SIXIÈME SOUS-GLASSE
Les métamorphoses et productions osseuses sont, s^ds contredit , une des lésions les plus fréquentes de Téco- Domie. Je ne connais qu'une exception à cette loi de tran^foirnation osseuse morbide des tissas, c'est dans le
TREIZlillB CLA88B. DBS M^AMORPHOSBS. 899
système nerveux (je parle de la fibre nerveuse propre*
ment dite).
Disons d abord qu'il iaut bien distinguer les métamor-
I phoses et productions osseuses des concrétions ou incrus»
talions calcaires ^ qui ne sont autre chose que des dépôts
I pulvérulents de phosphate calcaire sans trame vivante
propre, ou bien des agrégations plus ou moins résistantes,
I tandis que les métamorphoses et productions osseuses
sont de véritables ossifications qui partagent Torganisation
I et la vie du tissu osseux normal. On pourrait désigner
\ toutes les concrétions ou incrustations calcaires sous le
I nom A'ostéides.
I Je dois également faire observer que si , dans une ossi-
I fication régulière, normale ou morbide, le cartilage est un
j intermédiaire nécessaire à travers lequel doivent passer
j les tissus pour devenir des os; dans les concrétions ou
^ pétrifications, le phosphate calcaire se dépose d'emblée
, dans tous les tissus sans trame cartilagineuse. Diaprés
I cette manière de voir, la présence ou Tabsence d'une
^ trame cartilagineuse serait le caractère différentiel entre
^ los et la pétrification. Cela est certainement la règle pour
lossification normale , mais je n'oserais affirmer qu'il en
fût toujours ainsi dans Tossification morbide ; ossification
qui m'a paru , dans beaucoup de cas , envahir le tissu fi*
breux sans intermédiaire cartilagineux.
Le dépôt de phosphate calcaire dans nos tissus , ou, qu'on me passe cette expression , la phosphatisaiion^ est un phénomène beaucoup plus général et bien plus important dans l'économie qu'on ne le croit ordinairement ; on peut même dire qu'après la sécrétion du pus et la sécrétion de la matière dite tuberculeuse, la sécrétion du phosphate calcaire est un des produits morbides les plus fréquents ; l'affinité qui existe entre la matière tuberculeuse et le phosphate calcaire est telle, qu'un grand nombre de tubercules et de foyers tuberculeux ne guérissent que par
^tÙ ÀNAT0M1È PATHÔL^I^UE GÉNÉRALE.
le remplacement dé 14 batièré tuberculeuse par le phosphate calcaire, dont lapparitioD coïncide presque toujours aVéc la cicatrisation dû fbye^ morl^ide. Il serait doWc déâirtibîè de ttôliver liïi nàôyeri thérapeutique qui fevorisâi cette âubkilutioii du plioépliàié càlcàit>e i la ihaticfe ti)bêrcdleuse ; tet j'ai (^uelqtfés t-aisbiis d'espérer t|\j'Bn yiûrâût Tëcfonbmie d'éléftients dalbaîres , eii ^aflTculH* db phosphate de ch^ux porjihyrisè, ^réjiaré JJar la câlciùàtîon des od; on pooh^àit arriver à ce r^^ultàt.
Là tbëorfé qui coisitféré Tes li-ahîiFormàtiôns et productTônâ ô'sseWs'eà ; bVi , pdiiV piirler d'tihe tnàmâ-e ))lus générale , le dépôt du phosphate calcaire dan^ ïiàè tissus. comblé !e t*ééiiitàt d*uùe iàflammàtion , est iline théorie ert'onéé, La sécrétion dù ^h6s)f>hàte calcaire peut eut considérée cotiim'è consécutive â IThflathmâtion chronique, comme Uàe de ses termiùais6'n§ les pluà éloignées; lïiais elle ne sâui^it être adnliiè^ comme ûû des produits (îîrects de lYnflàiiimàtVôn.
