‹ Traité d'anatomie pathologique générale (volume 4)Chapitre 28 sur 36 · GENRE · texte numérisé non relu

GENRE

Productiont ctrtilsglneaies du tiisa cellalalfe libre a àm séreuses et synoTîales.

ProdttctîoDt cartibgineaset da tbta cetlulaire*

Je ne doute nullement que des corps cartilagineux ne puissent se produire dans le tissu cellulaire libre de toutes

(i) Les os de la mâchoire oe font pas à Tabri de ces productions cartilagineuses. Je crois devoir classer parmi les tumeurs chondroîdes des os de la mâchoire supérieure , une tumeur coosidérable que portait une jeune fille de la Salpéirière , que j*ai eu dans mon lervice pendaol plusieurs années ; tumeur dont uu illustre chirurgien avait tenté l'eitii^ pation, mais qu'il abandonna après avoir entamé cette tumeur qui se cou* pait comme une pomme et qu'il crui probablement de nature cancé-> ren^e. C'est sur cette même jeune hlle que plus lard la ligature de Tartère carotide primitive a été pratiquée, sans doute dans le but d'arrêter le développement de la tumeur; ligature à la suite de laquelle survinrent des attaques épileptiques et une hémiplégie. Il eit positif que la tumeur est restée statioonaire depuis la ligature.

les régions , et je répéterai pour les corps cartilagineax ce que j'ai déjà dit pour les corps fibreux, à savoir : que la possibilité d*uBe production cartilagineuse doit entrer pour sa part dans le calcul des probabilités tniquel on se livre pour Ja détermination d*une tumeur dure développée dans telle ou telle partie du corps.

CoTfJs cartilagineux sous-auriculaires. Je signalerai en première ligne, commele siège de prédilection de ces corps cartilagineux, la région parotidienne ou plutôt sous-auriculaire ou sous-lobulaire , entre le lobule de lauricule et le sommet de lapophyse mastoîde, région que nous avons vu être également un des sièges de prédilection des corps fibreux (1).

J ai été consulté pour un assez grand nombre de ces tumeurs; j'en ai grossièrement pris le croquis : toutes occupent invariablement la même situation; elles sonlèvent le lobule intact dont elles finissent par sapproprier la portion de peau qui revêt la lace interne de ce lobule.

Ces tumeurs peuvent commencer dans la jeunesse; leur développement se fait avec une grande lenteur, i moins qu elles ne soient le siège d'un travail consécutif.

(i) M. Broca â préscBlé 4 la Sooiécë anatotnîqoe, le 27 juin i855, son le litre de Tumeur fibreuse du lobule de /'orftV/e, une tumeur qui préseataîc tons les caractères du titsii fibreux le plus dense elle plus pur. Aocoo doute ne pouTait s'ëIcTer dans Fesprit de qui que ce fût, sur le caractère fibreux de cette tumeur. Eh bien ! cette tumeur <ftaii le résultat d'one deuxième rëcidÎTC, c'est-à-dire la troisième (nmcur du même genre extirpée dans le même lieu. Mais ent-ce bien là une véritable rrciclive? Je ne le pense pas ; il se passe dans celte région paroiîdienne, si riche en tissu fibreux» ce qui se passe dans futérus : il y a di;t thèse locale, le* tumeurs se succèdent, mais elles ne réridÎTent pas. Dans le cas où uae portion des tumeurs fibreuses précédemment extirpées aurait éié laissée, il n*y aurait pas non plus répnllulation« mais développement d'an lobole fibreux oublié. Quant au siège de cette tumeur, je puis affirmer que ce n*était pasU lobule de Toreille.

TRCIZIÈMB CLAS8B. DES MAtAMORPHOSES. 809

Sur six cas , dont j ai retrouvé les notes , cinq ont été observés chez des femmes.

C est bien à tort qu on appelle ces tumeurs , tumeurs parotidiennes ^ car elles sont sur un plan bien plus superficiel que la glande parotide qui leur est complètement étrangère. On pourrait les appeler périparotidiennes.

Toutes sont d*une dureté pierreuse, bosselées, sans adhérence ni avec la peau (qui leur forme une espèce de bourse, de scrotum), ni avec lantitragus^niavec le lobule, ni avec le sommet de lapophyse mastoïde; elles n'incommodent que par leur volume. La peau glisse sur ces tumeurs comme si elle en était séparée par une membrane séreuse.

Dès le premier moment de leur apparition , elles sont bosselées et dune dureté pierreuse; leur accroissement se fait avec une extrême lenteur, tantôt très régulièrement, tantôt d'une manière très inégale. Ainsi certaines bosselures peuvent prendre un développement relatif très considérable, s'isoler et émerger pour ainsi dire de la tu* meur à laquelle elles ne tiennent plus que par un pédicule mince»

J ai été consulté par une jeune femme de vingt et un ans pour une tumeur extrêmement dure, bosselée, presque lobuleuse, très mobile, sous«cntanée , du volume d'un œuf de pigeon, dont elle fiaisait remonter l'origine à six ans, c'est-à-dire à l'âge de quinze ans : cette tumeur l'incommodait si peu, que la malade avait conservé ses bou* des d'oreilles. Quelquefois ces tumeurs marchent avec une excessive lenteur. Ainsi une demoiselle de soixante-cinq ans portait depuis vingt ans une tumeur sous-iobulaire du volume d'une noix , tumeur extrêmement dure, bosselée, mobile, qui restait stationnaire depuis plus de quinze ans.

