III. ki
M2 ANAtOMiE PArHOLOGiQtJB GÉRÉRALfc.
Jfe reviendrai snr ce sujet à Toccasion des ostéo*chondrophytes : on peut dire d'ailleurs que les productions fibreuses sont en quelque sorte la miitrice , la charpente déÈ productions cartilagineuses et osseuses.
Aut fibrophytes périostaut des vertèbres se rapporte l^énorme tumeur cervicale queM. MaisonneUve a extirpée avec une si grande habileté , et dont il a si bien décrit la texture.
On conçoit que des tutneurft semblables puissent se développer aux dépens dé deux ou trois vertèbres cervi* eâles , soulever le pharynx et en imposer pour un polype fibreux des fosses nasales. Serait-ce & des Ciis de ce genre qu il fondrait rapporter ce qu'on â dit des polypes pharyngiens prévertébraux ?
Fibrophytet de td dure-fnére. Aux fibrophytes des membranes fibreuses, et plus particulièrement du périoste, doivent se rapporter un certain nombre de productions pédiculées de la dure-mère, connues sous le nom de tumeurs fongueuses y mot vague qui n^a point d'acception scientifique bien déterminée et qui s'applique à toute sorte de tumeurs végétantes.
Ces tumeurs naissent les unes de la foce externe , les autres de ta face interne de la dure-mère. Il est bon de remarquer qu'on a confondu avec les fongus de cette membrane des végétations dont le point de* départ était dans le diploé des os du crâne, tl y a donc, quant à lenr éiége, trois espèces de tumeurs fongueuses de la duremère; on peut même en ajouter une quatrième : ce sont les tutneurs qui se développent dans le tissu cellulaire sous^arachnoldien et qiti deviennent adhérentes à la dure-mère (1).
(i) Toy THi^tivr.* pi. I, 1, 3.-» J'ai trdwtf dtraèèrcaieM m» immS tabtfrmilraM dtt Tohmit d*«oe petite ooix, aUaobee à la faee ioUni« àm la dure-mère par une lai^e baiey et reçae daos unt dépression corrcspoodante du eerrelet*
THCIZIÈME CLAS$e. DKS MÉTAMORPHOSES. 645
Les véritables tumeurs fihreuses ou ostéô-fibreus^s de la dure-mère, cpril ne fout pus conibncirèf avec les tumeurs carcinomateuses , beaucoup plus Fréquentes, appartiennent essentiellement à la face interne de la durè-frièhe. Elles font leurs progrès du côté du cerveau, qu'elles compriment, et dans lequel elles se logent, en s'y creu^ Mnt une excavation par dépreslion.
Il est bien remarquable que les tnmeurs de la portion Je la dure-mère c|ui revêt la voûte crânienne soient pres- (|tie toutes carcinomnteuses, tandis que toutes ou presque toutes les tumeurs qui naissent de la base du crâne, et eti particulier du rocher, sont fibreuses ou ostco* fibreuses; que les premières, celles de la voûte, nais&ent le plus souvent de la surface externe, tandis qtie celles de la base naissent totijours de la surface interne de la dure-mère.
Comme type des fibrophytes nées de la face interne de la dure«mère, je citerai les faits suivants (i) :
Ttimeur fibreuse du rocher. Sur le corps d une demoileliedeviogt-six ans ^ affectée d'amuurosc complète, dé surdité incomplète^ de céphalalgie atroce perma trente avec exacerbations, et qui conserva jusqu'au dernier moment Hotégrité de ses facultés intellectuelles , j ai trouvé faiteration suivante :
Tumeur dure, mamelonnée, née de la face postérieure du rocher, ik laquelle elle adhérait par un pédicule consT<« dérable.
Oette tumeur était de nature fibreuse, sans le inoiridre vestige de dégénérotion cancéreuse. Le pédiciile offrait quelques traces d ossification. Ce pédicule s'eufbnÇuU dans une cavité irrégulière creusée sur la face postérieure do rocher, cavité formée aux dépens du conduit auditif inierne, du trou déchiré postérieur et du ciinal rarotidiea réunis, de telle sorte que la tumeur ma paru avoir pris
(i) Voy., /ItiatofMie pat Wo^î^uff, avec planches, XXVI* livr„ pJ, a, Iff délailt de cette obfter?aCion pleine d'iolérét.
64& ANATOMIE PATHOLOGIQUE GéNÉRALR.
son origine non de la portion de dure-mère qui revêt le rocher, mais de celle qui se prolonge dans le conduit auditif interne.
Les nerfs auditif et facial étaient complétemenl détruits dès leur entrée dans le rocher. Je n en ai pas trouvé de vestige.
Les os du crâne m ont présenté à leur surface interne une disposition fort remarquable, dont la 6gure 3 de la planche indiquée est la représentation fidèle.
J'ai reconnu, en soulevant le cerveau, que la substance grise de cet organe semblait sortir d'une multitude de petites fossettes ou alvéoles dont la base du crâne était creusée; que la dure- mère manquait au niveau de ces fossettes ou alvéoles ; que les efforts de traction nécessaires pour enlever le cerveau suffisaient pour déchirer la substance cérébrale , dont quelques petites portions restoieut enga* gées dans ces alvéoles , en sorte qu il était de la dernière évidence que ces fossettes ou empreintes profondes, à surface rugueuse et comme érodée, de la base du crâne, étaient le résultat de la compression exercée par le cerveau sur les divers points de cette base.
