‹ Traité d'anatomie pathologique générale (volume 4)Chapitre 26 sur 36 · AMATOVIt PATHOLOGIQW GÉHÉKALI · texte numérisé non relu

AMATOVIt PATHOLOGIQW GÉHÉKALI

certaineaifiint pas étrangàre à celte praduction fibreuse , bien que j'aie eu occasion dobserver des oévromes fibreax sur le trajel des racines généralement considérées comme non névrilémaliques , connues sous le nom de f ueue ife cheval, Ke pourrait-on pas appliquer aux productions et métamorphoses morbide^ fibreuses et autres la loi d*a^« niiéde soi pour soi\ queGeofiProy-Saint-Hilaire a créée |)our rinterpréiation des adhésions congénitales dans les monstruosités?

Un grand nombre de faits établissent que les nerfs da système ganglionnaire ou viscéraux sont, ^ussi bien que les nerfs céphalo-rachidiens, sujets aux productions fibreuses dont je vais tracer rapidement les caractères généraux (i), après avoir dit un mot du double névrilème des nerCa.

J'ai démontré, en 1826, à 1 occasion des injections nei*ve|isea de Bogros , et j ai décrit sous le nom de galac propre des nerfs {^nai. descrip.^ t IV, p. 755 , 1*^ édition, 1836),rexistenced'unegatiie propre des nerfs bien distincte du névrilème ai^dessous duquel elle est placée, et qui est contiguë aux fibrilks nerveuses par sa face interne. « Pour « démontrer cette gatne propre, il suffit de couper en tran vers un cordon nerveux et de saisir avec une pince un des « bonis du nerf en forme de houppe ou de pinceau qiiidé- V passe la gaine névrilémaiique rétractée. On retire alors, » ordinairement sans efforts, un filet nerveux de plusieurs » pouces de longueur, à surface lisse , qui est compléte- » ment débarrassé de son névrilème. Eh bien ! ce filet est » formé non-seulement par la substance nerveuse , mais » encore par une gatne propre bien distincte du névriw lème. » C'est cette gatne propre qu*il ne connaissait pas qu'injectait Bogros, quand le mercure pénétrait ou plutôt

(i) Eo étudiant avec soin le« racines neryenses, on voit qu'elles {ont toutes protégées par une enveloppe excessivement ténue cjoi émane de la pie-iuère rachidienne. Il n*y a donc pas d'eicepûon h la règle.

Tanukils clame, dss MÉTAiioftriiosBs. US partissail pénéirer centraleuient le filec nerveux , tandis que rinjection éiait superficielle, latérale et bientôt suivie de rupture , lorsque le tube à injection était interposé à la gatne propre et à la gaine névrtlématicjue fibreuse. Cette gatoe propre, qui me parait de nature séreuse, et destinée à lubrifier les filaments nerveux ou fibrilles qui entrent dans la composition de chaque nerf, pourrait être appelée néfrilème séreux par opposition au névrilèrae fibreux. C'est dans cette galpe séreuse canaliculée que je place le siège du rhumatisaie nerveux et de la névrite.

C'est oelte même gaine, oubliée ou négligée par les •oatomistes, que M. Gh. Robin vient de décrire dans uï\ très bon travail lu à Tlnstitut, sous le titre de pérînivre.

Deêcription générale des névromes fibreux.

On peut admettre deux espèces de névromes fibreux : r ceux qui se produisent autour des nerb divisés, à la suite des amputations, par exemple; ce sont les névromes iraumaiiques ; 2^ ceux qui se développent spontanément ou sans cause connue duns la continuité des nerfe ; ce sont les névromes spontanés ou non îraumatiques. Les uqs et les autres m ont présenté les mêmes caractères anatomiques.

I"* BSfèoB« Névroaat ibroos tmanatiqaM.

La cicatrice de tous les nerfs grands ou petits, divisés dans les amputations, présente constamment un renflement gaogliforme. Les frottements , les pressions auxquellea sout soumis les bouts des nerfs coupés entrent-ils pour quelque chose dans la production de ces renflements gaagliformes ? Je serais tenté de le croire, d apr^s plusieurs expériences que j ai faites sur les animaux vivants , desquelles il résulte que la section des nerfs, pi*atiquée

756 AHATOHn PATHOUIGIQCE CfaÉKALS.

dans la oontîmiilé des membres, avec oo sans perte de substance, donne ponr résniut des cicatrices on très légèrenient on nullement renflées. Ces renflements sont<-îls un moyen de protection pour les extrémités des nerEi?

La flgnre 1 (pi. ii, XXXV* livr.), qui représente les détails de la dissection d^une cicatrice résultant de Faoïputation du bras, an-dessoos de sa parne moyenne, peat servir de type pour les névromes tranmatiqnes.

Les extrémités de Ions les nerfs divisés dans Tampotation présentaient des renflements extrêmement remarquables, qui pouvaient se sentir à travers k peau avant toute dissection. Les renflements les plus considérables appartenaient an nerf radial et au nerf médian ; ils étaient irrégulièrement ovoïdes. Celui du nerf médian , qui avait le volume d'un œuf de pigeon , offirait cette particularité qu'il se prolongeait en bant au devant du nerf, dans une étendue de 3 à & cendroètres.

Je rapprocberai de ce fait cdui représenté planche t, VI* livraison , qui a pour sujet une cicatrice résultant de lamputation dans larticulation scapulo-bumérale, pratiquée par Larrey père.

La presque totalité des branches nerveuses qni émanaient du plexus brachial venait se terminer dans un très gros renflement qu*il était fiicile de sentir à traven les téguments, et qui tenait à la cicatrice par des brides fibreuses.

La dissection de ce gros renflement nerveux ma démontré que les filaments nerveux s'éparpillaient dans 1 épaisseur du renflement et s'y perdaient après un certain trajet. Rien dans cette terminaison ne pouvait autoriser à admettre la disposition anatomique à anse, sonpfonnée plutdt que démontrée par quelques observateurs.

9* nrècB. Névromef fibreux spootanM ou noD Iraumatique».

Les névromes fibreux spoutanés se développeot sans cause connue dans la continuité d'un nerf.