J ai été consulté par madame Dus..,^ alors âgée de soixante-huit ans, pour une tumeur sou&^lobulatre du

810 AETATOMIE PATHOLOGIQUE GÂMÉRALE.

volume d'un gros œuf de dinde , présentant exactement les mêmes caractères. La malade faisait remonter cette tumeur à trente ans, époque à laquelle elle s*en était aperçue pour la première fois (la tumeur avait alors le volume d'une noisette). CSette dame est morte de pneumonie à Tàge de quatre-vingt-deux ans. La tumeur avait alors presque le volume des deux poings réunis. Certaines bosselures qui avaient acquis un développement relatif très considérable donnaient à la tumeur un aspect mural- Plusieurs de ces bosselures, dégagées de la tumeur par la presque totalité de leur auriâoe, et mobiles sur elle, semblaient des tnmeurs surajoutées ; plusieurs de ces tomenrs présentaient la mollesse élastique plutôt que fluctuante des kystes raultiloculaires à mailles remplies d'une matière gélatineuse ! la demi^transparence de ces tumeurs se voyait à travers la peau considérablement amincie. Les préjugés de la famille ne m'ont pas permis de -feire, après la mort, lablation de celte tumeur, à laquelle je n avais pas voulu consentir pendant la vie de la marlade , malgré ses instances réitérées : j'aurais certainement trouvé do tissu cartilagineux, et probablement aussi, dans certains points, un tissu analogue au tissu aréolaire et gélatiniforine que Ton observe dans les cbondromes«

L'examen anatomii|ue de plusieurs de ces tumeurs ma appris «qu'elles étaient essentiellement constituées par du tissu cartilagineux, reconnaissable à l'œil nu aussi bien qu'au microscope. Quelquefois «on y rencontre à la fois da tissu fibreux et du tissu cartilagineux. Ces corps cartilagineux sont susceptibles d'une altération consécutive kysteuse et aréolaire*

Les trois faits suivants donneront une idée exacte de la conformation intérieure de ce genre de tumeurs, que j'avais d'abord classées parmi les corps fibreux, mais dont le plus grand nonbre me parait appartenir aux corps cartilagineux.

TREIZIÈME CLA88B. DBS MÉTAMORPHOSES. Stl

Premier fait, M. le professeur Jobert m'a adressé, le 23 août 185&, une tumeur qu'il venait d extirper à la ré- (pon sous-parotîdienne. Cette tumeur était du volume d'un œuf de poule , bosselée , et présentait un aspeet vésiculeux, avec demi-transparence , sur une partie de sa surface,

La section de celte tumeur ma présenté les particularités suivantes :

Il y avait deux parties bien distinctes dans cette tumeur : une pariie cartilagineuse et une partie aréolaire et gélatiniforme : la partie cartilagineuse constituait la presque totalité de la tumeur, la partie centrale; la partie aréolaire et gélatiniforme oocufiait la circonférence. Cette partie aréolaire présentait de petites aréoles communicantes remplies d'une matière gélatineuse concrète, et au milieu de cette partie aréolaire de petites masses cartilagineuses ou fibro-cartilagineuses qui en constituaient en quelque sorte la charpente.

Aucun suc, aucun liquide n était exprimé par la pression de cette portion aréolaire» dont le contact poissait les doigts : les aréoles très îrrégulières avaient des parois très denses , on eût dit qu'elles étaient constituées par de petites lamelles cartilagineuses dissociées.

La tumeur était enveloppée d'une membrane d'isolement ou kyste qui lui adhérait intimement par sa fiaioe interne.

Bien évidemment cette tumeur était une tumeur cartilagineuse ou fibro-cartilagineuse dont la partie la plus superficielle avait subi un travail consécutif kysteux aréolaire et gélatiniforme.

Deuxième fait. Une tumeur tout i fait semblable, quant au siège et à l'aspect , a été présentée à la Société anatomique le 26 juin 1855. Cette tumeur, du volume d'une pomme ordinaire, était sphéroïdale, hérissée sur tonte sa surfiMse de mamelons qui lui donnaient un aspect

812 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉBALB.

m^ral. Sa dureté était pierreuse ; son tissu résistait à la section à la manière d'un cartilage; et en effet, cette tumeur m'a présenté tous les caractères anatomiques d*uo vrai cartilage dans une bonne partie de son étendue.

Le reste de la tumeur ma paru n'être autre chose qu'un cartilage altéré et infiltré d'une matière jaunâtre qui diminuait sa compacité. Une petite géode à parois continues se voyait dans son épaisseur. Le présentateur de la pièce anatomique avait cru que cette tumeur était formée anx dépens de la glande parotide. MM. Gh. Robin et Vemeuil, qui ont examiné cette tumeur au microscope, ont remarqué que les caractères microscopiques concordaient parfaitement avec les observations faites à Pœil nu. Ils ont trouvé les éléments microscopiques du cartilage, à savoir: la cellule cartilagineuse dans la partie non altérée de la tumeur.

Troisième fait. Le fait suivant établit que ces corps fibreux sous-articulaires ou périparotidiens ne sont pas susceptibles de dégénération cancéreuse.

Un homme âgé de soixante -dix ans portait depuis sa jeunesse une tumeur périparotidienne sous -cutanée , très dense , très mobile , qui avait le volume d'un œuf de poule. Cet homme mourut d'une cachexie cancéreuse qui afFecta en dernier lieu le système osseux et les côtes en particulier.

Cette tumeur était enkystée, et le kyste adhérait iolimement à la tumeur. Le tissu de cette tumeur est très dur, d^une couleur jaunâtre assez analogue à celle delà graisse. C'est un tissu fibreux ou fibro-cartilagineux qui est comme infiltré de sérosité, laquelle était dans un état de combinaison. Rien de cancéreux dans ce tissu.

Tumeur cartilagineuse sous-cutanée de la jambe» M. Berard afné ma montré une tumeur cartilagineuse du volume d'un très gros haricot , bosselée à sa surface, adhérant à la peau amincie , mais isolée des parties voisines i

Taide d*un tissu cellulaire séreux très délié. Cette tumeur occupait le côté externe de la jambe et causait de très vives douleurs.