Les sur&ces orbitaires et les fosses sphéno-temporales étaient profondément érodées, comme si elles avaient été soumises à ludion corrosive d*un acide , creusées de trous, de fossettes séparées par des espèces de ponts osseux fort irréguliers.
Ces érosions avaient singulièrement aminci les parois du crâne, tellement que la pression du doigt aurait suffi pour les briser dans une multitude de points. La voûte orbitaire était percée de part eu part. Les siuus frontaux étaient à Tétut de vestige; les trous optiques très rétrécis, aplatis de haut en bas, en rapport avec les nerfs optiques atrophiés auxquels ils donnaient passage (1).
(i) Rien évidemment le rétréci «sera en t Aen irons opiîqaes et il<^ tinut
TREIZIÈME GLAâÛSE. DU MÉTAMOHPUOSISS. 6&5
Dana tontes les érosions ou petites excavations Je ta base du a^auCf sans exception, s'enfonçait la substance cérébrale,
hes tumeurs fibreuses du rocher méritent une descrip* tion toute spéciale dans Fhistoire des tumeurs de la cavité crânienne. Elles sont tantôt fibreuses, tantôt ostéo-fibreu*» ses ; d*autrcs fois elles présentent la dégénération cancëreuse dans une partie de leur étendue. On devrait les distinguer en celles qui naisseut de la face supérieure du rocher, c'est-à-dire dans la fosse sphéno-temporale, et en celles qui naissent de la face postérieure du rocher, c^est* à-dire dans la fosse occipitale inférieure : les premières produisent directement leurs effets de compression sur le cerveau ; les secondes les produisent directement siir le cervelet, la protubérance, le bulbe rachidien, etindi* recteraent sur le cerveau. Enfin, il en est d^autres qui naissent à la fois et de la face supérieure et de la face postérieure do rocher. Les effets si remarquables de compression qu elles déterminent tiennent k leur siège et à leur dureté.
Dans un cas rapporté (XXVr livr., textedela pi. 2,p.5), la tumeur fibreuse, do poids de deux onces cinq gros, née de la face supérieure et un peu de la face postérieure du rocher droite avait produit une compression telle sur le cerveau que le lobe antérieur de riiémisphère droit s'enfonçait à travers la gouttière ethmoïdale du même côté dans la fosse nasale correspondante, si bien qu'il offrait toutes les apparences d'un polype pédicule d'un volume considérable qui avait déjeté le vomer à gauche et usé les cellules de Tethmoîde.
Jerenvoieàlaclassedesca/icers tout ce que j'ai à dire sur la distinction entre les tumeurs fibreuses, ostéo-fibreuses, et les tumeurs cancéreuses en général ; et, pour exprimer ma pensée tout entière sur les tumeurs delà dure-mère, je
frootaos était dû à la compreMÎoa ^lercM tor les paroU da crAoe par le cenreao aottleva par la tomtar.
4ir9i que mous donnpps viQ peu légèrement ie oooxle cancéreiwis k des tumeurs qui peuvent persisler longues années ^ans se propager par continuité 4e tissu aux parties ei|vironn^ntcs ; telles sont )es tumeurs nées de la f^ce intçruf de la dure-'inère. Ces tumeurs pomprimeot , refoulent la substance cérébrale, miiis jamais catte substance cérébrale n est envahie ppr elles, jamais elles m la convçrtislani ?u leur propre substance , comme le feraient les lumeurs cancéreuse^; et j accepte bieq volontiers lacon* QrmatioQ de c^ fait par la micrographie. M, Lebert m*a en efFe( assuré que dans cinq cas de ce genre il q avait jamais trouvé d éléments cancéreux, mais bien les éléments fibro* plastiques (1). Il faut d*ailleurs observer que rien nest plus rare qu'un pancer du cerveau » de la moelle, en un moty du tissu nerveux proprement dit. Jamais, en effet, je D*ai trouvé la substance cérébrale envahie par les tumeurs 4e la dui*e-u|ère. La seule altération du cerveau que j aie pbservéei c'est un ramollissement blancou blanc jaunâtre,
Un des caractères différentiels les plus importants des tumeurs fibreuses de la dure^^mère» cest le forme b>buleuse , c est-à-dirc la disposition en groupes de fibres offrant plusieurs centres de développement. Un de leurs caractères aussi , cest de présenter à leur racine de^ fibres osseuses , lesquelles établissent en quelque sorte le lien entre les végétations parasitaires fibreuses et les yëgétations parasitaires osseuses.
Il n est peut-être aucun point de la surface du squelette sur lequel on n ait observé des tumeurs fibreuses pédiculées ou non pédiculées naissant du périoste. Ainsi , M. Richet ma montré une tumeur grosse comme le poing neissaut de la partie supérieure du tibia » tumeur doqt il aveit pratiqué Textirpation. Cette tumeur, à travers laquelle
(ij Voyez Lebert, Traité pratique tles mataéies cancéreuses et àet aff te" tions curables confondues avec le cancer. Paris, fS5i, p. 788.
TREIZIÈME CLASSE, DE3 MÉT^MUBPHOSICS. 6ft7
un sétOQ avait été passé, était molle, fluctuante, si bien qu'on avait pu croire à l'existence d'une tumeur encépbaloïde, et, dans le doute, M. Richet enleva les couches superficielles de la portion du tibia sur laquelle la tumeiir était implantée.
