‹ Traité d'anatomie pathologique générale (volume 4)Chapitre 24 sur 36 · PREMIER GENRE · texte numérisé non relu

PREMIER GENRE

Gorpi fibreox de roténis.

L*afBnité toute particulière du tissu de l'utérus pour les corps fibreux est un des faits les plus remarquables de la patbologie de cet organe. Après l'époque de la puberté, on observe des corps fibreux utérins dans toutes les conditions et à toutes les périodes de la vie de la femme , chez les vierges comme chez les femmes mariées , che?s les femmes infécondes comme chez celles qui ont eu beaucoup d'enfants , et peut-être plus souvent chez les premières. Dans les amphithéâtres d'anatomie , on les rencontre incomparablement plus souvent chez les femmes très âgées que chez les femmes de moyen âge; si biea qn^on peut dire, d'une manière générale, que les corps fibreux « el plus particulièrement les corps fibreux multiples de l'utérus , sont l'apannge de la vieillesse (1).

(i) Ccpeiubnt j'ni tu anc ]«*itne Hlle de viM|*t-!iix an» dont riiti>'nif, occupé par un curpti fibreux , sVIevait preitqiie au-dcMUS de i*oi|i|iiliÇf> Je o*cii ai jamais rencontré ches lea jeunes filles non pal>èret,

Soas le rapport de la fréquence , je suis convaiacQ que les corps fibreux occupent le premier rang parmi les maladies de l'utérus, je n'en excepte pas même le cancer.

C est dans Tutérus qu'il faut chercher le type des corps fibreux enchatonnés , et la description générale qui pré^ cède a été en grande partie Faite sur ce modèle.

Voici tes particularités les plus remarquables que pré* tenteut les corps fibreux utérins :

Siège des corps fibreux de f utérus. Les corps fibreux peuvent occuper tous les points de la hauteur, de l'ëpaift* seur et de la largeur de Tutérus (1).

La distinction des corps fibreux utérins, sous le rapport du siège y en sous-niugueux ^ sous-péritotiéaux et intersti^ iielSy doit être maintenue. Ceux de ces corps fibreux qui «ont sous-muqiieux ou sous-péritonéaux tendent à se détacher plus on moins du tissu de TutéraSy o'est-à-dire è se pédiculer.

Rappelons ici que les corps fibreux sous-muqueux comprennent non-seulement les corps fibreux qui sont placés immédiatement sous la membrane muqueuse, mais encore ceux qui sont situés sous les couches les plus profondes de l'utérus, de même que les corps fibreux sonspéritonéanx comprennent et les corps fibreux souspéritonéftux proprement dits et les corps fibreux situés sous les couches les plus superficielles de Torgane ; rappelons encore que les corps fibreux interstitiels qui sont plus voisins de la surface muqueuse (|ue de la surface péritonéale , se développent du cdté de la cavité utérine, et que ceux qui sont plus voisina de la suiface péritonéafe que de la surCâce muqueuse, prennent leur développement du cèté de la cavité péritonéale.

' On conçoit qu'à mesure que les corps fibreux se déve«

(t) Quand l« corps fibreux occupe la portion du col qui preëttine dant It cavité da vagin, il prend immédiatement la ferma polype

TBBIZIÈMB GLA8SB. DBS MÉTAM0BPH08BS. Wt-

loppent soit du côté de la cavité utérine, soit du cdté de la cavité péritooénle, ils écartent peu à peu, au point le plus culminant, les couches de fibres utérines qui les séparent, soit de la muqueuse , soit du péritoine, et qu'ils peuveot finir par devenir adhérents à ces membranes dans une plus ou moins grande étendue.