Cette tumeur extirpée ma présenté la consistance du cartilage ; elle en avait Taspect blanc opalin : au centre, sa disposition était curieuse : d'un point central bien évidemment cartilagineux, partaient des radiations blanches également cartilagineuses, qui se terminaient dans une substance grise, laquelle constituait la couche cor* ticale de la tumeur.

Je me suis demandé depuis si cette tumeur sous* cutanée, qui causait de si vives douleurs, n*é(ait pas un névrome fibreux ou cartilagineux (1). On sait qu'il est des névromes fibreux qui ont la consistance du cartilage.

Au reste, le diagnostic différentiel entre les corps fibreux et les corps cartilagineux est bien moins important sous le rapport pratique que sous le rapport scientifique, vu la parfaite innocuité de ces deux genres de tumeurs, tontes deux incapables de dégénérescence.

a* ttricK. ProduclioQf cartila^nease« des membranet t^reaies et fibro-iërensei.

Les membranes séreuses présentent de très nombreux exemples de métamorphose et production cartilagineuse , on pourrait même dire que de tous les tissus ce sont les membranes séreuses qui ont le plus d'affinité avec ce genre de productions ; lesquelles affectent denx formes bien distinctes : 1^ la forme membraneuse ; 2^ la forme de végétations pédiculées.

(i) On ne doit pas admeUre comme cartila(;e un tUiu fibreui, quelque drnse qu'il soit : or, un ti^su fibreui se compose toujours de parties disposées linéairement ; tandis que le carttla|;e ert au tissu boroosène , blanc-blrnitre, dont les parties constituantes ne sont noUcmeot disposées d*one manière linéaire; tissa parfaitement élastique qui te coupe facilement à l'aide du scalpel, à la manière de lames cornées, et qui se raie dans le sens de la section.

81 & JNATOMIB PATH0I4>GIQDB gAn^RALB.

1* Productions cariilagbmuses de ta plèvre. Quoi de plus comman que de voir la plèvre , le péricarde , le péritoine présenter des productions cartilagineuses à la suite de pble^asies adhésivea, lorsque rirpUatina survivaot à radbéaion, les fçiusses membranes organisées subisseit ce mode d'irritation que j'ai caractérisé sons le nom Jôtttation de transformation : dans ces conditions, on trouve sou3^nt au milieu d'adhérences plus ou moins deases, celluleuses, fibreuses, tantôt de larges plaqnes cartilagineuses, des espèces de cuirasses cartilagineuses sur la plèvre costale, sur la plèvre pulmonaire, ou bien de simples granulations, de petits noyaux, de petites massa cartilagineuses; on voit même quelquefois ces plaques cartilagineuses pénétrer plus ou moins profondément dans répaisseur du poumon. Souvent le phosphate calcaire vient s'associer à cette série de transformations oa productions successives, en sorte qu'on trouve là un tableao complet de toute la puissance de production morbide dont est douée l'économie vivante, depuis la fausse roembrane organisée jusqu'au cartilage, jusqu'à l'os.

7? Productions cartilagineuses du péritoine. Rares poor le reste du' péritoine, les |)roductions cartilagineuses soot extrêmement fréquentes autour de la rate, plus fréquentes peut-*étre que dans aucune autre région de l'économie; il n'est même pas rare de voir la rate enveloppée dans uae coque cartilagineuse complète également ou inégalement épaisse. C'est dans les deux étals opposés d'hypertrophie et d'atrophie, l'un et l'autre suite fréquente des fièvres intermittentes, qu'on observe cette formation de plaques cartilagineuses, laquelle se complique toujours dadliérences. Je dois dire que c'est dans les cas d*atropkie delà rate que j'ai rencontré les coques cartiU>gioeuses les plus épaisses, les plus complètes et les pins régulières. Ces coques cartilagineuses complètes ou incomplètes s accompagnent presque toujours d'une induration notable du

TREIZIÈME CLàSSB. DBS MÉTAW>BPII08BS. 8iS

tissu propre de lorgane, qui devient tout à feit incapable de ces mouvements alternatifs d'expansion et de resserrement qui sont inhérents à Fexercice de ses fonctions. Ces coques cartilagineuses s'enlèvent par énucléation et entraînent avec elles les débris des prolongements fibreux deVenveloppe splénique qui pénètrent dans l'épaisseur de lorgane, prolongements fibreux qui ont eux-mêmes quelquefois subi au voisinage de la coque la transformation cartilagineuse.

Une question de siège s'est élevée au sujet de ces coques cartilagineuses. Quel en est le siège précis, ou, end autres termes , aux dépens de quel élément anatomique sontelles produites? Est-ce aux dépens de la membrane péritonéale ? ou bien aux dépens de la membrane fibreuse? ou bien encore sont-elles consumées par une fausse membrane organisée appliquée i la surface libre de la rate ?

Or un grand nombre de dissections m'ont appris que ces plaques cartilagineuses avaient primitivement leur siège dans une fousse membrane organisée superposée à la membrane péritonéale, et que c'était consécutivement que la membrane péritonéale elle-même, et la membrane fibreuse subjacente, étaient envahies : plus tard encore les prolongements qui se détachent de la surface profonde de la membrane fibreuse participent à cette cartilagini* fication qui pénètre plus ou moins profondément dans répaisseur de la rate dont le tissu propre, incarcéré au nailieu de ces prolongements, ne tarde pas à s atrophier.

Ces plaques cartilagineuses sont quelquefois extrême* ment irré«*ulicres : ici , très épaisses ( de 5, 6 millimètres d'épaisseur et uiéroe bien davantage); là, très minces; tantôt lisses , tantôt hérissées de granulations , de végé* talions pisiformes,mtliaires, gbbuleuses, pédiculées, plus ou moins pénétrées de phosphate calcaire. Or la matière calcaire qui est très dure, très fragile, est ordinairement plus voisine de la surface externe que de la surfoce in-

816 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.

terne de la production cartilagineuse. Je le répète, point de plaques cartilaginiformes spléniques sans adhérence: les adhérences au diaphragme sont les plus fréquentes; elles constituent des brides fibro-ceiluleuses plus ou moins serrées.