Cette tumeur, que j ai étudiée avec suip , présentait up noyau osseux qui naissait du tibia. Ce noyau osseux était entouré d'une masse considérable de tissu fibreux, lequel constituait la partie fondamentale , la base de la tumeur. Mais le séton passé dans cette tuiueur en avait altéré la substance. Il y avait des foyers sanguins , des coloration^ diverses qui résultaient de la matière colorante du sang. Il y avait de la matière gélatiniforme, transparente, contenue dans des aréoles fibreuses. Rien de plus difficile à déterminer que les tissus anormaux qui ont subi des altérations consécutives. Cette tumeur a été soumise k plusieurs micrographes, qui n'ont point été d^uccord sur le caractère de la lésion : les uns admettant, les autres niant ^a nature cancéreuse. Le moment n'est pas encore venu où le microscope soit appelé à servir de critérium à lanatomie pathologique et à l'observation clinique- Dans l'état actuel de la science , ce sont l'anatomie pathologique ordinaire et l'observation clinique qui doivent sc^rvir de critérium à la micrographie.
Rien de plus difficile, à moins de la présence du suc cancéreux, que de déterminer si une tumeur dure, «l'apparence fibreuse, née de la face externe de la dure-roàre, doit être rapportée au cancer fibreux, ou si elle appartient aux tumeurs fibreuses proprement dites.
Quelquefois aussi rien n'est plus difficile que de déterminer si les tumeurs nées de la face externe de la duremère ont pour point de départ les os du crâne ou la dure-mère.
Dans une pièce anatomique présentée à la Société anatomique le 1*' décembre i85& , par M. Prost, pièce
6£l8 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNKIIALK.
anatomique qui avait pour sujet un homme de cinquantequatre ans, mort avec tous les symptômes de compression générale du cerveau, compression dont la source était évidemment due à une tumeur considérable de la région temporale (je nai pas noté de quel côté), voici ce que nous avons observé :
La tumeur temporale était formée par une tumeur née de la foce externe de la dure-mère avec destruction complète des parois crâniennes correspondantes , si bien que la tumeur, devenue extra-crânienne, soulevait le muscle temporal , lequel s*était moulé sur elle et lui formait une espèce de coque.
Cette tumeur présentait tous les caractères des tumeurs fibreuses; etcommeelle avait macéré dans Talcooljeue pus pas constater la présence du suc cancéreux. Cette tumeur naissait par une très large base de la face externe de la dure-mère: des végétations très denses, dont un grand nombre paraissaient se continuer avec la tumeur à travers répaisseur de la dure-mère, se détachaient de la surface interne de cette membrane ; mais le tissu du cerveau avait été respecté. Une autre petite tumeur de la dure-mère se voyait à une certaine distance de la précédente. J aurais cru à des productions fibreuses de la dure-mère, si ce sujet n^avait pas présenté dans la plupart des pièces du squelette, côtes, fémur, etc., des tumeurs de même nature, qui étaient bien évidemment cancéreuses. Or, chez ce sujet, le système osseux était seul altéré, aucun viscère ne présentait de lésion cancéreuse. Ce n'est pas la première fois que je vois la dégénération cancéreuse exactement limitée au système osseux.
Quant à la tumeur de la dure-mère, des faits analogues me paraissent établir que son point de départ était aux os du crâne, et que c'est par continuité de tissu que lattération s*est propagée des os à la dure- mère , qu'elle a progressivement envahie dans toute son épaisseut*. Si le
Tll£IZli:ME CLAUSE. DKS MÉTAMORPHOSES. 6U^
inaiaiie eût vccii, ruiidnuion se seraît-clie propagée jusqu nu cerveau ?C*cst une question que de nouveaux fiiits pourront seuls résoudra. Tous les cas de ce genre que j'ai observés établissent que le cerveau reste intact à côté d'un cancer de la dure-mère et des os du crâne.
La distinction entre les corps fibreux proprement dits et les cancers fibreux des os me paraît un des points les plus difficiles de la science, â moins que le cancer fibreux De soit pénétré de suc cancéreux.
FtbropbytM det «tfreasfs et dei syaovîalet*
1* Séreuses. Les adhérences fibreuses des membranes séreuses peuvent être considérées comme de véritables végétations fibreuses. Nous avons ditoilleurs (voy. classe ii^ Adhésions) que ces adhésions étaient constituées aux dépens de fausses membranes organisées.
La même origine doit être attribuée à ces filaments chevelus, à ces petits cordons d'aspect nacré, d*une très grande résistance, tantôt sous forme de brides , tantôt libres par une de leurs extrémités , qui sont si souvent la source de I étranglement interne.
Les membranes séreuses, et principolement le péritoine, y compris la tunique vaginale du testicule . sont sujettes A des productions fibreuses, fibro-cartilagineuses ou cartilagineuses, c|ui ocquièrent quelquefois un volume considérable, eelui d*un œuf de poule, et qui ne tiennent à la séreuse que par un pédicule excessivement mince et très fragile. J'en parlerai à Toccasiou des métamorphoses et productions cartilagineuses.
C'est encore sur la séreuse péritonéale qu'on rencontre quelquefois des végétations très nombreuses et même très volumineuses, pédiculées, qui appartiennent à la forme de maladie cancéreuse connue sous le nom de cancer gélaliniforme {cancer colloïde). Ce qu*il y a de remarquable, c'est que le péritoine est quelquefois
62i8 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÉUALi:.
anatomique qui avait pour sujet un homme de cinquantequatre ans, mort avec tous les symptômes de compression générale du cerveau, compression dont la source était évidemment due à une tumeur considérable de la région temporale (je naî pas noté de quel côté), voici ce que nous avons observé :
La tumeur temporale était formée par une tumeur née de la foce externe de la dure-mère avec destruction complète des parois crâniennes correspondantes , si bien que la tumeur, devenue extra-crânienne, soulevait le muscle temporal , lequel s*était moulé sur elle et lui formait une espèce de coque.
