I.es corps fibreux sous-péritonéaux et pédicules sont
TlftlSfCm CLA88B. DBS If^AMOSPROMES. 611
les seals qni n'exercent micune influence ni sur la forme ni sur la vitalité de l'organe.
Parmi ces déformations, je signalerai le cas d*un corps fibreux dévelo|>|Yé dans l'épaisseur de la paroi postérieure du corps de Tutérus ; corps fibreux qui avait le volume dés deux poings réunis : le col de Tutérus, étr<»it et très allongé, lui formait un pédicule de 7 à 8 ponces de long, qui avait été pris au premier abord pour le vagin, auquel il faisait snile.
Mais je ne s«iuniis donner un exemple pins remarquable de la ductditë qu'acqui<*rt le coq>sde Tutërus par suite de la présence des corps fibi>eux d;<ns son corps, que le cat représenté XIII* livraison, planche 4.
Dans ce cas, il y avait coincidettoe éé renversement (inva^'inaiion) du vagin et de plusieurs tumeurs fil>reases dont une, très vnlmiiineu^e, oa*upait le corps de rutérua» Il semblerait qne le déveli^ppenient d*unegrisse tumeur fibreuse dans le corps oiérin dut exercer sur rinvagitiation du vagin la même influence que la gr issesse, c'esi-à*dire en opérer la réduction ; et cepen limt dans le cas d«iBt il s agit, la réduction de i'iavagiaaiioo ne seiail |>a8 opérée.
Dit museau de tanche proéminaat à Textërienr partait un long canal c|ui, aa premier coup d œil , représentait la portion spongieuse de Turôire de l'homme , c'était le aol utérin prodigieusement allongé, dont les fiarois étaient amincies et racao lies, et dont la face interne présentait des lacunes tout i fiiit semb.ables aax lacunes du canal de Turèire.
Si la présence d'unoarpa fibreux, de deux ou trois carpe fil»reui, exeixe sur le tissu utérin ime influence hypariro» pliic|4ie, il n'en est pas de même dans le cas de corps fi» breux multiples. Presque tinijours alors la ooncbe de tissu utérin qni les environne et qni les sé|>are est atrophiée et convertie en une trame filamenteuse; souvent
-•s* ASATOMIB FATOOLOGHlOe GÉBÉftAU.
même on troave pliisîeon corps fibreaxjaztaposés mooléi les uns sor les antres.
Pour compléter cetie étade des corps fibreox otérins « j*ai cru nécessaire de jeter no coup d ml rapide sor les altérations consécntives dont ils sont susceptibles; altérations qui peuvent être considérées comme constitnaat leors caractères pathologiques,
Canittèns pmikUc^i^ues Jts eorpi fihnmx mtérimâ.
1^ Œdème. L'œdème on infiltration séreuse des coq» fibreox utérins, est nn des points les plus importants de lenr histoire. Il a pour conséquence le nnno/fissenieiif de ces corps. Par rœdème sont dissociées les masses gtoboleoses qui, par leur tassement » consiituent le plus grand nombre de ces corps. (Voy. pi. S, Xlll* liv.)
Cette dissociation on séparation spontanée des corps fibreux en leurs principales parties constituantes est quelquefois telle dans ce cas, qu'ils sont vraiment méconnaissables*
L'œdème des corps fibreux utérins se produit quelquefois dune manière tellement rapide, que le volume de la tumeur peut doubler en qtielques jours , et qu'à une dureté extrême succède une mollesse fluctuante qui peut en imposer pour une collection de liquide.
D'une autre part, Tinfiliration séreuse donnant aux corps fibreux utérins une grande ductilité , leur permet de céder fecilement aux contractions utérines on aux tractions qui sont exercées sur eux , d'être expulsés spon* tanément ou d'être énucléés par l'art
Les corps fibreux œdémateux m'ont constamment présenté un très grand développement des vaisseaux veineux supei*ficiels et profonds de ces corps. Et , chose remar* quuble, j*ai noté dans plusieurs cas que ces vaisseaux étaient distendus par du sang coagulé et adhérent, et par
conséquent qu'ils avaient subi la phlébite adhésive ou oblitérante. L'œdème des corps fibreux doit donc être classé dans la même catégorie que les œdèmes par oblitération des veines.
Le ramollissement œdémateux des corps fibreux de Tutérus peut être porté au point de simuler une sorte de fluctuation. J ai souvent vu prendre au lit des malades des corps fibreux de Tutérus ramollis pour des kystes de l'ovaire avec fluctuation obscure.
J*ai connaissance d'un cas de ce genre dans lequel deux ponctions furent successivement pratiquées, bien entendu sans issue de liquide. La malade ayant succombé« on trouva qu'on avait eu affaire à un corps fibreux ramolli.
D'un autre côté, on a pris quelquefois des kystes de Tovaire, surtout des kystes à tissu aréolaire, pour des tomears fibreuses.
Mais , avec un peu d'attention, on distinguera parfiiitement celte mollesse , cette fluctuation menteuse de la fluctuation proprement dite ; et d'ailleurs, dans le doute, on prendra le parti le plus sûr, on s'abstiendra.
Sons ce rapport, le fiait suivant que j'ai rapporté ailleurs (1) me paraît des plus remarquables.
M. Pinault (2) présenta à la Société anntomique, en 1826, un utérus régulièrement spbéroïdal, qni égalait en volume l'utérus d'une femme grosse de six mois. Cet utérus avait appartenu a une femme qui était morte dix jours après son entrée à l'Iiépital, et qu'on avait jugée être au sixième mois d'une grossesse. C'était un problème anatomique que M. Pinault proposait à la Société. Jl s'agissait de déterminer la nature de la lésion. L'orifice du museau
(i) Juatomie patholoyiqHt avec figurei (K&IV* livr.) Explication det planches i et 3, p. 4*
()} L'un des membres fondateors de la Société anatomique, aujourd*htti mëdecifi distiogné de Reooes.
662 AtlATOMIE MTBOLOGfQVB GÉlftBALB.
de tanche complètement efliicé était dilaté comme one pièce de cinq francs. A travers cet orifice proéminait une tumeur rouge, molle, fliictnante.
Malgré la mollesse fluctuante de la tumeur, je pensai <]ue nous avions affaire à un corps fihretix , mais è un -coriis fibreux ramolli : cette opinion trouva d*abord beaucoup de amU'Hdirtetirs. lia plupart des membres présents O^oyant recouoattre une fluctuation liquide, admirent qu'il y avait grossesse ou ky.ste. C'était d ai leurs le dîa- 'gnostio qui avait été poné du vivant de la malade. Alors, Introduisant Tindex dans Torifice du museau de taodte, je pénétrai dans une cavité à |>arois continues dans quelques points |ittr des adhérences faciles à vaincre : cViait bi^n évidemment la cavité utéi'ine : donc l'état de grossesse ilait é<*arté.
Je divi-^ai ensuite b paroi antérieure de cette cavité; paroi très épaisse au niveau du corps de rutérus, et très mince au niveau du col. Je fits alors invité è iaire une ponction siuria partir fluctuante de ia tumeur; mais rien ne fc'écoula, au grand étonoetneiu de ceux qui a^aii^nt era à un kyste. Alors, incisHnt avec pi'écautioii la |>ami p«isté^ rieiire d«{ la cavité utérine, je vis (pie , aotts la mwpteuse doublée par une couche mtnoe de tissu otérin , était une tumeur <pril lae fut facile de séparer par éniidéution : cette tumeur était un corps fibit»«x formé de masses isolées dures, globuleuses, de diffixentes dimensions, dont plusieurs» extréineiiieni petites, unies entre elle^i par un tissu cellulaire lâche et infiltré , dans lequel ramfiateot un grand noiubre de vaisseaux. Nous avions donc aflbire à im cor|)8 fibreux ranftolli. On peut considérer ce ramollissement des corps fibreux de Tutérus comme un travail prépnratoit*e potir leur élimination spontanée ; travail tle morcellement qtii pennet à la tumeur de se filer, de s'allonger à travers Porifice utérin, de se présemer par fragments, qui peuvent s engager isolément, anrlir itolé-
TKewtalB CIiAMB. OBS VtTAMMnMES. tSt
ment» lilors qne leur expulsion sponiaoée oa artificktile serait absolumeui impossible si la tumeur se présentait en masse.
La tumeur fibreuse représentée G(j. 2, pi. C, XIII* livr,, offre un type de tumeur fibreuse qui a subi le ratiiolliss»meut cedéuiaieux. Le globe utérin ovoïde présente , A pe« de ch se près, le volume qud u ac(|uis cheE une femme parvenue au neuvièuie mois de la grossesse; en outre, Tutérus, par répais>eur de ses |>orois, par la mollesse de s<in tissu, par le calibre des vaisseaux artériels et ¥et»> neux, représente trait potir trait Tutérus d'une feuima A terme.
La tumeur étail d'une mollesse fluctuante bien remarquable. Sa roi:pe offrait un aspect tout particulier : on y voyait çii et là de^ cavités, d«fs esfièces de géodes i*enfplies de sérosité. Celte tumeur étail traversée par des vais>efHix veineux très considérables, remplis de iang concret et adhérente Les petites masses dont lagglomér^tion ccmstilue les tumeurs fibreuses étaient disjointes, et la séi*osité mn* plis ait leurs intervalles : la mi>llesse de la tumeur rendak son énucléation en masse difficile ; cepentlaiit oo satsissail aisément la ligue de démarcation qui séparati le tissu utérin du tissu de la tutueur.
La femme qui portait cette tumeur avait succombé i une hcmorrliagie provoquée |)ar des doulturs expul» trices. Or jai trouvé la source de cette hrmorrbagie dans de larges ouvertures des sinus utérins, qui occupaient la partie iufêrieure de la tumeur. Cette malade était sujette depuis assez longtemps à des liémorrhagies toujours provoquées par des i^ouleurs expultrices.
L*œilèiiie des corps fibreux utérins révèle mieux que nie le ferait la dissection la plus soi«;née, les variétés de struiy ture de ce.s corps, en les décomposant en leurs élémetils. Or, sous ce |>oiiit de vue, les corps fibreux peuveut se diviser en granuleux ou lobuleux et tn feutrée.
88i ANAT0M1E PATHOLOGiQUifi CÊMliBALE.
Les corps Jibreux feutrés sont constitués par du tissu fibreux donties fibres sontenirecroisëes sur toute sorte de directions, de manière à constituer une masse homogène. Les corps fibreux, granuleux ou globuleux^ au contraire, se décomposent tantôt en masses plus ou moins considérables, grosses comme une noix, une aveline, une pomme, tantôt enfin en fines granulations du volume d'un pois, d'un grain de mil , et ces granulations sont tantôt isolées, disséminées, tantôt groupées et fortement serrées les unes contre les autres. Ces masses lobuleuses et granuleuses tiennent les unes aux autres par du tissu filamenteux, et peuvent quelquefois être enlevées par énucléation. Or chacune de ces musses lobuleuses, comme chacune de ces granulations, représente exactementun petit corps fibreux tout entier aux premières périodes de son développement.
Il importe de distinguer ces tumeurs lobuleuses, dont les parties constituantes peuvent être isolées , mais constituent une seule et même tumeur sous la même enveloppe, des tumeurs composées ^ qni sont formées par la juxtaposition de plusieurs corps fibreux. Ainsi j*ai vu une tumeur fibreuse grosse comme la tête d'un adulte, qui était constituée par une tumeur principale et par plusieurs tumeurs bien distinctes qui s'étaient moulées sur elle de manière à ne former qu'une seule et même tumeur.
Le cas suivant quia été présenté à la Société anatomique en avril 1835, m'en avait au premier abord imposé pour une tumeur composée ; c'était une tnmeuç fibreuse consi* dérable et d'une grande densité. Au centre était une grosse masse constituée parde petits fragments crétacés et fibreux dont les éléments étaient dissociés. Autour de cette masse altérée existait une couche fibi^euse épaisse, du plus beau blanc nacré possible, qui n*avait par conséqtient subi ancnne altération. J'avais cru d'aboid que cette niasse était constituée par deux corps fibreux distincts , l'un à
TDBIZlfeME CLAtôK. DES MÉTAMOaPHOSES. 685
letat sénile, I aulre à letat naissant, dont le dernier se serait moulé sur le premier, mais la coque fibreuse était complète. Ce fait prouve Tindépendance des diverses parties des corps fibreux.
Gest dans le cas d'oedème qu'on peut bien voir la vascolarisation des corps fibreux utérins : le secours des injections artificielles n est rien à côté de cette injection naturelle, qui met parfaitement en évidence le réseaa vasculaire extérieur qui entoure les corps fibreux dans toute leur circonférence, de même que les vaisseaux pro* fonds de ces corps.
Le réseau vasculaire veineux intermédiaire au corps fibreux et au tissu de Tutérus, toujours considérable, même dans les corps fibreux d*un petit volume, de« vient vraiment prodigieux lorsque ces corps fibreux ont acquis un grand volume et surtout lorsqu'ils sont œdémateux. Ainsi, autour d'un corps fibreux oedéma* teux du volume de la tcte dun adulte, jai trouvé des veines du volume du petit doigt remplies de sang coagulé.
Les vaisseaux profonds des corps fibreux ne sont abondants et surtout faciles à étudier que lorsque la tumeur a été décomposée par Toedème en granulations ou en lobules, lesquels sont entièrement isolés les uns des autres, excepté à leur pédicule. Alors chaque granulation, chaque lobule est entouré d'un réseau vasculaire considérable qui pénètre dans leur épaisseur, et au milieu de la tumeur se voient de gros troncs veineux chargés de re« cueillir le sang et de le porter au dehors. La circulation el la nutrition se font donc dans chaque lobule comme dans le corps fibreux tout entier.
Jl y a des cas dans lesquels la vascularisation des corps fibreux est telle qu'on serait tenté de leur donner le nom de tumeurs fibreuses sanguines, et même celui de tumeurs éreeliies.
•M AttATIMIX PATHOLOGIQCm «ÉEtÉRALB.
2® Hémùrrhagies dans tes corps Jibimix. Cette grande vaBcniarisatiuiL d«s corps filyrt'ux explicfue les Foyers héiDorrliagiques quils presenteni queltiueFois. J ai même trouvé dans ud cas des foyers héniorrhagiqnes multiplet, qui paraissaient dater d'ép«)ques diftërentes ei doni la tibrifie et la matière colorante prësemaieni divers degrés d*altëration ; quelquefois cette TibriDe est infiltrée dans l'épaisseur du corps fibreux dont elle a dissiicié les élénsents^ ce qui read le diagnostic anatomique assez difficile.
3® In/lnmwaiion des corps fibreux. Les corps fibreui utérins sont-iU susceptibles d'mfi-nnmatioti ?
Je crois pouvoir répondre atfinnativement à cette question « attendu que j'ai eu occasion de voir tntis fois une inflammation circonscrite au centre du corps fibreux lui-même. Dans un de ces cas, où le pus présentait dans ré|»aisseur du corps fibreux on trajet linéaire, il ai*a semblé que ce pus était contenu daos une veine.
Je dois dire ici que la péritonite est excessivement rare dans le cas de corps fil>reux : cependant j ai vu un cas de péritooite excessivement aiguë, offt'ant toute Tintensité des përitoniies par perforation , survenue chez une femme aftcctée de tumeurs multiples, les unes iuterstitielies-, les autres sous-péritonëales.
Dans un autre cas, Tinfiammatton centrale do corps tSbrewx était accompagnée de gangrène. On conçoit coin« bien il est dilficile de distinguer ce cas des cancers végétants gangreneux, d'autant plus qu'en pareille occurrence le corps fibreux a contracté uue adhérence iutime avec le tissu utérin.
L'étude de rinflammaiiondans les corps fibreux uténas me parait du plus [jraud intérêt, vu la simplicité de Torganisafion de ces corps dans lesquels on ne trouve qu uoe trame fibret^e traversée par des vaisseaux veineux. Or ce
TBWZIÈMK CLA8SS. DBS UéTAUOWWCMS. M7
qui s^eoflamroe daos les corps fibreux, ce nest pa$ le tissu fibreui lui-méuie, mais bien IfS vaisseaux veineux ; ce qui suppure Y ce n est pas le tissu fibreux, niats bien la membrane séreuse qui tapisse les veines; et je trouve dans cette étude de rinflamination dans les corps fibreux uo argument bien puissant en faveur de bi doctrine que je soutiens depuis si longtemps, à savoir : que TinflanH mation a son siège immédiat dans le système veineux capillaire.