Il est rare de rencontrer dans Tépaisseur de la rate des productions cartilagineuses indépendantes des coques cartilagineuses.

Plaques cartilagineuses du foie. Elles sont beaucoup plus rares que sur la rate : j Vn ai rencontré assez souveut au niveau de la dépression, qui résulte, chez la femme, de Tabus du corset. J ai aussi rencontré plusieurs fois dans Tépaisseur du foie, au voisinage de sa surface, des noyaux cartilagineux.

Productions cartilagineuses pédiculées ou chondrophyia du péritoine {fibrochondrophytes ). Les végétations globuleuses pédiculées de la rate , celles non moins fréquentes qu on rencontre sur les ovaires , nous révèlent le mécanisme de la formation de ces corps cartilagineux qnoo trouve quelquefois flottants dans le péritoine , et plus particulièrement à Thypogastre, et qu'on voit parCns aussi dans la tunique vaginale. Ces corps cartilagineux, libres de toute part, ovoïdes ou sphéroïdaux, dont j*ai déjà parlé à Tarticle des corps étrangers (1), ont été primitivement adhérents par un pédicule excessivement étroit, qui peut se rompre pendant la vie, mais qui est le plus ordinairement rompu par le fait de I autopsie , et dont il ne reste aucune trace à la surface de la tumeur.

Voici la description d'un de ces corps étrangers périto* néaux qui m'a été présenté par un élève du Val-de-6ràce: Il a le volume d'une bille de billard ; il est presque régulièrement sphéroïdal (du diamètre de A centimètres 5 mil*

(i) T. II, p. i3i {Corps éuantjtrt otganiquit de$ membranes téreutei^

limètres). Il avait été trouvé dans la cavité pelvienne d'un soldat mort de je ne sais quelle maladie. Il était complet tement libre d adhérence. Il me fut impossible de découvrir à sa surface la moindre trace de Tinsertion d'un pédicule. Sa surface externe est lisse, d*un blanc opalin légèrement bleuâtre , offrant toutes les apparences d'un cartilage ; il est d'une grande dureté : pressé entre deux doigts, il se déprime légèrement pour se rétablir aussitôt que cesse la compression.

La coupe de cette tumeur présente une similitude par* fiiite avec la coupe d'un calcul urinaire. Au centre est un noyau irrégulier de phosphate calcaire; tout autour se voient des couches concentriques parfaitement distinctes, qui représentent exactement les couches concentriques d'un calcul, ou mieux encore celles d'un disque intervertébral, coupé horizontalement.

La coupe de ce corps étranger présentait plus d'ana* logie avec les corps fibreux denses, ou avec le tissu fibro^ cartilagineux qu'avec le cartilage proprement dit (1).

Les productions cartilagineuses pédiculées du feuillet testiculaire de la tunique vaginale ne sont pas fort rares. J'en ai plusieurs fois rencontré sur le cadavre, et même diagnostiqué sur le vivant.

Cartilaginification de la plèvre. Il n'est pas rare de rencontrer des plaques cartilagineuses soit sur la plèvre cos» taie, soit sur la plèvre pulmonaire, à la suite de certaines pleurésies chroniques (2).

(i) H BD*a étë raconte qne, dao» une opération de hemîe ëtrançlée» aanitôt que le sac herniaire eut tXé ouvert, il s'en échappa un corps dur du Tolume et de la forme d'un pois, si bien que l'operateur demanda à la malade si elle avait mangé des pois la veille ou Tavant-veille» Sur sa réponse affirmative, on crut que l'intestin était ouvert. Il n'en était rien : c*éuit un corps cartilagineux. La malade a parfaitement guéri.

(a) Bien distinguer ces plaques cartilagineuses des plaques opalines, qui ont l'aspect d'une lame mince de cartilage et qui sont une des formes du cancer des poumons.

81 s ANATOMIfi PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.

Il n'est pas rare de voir un poumon atrophié enveloppé comme dans une coque ou chemise cartilajjineuse de pinsieùrs centimètres d'epaisseUt, ^ù\ ris&d ses foûciibtis presque iVnpossibles où du inoins extrémen^ent Ifibiiées; çn pritaïil cfet orgaâe de son Monvemebt d'expaiisioii.

II*oiiblioni pas que céft ^rodùctlbus d^vtlld^inefti^s obt Kiuaux àêpkM des ftinssés tnembrâliëé él liôhïmk dépens delà plèvre. Ainsi, chez un sujet Ûiortft rfr^pltal detaCharhé; j ai vu le poumon droit atrophié, Mvelo|>|)é par une coque afnilagtneuse qui occupait là pStftA costale et h paroi draphragmatique, coque tellement adhéreUté à la plèvre paViétale, qu'en voulant l'enlever |}àr arrachethent on a enlevé en ibétne femps les n^uscle^ intet'costàat et le diaphragme; or la plèvt'e pulmonaire était pat*fiiitement séparable de la coque cartilagineuse.

Par opposition , la coque cartilagineuse pouvait se diviser ei\ plusieurs concbéS faciles fi distinguer les nneé de? autres & i^isôn de ta différence d^ôpacité.

J*ai décrit ailleurs (1), cômibe un itiode de guérisonde la pleurésie chronique avec épàncfaenïehl, des kysteé pieu* raiix càrtitagin'eux à pfaroiè quelquefois très épaisses; kystes pleuraux contenant du àang altéré , une matière ^étatiAifonne -, tUbercûliforMé , dt pus Concret oti en boQillie : ces kystes sont ordinairement ttttermédfalresl&u diaphragmas et A la base du poumon, du bieti à la gbuiuère costale et au bord postérieur du poumon.