Sous le rapport de la disposition pédiculée, il y a tme distinction importante à étoblir entre les corps fibreux sou&-muqueux et les corps fibreux sous-péritonéaoz ; tandis que ces derniers sont le plus souvent situés immédiatement sous le péritoine , il est assez rare de voir les airps fibreux sous-muqueux situés immédiatement sous lu muqueuse. Presque toujours ils en sont séparés par une couche plus ou moins épaisse du tissu propre de Tutértis ; d'où il résulte que le pédicule des corps fibreux poly|)ifbrmes sous-muqoeux est constitué et par la muqueuse et par les couches adjacentes du tisoa propre. C est donc sur le tissu propre de Tutérus que porte la ligature , la section , larradiement des corps fibreux sous-muqueux; et pour opérer leur enucléation, il fiiut préalablement diviser toutes les couches de tissu utérin qui les séparent de la membrane muqueuse.

J'ajouterai que les pédicules des corps fibreux soos^ péritonéaux « toujours excessivement grêles , acquièreol quelquefois une longueur de plusieurs œniimètres, si bien que ces corps semblent être complètement indépendants de Putérus , et (|ae, sous ce rapport, il est quelquefoia difficile , au lit du malade , de rapporter les thmeui*s flottantes abdominales constituées par ces corps fibreux à leur véritable origine.

J ai vu une tumeur fibreuse du poids de 5 kilogramniee < qui naissait de langle supérieur droit de Tutérus par un long pédicule du volume d'une plume à écrire, et qui était presque entièrement cachée dans Thypochondre droit qu elle débordait à peine. Cette tumeur» qui avait

668^ AMàTOMIE PATHOLOGIQUE GI^^NÉBÂLE.

été prise pour le foie pendant la vie, s était moulée dans la cavité de rbypochondre droit et avait, à peu de chose près , la forme et le volume ordinaire de cet organe. Le foie, refoulé en haut , atteignait la troisième côte. La malade était morte d'asphyxie (1).

Il est digne de remarquer que les corps fibreux souspéritdnéaux, ainsi pédicules, deviennent complètement indépendants de Tutérus, sur le développement hyperirophique duquel ils n'exercent aucune influence. Ainsi plusieurs fois, dans ce cas, j*ai trouvé Tutcrus dans Tétat le plus normal sous le rapport du volume et de la consistance , tandis que je n ai pas rencontré un seul cas de corps fibreux sous«muqueux, même de petit volume, sans hypertrophie plus ou moins considérable de Tutérus.

Nous avons vu (voy. classe des Adhésions) que les corps fibreux sous-muqueux peuvent, en se développant dans la cavité utérine , devenir adhérents à la paroi opposée de cette cavité. Il en est de même , et à plus forte raison, pour les corps fibreux 8ous*péritonéaux relativement au péritoine. Il m'a été présenté un corps fibreux utérin très considérable occupant la fosse iliaque droite, corps fibreux qn*on croyait s être développé sous le péritoine de cette région. Ce corps fibreux naissait de la face postérieure du col utérin par un pédicule très long et adhérait largement au péritoine de la fosse iliaque droite.

Folume des corps fibreux de [utérus. Relativement à leur volume^ cest surtout dans Tutérus qu'on observe tous les extrêmes du volume de ces corps, depuis celui d'un pois, d'un grain de mil , jusqu'à celui que présente l'utérus au neuvième mois de la grossesse et même davantage. Les différences àepoids sont dans les mêmes proportionsdepuis

(t) Pour compléter ceUe ol>»ervatioii , je dirai que le corps libreax •ova-pi^ritonéal que je viens dn décrire avail été refoulé m liant par un autre coip^ fibreux du pi)ids de lo kilogrammes 55o QramnieH,nédans ré|iiii«8eur de la paioi postérieure du coi uiériD, corp« fibreux quii plissait una partie de la cavité abdominale.

THBIZTÈME CLASSE. DBS MÉTAlfORPHOSES. 669

quelques centigrammes jusqu'à 10, 15, 20 kiiogramipes.

Nombre. Sous le rapport du nombrcy le plus ordiDaîrement solitaires, les corps fibreux utérins sont souvent multiples, au nombre de dix, vingt et même bien davantage.

Il est digne de remarque que, dans le cas de corps fibreux multiples, il est extrêmement rare de voir ces corps fibreux affecter le même volume; ainsi, à côté de corps fibreux très volumineux , on rencontre des corps fibreux du plus petit volume, et toutes les variétés intermédiaires, comme s'il existait dans le même utérus plih sieurs générations successives de ces corps : toutefois je suis loin de croire que le volume des corps fibreux soit en raison directe de leur ancienneté.