Cette tumeur présentait tous les caractères des tumeurs fibreuses; et comme elle avait macéré dans Talcool, je ne pus pas constater la présence du suc cancéreux. Cette tumeur naissait par une très large base de la iace exierne de la dure-mère: des végétations très denses, dont un grand nombre paraissaient se continuer avec la tumeur à travers Tépaisseur de la dure-mère, se détachaient de la surface interne de cette membrane ; mais le tissu du cerveau avait été respecté. Une autre petite tumeur de la dure-mère se voyait à une certaine distance de la précédente. J aurais cru à des productions fibreuses de la dure-mère, si ce sujet n avait pas présenté dans la plupart des pièces du squelette, côtes, fémur, etc., des tumeurs de même nature, qui étaient bien évidemment cancéreuses. Or, chez ce sujet, le système osseux était seul altéré, aucun viscère ne présentait de lésion cancéreuse. Ce n*est pas la première fois que je vois la dégénération cancéreuse exactement limitée au système osseux.
Quant à la tumeur de la dure-mère, des faits analogues me paraissent établir que son point de départ était aux os du crâne, et que c^est par continuité de tissu que faltération s est propagée des os à la dure- mère, qu'elle a progressivement envahie dans toute son épaisseur. Si le
TIlEIZItME CLASSE. UKS MÉTAMORPIiasiCS. 6&d
inalude eût vécu, rultéralion se serait-cllepropagée jusqu'au cerveau ? C'est une question que de nouveaux faits pourront seuls résoudre. Tous les cas de ce genre que j'aî observés établissent que le cerveau reste intact à côté d'un cancer de la dure-mère et des os du crâne.
La distinction entre les corps fibreux proprement dits et les cancers fibreux des os me paraît un des points Ic9 plus difficiles de la science, à moins que le cancer fibreux ne soit pénétré de suc cancéreux.
FtbrophjtM (let téreasss et dei syaoTialet*
1* Séreuses. Les adhérences fibi*enses des membranes ( séreuses peuvent être considérées comme de véritables
^ végétations fibreuses. Nous avons dit ailleurs (voy. classe
f des Adhésions) que ces adhésions étaient constituées aux
\ dépens de fausses membranes organisées.
< La même origine doit être attribuée à ces filaments che-
velus, à ces petits cordons d'aspect nacré, d'une très grande résistance, tantôt sous fbrme de brides , tantôt libres par une de leurs extrémités , qui sont si souvent la source de l'étranglement interne.
Les membranes séreuses, et principalement le péritoine, y compris la tunique vaginale du testicule . sont sujettes h des productions fibreuses, fibro- cartilagineuses ou cartilagineuses, c|ui acquièi*ent quelquefois un volume considérable, celui d'un œuf de poule, et qui ne tiennent à la séreuse que par un pédicule excessivement mince et très fragile. J'en parlerai à l'occasion des métamorphoses et productions cartilagineuses.
C'est encore sur la séreuse péritonéale qu'on ren* contre quelquefois des végétations très nombreuses et même très volumineuses, pédiculées, qui appartiennent à la forme de maladie cancéreuse connue sous le nom de cancer gélaliniforine {cancer colloïde). Ce qu'il y a de remarquable, c'est que le péritoine est quelquefois
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DEUXIÈME ORDRE
rrotfaetlOBf yaraatlalrci Mhnm»u esebaiowiCci. (Qorps ttferevt»)
Parmi les productions accidentelles qui se développent dans Torganisme, il n*en c»t pas de plus tranchées que (celles qui sont désignées de nos jours sous les titres de corps fibreux^ de productions fibreuses , espèces de parasites qui vivent d'une vie propre au seiu de nos organes auxquels ils ne demandent que les moyens de nutrition.
Confondus avant les travaux de Tanatomie pathologique moderne avec un grand nombre de lésions d*une autre nature , sous les noms vagues de tumeurs lyntpha* tiques y Ae squirrhes , de cancers , ils ont été décrits pour la première fuis dans Tutérus d'une manière scientifique, par Bayle, dont l'excellent travail sur ce sujet est un de ses principaux titres de gloire. Mais les corps fibreux ne sont pas exclusivement propres à Tutérus , comme on la cru jusque dans ces derniers temps, suivant en cela la doctrine de Bichal, qui , imbu de la pensée que chaque tissu avait ses lésions propres , disait que les corps fibreux étaient une lésion |)ropre à Tutérus, comme les polypes une lésion propre aux membranes muqueuses, etc.
Pour nous , les corps fibreux proprement dits consti* tuent une lésion générale qui peut se produire dans tous les tissus, lésion générale qui doit entrer en ligne de compte toutes les fois qu'il s'agit de la détermination d'une tumeur qui présente une certaine dureté. L'affinité des corps fibreux pour les organes à structure dense el serrée, offrant quelque chose danalogue aux tissus fibreux, ne saurait d'ailleurs être contestée.
Siège des corps fibreux. Ainsi , en première ligne, sous le rapport de la fréquence du développement des corps fibreux, se piacerutérus ; en seconde ligne, la glande mammaire, dont le tissu est aussi dense et serré en dehors de la lactation que celui de l'utérus en dehors de la gestation.