Toutes les productions cartilagineuses de la plèvre ont bien évidemment pôuV principe dès fausses membranes organisées. La plèvre elle-même parait tout à fait éiraogère à leur fonnàtioA. De petites masses cartilagineuses plus bù fhoii^s irrégulières , bien circonscrites , sont quel-

(i) l>àcfiofiiMi»re dt médecine et de cfciniiyte /milt^twfi arfick P&'i'' BifiB, Paris, i835y t. XUI» p. 3o6«

TREIZIÈME CLASSE. DES lto^tAMof))^ÔSt:s. h\i

quefbis déposées âU milieu d adhérelices flbreUèeè plu$ 6\\ moins denées.

Qrriîtâgintfcatidn du 'péicarde. Très ftéqiiettlé et coïnddant toujours avec dès àdhéi^Acts fibréu^eà éjttrën^eirtcnt serréeà du péricarde at) coelirriiescUrtHages^éricardîqueô se pénètrent trèà soiiVelilde phosphate calcaire eii totalité oU eh partie. Leur siég6 j)k'itnitif est Mm au ItiiKeu ded Bdhérendes përibardiques; inms ta tmnsfoimdtiokV jpent s'étetidre au tissu propi-e du péricarde iui-tnéttic.

Voici la description d'uUe llame tartila{pn\euâe pëiicat'ûHfi^ ^i odbdpa/il la région An Ventricule gàUché :

Cette latne cartiiiË^gpneiise , ép^àiëse; parfaiteibeAt ôi^àttiséô', adhét*ait à la surFâcè dà cœur par Ut) tis^t!l celluloso^bréux eit^eèsiveikietit dMâe. Il m'a fblhi èibplbyei tome ma force pour compléter, pat arràchenit^t, ta èépàration du péricarde et du cœur comm'encMe avec le bistouri. Cette lame cartilagineuse faisait suite à une masse clionctro- calcaire du volume et àe la forme d'une noix muscade intimement unie au péricarde dont il était impossible de la séparer; cette masse adhévait hon mt>ins intiikiement bu cœur dans Tépaitseur duquel elle s^enlbilçait par un prolongement qui semblait servir d msenioti aux fibres charnues correspondantes.

La couche la plus superficielle de catte masse était cartila^neuse danâ l'épaisseur de 1 millimètre ; tout le reste étài^ pierreux, oësiforme, très compacte, très fra^ie.

Il existait une grande plaque o^sifidrme sur la face postérieure de Foreiliette gauche ; elle était remarquable par son irrégularifé. Cette plaque seihblait constituée par l'agrégation de petites masses pieireuses diversement configurées. Il n y avait pas vestige de cartilage dans cette petite masse qui faisait saillie du côté de la face interne de loreillette dont elle soulevait et écartait les fiûsceaux musculaires réticulés.

OxriUaginification de Carachnofole. —• 1* De farach$u>fkU

820 ÂNATOMIB PATHOLOGIQUE GÉNÉBALB.

spinale. Cest aux dépens du tissu cellulaire souS4urachnoïdien et nullement aux dépens de farachnoîde dleméme, que se produisent les lamelles cartilaginenses qu on rencontre si souvent autour de la moelle, lar melles cartilagineuses en forme de fragments de cylindre » ou plutôt en forme d'ongle, lisses à leur surface externe, mamelonnées et inégales à leur surface interne, très minces et comme découpées à leur circonférence. On les rencontre quelquefois de distance en distance dans toute la longueur de la moelle.

2o De tarachnoïde cérébraie. J ai vu un kyste hématique très considérable, oblong , très adhérent à la fece interne de la dure-mère, dont les parois étaient formées par une coque cartilagineuse parfoitement organisée. Ce kyste cartilagineux était bien évidemment formé aux dépens d'une fausse membrane.

Productions ctarHlagifieuset {ckondrophjrtet ^ ostéo ^ ehondropfyîef) da membranes synoviales.

Les productions cartilagineuses des articulations naissent tantôt des membranes synoviales, tantôt du pourtour des surfaces articulaires.

Je renvoie à ce que j'ai dit à ce sujet à l'article Corft étrangers organiques des membranes synoviales (t. II, p. 133). Ces corps étrangers, quelquefois solitaires, souvent multiples, sont tantôt pédicules, tantôt libres et mobiles dans l'articulation : leur production coïncide très souvent avec la maladie des articulations que j'ai décrite sous le nom d'taure des cartilages articulaires. Ces productions sont tantôt constituées par du cartilage pur (chondrophytes des synoviales); tantôt en partie par du cartilage et en partie par du tissu osseux (ostéo-chondrophytes), quelquefois même en partie par du tissu fibreux et en partie par du tissu cartilagineux (fibro-<bondrophytes).

On trouve au musée Dupuytren un bel exemple d'ostéo-

TAEiZfÈMK CLAME. DES MÊTAM0IIPH08ES. 82 1

chondrophyte solitaire développé dans ramère-cavité coiyloide sur laquelle il est en quelque sorte moulé, et dont il remplace en grande partie la graisse. Ce corps , parfaitement circulaire » est adhérent par un pédicule osseux très mince. Il est concave par sa face interne, qui présente une couche cartilagineuse de S à & millimètres d*épaisseur, laquelle recouvre une couche osseuse d'une épaisseur au moins aussi considérable. J'ignore si ce corps étranger, qui était exactement moulé sur la tête du £émur, gênait la progression.

Métamorpkote etariUayineute de tm memltrane interne des ûrtères.