Mais dans Timmense majorité cies cas , ce n'est pas le corps fibreux lui-même qui s^enflamme et qui su|v|)ui*e , mais bien la couclie de tissu utérin qui Tenvircmne de toutes parts : dans ces ctmditinns, le ror|>8 fibreux, privé de êê$ moyens de nutrition, se sé|)are complètement dq tissu de Tuiérus, tombe en gangrène, slmprèdue «'oiiiuie une masse inerte du pus qui l'environne, et subit la décom|K>sition putride, d où un éenulemeni d'une borrible fétidilé, fièvre «*OQtinue avec redoublefneni, épuisement, cachexie, toutes les apparences dune cacbexie cancë* reuse.
Voici un cas qui peut servir de type en oe genre. Je Taî observé en 1829.
Maiddme Fariuent .., Agée de quarante-cinq ans environ , éprouvait depuis plus dun an un écoulement pu*» ruleut abondant et extrêmement fétide, accompagné de douleurs hypogastriqiies et d'un mouvement fébrile per« manent; joignes à cela un état g<^néral d*amaigrissement, de cachexie, un teint jaune*paille : aussi a\ait-eile été jugée |jar tous comme cancéreuse ei par conséquent incurable.
Je fus appelé... Or le toucher vaginal et le toucher rectal oe ui'ayaiit fait reconnaître qu*une augmentation de volume dans Tutérus. j*espérai que nous pouvions n avoir aPaire qu'à uu corps fibreux utérin en voied eliminoiioa par suppuration. Je conseillai une bmuie nourriture, sul»-
088 ANATOMIE PATHOLOGIQUK GÉNéRALC.
stantielle et peu abondante, du sirop de quinquina , des injeciions désinfectantes, tantôt avec la décoction de quinquina, tantôt avec leau de Labarraque.
Je prévins la malade que , dans le cas où il s*écbapperait du vagin quelque chose de particulier, elle devrait me le conserver; et, en effet, au bout de deux mois, elle me montra un fragment informe horriblement fétide , mollasse , imprégné de pus, que je plongeai dans de Teau chlorurée , et que je reconnus pour un débris de corps . fibreux. Je touchai la malade et j'amenai une portion plus considérable encore engagée dans Forifice utérin. Plusieurs fragments sont successivement sortis spontanément oa ont été extraits, et la malade n'a pas tardé à reprendre la plénitude de la force et de la santé. Elle vit encore aujourd'hui (février 1855).
&o Gangrène des corps fibreux. Jai eu occasion de ren* contrer une gangrène centrale dans Tépaisseur d'un corps fibreux utérin; et cette gangrène était probablement la suite d*une inflammation. Voici le cas le plus remarquable de ce genre que j'ai observé. Cétait un cas de corps fibreux sous-muqueux sous forme polypeuse dont le pédicule naissait de la lèvre antérieure du museau de tanche et de la portion voisine du col utérin. Ce polype fibreux était tout entier contenu dans le vagin. La section verti* cale de ce polype fibreux montre qu'il contenait à son centre un foyer gangreneux, lequel s'était feit jour par plusieurs pertuis capillaires jusqu'à, la région antérieure du polype , dans Tintervalle des lobules dissociés.
Je dois dire que , dans ce cas , il ma été extrêmement difficile d'établir une ligne de démarcation entre le corps fibreux et le tissu propre de l'utérus, tant Tadhérence était intime. Admettons que ce foyer gangreneux central se fût largement ouvert dans la cavité du vagin, le doigt introduit par cet orifice aurait pénétré dans le foyer gangreneux, ou aurait cru être arrive dans la cavité de ruléros,
TAEIZIÉWE CLASSE. DES MÉTAMOaPHOSBS. 689
et diagnostiqué un cancer. Plusieurs cas de ce {jenre ont éié présentés à lu Société anatomiqne. el il est cfauiant plus important d'être prévenu, que la détermination clinique de ces cas n'est pas aussi difficile qu'on le croirait au premier abord.
5« Pétrification des corps fibreux. De toutes les altérations des corps fibreux lu plus fré(|uente est sans contredit la pétrification de ces corps. Cette pétrification se fait suivant deux modes : tantôt elle forme une coque calcaire complète ou incomplète; tantôt centralement développée, elle constitue des niasses plus ou moins considérables, plus ou moins nombreuses, plus ou moins irré(>ulières, interposées aux parties fibreuses de ces corps. Cette pétrification peut s'emparer des corps fibreux à Tétat naissant, et c'est surtout dans le cas de corps fibreux sons-péritonéaux que j'ai observé ce fuit; elle peut d'ailleurs les saisir à toutes les périodes de leur développement, et j'ai déjà dit que je considérais cette lithiase des corps fibreux comme une atrophie de ces corps, comme leur état sénile ou caduc, par suite de l'oblitération ou de la diminution notable de leurs moyens de nutrition.
Je n'ai jamais vu d'ossification proprement dite de corps fibreux utérins , ou du moins je n'en ai conservé ni souvenir, ni notes, mais je n'en nie pas la possibilité.
6' Cartilaginification des corps fibreux» Quant à la carlilaginificntion des corps fibreux, j'en ai noté plusieurs exemples, surtout dans le cas de corps fibreux d'un petit volume; mais une étude plus attentive de ces corps m'a montré qu'ils étaient formés par du tissu fibreux extrêmement condensé.
7* Kystes des corps fibreux. On peut admettre dans Tépaisseur des corps fibreux deux espèces de kystes : 1^ des kystes irréguliers sans parois, ou géodes (|ui sont la conséquence de l'o^lème dont le liquide, infiltré d'abord dans l'épaisseur du corps fibreux , se réunit en masse m. A4
plus OU moins considérable dans une cavité anfractnease, et dont les parois sont constituées par les lobules dissociés du corps fibreux lui-même; 2* des kystes réguliers a?ec parois propres susceptibles de dissection. M. Barth en a communiqué, en 1852, à la Société . anatomique , un exemple dont voici le résumé :
La tumeur fibreuse , qui avait le volume de la tête d'an adulte, était creusée à son centre d*une cavité contenant trois litres d*un liquide jaune-citron. Cette cavité était régulière, ses parois extrêmement épaisses et vascalaires, étaient constituées par un corps fibreux ramolli. Ce corps fibreux était sous-périlonéal et naissait par no pédicule de la face antérieure du corps de Fuiéms qui était sans hypertrophie. Les deux ovaires étaient intacts.
Enfin , il est des kystes pour ainsi dire mixtes dont la plus grande partie est formée par une membrane fibreuse et qui sont en quelque sorte complétés par le tissa du corps fibreux lui-même. Tel est le cas représenté XIIl* lïvr., pi. &. Une tumeur fibreuse volumineuse, qui occupait le fond de Tutérus, était prolongée en haut par un kyste séreux très considérable qui en quadruplait le volume. Ce kyste semblait formé dans Tépaisseur et aux dépens de la tumeur fibreuse, dont la substance ou trame était à nu dans l'intérieur du kyste. Les parois de ce kyste étaient formées de deux feuillets, dont Tun intérieur, mince , d'apparence séreuse ; l'autre extérieur, fibreux, très dense, se continuant avec le tissu propre de Tutérus aux dépens duquel il était probablement formé.
La coexistence d'un kyste séreux et d'une tumeur fibreuse de Tutérus, Tun et l'autre constituant la même tumeur, est un fait remarquable. Il trouve son explication dans d'autres observations où les tumeurs fibreuses étaient infiltrées d'une quantité plus ou moins considé-
rable de sérosité, et où cette sérosité faisait collection dans un on plusieurs points.
S* De Fascite dans le cas de corps fibreux utérins. Nous avons vu que la péritonite était excessivement rare dans le cas de corps fibreux utérins; il en est de même de Tascite et de l'œdème des membres inférieurs. Cependant j ai observé dans mon service, à Tliôpital de la Charité, plusieurs cas de ce genre. En voici deux exemples :
Première observation. Dans un cas d'ascite survenu chez une femme affectée d'un corps fibreux utérin depuis plusieurs années, la ponction, devenue indispensable, fîit pratiquée. Elle ne tarda pas à être suivie d'une seconde , ijiune troisième, etc. La malade succomba par suite de péritonite aiguë à la vingtième. La tumeur fibreuse était sous-péritonéale; elle avait le volume de la tête d'un fœtus à terme.
L'ascite, dans le cas de corps fibreux sous-péritonéaux, est la conséquence d'une hydrophlegmasie du péritoine , et non de la compression des veines pelviennes ott abdominales.
Deuxième observation. Cne femme âgée de quarante ans entra le 20 novembre i8&6 salle Saint-Joseph, 16, pour une ascite qui datait de six ans, et pour laquelle elle avait subi la ponction soixante fois. Cette femme mourut subi* tement le lendemain de la dernière ponction, dans un état syncopal.
Ouverture. Abdomen rempli de sérosité sanguinolente; péritoine tapissé par une membrane extrêmement dense de plusieurs millimètres d'épaisseur; trace non équivoque d'une pseudo-membrane organisée; tumeur du volume des deux poings réunis qui occupait le fond de l'utérus dont elle semblait la prolongation; ovaires et trompes parfaitement sains et établissant par leur position une ligne de démarcation entre l'utérus et la tumeur.
La tumeur fibreuse avait subi une altération très remar-
692 ANATOMIR PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
quable que je crois devoir décrire ici parce qu'elle fui jugée cancéreuse par plusieurs observateurs.
Cette tumeur est bosselée à sa sur&ce, de couleur violacée, molle, d*une mollesse fluctuante dans quelques points, si bien qu'on eût pu croire qu'elle était sur le point de s'ouvrir. Son tissu, d'une couleur lie de vin foncée, est pénétré de sang comme une éponge; il se déchire avec Facilité; il y avait çà et là des foyers de sang altéré constitués par de la fibrine jaunâtre , et des amas de sang liquide ou de sérosité sanguinolente non cohibés, infiltrés entre les éléments de la tumeur. C'était un de ces amas de sang liquide qui en soulevant Técorce de la tumeur déte^ mipait et les bosselures de la surface et la fluctuation. Je n'avais jamais vu de tumeur fibreuse aussi fragile. Le doigt enfoncé au milieu de ce tissu en écartait sans résistance les divers éléments. C'était d'une part la fragilité, d'une autre part l'immense vascularité de la tumeur qui avait éloigné de l'idée du corps fibreux et fait admettre une tumeur encéphaloïde primitive ou une dégénération encéphalufde iun corps fibreux.
Mais il me fut facile de réfuter cette opinion en démontrant : 10 qu'il n'y avait nulle part de suc cancéreux ; 2^ que, dépouillée du sang qui l'infiltrait de toutes parts, la tumeur présentait de la manière la plus manifeste des granulations ou petits lobules irréguliers, lesquels offraient tous les caractères des éléments des corps fibreux. Dailleurs, le corps et le col de l'utérus contenaient un certain nombre de très petites tumeurs fibreuses parfuiteinent caractérisées dont quelques-unes étaient de couleur violacée.
Les veines urétro-ovariennes étaient énormes , surtout la droite : elles longeaient les trompes derrière lesquelles elles étaient placées, et, parvenues sur les côtés du bassio, se réfléchissaient de bas en haut. Par opposition, les artères utéro-ovariennes n'avaient nullement augmentéde
calibre. Ce fait vient à Tappui de mon opinion sur le rôle prépondérant que joue le système veineux dans toutes les productions accidentelles.
Du reste , la tumeur fibreuse principale était sous-péritoncale, ou plutôt elle n'était séparée du péritoine que par une coque on kyste fibreux probablement formé aux dépens de la coucbe de Tutérus sous laquelle elle s*éiait développée.
9* Les corps fibreux utérins peuveni-ils devenir cancéreux ? Non, mille fois non : à ce point que, lors même que Tutérus tout entier subirait la dégéncration cancéreuse, le corps 6hrcux resterait inaltérable.
Ainsi, j'ai trouvé dans l'épaisseur de l'utérus une tumeur fibreuse qui était entourée de toutes parts par nu tissu encéphaloîde ramolli. Cette tumeur, (|ui n'avait nullement participé à l'altération cancéreuse, était en grande partie énucléée.
Chez une femme morte des suites d'une opération de cancer mammaire, qui avait nécessité l'ablation des muscles pectoraux et la mise à nu des côtes, j'ai trouvé une tumeur encéphaloîde qui naissait par un large pédicule de la partie inférieure et antérieure de l'utérus ; et en même temps une tumeur fibreuse du volume de la tète d'un enfant à terme , développée dans l'épaisseur de la paroi postérieure de l'utérus et proéminant dans la cavité utérine. Cette tumeur, qui présentait les caractères du tissu fibreux le plus pur, était entourée d*un tissu filamenteux très lâche, qui aurait permis son énucléation facile, si des adhérences insolites et très remarquables n'avaient existé dans un certain nombre de points entre le tissu de l'utérus et la tumeur. Ces adhérences étaient si intimes qu'il semblait y avoir à leur niveau continuité de tissu.
Quant à la question de savoir aux dépens de quel élément organique se développent les corp» fibreux utérins , si c'est aux dépens du tissu propre, ou si cVst aux dépens de la
69 A ARATOMIE PATHOLOGIQUE GÉHÉKALE.
petite quantité de tissu cellulaire qui est interposé aux fihres (1), je dirai qu'à moins d'adhérence (et les faits démontrent que cette adhérence est consécutive). Je n'ai jamais vu de continuité de tissu entre les corps fibreux et les fibres utérines , que la Ugoe de démarcation est aussi tranchée , dès les premiers moments de lapparition du corps fibreux à Tétat naissant , qu'elle le sera plus tard, lorsque le corps fibreux aura acquis un grand volume. Cependant il ne me répugne nullement d'admeltre que ces corps fibreux soient formés aux dépens des fibres utérines elles - mêmes : le microscope a démontré à MM. LebertetCh. Robin les fibres utérines mêlées dans des proportions diverses au tissu fibreux dans un grand nombre de cas ; mais surtout qu'on n'appelle point ces corps fibreux une hypertrophie du tissu de l'utérus,, car il y a là y non une simple exagération de nutrition , mais bien métamorphose et production de tissu.
Les polypes sous^périîonéaux peuvent se produite : 1® dans le tissu cellulaire sous-péritonéal ; 2^ sous la couche la plus superficielle de l'utérus. Il serait bien possible que toutes les productions fibreuses qui paraissent sous-péritonéales se fussent primitivement développées sous la couche superficielle de l'utérus , laquelle aurait été écartée ou transformée : de même qu'il serait possible que les productions fibreuses qui paraissent sousmuqueuses se fussent primitivement développées sous les couches les plus internes
Ces corps fibreux sous-péritonéaux sont d'abord sessiles; mais à mesure qu'ils augmentent de volume, ils se détachent de l'utérus auquel ils ne sont unis que par un tissu cellulaire très lâche, puis ils se pédiculent, et quelquefois le pédicule acquiert une longueur tellement
(i) Je doifi avouer <|U* yt n'ai jamais pu démontrer anatoaiiqu^menl l'esiatence <le œ li«iu celiolalre, 4}ae je n'admcit f|tt« raimndl» daua c<:l organe comme la trame de tous lei liiiua.
TaSIZIÈME CLASSE. DEâ META MOBPH OSES. 695
considérable que leur diagnostic devient quelquefois très difficile 9 parce qu'il est presque impossible de les rattacher à Tutérus ; il est même arrivé quelquefois qu a Tau* topsie ce pédicule ayant été pris pour une adhésion accidentelle, on a pu être induit en erreur sur leur véritable origine»
Ainsi y un corps fibreux qu'on me présenta comme un exemple de corps fibreux sous-péritonéal de la fosse iliaque interne , n était autre chose qu*un corps fibreux sou»-péritonéal, né du col de Tutérus et devenu adhérent au péritoine de la région iliaque gauche : dans la même catégorie se place une tumeur fibreuse sous-hépatique tenant au fond de Tutérus par un pédicule extrêmement loogy tumeur qui avait refoulé le foie en haut.
Si les corps fibreux sous-péritonéaux se détachent bien plus complètement de lutérus que les corps fibreux sous-muqueux » c'est à cause de la traction produite sur leur pédicule par le poids de la tumeur, traction qui ne trouve aucun obstacle de lu part des viscères abdominaux.
De rtifvitîoa tçaounée des corps ibr«ai utériot bon l'état de ^roisesse-
Cette expulsion spontanée n est pas fort rare. Elle est la conséquence de la transformation de tissu qu*a subie Tutérus, et de la contractilité musculaire qui accompagne cette transformation.
Cette expulsion suppose, d'une part, que le corps fibreux pro'éminait dans la cavité utérine » d'une autre part, que la couche de tissu qui sépare la tumeur de la cavité utérine a été usée^ lacérée par le fait des contractions utérines, en sorte que la tumeur passe par une sorte d enucléatioa spontanée du lieu dans lequel elle a pria son développement dans la cavité de l'utérus qui
1 expulse par le mécanisme de raccouchement au milieu clV.n écoulement de san^ pins ou moins abondant.
