire au foie et aux six dernières côtes. Au premier abord, on aurait dit que le fojer purulent était développé dans l'épaisseur du foie; car le foie, profondément excavé, paraissait érodé ; mais cette érosion apparente, cet aspect cliagrinë de la surface interne du kyste appartenait au kyste lui-même, et non point att tissu du foie» qui était parfaitement sain.
3* u»*CE. KyMM nibercitlcax.
Les kjrsies tuberculeux peuvent être observés dans diverses périodes de l'affection tuberculeuse. Il est des kystes tuberculeux primitif ^ cest-è-dire des tubercules enkystés dès le premier moment de leur formation : ainsi je regarde les tubercules miliaires, qui se présentent sous l'aspect de petits grains de mil , isolés au milieu des vésicules pulmonaires saines, comme de petits kystes formés par une vésicule pulmonaire. Ces petits kystes granuleux appartiennent donc à la classe des kystes préexistants. Mais il est un autre mode d'enkystement qui est consécutif k l'apparition des tubercules» et qui se produit aux diverses périodes de leur développement. Ainsi une masse plus ou moins considérable de granula» tions ou de tubercules se trouve entourée d'un tissu sain qui a échappé à Tinflammation tuberculeuse» et qui leur forme une poche de circonscription qui Tisole des parties environnantes et qui prévient la propagation du travail tuberculeux par continuité de tissu. C'est là la source de ces kystes tuberculeux » stéatomateux , plAtreux » phosphatiques » qu'on rencontre si souvent dans le poumon» et qui sont le principal moyen de guérison de l'affection tuberculeuse {fysUs tuberculeux tie guérùon).
Un grand nombre de kystes tuberculeux consécutii^ sont en communication avec les bronches.
Le type le plus remarquable des kystes tuberculeux consécutifs que j'aie rencontré est sur le poumon d*un veau. Ces kystes , entourés d*un tissu parfieiitement sain, étaient spbcrdïdaux , du volume d'un gros pois cbiche, isolés ou groupés ; et dans ce dernier cas, aplatis par la fece par laquelle ils se touchaient, mais indépendants. Us étaient très durs au toucher, facilement énuclëables ; Tenveloppe kysteuse était très épaisse, à parois très résistantes ; le contenu était une matière crétacée, tantôt pulvérulente, tantôt calculeuse , mêlée à une matière pultacée semblable à du mastic de vitrier, en proportion plus ou moins considérable. Je le répète, je considère ces kystes tuberculeux comme des kystes de guérison.
Kystes tuberculeux des ganglions lymphatiques. Les ganglions lymphatiques se convertissent souvent en des kystes tuberculeux , ou bien en des kystes à la fois tuberculeux et purulents.
Chez un jeune phthisique de dix*huit ans , j'ai trouvé la plupart des ganglions lymphatiques qui longeaient les bords du sternum remplacés par autant de kystes tuber« culeux formés par une membrane très ténue, mais très résistante , et remplis par une matière blanc jaunâtre de la consistance d'une purée épaisse. Il ne restait aucun vestige du tissu propre du ganglion. L'un de ces kystes ganglionnaires s'était ouvert pendant la vie à dix>ite de Fappendice xiphoïde , si bien que j*avais pensé que le trajet fistuleux devait avoir pour point de départ une carie de quelque côte ou de quelque cartilage. Il n'en était rien. C'était uuejistule ganglionnaire cutanée.
Chez ce même sujet, il existait également un kyste tuberculeux, oblong, cylindi*oîde, qui occupait toute la Ion* gueur du trajet inguinal. Je m'étais assuré plusieurs fois pendant la vie que cette poche de consistance pâteuse
TREIZIÈME CLASSE. DES MÉTAM0aPH0SE8. 5hi
était irréductible : c'était un kyste cootenant une matière grumeleuse, situé au devant du cordon spermatique. Je l'ai considéré comme appartenant à un ancien sac her* niaire. Plusieurs des ganglions situés derrière larcade crurale et le long des vaisseaux iliaques étaient également convertis en kystes contenant une matière de consistance de purée.
(Combien de fois n'ai-je pas rencontré les ganglions mésentériques ou lombaires convertis en kystes plus ou moins volumineux à parois denses, fibreuses , contenant une matière analogue au mastic de vitrier, avec ou sans concrétions calcaires. Je n'ai pas observé moins souvent la même altération dans les ganglions bronchiques. Ces kystes sont souvent multiloculaires. J'ai dit qu'un grand nombre de kystes ganglionnaires sont à la fois purulents et tuberculeux ; nous verrons plus tard les raisons de cette affinité entre le pus proprement dit et la matière tuberculeuse.
Ces kystes ganglionnaires tuberculeux peuvent-ils se transformer en kystes séreux ? Je n en* connais pas d ob« servation positive (1).
4* nràcK. Kystet adiTvnlift du ctncer et des corps Ebreiui*
Il est des masses cancéreuses qui se développent au milieu des organes sans présenter de kystes d'isolement : ces cancers akystiques s'étendent avec une grande rapi-
(i) Est-ce À an kyste gAnglionoaire primiti?eiiieot taberenleux qail faut rapporter le kyste cerrical OTOÏde, haut de 3 cenlimètres, large de moitié, appuyé au dcTant de la moitié gauche de la trachée et de Tortgioe de la carotide gauche , se terminant en bas au nÎTcau de l'articulation stemo*claWculaire, kyste décrit par M. Richard (tome III, page 3S, Mânoiretde la Société de chirurgie )7 Ctt eacellent obserraleur» ayant trouTé du c6tc opposé un ganglion lymphatique qui faisait pour ainsi dire Ir pendant du kyste, en a conclu que le point de départ de ce kyste ^tait un ganglion lymphatique.
s 49 ANATOHIR PATHOLOGIQUE GÉMÉBALE.
dite. Il en est d'autres, au contraire, qui sont enveloppés par un kyste d'isolement qui prévient lextension de laitératioD cancéreuse par continuité de tissu. Ce kyste d'isotement est-il primitif, est-il consécutif? Cest une question difficile à résoudre. Toujours est-il que les cancers enkystés font des progrès beaucoup moins rapides que les cancers non enkystés. Et si, comme plusieurs fieiits semblent rindiquer,il existe des cancers primitivement locaux, cest* à-dire des cancers qui pendant une certaine partie de leur existence sont indépendants d'un vice constitutionnel, et qui ne repullulent pas après Textirpation, cest seulement dans le cas d enkystement.
Je ferai remarquer que les kystes adventifs du ciiucer ne sont nullement libres ni par leur surface ettterne , ni par leur surface interne. On pourrait les appeler fysies adveniifs adhérents.
J'établirai entre les oorp$ fibreux, sous le rapport de Tenkystement , la même distinction qu'entre les cancers : les uns sont enkystés, c'est-à-dire enveloppés d'une membrane d'isolement ; les autres semblent déposés au milieu des organes sans membrane d'isolement. Les preroiera sont lisses à leur surfieice et mobiles à l'aide d'un tissu cellulaire plus ou moins lâche, lequel est quelquefois disposé en bourse séreuse multiloculaire ; les seconds sont inégaux à leur surfoce et continus à Torgane au milieu duquel ils sont développés. Le kyste adventif d'isolement des corps fibreux est toujours adhérent par sa face interne, et cette adhérence est généralement plus serrée que celle de la surbce externe.
Une page intéressante dans l'histoire des caucers et des corps fibreux , ce serait le développement des kystes au sein des cancers et des corps fibreux. Je dois dii-e, par anticipation , que tanlôt ces kystes sont bien organises et peuvent être isolés par la dissection , que tantôt ce sont des cavités closes sans parois. Un grand nombre de
THRinÀME CLASSI^. DBS MÉTAMORPHOSES. 5AS
ces kystes m'ont paru la cotiséc|uence de kystes héinatiques.
5* ESFÊCB. Kystes formas autour des corps etreoj^ers non vivaiits venus
du dehors.