Enfin, il n'y a paè iVi'cohiJjàt^bifiVé eiiVre fc pRosphaie cDaTcalre 'et lé siic (Cancéreux. Aîiisi oA tHôtiv-fe dés lésions cUtn'pIexes j^réseAtant du tissu ôsseUx pàrfaUe'mentor[;aiHéé à côté dn ti^su t^andérehx. Chose bien reAiÂr()ùabIe, Vè tissu osseux accidentel de tùéme que Ib tissu fibreoi âdcidentel ne deviennent jamais cahcéreùk, tandis que le tissu osseux et le tissu fibr^ti'x tiattit^ls sont bieA souvent eûV&his par le cancer.
L'affinité dû ]ihos]ihate càlcàiife pôoV lé tisèti cartila- ^neux et pour le tissti fibreujt IfeorbMè est rféitaontrée pat une foule de feitis ; de là lés ttitoetii's ouéo-jibremh cKondro^sseuieSy ostëo-'chondro -fibreuses ^It^ ky êtes os/aofibreux.
Quant au m'éc^ni^me dé rossifidàiîoù , 'Â\i admet qu elle se produit par un plaàma qui sinfiltre dans les tissus, ou qui est déposé à leûV* surfece; plàsmà qui tantôt devient dcàtiide Bbreùse et tantôt se pénétré \âle phosphate cal*
TREIZIÈMB CLASSE. DEA AftttAlHÔAPHÔSES. 6Z{
càirë. N'est-ce pas là le suc ossifiabie de Hailer, le produit 'pseudo-membraneux orgànisable des modernes? Le point important, c*est de déterminer dans quelles conditions la pseudo-membràné devieht osseuse. Or la principale condition me parait fifre la contiguïté de ce produit pseudolùén^brâueux avec un ôs.
€ela|)bsé; étudîoilà successivement les métamorphoses et pk\)dûctiodâ osseuses dan& tous les tissus.
1** BsràcB. OMification accidenielle du tinu cartija(pneux.
^ LafHnité du tissu cartilagineux pour le phosphate
• calcaire est si grande quil ne faut pas s'étonner de la
\ fréquence de lossification des cartilages. Les os ne sont i autre chose que des cartilages, plus du phosphate cal*
\ Caire, l^ne seule es|)èce de cartilage est complètement \ réfractaire à la métamorphose osseuse, qu elle ne subit dans aucun cas : ce sont les cartilages d enciH>ûtement des \ articulations diartbrodiales. Jamais ni dans Tétat régulier,
ni dans Tétat pathologique , ces cartilages ne sont en* I vahts pur lossification.
I On a pu croire que les lames éburnées qui revêtent
I quelquefois les surfaces articulaires malades (par exemple,
I dans le cas d'usure des cartilages articulaires) ; on a pu
I croire, dis-je, que ces lames éburnées étaient formées aux
dépen^ du cartilage et le résultat de sa transformation : ^ point du tout, ces lames éburnées succèdent à l'usure, ala
I destruction des cartilages articulaires ; elles sont formées
■ aux dépens du tissu osseux lui-même , et résultent des
pressions et frottementè auxquels sont soumises les extrémités osseuses dépouillées de leur cartilage ; aussi ces lames éburnées se raient-elles dans le sens des mouvements.
G est sur cette usure toute mécanique dès cfaililap^ek articulaîi'res sans réaction qu est en grande 'partie fondée
8S2 ANàTOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
la doctrine que j ai soutenue (1 ), et que je soutiens encore sur la non-organisation de ces cartilages.
Dans Tankylose elle-même, il n'y a jamais pénétration des cartilages articulaires par le phosphate calcaire. L'ankylose par adhésion ou fusion des extrémités articulaires suppose labsorption ou destruction du cartilage d'encroûtement. Il y a donc une énorme différence entre les cartilages des articulations à surfaces contigoês et les cartilages des articulations à surfaces continues ou syIla^ throses. Ces derniers ne sont autre chose qu*un prolongement du cartilage d'ossification : aussi s'ossifient -ils nécessairement par les progrès de Tàge (2).
Les cartilages qui servent à former des organes ou des cavités s ossifient très fréquemment, si bien que Tossificaiion de ces cartilages entre dans le domaine de ranatomie normale; tels les cartilages costaux, cricoïde^ thyroïde.