Une femme, âgée de (|uarante-cin(| ans, qui n'ofFî*ait d'ailleurs aucun signe de grossesse, expulsa au milieu de douleurs utérines, d'efforts et de perte de sang, un corps aplati qu'on me présenta comme une fausse membrane, que d'autres praticiens regardaient comme un caillot sanguin organisé, et qu'il me fut facile de reconnaître pour un corps fibreux allongé, ramolli, altéré. Cette malade assurait que trois mois auparavant elle avait expulsé un corps tout semblable, à la suite des mêmes accidents.
Cette expulsion spontanée des corps fibreux se fait ordinairement au milieu de douleurs régulières , expultrices, qui durent plusieurs jours, plusieurs semaines, et sont accompagnées d'une hémorrhagie plus ou moins considérable. Presque toujours l'expulsion se feit en plusieurs temps, je veux dire par fragments; elle peut avoir lieu spontanément; elle peut être facilitée et corn* plétée par le chirurgien. Les altérations, le morcellement, la macération, le ramollissement qu'a subis le corps étranger favorisent singulièrement cette expulsion.
Dans un certain nombre de cas , c'est à la faveur d'une inflammation éliminatrice, d'une suppuration abondante et fétide que les corps étrangers sont expulsés spontanément. J'en ai rapporté plus haut un exemple remarquable.
L'expulsion spontanée des corps fibreux a conduit le chirurgien à l'extraction artificielle de ces corps; et sous ce rapport, on peut dire que la chirurgie moderne, appuyée sur l'étude anntomique de ces corps , a fait des merveilles. Des corps fibreux , gros comme les deux |
poings , comme la tète d'un enfant et même davantage, j
ont été extraits par une espèce d'accouchement : le pro- j
cédé du morcellement ou de la fi*agraentatiou,qui consiste il diviser incomplètement le corps fibreux en tranches
TBEIZIÈMK CLAS!$Ë. DES MÉTAMORPHOSES. 697
successives à mesure (|u*on Tattire au dehors est, à cet égard, un grand perFectionnement.
Pourquoi faut-il que ces grandes et belles opérations ne soient pas toujours suivies de succès? J*ai vu plusieurs fois , à mon bien grand regret , le lendemain , le surlendemain, quatre, cinc] jours après l'opération , se déclarer des vomissements, des hoquets, un pouls petit, misérable, avec allération profonde des traits , angoisse inexprimable, et la mort survenir ou rapidement ou après une longue lutte, et cela quelquefois sans douleurs locales, sans péritonite , sans infection purulente , sans abcès pelviens; la vitalité si capricieuse de Tutérus, lui permet tantôt de tout supporter impunément , tantôt de ne rien supporter.
N'oublions jamais que Textirpation des corps fibreux n est nullement nécessaire à raison de leur nature, qu elle ne peut être mise en question que lorsque leur présence est accompagnée d'accidents qui compromettent la vie, et même le plus ordinairement lorsque la nature a commencé d'elle-même le travail d'expulsion.
Il arrive quelquefois que les corps fibreux descendent en totalité on en partie dans le vagin , et ne peuvent franchir son orifice inférieur. Je rap|)ellerai à ce sujet le fait suivant communiqué à la Société anatomiqae par M. Barth :
Une femme, qui n'était nullement grosse, vit une tumeur se présenter à la vulve. Cette tumeur se gangrène : une sage-femme crut à un renversement de l'utérus et fit les plus grands efforts pour en opérer la réduction. M. Barth, appelé, reconnut tout de suite un corps fibreux et, pour complément de diagnostic, s'assura par le cathétérisme de Turètre qu'il n'y avait pas de déplacement de l'utérus : le corps fibreux avait été en presque totalité énucléé par les seuls efforts de la nature, M. Barth compléta l'énucléation à Taide du doigt et de la
598 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
sonde cannelée , et débarrassa imraéd ta tentent la malade de ce corps étranger.
Pour terminer ces considérations générales sur les corps fibreux utérins , il me reste à parler du rôle qu'ils jouent relativement à la grossesse et à Taccouchement.
Des corps fibreux utérins dans Tétat de grossesse pendant et après l'accouchement.
L'étude des corps fibreux utérins dans leurs rapports avec la conception, la grossesse et laccoucbement , est un des points les. plus intéressants de l'histoire de ces corps.
On peut se demander ; i^ Si la présence des corps fibreux utérins peut s opposer à la conception et entraver le développement du fœtus;
2'' Si elle peut mettre obstacle à raccouchement ;
V Si elle peut être la source d accidents consécutifs.
Les faits permettent de répondre à ces diverses questions d'une manière positive.
Des corps fibreux utérins dans [état de grossesse. Non : la présence d'un corps fibreux ou de plusieurs corps fibreux dans l'épaisseur dçs parois de l'utérus, même quand ils ont un volume considérable, mêroie quand ils sont multiples, n'est pas un obstacle à la conception, n'est point un obstacle au développement du fœtus*
Le fait représenté (XI* livr., p. &5), (^ne je dois à l'obligeance du regrettable professeur Desorineaux , est un des plus beaux exemples de ce genre. La figure représente l'utérus d'une femme morte de péritonite (juelques jours après l'accouchement. Une tumeur fibreuse interstitielle du volume de la tête d'un fœtus à terme occupait le fond de l'organe \ sa densité , sa blancheur nacrée contrastaient avec la mollesse et la vascularité du tissu utérin du miliea duquel elle put être enlevée par énucléation et sans le secours d'aucun instrument.
TBElZIÈMfi CLAStUK. 0E8 MBTAMOaPaOSES. ôftft
Maia on couçoit que la présence de tumeura fibreuses doive donner à l'utérus » dans 1 état de grossesse , une forme iusolite variable suivant leur siège, suivant leur nombre, et bien propre à désorienter le praticien. Dans un cas de ce genre, on crut à l'existence de plusieurs enfants. Il n'est d'ailleurs nullement démontré que la présence de ces tumeurs soit une cause d'avorlement. Un grand nombre de faits tendent à établir le contraire.
2* Pendant l'accouchement^ les corps fibreux peuvent rendre le travail plus long en diminuant Tefficacité de la contraction utérine , mais ils ne peuvent s'opposer à laccoucbemeot que dans le cas où ils occupent le col utérin , et où, par leur développement dans Texcavation du bassin, ils présentent au fœtus un obstacle mécanique presque insurmontable.
Tel est le fait suivant qui a été présenté à la Société anatomique au nom de M. Huguier (décembre i85ft).
Une femme grosse portait une tumeur fibreuse qui remplissait l'excavation du bassin. La grossesse avait été bien constatée par les mouvements et surtout par les bruits du cœur, du fœtus. Or, le tenue de la grossesse arrivé, les douleurs expukrices s étant déclarées et Taccouchement par les voies naturelles paraissant absolument imipossible , on se décida à pratiquer l'opération césa* rienne , bien que l'auscultation eût constaté la cessation des bruits du cœur, et par conséquent la mort de l'enfant. La malade succomba.
La pièce anatomiquç présentée à la Société a permis de constater que l'excavation pelvienne était remplie par un corps fibreux ovoïde ayant 29 centimètres de circonférence. Ce corps fibreux était situé dans le cul-de-sac recto-vogino-utérin, entre le vagin et Futérus qui étaient en avant, et le rectum qui était en arrière. Il était libre d'adhérence dans toute sa circonférence, excepté à son point d'insertion ou pédicule qui se détachait de la partie
700 ANATOMIË PATHOLOGIQUR GÉNÉRALE.
inférieure et postérieure du corps de rutéms. Ce pédicule était constitué par une couche mince de tissu utérin, qui le séparait du péritoine. En outre , le corps de Tutérus présentait à son fond trois tumeurs fibreuses dont deux* interstitielles, avaient le volume d'une grosse pomme, et une, moins considérable, qui était sous-péritonéale, était pédiculée. Les ovaires et les trompes étaient dans l'état le plus naturel.
Assurément il n*est pas en médecine obstétricale de cas plus embarrassant que cette coïncidence de tumeurs fibreuses remplissant Texcavaiion du bassin avec fétat de grossesse. On cite quelques exemples de réduction spontanée de corps fibreux pelviens à mesure que la tète pénétrait dans Texcavation, mais ces cas sont exceptionnels.
Il est bien évident que si, dans le cas précédent, le corps fibreux , au lieu de s'être développé du côté du péritoine, avait pris son accroissement du côté de la cavité utérine, et avait plonjjé dans le vagin , on n'aurait pas hésité à opérer Pextirpation de ce corps fibreux avant de tenniner l'accouchement.
8* Aprh F accouchement^ les corps fibreux peuvent-ib être la source d'accidents consécutifs f
Après l'accouchement, les corps fibreux peuvent en imposer, au moins quelques instants, pour un second foetus: peut-être aussi leur présence peut-elle favoriser riiémorrhagie en rendant plus difficile ou moins complet le retour de l'utérus sur lui-même. Enfin, la présence de ces tumeurs utérines peut devenir une cause de métrite» de métro-péritonite. La malade qui fiiit le sujet de la planche 5, XI* livraison, a succombé à une péritonite.
Ainsi , M. Monod a présenté à la Société anatomique l'utérus d'une femme âgée de trente-trois ans , qui était morte de métrite, trois jours après l'accouchement (c'était sa quatrième grossesse) : pendant la dernière grossesse» on avait reconnu à travers les parois abdominales que
Tnei/JÈMK CLASSE. DES MÉTAMOBPHOSES. 701
Tutérus était incgalenient bosselé, et cette disposition avait fait croire à une grossesse composée.
I/exaroen de l'utérus montra qu'il existait dans 1 épaisseur de cet organe un grand nombre de tumeurs dont les unes avaient le volume du poing, les autres celui d*une aveline. I^a plupart étaient ramollies et infiltrées de sérosité; quelques-uues étaient infiltrées de sang et même présentaient des foyers bémorrhagiques. Les coucbes les plus profondes de Tutérus étaient gangrenées, toutes les tumeurs s'enlevaient par énucléation au milieu du tissu de Tutérus ramolli.
Je ne doute nullement que si la malade eût vécu , plu* sieurs de ces tumeurs n'eussent été spontanément expulsées.
C'est ce qui est arrivé un assez grand nombre de fois. Voici un fait que j'ai observé à Montpellier en décembre i82A:
Madame Caiz , déjà mère de plusieurs enfants , devient grosse et accouche naturellement. Quatorze jours après, douleurs utérines aussi vives que celles de l'enfantement; écoulement infect de matières purulentes ; rétention d'urine qui oblige d'avoir recours à la sonde. Le seizième jour, en sondant la malade , on s'aperçoit d'un corps qui tend à se précipiter hors du vagin. On le refoule : la nature, mieux avisée que l'art, l'expulse entièrement. Un second corps étranger se présente : cette fois on favorisa son expulsion. Un troisième, assez volumineux, se pré» sente encore, et avant de procéder à son extraction , on voulut connaître mon avis sur la nature de ces corps, que le praticien, qui donnait ses soins à la malade, n'avait pas pu caractériser. Je reconnus des fragments de tumeurs fibreuses ramollies, altérées. Les petites masses arrondies qui constituaient ces tumeurs étaient réunies par des filaments fibreux , comme noueux. La détermination de ces corps étrangers une fois bien établie, on procéda tout
702 ANATOMie FATHOLOGIQCIE GÉNÉftALfe.
de soite à Textriiction de ce qui restait du corps étranger. L'écoulement pnmlent d'odeur putride ne tarda pas à disparaître, et la malade guérit parfoitement.
Les choses se terminèrent, au contraire, d'une manière fiàcheuse sur une jeune femme de vingt-trois ans , fille d'un de nos confrères. Après un accouchement des plus naturels, Tacconcheur voyant que l'utérus ne revenait pas sur lui-même , crut à la présence d'un second enfiint. Douleurs utérines expultrices. M. le professeur Moreau appelé (c'était chez un de ses parents et en province) , reconnut, au lieu d'un fœtus retardataire qu'on lui avah annoncé, un corps fibreux morcelé, décomposé , qu'il parvint à extraire en une seule masse; et néanmoins la malade mourut quelques jours après. J'ai examiné cette tumeur, qui offrait tous les caractères des corps fibreux, dont les éléments désagrégés se présentaient sous Taspect de granulations fibreuses réunies entre elles par de longs filaments noueux.
Il* GENRE.
Corps fibreux de Tovaire.
Il faut bien se garder de confondre les corps fibreux tous-péritonéaux pédicules de l'utérus avec les corps fibreux de l'ovaire. L'erreur serait d'autant plus facile au premier abord que ces corps fibreux sons-péritonéaux naissent quelquefois des angles de l*utérus ou à leur voisinage» et sont supportés par un pédicule très peu épais que j'ai vu 9 de 9 centimètres de longueur et même davantage.
La présence des ovaires à leur place accoutumée permettra d'éviter à cet égard toute espèce d'erreur.
La première question qui se présente à l'occasion des corps fibreux de l'ovaire , c'est de déterminer si ces corps sont une véritable production développée au sein néme de l'ovaire, ou s'ils sont une simple transformation
TREIZIÈME CLASSE. DES MiTÂMORPHOSES. 7 OS
de tissu. Cette distinction est ici impossible et d^ailleurs dépourvue d^intérét. Le tissu de Tovaire est toujours absorbé par la tumeur : jamais d^énucléation possible.
Les corps fibreux de Tovaire présentent d'innombrables différences de volume, et pour ainsi dire les deux extrêmes. J*en ai vu qui ne dépassaient pas le volume d*un pois chiche; j^en ai vu un qui pesait quarante-six livres. La disposition kysteuse se mêle quelquefois à cette transformation et y prend une part plus ou moins considérable : ainsi j'ai vu des tumeurs de Tovaire mixtes, dont une partie appartenait au tissu fibreux le plus pur, et dont l'autre partie prétentait des kystes de divers ordres, et plus particulièrement la Forme kysteuse aréolaire sur laquelle jai si longuement insisté. (Voy. Kystes de l'ovaire.)
Rappelons que les kystes aréolaires de Povaire ont tous une charpente fibreuse ; que quelquefois leur charpente fibreuse l'emporte sur la partie kysteuse dont les mailles deviennent de plus en plus serrées, et les parois de plus en plus épaisses.
On peut admettre dans les ovaires une transformation fibreuse airophtque et une transformation fibi^use hyperîrophtque,
La transformation fibreuse atrophique est le mode d'atrophie le plus ordinaire chez les vieilles femmes.
La transformation fibreuse hypertrophique s*observe au contraire chez les femmes adultes et même chez les Jeunes femmes. Tantôt elle n'occupe qu'un seul ovaire , tantôt elle envahit les deux ovaires. Les causes de stéri* lité par lésion de structure des ovaires sont plus communes qu'on ne le pense (1).
Le bit suivent m'a paru pouvoir servir de type comme
(i) J'ai déjà dit eonbitii fr^oentM sont les «iéfiiiié« par wlhëftion Mil dat trompas , toit da loTaira; adh^on qai na permec paa la jau libfa daa oi^aoat.
704 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GBKÉBALF.
corps fibreux des ovaires. Il a été présente à la Société anatoinique en mai 1854.
Chez une jeune femme, âgée de vingt*six ans, qui n*avait pas eu d'enfants, les deux ovaires étaient remplacés par deux corps fibreux dont le plus considérable avait le volume de la léted'un fœtus de sept mois et dont TaiUre avait un volume moindre d'un tiers. Leur surface était légèrement bosselée , leur dureté considérable : leur section nous montra qu'ilfi étaient constitués par un tissu fibreux très dense enroulé à la manière des corps fibreux de Tutérus. Ce tissu ne pouvait se lacérer ni par les plus fortes tractions ni par les plus fortes pressions. Il était uniforme dans toute Tétendue de la tumeur. Point de trace du tissu de Tovaire. Un de ces corps fibreux présentait à sa surface un kyste séreux qui aurait pu contenir une pomme d api (1).
Les deux tumeurs qui représentaient les ovaires tenaient à Tutérus de la manière accoutumée. Les trompes, appliquées contre leur face antérieure , imprimaient leur trace par un léger sillon.
J'ai dit que la transformation des ovaires en corps fibreux était une conséquence fréquente des progrès de 1 âge. En voici un exemple :
Sur une vieille femme , j ai trouvé les deux ovaires convertis en deux masses fibreuses du volume d'un œuf de pigeon , d'une dureté cartilagineuse ^ profondément sillonnés et comme ratatinés à leur surface, qui était divi* sée en lobules. D'une rainure profonde, située à leur surface inférieure, partaient de nombreux vaisseaux veineux.