Us présentent cinq formes bien distinctes :

Première forme. — Névromes sphérofdaux. Ce sont des corps fibreux parfaitement circonscrits, de forme sphéroîdaie, développés sous le névrilème d*enveloppe générale du nerfy soit à la circonférence, soit dans l'épaisseur d an cordon nerveux. Ces corps fibreux sont interposés aux filets nerveux qu'ils compriment et dont ils paraissent être indépendants : tous sont enveloppés d'un kyste d'iso* lement, et par conséquent susceptibles d'une sorte d enudéation; on peut les appeler névromes fibreux enkystés, circonscrits ou sphérofSJaux. Nous verrons que la ferme souvent irrégulière, bosselée, sillonnée de ces corps fibreux , est la conséquence de la compression qu'exer* ceut sur elle tes filets nerveux disséminés à sa surfece. Les névromes sphéroîdanx sont ordinairement développés aax dépens d'un seul filet nerveux.

Deuxième forme. — Névromes cylindroïdes ou invagi' nants. Dans cette ferme, qui est au moins aussi fréquente que la précédente, le névrome fibreux est cylindrolde ou invagînant , c'est-à-dire qu'il enveloppe comme dans une gatne tantôt régulièrement fusiforme, tantôt noueuse, irrégulière, un cordon nerveux plus ou moins considérable. La compression à laquelle ces tuiueurs sont sou mises de la part des organes environnants, est la cause la plus ordinaire de l'irrégularité de forme que présentent ces ttuneurs.

Il importe de remarquer que les nerfs, au sortir de cette gaine surajoutée, sont aussi blancs, aussi purs, aussi volumineux qu'à leur entrée dans la même gaine; que les filaments nerveux eux-mêmes conservent toute leur blan-

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cheiir, au niveau de la gangue fibreuse si dense dont ils sont entourés : c* est ce qui explique pourquoi ces névromes invaginants ne se révèlent pendant la vie par aacnne douleur, par aucun détoidre «ipprécinble dans les phénomènes de Tinnervation. Il nen est pas tbajoars ainsi pour les liévrbines sphéroYdaux.

Trmnième forme. — Névromes complexe^. Dans cette ferme qui appartient essentiellement aux névromes invaginants, bien qu'ils présentent quelquefois la forme sphéroïdole, le névrome est constitué par tin nombre plus oo moins considérable de renflements ganglionnaires fîisiformes, quelquefois moniliformes, juxtaposés, dontcbacaa est développé autour d*un filet nerveux : on dirait qire pour constituer cette tumeur, une épaisse gdtne fibrense, peu régulière , d'une couleur gris icendré, a été siirBJ()Qtéê au névrilème fibreux de chaque filet.

La planche ii, XXXV livraison, fig. S et S^ présentable type de cette variété des ttévromes invaginttnts (1).

Quatrième forme, —* Névromes moniliformes» Dans cette forme, qni se rapporte également aux névromes Invaginants, le cordon nerveux, de ferme irrégùlière, dé ôba* leur grise, ressemble assez bien à une veine ttiriqnéase, c'est-à-dire qu'il est composé de renflements irr^dlicrs séparés par des rétrécissements. Le neff semble décrire d« zigeags ou flexuosités. Il est très difficile de séparer les unes des autres ces petites tumeurs réunies par on tissu cellulaire très dense, et qui sont développées aviX dépens des divers filets qui entrent dans la conipositbik du cordon nerveux.

Cinquième forme. — Névromes ganglif&r^hêê. Bile cottsiste dans de petits renflements gangliformes, analegoéS

(l) Je re{^reUe beaucoup de n'avoir pas aooinif ce nerf à Taction At Pâcirle niinqae étenJa; îl est probable que faurais feacontré au œiitrt tl« oKli(|âè rttnflemem le lissa propne éû iierf »sln.

TBE1ZIÉNB CLASSE. DES MÉTAHORraOSES. 750

de tout point pour la forme, le volume et la couleur, soit aux ganglions des racines postérieures de? nerf spinaux, soii aux ganglions du grand sympathique : il est même probable que ces névrotnes gangliformes ont été pris plusieurs fois pour de véritables ganglions surnuméraires.

On distinguera toujours ces renflements gangliformes des ganglions nerveux proprement dits ^ en ce qu aucun filet nerveux ne part du névrome, tandis que constamment des filets nerveux émaneni des ganglions ou y aboutissent.

Dans un cas que j'ai rapporté (pi. ii, XXXV* livr.); et qui a pour sujet une femme affectée de cachexie eanoëreuse, les filets du nerf facial présentaient dans leur trajet de nombreux renflements grisâtres analogues aux ganglions fibreux gangliformes; mais ces renflements n'étaient antre chose que des tubercules cancéreux (voy. Névrama cancéreux).

Nombre des néwromes fibreux. Sons le rapport du nomére, les névromes fibreux sont le plus souvent sofrtoires, je veut dire qu on n'en trouve qu'un seul che2 le même individu. Assex fréquemment ils sont muluples; dans quel(|ues catf ils sont innombrùbles et généralisés dans toute la portion périphérique de larbre nerveux , à savoir : dans les nerfs céphalo-rachidiens et dans les nerfs ganglionnaires ; la portion centrale ou axe céphalo-rachidien est Seule préservée.

Il y a vraiment dans ce cas diathèse/ibreute^ mais dia» thèse fibreuse circonscrite au système nerveux, et pou^ vaot être rapprochée de la diatbèse fibreuse de l'utérus et des glandes mammaires.

A la vue de cette généralisation des corps fibreax dans tCMia les départements du système nerveux, on se demande si c'est bien là une simple production fibreuse , et si ce ne serait pas plutôt un tissu cancéreux sons forme squir* rbeose. Mais on ne saurait trop le répéter, la généralisa-*

760 ANATOMIB PATHOLOGIQDB GÉMiBALB.

tion d'une lésion dans un seul système d'oi^nes Q*est nullement lattribut exclusif du tissu cancéreux ;oe qui lui appartient en propre, c'est ce double caractère : i^ la généralisation non dans un seul système d organes» mais dans tons les systèmes d'organes ; 2^ sa propagation dans tous les tissus par voie de continuité.

Il existe dans la science au moins quatorze exemples de nëvromes fibreux multiples. Un des plus intéressants est, sans contredit, le fait observé en 1852 à Thospice des Cliniques dans le service de M. Nélaton, fait que j*ai étudié avec beaucoup de soin. Toutes les parties de i arbre nerveux de ce sujet ont été déposées au musée Dupu?tren, par les soins de M. Houei, conservateur de ce musée.