Les plaques cartilagineuses des artères méritent d'être rapprochées de celles des membranes séreuses. Elles sont formées aux dépens de la membrane interne des artères , véritable séreuse canaliculée , et se présentent sous la forme de plaques cartilaginiformes opalines, à la face externe desquelles adhère le plus souvent une matière stéatomateuse ou crétacée.

Valvules du cœur. Les valvules auriculo-ventriculaires du cœur, de même que les valvules sigmoïdes, subissent quelquefois la métamorphose cartilagineuse, et cette métamorphose peut être bornée à la couche superficielle ou s'étendre à toute l'épaisseur de la valvule.

Mhemorpkom emriUafinemee du tittu fibreux.

Le tissu fibreux naturel devient rarement cartilagineux. 11 semble avoir plus d'affinité pour le phosphate calcaire que pour la chondrine. Ainsi je n'ai jamais vu une aponévrose cartilagineuse , jamais la dure-mère , jamais la portion fibreuse du péricarde : il n'y a peut-être d'exception que pour les tendons, dans les points où ces tendons sont soumis à une forte pression. Ainsi le tendon du long péronier latéral contient presque toujours un noyau

822 AVATOMIE PATHOtOGIQUS GllNiBAU.

cartilagineux, au niveau de sa double reflexio;a. Cette observation sur le défuvit d'affinité du corps Bbreox par la métamorphose çorûkigineuse s'applique aux tissus fibreux accidentels : ainsi je ne mç rappelle pa$ d'avoir va ^n seul cas de corps fibreux utérin qui mail présenté bien nettçroont cçtie transformation.

.Méiamfirphote cariilagînet^^ du tissu tni^fct^aJTe.

La cartilaginification temporaire des muscles bientôt suivie de leur ossification, s observe dans la formation du cal dont elle constitue la deuxième période, la période cartilagineuse du cal. Or, je crois avoir démontré par une série d>xpéçience^ (jpe Iç. cal Ç^rÛ^ag^W^ï^, de uf,fffï% que \ç cal osseux, se forme paç le ç^nçpur^ 4^ JÇ^H^ÇS IÇi? pr* ties lacérées qui pj^to^ur^pl les f|;'ag^)ents, périostej tisju cjpllulaire, înnsçlçç, tepdo^ns, gtc. ^)r, Iç ti^§u ipqççi^^irc preqd yine grande, pnç tr^^s grc^ndft part à (a fo^n\ati9ij dfl cal, ainsi que ie Fai démontré daqs mon pifemieç" p^yrJlge. Voici en quels termes j'exposais le résultat de ces e^pçriepcqs (\). « Il résulte d'expériences très multipliée^ faites » sur des pigeons , de plusieurs observations fa^^^ sjir » rhon[)me, que dan9 un très grand nombr^ de ça^s le cal V ^st formé par Tossifiçation du périps^e et des ipusçles, de » ces derp^iers surtout qui deviennent pe^ à pc^u grisâ^fçs, « perdent leur disposition linéaire , augmentent de con- » sistance, ressfS(pblent d'abord m ti^m pellutaire péoéu^ » d*albumine combinée , puis revêtent les caractères du » cartilage, et enfin de l'os. Ce sont les couches les plus » profondes des muscles qui éprouvent cette transfenna- » tion dans la moitié , les deux tiers , la totalité de leur » épaisseur, suivant retendue du déplacement. On peut » suivie laltération progressive de ces muscles, depuis le » moment où la Fracture vient d*avoir lieu jusqu'à celui

(ij Essai sur Cartatomie Ifc^thohgi^ue, jgiÇ, 1. 1 JJ. 4ft gt fpjr,

» OÙ la tranaFormatioQ ç;9rtlla|[ineu9e est pp4rée : alors U i cal, qui ii*est eocore qi^ç çprtiibsiR^iil^f e^t circgpscrJt ; 9 oa peut le Réparer dea musqies çayiixmpwts; mais ç^n% » séparation ne se fqit pc|3 sans déçl^irur.ei e^ il (aut ea^* ' porter une partie àw cartilc^i^e poqr avoir le cal cartilii- » gipeia parbitemept i^plé, ou l^issçr quelques fifer^s » (nusçqlaires ppur pvpir U toiïilité 4tt c^l ; WW bienlôR • des points Qsseu)( se manifestent (lan$ lep^isseuv de » ce cartilage : ils sopt très $epsible« çh.e.9 len animaux - qu pn pourrit 4e S^rai^f^ \ rp^^igptioii Suit p^r «pv^- » hir tout le cartilage, etc. »

Mais un Fait biep exti;^ao^dinaire q",e je n'ai Pu çon^f^t^r. que chez les pigeons, et sur lequel mes expériences sur le cal m avaient 4opné T^veil , c ç^t quç 4au$ uu$ ftéfie dexpérieuces sur )a nécrose, avec de.struction 4^ k moelle et introduçtipn dç charpie dans le qanal méçlullaire, j'ai vu les couches les plus profou^e^ des uiusç|es se pénétrer comme le périoste d'qne u^^ûère gé^tiu^U^e, ^\ passer h ietat cartilagineux, puis ^ Tétat osseqf (1). Jp. dçnpe ce? derniers fai^s sou§ tputes réserves ; car., je le répète, je pai constaté ce résultat que sur l^s pjgeoçs et n\]|leqient chez d'autres s^pima^x.

Le tisfu uiUQç^l£|irQ présente quelquefois cjes prç^Ufitiops çar.tilagine|^;e^ dans $on épais.^euri produçÛQPÇ cartilagineuse? qui font souvent sujtç ^ des production; ossçuçes. J a^ vu çelq (|aus )eç fl[^u^cle§ q^i çnvirpup^Ut (i'qnciennes luxqtiqus npp rédpitf^s, d§{QS V^^^^^H^^^S ipu^cles d'un é)épl)antiasis, e{c.