La section de ces corps m'a montré une texture fibreuse très dense et même cartilaginiforme dans une partie
(i) Le membre de la Société i|tti prëstntait ceUe pièce a aasitré qor Tane de« mamelles avait la même stnicture que lea ovaires. H e«c malheareox qne ce fait n*ait pas ét<^ constaté d'une manière plus positive.
TBEtZIÈME CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 705
de leur étendue ; au centre de cette tumeur se voyaient des vaisseaux veineux considérables qui convergeaient vers la rainure de la fSeice inférieure pour se jeter dans les vaisseaux superficiels. Une chose remarquable , c*est la solidarité fréquente des deux ovaires dans leurs lésions. Ainsi , dans les métro-péritonites puerpérales , j'ai rencontré ie plus ordinairement les deux ovaires frappés d'inflammation au même degré (1).
Je me suis demandé si, dans l'observation précédente, les corps fibreux des deux ovaires ne pouvaient pns être regai*dés comme atrophiés, et si les considérations dans lesquelles je suis entré au sujet de latrophie spontanée des corps fibreux de Tutérus , surtout de ceux qui ocçu* peut le fond de cet organe, ne devraient pas s appliquer, et par la même raison, aux corps fibreux de Fovaire ?
Voici la description d'une tumeur fibreuse ovarienne de quarante-six livres que j^ai eu occasion d'observer à la Salpétrière. Le sujet de cette observation était une aliénée morte dans le service de M. Mitivier. La tumeur énorme remplissait toute la capacité de Tabdomen , comme dans la grossesse la plus volumineuse : cette t|iroeur, explorée à travers la paroi abdominale, était d'une dureté pierreuse dans la plus grande partie de son étendue, et présentait dans un espace limité une mollesse remarquable avec apparence de fluctuation.
Une partie de la tumeur occupait Fexcavation pelvienne qn elle remplissait; mais la plus grande partie occupait la cavité abdominale proprement dite.
Point d'infiltration des membres inférieurs. L abdomen présentait la trace de trois ponctions qui avaient été faites pendant les derniers jours de la vie , sans donner issue à une seule goutte de liquide. Ces ponctions indiquaient
(l) La métamorphose kpieate timulunée des deux ovaires n'en pas rare ; mais ce qui est extrémemenc rare , c'est de voir les deux ovaires affecta au même dtfpré.
708 AHATOMIE PATH0UM;IQUB GÉIfÉBALE.
portion variable; tantôt il y a en quelque sorte fusion des deux éléments morbides.
Dm méumorphosef ovariennes kyslo-fibrenses.
Les faits conduisent par degrés insensibles des kystes aréoiaires à larges mailles, dont j*ai donné plus haut une description détaillée, aux kystes fibreux à très petites mailles , à parois très épaisses, dans lesquels la cellule oa kyste n'occupe que Ta plus petite place, et enfin de ce tissu kysteux aréolaire au corps fibreux proprement dit.
L'élément fibreux joue toujours un rôle considérable dans tous les kystes de lovaire, soit uniloculaires ou multiloculaires, soit aréoiaires : cesl le tissu fibreux qui constitue la poche d'enveloppe générale , aussi bien que les cloisons des kystes aréoiaires.
Une forme très remarquable de ces métamorphoses kyslo-fibreuses des ovaires est la suivante : Au centre d*un ovaire transformé en \issu kysteux aréolaire se voit une masse fibreuse plus ou moins considérable de la* quelle partent des lamelles fibreuses qui s'entrecroisent sous toutes sortes de directions et constituent du tissu aréolaire.
L'observation suivante peut servir de type pour les tumeurs mixtes kysto-fibreuses ou fibro-kysteuses; elle présente en outre une coïncidence assez rare de tumeurs ovariennes avec une tumeur fibreuse de l'utérus.
Une vieille femme de la Saipêtrière (division des gâteuses), couchée dans mou service, portait dans Tabdomen plusieurs tumeurs bien distinctes, inégales en volume, dont l'une était fluctuante dans une partie de son étendue. Ces tumeurs naissaiçnt dans J'excfivalion du bassin. Je n'essayai pas de déterminer si leur point de départ était a l'utérus ou aux ovaires. Une hydro-péritonite subaiguë survint. — Dépérissement. — Mort.
TRËIziÈME CLASSE. DES MÉtAMOnPHOSES. 709
Autopsie. Vuiérus contenaii une tumeur fibreuse S|)héroidale très considérable qui s*éiait développée dans Tépaisseur de la paroi postérieure gauche de cet organe. La cavité utérine très allongée occupait la partie latérale droite de Ja tumeur. L'énucléation de la tumeur fibreuse fut facile ; sa surface était parcourue par beaucoup de veines. J'ai noté qu'avec la tumeur s'était énudéée la couche voisine de l'utérus , comme si cette couche avait constitué une espèce de kyste adventif (1).
Ovam droit. A la place de 1 ovaire droit se voyait une tameur kysto-fibreuse considérable qui proéminait dans 1 abdomen : le tissu fibreux qui formait la plus grande partie de la tumeur était centralement placé. Il était constitué par des fibres blanches entrecroisées sous toutes sortes de directions , d'une densité uniforme , et traversée par des veines dont le sang était concret.
La portion kysteuse occupait la circonférence et formait le quart en volume de la tumeur ; les kystes , qui étaient tous à parois fibreuses , contenaient un liquide diversement coloré. Ces parois étaient tapissées par des vaisseaux veineux de nouvelle formation : les unes étaient maculées de sang; les autres offraient diverses colorations bistre, jaune-serin, peau de chamois, trace non équivoque de petites èxtravasations sanguines.
Ovaire gauche. L'ovaire gauche, du volume du poing, présentait uo ]»oyau fibreux autour duquel était un tissu aréolaire à très petites mailles; et enfin à la circonférence se voyaient des kystes distincts» en grand nombre. Le plus constdéi*able contenait un liquide mêlé d'une très grande quantité de paillettes perlées qui n étaient autre chose <|ue de la cholestérine. Il y avait péritonite chronique à couleur ardoisée.
(i) J*ai plostears fois noté dans mes obtervations catfe drooosunce de réBadëaiion de la coacbe de ratéms qui eo^irooDe le oorpt libreax.
plicité de ces tumeurs dans la même mamelle (j'en ai vu jusqu'à cinq), par leur présence simultanée dans les deux mamelles , et je me suis demandé si ces tumeurs, dont fa découverte était due le plus souvent au hasard, devaient être irrévocablement considérées comme des cancers à leur première période.
J'ai dit comment ces doutes s*étaient fortifiés dans mon esprit, lorsque plusieurs femmes qui s'étaient refusées à l'opération , et d'autres auxquelles je n^avais pas eu le courage de la conseiller , soumises à mon observation pendant un grand nombre d années (dix , quinze , vingt ans) , ne m'avaient présenté ni accroissement sensible de volume, ni dégénération aucune de ces tumeurs, bien que plusieurs de ces femmes fussent devenues grosses et eussent allaité leurs enfants et que plusieurs eussent traversé l'époque critique.
J'ai dit comment ces doutes étaient devenus une certitude, en voyant le défaut de repullulation de la plupart des tumeurs de ce genre qui avaient été extirpées par l'instrument tranchant , et surtout en voyant le défaat de généralisation de la maladie, et l'absence de cachexie cancéreuse ; car la généralisation de la lésion dans tous les tissus, sa propagation par continuité dé tissu, et la cachexie cancéreuse sont les traits les plus caractéristiques du cancer. Qu'il me soit permis d'ajouter qu'il n'y a pas repullulation des corps fibreux dans le véritable sens de ce mot, * bien que de nouveaux corps fibreux se développent quelquefois dans la mamelle après l'extirpation du premier, mais il y a là plutôt multiplication que reproduction. Je veux dire que -les corps fibreux se développent dans la partie restante de la glande mammaire, comme ils se seraient développées avant l'extirpation, en sorte que si Ton a affaire à une mamelle contenant plusieurs corps fibreux, il y a avantage à enlever la totalité de la glande.
J ai dit enfin comment l'examen anatomique d'un grand
TREIZIÈME CLASSE. DES M^AMOftPHOSES. 713
nombre de tumeurs mammaires extirpées par divers praticiens sous le nom de squirrhe , de cancer encéphaloïde ou gélatinifbrme^ à Fétat de crudité, ra*a permis de constater de la manière la plus positive qu'un certain nombre de ces tumeurs présentaient les mêmes caractères de forme, de densité, de texture que les corps fibreux de Tutérus, et nullement les caractères du cancer. (Voy. XXV* livr., pi. I, Explication du texte,)
Eh bien! les observations extrêmement nombreuses qu*il m'a été donné de recueillir depuis la discussion à TAcadémie (janvier iSftft), sur ce genre de tumeurs, les faits non moins nombreux d'anatomie pathologique (|ui ont été mis à ma disposition sont venus confirmer les idées que j'avais émises à cet égard et établir définitivement la doctrine de Finnocuité de cette nombi^use tribu de tumeurs mammaires considérées jusque-là ou comme de vrais cancers, ou comme des cancers à Fétat de germe ou de crudité. Dès lors il m'a paru c|ue la pratique à lendroit des corps fibreux mammaires devait être modifiée, et que leur eitirpation était en quelque sorte facultative^ réservée pour le seul cas où la tumeur incommode la malade par son poids ou par son volume.
L'examen microscopique en révélant d'une manière plus intime la question de siège et la question de nature , est venu confirmer les résultats de ces observations , en démontrant l'absence complète des éléments cancéreux dans ce genre de tumeurs; car il y a incompatibilité entre la métamorphose fibreuse et le cancer.
Parmi les médecins micrographes qui ont bien mérité de la science à cet égard, se place en première ligne M. Lebert(i), qui a considéré ces tumeurs comme des tumeurs homœomorphes , (|u'il classe tantôt parmi les
0) TraiU /^ua^mU pmÂholo^un yfnérmie ei$p4mif^ Pjiiùy i^^ p. 177 et •uivaoïet.
tumeurs fibreuses, taotôt parmi les tumeurs fibroplas* tiques, tantôt parmi les hypertrophies.
Coulons à fond la question de siège :
Siège. Les tumeurs que j'ui décrites cous le nom de corps fibreux mammaires sont-elles formées aux dépens du tissu propre de la glande mammaire, cest-à-dire des grainç glanduleux eux-mêmes, ou bien aux dépens du tissu fibreux si abondant dans cette glande , et qui en forme pour ainsi dire la gangue ou cjiarpente : ma première pensée avait été d*appliquer aux corps fibreux mammaires les idées que j*avais émises au sujet des corps fibreux utérins, à savoir ; que ces corps n étaient pas constitués par une transformation du tissu propre de la mamelle, mais bien formés aux dépens du tissu cellglaire dense ou tissu fibreux si abondant dans cet organe, et comme déposés au milieu de la glande mammaire , à la manière de parasites, d'entozoaires. Mais la dissection d*un certain nombre de ces tumeurs qui étaient i une période peu avancée de leur développement , m*a permis de voir que , dans le principe, ces tumeurs , quoique toujours parfaitement indépendantes de la glande mammaire, tenaient encore aux granulations voisines par un tissu cellulaire plus ou moins dense, si bien que dans Textirpation de ces tumeurs on enlève presque toujours avec elles quelques granulations glanduleuses , et qu'on a pu croire à Texistence d'un pédicule qui bien certainement n'existait pas et qui est le fait du procédé opératoire, de Ténucléation incomplète de la tumeur. Or, la disseciîon d^un certain nombre de ces tumeurs à leur première période m*a fourni la preuve directe que ces tumeurs mammaires étaient produites par une agglomération de grains glanduleux indurés. Car non-seulement les grains glanduleux peuvent être isolés avec le scalpel, mais encore les canaux galactophores peuvent être suivis dans Tépaisseur de la tumeur. Lemteroscope est venu confirmer pleinenietit oes
TREIZIÈIfB CLASSE. DBS ICÉTAMO|tPHQSBS. ^f^
idées en montrant des culs-de-sac glandulaires çorresppn* daats à chaque granulation.
Mais arrive |in moment où le corps fibreux étant plus avancé dans son développement, la disposition granuleuse ne sobserve plus à Tœil nu ou à la loupe grossis* santé; le corps fibreux se présente alors sous Taspect d'une masse très dure, indépendante , enkystée, comme interposée ou superposée aux granulations saines de la glande , homogène , criant sous le scalpel , n'offrant en aucune manière la disposition granuleuse ou glanduleuse. Làencore le microscope nous révèle souvent la présence dy quelques culs-de-sacglanduleux,dedébris de canaux ga|actophores dont il peut apprécier la disparition progressive^ à mesure que l'élément fibreux prédomine dans la tumeur.
AJfinué des corps fibreux mammaires avec t hypertrophie. Laffinité des corps fibreux mammaires avec l'hypertrophie est un des points les plus intéressants de leur histoire (1). Les détails dans lesquels je suis entré à l'article Hypertrophie mammaire avec induration et trans^ formation fibreuse circonscrite , granuleuse et lobuUuse , ne peuvent laisser aucun doute à cet égard; et Ton a vu que les tumeurs que jVi appelées corps fibreux de la mamelle ^ peuvent se diviser en deux catégories : 1^ les corps fibreux au premier degré ou à leur première période : la totalité des éléments du tissu de la glande mammaire n'est pas envahie y il reste des traces non équivoques du tissu glanduleux et des canaux galactophores qu'une dissection attentive, aussi bien que le microscope, permet encore de reconnaître; 2^ les corps fibreux au deuxième degré, c'est-àdire à leur maximum de développement : tout vestige de tissu glanduleux, a disparu aussi bien à Tœil nu qu'au microscope; il ne reste plus que du tissu fibreux, la métamorphose est complète.
^ Or si la dénomination d'hypertrophie ou plutôt d'indu*
716 ANÂTOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
ration hypertrophique peut encore s'appliquer au premier degré de développement des corps fibreux , attendu que tous les éléments anatomiques de la glande mammaire sont encore distinct^, et que la portion indurée peut encore revenir à son état normal, il n'en est pas de même du deuxième degré dans lequel la transformation fibreuse est consommée, Télément glanduleux a complètement disparu , la portion indurée incapable de revenir à son état premier, comme aussi incapable de dégénération cancéreuse, tandis que le tissu mammaire, simplement hypertrophié, peut devenir cancéreux.
Il est aisé de concevoir que si , avant Textirpatlon, la ligne de démarcation entre l'induration hypertrophique et le corps fibreux est difficile à saisir, rien n'est plus fecile sur la pièce anatomique, soit à Fœil nu par le secoui-s de la dissection et d'une loupe grossissante , soit surtout à 1 aide du microscope. La présence de l'élément glandu* leux, des culs-de-sac glanduleux, dans le cas d'hypertrophie, leur absence dans le cas de corps fibreux confirmé établissent parfaitement leurs limites.
Je ne saurais assez insister sur Timportance de la distinction que je viens d'établir : seule elle peut expliquer pourquoi un certain nombre de tumeurs mammaires circonscrites, que j'avais caractérisées du nom de corps fibreux , ont pu disparaître sous l'emploi de cataplasmes émollients longtemps continués, et d'emplâtres résolutif; tandis que lorsque la transformation fibreuse est opérée, les tumeurs sont réfractaires à toute espèce de médication; elles sont incapables de résolution.
Il n'est pas rare de rencontrer sur la même mamelle tous les degrés de la métamorphose fibreuse depuis le premier degré de l'induration hypertrophique jusqu'à la transformation fibreuse la plus complète. Ainsi, sur uue coupe fuite à un certain nombre de ces tumeurs, on trouve ; 1° des parties dans lesquelles la transformatioD
TREIZIÈME CLASSE. DES M^AMORPHOSBS. 7 il
fibreuse est complètement effectuée, et qui présentent tous les caractères des corps fibreux les mieux caractérises. C'est une masse homogène constituée par des fibres entrelacées y sans vestiges d^éléments glanduleux ni de canaux galactophores ; 2^ dans d autres parties, qui sont à une période moins avancée de la transformation, l'élément glanduleux existe encore, mais c^est le tissu fibreux qui domine ; S® dans des parties moins avancées encore , cest Télément glanduleux qui domine sur Téléraent fibreux, et Ton voit des lobules inégaux à structure glanduleuse, avec couches fibreuses intermédiaires aux granulations; on trouve çà et là des orifices de canaux galactophores, des canaux dilatés, des ampoules dans lesquelles viennent s'ouvrir des canaux plus petits.
Le fait suivant me parait pouvoir servir de type à ce genre de tumeurs mixtes , corps fibreux dans une partie de leur étendue; induration hypertropbîque, et même hypertrophie glandulaire dans le reste de la tumeur.