Tout corps étranger, chimiquemept ou mécaniquemeol inoffensif, déposé au milieu de nos ti3sus, s enkyste^ et cet eokystemeut qui Tisoie des parties enviroDuantes ne lui peruiet dVxercer aucune action nuisible sur elles. Morga* gni dit avoir trouvé ce qu'il appelle un follicule membra* neux autour d'une balle reçue trente ans auparavant. Bayle parle d'une balle de mousquet renfermée dans un kyste accidentel et placée au milieu d'un lobe pulmonaire sain. Broussais trouva une balle enkystée au milieu du poumon d*un pbtliisique. Cette balle avait été reçue six ans auparavant. La question de savoir si cette balle avait concouru au dévelopj)ement de la pbtbisie pulmonaire nie parait devoir être résolue négativement. Une balle ^* kystée nest plus pour les tissus ambiants uo corp^ étranger. Doit-on admettre que le corps étranger enkysté n|i donne lieu à la phtliisie pulmonaire quç chez les sujets qui y sont prédisposés, ainsi que Ta dit Hipp. Boy^^<]k)^lard (1) pour des corps étrangers introduits d«uas 1^ voiei^ aériennes ( un clou , un os de poulet). Je ne serais pa^ éloigné de le croire.
6^ ifPàCE. |^y#tes formés Autour dos corps élrao§frs viVi^iiU ^duil^ an dedans de nous.
Ce sont : 1® les fystes des cysticerques ; 2* les kystes des acéphalocystes ; ii* les kystes formés auiour d'un fœtus qu dçs débris d'un fœtus.
(i) ^^dUiinê de ia Société oMtomi^aM, i** «Bod«| iftafi» f» S&
56A ANATOMIE PATBOIX)GIQUP. GéNfiilALK.
îf* mof-vrtci. Kftici des cfsiiceniiMt.
Le kyste adventij des cyslicerques est toujours celluleux , mince , transparent et exactement moulé sur Tentozoatre dont il représente la forme et le volume (i). Jamais il n existe la moindre quantité de sérosité entre le cysticerque et le kyste adventif.
La présence du kyste adventifsst la rè^Xe; mais, d'une autre part , il est démontré par des laits irrécusables qu'il existe des cysticerques akystiques» c'est-à-dire dépourvus de kystes d'enveloppement (2). Tel , par exemple , le cysticerque observé dans la chambre antérieure de Tœil humain. «Tai rencontré plusieurs fois dans le tissu cellulaire sous-arachnoîdien des cysticerques akystiques : donc la présence d'un kyste adventif n'est pas nécessairement liée à l'existence des cysticerques; donc le kyste d'enveloppement du cysticerque est consécutif ou adventif (3).
Il est mort dans mon service , en octobre 1855 , un individu chez lequel j'avais observé un très grand nombre de petites indurations ou tubercules du volume d'un petit pois, soit dans Tépaisseur de la peau , soit dans le tissu cellulaire sous-cutané. C'étaient des tubercules indolents que j'avais soupçonné appartenir à un entozoaire , au cysticerque ou au Trichina spiralis. M. Leudet, qui fit l'ouverture du cadavre en mon absence, a en effet trouvé que chacun de ces tubercules était formé par un cysticerque enkysté. Il m'a rerais un certain nombre de ces
(i) Voyez C If, p. 83 de cet ouvrage.
(s) Loe, ctt, p. 86.
(3) Il a été pri^entë à la Société anatomiqae, en octobre i84*y un kyste cysticerque qui s*était développé sur la pommette pai* suite d*Dii coup reçu cinq ans auparavant. En opposition avec co qui se voit ordU naîrement, le kyste adventif était lapais et vascolaire.
kystes que | ni examinés avec soin et qui présentaient tous le même caractère.
Il est bon de faire remarquer que jamais on n*a trouvé plusieurs cysticerques dans le même kyste. Chaque cysti* cerque a son kyste propre.
tr toDHipftct. Kyrtt adtfnttf de I^MépInlociite (i). '
Et d^abord les kystes d'enveloppe des adphalocystes sont bien des kystes adventifs ou consécutifs. Cette proposition est prouvée par les faits nombreux qui établissent qu'un certain nombre d'acépbalocystes ont été trouvés libres au milieu des tissus sans kyste d'isolement : mais je dois faire observer que ces acéphalocystes akystiques sont toujours solitaires et stériles , jamais multiples ou prolifères. C'est dans le cerveau , mais surtout dans les pou* mons que j*ai eu le plus souvent occasion de rencontrer des acéphalocystes akystiques.
Dans ce cas , le tissu ambiant de Torgane est dissocié , éparpillé autour de Tentozoaire acépbalocystique sans présenter le moindre travail morbide. Ainsi, dans les acépha* locystes akystiques pulmonaires > les vaisseaux sanguins et les bronches rampent, dénudés et comme disséqués, à la surface interne de cette cavité close pulmonaire sans parois : dans un cas où lacéphalocyste était superficielle, la plèvre pulmonaire soulevée avait été en quelque sorte disséquée par Tentozoaire , pour constituer la plus grande partie de sa cavité de réception. Cette plèvre pulmonaire était tellement adhérente à la plèvre costale , qu'elle s'est rompue lorsqu'on a voulu détacher le poumon et que l'acéphalocyste est tombée dans la cavité pleurale.
Or, du moment qu'il existe des acéphalocystes akystiques, il suit que les kystes qui enveloppent le plus
(i) Je l'ai sonimaireinent décrit tome II, page 89 de cet oiiTraçe, à roccanon den acéphalocystes et écliiDOCO(|aes.
5A6 . ANATOMIB PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
oriUoa»re«ient ces e^tozoaires sciot Août à fait étrangers i leur production, qu ils se développent podtérieuremeot à la présence de racéphalocyste : donc ils sonl'adventîiH.
i^ Caradires du fyste adveniifdes acéphalocysles. Tandis que le kyste udventif du cysôcerque préseDie toute la ténuité d*une membrane séreuse, le kyste adventif de lacéphalocysle ««t «n {^n4ral remaïa^naUe «t par son épaisseur qui est de 2 et qnelqufois de 6, 6 millimètres, et par sa structure qui est fibreuse, fibro-cartflagineuse et même osseuse m'ossiforme; épaisseur et structure qui contrastent d'une manière étrange avec la délicatesse des entozoaires acéphalocystes que ce kyste contient.
La surface externe du kyste adventif est intimement unie aux parties environnantes , dont pourtant il peut être séparé soit par énucléation (1), soit par le secours de la dissection. Leur surface interne est presque toujours extrêmement rugueuse, hérissée d'aspérités, quel<]uefois comme lacérée; leurs parois sont stratifiées, c'est-à-dire Composées de couches , lesquelles adhèrent intimement entre elles. Leur forme , ordinairement sphéroTdale, est quelquefois très irrégulière , ce qtii tient aux accidents de compression qu'ils ont éprouvés de la part des organes environnants, tt y a des kystes adventifs acéphalocystes multilocutaires; et dans ce cas tantôt les locules ou loges secondaires communiquent largement entre elles; tantôt elles ne communiquent que par des orifices étroits, faits
. (i) LVnacléation n*est facile que lorsque le kyste est développé dans le tissu cellulaire libre. Lorsqu'il sVst prodaic au milieu des ot^aues , Ibte, poumon, fMte • la sur€sce eiteme du kyste est intimeonenc unie an tissu de Toif ane dont il ne peut être séparé que par le serours de lu dissection. J'ai tu dans un ras de kyste du foie développé à droite de la scissure transverse les divisions droites et de la vfine porte et du conduit hépatique accolt^es an kyste, de telle Façon qn il était estrémement difficile de les scpnrer. Il était évident que ces conduits n'auraient pas lardé i être envahis dans toute leur rircuofiMence par le développement de la tumeur.
comme far empoi'ie-pièce. U faut bi<*n diAÛw^ffÊerees ky sies prUnitivemeot nulûioculaires des communicocions accU dentelles qui s'établissent par érosion entre de^ kystes adventifs voisins, ainsi que j'en ai vu plusieurs exemples. Or la disposition mol tilocul aire tient évidemment à Tinégalité des obstacles que le kyste a rencontrés dans son développement, et nullement à la multiplicité des acéphalocystes. iinsi » j'ai vu plusieurs kystes multiloculaires qnî lae contenaient qu'une seule acépbalocyste, laquelle envoyait des prolongements dans les loges commuaioantes. Le fak représenté planches 1 el 2, XIX' livr., en fiaumit de nombreux exemples.