Forme. Sous le rapport de la forme ^ toujours aphéroïdaux, à moins de cause de compression, ordinaire^ ment réguliers, assez souvent lisses à leur surface, comme s ils étaient enkystés , les corps fibreux utérins sont quel« quefois bosselés, tuberculeux, ou même lobuleux. Dans le cas de division du corps fibreux en lobules, les vaisseaux utérins s'enfoncent dans les intervalles des divers lobules.

Ya^-il des corps fibreux interstitiels pédicules? je veux parler de pédicules émanant du corps fibreux lui-même et adbërant à l'utérus par continuité de tissu ? J'ai trouvé quelquefois une adhérence limitée, mais jamais continuité de lissu.

Connexions des corps Jibreux avec le tissu de tutérus. Les corps fibreux n'ont aucune continuité de tissu avec l'utérus dont ils sont isolés par un tissu cellulaire lâche. C'est cette cellulosité lâche qui remplit les fonctions de kyste d'isolement et qui établit une ligne de démarcation entre le tissu propre de l'utérus et le tissu des corps fibreux avec lequel il présente au premier abord une si p,rantle analogie. C'est la laxité de ce tissu cellulaire ambiant des corps fibreux qui permet leur énucléation, leur arrachement. On dirait que ces corps fibreux ont été

870 MiATom Pànmo&qam cévébalb.

déposés au milieu du tissu propre de l'utirus^à I d'uD enioxoaire , d'un psirasîte.

Je ferai remarquer que la laxité du tissu cellulaire qui environoe le corps fibreux utérin est qoelqueGois si coasidérable, qu'on pourrait comparer ce tissu aux bourses séreusiis multiloculaires sous - cutanées. Telle était k disposition signalée par M. Vemeuil autour d*un corps fibreux à sur&ce pétrifiée , qui a été présenté à la Société aeatomique. Constamment la laxité du tissu cellulaire ambiant m'a paru considérable dans le cas de pétrification des corps fibreux, surtout lorsque ces corps avaient atteint un certain volume.

Il m'est arrivé de trouver des corps fibreux qui adfaéraient intimement au tissu propre de Tuténis , si bien qu'avec le corps fibreux s'enlevait une couche mince du tissu utérin lui-même ; on aurait donc pu croire que ces corps fibreux étaient fermés aux dépens du tissu de TuténiSy et les considérer comme une hypertrophie de ce tissu ; mats Tadhérenco était morbide, et avec un peu d'attentioB il était facile d'établir la ligne de démarcotion : car, ainai que je l'ai dit plus haut, un réseau veineux ferme constam* ment la véritable limite du corps fibreux, bien que dans quelques cas il soit très difficile de distinguer la surfece de la tumeur de la couche voisine adhérente du tissu utérin.

Texture, Les corps fibreux utérins sont constitués par le tissu fibreux le plus dense que l'on connaisse : ce tissu crie sous le scalpel à la manière d*un fibro-cartilage ; son aspect est nacré, lorsqu'il n'a pas subi d'altération ; tentât ce sont des fibres entrecroisées dans toute sorte de directions, un véritable feutrage ; tantôt le tissu fibreux revél la ferme pelotonnée , lobuleuse ou granu«» leuse y et il est fecile d'y reconnaître plusieurs centres ou points de convergence des fibres. Je reviendrai sur cette texture à 1 occasion de l'œdème des corps fibreux Utérins y qui a souvent pour conséquence une aorte de