La circonstance de la présence du lait dans les canaux galactophores ajoute encore de l'intérêt à cette observation.
La mamelle, du poids de 1,800 grammes (1) , avait appartenu à une jeune femme de vingt-trois ans , morte six semaines après un troisième accouchement. Pour tout commémoratif , on nous apprend que cette hypertrophie mammaire datait de ta première grossesse, et qu'elle avait progressivement augmenté de vol ume depuis cette époque.
Cette tumeur est lobuleuse, et à sa surface et dans sa profondeur : une membrane fibreuse adhérente lenveloppe de toutes parts : sa consistance est considérable. On distingue au toucher sa division en masses lobuieuses distinctes.
Une cpupe faite à la tumeur permet de reconnaître au centre une masse fibreuse considérable, qui envoyait de9 prolongements dans tous les sens.
(i) Pièce pmoftiM è Lu 5ocîM aii«i«BiifBe le lit jtamrrattl^i
^Id ANATOMIB PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
Le resté de la tumeur présente tous les caractères de la glande mammaire hypertrophiée par le fait de la lactation; les grains glanduleux, d'une couleur rosëe, sont {)arlaitement distincts les uns des autres et très déveoppés.
Cette coupe de la mamelle présente çà et là les orifices des conduits galactophores dont on peut exprimer le lait.
Quelques lobules, c'étaient les moins durs, étaient imprégnés de lait comme une éponge. Là pression faisait sourdre le lait par une multitude de points.
En divisant la mamelle dans diverses directions , j*ai trouvé du lait concret , déposé par petites masses et comme enkysté dans des ampoules formées par les canaux galactophores dilatés ; d^où on l'exprimait à la manière du vermicelle. Il y avait de ces petites masses, du volume d^une groseille à maquereau, qui étaient dans un état de dessiccation complète.
La totalité de la glande mammaire n*avait pas stibi d^hypertrophie; car nous avons trouvé une petite masse granuleuse aplatie , sous-cutanée , présentant tous les caractères de la glande mammaire atrophiée.
Ce que je viens de dire sur t affinité des corps fibreux avec Thypertrophie mammaire explique pourquoi le mot hypertrophie a été appliqué par M. Lebert et par ses disciples en micrographie à une bonne partie des tumeurs, st ce il^est à toutes les tumeurs que j'ai décrites sous le nom de corps fibreux : mais je ne saurais adopter cette manière de voir, parce qu^etle établit une confusion fâcheuse entre des lésions parfaitement distinctes, entre les hypertrophies et les métamorphoses : l'hypertrophie, n'étant autre chose i|ue l'exagération de nutrition d'un organe , ne constitue pas une lésion proprement dite. La doustractioù des causes sous Tinfluence desquelles s'est produite l'exagération de nutrition suffit pour (aire rentrer f orgm« dans son état nonnal. Mais un ctasu cpii
a subi la métamorpbose fibreuse ne saurait en aucuue manière revenir à son état antérieur, quels que soient les moyens que Ton. mette en usage. La métamorphose fibreuse est indélébile. Le seul mode de guérison c est Fatrophie.
Affinité des corps fibreux avec la métamorphose kysteuse. L'association de la métamorpbose enkystée et des corps fibreux est un des points les plus intéressants de leur histoire y vu son extrême fréquence : et je dois faire remarquer que, sous ce rapport , il y a une très grande différence entre les corps fibreux de la mamelle et les corps fibreux de Futérus, la production enkystée étant aussi rare au sein (les corps fibreux de ce dernier organe qu^elle est fréquente chez le premier , différence qui a*explique parfaitement par la différence de texture.
Il est en effet d'observation que les culs-de-sac glanduleux résistent longtemps à la transformation fibreuse , et que les canaux galactopbores des divers ordres y résistent bien plus longtemps encore; d^où la formation des kystes mammaires qui peuvent avoir pour siège les radicules des canaux galactopbores , ou peut-être les culs-de-soc glanduleux eux-mêmes , ce qui constitue de très petits kystes du volume d*un grain de mil dont le groupement forme une tumeur dure, légèrement bosselée, qui en impose pour un corps fibreux, surtout quand chacun de ces petits kystes contient une matière concrète.
Les canaux galactopbores de divers ordres peuvent s^oblitérer dans divers points de leur longueur. Alors la partie intermédiaire peut devenir te siège d*une sécrétion plus ou moins abondante et constituer un kyste.
Il n^est pas rare de voir dans les mamelles des kystes aréolaires, à petites ou à larges mailles, remplis d^un liqaide visqueux, filant à la manière de la synovie. Enfin, la mamelle est sujette à des kystes hématiques.
Mécanisme de la production des corps fibreux mammaires.
720 ANAT0M1E PATHOLOGIQUE GÉNtBALB.
Quant au mécanisiDe ae la production des corps fibreux mammaires , il est révélé par la succession des phénomènes que présente leur développement Les corps fibreux ont pour point de départ les grains glanduleux mammaires eux-mêmes. Ce ne sont point des parasites qui se forment de toutes pièces au milieu du tissu cellulaire de la glande mammaire. L'élément fibreux devient de plus en plus prépondérant dans la même proportion que I élément glanduleux diminue. Je ne pense pas cependant quil faille réduire le développement des corps fibreux aux proportions d*une simple hypertrophie du tissu fibreux : car le tissu du corps fibreux est un tissu morbide qui vit à la manière d^un tissu morbide et non à la manière d'un tissu normal simplement hypertrophié: la question de savoir si l'élément glanduleux est simplement atrophié par la constriction qu'exerce sur lui le tissu fibreux , ou s*il subit lui-même la métamorphose fibreuse, est difficile à résoudre. Je suis porté à admettre que l'élément glanduleux finit par subir lui-aiéme la métamorphose fibreuse, et cela d'une manière si c^omplète qu^on ne saurait le distinguer de l'élément fibreux.
Mais on n'aurait qu'une idée fort incomplète des corps fibreux mammaires, si Von ne tenait pas un compte rigoureux des altérations pathologiques dont ils sont susceptibles, et si l'on ne soumettait à une analyse anatomique rigoureuse toutes les parties constituantes de ces corps. J'ai, en effet, rencontré un grand nombre de fois, dans ces corps fibreux , tous les degrés de la transformation, depuis l'hypertrophie jusqu'à la métamorphose fibreuse la plus complète, et toutes les altérations consécutives dont ces corps fibreux sont susceptibles. Avant d'exposer ces altérations consécutives , je vais entrer dans quelques détails : 1« sur la conformation extérieure} 2® sur la confortnation intérieure de ces corps.
Conformation extérieure. Le plus grand nombre des
IRKI/IÈMB CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 721
corps fibreux mammaires présente une forme ovoïde ou sphéroïdale parfaitement régulière, à surface lis^e ; d'autres sont irréguliers, mamelonnés, bosselés, muraux; quelques-uns sont aplatis , à contours irréguUers. La forme lobuleuse appartient aux corps fibreux mammaires les plus volumineux. Cette forme suppose presque toujours une altération consécutive dans le tissu du corps fibreux. Sous le rapport du volume, on peut distinguer les corps fibreux mammaires en deux catégories : en petits; ce sont ceux qui ne dépassent pas le volume d'une noix, et en gros, ce sont ceux qui acquièrent un volume plus considérable, et ce volume peut être énorme (pi. m, XV* livr.). Les gros corps fibreux mammaires sont des corps fibreux qui ont subi une altération consécutive dans leur structure ; altération partielle, altération générale, altération qui s'accompagne en général d'un ramollissement remarquable. Lorsque cette altération commence, elle peut marcher avec une extrême rapidité, si bien qu en quelques mois le corps fibreux ramolli peut atteindre un volume très considérable. Beaucoup de femmes ne font dater leur maladie que de l'époque de cette altération consécutive, la première période étant passée inaperçue pour elles.
Sous le rapport de la conformation intérieure^ on peut admettre dans les corps fibreux mammaires les trois grandes formes dont les corps fibreux sont susceptibles» à savoir : la iovme feutrée^ la forme granuleuse et la forme lolfu/euse.
Les corps fibreux mammaires à forme feutrée offrent trait pour trait les caractères des corps fibreux de Tutérus. I^ plus beau type de ce genre que j'aie jamais rencontré est déposé au musée Dupuytren. Ce sont des fibres d'apparence nacrée, qui sont entrecroisées sous toute sorte de directions : l'œil armé d'une forte loupe, ne reconnaît aucun autre élément anatomique.
722 AHATOmB PATHOtX)GIQUB GÉRÉEALE.
J'ai rencontré ia forme feutrée qui peut être considérée comme le maximum de la métamok*phoâe fibreuse dans des portions de corps fibreux mamittaires, lesquels présentaient en même temps non- seulement les autres formes granuleuse et lobuleii^e, éi tous les degrés de la transforma tion fibreuse» mais encore toutes les altérations pattiologit{ues des corps fibreux.
Forme ^ntf&tise. Cette forme se manifeste sous Taspect de granulatfons du Yolutned'un grain de mil, d'une dureté ^ei^reuse, tantOt ùotëesy tantôt groupées.
t^Granulùîi&nsùo^s.Oa netrouvequelquefoisdans une mamelle që'line seule granulation fibreuse parfaitement distiticte du tissu de la glande mammaire par sa dureté et sa mobilité. Cette granulation n*est le plus souvent qu'un corps fibreux naissant D'autres fois on trouve plusieurs granuhitieBS qui sont unies par des filaments dont quelt|ue8-iins vus à la loupe » m'ont pafii canaliculés. Chaque granulation répond bien évidemment à un grain glanduleux. J'ai vu chaque granulation enveloppée par un petit kyAe^
2* GrmnutàHons groupées. Elles constituent des corps fibreux, dont les grains extrêmement durs sont fortement serrés les uns contre les autres , ce qui donne à la coupe non Tâspect feutré et filamenteux, mais l'aspect granu* teux. Dans les parties les plus indurées, Tadbérence des granulations est telle, qu'il est impossible de les séparer. J'ai vu un cas dans lequel un corps fibreux mammaire granuleux présentait de petites concrétions osseuses ou ossiformes trrégulières, disséminées dans l'épaisseur du tissu fibreux. Ces corps ostéo-fibreux mammaires repré* sentent exactement certains corps fibreux de Tutéras.
Des géodts des corps fibreux mammaires. A la forme granuleuse des corps fibreux mammaities , je rapporterai les géodes pleines^ si fréquentes dans ceS corps fibreux, géodes qui consistent dans des cavités il*fégtilières sans parois i
TBBISntIfB GLASISK. BBS MÉTAMORPHOSES. )2S
remplies de grannhtîons rameuses juxtaposées, pédiculéêSy polypifortoes, bifides, trifides, & surfece lisié ou tnbercfiteuse parcourue ^ar des vaisseaux capillaires (1). Or il est des çéodes teiietnent pleines que lorsqu'on coupe le corps fibreux au liiveau de ces géodes, on dirait qu'il y a partout côhtinuitë de tissn, tant les végétations rameuses sotit fortemeiit pressées les unes contre les autres. Mais si IVm étudie la coupe avec plus d^attention, on trouve que ce tissu, en apparence compacte, est constitué par deà végétations juxtaposées. On rend plus sensible cette disposition en renversant de dedans en dehors chacune des moitié» de la ceiipe, de telle façion qne la surfate convexe devienne concave, et q^e la surftree de la coupe devienne convexe : on voit alors se séparer les unes des atitres et ïe développer toutes lei végétations graKkilenses ou mèinie*toPMées, ramenBee, libres en grande pattie, qui héritent la snrface de la coupe.
Do reste, le liesu de ces végétatîenB jgrata^ileusfes èè lacère plus on «loins fecilecaeial , mais Bentement dans U sens de lenr iMigueur t c'eBt une dissoeiation de libres loDgHadinales ; et les filamenu qnt résultent de cette dis*sociaikn sont noueux et cnmine constitués par des séries de granulations extrêmement petites.
Je rapprocherai des géodes granuleuses les -géodes htmkmM9$ qam reneontre dans les tumeurs mammaires lobnletttcs, et t|ai sent coneticnées par des lobules juxtaposées sans la moindre adhérence entre eux.
Indépendamment de ces géodeé yrêm^deuses et /o^u- Umtes pleines de végécavionB ^ramnleu^es, on trouve «M*vent deë géodes t{ui contiennent, en même temps que ces végétaftens, une plue on moins grande ^antité de if- ^ide filant qui a toute lapparence de là sylaovie.
Enfia^ an trouve soavent dans tes corps fibreux des
; i) J*ai TU puar la première fois ces géodes granuleuses dans les cas d6driksXXVl«)iYr., pi. 1.
72& ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉAÉftALE.
géodes kysUuses , c est-à-dire des géodes ciroonscriles par on kyste plus oa moins complet a parois blanches, à surface interne, lisse; ces géodes kyslenses, de même que les géodes sans parois, sont tantôt pleines de v^étationsoa rameuses ou polypiformes, tantôt en partie remplies par un liquide visqueux, synovilbrme, plus ou moins abondant. Je ferai remarquer que, même dans les géodes pleines, ces végétations sont constamment liibri6ées et comme engluées par un liquide syuoviibrme.
Comment expliquer ces géodes sans parois et ces géodes kysteuses remplies de végétations rameuses et granuleuses? Évidemment par la dissociation des éléments des corps fibreux mammaires; dissociation analogue à celle que nous avons tonstatée pour les corps fibreux utérins devenus œdémateux. La seule difFérenoe existe dans la qualité du liquide, qui est synoviforme pour les corps fibreux mammaires, séreux pour les corps fibreux utérins. Quant à la question de savoir si ces granulations et vëgétaûons fibreuses sont formées aux dépens des granulapons mammaires normales, oa si dies sont un produit nouveau, une formation nouvelle, je n'entamerai pas cette question sur laquelle je n ai pas encore assez de données. Jusqu'à présent je n'ai admis comme possible que la production du tissu cellulaire et de ses dérivés; j ai rejeté comme impossible la production de toute pièce de la fibre musculaire, de la fibre nerveuse et de la granulation glanduleuse.
Relativement aux kystes des géodes kysteuses, il est infiniment probable que ces kystes sont formés aux dépens des canaux galactopbores. C'est probablement aux géodes kysteuses que se rapportent les fy$îe$ prth légères de M. Paget. 11 semble, en effet, que les végétavtions naissent de la paroi du kyste; mais si, comme toot semble le prouver, ces kvates sont formés aux dépens des canaux galaciophores, il est dÎus rationnel d admettre
TREIZIÈME CLASSe. DKS MÉTAMORPHOSES. 725
que les végétations de ces kystes ne sont autre chose que des portions de corps fibreux qui ont pénétré par perforation dans les canaux galactophores.
hà forme lobuleuse ne nie paraît pas être une forme primitive dans les corps fibreux mammaires ; elle est bien plutôt consécutive au développement de ces corps ; elle n appartient qu'aux corps fibreux volumineux et dont le tissu a subi une altération plus ou moins considérable par suite d'une infiltration de liquide synoviforme.
Kystes iTenvebppe générale. Tous les corps fibreux mammaires sont enveloppés d'une membrane fibreuse qui les isole des parties voisines et maintient leur indépendance. Je suis fondé à croire que c'est aux corps fibreux que s'appliquait l'expression de cancer enkysté de la mamelle^ dont Dupuytren nous avait souvent entretenu à l'occasion des cancers de la mamelle, cancer qu'il con* sidérait comme étant le seul qui ne fut pas susceptible de récidive toutes les fois que la membrane kysteuse avait été respectée. Le kyste lui paraissait une barrière infranchissable qui préservait l'économie de toute infection. La doctrine des cancers locaux était là tout entière, et je crains bien qu'elle ne se soit évanouie avec la détermination plus rigoureuse de la nature des tissus morbides.
Le kyste d'enveloppe qui manque en général dans les corps fibreux utérins s'observe toujours dans les corps fibreux mammaires. Libre d adhérence à sa surface externe qui présente quelquefois comme le rudi* ment d'une bourse séreuse muhiloculaire, il e$t presque toujours intimement uni au corps fibreux par sa face interne. Je ne l'ai trouvé libre (t) que dans les corps fi-
(i) J*ai dit ailleurs (yoj. proéuetion$ ênfyuêes) que les kjftes des productioos accidenielles ëcaicnl Uo(6t libres, tantôt adhérents par leur face interne.