Je me suis souvent demandé pourquoi cette opposition entre la densité, l'épaisseur, les rugosités de la surface interne du kyste adventif, d'une part^ et la délicatesse, la surface si lisse et si polie des acépfaalocystes , d'une auATe part; et les faits m'ont prouvé que ces kystes adventifs ne présentaient pas primitivement ce caractère ; que dans le principe ils étaient séreux ou fibro-séraux, comme les kystes adventifs des cysticerques ; que ce n'est que plus tard qu'ils devenaient épais, fibreux, naitîlagineux, ossevut.
La preuve que les kystes advemi/i des acëphalocytUt ^M dans U jninfiipe la ténuité dune membrane sénsuse ou fibra» séreuse » se trouve dans un ^caud nombre de kystes aoépbalocystes qui n'ont pas acquis un grand développe* ment, et qui n'ont pas éprouvé de grande résistance k àa développement de la part des organes v«>isins« Je ren* verrai , en particulier, aux planches 1 et 2 ( XIX* livr. ) , qui permettent d'étudier l'évolution du kysie advantif. Om voit , en effet, au milieu de cette masse de kystes aoépbalocystes du foie, de la rate et de l'épi ploon, qui préseoteot les caractères accoutumés \ on en voit , dis*je, un certain nombre à surface interne lisse, à parois minces , séreuses ou fibro^éreuses.
5&8 ANATOMliS PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
J ai fait représenter (livr. XXXV% planche 6) un kyste acéphalocyste développé à la région lombaire du canal vertébral, entre la dure-mère et le canal rachidien, et qui avait 6ni par s*échapper entre les lames vertébrales : ce kyste avait des parois très minces fibro-séreuses.
Mais par quel mécanisme s'opère la transformation quelquefois rapide de ces kystes séreux en kystes fibreux, fibro-cartilagineux et osseux? Par un mécanisme bien simple , par le travail morbide qui résulte de la disten-^ sion à laquelle ce kyste est soumis par suite de Taccroissèment plus ou moins rapide des acépbalocystes et de la résistance qu'il éprouve de la part de Torgane au sein duquel il est développé.
Il se passe là ce qui a lieu dans les poches anévrysmaies. Le kyste acéphalocyste ^ comme lanévrysme , s'approprie dans son développement plus ou moins rapide les parties molles ambiantes, qui viennent en quel* que sorte au secours du kyste primitif dont les parois s'usent peu à peu : de là les rugosités, les brides, Taspect lacéré de sa surface interne, qui représente assez bien celle d'une poche anévrysmale; et la preuve qu'il y a usure progressive des parois du kyste adventif des acépbalocystes, c'est qu'on trouve très souvent dans les kystes acépbalocystes du foie (que nous pouvons prendre pour type) une coloration jaune des acépbalocystes mortes; on y trouve même des concrétions biliaires, ce qui suppose nécessairement que les canaux biliaires ont été envahis , entamés sans oblitération , et ont versé la bile dans la cavité du kyste. Si , en effet, on étudie la surface externe du kyste adventif du foie, on voit ramper sur cette surface des vaisseaux sanguins, des conduits biliaires, et Ton y voit accolées des granulations hépatiques plus ou moins atrophiées. Or, il arrive quel* quefois cfue les canaux biliaires devenus parois de Tacéphalocystene s^oblitèrent pas,queces canaux sontperforés
TBfilZIÈMli; CLASSK. DES MÉTAMOftPHOSES. 549
par usure et qu une fistule biliaire s'établit dans la cavité même du kyste adventif. Ainsi » dans un cas où un kyste acéphalocyste hépatique contenait une matière colorante très abondante et des concrétions biliaires, j ai trouvé un canal biliaire largement ouvert : or, je suis convaincu que si les canaux vasculaires artériels et veineux s'oblitéraient avec autant de difficulté que les canaux muqueux hépatiques, on rencontrerait très souvent des liémorrhagies dans la cavité de ces kystes. La preuve en est dans le réseau vasculaire, et quelquefois dans les gros vaisseaux adhérents à leur surface externe. Du reste, le développe*ment de ces kystes adventifs est exactement mesuré sur celui des acéphalocystes qu'ils contiennent; et cet accroissement est en quelque sorte illimité soit dans le cas d'acéphalocyste solitaire, soit dans le cas d'acéphalocystes multiples.
De même que dans le cysticerquc enkysté aucun liquide ne se trouve interposé au kyste adventif et aux entozoaires acéphalocystes , excepté dans le cas où ce kyste devient le siège d'un travail inflammatoire avec suppuration, suite fréquente de la distension outre mesure des parois du kyste et de Firritation qui résulte de cette distension. Le kyste adventif qui , dans son développement, va s appropriant tous les tissus ambiants, s accroît souvent d'une manière régulière ; mais il arrive que ses parois étant moins soutenues dans un point que dans un autre, cèdent, s'amincissent, forment des bosselures dont Tinflammation ne tarde pas à s'emparer : c'est de cette manière que se produisent des ruptures ou perforations spontanées, lorsque des adhérences n'y mettent point obstacle.
Rien n'égale la propriété d'envahissement des kystes acéphalocystes adventifs que celle des anévrysmes. L'accroissement incessant et quelquefois si rapide des entesoaires acéphalocystes produit sur ces kystes le même effet d'érosion que la distension avec secousses brusques,
550 MfATomE PATHOLOGïqVt GÉMÉiTALe.
saccadées , imprimées aux poches anévrysroales par lu contraction du ventricule gauche du cœur.
L'étude des changements successifs qui s'opèrent dans les kystes adventifs des acéphalocystes est d'ailleurs pleine d'intérêt : etie explique la guéison spontanés de ces kptes, guérison spontanée qui est bien )>Ius fréquente qti'ofir ne le croit ordinairement et qui est la conséquence de la iwori des acéphalocystes. Comment a lieu cette mort? Je crois que dans un grand nombre de cas elle est produite par la résistance qu'opposent les kystes adventifs au dévelof)pement de ces entozoaires, par l'espèce de corrugation oirde tendance au retrait que le tissu fibreux accidentel , véritable tissu cicatriciel, qui constitue les parois do kyste adventif , éprouve incessamment : on peut dire , sous ce rapport, qu'il y a une espèce de lutte, d'antagonisme entre les entozoaires et leur kyste adventif. Si les entozoaires par la rapidité et par la , puissance de lenr développement triomphent de la résistance du kyste , Taccroissement de celui ^i est illlinité ; si, au contraire, laforce de résistance, de corrugation du kyste l'emporte sur le développement des acéphalocystes , celles-ci comprimées , arrêtées dans leur développement, se flétrissent et meurent; et alors on trouve à lautopsie un kyste acéphalocyste atrophié, réduit à d'extrêmement petites dimensions, aune sorte de coque, tantôt sans sécrétion morbide dans sa cavi4é, tantôt avec sécrétion morbide.
Dans le cas d'absence de sécrétion morbide, oif trouve la membrane acéphafocyste ( quand l'acéphalocyste était solitaire) très régulièrement et comme artisiement plissée en dedans d'elle-même, de telle façon qu'il est quelquefois possible de la développer et d'apprécier approximativement sa capacité antérieure : quand les acéphalocystes étaient petites et nombreuses, on les trouve aplaties , pressées les unes contre les antres, connue des harrangs empilés.
TREiaiÈME (XASS£. DKS MÉTAMORPHOjSliiii. 551
Dans fecas de sécréti m morbide, c'est quelquefois du pu9 visqueux , aibumneux , gélatiBiforme , plus souveirl une matière casëiforme, pultacée, d'apparence plâtreoset quelquefois Qiéme des concrétions calcaires en proportion plus ou rooins'considërable , mêlées à des débris de mem • branes acépbalocystes .
Et ce qu*il y a de remarquable , eest que quelquefois, »o milieu de ces acépbalocystes mortes et desséchées , on trouve de petites acépbalocystes parfaitemem traospa** rentes et par conséquent pleines de vie; mais ce dernier phénomène n'a lieu que dans le cas d'acéphaloeyste prolifère , jamais dans le cas d acéphalocyste stérile.
Je viens de parler des cas où la mort des. acéphalo-^ cystes était la conséquence de la rétraction ou oorrugation du kyste adventiF; mais il est. plus que probable que dans certainefl circonstances la- mort des acépbalocystes pUs^ cède la corrugation du kyste <}ui n en est que la eonsé* quence.