Sous le rapport du siège , les névromes fibreux paraissent beaucoup plus fréquents dans le système nerveux céphalo-rachidien, que dans le système nerveux ganglionnaire; et ce n'est guèi*e que dans le cas de diathèse fibreuse du système nerveux quon en rencontre dans ce dernier système. Cependant je n oserais affirmer qu'il ea fikt tou* jours ainsi. Le système nerveux ganglionnaire est si rarement étudié dans les autopsies , qu'il serait bien possible que les affections névromateuses de ce système fiissent plus fréquentes qu'on ne le croit ordinairement, et iodépendantes de la lésion du système nerveux céphalo-rachidien.

J'ignore si le névrome fibreux affecte une prédilection pour telle ou telle branche du système nerveux. Ce qu'il y a de certain , c'est que les nerfs qui sont les plus superBcieis paraissent plus fréquemment affectés que les autres parties du système nerveux ; que les névromes souscutanés occupent la plus grande place dans l'histoire des névromes ; ce qui semblerait indiquer qu'une compression extérieure pourrait bien être, dans quelques cas, la cause occasionnelle de certains névromes solitaires.

Le névrome fibreux est-il formé aux dépens du tissu

TBEIZfÈME CLASSE. DES MÉTAMOBPH08E8. 761

cellulaire qui entre dans la composition des cordons nerveux, ou bien aux dépens du névriième de tel ou tel des filets qui le constituent?

Cette question ne me parait pas résolue d^une manière positive : ainsi, dans les névromes fibreux centraux, c'està-dire situés au centre d'un cordon nerveux, comme dans les névromes circonfiérentiels, j ai pu, dans plusieurs cas, énucléer ces tumeurs avec la même facilité c|u un corps fibreux de l'utérus, sans pouvoir saisir sa continuité avec les filets nerveux ambiants.

D*un autre côté, il résulte du plus grand nombre de mes dissections que c est toujours aux dépens du névriième que se produisent les névromes fibreux , et le plus ordi* nairenient, sinon toujours, aux dépens du névriième d'un seui filet nerveux.

11 est des névromes fibreux qui semblent parfisitement indépendants des nerfs, situés (|u'ils sont à côté de ces nerfs auquel ils ne sont que juxtaposés , sans adbérence , sans continuité de tissu ou même à certaine distance de ces nerfs. Dans ce cas, on a pu croire que ees tumeurs nemient autre chose qu'une production fibreuse du tissu cellulaire.

J ai rencontré plusieurs exemples de ce genre sur le sujet affecté de névrome fibreux multiple que j'ai eu occasion d'étudier. Or, il m'a été facile de voir que ces corps étaient placés sur le irajet de très petits filets nerveux , lesquels m'avaient échappé au premier abord à cause de leur ténuité , et que j'avais été sur le point de couper. La section de ces filets nerveux est si &cîle , que je ne ré|K>ndrais pas qu'elle n ait eu lieu dans la dissection de plusieurs névromes ou corps fibreux qui m'ont paru libres de toutes parts et que j'ai crus formés aux dépens du tissu cellulaire

Je fierai remarquer, à cette occasion, que le tfolwne des névromes fibreux n'est nullement en rapport avec celui

1S3 ANATOMm FATHOLOGI^fJB OÉRÉfiALB.

des nerfs dansTépai^seur desqaels ils sont formés : ainsi, on voit très souvent des névroines volinnineux développés sur un nerf peu considérable ou même sur un filet nerveux isolé ; cela s'explique par ce que je viens de dire ^r le mode de développement. des névromes , lequel a lieu non aux dépens d'un cordon nerveux en masse, mais aux dépens d'un de 9rs filets.

Il est des corps fibreux qui ont le volume d*un ceuf de dinde et même davantage.

H est assez rare de voir des filets iierveux dans Tépais* têor même des névromes.

Siruciure des névromes fibreux. Tous les névromes fibreux sont enkystés : le kyste d'isolement est une membrane fibreuse adhérente par sa face interne dans rimmense majorité des cas, unie aux parties voisines par oo tissu cellulaire iàche, on dirait presque par une bourse sérettse ; d où leur éilucléation facile.

Cet enkystement des névromes me paraît ma de lean grands caractères; il en résulte qu'ils s*accroissent par intersusception et nullement par renvahissement progressif des parties environnantes. Le kyste d'enveloppe des névromes m'a paru formé par le névrilème.

Les rapports de ce kyste avec les filets da cordoo nerveux aux dépens duquel Us sont développés» sont un des points les pluâ intéressants de leur histoire.

Tantôt leé filets nerveux sont régulièrement et qoei* quefois très régulièrement disséminés autour du névrome (uévrome central) ; tantôt ils ont été rejetés en masse m l'un des points de sa circonférence (névrome latéral).

Ces filets nerveux» disséminés ou groupés, sont souvent libres d'adhérence avec le névrome ; d autres fois ils loi sont unis d'une manière plus ou moins intime. Dans ce dernier cas, ils sont presque toujours atrophiés à At% degrés divers.

En Qiénéral \ on peut snivr» touft les filets bfen^MX à h

TBUSIÈMB 6LAMB. DBS liiTA|C6BMeSBS. Itt

surface el même quelquefois dans rëpaisseur dé la tumeur; mais arrive ud moment oh 1 atrophie est portée jusqu a la disparition des ilets nerveux dans une partie plus ou moins considérable de leur longueur : leur contî* ouité est interrompue.

On comprend, d après cela» ce qu^il feut entendre de rëDUcléation du névrome par rapport aux uerfs qui Tentourent. Possible dans le cas de non-adhérence t elle est impossible dans le cas d adhérence intime.

L'énucléation est complètement impossible dans le cas de névrome invaginant ou de névrome complexe.

C est probablement aux difFérences qui existent dans les rapports des nerfs avec le névrome quest due la difFérenée qui existe entre les nëvromes sous le rapport de la douleur. 11 est un certain nombre de ces névromes qui ne se révèlent que par leur volume et ne causent auciuDs douleur; il en est qui causent d'atroces douleurs , |a douleur électrique de la névralgie.

Il est des névromes qui , après avoir causé d'atroces douleurs pendant un temps plus on moins long, finissent par devenir indolents : cette circonstance s'explique aisément par Tatrophie des nerfs.

Enfin il est des névromes qui n'occasionnent de douleur spontanée que d'une manière intermittente. Il est des nëvromes douloureux à la moindre pression ; il en est qui ne sont pas douloureux.