TBIlZitMB CtàMB. DM HArAMOaFBOSES. «Tl

décomposiiion ou désagrégation des pariiet coDSiilaantea de ce« corps,

C esl dans les oorps fibreux de rutéros et surtout dans les corps fibreux volumineux , qu'on peut bien étudier le système vasculairedes corps fibreux eo général. Un réseau vasouiaire considérable les enveloppe ; ce réseau vascu* laire, qui est entièrement veineux, communique largement avec les veines de Tutérus, qui ont acquis un calibre proportionné au volume du corps fibreux et au développement que le tissu utérin lui-même a subi. D*nne autre part , ce réseau veineux superficiel propre aux corps fibreux , reçoit toutes les veines qui naissent dans l'épaisseur de œs oorps ^ veines propres dont le développement est en raison de la vitalité du corps fibreux lui - même , et qui sont à leur maximum dans le cas d'oedème de ces corps. Du reste , aucune artère utérine ne ro*a paru pénétrer dans les corps fibreux dont la circulation est réduite à sa plus simple expression; aucun vaisseau lymphatique n*y a été démontré ; aucun nerf utérin n a pu y être suivi ; d*où Tiosensibilité absolue de ces corps.

Développement. Le développement des corps fibreux utérins présente de nombreuses différences suivant les sujets. Tantôt il est rapide et en quelque sorte illimité; tantôt il est très lent un circonscrit dans d'étroites limites. Quelquefois, après avoir acquis un certain volume, le corps fibreux utérin reste statioonaire. 11 est même un certain nombre de ces corps qui ne dépassent pas ce qu'on pourrait appeler l'état embryonnaire. Il y a arrêt de développement. Or ces difFérences me paraissent en rapport avec les différences que présente le développement des vaisseaux nourriciers des corps fibreux , et c'est probablement i cause du petit nombre de leurs vaisseaux nourriciers que les corps fibieux sous*péritoaéaux pcopremem diu éprouvent si souvent des arrêts

dan» leur développement, et présentent tous les caractères de Tatrophie; tandis que les corps fibreux sous-péritonéaux que sépare du péritoine une couche plus ou moins considérable de tissu utérin, acquièrent souvent un vo* lume considérable.

En général , les corps fibreux n mcommodent <|ne par leur volume : dans Timmense majorité des cas, ils ne déterminent aucun travail morbide dans Torgane au sein duquel ils sont développés , et peuvent rester inofiensîfii pendant dix, vingt, quarante ans«

Les corps fibreux utérins sont susceptibles it atrophie.

Un fait bien important et que je considère comme positivement démontré , c'est que les corps fibreux utérins sont susceptibles ê^ atrophie à toutes les périodes de leur développement, à Tétat embryonnaire conmie à Tétat complet. Cette atrophie se révèle par une sorte de coo* densation, de flétrissure de ces corps, et de diminution notable de leur vascularisation superficielle et profonde. Un des modes les plus fréquents de cette atrc^hie, c est la pétrification de ces corps, pétrification qui, tantôt occupe leur surface , pour leur former une coque complète ou incomplète; tantôt infiltre pour ainsi dire le corps fibreux et se présente sous la forme de petites masses calcaires régulièrement ou irrégulièrement disséminées dans lepaisseur de ces corps ; tantôt sous ces deux formes à la iFois : or cette pétrification atrophique s observe bien plus souvent dans les corps fibreux les plus petits que dans les corps fibreux d'un certain volume. C'est surtout chez les femmes très avancées en âge qu'on trouve de seiablables pétrifications , qui occupent d'ailleurs rarement toute rétendue du corps fibreux : j'ai vu quelquefois au centre de ces corps fibreux pétrifiés une espèce de magma ou de boue calcaire. Dans les mêmes circonstances, ]*ai vu quelquefois aussi le tissu fibreux en voie dç décom-

TBBIZIÈMC CLA3SR. DES M^AMORPHOSBS. 61%

position se présenter sous Taspect d'une matière pultacée d'une odeur fade ou féti<Ie.

L'atrophie des corps fibreux utérins est un mode de guérison spontanée bien plus fréquent qu'on ne l'imagine : à cette atrophie, qu'il est extrêmement rare d'observer avant l'époque critique , correspondent , soit Tétat station» naire de ces corps , soit une diminution notable dans leur volume, et par-dessus toute chose la cessation complète des accidents, tels que douleurs, hémorrhagies, et c'est dans ces conditions que se trouvaient un grand nombre de femmes de la Salpétrière , qui avaient atteint la plus grande longévité (1).