H suit de cette étude des divers modes de guértsen spontanée des kystes acéphalocystes, que si laK avait en sa possession un moyen de faire mourir les acépbalocystes 9 il pourrait opérer sans le moindre danger la guérisoo par atrophie des kystes acépbalocystes. Je ne pense pas que jamais il puisse atteindre ce but par des moyens pharnaeeiatqueç ; mais bien certainement il pentyarri* ver pour les kystes accessibles à nos moyens cbinn'gicamXf à Taide d'une ponction capillaire, d'une longue aiguille enfoncée profondément dans le kyste, et promenée dans tous les sens de manière à lacérer les membranes acéphalocystes ; ces membrane:» vidées,'le liquide épanché dans le kyste adventif serait peu à peu résorbé , et lekyste, qui ne serait plus le siège d'une distension permanente et toujours croissante , reviendrait peu à peu sur lui-même.
Si le kyste adventif venait à s enflammer et même à
552 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
suppurer à la suite de cette petite opération, il ne faudrait pas croire le cas désespéré. Il existe, en effet , des exem^ pies de guérison spontanée, dans lesquels on trouve des kystes acéphalocystes atrophiés contenant une matière purulente, boueuse, caséiforme , mêlée à des membranes acéphalocystes flétries, mais encore reconnaissables.
Mais quels que soient les changements subis à Tintérieur du kyste , le kyste lui-même conserve toujours son caractère fibreux, fibro-cartilagineux, quelquefois osseux, en sorte qu'à la simple vue du kyste , on arrive très facilement à la détermination de son véritable caractèrCi lors même qu'il ne reste aucun débris de membrane acéphalocyste dans sa cavité.
Encore quelques détails et quelques faits sur la question si importante en pratique de la guérison spontanée des kystes acéphalocystes, des changements qui ont lieu dans ces kystes et de leurs diverses terminaisons.
Il suit de ce qui précède que la guérison spontanée des kystes acéphalocystes peut avoir lieu par atrophie, c'està-dire par le retrait du kyste sur lui-même et par sa conversion en une coque fibreuse, cartilagineuse, ostéofibreuse et même complètement osseuse. J'ajoute que ce mode de guérison est extrêmement commun, que laguérî« son spontanée atrophique peut avoir lieu à toutes les périodes du développementdu kyste acéphalocyste, et même qu'elle a lieu souvent à une époque trop peu avancée pour que la présence du kyste ait pu être révélée par quelque symptôme. Combien souvent dans les autopsies ne trouve-t-on pas des kystes acéphalocystes dans les viscères, chez des individus qui n'ont jamais accusé pendant leur vie le moindre symptôme du côté de ces organes.
N'oublions pas que la réduction atrophique du kyste acéphalocyste présente deux variétés bien distinctes. Dans la première, le kyste adventif ne contient autre chose
TREIZIÈME CLASSE. DBS MÈTAMOftPUOSES. 55S
que les acéphalocystes vides sans produit étranger ; dans la deuxième, aux débris des acéphalocystes plus ou moins reconnaissables , se trouvent mêlés tantôt du pus , tantôt une matière boueuse, plâtreuse, caséiforme et même crétacée.
La guérison spontanée par réduction atrophique suppose la mort des acéphalocystes , et cette mort me parait la suite fréquente de la résistance qne le kyste adventif oppose au développement des entozoaires , et j'ai déjà dit que le kyste adventif , tissa fibreux morbide, résistait non-seulement par son inextensibilité, mais encore par sa propriété de corrugation (1). En voici quelques exem*» pies. (On en trouvera d autres, Anai. path. du corps hum.^ in-fol., XXXVII* livr., explication de la planche h : )
Premier exemple. J ai trouvé sur un sujet un kyste proéminent à la surface convexe du foie , du volume et de la forme d'une noix. Il était multiloculaire; ses parois étaient fibreuses ; il contenait une matière jaune-foncée, semblable à du mastic, et une membrane gélatiniforme ramassée sur elle-même, quil était fieicile de reconnaître pour une membrane acéphalocyste ; car elle pouvait encore être développée. J ai considéré ce kyste comme un exemple de guérison spontanée de kyste acéphalocyste.
Deuxième exemple. Il en était de même d'un kyste
(i) Ceue mort det acéphalocystei peut être dëterminée par loatat lea caïuet de oomprettion. Aiuti, j'ai fait représanter (XXV* liTr«, pi. 6) an kyste hydalique développé daot le canal Tertébral, entre la dnre-mire et les lames des Tertèbres (région lombaire), et qui sVuit fait jour entre deui apophyses épineuses et les lames correspondantes , et aux dépens de ces apophyses et de ces lames , pour se loger dans la goultière ▼ertébrale, entre les lames des Tertèbres et les muscles lon^s du dos. Le matière contenue se composait en presipie totalité de membranes acéphalocystes réduites à des débris presque méconnaissables, dont le véritable caractère a été révélé par la présence des membranes acéphalocystes vides , mais surtout de plusieurs acéphalocystes encore ÎDUctes.
55d Ânàiomw PâftWHjonin^h géméiialb.
dMorvésar une vieille fettnie de IftSatpétrière. Ce kysie occupait également lu hce convexe du foie (siège très fréquent cies acéphaiocyates). Il était ostéo^fibreuH) son ccMKenv consistait dans des membranes acéphalocystes flétries, mêlées à une matière pultacée. Je me suis démanché st cette matière pnltaeée n était pae du pua coneret phia 011 moim modifié. Je siita fondé è le croire.
Troisième exemple. M. le docteinr C. m^'a présenté le foie d*un soldat de trente-quatre an», mort d'une maladie aiguë. Ce foie présentait cinq perits kystea sur la mtiMre desquels- mon confrère désirait connaître mon opinion* Deax de ce» kystes étaient superficiels , les autres étaient profonds, tous éraieut sphéroïdaux; le plus oonsidérable avait ïe volume d^ane petite noix. Quatre de ces kystes avaient des parois fibreuses ; le eioc|Qième était converti en une coque complètement osseuse : leor surfoce externe adhérait intituement aux vaisseaint sanguins et aiix conduits biliaires qui se ramifiaient sur elle. La matière cotttenne était une bouillie blanche , semblable à du plaire , mais qui n'avait riek» de pierreux. Au centre d« cette matière plâtreuse se voyaient des membranes acéphalocystes.
Quatrième êxemflé. Un élève me préeenia nne masse dm volume du poing, qu'il avait retirée sur un sujet entre la vessie et le rectum : la membrane d'enveloppe n'était plus à sa disposition. Cette masse avait la consistance d'une pâte à foire du pain. Elle était jawnàtre , avait une odeur fade. Je reconnus de suite qu elle provenait d'un kyste acéplialocyste ; et en efFet| en brisant cette masse et en écartant avec soin la matière amorphe que j'ai considérée comme une des transformations que subit le pus dans les cavités closes , j ai trouvé plusieurs membranes acéphalocystes parfaitement reconnaissables et qui étaient plissées très régulièrement sur elles-mêmes.
Dans les cas qui précèdent , le kyste ad ventif contenait
TltemÉBffc CLASéE. MS MET AMOUTttOSnS. 55 S
en même temps que des mcnabranes acëphalocystes , nûe cjuantité considérable de' matiàre pultacce , laquelle était même en quantité prédominante. Dans d^autres cas , le kysee adventif de guérison ne contient rie» autre chose que les membranes accphalocystes sans addition de sécrétion étrangère ; et rien n'égale quelquefois Tajl^avcç lequel ces membranes sont plissées et modelées les unes sur les autres. Souvent ces débris d'eutozoaire paraissent appartenir à la même gëirération.Dtins d'antres cas, ib appartiennent bien évidemment à plusieurs générations ; car an trouve à côté des membranes acéphalocystes vides, mais bien conservées , des membranes morcelées à |K>iue rec(Hinaissables. Enfin, il n*est pas rare de voir des ftébris d'iicéphalocystes eomme hachés ou en magma, placés sans intermédiaire à côié d acéphalocystes vides , mats dailleurs offrant teorn caractères normaux, et au milieu de tout cela de petites acéphalocystes vivantes semblables à de petites perles , du volume d'un grain de raisin , d'un grain de groseille , vivant au milien de cette gangue, de ce détritus de 'plusieurs générations de ces entozoaires. Dans le cas de grandes acépbalo* cvstes stériles ou solitaires,- on trouve les membranes acéphalocystes élégamment et régulièrement pKssées sur eiles^méfnes et remplissant la totalité de la poche avec on sans addition d'une matière d'apparence plâtreuse.