Couleur^ consistance^ Structure des névromes. La coulem: des névromes est quelquefois blanchâtre, mais jamais d aspect nacré, presque toujours d'un blanc ceudré ou gris, k la manière des ganglions nerveux. Je les ai vus brunâtres et même d'une couleur ocre. Leur consistance est va* fiable ; presque toujours ils présentent au toucher uot mollesse élastique qui pourrait simuler la fluctuation. Pressés entre les doigts , les névromes donnent la sensation d'un tumeur lobuleuse; disposition qu ils présentent aussi quelquefois à leur surfiice,

76& AMATOMIE PATHOLOGIQUE GÉMÉHALB.

JLes différences dans la consistance des névromes ûeDnenr aux degrés de Tinfiltration oedëroatense. On dit même avoir trouvé dans leur épaisseur de petits amas de sérosité enkystés ou non enkystés.

La structure des névromes est celle des corps fibreux à forme pelotonnée.

Le microscope confirme parfaitement les données fournies par l'observation directe. Ainsi les névit>mes sont essentiellement formés par du tissu fibreux. M. Ch. Bobia y a trouvé pour une faible part quelques éléments dits fibrO'plastiifues et quelques granulations nucléolaires qui ne présentent rien de particulier. Les corps fibreux, que ce savant et consciencieux observateur a étudiés, ont été pris sur le nerf crural , sur un nerf inter€x>stal, sur une branche cutanée, sur un rameau du grand sympathique, appartenant au |sujet affecté de névromes généralisés dont je parlerai plus bas.

Je terminerai cet article sur les névromes fibreux par la description anatomique d'un certain nombre de ces tumeurs que j'ai étudiées avec beaucoup de soin , et en particulier de celles trouvées sur le sujet affecté de névromes multiples, mort dans le service de M. Néla ton.

Ces observations rempliront les vides que laisse nécessairement une description générale.

J ai fait représenter (pi. m, !■* livr.) un bien bel exemple de transformation fibreuse avec développement énorme des ganglions cervicaux du grand sympathique et du ironc nerveux de communication entre ces ganglions.

Le ganglion cervical supérieur était remplacé par deux tumeurs: Tune supérieure et antérieure , olivaire, d un pouce de long et d'un demi-pouce de diamètre (f);

(i) Elle m'a paru remplacer un çan^lion nerveux qui existe aâiti sooTcnt et qu^ou peut appeler ganglion eervicat supérieur acee$9oift.

TRKIZIÈMB CLASSE. DBS MÉTAMORPHOSES. 765

lautre inférieure, ftisiforme, de deux pouces trois lignes de long sur un pouce de diamètre. Leur surface était légèrement bosselée, grisâtre: leur consistance» celle d'une tumeur fibreuse dense. De Textrémité inférieure de la tumeur inférieure naissait un gros cordon qui, après un court trajet, se renflait pour constituer une tumeur fibreuse triangulaire qui ma paru représenter le ganglion cervical moyen. Cette tumeur se continuait par un cordon presque aussi volumineux que son cordon d origine avec une autre tumeur qui représentait le ganglion cervical inférieur.

Ces ganglions, divisés longitudinalement,criaient80usle scalpel et présentaient la consistance et tous les caractères des tumeurs fibreuses : leur couleur était gris blanchâtre, sans aspect resplendissant. J ai vainement cherché dans leur épaisseur quelques filaments nerveux ; jen y ai trouvé que des filaments grêles, demi-transparents, se con* fondant avec la tumeur, qui pouvaient bien être des filaments nerveux atrophies réduits â leur névrilème. Les cordons de communication des gangUoné entre eux avaient le même aspect que les ganglions. Les cordons de communication avec les paires cervicales, plus développés que de coutume, avaient d'ailleurs leur couleur naturelle.

J'ignore s'il existait d'autres névromes chez ce sujet , que M. Bérard atné, alors prosecteur de la Faculté, a arraché au scalpel novice d'un étudiant de première année.

Nivrome fibreux tris considérable du nerfcubùaL Ce névrome situé au côté interne du bras gauche, au-dessus du cordon , avait été extirpé par M. Michon, sur un jeune homme de trente ans , et existait depuis quinze ans. Il a été présenté par M. Lebert a la Société anatomique , le iS février 1852.

Ce névrome s'était développé aux dépens du nerf cubital ; son volume , bien supérieur â celui d'un oeuf de

TM AIIATOII» PATHOLOGI^UK OÉHÉtâU.

diode, écak dt • cenûaiètres de longueur sur 6 de largeur et d epaissenr ; sa forme était très régnlièrement ovoide, et comme toujours, son grand diamètre était dans la direction du nerf: sa surface était lisse : pressé entre tes doigu, ce névrome donnait la sensaiion dtme tumeur lobuleusei la manière des corps fibreux utérins un {leti ramoHis.

Lç nerf cubital, qui se rendait à Textrémité sapérieurede la tumeur, s'épanouissait immédiatement en fiaiisoeau aplati, lec|uel s'appliquait sur un des côtés de la tumeur, sans se disséminer en aucune manière, arrivait ainsi jusque Fextrémité iofiérieure de cette tumeur, oii le nerf se recoo* stitnait et présentait le même volume qu avant de s'unir à la tumeur : au niveau de la tumeur, plusieurs filets étaicai reçus dans des sillons qu'ils avaient creusés à sa surface. Ces filets étaient notablement atrophiés. Il m^a para qu aucun de ces filets ne se perdait dans Tépaisseur de la tumeur.

L'isolement parfait de la tumeur annonçait la présence d'un kyste d'enveloppe; mais ce kyste adhérait à la tumeur dans toute son étendue par sa fiice interne, et Vmà* hérence était si intimç qu'aucune dissection ne fut possible.

Je terminerai cette étude des névrumes fU>reox par l'observation du sujet affecté de névrome généralisé, mort à Tbospice des Cliniques, le 16 décembre iSSi, après neuf mois de séjour dans cet hôpital.

J'insisterai sur les observations d'anatomie pathologique que J'ai pu faire par moi-même sur ce su;ei, renvoyant pour les détails à l'excellent travail de M.Houel(i).

(i) ffimoht mr ie$ névromes^ avec ooe obtcnration dt névraïae multiple, par M. Hooel, coDserralPur du motce DnpoyfrMi. (Alésafiff de ^ Société ffê si^W^ie.)

TRIOliMi GLAOf. OBI UÈKAVmWn^S. Ht

Sérrmtiei fAfmtx mnambrûkks à» divn$ oonfMS iitnviix dm 4frt^e cérAfo-racAiVi4» cl du grmnd tpnjiathUiue.