Cette atrophie des corps fibreux par pétrification n'est pas l'apanage exclusif des corps fibreux sous-péritonéaux; en l'observe aussi , mais beaucoup moins fréquemment , dans les corps fibreux interstitiels et sous-muqueux , et

(t) Un des Tails les plut remarquables de eeUe atrophie que j'aie ptt eonsuier sur le vivant e^t le soivant :

Uue dame avait iié sujette pendant dix ans au moins de ta vie ( de trente-cinq ik quarante-cinq ans}» à des hémorrliagies fomlroyantes dont j*avais rapporté la cause & la présence d'un corps fibreux, sans autre indice qo*ane aognentatioii de volume de rotcrus» Les hémorrbaQtes cet* sent avec les règlet, et bientôt la malade éprouve un en^ourditsement du membre inférieur gauche, engourdissement qui devient plus tard une paralysie du sentiment et du mouvement. Le toucher rectal me fait reconnaître la présence d une grosse tumeur qui remplissait la concavité do sacrum surtout & gauche , et qui comprimait bien évidemment le plexus sacré du même càté. Je ne pus que difficilement soulever cette tumeur qui paraissait adhérente au sacrum , si bien que je me d^ mandai si nons n*avions p.is affaire & quelque fibro-ostéophyte naissant de la face antérieure de cet os. Un traiiemeni longtemps coniiiiué par Tiodore de potassium , les bains sulfureux , les iaxatift, le re|)os, ont réduit œtte tumeur à tel point qu'eu ce moment (il y a bientôt deuic ans que les accidents ont eu lieu } la malade a recouvré le libre mouvement de son membre inférieur; et que la tumeur de la con« cavité du sacrum devence mobile, et faisant évidemment corps avec Tutérus , me parait réduite an tiers environ de son volume pri* mttif.

M h. ▲NATOMIB PATHOLO^IQUB OiNÉIIAU.

alors il D est pas rare de vok le tissu de Tatérus luUaièaie participer à cette atrophie.

Or cette atrophie du tissu propre de Tutérus que Ion observe surtout dans le cas de corps fibreux Diulti|ileS| consiste dans la conversion de ce tissu en une trame filamenieune au milieu de laquelle sont déposés les corps &breux. Il est assex rare de voir dans ce cas le tissu propre de Tutérus revêtir le caractère fibreux, va le mouvement fluxionnaire entretenu dans cet organe par la présence de ces corps. Je n'ai rencontré la tl-a«sfo^ mation fibreuse du tissu de Tutérus que dans les corpi fihreux situés sous la couche superficielle de cet or* gaue. Dans ce cas» le corps fibi*eux est vérîtablemefit enkysté, et son kyste, de nature celluloso-fibreuse oo même entièrement fibreuse, est constitué par le tissu propre de lutériis transformé par suite de la compression et de la distension qu'il a subies, il arrive là ce qiron qbseiwe si souvent dans les muscles de la vie de relation placés diius les mêmes conditions.

Cette atrophie du tissu propre de l'utérus âe s^obserre jamais pendant la période d'accroissement du corps &breux , période qui s'accompague constauiuient d*une by)>ertropl>ieconsiilérable de cet organe, iec|ttel revéttous les caracières qu*il pi*ésente dans la grossesse. Cette hypertrophie utérine est un fait si constant dans le cas Je corps fibicux, qu'un développement considérable de futé- PUS, en dehors de Tétat de grossesse, me parait une présomption considérable en faveur de Texistence d'un corps âbreux utérin.

. Ainsi, Texptilsion spontanée des corps fibreux n est pas le seul moyeu de guérison spontanée de ces corps. Vatrophie spontatiée est un mode de guérison bien plus fréquent et surtout bien plus désirable,

. Nous avons déj:^ vu à l'occasion des kystes acépbalo* cystes quelque chose d'analogue; et j'ai insisté d'une am-

TRKttlitllB CLAS8i£. 0M MéTAltOliMOM^. tll

Dière toute paritrulière sur la fréquence de la giiérisoiî spontanée de ces kystes par une sorte d'atrophie, de racurnisseroem consécutif à la mort spouianée de ces entozoaires.