Quant ^ la présence de Tentozoaire mioroscopique échinoeoqne dans les kystes acéphalocystes, elle est constante dans Tacéphalocyste saine ; mais lorsque le kyste Bcéphalocyste adventif a subi un travail inflamroc^ toire, lorsque les membranes acéphalocystes commencent à s'altérer , les échinocoques disparaissent ; et a leur place et eomme vestige on voit un nombre plus? ou mouM considérable de crochets d'échinocoques nageam dans le liquide ; mais aucune trace d'ëcbinoooqnes n est
556 AMATOMIË PATUOLOGIQOE OÉfilGRALE.
observée qaand lacéphalocysle est vide ou réduite en magma.
Tel est le cas d'un kyste acéphalocyste de la rate , représenté, Jnat. paih., XXXV* livr., pi. 1, fig. 2. Ce kyste, qui proéminait du côté de la face interne de la rate , était rempli par une seule acéphalocyste nde et * par une boue plâtreuse. Cette acéphalocyste solkaire était très considérable , artistement plisséesur elle-même, flétrie et comme ridée, ratatinée. La boue plâtreuse et caséiforme remplissait le vide des plis de la memlH*ane acéphalocyste, et adhérait à la lamelle la plus externe de cette membrane qui était très mince, et s'enlevait avec elle. Cette boue tapissait en outre avec adhérence la surface interne du kyste et semblait augmenter de densité à mesure qu'on approchait des parois qui étaient très denses, coriaces, comtne élastiques et criaient sous le scalpel; elles étaient constituées par un tissu fibreux dans Tépaisseur duquel étaient comme déposées des pla« ques calcaires.
Évidemment ce kyste acéphalocyste était un kyste acé* phalocyste guéri; on pouvait juger par lampleur de la membrane de Tacéphalocyste solitaire qu il contenait, combien avait dû être considérable le kyste avant sa réductioD'. Lamembrane acéphalocyste avait résisté au travail inflammatoire chronique qui s'était emparé de la poche et qui avait amené la sécrétion de cette boue plâtreuse, caséiforme, tuberculiforme, qui la remplissait en partie.
Quelle est la nature de cette boue plâtreuse? Je le répète , cette boue plâtreuse , qu'on serait tenté d'appeler tuberculeuse , me parait le résultat d'une transformation subie par le pus dans une cavité close de toutes paris , et par conséquent à l'abri du contact de Tair. Une série de faits m'a permis de suivre tous les degrés de cette transformation , depuis le kyste purulent jusqu'à la matière puhacée, caséiforme, plâtreuse.
TRBIZIÈMk CLASSE. DES METAMORPHOSES. S 57
La présence des membranes acéphalocystes est le caractère le plus positif des kystes acéphalocystes. La constitution des parois du kyste adventif n^est pas un ca« ractère moins important, et maintes fois j ai pu, par le seul fait de la structure du kyste , en l'absence de tous débris acéphalocystes, déterminer la nature de la lésion. Ainsi» j'ai fait représenter (fig. 2 , pi. ft, XXXVII* livr.) une coupe du foie qui présentait un grand nombre de kystes anfractueux contenant une matière visqueuse yerdàtre, d'aspect gélatiniforme. J'ai regardé cette altération non comme le résultat de la suppuration pure et simple du foie, non comme un abcès chronique de cet organe, mais
, bien comme le vestige de kystes acéphalocystes dont les
membranes ont disparu et ont été remplacées par une matière visqueuse et puriforme. J'infère cette manière de voir de la structure fibro-cartilagineuse avec incrustation osseuse des parois des kystes, de leur épaisseur et de leur énucléation facile. Il est sans exemple qu^un abcès chronique ait présenté une semblable disposition.
J ajoute une telle importance à cette structure des parois du kyste , comme caractère d un kyste adventif acépbalocyste, qu'appelé à prononcer sur la nature d'un kyste hépatique à parois denses , fibreuses , cartilagineuses et osseuses, observé sur le corps d'un enfant nonveau-^né, âgé de douze jours ; kyste hépatique situé à la face concave du foie et communiquant avec le côlon
^'^ ascendant, je n'ai pas hésité à le considérer comme le
kyste adventif d'un kyste acéphalocyste dont le contenu
^ ^ s'était complètement vidé dans l'intestin. ( XXXVIP livr.,
p. 6 du texte de la planche &.)
Les kystes de guérison sont quelquefois anfractueux ,
1^ multiloculaires ; cette disposition , qui n^est pas rare ,
tient à ce que les kystes adventif» des acéphalocystes sont
à^ également parfois multiloculaires , ainsi que je l'ai dit plus
ti^ haut. Joignez à cela que le retrait du kyste, après la mort
Jt
S58 iNATOAW PATHcy[.oaiQ(ie çéi^jialb.
des acéphalocystes, a dû «e faire plus ou moioe irrégulié-
remeot, suiyant la résist^^ce plus ou moios grande de se«
parois.
Non-seulemeoi le kyste adventif peut suppurer par sa suriace interne, «rais eucone TinflaiDmalioo suppurative peutenvaliir sa surface extérw, si bieii que daps uH cas 4e ce genre, j'aî fu le kyste adventif ajsé, morcelé,€onuDe vermoulu, ne présenter que des débris eatuurés de pus» débiis qui permettaient encoredereconoaitre sa véritahlex>rigîae.
Les kystes acëphalocystes suppures, quand ils sont coiisidérables , peuvent être la source d une fièvre hectique dont la cause n est quelquefois révélée quaprès la mort.
T^ suppuration du kysle peut être spontanée ^ elle peMC être la conséquence d'une ponction , ainsi que j'en ai va plusieurs exemples (1). Dans un casdekyste acéphalocyste considérable du foie, qui avait pris son développement du côté du diapbr£^gmei rinflammatipn gangreneuse de la vaste poche (2) à laquelle le malade succomba» me parut avoir pour principe un épaiicbçmep.t de bile dans cette poche, par suite de Térosion de la branche droite du Moal hépatique qui s'ouvrait largement dans le foyer. La va$te poche était tapissée par des détritus gangreneux
(i) En voici un exemple présenté à U Société anatomique, en novembre 1854) par M. Bomband ;
Un malade prétentait. on kyste énorme de la rate, qui coïncidait avec on ^pam4eBMnt contidérable dans le diorav. Un€ ponction est fcite •« kyste : le liquide était limpide, La poche «*él«nt remplie de aonvenu, on fait une deusième ponction qui donne isaue à nn liquide purulent, hm poche ne tarde pas à se remplir de nouveau. Mort. A l'ouverture, épan. cliement séreux considérable dans la plèvre gauche. Kysle spléniqae énorme i parois fibreuses et très épaisses, renipli de pus. U n*«iiataM dan« sa «a vite qu'une seule aci^phalncyste, «cépbalocystejtoUiaire, à parois très e'paiases, de i à a rairiimètces. Sa surface ipterne n'avait pasJ 'aspect lisse et poli dp. la surface externe. E^le était inégale et présentait dflos un point un épaississement granufeux , vésiculeux , qui offrait Vdppa« rcnce é^un nid bydatique.
* {>) Yçjn XXXV* hm., |i. » 4tt «fftt.
TREIZièllB CLASâE. UfiS MÉTAèlOAPHOSES. S(9
colorés en jaune orangé : à ses j^arois «taieat «ppaiiclus ile .grands lambeaux membraneux que j^ai reconnus pour (les débris de 'kysie adventif. J'ai dit plus baii4 <|u'il était fréquent de rencontrer la «naûère colorante de la bile et même des concrétions biliaires dans les kystes aeépbiUocyeAes liépaAiques : certes, 4îela suppose la peFforation d^ ^udqwes radioulee biliaires ; et si des accidents inflauMnatoires graves ne surviennent pas toujoura dans ce cas^ cela tient probablement «à ce que Tépanchement de bile a été peu considérable ^ et peut-être aussi à «e que les radicules biliaires entamées ont fini par soblitérer.