TREIZIÈME CLASSE. DF.S MÉTAMOIlPiiOSES. 65S
Après Tiitërus et la ginndc uiammaire viennent les ovaires, les os, et nommément Tos maxillaire inférieur. Les nerfs eux-mêmes ne sont pas étrangers au développement des corps fibreux , car le plus grand nombre des névromes que j'ai eu Toccasion d'observer doit être rapporté aux corps fibreux. Enfin vient le tissu cellulaire libre de toutes les parties du corps, maissurtout dans les régions où le tissu cellulaire présente quelque chose de fibreux* Je signalerai en particulier la région parotidicnnc ou plutôt sous-auriculaire , comme le siège de prcdilectioa de ce genre de production.
Étudions les caractères généraux des corps fibreux dont le type le plus parfait se voit dans Tépaisseur des parois de Tutérus.
Formes des corps fibreux. Sous le rapport de leur forme» les corps fibreux affectent tous primitivement la forme sphéroïdale, et ils la conservent à toutes les périodes de leur développement, à moins qu'ils ne soient soumis à des causes de compression qui les déforment dans un sens ou dans un autre.
La surface des corps fibreux, généralement égaie et presque lisse, est quelquefois régulièrement mamelonnée dans toute son étendue à la manière d'une mûre ; d'autres fois elle est partiellement et irrégulièrement mamelon^-, née (i ), quelquefois plus ou moins profondément sillonnée et divisée en lobules.
Modes dadhérences des corps fibreux. Quant an mode d'adhérence des corps fibreux avec les parties voisines,
(i; Dans UD cas où iVxtrémîté inférieure frun corps fibreux ulérin mamelonné faisait saillie dans le vagin, après avoir nsé la couche du lissu uUbîn qui la recouvrait, on avait cru i une affection cuiccraase, et Toa le fondait exclusivement aur cefte disposition irr^liere maoselonnée, L*errear fut facile à rectifier et le corps fibreux fitt auiré en bas et «rmclié à Taide de pinces de Muieux et de tenailles : ce fut un véritable acconcbrinenl , habilement pratiqué par Amussat. La malade succomba à det aecidenia consécutifs de métritR.
654 AMATOMtC PATHOLOGIQUE GÉRÉItALE.
cette adhérence se fiiit h Taide J'un tissu celluluire plus oa moins lâche , quelquefois même à très largrs maiHes, qui les isole des parties environnantes ; d^oti leur indépendance, qui a fait admettre pour ces corps fibreux une sotie d'enkystenient ; d'où la dénomination de tumeurs fibreuses enkystées, (|ui leur a été donnée quelquefois.
Sans doute les corps fibreux ne sont pas en général enkystés , mais bien enchatonnés ; mais il y a dans cette appellation de tumeurs fibreuses enkystées un côté pratique qu*il Eeiut bien faire ressortir. Un certain nombre de tumeurs fibreuses sont en effet lisses A leur surface externe , comme si elles étaient enveloppées par une membrane fibreuse, adhérant intimement à ces tumeurs par sa face interne , mais qui ne saurait en être séparée que difficilement par le secours de la dissection. Ces kystes, qu'on pourrait appeler adhérents^ se voient surtotit d'une manière très distincte dans les névromes fibreux. Il n'y a donc pas en général de kyste proprement dit autour des corps fibreux : ce kyste aurait été d*ailleui*s inutile, car riaoiement de ces corps fibreux est parfaitement établi par l'atmosphère cellttleuse dont ils sont enveloppés, atmosphère qui, dans te cas de frottement, se transforme en une espèce de kyste hygromateux. Nous verrons cependant, è Toccasion des corps fibreux mammaires, qu'un certain nombre de ces corps fibreux sont enveloppés d'un kyste fibreux à parois très minces, quelquefois libre en totalité ou en partie par sa surFnce interne, kyste fibreux que je considère comme un kyste ailventif.
Les corps fibreux sont donc en général enchatonnés et non enkystés, mais ils n'en sont pas moius indépendants des parties qui les environnent , et c'est là un de leurs caractères fondamentaux ; ce n'est que dans quelques cas exceptionnels qu'ils deviennent adliércnis aux parties voisines; mais encore dans ces cas, on peut dii^e qu'il n'y a pas continuité de tissu , que la ligne de démarcalioa i
TttEIZlèME CUISSE. DES MÉTAMORPHOSES. ^57
les autres profomls, et ces vaisseaux m'ont |)aru tous veineux.
Le développement de ces vaisseaux est proportionnel non-seulement au volume des.corps fibreux, mais encore à la force de développement et à la consistance de ces corps. Les corps fibreux les plus mous sont ceux qui sont le plus abondamment pourvus de vaisseaux. Je dois dire ici que le système vasculaire est beaucoup plus développé dans le tissu fibreux accidentel que dans le tissu fibreux Datorel.
Les vaisseaux superficiels forment un réseau intermédiaire au corps fibreux et au tissu de Tor^jane.
Il y a aussi des vaisseaux veineux dans 1 épaisseur des corps fibreux. Leur nombre et leur calibre sont très variables; quelquefois ils sont très ténus et très multipliés, et se rendent aux vaisseaux veineux de la surFace en conservant leur état capillaire ; d autres fois ces vaisseaux veineux profonds se rédnissent en plusieurs troncs qui marchent dans Tépaisseur de la tumeur et semblent la diviser en lobules. 11 est des corps fibreux qui ont une couleur violacée tant ils sont pénétrés de vaisseaux capillaires. Les vaisseaux superficiels, de même que les vaisseaux profonds, ne peuvent éti^ que difficilement disséqués : ils semblent, en effet, constituer des espèces de sinus veineux creusés aux dépens du tissu propre des corps fibreux.