Voki le résume des antéc^denta :

Budin, viogt-six ans, cordonnier, entré le 26 mars 4851 à riiôpital des Cliniques, pour une tumeur qu il portait à laine droite. Le malade ne s'était aperçu de cette tumeu^ que depuis cinq mois; elle avait alors le volume d un œuf de pigeon. On constata en outre d autres tumeurs en assez grand nombre sur diverses parties du corps, sur la paroi abdominale, au cou, au bras, à laisselle droite et sur la face antérieure de la cuisse gaucbe. Ces fumeurs étaient variables en volume, depuis celu^ d'uQ grain de blé jusqu à celui d'un œuf de pigeon ; la plupart étaient iodolentes, toutes étaient mobiles, sans adhérence à la peau. Les mouvements de la cuisse étaient gênés, certains muscles, particulièrçjoae^t ceux de lavant-bras, contnicturés. Point dautécédents syphilitiques et néanmoins traitement par Tiodure de potassium.

M. Gosselin, chargé par intérim du service, enleva unç, des petites tumeurs abdominales et la ^pumit à lexamei^ microscopique, qui lui démontra une structure fibreuse. M. Giraldàs, q^i remplaça f|^. pqsselin, enleva la tuineur de Taine qui touripenuit le plus le malade. Son caractère fibreux fut également démontré par lexamen microscopique. Cependant les tumeurs augmentaient en volume, les contractures musculaires devenaient plus prononcées. Le malade iiccusait de la douleur, seulement aux changements de temps ; et lorsquen juillet, M. le professeur Nélaton prit possession du service, il constata de nouvelles tumeurs au bras sur le trajet du nerf médian, aux f avant- bras et au]ç cuisses; et comme MM. Gosselin et

^ Girald^'S, il diagnostiqua des névromes multiples.

Ce|»endant lamaigrisscment fait des progrès. La locp-

76S ANATOiiiB Pathologique gAiiéikale.

motion devient de plos en plas difficile. A partir da mois de septembre, le malade, qui jusque-là se levait de tonps en temps et restait assis sur une chaise, garda définitive* ment le lit. Bientôt des douleurs vives apparaissent: insomnie, cris continuels, immobilité, flexion permanente des jambes sur les cuisses et de celles-ci sur le bassin. Les mouvements imprimés aux membres deviennent très douloureux, impossibles; la pression des tumeurs très douloureuse; production continuelle de nouvelles tumeurs, on ne les compte plus. L'opium est impuissant pour calmer les douleurs. Sensibilité générale conservée, ainsi que le goût, l'odorat, Touïe; escbare énorme au sacrum. Mort le 16 décembre 1851, après un séjour à Fbôpital de plus de neuf mois.

Autopsie. Tous les organes thoraciques et abdominaux sont parfiaitement sains, il en est de même du cerveau, du cervelet , de Tisthine de lencéphale et de la moelle épinière. Seul, le système nerveux périphérique présente d'innombrables tumeurs.

Les nerfs crâniens sont intacts dans leur trajet iotracrânien. Il en est de même des racines des nerfs cervicaux et dorsaux. Les racines qui constituent la queue de cheval présentent seules un grand nombre de petits névromes gangliformes aplatis. Ces renflements gangliformes s'ob* servent sur les racines antérieures comme sur les racines postérieures (M. Houel en a compté une vingtaine sur la même racine).

A leur sortie du cràne et du canal rachidien , tous les nerfs, moins les nerfs olfactifs, optiques et acoustiques, présentent des névromes plus ou moins nombreux , plus ou moins volumineux.

Nerfi crâniens, A l'exception des nerfs olfactifs, optiques et acoustiques , tous les autres neris crâniens , cetii du sentiment aussi bien que ceux du mouvement, les nerfs de la cinquième ]>nire, le nerf lingual en particulier,

TAEIZIÈMB CLASSfi. DES MéTAMOBPROSES. 769

aussi bien que le nerf facial, présenteot de nombreux peiits névroroes.

Parmi les nerfs crâniens , je n ai étudié d'une manière particulière que les nerfs pneumogastriques droit et gauche qui étaient énormes.

Le pneumogastrique droit présentait à sa sortie du crâne un énorme renflement ovoïde , au-dessous duquel il conservait un volume général considérable (trois ou quatre fois au moins son volume ordinaire) avec renflements irré* guliers plus ou moins rapprochés. Il se renflait encore en cylindre noueux considérable au niveau de la partie inie« rieure du cou avant d*émettre le nerf récurrent. A cette disposition en cylindre noueux succédait la disposition moniliforme à grains extrêmement rapprochés, qui occu«« pait toute la longueur des divisions du nerf pneumogastrique qui s'anastomosent autour de lœsophage. Cette disposition moniliforme donne à ces nerfs une apparence flexueuse. Les nerfs récurrents présentent plusieurs petits renflements gangliformes. Les nerfs du plexus pulmonaire sont intacts. Il en est de même des nerfs de Testomac.

I^ nerï pneumogastrique gauche présentait un volume plus considérable encore que le droit : c'était un gros cylindre irrégulier avec alternatives de renflement et de rétrécissement. Une grosse tumeur ovoïde occupait la portion thoracique de ce nerf au niveau de la bronche gauche.

Nerfs rachidiens, — V Nerfs cervicaux. — Plexus cervical. Les nerfs cervicaux présentent un grand nombre de névromes fibreux à droite et à gauche, et dans leurs plexus et dans les braoebes qui en émanent. Je n ai étudié d'une manière particulière que les nerfs diaphragmatiques: le gauche était dans l'état naturel; le droit présentait une série de renflements gangliformes inégaux, tantôt rapprochés , tantôt séparée par des portions de nerf parfaitement saines.

770 AMATiMilB PÉOtBOUOGiqVZ GÈHÉMàMM.

Pkxus braehiai. Le plexus brachial droit présentait le névrome le plus considérable cpii existât sur ce sujet. Il avait 6 centimètres de longnenr, S centimètres 8 millimètres de largear, k centimètres 5 millimètres d*épaisseur. H était ovoïde et constitué à la fois aux dépens do nerf mosctdo-catané, et de 1 un des deux cordons de formation du nerf médian. Ces deux nerfs s^éparpillaieot de chaque côté et en arrière du névrome qui étak tout à (ait libre en avant. — Le nerf médian présentait an devant de rextréroité inférieure de rhumérus une grosse tumeur fnsiferme qui était précédée par un renflement gris cylindroide. La tumeur fiisiforme était constituée par un né* vrome fibreux centralement développé au milieu des filets nerveux dissociés. La tumeur commençait à émerger en avant et sur les côtés du nerf. Un néuromt latéral existait au devant du nerf médian à la partie inférieure de Tavantbras, c est-à-dire que le névrome semblait af^liqoé sur le cordon nerveux auquel il était accolé. Ce névrome était évidemment formé au-dessous du névrilème d'enveloppe générale du nerf.