L'ossification des cartilages costaux se fait suivant ud double mode: tantôt elle est périphérique, tantôt die est centrale. L'ossification périphérique procède par plaques osseuses qui recouvrent une partie plus ou moins considé rable de la circonférence et quelquefois toute la circonférence du cartilage. Dans d'autres cas elle procède par points centraux d'ossification à la manière de l'ossification normale. Le premier mode d'ossification est incomparablement plus fréquent que le second. Il n'est pas rare de les trouver tous deux réunis. C'est au moyen d'un cal osseux en forme de virole que se réunissent les fractures des cartilages.
L'ossification des cartilages thyroïde et cricoïde procède
(i) Arehiuet générales de médecine ^ iSai, i"* série, t. IV. -— IKcCibi* naire de médecine et de chirurgie pratiques^ (maladies des) Aimccunosi. Paris, 1829, t. Ilf, p. 5 14.
(2) Je n'ai trouTé de sels calcaires dans les cartilages d*eocroAteflM*t qne cbes les goutteux* Les sels calcaires tantôt forment une coucKe (rts adhérente^ de la blancheur de la craie, à la sarfoce dv earlilage, taolôt ils sont comme déposes dans leur épaisseur.
TRElZlfeMR CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 833
presque toujours du centre vers la circonférence. Celle ossîficniion, qui est naturelle chez les vieillards, s'observe presque constamment dans l'inflammation chronique du larynx. Elle débute par un point osseux jaunâtre et par des vacuoles qui se remplissent bientôt de suc médullaire. Cette ossification s'étend peu à peu et finit par envahir toute l'épaisseur du cartilage. Quelquefois un noyau cartilagineux est environné de tous côtés par une couche osseuse.
Les cartilages aryténoïdes s'ossifient bien plus rarement que les cartilages thyroïde et cricoïde, si bien que Morgagni ne les a jamais vus ossifiés {quas 7iunquam osse^ fadas videre potuimus). Je ne les ai jamais trouvés ossifiés dans l'état physiologique, même chez des individus très avancés en âge ; mais leur ossification est fréquente , même chez de jeunes sujets, dans le cas d'inflammation chronique du larynx (1) avec ou sans ulcération , avec ou sans dénudation de ces cartilages.
L'épiglotte elle-même s*ossifie , ainsi que j'en ai vu plusieurs exemples; mais comme son ossification est très incomplète, et que Télémenl cartilagineux domine toujours, cette lame cartilagineuse conserve encore en grande partie son élasticité, cest ce qui explique pourquoi l'ossification de l'épiglotte a pu échapper aux observateurs.
J'ai rencontré plusieurs fois en même temps que l'ossification incomplète de l'épiglotte , l'ossification également incomplète de la trachée et des bronches, chez des vieillards et même chez des adultes affeciés de broncho-tra« chéites chroniques. Ainsi pénétrés d'une certaine quantité de phosphate calcaire, les cerceaux cartilagineux sont bien plus résistants, bien plus épais que dans l'étal naturel, quoique toujours élastiques. Ils sont aussi plus ou moins
(i) J*en ai rilé trois exemples [Eitai tur CanatomU pathoiogitittê ^ •. ". p. 7).
ui. 55
déformés : le phosphate calcaire est d'ailleurs très régulièrement déposé à la surface interne du cartilage sous la forme de pointes aiguës. J'ai vu une fois cette ossiBcatiou incomplète des cerceaux cartilagineux par petites pointes aiguës, occuper toutes les ramifications bronchiques jusqu'aux petits noyaux cartilagineux qui se trouvent à Tangle de bifurcation des dernières divisions.
«* ESFÂCK. Métamorphoses osseuses du tissu fibreux.
L'histoire des métamorphoses osseuses du tissu fibreux est importante. J'étudierai d'abord les métamorphoses du tissu fibreux fascicule , pour m'occuper ensuite du tissu fibreux membraneux.
|rt soos-isPÈaL Tiisa fibreux fascicule.
J'ai VU plusieurs fois les ligaments des articulations goutteuses pénétrés de concrétions calcaires ; mais ce ne sont pas là de véritables ossifications.
Toutes les fois qu'un tendon est soumis à des frottements rudes, sur un des points de sa longueur, il s\ développe un os sésamoïde; voilà pourquoi il j a des sésarooïdes constants et des sésamoïdes accidentels.