726 ANATOMIB PATH0L06IQQS GÉNÉftAU.
breux qui avaient acquis un grand volane^ et alors U semble que le kyale d*enveloppe soot tapissé |>ar mo feuillet séreux qui se réfléchît sur le corps fibreux. Dans quelques cas, 1 adhérence est partielle, b^Qéc i quelques lobes, aux points les plus saillants de ces lobes^
Je considère ces kystes d'enveIop{).e conuqte des kj^^es s^ventifs , cest-à-dire conupe forniiés^ aui^ 4épçns 4^ tissu cellulaire fibrçux de la mamelle.
Lors(|ue le cojps ^.brçux es\ lobi^leux, le kyste présente des épaississemepts considérables ou plutôt des brides fibreuses quelquefois extrêmement résistantes au nivew des sillons plus ou moins profonds qui séparent les lobules; et ces brides fibreuses» qi^soQteWBruntéesav lissa fibreux de la mamelle me paraissent la cause de la di^ position lobuleuse généralement syperficiçlley quelquefois profonde des corps fibreux^ le^uçUpe n^ wyaowi^pf >*u copaplétement divisés en lobules jui^tapi^sée^ip
Mard^e et développement des cnrpt fibneu^ ffutmmmeê*
Il est des corps fibreux luammaires qui c^steot à TeU^ siationnaire pendant un grand nombre d'ai^qées et même pendant toute la vie. J'ai vu des femmes parvenues ^ la vieillesse la plus reculée qui faisaient remonter à l'époque de la puberté des corps fibreux mamioaires d'vme dureté pierreuse, pour lesquels elles n avaient jamais consulté. Je connais des femmes dont les corps mammaifes n'ont pas fait le moin4re progrès depuis une vingtaine d'années.
(1 est des corps fibreux mammaires qui sont suacep» tibles d'une sorte de réc^uctiou ou d'atrophie à la manière des corps fibreux de Tutérus; et c'est là un mode de guérison spontanée plus fréquent qu'on ne l'imagine. Cette atrophie ne va jamais jusqu'à la disparition complète de la tumeur. Pour qu'il y eût disparition complète^
TBBIZ^ME CLASSB« DBS MÉTAMOBPHOSBS. 721
il faudrait que l'altération fût une simple hypertrophie du tissu fibreux normal de la glande mammaire et non point une métamorphose.
Je ne saurais assez le répéter, rien de plus facile à confondre en clinique que les indurations hypertrophir ques ei les corps fibreux de la mamelle; et]e regrette da n avoir pas tenu note exacte du nombre de femmes q^€( je croyais atteintes de corps fibreux^ et qui ont guéri sous Faction successive de cataplasmes émol.lients, de liniments savonneux , d'emplâtres, de badigepnnage avec la teinture d'iode. M. Velpeau cite, dans son excellent chapitre sur les tumeurs adénoïdes, plusieurs faits du même genre. Il n'est aucun praticien qui nVo ait observé dans sa pratique. Je crois avoir déterminé la véritable cause de ce succès inespéré, en rapportant ces tumeurs à l'induration hypertrophique.
En général , les corps fibreux mammaires se dévelop>pent d'une manière extrêmement lente ; d'autres fois, dè^ le premier moment de leur apparition , ils sont animée d'une force d'accroissement incroyable et acquièrent en quelques mois un poids de plusieurs livres. Je me suis assuré, au moins pour plusieurs cas, que ce développa* ment rapide n'avait lieu qu'après un certain nouibrç d'années d'état stationnaire ou de développement lent et progressif.
Les corps fibreux qui se développent avec une grande rapidité présentent toujours la forme lobuleuse et subissent dans leur forme , dans leur consistance , dans leur structure des changements qui les rendent méconnaissables, si bien que , jusque dans ces derniers temps, \ls avaient été décrits sous le nom de ciuicer^ et plus parti* culièrement sous celui de collokk (cancer aréolaire et gêlf • tinifornie) et même d'encéphaloide, etc.
Comment se rendre compte de ce développement énorme et rapide que subissent les corps fibreux mam*
7 '28 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
maires, autrement que par une altération consécutive de ces corps?
Cette altération consécutive, c^est Yœdème^ l'infiltratioa cedémateuse que nous avons vue jouer un si grand rôle dans les changements ultérieurs que subissent les corps fibreux utérins ; mais ici cet oedème qui imprègne le tissu, ce n'est pas de la sérosité comme pour les corps fibreux utérins, mais bien un liquide visqueux qui englue les doigts à la manière de la synovie, liquide visqueux qui en a imposé pour du suc cancéreux, mais qui diffère du tout au tout du suc cancéreux. Ce liquide synoviforme^ plus ou moins coloré, plus ou moins teint en jaune, écarte, dis* socie les éléments fibreux du tissu ; bien plus, il les pénètre et leur donne la demi-transparence de la gelée, absolument comme il arrive aux tissus fibreux qui ont macéré dans Teau acidulée, et suivant sa quantité et ses nuances de coloration, leur donne une consistance et des aspects divers. C est dans des cas de ce genre qu^on a cru à des mamelles cancéreuses : et en relisant plusieurs de mes anciennes observations, qui avaient pour titre : Cancer aréolaire et gélatinifbmie des mafnelleSy mais qui étaient décrites avec beaucoup de détails , j*ai retrouvé exactement les caractères des corps fibreux mammaires qui avaient subi l'altération x^onsécutive œdémateuse ou plutôt synoviforrae. Ce liquide synovtforme est d'ailleurs plus ou moins abondant suivant les sujets, quelquefois infiltré; d'autres fois formant de petites collections avec ou sans membrane d enkystement.
Ce qu'il y a de remarquable dans ce travailjluxionnaire œdémateux que je considère comme la conséquence d'une phlébite oblitérante des veines profondes et quelque* fois même des veines superficielles de ces corps fibreux, ce qu'il y a, dis-je, de remarquable , c'est la rapidité avec laquelle il se produit; la rapidité avec laquelle &ou« son influence les corps fibreux acquièi*ent un
énorme développement. Ainsi, en quelques mois, j'ai vu des tumeurs du volume d'un œuF de poule, jusque-là stationnaires , se bosseler, se ramollir çà et là , et acquérir le volume de la tête d*un fœtus, d'un adulte. Voilà pourquoi un certain nombre de malades qui coi^sultent pour une tumeur volumineuse, ne la font pas remonter au delà de six mois, un an , ce qui veut dire tout simple* ment que le travail consécutif datait de cette époque.
C'est à l'œdème ou plutôt à la sécrétion synoviforme qui pénètre les corps fibreux qu'on peut rapporter en grande partie tous les changements ultérieurs qui se produisent dans leur épaisseur :
1^ La disposition lobuleuse, Tinégalité de consistance qui résulte dans les diverses parties de la tumeur, du défaut d'uniformité de leur pénétration par le liquide synoviforme ;
2* Les géodes avec ou sans collection de liquide, avec ou sans kystes, qui résultent de la dissociation des éléments qui entrent dans la structure de ces corps, les kystes quelquefpis très considérables qui se développent dans ces tumeurs ; kystes synoviformes , quelquefois hématiques ;
S* L'aspect cartilaginiforme , opalin , blanc mat, quelquefois gélatiniforme, d*une partie de ces corps fibreux ;
&^ Leur fragilité, leur morcellement facile.
Ces corps fibreux sont- ils susceptibles à' inflammation? Oui certainement; mais presque toujours partiellement après ramollissement préalable, et alors on trouve du pus infiltré dans la partie correspondante ; mais le plus souvent ces corps fibreux mal organisés ne pouvant suffire au développement de rinflaïuination , tombent en gangrène. Ainsi j'ai vu une tumeur fibreuse de la mamelle» aprèsavoir subi un ramollissement qui simulait la fluctuation, s'enflammer partiellement, devenir adhérente à la peau, s'ouvrir et tomber en gangrène; trois loyers inflammatoires et
7 sa 4N4TOMIE PATHOLOGIQUE ÇétftRALK.
Çaiigrén.eax sçpro.duisireQt aio^i succçssivemeat; le oorpi fibreux fui éliaoïiiié; aiaU la mal£)(}e ép^iséa «uccomba k un ét^t adyoamiquQ que ^ien aç put conjurer. Il a^ me fut pas 4oDnç de déterminer par Fautopsie l*é|at de& orgf^iiçs profondément situés.
De la repuUulation des corps fibreux mammaires.
Il eslcertainqu^ona VU plusieurs fois les tumeursfibreuses mammaires se reproduire après leur extirpation, et que cette reproduction ou repuUulation apparente a dû fortifier dans la pensée qu'on avait affaire à une maladie cancéreuse. Mais cette apparition de nouvelles tumeurs fibreuses dans la même mamelle, après l'extirpation d'une tumeur du même genre, n'est pas une repuUulation proprement dite, mais bien le résultat d'une sorte de diathèse locale dont la conséquence est le développement successif de la même lésion dans les diverses parties d'un même organe. L'extirpation n'a été pour rien dans cette production de nouvelle tumeur, qui se serait probablement effectuée de la même manière , et l'absence de toute extirpation. Les corps fibreux mammaires extirpés ne se reproduisent pas plus que les kystes sébacés, que les lipo* mes. Tout le temps qu^il restera du tissu mammaire dans une mamelle prédisposée, il peut y avoir pullulation d'une nouvelle tumeur. Je pose donc pour règle, que lorsqu'il existe dans la même mamelle plusieurs corps fibreux dont un volumineux et les autres petits, il faut extirper tous Fes corps fibreux à la fois, l'observation m'ayant démontré que, dans ce cas, l'extirpation de la tumeur principale favorisait le développement des turA€urs plus petites. L'extirpation de la glande mammaire tout entière serait \e seuf moyen de prévenir ces récidives apparentes (1).
(i) N;e«t-çe ^1^ ajix cyj^^^tçi^ i^e, k rapporte ceft^ doçuiae 4*m
TRBIZlMU fîl4Aa3£. DES Jl|<T4NlOV^O|9ES. 791
J*ai été consulté par rxa^ dame de Coutaocea, âg^^ da trente-sept ans » qui s'était (ait opérer successivement de (|iiatre tumeurs à t^ Qi^iineUç : elle venait ipe co^&uMer pour la cinquième. Toutes occupaient la partie d^ la mamelle gaucbe située au-dessus du ipamelon* Jie lui conseillai de ne se faire opérer que dans le cas ou la tumeur l'incommoderait p^ son volume t et je lui remis une note dans laquelle je proposais à S0o çhirmgîei;» » en cas d*opération, d enlever I^ gUvade maiumaiife tout entière.
Le cas suivant me paj^att pouvoir servir de t jpa reli^iM* vemeut à la production auccessive des corps fibreux mammaires.
Je fus consulté, il y a huit ans environ, par une malade de la province, qui portait dans uue ipamelle troia tumeJjUîS dont une du volume d'uue uoU* Ces tumeurs avaient été caractérisées de cancéreuses ; ou devait en faire Texiirpation. Ayant reconnu d^s ces tumeurs tous les caractères des corps fibjreux, je ra^sursu cpmplétepient la nv9jAde et ses parents quant à la nature des tumeurs qui n étaient nullement cancéreuses. ^*en cactus quç. lextii^paÛQJ^ n'était ni nécessaire ni urgc^nte ^ je pe leur dia^ii^ulai pas cependant qu'il y avait un çer^iin nombre de ces tumeurs qui étaient susceptibles d acquérir un très gr^ud développement, fit ^ae %i\ en était ajusi, et si les tumçurs veu^ai^t à Tincommoder pjar (eur développement^ ^a p^l^de serait toujours ^ tçmps de se faire opérer. Les trois tumeurs restèrent stationnaires pei\dant çipq an^. Dans le courant de la sixième apuée, l'une de ces tumeui^s fit des progrès rapides; pt lorsqu'elle e^t yepuç (ne Revoir à Paris,, ^ tumeur, qui était du volume d*une noix lox?. dç 1^ prf-
praticieD r^ommaudablç , qt^ af^cme. qa'4 s^t |i^rvÇ9Q k gafctr ^H cancers mammaires qui ont récidivé cinq on six fois : biep certainem^t <^eue doctrine ne saurait s'appliquer au cancer proprement dit.
7Si ANATOMIE PATHOLOGIQOE GÉ?IÊBAL&
mière consultation, avait acqois celui des deux poings réunis : elle était bosselée , d*inégale consistance , très mobile, incommode par son poids plus encore que par son volume. Je l'engageai à s*en débarrasser : cet avis fut partagé par notre excellent confrère , M. Micfaon , qui lopéra immédiatement. La tumeur, pariaitement circonscrite, n^adhérait aux parties voisines que par un tissu cellulaire libre.
L'examen de cette tumeur m*a montré qu'une partie présentait une dureté pierreuse. La section de cette portion indurée avait la consistance du corps fibreux utéiin le plus dur. Les autres parties de la tumeur présentaient en quelque sorte tous les degrés de consistance, depuis celle d*une glande mammaire saine jusqu'à celle du tisso fibreux le plus dur : à l'œil nu on reconnaissait des canaux galactopbores dans une bonne partie de Tétendue de la tumeur. Le microscope y a démontré des culs-de-sac glanduleux. Je ne sache pas qu'on en ait rencontré dans la portion la plus dure. Cette malade guérit rapidement, et retourna dans son pays.
Nous avons vu que chez cette malade, indépendamment du corps fibreux extirpé, il existait dans la mamelle deux corps fibreux plus petits. Eh bien , un an après , ces deux corps fibreux avaient acquis un très grand développement; ils ont été extirpés tous deux par M. Michon. L'un de ces corps qui a été présenté à la Société anatomique avait le volume d'une noix ; il était dur comme un cartilage, exclusivement fibreux : le microscope n'y a démontré aucun cul-de-sac glanduleux. L'autre tumeur mammaire, que je n'ai pas vue, présentait, d'après M. Lebert, du tissu fibro-plastiqne.
Enfin, j'ai appris que cette malheureuse femme avait eu une deuxième récidive, et que dans son pays on avait extrait la tumeur non plus par l'instrument tranchant, mais à laide du caustique. J'ignore ce qui est advenu.
TREIZIÈME CITASSE. DES MÉTAMORPHOSES. ISS
Dira-i*on que dans ce cas il y a eu repullulation de la tumeur; je ne le pense pas; bien évidemment la mamelle présentait une disposition , une aptitude à la métamorphose fibreuse, et au summum de cette aptitude on comprend quune multitude de corps fibreux puissent se développer successivement, soit qu on extirpe un certain nombre de ces tumeurs^ soit qu'on ne les extirpe pas. Une conséquence de cette manière de voir, c est que s'il existait plusieurs corps fibreux dans une mamelle, grands et petits , il faudrait les extirper tous, et qu'il y aurait d ailleurs plus de sécurité, dans ce cas, à extirper la glande mammaire tout entière.
Faiu d*anatomie patfaolo0ii|iie relatifs ans coipt Bbreux manmaîrefl, et clastificatioD de ces faits en plosicars catégories.
Pour terminer cette étude des corps fibreux mammaires, je vais exposer rapidement quelques faits danatomie pathologique dans lesquels les altérations sont décrites avec une minutieuse exactitude (!}. Ces faits me paraissent devoir se classer en quatre catégories :
Première catégorie des corps fibreux. Induration mammaire liyperlrophique granuleuse dans laquelle Thyper^ trophie mammaire est visible à l'œil nu ou à une loupe grossissante.
Deuxième catégorie. Induration mammaire hypertrophique non granuleuse, laquelle n'est visible qu'au microscope.
Troisième catégorie. Corps fibreux bien constitués avec ou sans géodes.
Quatrième catégorie. Corps fibreux qui ont subi des altérations consécutives.
(i) Je prie de consulter le teste de la XXVI* IWr., pi. i, où Ton tronte trois faiu recueillis avant la diacnaeion de VAxmàémke*
Ttt MATOWn 1»iTHeU>61QUB gMéralb.
ladantioat mmwomairm bjfMfftropbiqoM.
Premier fait. Les caractères généraux de ïinduration inammaîre hypertrophîque^ ou première période des corps fibreux , sont p'arlPaitemetit indiqués dans la uescriptioa que j'ai donnée (1) d'une mamelle extirpée suk* une jeune fille dte vingt-quatre ans, par un chirurgien très distingué, comule <sc|uirrheuse ou cancéreuse. J*ai dit que ce prétendu cancer m'avait paru n'être autre chose que le tissu mammaire hypertrophié , que la tumeur était divisée en lobules distincts les uns des autres, dont la coupe préseoiait de^ gramilatioil^ «ntr^c^f^ées dé lamelles Bbk*eùses très épaisses ; que f avaiâ reconnu, au milieu de la tumeur, un grand nombre de canaux galactophores dont j'exprimais un liquide jaunâtre semblable à du colostrum. Il y avait, sauF la dureté , identité parfaite entre ce tissu et celui de la glande mammaire elle-même, et en voyant des tumeurs de ce genre, on comprend comment sir Astley Cooper a pu les désigner sous le nom de tumeurs mammaires cftro^ niques^ è\ M. Velpeau sous celui de tumeuYs adénoïdes.