J ai dit aussi que si Ton nç trouvait pas d'bémorrbagie ^s^9 le$ kystes acépbaiocyslfes , ce&t que Jès vaisseaux sanguins, envahis par les progrès des kystes, s oblitéraient avec la plus grande facilité. Dans un cas de kyste acéphalocyste du foie, soumise la Société anatomique, plusieurs veines et plusieurs conduits hépatiques dm calibre considérable nous offrirent des orifices béants dane la cavité du foyer. Les veines hépatiques étaient remplies de pus. Le canal cholédoque était obstrué par nn Inmhean assez considérable de membrane acéphalocyste mule sur lui-même.
La perforation spontanée du kyste acéphalocyste «et une terminaison fréquente de ces kysies; et cette perfiira* tion peut avoir lieu du côté de la peau, du cdté d'une' membrane muqueuse ou dans une cavité séreuse. La mort est la conséquence rapide de J ouverture du kyste dans une cavité séreuse ; car rien n^'égale l*intensité de la pblegmasie qui résulte de Tépancbement du .liqui^le de Tacéphalocyste dans cette cavité séreuse, dans ie péritoine, par exemple. Un épanchement d'urine ne produirait pas des accidents plus rapidement mortels. La guérison peut être la conséquence de louvertii^ du kyste à la peett 4u sur une surface muqueuse. Mais un grand écueil» un obstacle quelquefois invincible à la guérison, c est la mau-
S60 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉMÉflALfi.
vaise organisation des parois du kyste, lesquelles contractent si difficilement des adhérences entre elles. Il en résulte des fistules kysteuses cutanées ou kysteuses muqueuses, qui peuvent entraîner la mort par l'abondance et par la durée de la suppuration.
C'est cette même organisation morbide des parois du kyste qui est encore Fécueil du traitement de ceux de ces kystes qui sont accessibles à nos moyens chirurgicaux ; et les injections avec la teinture alcoolique d'iode ne préservent pas toujoui*s ses parois d'une suppuration de mauvaise nature.
Les transformations morbides successives quMprou vent les kystes acépbalocystes constituent un des points les plus intéressants de leur histoire. On comprend alors pourquoi Ruysch (Observ. anat,^ p. 25} a pu dire que les hydatides dégénèrent en athéromes , stéatomes » mélicéris {hydatides in atheromata , steatomata , in meticerides aliquando degenerare certumfacit autopsia).
On comprend aussi pourquoi un chirurgien anglais (Baron) a émis lopinion que les tubercules n'étaient autre chose que des hydatides : c'est ainsi que j'ai eu occasion d'observer maintes fois, chez le mouton» des poumons fercis à la fois et des uns et des autres, le même lobule présentant de très petits kystes acéphalocysies à côté de tubercules enkystés , si bien que ces tubercules ne parais* saientdiflîérer des kystes acépbalocystes que par la densité du produit de sécrétion et le peu d'épaisseur des parois dn kyste d'enveloppe. Quelquefois trois ou quatre petits kystes acépbalocystes du volume d'un tubercule communiquaient entre eux; plusieurs étaient ouverts dans les bronches. Ce rapprochement, paradoxal au premier abord, des kystes acépbalocystes et des tubercules, a bien son côté philosophique en ce qu'il tend à présenter les lésions organiques sous un point de vue général élevé. Nous voyons dans le tubercule comme dans le kyste acéphalo*
TBBIZIÈME CLASSE. DBS MÉTAMORPHOSES. 561
cyste , une lésion qui attaque un grand nombre de points à la fois en laissant intactes les. parties intermédiaires. Dans l'un et lautre cas, il y a un produit de sécrétion ou plutôt un corps étranger cohibé et contenu dans une portion de tissu cellulaire organisé en poche. La différence fondamentale, c'est que le kyste acépbalocyste est rarement suivi d'un travail désorganisateur dans les parties environnantes , tandis que le tubercule, qui se mulliplie d'ailleurs d'une manière indéBnie, entraîne ce désordre si profond qui constitue la phthisie.
Enfin, on a dit que le cancer n'était autre chose que des kystes acéphalocystes altérés. Nous aurons occasion de revenir sur cette question.
En terminant cette étude du kyste adventif des acéphalocystes, je ne saurais trop insister sur l'importance de toutes les questions qui s'y rattachent : kyste d'isolément, produit par la présence de Tentozoairc , il exerce sur la durée , sur les terminaisons diverses , par la guéri* son , par la mort , par la perforation , par les transformations successives <|ui s'opèrent dans les acéphalocystes , l'influence la plus décisive. D'ailleurs , la fréquence des productions acéphalocystes est telle que dans la détermination de la nature d'une foule de tumeurs externes et internes, on doit toujours faire intervenir la possibilité de la présence de ces kystes.
s* toot-arfeob Kplei adtenOb formét autour d'oa produit de ooneepiloo.
Ces kystes adventifs s'observent :
A. Dans le cas de monstruosité double par inclu:>ion (kystes parasitaires).
B. Dans le cas de grossesse extra-utérine.
C. Les kystes pileux de l'ovaire appartiennent à cette catégorie.
lu. se
Sta MâTOM» MTCOMIOIQVI ftiNMâM-
<kyit« paratiMim).
J'âî d^à parie de ee§ kysiM à TdOMmB des i sites doubles parasitairei (I ).
Nous avons vu :
1"* Que tous las paraahes mctus i0M îic^ ée Vmèk'* vidu porteur, à la ftiveur d^um kyste fibrtax pim «• rooin^ dense , qui a ponr but eet iteleiiitni ^ en méoie temps qu^t fournit les matériaux de le«r Imirition à ceux des débris de fcetus qui ont eentraeté adhérence av«e ses parois.
\^ Que ces kystes parasitaires constituent «n genre de tutneiïr dont la prise en cnMrdération eat néeessaiM dans quelques cas, pour arrivera un bon diagnostic, et partTonvéquent A nn traitement rationnel.
B* Que les partiels contenues dans ces kyMes présen^ tent des débris de foetus pins on moins considérables et toujours fociles à reconnaître ; que ceux des débris dn foetus qui sont restés adhérents aux parois da kyste vi^nnt d*nne vie végétative; que ceux de ces<débrrs qui sont sana adhérence, dépourvus de tonte vitalité, ei par conséquent de toute nutrition , subissent la dooble altération qui résulte et de faction absorbante des parais du kyste, et de la décomposition spontanée de ces débris devenus corps étrangers.
ft« Que ces kystes peuvent rester inertes , iuoffonsifii pendant toute la vie de Tindividu porteor, tnais'^'SIs peuvent également devenir le «iége d'un fravaff inflammatoire qui a pour conséquence l'élimination des penties contenues à la manière d'un corps étranger.
5"* Que ces kystes parasitaires peuvent ^re divisés en
(i) Yoyex 1. 1, cluie dei JJhéiionSj p. S^o,
mfmlki^k on soiis^nlittés , H «a p^'ofouds ou vUcér raax; que les premiers ont été surloul pjb»6rvé« aux régioDS $cr0iak oc ^mrorpévàéale ; qoe le$ secaacl« n ont été décWis que dans la caviié péfUonéale et dans l'épaisseur dcIWaîre.
6* Que les ky sles para^iairas de lovaîre soulèvent m^ questian inporlaale, celle de aavotr sa les débris de IWius oonieaus dwia laskysies de lovai re reowoaisaant pftu' enguie nue Moeeptîan e^traHiiérioe, ou bien nne ioclu^ I sieD paiMitOÉffi. le reviendrai dans un instaM fui* «elle ^assiioD, à l'Maaaîon des kystes pîleu« d<a l'ovaire*
R Kystes adventifs dans le cas de grossesse exira«utërin««
^ Lorsque le produit de fa conception est retenu dans fovaire, daos la trompe, ou lorsque, abandonné par la trompe, il tombe dans la cavité pérîtonéale, ce produit " sWdoppe «fnn kyste qui Fisole des parties environ- - nantes , et qui lui fournit pendant un certain temps , et ' qadqueibis jusqu à son développement complet , les f moyens de nutrition.
Or le kyste fatal de la grosHesse extra-utérine peut '/ présenter Tune des terminaisons suivantes.