Ces vaisseaux veineux peuvent être injectés directe^*» ment : ils peuvent être injectés par les veines appartenant à Torgane au milieu duquel ils sont développés , veines avec lesquelles ils communiquent plus ou moins largement. On peut cependant considérer ces vaisseaux comme constituant un système veineux particulier dont la disposition a beaucoup d'analogie avec le système veineux de la veine porte.
Il n*y a point à^artà-ês dans les corps fibreux, du moins 111. U1
les injections ne les ont pas démontrées. Le système veineux suffit pour ces productions d'un ordre de vitalité inférieafy dont toutes les fondions se réduisent à Tacte nutritif.
Il nV a point de nerft dans les corps fibreux. On cherche vainement des filets nerveux dans le tissu cellnlaire plus ou moins lâche qui unit les corps fibreux aux parties voisines. Ces corps fibreux sont d'ailleurs tout a fait insensibles : aussi, lorsque dans Textirpation de ces tumeurs on est obligé de les morceler, de les saisir avec des pinces ou des érignes, les malades ne manifestent aucune douleur soit par le fait de la section , soit par la pression ou la lacération.
Sous le rapport de l'organisation ou de la vie, les corps fibreux occupent le dernier degré de l'échelle animale. Leur organisation, c'est une trame fibreuse vivant à laide du sang veineux dont la circulation se fait par une sorte d oscillation. Leur vie est une vie végétative, bornée à la nutrition et tout à fait indépendante de celle des orgaoes au sein desquels ils sont placés \ et voilà pourquoi saas doute on n'exerce aucune influence sur eux en agissant ^ur l'organisme soit par des u^oyens généraux, soit par des moyenç locaux.
On conçoit d'ailleurs que laccroissement des corps fibreux doive être très variable , suivant que leur circulation est plus ou moins développée. Aussi y a-t-il un certain nombre de ces productions qui restent staiionuaires, d'outrés qui se développent avec une grande lenteur, d'autres enfin dont l'accroissement est extrêmement i-apide et en quelque sorte illimité. Voilà pourquoi quelques-uns de ces corps peuvent s atrophier et cette atropliie constitue le seul mode de guérison spontanée dont ds soient susceptibles. Celte atrophie peut-elle être portée jusqu a la dis* parition com|)lète de la tumeur? Je ne le pense pas, je A eu cvuuiais pas d'exemple bien positif i u&a&s jui vu|)lu-
TftCUOillB CtASSB. MS ItéTAMOItMIOSES. AS9
sieurs fois des corps fibreux se réduire d'une manière très remarquable.
Les altérations consécutives auxquelles sont sujets les corps fibreux sont lœdème, Thémorrhagie, rinflammation soppurée^ la gangrène , la cariilagînification, la pétrification : jamais ils ne sont susceptibles de dégénérer en cancer. Ce sont ces altérations que je vais décrire sous le titre de caractères pathologiques des corps fibreux.
Caractère» patholo^iffues des corps fibreux,
1* OEdime des cor/fs fibreux. L'altération la plus fréquente des corps fibreux est Vwdème dont la présence na l'absence et dont les degrés déterminent la consistance de ces corps. La sérosité qui s'infiltre dans les parties les moins denses en sépare, en isole en quelque sorte les parties les plus denses et donne à la tumeur une disposition lobuleuse ; quelquefois même il arrive que les lobules eux-mêmes sont décomposés en petites masses ou granulations irrégulières , dont la nature fibreuse très prononcée révèle le véritable caractère de la tumeur. Enfin, il n'est pas rare de voir des géodes plus ou moins considérables, plus ou moins régulières, cavités sans parois proprement dites, remplies de sérosité.
Un root sur ces géodes :
Des géodes dans tes corps fibreux. J'ai cru devoir emprunter à la minéralo<;ie cette expression, qui donne une idée parfaite de ces cavités sans parois propres , presque toujours anfractueuses , que présentent si souvent les corps fibreux. Ces géodes offrent des différences remarquables suivant qu'elles contiennent ou ne contiennent pasde liquide. Ainsi il est des géodes sans liquide qui échappent au premier abord, parce qu'elles paraissent constituer un corps fibreux plein ; il en est d autres qui contiennent une plus ou moins grande quantité de liquide.
La qualité du liquide présieDie éguleuieut de nombreuses
Q60 ANATOMIË PATHOLOGIQUE GÉefÉRALE.
variétés : ainsi le liquide des géodes utérines est de la sérosité, le liquide des géodes mammaires est toujours un liquide visqueux analogue à la synovie.
Des kystes dans les corps fibreux. Mais, indépendamment de ces cavités anFractueuses ou géodes sans parois, il se développe quelquefois dans Tépaisseur des corps fibreux de véritables kystes réguliers constitués par une membrane lisse susceptible d'être démontrée par la dissection. Il faut bien distinguer ces kystes formés de toute pièce des kystes qui se produisent dans Tépaisseur d'un corps glanduleux , de la mamelle , par exemple , et qui doivent souvent être rapportés à la dilatation des canaux galactophores. Les corps fibreux mammaires sont d'ailleurs infiniment plus sujets aux productions enkystées que les corps fibreux de Tutérus.