Lçs anévrysmes par^ielj du cœur ^opt 9MÇ'quç(Wf constitués, au moips en grande partie,, [{bv de? fQqV?9 ^rtilagipeu^es, le res^e étant Çl>reu^ qu ossçuf : Rf^^ ranéyrystne partiel du cœur qui \tïe parât} çxpliqniçr l'observation de Col^mbus. Ce gran({ observateur (2) f}it

(i) Et$aî$ur Fanaiomie pnthologiifuet t. Il, p. 34-

82 ft ANATOMIE PATHOLOGIQUE 6ÉNÉBALE.

avoir vu la cloison du cœur cartilagineuse etFon a révoqué en doute son observation : mais comme j ai eu occasion de disséquer un anévry sme partiel du cœur à parois- cartilagineuses qui occupait la cloison et la pointe de cet organe, il me parait certain que le feit de Golumbus se rattache à ce genre de transformation. Il en est de même du fait de Gorvisart, qui parle d'un individu qui mourut d'accidents du côté du cœur, et chez lequel il trouva les valvules mitrales cartilagineuses et les parois du ventricule gauche cartilagineuses à sa pointe jusqu à une certaine hauteur.

Productions €arHlagineuse$ dans les glandes et les organes compasé».

Chondromes parotidiens. On parle de chondromes parotidiens. Je soupçonne que ces chondromes occupaient l'enveloppe fibro-celluleuse de la parotide, et non l'épaisseur de cette glande.

Chondromes mammaires. J'ai vu dans l'épaisseur et à la surface de la glande mammaire des chondromes qui présentaient tous les caractères cliniques des corps fibreux et tous les caractères anatomiques du tissu cartilagineux. Ainsi il a été présenté à la Société anatomique un corps cartilagineux mammaire extirpé par M. Nélaton. Ce corps résistait comme un cartilage, il en avait tous les canio tères. Sa coupe a présenté un noyau cartilagineux duquel partaient des prolongements irréguliers qui avaient fait admettre à tort, par quelques membres de la Société, que ce corps était un squirrhe rayonné. Mais c'était bien un cartilage. L'observation microscopique, de même que l'étude à l'œil nu, n'y a fait reconnaître aucun élément cancéreux.

Chondromes ovariens. Les chondromes de Fovaire sont presque aussi fréquents que les corps fibreux de cet or« gane. Ils se présentent tantôt sous la forme atrophique, tantôt sous la forme hypertrophique : ainsi , j'ai vu des chondromes ovariens du volume d'un pois chiche, d'antres

TBCIZltalB CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 825

du voiame d'une grosse porome, du poing et même bien davantage. La transformation cartilagineuse de Tovaire est quelquefois partielle et associée à la production enkystée. Ainsi , j'ai vu un kyste de lovaire qui avait pour base une masse cartilagineuse ovoïde.

Chùndrumes testiculaires. Les corps cartilagineux testiculaires ne sont pas rares; et une chose bien remarquable , c'est la firéquenee de 1 association des cartilages accidentels dans ces organes avec la dégénération cancéreuse. Ainsi y j'ai trouvé plusieurs noyaux cartilagineux au centre d'un cancer testiculaire, dont une partie était pénétrée d'une grande quantité de suc cancéreux.

Le cas suivant , qui n est pas moins remarquable , a été présenté à la Société anatomique en novembre 1852. Un testicule avait été extirpé chez un jeune homme âgé de vingt-trois ans, qu on croyait affecté de sarcocèle. Ce testicule m'a présenté les particularités suivantes : Au centre était une masse fongueuse , molle, qui ne m'a nullement paru carcinomateuse ; car on ne pouvait en exprimer de suc cancéreux. Autour de cette masse fongueuse se voyaient un grand nombre de petits corps cartilagineux très irréguliers dans leur forme, qui étaient comme groupés à la circonférence du testicule» et adhéraient à la face interne de la tunique albuginée.

Chondromes thyroïdiens. Il m'est souvent arrivé de trouver dans l'épaisseur de vieux goitres des masses cartilagineuses quelquefois considérables . J'ai vu cette glande traversée par des cloisons cartilagineuses : j'ai vu également des kystes thyroïdiens hématiques ou autres à parois cartilagineuses, et enfin des corps thyroïdiens complètement atrophiés, lesquels étaient constitués par du cartilage avec ou sans dépôts calcaires. La transformation cartilagineuse constitue un des modes d atrophie du corps thyroïdien. Rarement coïncide-t-elle avec l'hypertrophie. Lorsque la transformation cartilagineos^ çoiittdc}^ i|v«c

92Q AI^A'^O^ff PATHOK^GIQPV GÉ0|^4t«.

rhypevt^pphie de cet organet c est qu'il existe eo mime tempç unp, portion de gUi^de ^tçopbiçe, qqi e^t le $iége<k la car(i)aginificdtipn. Qn trpuve 9U Viusç^, Dupuytreo noe pièce pq cire qui rçprépenie uq cwpç thyroïdiea volumineux, à la partie po3^fqeuir9 dMquel fç voit un Vys^e à pi^rois c^çtilaginçu?e^s tççs ép^iss^^^ , W 9)^çu% enwiç «we massue pa^^\\?g\iîeH^e çrçusée d uqç çs^yi^jé.

Çhondjrqme^ kystfivuç. Rien ^e plu§ qppsn^im qnç de voif des |jfyste3 ^,çéphali9,cyi5te5 p^u av^tfç^ pçé,sei\tçf ep lotaW ou eç^ partiç le? çprap^^çe^ du çftrtJlagÇ.- J «» p»rlé d'up kyste hç^çiatiçjiie 4^ \^ ^içp intççflç de ^ dure-pî^rç, çodvçrti çp çartila^ç.. Lç? l^yst^s ^^ gy^^ive? pr.éseqtep.t jrès so^iivent df^ns qnç pçir^ç. de leur étepdue dç^ plqquçs c^rtilaginçu^5, e^ ^^ifîç quelquefois 4 Içpr «Vir&cç interne (le$ granulations cr^ftil^giqeu^e^ clç diyei^f volumçs, G|i çes$ite$ ou péd^cyjçe?.