Donc si Tart pouvait découvrir des moyens propres à produire latrotdiie des corps fibreux de Tutérus, il imiterait le proc(*dé de la nature , comoie il Ta déjà fait en opérant I extraction de ces tumeurs par une espèce d'accouchement artîBciel ; accouchement qu'il a rcnil» plus fiiciledans le cas de cor, s fibreux iros volumineux , par une sorte de dé|iècement ou de morcellemeut de ces corps

Mai< comment agir anr les corps Bbreux ponr les atrophier comment agir sur leur vitalité?

N*avons*noii8 pas vu que la rirrulation et la vie des cor|)shbreux utérins sont en <|iielque sorte indépenduniet de la circulation et de la vie de lorgune au sein duquel ils aont placés; que le léseau vasruluire veineux qui tes envelop|>e de toutes jiarts est le seul intermédiaire entre la circulation des corps fibreux et la circulation générale ; que cette circulation des corps fibreux , qui est toute vei* neuHe, se fait par un mouvement oscillatoire comme dans Ie4 dernières esjièces animales; c|oe le (X)rps fibreux , en un mot , est un parasite qui ne jouît de la vie qu'à son minimum de dével(ip|>emeut et dont toutes les fonctions se résument duns une circulation veineuse et dans un mouvement nutritif.

Ne désespérons pas toutefois : la guérison spontanée par atrophie nous offre une voie nouvelle detiide «c d'observation. Or^ je puis affirmer que sons Tiniluence dé moyens que j'avais indii|ués comme par manière d acquit, etpoiirne|>as les découragera des malades jeunesencore^ pour lesquelles uue abiteniion absolue de tout remède aurait été un arrêt d'mcnrabililé; je puis affirmer, dis-je, que j>i obteou la cewilioo dits accidenta, un ëlai atati^n-

676 ANâTOMIE pathologique GéNÉAAtS.

naire d'abord » puis une rétrogradation manifeste dans le volume de la tumeur.

Or voici les moyens rationnels et empiriques que j'ai mis en usage :

Repos horizontal rendu permanent à lapparition de la moindre douleur et surtout pendant toute la période menstruelle ; autant que possible le bassin élevé; bains alcalins; iodure de potassium à Tintérieur ; quelques laxatifs de temps en temps; badigeonnage avec la teinture alcoolique d'iode sur Tabdomen ; emplâtre de Vigo et de ciguë sur la tumeur; régime substantiel et peu abondant.

N'oublions pas, d'ailleurs, que le moment d'opportunité pour le traitement atropbique est certainement celui qui suit Tépoque critique , attendu qu'aux époques antérieures la menstruation entretient sur l'utérus une fluxion intermittente favorable au développement vasculaire du corps fibreux et par conséquent à l'accroissement de la tumeur.

J'ai dit l'état de Tutérus dans le cas de présence des corps fibreux dans l'épaisseur de cet organe. Cet état, c'est une transformation hypertropbique identique avec celle qu'il subit pendant le travail de la gestation; hypertrophie partielle lorsque le corps fibreux ne se dirige pas du côté de la cavité utérine et par conséquent est sous-péri» tonéal (interstitiel externe); hypertrophie considérable t lorsque placé sous la couche interne (interstitiel interne), il se dirige du côté de la cavité utérine qu'il remplit à la manière du fœtus; hypertrophie limitée au corps, quand le corps fibreux ne remplit que le corps ; hypertrophie occupant toute la cavité de l'utérus, corps et col , lorsque le corps Bbreux remplit l'utérus tout entier (1). Dans ce dernier cas , il serait difficile de différencier anatomiqoe*

<i) VoyM Jmî. patMolo^iiiHej «vae planches, XIII* livr., pi. v.