J ai vu sur un paysan limousin un os sésamoïde obloni;, aplati, bosselé, développé dans l'épaisseur du tendon de Textenseur propre du gros orteil, au niveau de l'articulation tarso-métatarsienne. Cette ossification était probablement le résultat de la pression exercée par la bride du sabot, chaussure habituelle des gens de la campagne dans le Limousin.
On voit quelquefois chez l'homme les tendons s*ossifier dans une bonne partie de leur longueur, comme chez quel* ques volatiles. La plus intéressante observation de ce genre est due à Vislingius , qui trouva tous les tendons de la jambe et du pied d'un vieillard presque entièrement
osseux. J*al vu les tendons des muscles de la jambe ossifiés dans un cas d'éléphantlasis.
Le type dç l'ossification des tendons, et de toutes les parties fibreuses et celluleuses qui entourent les articulations, se voit dans les articulations anciennes Don réduites, comme aussi dans la maladie que j'ai décrite sous le nom d'usure des cartilages articulaires. Des jetées osseuses , des capsules osseuses incomplètes , des apophyses, des tubercules, des stalactites osseuses, voilà ce qu on observe dans toutes les parties péri-articulaires qui sont le siège de pressions, de frottements, de trabtions, el, en particulier, dans les ligaments articulaires et dans les tendons.
Rien de plus fréquent que Tossification dès ligaments articulaires : tels les ligaments du bassin , les ligaments vertébro-costaux, le grand surtout ligamenteux antérieur de la colonne vertébrale, les ligaments de toutes les articulations dans Tankylose périphérique.
Je rapprocherai de l'ossification des tendons des muscles de la vie de relation Tossification des cordages tendineux du cœur, des valvules et des zones fibreuses des orifices de cet organe; en un mot, de tout lappareil fibreux du cœur. Je ferai toutefois observer que Tossifi* cation du tissu propre du cœur est tellement rare, r|ue je ne crois pas Vavoir jamais observée : ce qu'on appelle ossification du cœur est une véritable incrustation ou pétrification.
» sow-Mft». OMiacatton d« Umi Êbrm%
Je De connais aucun exemple d'ossification des aponévroses de contention. H n*en est pas de même des membranes fibro-séreuses qui protègent et lubrifient certains organes, tels que la dure-mère, le péricarde.
OsMification de la dure-mire. Je conserverai cette déno« mination, qui a cours dans la science : je me hâte de dire
que ce ii*est pas la lame fibreuse de la dure-mère qui est lesiëge primitif de cette ossification , mais bien la lame arachnoïdienne qui tapisse sa face interne ; que jamais, ou presque jamais, Tossification de la dure-mère ne procède du dehors au dedans, mais bien du dedans aa dehors.
Mais est-ce bien aux dépens de larachnoïde pariétale que sont formées les productions osseuses connues sous le nom d'ossification de la dure-mère? Approfondissons cette question. Il est positif que dans Timmense majorité des cas, on trouve ces ossifications recouvertesà leur surface interne par une membrane lisse extrêmement mince, qui a toutes les apparences de Farachnoîde avec laquelle elle se continue : mais cette membrane lisse et ténue est-ce larachnoïde? ne serait-ce pas plutôt une fausse membrane organisée ?C*est cette dernière manière de voir qui ressort de la plupart des faits que j*ai observés; et il m'a panique lorsque la dure«mère proprement dite était envahie par lossification , c'était toujours consécutivement (i).
C'est le plus souvent aux dépens de la faux du cerveau et plus particulièrement au niveau de son bord supérieur, au voisinage du sinus longitudinal , que se développent ces ossifications, qui varient beaucoup par leur formeetpar leurs dimensions : quelquefois ces ossifications, qui ont lieu par plaques ou par aiguilles stalactiforroes,sont tellement minces qu'elles augmentent à peine l'épaisseur de la dure mère , et alors leur surface est lisse : d'autres fois leur épaisseur est si grande qu'elles dépriment sensiblement le
(i) CétAÎt entra les os de la Toùte du crAne et la dure-mère, et parfailement distincte de Tune et de l'autre, qu'était située une très grsodc plaque ossiforme déposée au musée Dupuytren par Blandin. Il est à regretter qu'aucun renseignement n'ait été donntf sor le aajet de ccfte observation , et que les os da crâne et la dure-mère n'aient pas été conservés.