C'est à cette période d*induration hypertrophique que la tumeur mammaire n'étant pas aussi bien isolée des grains glanduleux qui l'avoisinent qu'elle le sera par la suite, oh a pu croire qu'elle était pédiculée.
C'est é]galement ^ cette pétiode que le microscope démontre un développement considérable de l'élément glanduleux, en sorte qu'il semblerait que f élément fibreux ne joue dans ces tumeurs qu'un rôle très secondaire; mais l'observation démontré que plus tard l'élément glanduleux sera lui-même envahi par la métamorphose fibreuse.
(I) uyi«UTrM^t,|K4dfe
TAEi^ÂMB CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 7 3 Si
Dans uti cas de ce genre, que j'ai prié M. Robid de soumettre an microscope, les cuts-<ie-sac glanduleux étaient extrêmement développés et à parois très mibces ; la eoucbe d'épithélium qui les revêt était très épaisse. Lé tube centrai était plein de liquide incolore, granuleux, très ▼isqueiiH. Le tissa cellulaire interposé était peu serré parsemé ri'élécnents fibt*o*plastiques, et n'entrait que comme partie trèsadcesSoiredans le développeinent delà tumeur. Deuxièfht Jitit. Le 22 févriei* 1850, il m a été présenté une tumeur extraite de la mamelle d'une jeune fillede seize ans et demi*, réglée depuis i*àgé dedoute ans. Cest un corps oblotig , ellipsoïde, de 2 à S centimètres dans son grand diamètre. Il était lâchement uni aux granulations saines de la glande mammaire, lesquelles avaient été extirpées avec luL l/tfppalrition de cette tumeut datait de deux ou trois ans (par conséquent de l'âge de quatorze ans). Elle avait alors le volume d'un pois; elle causait des élancements.
Ce corps, qu'on croyait tout à fait sous cutané, était enveloppé de grains glanduleux sains. Il était dut*, légèrement bosselé è sa surface. Son tissu était homogène, gris rougeAtre, granuleux. 11 était fragile, et s'écrasait sous le doigt. 11 était bien évident que dans ce cas I élément glandulèiix prédt>minait sur Télément fibreux qui était à peitlë développé.
J*ai considéré ce corps comme Une hypertrophie mammaire, du Induration hypeftrophique, et M. Leh^rt (]ui Ta examiné au tuicroscope, y a trouvé tous les éléments de la glande rtiattimalre, les conduits galactophores et les grains glanduleux. Pour moi, c'est la première période des corps Sbreux. Je suis persuadé que la résolution dé cette induration aurait pu avoir lieu.
Troisième /ait. Voici l'examen d'un fragment de tuitieur mammaire extirpée par M. Velpeau. J'ai étudié cette tuii'.eur avec M. Gaillet, mon interne, très hèbitaé aax études microscopiques :
736 AMATOMIE PATHOLOGIQUE GKNÉBALE.
A l'œil DU, la tumeur est dure, granuleuse; on voit dans son épaisseur une pocbe ou kyste à parois blaoches remplie de végétations qui naissaient d'un point de la poche comme par une colonne, laquelle se divisait en un grand nombre de végétations (géode kysteuse).
Au microscope j ai vu des culs-de-sac glanduleux se présenter sous faspect de lignes étroites , curvilignes, se réunissant à angle. Ces culs-de-sac renfermaient des granulations qui paraissent n'être autre chose que des épithélium.
Quatrième fait. Le 6 avril 1847, j'ai examiné avec M. Lebert une tumeur mammaire qui venait d être extirpée. Cette tumeur était bosselée, lobuleuse, très dure : les lobules étaient bien évidemment constitués par desgrains glanduleux hypertro|)hiés et indurés. Au microscope nous vîmes que la tumeur était constituée par des culsde-sac glanduleux séparés les uns des autres par des faisceaux de tissu fibreux.
Cinquième fait, M. Verneuil vient de présenter à la Société anatomique (février 1855) deux tumeurs mammaires extirpées par M. Lenoir, qui appartiennent bien évidemment à cette catégorie.
Ces tumeurs sont bosselées, murales, à bosselures inégales ; leur consistiince est moins considérable que celle des corps fibreux bien constitués; elle n'est pas d ailleurs uniforme ; leur extraction a présenté cela de remarquable qu'elles étaient pédicule (1).
L'examen microscopique a démontré à M. Verneuil que
(i) Ce qui vent dire que le^ choses se sont passées dans reztractioo, comme si elles avaient été pédicnlées , c*est-à-dire que la tumeur itA échappée à travers Tincision de la peau tenant encore ^ la glande mammaire par quelques grains glanduleui très sains qui adliéraicnt à sa surface. Plus tard, ^isolcme^t de la tumeur aurait certainement rté pjus complet.
TREIZljfcMB CLàSSB* DBS MéTAMORraOSES. 757
ces imneors n étaient autre chose qu'une hypertrophie glandulaire.
Dans une de ces tumeurs , il a trouvé la cavUé du çulde-sac glandulaire remplie d'une très grande quantité d epiihélium et les parois des acîni très minces ; dans Tautre tumeur, au contraire, les parois des acîni^ excessivement épaisses, étant constituées par du tissu fibreux et des corps fibroïdes.
Donc les acini eux-mêmes se convertissent en tissu fibreux.
Due autre question a été agitée au sein de la Société, celle de savoir si dans le développement de ces tumeurs il y avait production d acini nouveaux ou développement des acini primitivement existants. M. Verneuil croit, avec MM. Lebert etRobin,àIa production d'acini nouveaux. Il cite à Tappui des cas de follicules sébacés dans lesquels il a vu des acini nouveaux se développer tout autour des acini primitifs, et ces derniers, convertis en tubes communiquant avec les acini de nouvelle formation.
Quant à moi, jusqu'à démonstration pleine et entière, je ne saurais croire à la production de tontes pièces d'un tissu aussi compliqué que le tissu glanduleux.
Parmi les cas compris dans cette première catégorie, il y a des tumeurs qui peuvent revenir à leur état normal; j'en ai vu un assez grand nombre d'exemples : tous les observateurs en ont vu sans pouvoir se rendre compte pourquoi, dans des circonstances en apparence identiques, le même traitement avait des résultats si divers : c'est que, dans les cas de succès, il y avait simplement induration hypertrophique : dans les cas d'insuccès, la meta* morpliose fibreuse ayant commencé, les tissus indurés ne pouvaient plus revenir à leur état normal ; il Aiut bon gré mal gré que la transformation fibreuse continue soit dans réléineut fibreux seulement, d'où résulte l'atrophie de l'élément glanduleux , soit à la fois dans Télément 6" ni. 67
7S8 AlfÂT<mn PlTHOiOGIQUB OÉHiEALR.
breax et dans l'élément glanduleux , or ces caa pMivent être considérés comme servant de transition entre la première et la deuxième catégorie.
n* GATtoORIB.
Le corps fibreux est constitué ; la transformation fibreusç est opérée; mais il est rare que la tumeur soit parfaitement homogène et qu'on ne rencontre pas çà et là soit des culs-de-sac glanduleux, soit des débris de canaux galactophores. Les géodes avec ou sans kyste s'observent aussi dans un très grand nombre de cas. En voici quelques exemples ;
Premier fait. •— Corps fibreux observé sur le corps dum jeune fille de vingt ans, morte dune maladie très aiguë. Ce fut par hasard (le 26 mars 1844), à la salle d'autopsie de la Charité, que je m'aperçus de cette tumeur, du volume d'une petite noix , qui occupait la partie supérieure et interne de la mamelle gauche , et qui réunissait tous les caractères que j'ai assignés aux corps fibreux ; dureté , circonscription parfaite, mobilité, indépendance de la peau ; indépendance de la glande mammaire.
Je fis l'extirpation de la tumeur qui était sous-cutanëe, réparée de la peau par une couche mince de tissu adipeux. La surface de la tumeur était parfaitement unie , circonscrite par un kyste très mince adhérent par sa face profonde.
Je divise la tumeur en deux moitiés égales. Un liquide synoviforme humecte toute la surface de la coupe; sa source principale est dans un très petit canal galaciophore central, d'apparence vasculaire, tellenjent adhérent au tissu propre , qu'il m'a été impossible de le disséquer. Ce canal semblait creusé aux dépens de la propre substance de la tumeur.
TRBiBlÈlfB CLA88S. MS MÉTAMOBraOSCS. 719
La cooleor de k tumeur est grisâtre, honiogàne, demitransparente, présentant un aspect qu on appelait autrefois aspect lardacé. La ooupe de cette tumeur ne ressemble Doltement, quant à laspect, à celle des corps fibreux de Futéras, elle n en a que la densité , qui est extrême. Le scalpel, promené sur la surface de la coupe, vibre comme sur un cartilage. Le tissu de la tumeur résiste extrêmement k la pression et ne peut être lacéré à Taide du doigt. Sa résistance est d'ailleurs inégale, ce qui semble établir sa division en lobules.
Les coupes de la tumeur, examinées avec une forte knipe, montrent qu elle est traversée par une multitude de très petits vaisseaux sanguins d^apparence veineuse* d une ténuité excessive.
Je cberchai vainement à déterminer si cette tumeur était formée aux dépens des granulations de la glande mammaire; elle était à une période de développement trop avancée pour cela. Je voulais la faire examiner au microscope; j'en fus distrait par d autres occupations. Je pensai que le caractère fibreux de la tumeur se révélerait par une demi-dessiccation ; et c'est en effet ce qui a eu lieu. A cette période, lorigine hypertrophique de la tumeur ne peut pas être démontrée.
Deuxième fait. M. le professeu^r Auguste Bérard (1) ne pria d'examiner une tumeur mammaire qu'il venait d extirper sur une jeune fille de dix-^sept ans, non règlent à mamelles bien développées. Cette tumeur, qui était mobile, sous-cutanée, occupait la partie supérieure el interne de la mamelle droite. La jeune fille s'était aperçue de cette tumeur par basprd quinze mois auparavant, par conséquent avant Tàge de seize ans. Elle y éprouvait quelques élancements.
(i) Chinirgiei» des plus dittin^iiés, mort dans toute la Tiçnear de TAg^e, au moment oà il commençait k prendre ane très belle po«îdon et comme professeor et comme pratleieD,
7&S AMATOUn PATH(».OGIQDB 6ÉIIÉRALB.
teuse» on avait enlevé un petit oorps fibreux qui loi adhérait.
Cinquième Juit. Je terminerai cette série de frits par le CBS suivant, que j'ai étudié avec beaucoup de soin, et qui établit pour ainsi dire la transition entre les frits de la deuxième et ceux de la troisième catégorie. La tumeur mammaire avait été extirpée sur une femme de quanote ans, par un praticien très distingué qui me Tadressa sous le titre de cancer encéphaloïde.
Cette tumeur» du volume d'un petit œuf, présentait: 1* dans une petite partie de son étendue, la disposition fibreuse pure ; 2* le /este de la tumeur était constitué puun kyste muhilocuiaire qui contenait un liquide visqueux synoviforme, kyste multiloculairedela frce interne duqud s'élevait une multitude de végétations en ferme de fFSmboise.
1* Partie durt. La partie dure, se présentait sousns aspect blanchâtre, cainilagineux. La coupe paraissait so premier abord celte d'un oorps plein ; mais quand on l'étudiait avec soin, on voyait ^qu'elle était Creusée de féoièÈ remplies par des végétations ou papUea urès rap prochées , fortement tassées, qui se séparaient frcilemeat les unes des autres : ces papilles, très inégales quant à la ferme et au volumOf présentaient dans leur longueur des renflemenu réunis par des filaments. Ces papilles étaient beaucoup plus molles que le reste de la tnmear; quelques-unes «iraient une couleur rosée.
7,^ Partie kysteuse. Ce sont des géodes fysieuMeâf coramoniquant les unes avec les autres par des orifieea plus oa moins étroits ; quelques filaments épais et durs vont de l'une à l'autre des parois de ces géodes c des végétations tantôt isolées, tantôtgroupées sous laformede framboises, les unes pédiculées, les autres sessiles, proéminaient dans la cavité des géodes et baignaient dans le liquide synovi* forme. Ces végétations en grappes étaient foraiées par
TBBiaftM» CLASSE. DBS MÉTAMOBraOSBS. 7&S
des papilles terminées ehaoane par une extrémité arroo* die. Il y en avait de rouges comme si elles avaient baigné dsDs le sang , d'autres étaient rouge clair, quelques-unes de couleur jaunâtre.
J'ai pensé que la partie kysteuse de la tumeur avait été dans le principe identique avec la partie fibreuse, et qu*uji travail moriiide fluxionnaire s'étant emparé des géodes pleines, un liquide avait été sécrété et les papilles granuleuses dissociées et ramollies au point de rendre leur origine fibreuse difficilement recoonaissable« Quant aux parois du kyste, il est infiniment probable qu elles étaient formées par des débris de canaux galactopbores.
Les corps fibreux mammaires appartenant aux deux premières catégories, c est-à-dire ceux qui n*ont pas été le siège d un travail consécutif et ceux qui ne Font été que partiellement , dépassent rarement le volume d un œuf de poule ou de dinde. Ceux de la troisième catégorie, c*est4-dire ceux qui ont subi un travail consécutif général ou presque général, acquièrent un tris grand volume avec une rapidité proportionnée a Tintensité du travail fluxionnaire dont ils sont le siège.
A la troisième catégorie appartiennent donc essentielle* ment les corps fibreux nuimmaires volumineux dont je vais donner quelques exemples.
m* cATiooaiB.
Oit «orpt Shnn maM«a(rM fdaaloMt q«l Mt «M «M éMMIM MtoiéMI^tt).
Premier /au. Le plus volumineux corps fibreux de ce genre que j*aie vu a été présenté à la Société anatomique
(i) Les deux premiers faiu décrits dane le texte de la XXVI* Iitt., pi. I, appartiennent k la troisième catégorie. Otui de madadae C; pré« Sentait trois tameurs dsns la mamelle gaoclie, qui apputenaient à la deuxième cat^rie, et une quatrième tomeur daoa la mamslle droite qai éiaUiuail la transition eatr« la dasxUme et la troisième.
746 ANATOiflE PATHOLOGIQUE GÉBlÉftALB.
par M. Gîraud. Il pesait quinse livres. (La peau était ulcérée sur un point de la surface de la tumeur). Ce corps fibreux avait appartenu à une femme âgée de quarantehuit ans , admise d abord à la Pitié, dans le service da professeur Sauson, puis transférée je ne sais pour quel motif à rhdpital des Cliniques, dans le service de M. le professeur J« Cloqoet, qui lextirpa et l'adressa à la Sociekë anatomique. Cette tumeur présentait d'énormes lobules séparés par des sillons profonds, en sorte que j'avais pa croire au premier abord à la juxtaposition de plusieurs tumeurs. Cette tumeur lobuleuse fut considérée par les uns comme un lipome dégénéré , par les autres comme Im cancer encéphalolde, en partie cm, en paHÎe ramolli.
Ma pensée fut que nous avions aflEsire à un corps fi* breux , non point dégénéré en cancer, mais ayant subi laltération consécutive, œdémateuse, synoviforme des corps fibreux.
La tumeur était enveloppée d'un kyste fibreux adhérent, lequel s enfonçait dans les sillons profonds qui la divisaient en lobules.
Son tissu était dense, demi-transparent, jaunâtre, infiltré d'une grande quantité de suc synoviforme qui collait les doigts.
En examinant avec soin plusieurs de ces lobules qui paraissaient pleins , j ai vu qu'ils étaient constitués par des géodes remplies de.proUmgements granuleux, souvent rameux , d'inégale longueur, qui se moulaient ou s'engrenaient en quelque sorte les uns dans les autres.
Quant i l'ulcération de la mamelle, elle était superfirielle, limitée à la peau , et le résultat de la distension : dans le cas qui m'avait été adressé par le regrettable professeur Blandin (XXVI* livr., texte de la pi. i), la peau était également ulcérée , ce qui avait fait croire à uu cancer ulcéré ; mais cette ulcération était superficielle et le résultat d'une usure par distension.