TREIZIÈME rLAS6K. DES MÉTAMORPHOSES. 677

nieot le tissu de Tutérus rempli par un corps fibreux volumineux du tissu de Tutérus chargé du produit de la conception : dans les deux cas , même transformation de tissu , même aptitude à des contractions expultrices : ce sont ces contractions qui , dans le cas de corps fibreux intra-utérins, déterminent des douleurs analogues a celles de Taccoucheraent ; doù rupture des couches de tissu utérin qui séparent le corps fibreux de la cavité utérine; d'où bémorrhagies quel(|ueFois foudroyantes (1) quil fout se hâter d arrêter parle tamponnement; d'où quel* quefois l'expulsion spontanée de ces corps.

J^ai eu occasion d'étudier les vaisseaux utérins dans le cas de corps fibreux volumineux : les veines utéro-ova« riennes et les veines utérines qui viennent de l'hypogastrique» ont un volume énorme : dans un cas de ce genre où les veines superficielles avaient sillonné la sur«

' fiice de Tutérus» plusieurs avaient le volume d'une très

grosse plume à écrire et même davantage. Les artères

^ n'avaient augmenté de volume que dans une bien moindre

proportion.

t Ch9mgem€nii dt form€ f ne mkit iutéruê Jmns U em$ dt evrpsfihmtx,

r Les corps fibreux qui se développent dans 1 épaisseur

^ de l'uicrus déforment diversement cet organe au point

f qu'il est quelquefois difficile de se rendre compte de cette

déformation et de retrouver la cavité utérine. Cette déformation est évidemment subordonnée à la situation du corps fibreux. Lorsque le corps fibreux est interstitiel ou

(i) J*ai donné det soins à nne femme .^(;ée de rinqntnte ans, qoi, de*

' paît plofîeors anncesi c'prooTait des hénorrhagies pcriodiqurs énormes,

p dont la source était daiisun corps fibreux de luiéru^. X avais été asscs

. benreas pour an*élcr par le lamponnenent plusieurs de ces liémorriia-

(jies, qui avaient réiliiit la nial.i<le à la drrnierc rxtiruiiic. Prévenu trop

tard une dernière fuii, jVus la douleur de la voir cx|iircr au montent où

f arrivais auprès dVIIe.

67S ABTATOVIB MTHOLDGIQTTE OÉtrÉKALB. ^

sons-muqaeux et qu*il occupe Tune ou Tautre des parois de cet organe, le (lévelo}>pemeiit de rulérui? est aussi ré- |[ulier que 6*il était Ia conséquence de la présence du f>roduit de la conception. La pnnn c^nî n'est pas le nége du corps fibreux se moule sur Poutre; la mvité utérine, toujours reronnaissahle, les sépare. J'ai dit les adhérences qui les uuissnient «pieUpiefois entre elles. Lorsque le corps fibreux occupe le fond de Torgane, il en résulte une angnientsition pmpivrtionnelle du diamètre vertical ; la situaiiou des ovaire-s et des trompes qui n est pas changée permet d apprécier , même avant tome dissection, la portion de ce diamètre vertical qui appartient au corps étran{;er.

Gù effet commun de toutes les prrductions fibreuses du corps utérin, cest la dkS|>ariiion ccmiplète du museau de taui'he attiré en himt par le corps étranger; le va^jin se termine alors supérieurement en cul"-de*sac cofioiile , ao fond dntptel est Tonfice du museau de tanche.

Mais cest surtout dans le cas de corps fibreux multiples qu'on observe des déformations considérables de Tuténis, en sorte que, pour s*y reconnaître, il est besoin d'introduire une sonde cannelée dans Torifice utérin, et de diviser Tiitérus sur cette sonde au fur et A mesure de non introduction , pour pouvoir apprécier la position relative et les déviations de forme qu*a subies futérus, moulé en quelque sorte sur les corps fibreux. Quelquefois la cavité utérine est interrouq)ue par des adbétences, et ne peut être retrouvée qu'à une certaine distance. Toutes ces déformations sVxpliquent aisément par la mollesse et la ductilité quac(|uiert Tuiérus lorsqu'il a subi le ramollissement hypertrophiqiie î mollesse, ductilité qui lui peruietieni d obéir à toutes les pressions, à toutes les tractions auxtjuelles il est soumis.

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