2* Uémorrhagie. Les corps fibreux sont sujets à des hémorrhagies spontam: es : telle est la source des foyers liémorrhagîques enkystés que Ton rencontre quelquefois au milieu des corps fibreux» Dans plusieurs cas de ce genre, j'ai trouvé que les veines superficielles et profondes étaient le siège d'une phlébite adhésive.
3* Inflammation suppurée. Les corps fibreux sont sut* ceptibles d'inflammation et de suppuration. Dans un cas de phlébite utérine, j ai trouvé un foyer de suppuration au centre d'un corps fibreux contenu dans l'épaisseur de l'utérus. Serait-ce par la propagation de l'inflaramatioD des veines utérines aux veines des corps fibreux avec lesquels ces veines communiquent, que se serait produite cette inflammation?
Il faut bien distinguer les cas d'inflammation suppurée du corps fibreux lui-même des cas d'inflammation suppu* rée de la portion de l'organe qui avoisine ce corps fibreux ; cette inflammation suppurée des couches qui entourent les corps fibreux est le mode d'élimination lo plus onlî« naire des coipa fibreux de l'utérus, mode d'élimination qui
s'accompagoe souvent de morcellement, de ce corps, lequel est expulsé par petites masses ou lambeaux infiltrés de pus, dont la véritable origine a été souvent méconnue.
&« Gangrène. C*est a Télat de gangrène que ces corps fibreux sont expulsés, et cette gangrène est la conséquence du travail phlegroasique qui les cerne de toutes parts et les prive des moyens de nutrition. Ils peuvent alors être pris pour un cancer, et cela avec d*autant plus de Facilité que la gangrène e.«t la terminaison In plus fréquente des cancers végétants de l'utérus. Tantôt les corps fibreux sont expul* sésù Tétatde gangrène sèche, et tantôt à Tétat de gangrène humide.
5^ CniUlagmification ^ ossification ou pétrification des corps fibreux. Les corps fibreux, au moins dans certains organeSy sont susceptibles de cariilaginificationy d'ossification ou Ae .pétrification. La pétrification s observe surtout aux corps fibreux utérins.
6* Les corps fibreux ne sont pas susceptibles de dégénération cancéreuse. Il y a incompatibilité absolue entre les corps fibreux et le cancer: cette proposition que j ai formulée en 18A&, devant l'Académie de médecine, dans une discussion sur les corps fibreux mammaires (1), a été Tobjel de vives attaques , et il s'en faut bien qu'elle soit encore généralement adoptée; car, m'a- 1 -ou objecté, si les tissus fibreux normaux sont susceptibles de dégénération cancéreuse , pourquoi les tissus fibreux morbides en seraient-ils exempts ? Les raisonnements par induction peuvent bien être spécieux , mais pour quMs aient quelque valeur, il faut qu'ils soient soutenus ])ar des faits. Or j*ai vainement demandé des faits à l'appui de cette assertion, tandis que j'ai pu invoquer des centaines de hits que j'ai recueillis à la Salpétrière pendant les huit ans que j'ai été attaché à cet hôpital en qualité de médeciu, et
(i) Voyet mon Mémoire cl bi Discussion au«|iiel il a donné lieu dan» Buiteiin dt CAemdiwùê ée mcArcinei i. iX, patfos ^o k 600.
662 âffâTOHR PèrnoLOGiQxn etirÉiiâLB.
affirmer qne je n avais jamais vu de corps fibreux de Poté» rus dégénérés en cancer, liien qu*un grand nombre de ces corps fibreux remontassent souvent à dix, vingt, trente ans et même davantage.
Cette incompatibilité entre les corps fibrenx et le cancer est même si fjrande, qu'il est extrêmement rare de voir la coïncidence d*un corps fibreux de Tutérus avec le cancer du même organe , si bien c|ne lorsqu'une Femme vient me consulter pour un corps fibrenx utérin , j'ai coutume, pour la consoler, de lui dire qne la présence de ces corps est comme une espèce d*immunité par rapport an cancer. Je nie hâte d'ajouter que , dans cette parole, il y a plutôt une consolation bienveillante qu'une vérité démontrée, et que la coïncidence des corps fibreux avec le cancer n^est pas sans exemple : mais, ce qu'il y a de certain , c^est d'une part que l'altération cancéreuse coïncide fort rarement avec les corps fibreux utérins, et qne d'une autre part , dans le cas de coïncidence , la dégénération cancérouse ne se propage jamais du tissu utérin an corps fibreux, qui reste inaltérable au milieu d'une lésion qui envahit tout tissu normal par continuité de tissu. La S|>érialité des espèces morbides en anatomie pathologique n'a jamais été démontrée d'une manière plus péremptoire. il n'en est pas de même pour le tissu utérin simplement fayperirophié, qui semble par l'excès de vitahié dont il a été doné par l'hypertrophie, appeler sur lui la dégéné* ration cancéreuse avec plus d'intensité (1).
Tliéorie de la fonnation des corps fibreux. Je terminerai
(i) M. Ni>l0ion a rapporté on fait douteras cancéreux clans lepaicsenr duquel étaient lo(s^i dei corps fibreux, lesqoeli n'avaient nnltement participe i la dégénération. M. Nonat m*a raconté que sur une femme af- (celée de cancer du niuncau de tanche, un corps fibreux qui avoîaioaii celte pGilion va(;inaie du col utérin était parfaitement sain. Bajie rappoite U'i fait semblable pour la mamelle. On em|iorla une mamelle eanccreuse au milieu de laquelle était un corps fibrevx q«i datait de trente ans. Ce corps fibreux avak sevl éeliappd à la dégénéra tion.