TIlEieiÈMB CLASSE. DES MÉTAMORPHOSKS. 765
Deuxième fait. Tumeur mammaire du poids de ii livres^ fluctuante dans une grande partie de son étendue (1). J'avoue qu'à la première vue et au premier contact de cette énorme tumeur, molle et bosselée , irrë^rtilière , presque fluctuante, je crus à une tumeur encéphaloîde ; un examen plus attentif roe montra que c'était une masse résultant de l'association d'une tumeur fibreuse qui avait subi Finfiitration œdémateuse synoviferme, etd'on kyste multilocubire : les canaux galactopbores qui avaient résisté à la transformation fibreuse présentaient des dilatations remarquables. Cette tumeur n'a pas été examinée au microscope; à la vue et & la loupe elle ne m'a présenté aucune trace d'élément glanduleux. Voici quelques détails de structure :
La partie centrale de la tumeur et celle qui en formait comme la base était d'une dureté pierreuse constituée par un tissu fibreux des plus purs, et néanmoins sa coupe, comme celle du reste de la tumeur, présentait des orifices de diamètres divers dont quelques-uns étaient très considérables. Ces orifices conduisaient dans des canaux bbncs , rameux, présentant çà et là des ampoules considérables, séparées du reste du canal par des brides ou rétrécissements, et qui représentaient à beaucoup d'égards les dilatations bronchiques. Quelques - unes de ces ampoules offraient des arrière-cavités ; chaque ampoule avait plu* sieurs ouvertures qui conduisaient dans des canaux quelquefois très étroits. Qu'est-ce que c'était que ces canaux blancs ampullaires? bien évidemment les canaux galactopbores. Voici quelques détails non moins curieux :
Plusieurs de ces canaux juxtaposés adhérents par leur surlace externe, communiquaient entre eux par des perforations, disposition qui donnait à la mamelle un as-
(i) Celte tuineur, qui avait cftf eilîrp^ par M. Velpeao , a été présentée à la Société aiiatOBiii|iie an oatobre i8S3.
TU ÀMATOMIE PATHOLOGIQUE GÉVÉBILB.
pect aréoiaire. Plusieurs de ces canaux étaient traversés par des hrideSi adhérentes seulement par leurs extrémités.
De ces canaux et de ces ampoules « les uns étaient vides, les autres contenaient un liquide séro^synovial ; d'autres étaient remplis de végétations polyptformes, analogues à celles des géodes kysteuses dont j'ai parlé plus haut.
J ai reconnuque les végétationspolypiformesàextrémité libre, granuleuse, étaient tantôt pédiculées , tantôt sessiles y ici groupées sous forme de framboise, là formant des végétations granuleuses isolées* On rencontrait souvent dans la même ampoule plusieurs groupes de végétations polypiformes et un grand nombre de végétations isolées aplaties, jujttaposées.
L'occasion était bonne pour déterminer comment ces végétations granuleuses, que j avais toujours considérées comme des grains glanduleux transformés en tissu fibreox, avaient pu pénétrer dans les canaux galactophores, etil ma été aisé de voir que cette pénétration s'était &ite de vive force; car les parois de ces canaux étaient perforées à leur niveau, et l'on pouvait suivre pas à pas le mécar nisme de cette pénétration ; on voyait , en effet, que daos certains points les parois du canal étaient soulevées sans usure : à côté, ces parois étaient amincies et érodées à leur surfiice eatcterne; plus loin, le canal perforé livrait passage à une granulation ou à un groupe de granulations.
Ainai, dans le cas qu on vient de lire , la transformation fibreuse avait tout envahi, moins les canaux galactophores, qui étaient évidemment hypertrophiés.
Troi'êiéme fait -— Twneut fibreuse mammaire avec fy$u considérable et avec pus infiltré. Cette pièce a été présentée à la Société onatomique le il août 1854 , par M. Chassaignac , qui en avait lait Textirpation le jour même.
TRClZtftMB JCLAMB. 1»» MÉTAIfORnOISS. 7&7
C'était une tumeur sphéroldale du volume de la tête d'un enfilât nouveauHCié , divisée en quatre grands lobules , séparés perdes sillons superficiels, recouverts par une peau amiocie, dépouillée de graisse, qui glistait ikcileittent sur la tumeur. Le plus considérable de ces lobules , qui formait les deux tiers de la tumeur, était évidemment constitué par un kyste.
Cette tumeur présente 1"* une portion fibreuse non altérée; 3^ une portion kysteuse; V une portion infiltrée lie pus.
I^ tumeur est enveloppée d*un kyste fibreux, tràs mince sur les lobules considérables, plus épais sur les bbales plus petits : ici adhérent, là sans adhérence, comme s'il y avait une membrane séreuse interposée.
V^ Portion fibrtust non altérée» Elle forme pour ainsi dire la base de la tumeur dont elle occupe la partie postérieure : elle est lobuleuse et granuleuse ; son tissu est très dense, très résistant , à la manière des corps fibreux les plus durs. La coupe de ce corps fibreux présente un aspect grenu ou granuleux ; ou sont de petites masses fibreuses pelotonnées, arrondies, fortement réunies par une gangue également fibreuse. Bien qu'aucun suc ne découle de la surface de la coupe, les doigts, promenés sur cette surface, donnent une sensation de viscosité. Dans l'épaisseur des coupes se voient des canaux galactophores adhérant intimement au tissu ambiant.
V Portion ky$i0u$ê, — ▲• Grand fysie. Un énorme kyste constituait les deux tiers au moins de la tumeur. Il était ouvert lorsque la pièce nous a été présentée ; mais je présume qu'il devait contenir un demi«-litre au moins de liquide. Ce liquide était de la sérosité sanp,uinolente avec caillots. C'était donc un fyste héniatiijue.
Ce kyste était incomplet, il ne formait guère que la moitié de la poche : c était la tumeur elle-même qui constituait l'autre moitié.
7 M AHATOM» MTHOLOGIQIIK GÊRiftALB.
La suffroe interne dn kyste était d'une cooleor jaoneserin qui attestait sa nature hëmatique. Dans d'autres points, elle était maculée de sang.
B. Petiu fysies. Plusieurs petiu kystes se voyaient an voisinage du kyste principal. L'un d*eux contenait un liquide visqueux et des caillou de sang ; d'autres étaient disposés en géodes contenant en partie un liquide visqueux jau* nâtre , et en partie des groupes de granulations supportées par des pédicules. Un de ces kystes contenait es même temps que ces végétations granuleuses que je considère comme une dissection spontanée des corps fibreux, une boue noirâtre.
Z^ Ponion aliérie et infiltrie de pus. C'était celle qui constituait la moitié environ de la paroi du grand kyste. Son tissu n'était nullement granuleux , mais bien bomogène, demi-transparent. Sa coupe était jaunâtre, jauneserin , et çà et là maculée de sang. Son tissu se déchirait avec la plus grande facilité par la pressicm ; et bien évidemment cette altération tenait à l'infiltration ou à la combinaison du tissu avec un produit de sécrétion. Quel était ce produit de sécrétion? Était-ce le liquide sérosynovial qui joue un si grand rôle dans les altérations des corps fibreux mammaires; était-ce du pus infiltré e( combiné? L'une et Tautre sécrétion avait lieu.
Nous avons trouvé à la circonférence de la tumeur des débris de mamelle atrophiés (i).
Les corps fibreux mammaires peuvent non-senlement s'infiltrer de liquide séro-synovial , s'enflammer et s'infil-
(i) J*ai toai li«o «le penser qae ti Foe ne trouve pas pim sowcei^ par la dissectioo , des traces de oflaDde mammaire , c'est qa bn ee les cherdie pas avec assez de soio. Cepeodaot je possède dm faits de ce genre qvi établissent de la manière la pins positive Tabsence complète Je ^aode mammaire ; ce qui vent dire non pas que la gland» mammaire a tout entière subi la méumorphoiet mais qu'il y a eu atrophia complète de la portion non envahie.
TRNZlfcME CLASSE. OBS MIBTAiffORPHOSES. 749
trer de pus, mais encore se pénëlrer paniellemeDt de phosphate calcaire.
Quatrième fait. — Corf^ fibreux mammaire en partie pétrifié. Le bit suivant, dont je ne vais présenter que le résumé, établira cette disposition (1) :
Cette tumeur pesait deux livres et demie :
Portion fibreuse ceafra/ie, extrêmement dense, k forme granuleuse ou pelotonnée, à granulations tellement serrées qu'il était impossible de les séparer :
1* Portion ostéhfibreuse. Une partie était ottéo*fibreme et représentait exactement les corps fibreux utérins pénétrés de phosphate calcaire. Il y avait des granuia* tions et des petites masses calcaires irrégulières , isolées; dautres étaient infiltrées dans Tépaisscur du tissu fibreux.
2^ Portion fibreuse creusée de géodes. Nombreuses géodes tantôt exactement moulées sur les végétations mamelonnées et rameuses (géodes pleines) , tantôt contenant avec ces végétations une quantité plus ou moins considérable de liquide visqueux synoviforme.
S"* Portion ramollie. La portion ramollie présentait deux formes bien distinctes :
Première forme. Demi-transparence; couleur jaunâtre, homogène; sans vacuoles, sans aréoles, amorphe, molle, s'écrasant sous la pression du doigt, se morcelant en firagroents îrréguliers, se lacérant avec plus de facilité dans un sens que dans un autre, se dissociant à la manière de fibres serrées juxtaposées.
Je regarde cette forme comme la conséquence d'une infiltration avec combinaison du liquide séro-synovial.
Deuxième forme, — Forme purulente. Fragilité plus grande encore que dans la portion précédente : opacité,
(I) Cette mamelle, extirpée par M. Velpean en septembre i853, a été commooiqaée à la Soeîécé anatomlipie.
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coaleor janae de pus, posaibtliié d en extraire qnelqpMt gouttelettes par la pression ; disposition striée , ▼aisseant veineux longitadinaux disposés soîvant la direetim des stries*
Je terminerai ces descriptîoiis déjà pen^étrt trop noBi> breuses, par celle d'une tumeur mammaire oonsidérable , qui vient d'être extirpée etoomiuuniqnée à la Société aoa* tomique par M. Nélaton.
Cinquième fait. — CcTfê fibreux mammmirt if aspect féUiimforme et diméffole densité* Cette tumeur a été enlevée cbes une femme de einquantOHpiatre ans qui jouissait d'ailleurs d une excellente santé. Point de ganglions lymphatiques indurés ; la tumeur n'incommodait que parsos poids et par son volume. Son volume est cdui de la titf d'un adulte; son poids de 5 kilogrammes 375 grammes.
Cette tumeur est spbéroîdale, divisée en lobules inégaux par des sillons profonds occupés par des brides on bandes fibreuses très épaisses.
La coupe présente un aspect demi-transparent « géittiniforme; la disposition lobuleuse ne pénétrait pas dans la profondeur de la tumeur. Consistance très inégale : il y a des parties très denses, dune dureté cartilagineose ; d autres parties sont molles ; toutes sont transparentes et homogènes, à peine çà et là quelques petits vaisseaai; nulle part de tissu fibreux distinct. Le doigt, promené sur la surfoce de la coupe, reeonnaU une disposition noueuse ou lobuleuse. Sensation beaucoup plus distincte lorsqu'on presse entre deux doigts une tranche miiiee de la tumeur.
Ainsi, homogénéités uniformité de la tumeur, quant à Taspect, à la couleur; différences très remarquables sous le rapport de la densité.
Une portÎM ramoUie jaun&trt occupait un point assez oettement droonscrit à la circonférence de la tumeur. Cette portion 3e lacérait avec beaucoup de fecilité. La matière infiltrée ma paru de natujy purulente.
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Le kyste d*enveloppe présentait cela de remarquable qu'il recouvrait, sans y adhérer, toute la suriace de la tumeur. J^ai examiné au microscope, sous la direction de M. Ch. Robin, successivement les parties dures et les parties molles de cette tumeur. Les unes et les autres présentaient tous les éléments du tissu fibreux, quelques corps fusi* braies, quelques éléments appelés Jibr^hplastn/ues^ nulle part deculs-de^ac glanduleux ; le tissu fibreux constituait seul les parties les plus dures. Cette tumeur était donc non une hypertrophie glanduleuse , mais uh corps fibreux infiltré. Ainsi le microscope a démontré la présence du tissu fibreux là ofa les yeux et la loupe ne pouvaient pas le démontrer. Le tissu fibreux, lorsqu^il est infiltré de sucs, devient demi-transparent, gélatiniforme, comme s'il avait macéré dans un acide étendu d'eau.
IV* GENRE
Corp» Obieui do ttitieiile.
Rien n est plus rare que les corps fibreux du testicule. Je nen connais d'autre exemple que celui que j'ai fiiit représenter figure 5^ planche 1, V" livraison.
Rien ne ressemble davantage à une tumeur fibreuse, ou mieux au tissu de l'utérus, dans l'état de vacuité, que of testicule extirpé A l'hôpital Beaujon par l'excellent pro* fesseur MarjoUn, de bien regrettable mémoire, et qui m'avait été remis par Blandin, Il résiste et crie sous le scalpel | il est constitué par des fibres d'un blanc grisâtre contour* nées sur elles-mêmes, entrecroisées, formant des lobules fi* breux, entre lesquels pénètrent quelques vaissetiux. Son poids est énorme eu égard à son volume, qui est double de létat naturel. La tunique albuginée n'adhère nullement à ce corps fibreux dont elle est séparée jiar une couche épaisse de liquide. A la partie supérieure de la tumeur, il
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existait une bouillie blandiàtre qui ma paru le résulut d'uae altération du ti«3u fibreux. J'ai eu occasioii d observer plusieurs fois cette Bnème altération dans les corps fibreux de Tutérus. J ajoute que « bien .que je n'aie pas » retrouvé le tissu propre du testîculei j*ai la eertitodeque » cette tumeur fibreuse s'était formée aux dépens du tissu » cellulaire qui nuit entre eux les innombrables oooduiu » séminifères , et que le tissu propre avait été nejeté a la 9 surface et atrophié par compression. » Je serais mmiis explicite aujourd'hui. La traBsformatimi bien démonttée des grains glanduleux de la mamelle ea tissu fibreaz me porte à penser que les canaux séminifères peuvent subir la même transformation.
Si Içs corps fibreux testiculaires proprement dits coo* stituant une masse iscrfée» indépendante du reste de Forgane, sont excessivement rares , il n'en est pas de même des tractus fibreux, de petites masses fibreuses déposées au milieu du testicule. Cette altération, qui m'a para la conséquence de phlegmasies du tissu propre de l'organe, constitue un de ses principaux modes d'atrophie.
M. Fano, prosecteur de la Faculté, m*a présenté dens testicules atrophiés qui avaient subi en partie cette transformation fibreuse. Le tissu fibreux présentait des tmctus fibreux en forme de cloisons irrégulières et incomplètes que séparait la substance tcsticulaire évidemment atrophiée. L'un de ces testicules offrait une petite ouïsse fibreuse très dense de laquelle partaient plusieurs tractos. Voici d'ailleurs la note que M. Fano a eu l'oMigeancede me remettre à ce sujet :
Transformation fibreuse partielle de la substance propre des deux testicules^ chez le même sujet.
Ces pièces ont été recueillies sur un homme d*environ trente-cinq ans, vigoureusement constitué, cpii parait avoir succombé à une tnberculisation pulmonaire.
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1^ Tesiicute droit. La tunique fibreuse commuoe au testicule et au cordon est épaissie. La cavité de la tunique vaginale a disparu, et des adhérences intimes unissent ces deux tuniques au corps même du testicule.
L*ëpididyme adhère dans toute son étendue au bord supérieur du testicule. Une coupe verticale antéro-postérieure du testicule nous montre un ëpaississement de la tunique albuginée dont les dimensions vont en certains points à s millimètres. La substance testiculaire qui a conservé son aspect rougeàtre a disparu complètement dans certains points , où elle est remplacée par une sub* stance gris blanchâtre, JC aspect fibreux, paraissant se cùnti^ nuer à la périphérie avec la tunique albuginée, et n'être que le développement anormal des cloisons celluleuses que la face profonde de la tunique albuginée envoie dans Tintérieur de lorgane. Examinée à un grossissement de 600 diamètres , cette substance gris blanchâtre paraît formée de fibres de tissu cellulaire sans aucun mélange d'éléments fibro-plastiques.
2^ Testicule gauche. Mêmes altérations que pour le testicule droit, si ce n est qu elles sont moins avancées. Aussi la substance propre de ce testicule est-elle moins envahie par le tissu fibreux de nouvelle formation que le testicule droit.
V« GENBB.
Corp» fibreoi dci ncrfr (néfroMCi ftbreai).
Les corps fibreux me paraissent tenir le premier rang , pour la fréquence aussi bien que pour Timportance, parmi les tumeurs des nerfs connues autrefois sous le nom de ganglions et aujourd'hui sous celui de névromes.
La structure éminemment fibreuse de la gaine névrilématique des cordons uerveux, gaine névriIémaiiqucqu*ou pourrait appeler, par analogie , dure^mére des nerjs , n*est m. A8