IREfZlÊME CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 837
cerveau. C'est surtout dans ce dernier cas qu'elles soni couvertes d'aspérités épineuses, mamelonnées, si bien qu'on a peine à croire qn'elles puissent être complètement inofFensives pour le cerveau.
Ce sont bien de véritables ossifications que les lésions connues sous le nom ai ossifications de la dure-^mére. L*œil nu ou armé d'une forte loupe y reconnaît tous les caractères du tissu compacte des os. Le microscope y démontre l'existence de ces points noirs avec radiations linéaires, en pieds de mouche, qu'on a appelés corpuscules osseux^ et que l'on considère aujourd'hui comme des cavités.
Voici quelques exemples des formes principales des ossifications de la dure-mère :
Première forme, — Forme granuleuse. J'ai décrit dans mon premier ouvrage (i) une espèce d'ossification de la duremère, qui consiste dans une foule de granulations osseuses semblables à des grains de mil, irrégulières à leur surface, fixées à la face interne de la dure-mère par un pédicule très mince, en sorte quelles semblent formées aux dépens de f arachnoïde. De plus, chez le même sujet, la dure-mère offrait à la base de la faux plusieurs ossifications par plaques irrégulières. La superficie de l'hémisphère droit du cerveau était convertie , dans l'épaisseur d'un pouce , en bouillie blanche , sans aucune extravasation sanguine. J'appris que cet individu, âgé de soixante-dix ans, qui était entré à l'Hôtel-Dieu pour une gangrène sénile, était tombé pendant les quatre ou cinq derniers jours de sa vie dans un coma profond dont on n'avait pas pu deviner lu cause. Quelques jours auparavant, j'avais observé le même ramollissement en bouillie blanche sur deux apoplectiques qui m'avaient offert une hémiplégie du côté o])posé à cette altération (2).
(i) £t9mi $ur r«ii«toMM pmtkoipgi^uef t. II, p. ai, i8i6« (a) Cet trou cm de raoïoUiMement blanc do oenrean sont lee pre- ■ûcrf i|m aieat fii^ noa «UeDiion.
SS8 AHATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNillALS.
Deuxième forme. — Aiguilles ou stalactites osseuses. Un individu non épileptique, qui n'avait jamais rien éprouvé du côté du cerveau, m'a présenté à l'autopsie un grand nombre d'ossifications de la 4ure-mère , situées à la fece interne de cette membrane, le long du sinus longitudioal superieiir, de chaque côté de la base de la faux du cerveau. Toutes proéminaient à la faç^ interne de la duremère. Il y avait un certain nombre de ces ossifications dont la surface interne çtait entièrement recouverte par une membrane séreuse : d'autres ossifications étaient libres par leur (ace interne; seulement elles étaient encadi*ées , comme enchatonnées à leur circonférence par une membrane très mince, d apparence séreuse. II semblait que, dans quelques points, cette membrane séreuse dencadrement était fortifiée par de petits faisceaux fibreux. Les ossifications étaient constituées par des aiguilles ou stalactites ossei^ses, extrêmement irrégulières, tuberculeuses, bifides, trifides. Quelques-unes présentaient des pointes aiguës, très aiguës. Leur face libre était profondéiaent sillonnée. Leur face adhérente était également sillonnée , et les sillons rempli3 par de petits faisceaux fibreux. Bien qu'il y eût adhérence intime avec la duremère, la séparation de plusieurs de ces ossifications se faisait sans solution de continuité.
En étudiant cette pièce, il semblait de la dernière évidence que ces ossifications étaient développées dans le tissu cellulaire intermédiaire au feuillet séreux pariétal de, larachnoïde et ci la dure-mère.
Dans d'autres cas, au contraire, il m'aserqblénon moins évident que les produciioné osseuses avaient leur siège i la face interne de Tarachnoïde pariétale , aux dépens d*une fausse membrane organisée de nouvelle formation. J'ai déjà dit que cette interprétation était celle qui réunis^» ?ait en sa faveur le plus gramd nombre 4«b Atils,
Vn h\x générât relatif ^ révolution de ces prodactioni
TREIZIÈME CLASSE. DBS M^AMORPHOSES. 830
osseuses de la dure-mère, c'est qu'elles ne passent jamais par un intermédiaire cartilagineux, c'est que leur ossification se fiiit d'emblée ; ce qui m'aurait fait douter de leur caractère osseux , si d'autres Faits n'établissaient pas que l'intermédiaire cartilagineux n'est pas toujours nécessaire.