Nerfs intercostaux. Presque tous les nerfs intercostaux présentent des renflements gangliformes considérables et des plus variés. De ces névromes , les uns sont cylindroïdes ou engainants, diffus ; les autres « centraux ou latéraux, sont circonscrits. Souvent des névromes ovoïdes sont unis entre eux par des renflements cyltndroïdes, bos^ selés, irréguliers. Les névromes circonscrits sont interposés ou juxtaposés aux nerfs dont ils sont parfiùtemeat distincts.

Le huitième nerf intercostal mérite d'être signalé par son énorme développement. Toute sa nooitié postérieure, à partir du trou de conjugaison , était ctmstituée par ooe série de renflements d'inégal volume. Cette série ootnmençait en ari^ière par un gros renflement ovoïde, duquel parlait le cordon de communication qui se rend au

TRBttltlfE CLASSft. DES M^TAMOBraOSES. 77 f

iprand sympathique. Ce cordon de commonication avait quintuplé de volume. De ce gros renflement, qui semblait émerger du trou de conjugaison, naissait un gros cylindre noueux qui , après 5 centimètres de trajet, se renflait de nouveau pour constituer une tumeur ovoïde aplatie^ deux fois plus considérable que la tumeur postérieure, et de l'extrémité antérieure de laquelle partait un nerf inter* costal parfaitement sain.

Ces timieurs qui remplissaient tont l'espace intercostal correspondant, avaient été déformées et aplaties par la résistance des côtes dont les bords étaient un peu usés par la présence de ces tumeurs. I^ grosse tumeur avait profondément excavé la côte supérieure correspon* dan te.

Le neuvième nerf intercostal offrait un renflement cylindroîde assez régulier dans la plus grande partie de sa longueur, à partir du trou de conjugaison où il présentait son plus grand volume : le filet de communication qu il envoyait au grand sympathique était également névromateux dans toute sa circonférence (névrome diffus invaginant).

Nerfi lombaires. — Pkxui lomtO'^acré. Les nerfs lombaires et sacrés des deux côtés sont monstrueux , à partir du trou de conjugaison, immédiatement après la réunion des deux racines. Ils sont monstrueux parleur volume (1), comme aussi par leur forme irrégulièrement bosselée , comme si une multitude de tumeurs d'inégal volume, formées dans leur épaisseur, avaient trouvé une résistance inégale à leur surface. Le plexus lombo^sacré qui résultait de leur réunion formait une grosse masse bosselée, continue, présentant des dépressions et des sillons qui résultaient de la compression exercée par les parties envi*

(i) On dirait qv'uo noole 4e plâtra irr^lier aTaîi été jeté s«r te ptexat depuis le Irou de coujtiiaîtoii josqu 4 r^cbaocrure «ciaii(|ne.

roiinuntcs. Cette altération Dévromaieuse difFuse, engainante, cessait brusquement, abruptementà Téchancrure scintique au point de conjugaison des faisceaux du plexus sacré, pour la formation du nerf sciatîque.

Nerf sciaiique. Normal à son point d émergence du plexus lombo-sacré, le nerf sciatique présente à la partie moyenne de la cuisse un renflement considérable cylindroïdc peu régulier, et dans quelques points de sa longueur des tumeurs proéminentes spbéi^oïdales , occupant un des côtés de la circonférence des nerfs : ces névromes latéraux étaient enkystés, mais leur kyste était adhérent par sa face profonde. Seul, Tun de ces kystes était libre d^adhérence par sa fieice profonde, comme s'il avait été tapissé, excepté dans quelques points, par une membrane séreuse.

L'augmentation de volume fusiforme, cylindroîde du nerf sciatique tenait 1° à des séries de petits névromes gangliformes, moniliformes, développés le long des cordons nerveux qui entrent dans la, composition des nerfs de ces tumeurs ; 2^ à des tumeurs isolées » disséminées dans l'épaisseur du nerf, dont les unes sont restées cachées au centre des cordons nerveux desquels elles paraissent indépendantes , dont les autres, plus volumineuses, ont écarté les éléments du cordon nerveux et proéminent plus ou moins à sa surface.

Je ferai remarquer que le nerf sciatique est beaucoup moins profondément affecté que d autres nerfs , bien que le plexus dont il émane directement soit proportionnellement le plus altéré de tous.

Les névromes engainants , en effet , n'exercent p<')s .sui* les nerfs autour desquels ils sont développés une influence atrophique aussi profonde que les névromes développés dans l'épaisseur des cordons nerveux : et l'on est tout étonné de voir, au sortir de ces grosses masses cylindroldes engainantes, des nerfs aussi purs, aussi

TRI£IZlÈMfi CLA^^^Ë* DEft MkTAMORPROSEâ. 77 S

parfaits qu'avant leur pénétration dans les gaines névromateuses.

J*ai fuit remarquer, relativement aux nerfs pneumo- ' gastriqueSi que les nerfs du plexus pulmonaire et les nerfs de Testomac étaient dans 1 état le plus naturel , bien que les troncs de ces nerfs présentassent une altération névroraateuse si profonde. Eh bien, relativement aux nerfs sciatiques, les névromes, si considérables à la cuisse, devenaient moins nombreux à la jambe le long des branches des nerfii sciatique poplitë externe et poplité interne, et disparaissaient complètement aux nerfs du pied qui étaient dans Tétat le plus naturel.

Nerfs cruraux. J m étudié plus particulièrement le nerf crural gauche, qui présentait depuis sa sortie du plexus lombaire jusqu'au niveau de Tarcade fémorale un énorme volume et une disposition très irrégulière. C'était un gros cylindre inégalement renflé de dislance en distance et qui se terminait à la partie inférieure de la fosse iliaque interne par une très volumineuse tumeur ovoïde sur la face antérieure de laquelle le nerf crural avait été rejeté en un seul faisceau.

Le nerf satellite de Tartère fémorale offrait un renflement cylindroide noueux dans une bonne partie de sa largeur.