TRIIXIÈI» CLAMB. DBS 1IÉTAMOIIPR08B8. 601
ces considérations générâtes sur les coqis Kbrenx |jar quelques réflexions sur le mode de production de ces onrpSy sur la théorie de leur formation. On a dit que cet corps se produisaient aux dépens de la Bbrine du sang^ épanché, et c est surtout aux cbrps fibreux de la mamelle qu'a été appliquée cette théorie ; mais je crois avoir surabondamment prouvé que le sang épanché hors de ses réservoirs est un corps inerte , un corps mort au sein duquel aucun acte de la vie ne saurait se développer.
Mais aux dépens de quel tissu se produisent les corps fibreux? Est-ce aux dépens du tissu propre des organes, est-ce aux dépens du tissu cellulaire interstitiel, aux dépens du tissu fibreox qui entre dans la composition de ces organes? Les corps fibreux du tissu cellulaire établis^ sent de la manière la plus positive que œs corps peuvent se développer aux dépens de ce tissu : d'une antre part, les corps fibreox de Tutérua qu'on rencontre tonjours libres d'adhérences dès le premier monaeni de leor apparition , jamais continus au tissu propre, ne paraiasent^îb pas avoir leor point de déport dans le tissu cellulaire interposé anx fibres utérines. Enfin, les corps fibreox étant une lésbn générale commune à tous les organes , et non point une lésion apéciole propre à un certain nombre de tiestia^ j'en avais conclu que les corps fibreox , prodtictiona pn* rasitaires , se développaient dans le tissu cellulaire de» organes à la manière des enioioaires (par im blastèfloe , par la lympbe plastique , par dépôt 4élémenti fibrd« plastiques, peu importe ).
Mais, d'une autre prt, l'étude des corps fibreux mam# maires à leor divers degrés de développement^ étaUtI d'une manière positive que ces corps fibreux ont pont siège les grains glanduleux eux-mêmes. Déjà en étudiant, par le secours de la dissection, plusieurs tumeurs maaa • maires extirpées comme des cancers durs ou squirrbes » j^avais pu décomposer ces corps fibreux en granulationa
i{ui représentaient exactement , sauf la consistance, la disposition des grains glanduleux eux^roêoies : or Vétude microscopique de ces tumeurs, suivie avec tant de persévérance par M. Leliert, et dont les résultats sont consignés dans le bel ouvrage qu il publie (1). L étude microscopique, en outre, venant à Tappni de ces dissections , me parait avoir établi que les corps fibreux ont pour siège primitif les grains glanduleux eux* mêmes qui s'hyperlrophient et s'iudurent ; mais mes dissections m ont appris qu'à mesure que Tinduration fait des progrès, les éléments glanduleux disparaissent et 1 élément fibreux reste seul.
Je ne puis donc pas considérer, avec M. Lebert et la plupart des micrographes qui Tont suivi, les corps fibreux comme de simples hypertrophies glandulaires : Thyper* trophie glandulaire peut exister au point de départ; mais pour la production des corps fibreux, il faut qn & l*hy« pertrophie succède la transformation, et dans cette transformation Télément glanduleux disparaît tont entier pour être remplacé par du tissu fibreux. Ce serait nne chose fâcheuse que de détourner lé mot hypertrophie de son acception véritable et de confondre Fhypertrophie avec la métamorphose fibreuse. Il y a un moment où Thypertro* phie proprement dite cesse, et où la métamorphose fibreuse commence. Il ne saurait y avoir hypertrophie glandulaire dans une altération qui , parvenue à son état complet de développement, ne présente plus aucun vestige de tissu glanduleux, et où ne s'opère aucune sécrétion glandulaire.
Au fond, que les corps fibreux mammaires soient formés aux dépens du tissu fibreux de la glande mammaire, ou bien aux dépens du tissu cellulaire de cette glande,oubiea encore aux dépens de Télément glanduleux lui-même, peu importe, c'est loujonrs le même phénomène: et en fiaiisant lupplication de ces idées aux corps fibreux de Tutéitis, je
(f) Traité ffanatomie paUiolotfique gi^néra le et spéciale y Paris, lS55, în-fulîo, a?ec plancbes coloriées, pa(;. 85 ei suivantes.
TfiKiZIÈMË GLAâS£« VES MÉTAMORPHOSES. 665
nie suis demandé si ces corps n^étaient pas produits aux
dépens du tissu propre de l'utérus lui-même ; mais Tétude
des corps fibreux utérins les plus petits, par exemple ceux
du volume d*un pois, d'un grain de mil, m'ont paru dans
un état d'isolement aussi complet du tissu de l'utérus que
les corps fibreux les plus volumineux ; c'est toujours ua
tissu cellulaire làcbe qui les unit au tissu utérin ambiant.
Dans aucun cas, je n'ai pu surprendre la moindre continuité
de tissu entre les corps fibreux utérins et le tissu propre de
l'utérus, et cependant MM. Lebert et Ch. Robin m'ont
affirmé qu'ils avaient souvent trouvé dans les corps fibreux
utérins quelques fibres qui présentaient les caractères
microscopiques du tissu musculaire propre de l'utérus.
Cela posé sur les corps fibreux enchatonnés en général^
je vais lesélttdier successivement dans l'utérus, lesovarres,
les mamelles, les nerfs, les os, etdaos le tissu cellulaire
libre.