Pourquoi ces irrégularités, ces rugosités, ces mamelons, ces pointes aiguës, ces sillons de la surface libre de ces ossifications? J'ai pensé que non-seulement les circonvolutions et anfractuosités du cerveau n'y étaient pas étrangères, mais encore qu'elles étaient la seule raison anatomi(|ue de cette disposition en apparence si irrégulière.
Troisième Jbrme. — Ossification par larges plaques. Ces ossifications occupent dans le plus grand nombre des cas la faux du cerveau. J'en ai vu un assez grand nombre d'exemples.
Un mode qui peut servir de type pour ce lait d'ossification a été présenté à la Société anatomique le 26 jan« vier 1855. Cette ossification provenait d'un épileptique.
Les deux tiers postérieurs au moins de la Faux du cerveau avaient subi cette iransFormation qui occupait toute son épaisseur. La plaque osseuse Falcifbrme était comme encadrée dans une très grande perte de substance de la Faux dont il ne restait ({ue des vestiges, h savoir : un liséré supérieur qui Formait le bord supérieur de la faux, et un liséré encore plus étroit du bord iuFérieur.
Cette grande plaque osseuse FalciForme s'est séparée en presque totalité des débris de faux qui l'encadraient par suite de la traction nécessaire pour enlever la dure-mère.
La transition était brusque entre la portion osseuse et la portion fibreuse de la Faux ; la portion osseuse présentait une circonférence très régulière en bas et très irrégulièrement déchi(|uetée à son bord supérieur : la portion fibreuse correspondante était déchiquetée de la méi^ie manière et s'adaptait exactement à l'ossificatioqf
840 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNËKALE.
Cette faux osseuse était constituée par une lame de tissu compacte, à surface lisse et libre , sur les c!eux faces de laquelle était appliquée , dans le tiers environ de leur étendue, une masse osseuse bosselée.
Il était ou ne peut plus évident que dans ce cas Tossification avait eu lieu aux dépens de toute l'épaisseur de la faux du cerveau , y compris les deux feuillets séreux qui la recouvrent. Quelques vestiges de tissu fibreux se voyaient encore sur certains points du voisinage de la circonférence de cette plaque. Tout le reste était à ou. Point de traces de membrane séreuse.
Quant à la question de savoir quels accidents produisent les ossifications de la dure-mère , on peut affirmer qu'il n*y a rien de positif à cet égard. On a trouvé ce» ossifications sur le corps d'individus qui n'avaient jamais rien éprouvé du côté du cerveau, de même que cbez des individus qui avaient été sujets à des céphalalgies, à i&i accès d*éj)ilepsie , ou qui avaient succombé a une attaque d'apoplexie : Neque negaverim ejusmodi aut alia ossa posic interdum morbis capitis, si aliœ accédant cotisa:^ apoplexix nominatim occasionem prœbere. (Morgagni.)
Lesplaquescartilagineuses intermédiaires à l'aracbDOïde et a la pie-mère racbidienne nes'ossifientquetrès rarement. Il existe dans les cabinets une plaque osseuse formant le tiers environ d'un cylindre attaché à la face interne de la dure*mère; c'est le seul exemple que je connaisse en ce genre. Les concrétions osseuses sont aussi rares dans la dure-mère spinale qu'elles sont fréquentes dans la duremère crânienne.
Ossification du péricarde. On ne saurait contester l'analogie qui existe entre les ossifications du péricarde et celles de la dure-mère; mais il y a cette grande différence, que les ossifications du péricarde se produisent toujours au milieu d'adhérences fibreuses serrées, tandis que je d ai jamais vu d'ossification de dure-mère avec adhérences.
TKKIZIÈMK CLA:):$K. DKS MÉTAMORPHOSES. 841
Lies ossifications du péricarde se font le plus souvent d*cmblée , c'est-à-dire sans intermédiaire cartilagineux » comme les ossifications de la dure-mère. Cependant j*ai cité plus haut un cas d ossification , ou plutôt de pétrification dn péricarde développée au sein d'un cartilage.