Les nerfs cutanés de la région antérieure de la cuisse ont appelé mon attention par une disposition moniliforme flaxueuse fort remarquable que M. Houel a très bien indiquée. Ces petits nerfi présentaient, en effet, sur toute leur longueur de petits renflements gangliformes , alternes , irréguliers, très rapprochés, donnant au nerf un aspect noueux en même temps qu'ils décrivaient des espèces de zigzag à la manière des petites veines variqueuses. Il est bon de remarquer que, de même que les varices des veines (surtout les varices latérales) augmentent beaucoup lapparence flexueuse de ces veines, de même les renfle-

77& AtfATOinE PATHOLOGIQUE GÉSilALS.

menu ganglionnaires latéraux donnaient aox filets lle^ veux flexueux ou à peine flexueuz une apparence de flexuosités bien plus considérable que la réalité.

J^ai rencontré cette disposition flexueusenon-seulement sur des filets nerveux isolés , mais encore dans la ditsection de néuromes complexes qui étaient formés par l'agglomération d'un grand nombre de filets nerveux dont chacun présentait une disposition nouense et comme flexoeuse, à renflements très irréguliers.

Néuromes musculaires. JTai trouvé qudqnes névromes dans répaisseur des muscles de la cuisse.

Névromes du grand sympathique. Le cordon et les gaiK glions du grand sympathique n'avaient pas été épargnés. C'était la forme engainante qui dominait. La région thoracique était celle qui présentait laltéraiion la plas considérable. Les ganglions et les cordons qui les unissent avaient triplé de volume; mots leur augmentation de volume n'était pas régulière. On trouvait çà et là quelques renflements fusiformes. Les cordons de ccMBimunication des ganglions du grand sympathique avec les neifs dorsaux et lombaires n'avaient pas été épargnés.

J'ai trouvé plusieurs renflements fosiformes sor les cordons qui vont former les nerfo grand et petit spknchniques. Un corps fibreux du volume d'un œuf de pigeon se voyait sur le trajet du cordon du grand sympathique au niveau du col de la douzième côte.

J'ai vu un certain nombre de petits renflements ganglt' fermes le long des nerfs mésentériques.

La structure de tous ces névromes on engainants oa sphéroîdaux était exactement celle que j'ai exposée dans les généralités de cette étude des névromes.

TRSIZIÈMB CLASSE. DBS tfÉTAlfOBraÔSES. 775

VI«QBIfRB.

Corps fibreux da tissa oeUulaire.

Il ii*est peut-éire aucune région dans laquelle on n*ait rencontré des corps fibreux développés au milieu du tissu cellulaire libre; mais il est incontestable que ces corps affectent une sorte de prédilection pour les régions daiis lesquelles le tissu cellulaire trè^ dense a mérité le nom de iùsu/ibreux.

J avais d abord placé en première ligne comme siège de prédilection du corps fibreux la ^région parotidienne ou plutôt sous-auriculaire ou sous-iobulaire, entre le lobule de lauricule et le sommet de lapophyse mastoïde ; mais la dissection de plusieurs de ces tumeurs m ayant démontré qu'elles étaient essentiellement constituées par du tissu cartilagineux, j ai dû reporter l'histoire de ces tumeurs au genre des chondromes. Cependant il est infiniment probable que plusieurs de ces tumeurs appartiennent aux corps fibreux.

Voici quelques exemples des corps fibreux développés dans diverses régions du tissu cellulaire :

Premier fûtL — Corps fibreux en partie critaci situé sur le dos du pied. J ai observé tout récemment ce corps fibreux qui était situé sous l'aponévrose dorsale du pied, au niveau de la rangée antérieure du tarse et de Textré» mité postérieure des premier et deuxième métatarsiens (i) , au devant du ligament annulaire dorsal du tarse.

Cette tumeur, légèrement lobuleuse, qui a te volume d*ttn petit œuf de poule, est demi^-ovoïde, aplatie qn^elie est par sa lace |irofonde : elle a 5 centimètres i/2 dans son plus grand diamètre, qui est aniéro-postérieur, 9 centi*

; i) Je iloit eeita pièce à robligcance d« M. Jaijaray.

776 ANATOMiE PATHOLOGIQUE GÊliéRALE.

mètres dans son plus grand diamètre transversal , €i 1 centimètre 1/2 d épaisseur.

Convexe par sa face supérieure ou cutanée , elle est séparée de la peau par Taponévrose dorsale du pied et par le rameau cutané de la branche musculo-cutanéepérotiière; elle répond par sa face inférieure aux tendons du muscle extenseur des orteils, à l'artère » aux veines et au nerf pédieux, fst au faisceau interne du muKie pédieux.

Deux bourses séreuses parfaitement distinctes, Tune en dedans, lautre en dehors, la séparaient de ces parties.

La tumeur est donc contenue dans la gaine des tendons des muscles extenseur commun des orteils et pédieux.

Elle est libre de toutes parts, excepté en dedans où cHe tient par un pédicule fibreux mince et rubané au périoste et à la couche fibreuse (|ui revêt le premier cunéifonne et Textrémité postérieure du premier métatarsien.

Siructure, La densité de ce corps fibreux est extrême. On coupe difficilement son tissu, qui crie sous le scalpel, comme sM contenait des concrétions pierreuses ioter posées au tissu fibreux* La lacération de ce tissu est extrêmement difficile.

La coupe de ce corps pi*ésenie un aspect fibreux nacré, pelotonné, et en outre des |)oints osseux ou crétacés dissémines. La couche superficielle de la tumeur présentait une plus grande quantité de matière crétacée que la partie centrale. On peut même dire que la couche la plus superficielle contenait autant de matière crétacée que de tissu fibreux.

Deuxième /ait, — Corps fibreux à la nuque ^ ramollissement de ce corps. Je dois à Tobligeance du regrettable professeur Blaudin une tumeur fibreuse quil avait extirpée à la partie inférieure de la nuque et quil crup^ eue un lipome. Cette tumeur était molle, avait assez exactement la consistance et la disposition lobuleuse lie

TBKIZIËME CLASSE. DES MÉTAUOttPUOSKS. 777

la glande mammaire; son tissu était fibreux, d'un blanc mat, à forme pelotonnée. Il criait sous le scalpel à la manière du tissu fibreux. Sa mollesse était probablement due à une infiltration séreuse, ainsi que nous 1 avons vu pour les corps fibreux utérins et mammaires.