' t* Ttrminuiton par rupture du kjrsie/œUil dans (a ct^mtépéritonéfile.
Celle rupture peut avoir lieu à Mne «époque avancée .de
; il SMssease; osais il est rane qu on Tobserve après le
trsisiipse eu le quatrième mois. La jooFt immédiate de la
■iireesC presque toujours la conséquenœ de rhémorrba-
gie produite par eetle rupture.
Dans le cas suivait que j' ai observé k la Maternité , dans Tété de 1831 , avec mes deux excellents collègues, MM. Paal Dubois at Moreau, ia mort fut la conséquence
56& ANATOMIIS PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.
(Fune péritonite chronique , produite par la présence du fœtus dans la cavité péritonéale (i).
Premier exemple, — Kyste ovarien ouvert tians le péritoine. La malade, âgée d une trentaine d'années, était dans un état de marasme porté au plus haut degré. On reconnais* sait la présence d'un liquide dans la cavité péritonéale, et k travers ce liquide un fœtus volumineux qui était très superficiel et qui paraissait placé immédiatement au-dessous des parois deTabdomen. Lia malade était en proie à des douleurs abdominales qui firent diagnostiquer une péritonite subaiguë : fièvre lente , vomissements très fréquents ; mort de la malade quelques jours après son entrée.
A Touverture, nous trouvâmes le fœtus dans ta cavité du péritoine^ flottant au milieu d'une très gttinde quantité de sérosité. Ce foetus présentait tous les caractères d un fœtus à ternie, sans aucune trace de putréfaction; en sorte qu'il est plus que probable que sa mort était toute récente , et qu'il a pu vivre un temps plus ou moins long , libre dans la cavité du péritoine : or, la péritonite devait remonter à un mois pour le moins, et la mort de l'enfant, que nourrissait un cordon ombilical bien organisé et parfaitement sain, ne devait dater que d'un jour ou deux au plus.
Ce fœtus tenait , à 1 aide du cordon ombilical , à une tumeur ou grosse masse molle , ellipsoïde, aplatie , du volume de la tète d'un adulte, qui occupait la fosse iliaque droite. L'origine de ce cordon avait lieu à la surface de la tumeur par des ramifications nombreuses , à la manière de la face fœtale du placenta. La tumeur était, en effet, constituée par un énorme placenta renversé, au centre duquel on pouvait aisément reconnaître une cavité tapissée par le cborion et par lamnios. Dès lors, il fut facile de voir que la tumeur était formée par l'œuf
(i) Voy., pour le* détaib, l'expiication de la plaocl^ t, XXXVII* livr.
TRSIZIÈME CLASSE. DBS MÉTAM0BPH08ES. 565
renversé dont la surface fœtale était devenue la surlace externe» et il n'était pas moins facile de comprendre que ce renversement de la poche fœtale sens dessus dessous par une sorte d'invagination , comme il arrive quelquefois à Futérus à la suite de l'accouchement, était le résnltat d'une rupture des membranes à travers laquelle le fœtus avait passé dans Tabdomen.
Le péritoine pariétal était tapissé par une couche pseudo-membraneuse très dense, organisée, épaisse de 2 à & millimètres. Les intestins étaient tous adhérents entre eux.
Dans le cas qui précède, la grossesse péritonéale était bien évidemment consécutive à la rupture de Tœuf . Elle me paraît avoir été primitive dans le cas suivant que j ai fait représenter XXXVI T livraison, planche I .
Cas Je gronnse péritonéale primitive.
Dans ce cas les oommémoratifs établissaient d'une manière positive que la grossesse péritonéale datait de dix-^huit ans. La malade, âgée de quarante-six ans, mourut d'une hernie étranglée ; le volume de Teniant était encore celui d'un fœtus à terme.
Le fœtus , qui était momifié et encroûté sur toute sa surface d'une couche de phosphate calcaire d'une ligne d'épaisseur, n'était pas libre dans la cavité péritonéale , mais bien entouré de tous c6tés par un kyste membraneux très mince, lequel adhérait, d'une part, par sa face externe, aux intestins de la mère à l'aide d'un tissu cellulaire très lâche, et,d'une autre part, par sa face interne, au corps du fœtus, d'une manière si intime qu'on ne pouvait pas l'en séparer. Ce kyste membraneux n'était autre chose que les membranes fœtales (chorion et amnios). La conservation de ces membranes , kyste naturel du fioetus, explique pourquoi la présence du fœtus dans la cavité péritonéale n'a
308 ANATOMtR l»ATHÔLÔGIQtfe GÉftËRAtK.
déterminé aucun accident péritonitique , mais bien de fiitnples adhérences entre ces membranes et le péritoine. La dissection attentive du Itttus a permis de reconnaître tous les organes dans un état de mollesse presqtie naturelle, si bien que ce fœtus aurait pu servir, jusqu^â un certain point, à la dissection. Le cerveau et la moelle seuls avaient subi une altération chimique profonde. Ils étaient convertis en matière grasse.
Ky^ owmn»n mme tortU dt$fiUu$t ^im m Pf^ndu h cê iQnu HjhtU librement dans la cavité péritonéale.
Là pièo« représentée planche 6» XXXVI* livraiéon» a été trouvée dans les pavillons delà Faculté, chea un sujet sur lequel je d ai pu obtenir aucun renseignement; au reste , lanatomie pathologique peut se suffire ici pour Tinterprétation des faits.
On voit un petit foetus en miniature à Tétat de squelette, appeudu à lovaire droit, auquel il ne tient que par une espèce de repli séreux ou de mésentère disant suite au péritoine.
L ovaire a le volume d*un gros oeuf de poule. La moitié externe desa suriace était enveloppée paruue coque carti* lagineuse. Cet ovaire présentait une cavité à surface parfaitement lisse, dont les parois, anfractueuses à la manière des circonvolutions du cerveau, étaient à peu près coUtigutts et moulées lune sur Teutre* Les deux tiers externes de la poche formée par Tovaire étaient remplis par une masse spongieuse , aréoiaire , blanc jaunâtre , qui m*a présenté tous les caractèrea du tissu placentaire. Le tiers iotemede cette même poche était rempli par du sangaltéré« Le petit squelette fbstal ^ c [ui appartient à un embryon d'un mois et demi à deux mois , n est pas à nu comme il laurait semblé au premier ubord , mais il est enveloppé d une pellicule mince qui parait n être autre chose que le i^siihot de la dessiocatiou île la peau et des muscles. La
TRBttolilli CLAMB. WÊB IIÉhTAHMMOtKS. Iftl
détèrmitifiiion de toutes les pièces de ce petit aqueleite m^ élë fecile , cer la plupart des oS| sauf les huraérust les clavicules et Tavant-bras gauche, étaient daas leurs rapports naturels.
Dans les réflexions qui sultent la description anatomi-
que (1 ), j'élablis que ce foetus appartenait bien évidemment
à une grossesse extrU'^utërine, quHl n'était pas eootempo»
rein de Findividu porteur, et par conséquent que sa pré*
sencedans la cavité abdominale n'était pas le résultat de
la pénétration d'un germe par Tautre germe dans un cas
de grosàesse double ; que Tétai embryonnaire du fcitus, et
surtout Télâl de Tovaire, me paraissaient des arguments
saus réplique en faveur de la grossesse ovarienne) qu'il
était évident que le fœtus avait été contenu dans le kyste
ovarien ; que les membranes de Tesuf que renfermait eel
ovaire lui avaient appartenu, et que c'était par suite de la
rupture de la poche que ce ibtus se trouvait appendii
à l'ovaire, et pour ainsi dire flottant dans la cavité abdo«
rainale.
bans une seconde terminaison, le fistus mort reste en* kyste; mai8,au bout d'un certain temps, il agit à la maniéré d*un corps étranger» et provoque, au milieu des accidents
2uelquerols les plus graves et souvent mortels , une in^ ammatton qui a pour effet réliroinatlon des débris du fœtus ft travers les pnrois de rabdomen, à travers la Ves« sic, le rectum, etc.
a« rtroMaetiMi et kym /bail |Nir momifc^^i^n Ju fi^im*
Une troisième terminaison consiste dans la momificaiion dujifiuif lequel, contenu dans un kyste inerte, séjourne ju$qu a la mort 4e l'individu porteur, sans donner signe
(I) t)i|^fteailMi é« U ^a^lM S^ UXVT K? r. p. a ila Itiié.