Je n'ai jamais vu de concrétions calcaires dans la dure-mère, mais toujours des ossifications. Par opposition les concrétions calcaires m*ont paru au moins aussi fréquentes au péricarde que les ossifications proprement dites.
Les plaques osseuses ou ossiformes du péricarde sont en général irrégulières, fragiles, tuberculeuses, jaunâtres, développées au milieu d'un tissu fibreux plus ou moins dense, quelquefois adhérentes au cœur par un tissu cellulaire lâche. Cependant j*ai cité plus haut un cas dans lequel une concrétion du volume et de la forme d'une muscade avait pénétré dans l'épaisseur du tissu du cœur.
Ossification de la plèvre ou plutôt pétrification des fausses membranes organisées intermédiaires à la plèvre costale et à la plèvre pulmonaire. Ce ne sont point de véritables ossifications pleurales que celles qui se présentent sous la forme de plaques plus ou moins considérables intermédiaires aux côtes et aux poumons ; ce sont des concrétions calcaires accolées aux parois costales sur lesquelles elles jouissent d'une certaine mobilité. Elles sont en général moins intimement unies aux poumons, sur lesquelles elles glissent facilement , qu'aux côtes. Toutes ces concrétions sont formées non point aux dépens des plèvres, mais aux dépens des fausses membranes organisées, qui sont la suite fréquente des pleurésies chroni(|ues : cependant ces plaques calcaires s observent tou« jours au milieu de couches fibreuses très denses, quelque* fois en forme de plastron.
Ces plaques sont extrêmement irrégiilières à leur circonférence, qui est dentelée; elles peuvent ^ développer
8&2 ANATOMTE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
sur tous les points de la circonférence des poiiinoDS,et sont toujours entourées d*une espèce de gangue fibreuse très résistante, présentant tous les caractères du tissu fibreux accidentel.
Voici une description qui peut servir de type :
Sur un sujet, j'ai trouvé une plaque ossiforme très considérable, véritable cuirasse qui tapissait la partie enté* rieure et latérale des côtes gauches, et la partie voisine de leurs cartilages. Cette large plaque se terminait pr une circonférence très irrégulière, d'où partaient des prolongements fibreux très denses qui allaient se perdre sur la face interne des côtes.
La face interne de cette cuirasse était tapissée par iioe menribrane fine parsemée de points noirs, laquelle pouvait être détachée avec facilité. Ces points noirs n*indiquent-ils pas que cette membrane était la séreuse pulmonaire. Sous cette membrane noire était une couche fibreuse disposée en petits filaments longs et parallèles , dont quelques-uns étaient pierreux. Débarrassée de cette couche fibreuse, la surface interne de la cuirasse calcaire présentait un aspect très irrégulier, rugueux , et une couleur jaunâtre très prononcée.
La face externe ou costale do la cuirasse était revêtue d'une couche épaisse de tissu fibreux (|ui la séparait des côtes. Cette face externe était beaucoup moins inégale que la face interne. H y avait glissement facile de la plaque sur les côtes.
Sur le même sujet^ il existait encore :
io Une autre plaque osseuse costale qui présentait beaucoup de granulations osseuses à sa surface externe et à sa circonférence qui était irrégulièretnent quadrilatère.
2^ Une plaque osseuse diaphragmatique qui occupait à la fi)is le centre aponévrotique et la pariie voisine des fibres charnues. L'adhérence était intime entre laponéyrose et la placiue dont ellç était cependant narfaitement
TREIZIÈME CLASSIP. DBS ICéTAMOBPUOSES. S4}
distincte. La surbce adhérente présentait beaucQpp de rugosités ou tnbercules disposés liqéaireipent suivant la direction des fibres aponévrotiques et charnues.
Je n'ai pas noté sur ce sujet l'état des côtes; mais sur un autre sujet qui présentait une plaque osseuse costale moins considérable, terminée par une très longue pointe, et qui était lisse à sa surface interne , sauf un gros tubercule ossiforme, les côtes correspondante^ étaient trè^ hypertrophiées; il y avait même quelques ostéopbytes costaux (1).