Troisième /ait — - Corps fibreux du cordon testiculaire, M. Leaotr a extirpé et déposé au musée Dupuytren un corps fibreux ovoïde d'un volume beaucoup plus considérable que le testicule, corps fibreux qui était développé dans Tépaissenr du cordon testiculaire dont tous les éléments disséminés étaient parfaitement intacts. Ce corps fibreux est d'tm aspect nacré extrêmement dur, on dirait d'un corps fibreux de Tutérus. Le testicule était placé au • dessous de la tumeur dont il était complètement indépendant. M. Lenoir a cru devoir enlever le testicule en même temps que le corps fibreux.

Quatrième fait — Corps fibreux considérable dans ie tissu cellulaire sous - aponévrotique de la cuisse; morcellement spontané. J ai trouvé sur un cadavre, sous l'aponévrose fémorale, à la région externe, un corps fibreux du volume du poing , divisé en lobules parfaitement distincts. Cette tumeur, extrêmement mobile, était enveloppée d'un kyste d'isolement adhérent par sa face interne. Plusieurs sections faites dans cette tumeur permettent de constater qu'elle est divisée en petites masses globuleuses ou sphérotdales, de volumes divers, naissant d'une espèce de gangue fibreuse par un pédicule; chacune de ces masses globuleuses est entourée à la manière d'un vêtement par un kyste non adhérent dont elle est séparée par une couche de liquide.

Cette disposition représentait exactement celle que j'ai si souvent observée dans les corps fibreux utérins infii* 1res de sérosité, sérosité qui les décompose en leurs éléments: cette alténuion des corp^ fibreux peut être consi* (terre comme un morcellement spontané que noas avons

778 AHATOMIK PATH0L0GIQI3B GÉRÉtALB.

VU être si favorable à TeipulsioD spoQtanée ou à ramcbement des corps fibreux de l'utérus (1).

Cinquième fait. — Corps fibreux situé sous le trapèu. Cette tumeur, (|ui avait été très péniblement extirpée! cause des adhérences intimes qu'elle avait contractées avec les parties voisines, avait Je volume de la tête : elle était bosselée , mollasse ; son tissu présentait tons les caractères du tissu fibreux pelotonné; sa mollesse était due à de la sérosité infiltrée qui avait incomplétemeot dissocié les masses fibreuses distinctes qui entraient dans sa composition.

Je terminerai par la description d'une tumeur, sar le caractère de laquelle le professeur Blandin, qui lavaii extirpée (octobre 1868}, désira connaître mon avis, et que j'ai considérée comme une tumeur fibreuse qui avait subi une altération consécutive.

éSixième fait. — Tumeur fibreuse sous^utanée imphntée sur l'aponévrose dujuscia lata. Cette tumeur était implantée par une large base sur l'aponévrose du fascia lata qui a été extirpé avec elle. Elle avait le volume de la tête d'un fœtus de six mois ; sa surface était sillonnée et divisée en lobules d'inégal volume ; sa forme était ovoïde ; uoe membrane fibreuse qui l'enveloppait avec adhérence présentait, au fond des sillons, des épaississements qui semblaient par leur étreinte avoir déterminé la disposi* tion lobuleuse, d'ailleurs superficielle de la tumeur.

Ija consistance de cette tumeur était dure dans la plus j[rande partie de son étendue , molle dans un certaio nombre de ses lobules.

(i) Il a été présence À la Société aoatoaùque, en jmilet i854» i>d« tumeur scroUlc dn ▼olnme de la Ut« d'ao «alMit nomveaiiHBé, qw^iait tout à Eait iodépeodante du testicule, lequel était contenu dans ta tanique Taginale intacte. Cette tumeur, qui était dans un état de putréfio tion commençante, m'a paru n'être autre chose qu'une tumeur filweaK infiltrée et décomposée en petites masses , bien éiridemaient de Mmre filirevie^ téptr^s par de U scroété.

TBKI2IÈMK CLASSE. DBS MÉTAMOSnOSIS. 719

La coaleur de la tumeur ^tait géoéralemeiit d'un jaune clair de diverses nuances, moins jaune que la graisse. Je crus d'abord que c'éUiit une tumeur graisseuse ; mais il me fut facile de voir quelle ne contenait pas un atonie de graisse ; il y avait, au voisinage du centre de la tumeiu*, une masse fibreuse très considérable , très dense , sur laquelle Tinstrument résonnait comme sur un cartilage. De ce noyau fibreux ou fibro-cartilagineux partaient des prolongements qui disparaissaient bientôt. Tout i» reste de la tumeur était infiltré d'im liquide séreux assez abon* dant, ce qui lui donnait une grande mollesse et une dia» position aréolaire à mailles peu prononcées. A la surCaoe de la tumeur seulement, on voyait des vacuoles ou kystes contenant de la sérosité. En étudiant ce tissu infiltré, j*ai vu qu il était constitué par du tissu fibreux dont les éléments avaient été dissociés.

Méfions-nous de la coloration jaune des tissus morbides; cette coloration, qui tient le plus ordinairement à des modifications éprouvées par la matière cdoranle du sang, en impose souvent pour de la graisse. Un exoœèo superficiel aurait pu faire croire ici à un lipome altéré , et Ion aurait décrit cette tumeur sous le nom de lipome à noyau fibreux (1). L*implantation de la tumeur sur Taponévrose fascia iata vient encore à l'appui de aa nature fibreuse; elle est d'origine fibreuse.

CINQUIÈMB SOUS-CLàSSB.

De même que les métamorphoses et productions fibreuses, les métamorphoses et productions cartilagi-

(■ ) La fransfornicion d« lipoa« «o titsa fibrau iM mm jparaU pM impouible, aa moins partiallanaot.

780 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉKAtE.

neuses sont une lésion générale qu ou rencontre daos tous les 4ÎS5US , dans les parties molles comme dans les parties dures (1). Or, tantôt ces produits cartilagineux sont purs de tout mélange avec tout autre tissu morbide, tantôt ils sont associés au tissu osseux pour constiuier les tumeurs ostéo-cartilagiiieuses.

L*affinité qui existe entre le tissu cartilagineux et le tissu osseux explique pourquoi les productions cartilagineuses présentent > leur maximum de développement dans le tissu osseux» pourquoi un si grand nombre de ces tumeurs ont pour charpente du tissu osseux; c est donc par les diondromes des os que je vais commencer Thistoire des productions cartilagineuses , que j étudierai ensuite dans les membranes séreuses et synoviales, dans le tissu cellulaire, dans les muscles , daos les viscères, dans les glandes et dans les productions enkystées.

Disons d'abord que les productions cartilagineuses sont incapables de dégénération cancéreuse, bien qu'elles s'associent quelquefois au tissu cancéreux.

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