568 ANATOMIB PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.
de 98 présence : ce cas présente beaucoup de rapports avec la monstruosité double par inclusion, mais il sera toujours facile de distinguer ces deux cas lun de l'autre par les coromémoratifs.
Les cas de fœtus momifiés qui ont séjourné plus ou moins longtemps dans la cavité abdominale sont rares \ mais le petit nombre de ceux que nous possédons ( et j'ai pu en trouver une douzaine dans les divers recueils) sont tellement identiques , qu'ils sembleraient n'être que la même observation présentée sous différentes formes : dans toutes ces observations , les femmes, après avoir éprouvé tous les symptômes d'une vraie grossesse » ont été prises au terme ordinaire, des signes précurseurs d'un accouchement prochain ; mais les douleurs se sont dissipées au bout d'un temps plus ou moins long. La tumeur a diminué progressivement de volume : de molle qu'elle était, elle est devenue d'une dureté pierreuse et est restée indolente et stationnaire jusqu'à l'époqne de la mort, à laquelle la présence du fœtus n'a pris aucune part. Dans un cas observé par Leinzel, en Souabe, en 1820, la malade devint grosse et accoucha heureusement deux fois , malgré la présence d'un kyste contenant un fœtus pétrifié.
Le siège précis des kystes contenant un fœtus pétrifié n'est pas en général exposé avec des détails assez circonstanciés pour qu'on puisse l'établir d'une manière positive ; mais l'analogie nous dit assez que ce siège doit être celui de toutes les grossesses extra-utérines.
Ainsi, les fœtus pétrifiés doivent résider le plus habituellement dans les ovaires; d'autres fois dans les trompes , dans la cavité du péritoine : je crois pouvoir dire qu'ils n'occupent jamais la cavité utérine , bien que dans plusieurs observations ce siège soit indiqué d'une manière très explicite. Il est d'ailleurs possible qu'on ait considéré comme appartenant à la cavité uté*
TABiatME CLASSE. DES MÉTAMOBPIIOSES. 56^
l'ine des kystes développés dans la portion de trompe qui traverse les parois de Tuiérus ; et encore je ne sau* rais admettre ce dernier siège d'après les considérations suivantes :
De quelle nature , en effet , sont les kystes contenant des fœtus momifiés? Us sont fibreux, cartilagineux., osseux. Or, des kystes de cette nature ne peuvent pas être formés par le tissu même de lutérus : il est, en effet, démontré que la présence d'un corps étranger dans Tépaisseur des parois de Tuténis, et à plus forte raison dans la cavité utérine , a conatamment pour résultat , non la conversion du tissu de Tutérus en kyste fibreux , cartilagineux et osseux , mais bien sa transformation en un tissu d apparence musculaire et doué, comme les muscles, de Gontractilité.
Que si Ton m'objecte que la p l'essence permanente du fœtus pétrifié doit à la longue faire succéder à cette mol* lesse et à cette suractivité du tissu de Tutérus la transformation fibreuse, je répondrai par les cas de tumeurs fibreuses pétrifiées, qui existent depuis longues années dans le tissu de lutérus , sans que ce tissu ait rien perdu de sa mollesse et de son aptitude à la contractilité. Or toutes les observations mentionnent expressément la densité et la structure fibreuse, cartilagineuse, osseuse, des kystes où ont séjourné des fœtus momifiés.
Quant à ce qu'on appelle pimjkaiion du fœtus ^ cette pétrification ne doit s entendre que d'une croûte calcaire plus ou moins épaisse qui enveloppe le fœtus en totalité ou en partie. Tous les tissus, tous les organes sont desséchés, momifiés, comme si le fœtus avait été conservé sous un sable brûlant qui , en absorbant toute Thumidité, aurait soustrait la cause active de la pétrification. Comment sopère cette dessiccation du fœtus au milieu de rhumidité du corps de la mère ? Il faut admettre dans les parois du kyste d'enveloppe une force d'absorption qui ,
&10 AtfATOMIK PATHOLOGI^E GÉRiéiALK.
survivant à reibalalion^ détermine noD-seolemciit labtorptioD de leau au milieu de laquelle nageait le fetae, flMis encore celle du liquide qui pénétrait le corps du fœtus lui-même. On conçoit d'ailleurs que Tépoque de la mort du foetus puisse être , dans quelques cas^ postérieure an terme naturel de la grossesse : aussi, la fdupart des foetus momifiés semblent-ils appartenir à des iiostus à terme.
Gomme type de kystes contenant un foetus encroûté àm phosphate calcaire et momifié , je rapporterai le iiiit suivant que j'di fiiit représenter XVIir livr., pi. t.
Ce fcetus a été ttx^uvé ches une vieille fSmme , morte à Tàge dé sôixante^dix-sept ans (1), qui le portait depuis sa tr«nte«dnquième année.
Voici rhistoire de cette femme, telle qu elle est rapport tée dans la thèse de M. le docteur Daynac » ancien élive interne de la Salpétrière (9).
Madame Lemiro, âgée de soixante-dix-sept ans, mariée deux fois, avait eu de son premier mari deux enfiints dont elle accoucha fort heureusement. Elle eut de son second mari un troisième eulant qui vint à bon port. Quelque temps après (à Tàgede trente^cinqoiitrente-sist ans), elle présenta tous les symptômes d'une quatrième grossesse t douleurs vives dans lu région hypogastrique , oh elle éprouvait la sensation d^uû corps étranger. Les douleurs furent plus vives et des mouvements eurent lieu du quatrième au cinquième mois , dans ce qu elle eppelait son eorpÈ étranger : les unes et les autres augmentèrmit jusqu'à la fin du sixième mois. A dater de cette époque, oes sym» ptémes disparurent; Tabdomen s'affaissa; les règles ta manifestèrent. I^a malade eut depuis deux enfiints , et
(i) Je doit la pièce pathologique h t obligeance de mob Vénérable eotUgue, M. LatlemiMt) rbinirgien en chef de le Slalpétrièrs. {%] Miirteft>a tur ia frm$9tm eMtrm*nêénn9 (t? rit iS«f ).
TaBiaiÉiie clams, mm MftTAMmraoKs. STI jouit de la meilleure santé ; seulement elle éprouva toute sa vie la sensation (l*un corps lourd dans rabdomcm.
Cette femme, reçue comme indigente à la Saipé* trière , Fut transportée à Finfirmerie pour une hernie étranglée.
L opération ayant eu uue issue malheureuse, on trouva ft lautopsie , dans Texcavation pelvienne , nu Itœtus contenu dans un fy$te cartilaytneux. D après M. Daynac , ce foetus était contenu dans l'épaisseur de rextréitiité libre de la trompe droite. Une masse comme pifttreuse, du volume du poing, se voyait vers le milieu de lu trompe entre le foetus et la matrice. Vùvaire de ce côté avait contracté des adh&ences avec là tète de tenfant. Du reste, luténis, aussi bien que Tovaire et la trompe du cAté gauche, était dans Pétat naturel , ce qui explique la possibilité des deux grossesses postérieures.
Voioi un résumé succinct de Tétat de ce foetus, qui est représenté avec la plus grande exactitude, fig. 1, 2, S, 4, pi. 6, XVlir livr. Son attitude est exactetnent celle du foetus dons la cavité utérine. Toute la surface du corps est recouverte d*une croûte calcaire. Sous cette croûte caloaire ëpaisse , très compacte i très fragile » et qui ne présentait aucune trace d'organisation, se voyait un foetus desséché, momifié, comme s*il avait été soumis à Tnction d*une température asses élevée pour absorber toute rhuroiditë» maïs point asses pour altérer sa substance et sa couleur.
Aux membres, la peau distincte recouvrait des muscles distincts^ au centre desquels se voyaient les os : dons les cavités splanchaiques » il était Aidle de reconnaîtra le vestige de tons les viscères, même de la moelle et du cerveau. ( Voy., pour plus de détails, le texte de la planche 6, XVIII* livraison (1).
(i) Le fait taivani me parati aptmrienir k la même catégofK Je Faî
572 ANATOMIE PATHOLOGIQUE G^^NÉRALE.