Çhonàrçmei jiiulii)nnqir^. \\ p'eçt pfls C^re de Toir des pr.oducp<îp§ c^r^i'.^jnepsç^j ^i^^ l'^i»eMÇ ^ poumoç^. Ç|lç,s sç pçésentept soi^s ja ^rOË dç peft<ç$ masses grapi^leusçs,, dç grpsçes ip^çsfs irr.çg|i}içrjç«, QU de kystçs qy de ^ipellç,^ çp%«5ÇS WlÇrpQfiÇf «ux |p|)pks atrqphiéf : ces production? c^r^ilflg(PSHSf.d PfinVfP^ ^^ dan^ be^i^çpup dq çîjf cop^idépéfif co(p(Qç ^^s cic^tpçes de foyers tuberculeux. Il y i) ^U§^i ddf granMlq^ioqs oit tubercules qpaliRq, gri^, noirs , dg fiflçjistapçç oarP^jineuse, <iue je Ç9psi(][^fç C9{pipe des gfany|aiioqs. ou tubercules de guérisoç , et ^^^ÎJçipçj^^ c.omp^ç dej ^^i^ç^'çples à leur nreinière péno(]e.. J^ padine^ ps^§ ^e p|)tbisic constituée dans sa prep||èj*e périqç^ p^i^ ^e^ gç^npt^tions cartilagineuses (1).

CI}Ot}dronws spléniques, J'^i pafl^ çl^S chQQdfQp^ $9*

(i)C était dan« les poumons, et noD dans les viscères abdominaoïf comme je rai dit par erreur dans la note de la page 796 de ce ToluiDei qu'existaient lef chondromes observés par M*. RiclieC sur fe malade é*

TRBi9à¥B CL4$SB. ïkU MiTA¥ûRPiWU|BS. aft7

perfiôdU ^ la rate, e^pèçQ d? cpir»»* plus m wojw complète qui envoie soi^vfSQt des prploQgQniçi;^t^ dam répais&eur méine dç la ^atç à 119^ plu^ qq Jupoio^ gr^ndft p^ofopde^r. Il n est pas ^ariB de voir daps Vépaisse^r dft rates soit bypertroplûéej^ , sçif, atçpphié$9> 4e p9Ut93 masses cartilagineuses irréguliôres , ou mAwQ 4^ p^titaa lames cartilagineuses faisant cloison.

Chondromes hépatiques. Assez fréquentes chez les femmes âgées qui ont porté des corsets très serrés , les plaques çariilAgipeusf sdu foie quicorr^spondant à la circoaHreoce iaSérieure de la poitrine envoient iiuelquefois dea piplopgem^nts di^nç I épaisseur de cet organQ, Jaî vu dea granulatious hépatiques converties en grains oartilagiaeux; les kystes adventifs des acépha)ocy§tes, kystaa adventifs qui sont formés au¥ dépens du tissu du foie, sont souvent en partie cartilagiu^ux.

Chondromes articulaires, hes productions cartilagineuses srûculairea doivent être étudiées : i? dans ies articulatiqna malades ; 2"" dans ies articulations nouvelles (Qéarlhrfisea}^ suite de luxations non réduites* suite de fracturas.

1^ J ai d^ parl^ des chondrophytes et osléoechondro^ pbytes des synoviales. J ai dit que ces productions étaient tantôt libres de toute adhérence, (anl^lt mobiles, noaîs tixées par un pédicule très mince aux franges 9yooviales, tantôt adhérentes au pourtour des surfaces ai:ti* culaires. Oc, ces productions nées du pourtour d^s surfaces articulaires sont constantes dan^ la maladif que. javais décrite il y a longtemps sous 1^ nom d'usuns (ie$ surfaces articulaires^ et que M. Deville, dans plusieurs communications fort intéressantes faites à la Société aoatoraique , a décrite sous le nom ^WLbri4fi ^éche.

J ai dit ailleurs que lorsque les surfaces articulaires sont dépourvues de leurs cartilages d*encroûtement, les couches osseuses mises à nu s\isent avec une extrême facilité, malgré le tissu ébiirné qui les recouvre, et Ton

829 AMATOMIÏ PATHOLOGIQUE GÉNÉBALB.

voit autour des surfaces articulaires se développer des productions ostéo-cartilagineuses qui seinbleut venir ao secours de larticulation et qui finissent par s'user ellesmêmes; productious sessiles ou pédiculées, qui uotèt s'usent sur place, tantôt se détachent du pourtour des surfaces articulaires et deviennent libres dans Tarticulatk».

a* Productions cartila^neuses dans les articulations nontelles ou oéarthroses.

1' Dans les néarihroseSj suite de luxations non réduites, il se passe de bien nombreuses , de bien admirables transformations; des cartilages articulaires se produisent sur les nouvelles surfaces frottantes » sur la surface périostique des os, aux dépens des tendons, des muscles, di tissu cellulaire, des ligaments: un travail permaoeoi d'usure se faisant dans les articulations mal organisées, oo travail permanent de restauration répare les brèches. Cependant il arrive quelquefois que la néarthrose étant par&itement constituée, les surfaces articulaires bien contenues sans glissement et frottant les unes sur les aatres d'une manière régulière, le travail de métamorphose sarréte et l'articulation nouvelle remplace autant que possible l'ancienne articulation.

2* Dansles néarihroseSy suite de fractures non consolidées, et j'en ai vu on exemple à la partie moyenne-de l'haménis, les surfaces frottantes s'encroûtent également de couches cartilagineuses qui remplissent parfaitement les fboctioDS du cartilage articulaire naturel. j

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