Toutes ces plaques sont ossiforroes et non osseuses ; elles sont très fragiles se brisent comme 4u verre, et nç présentent ;ii canalicules ni les points noirs en forme de mouche caractéristiques.
Ossification des enveloppes de la rate. Ce sont des pétrifications ou incrustations calcaires. Je n ai jamais vu d'ossifications proprement dites. J ai déjà parlé des coque^ cartilagineuses de la rate. Onrencontrequelquefoisdansles mêmes circonstances &oit des coques ostéo-fibreuses soit des coques chondro-osseuses incomplètes; Tossification ou plutôt la pétrification se fait par petites masses irrégulières dont les unes proéminent à b face externe et dont les autres proéminent à la lace inteiTie de Tenveloppe. Il est rare que la coque osseuse de la rate soit complète ; presque toujours elle est constituée par des |)laques osseuses juxtaposées, réunies par du tissu fibreux : leur surface externe est rugueuse, leur surface interne bosselée.
(i) Dao< d*aatre« cai, jti trouTé les cètes alrophiaet • non qii'«U«s euMent dimioué dfi volume ; mais leur tissu était raréfié, les cellules plus vastes, la substance médullaire plus abondante: les muscles iotercostaoi sont souvent atrophiés^ grêles ; quelquefois ils passent à Pétat 9raiMeu&; quand les cuirasses ossifonnes font en quelque sorte corpi avep les côtu et s'oppoik*nt à leurs asouvemeoU, od conçoit qu'il dotfa en résulter une atrophie plus considérable que lorsque les côtes pe^v^f^^ f,litser sur la ptembrane osseuse accid^nlçlle^
8ft& ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÊliALK.
On trouve quelquefois des concrétions pierreuses daos Tépaisseur de la rate. Lobstein , qui dit avoir rencootré dans une rate une trentaine de ces concrétions , les a assimilées aux phlébolithes qu^on rencontre quelquefois dans les veines des autres parties du corps. Je me suis assuré que ces concrétions pierreuses n*étaient pas, en général, contenues dans les canaux veineux de la raie. Je ne nie pas toutefois la possibilité des phlébolithes de cet organe.
Ossification du périoste. Les belles expériences de Duhamel et deTroja sur Tossification du périoste, uninstaDt attaquées au commencement de ce siècle, ont triomphe Je toutes les dissidences. J ai fait à ce sujet un assez grani nombre d'expériences consignées [dans mon premier ouvrage (i).
Les partisans de TossiBcation du périoste disent que cette membrane s'ossifie dans trois circonstances prioo pales : 1^ lorsqu'elle est détachée de Vos; 2<^ lorsquooa détruit la membrane*médullaire ; S^ dans le cas de fractures, pour la formation du cal.
Les &its suivants me paraissent répondre à ces qoer tions d'une manière affirmative.
L Le périoste s'ossifie-t-il lorsqu'il a été décollé de Tos. Il résulte des expériences consignées dans mon premier ouvrage, que le périoste détaché de l'os se recolle souvent sans ossification , ainsi d'ailleurs que Favait établi Teuoo.
Sur deux lapins, j'ai incisé la peau et le périoste qtn recouvre la face interne du tibia ; j'ai décollé ce périoste avec le manche d^un scalpel, dans les deux tiers au moins de la circonférence et de la longueur de l'os, et /ai abandonné l'animal à lui-même. Un mois, deux mois après , j'ai été bien étonné de voir le périoste recollé et k tibia de ce côté ne différer en rien du tibia du côté opposé:
(i) Voy. Eutd sur tanatomU pathoiogùiuej iSi6, t. U, p. a^
I TREIZIÈME CLASSE. DES MÊTAMOfiPHOSES. 8A5
g seulement j'ai observé un léger épaississement aan limites
du décollement du périoste.
Sur trois lapins , je détachai le périoste des côtes dans toute leur circonférence : j'avais négligé de noter les côtes sur lesquelles j avais opéré ; au bout de deux mois ayant sacrifié ces animaux qui m'avaient servi à d'autres expériences , il me fut impossible de reconnaître les côtes sur lesquelles j avais pratiqué le décollement.
Sur d'autres lapins , j'ai détaché le périoste du cartilage thyroïde et des cartilages costaux ; mêmes résultais.
L'un de ces lapins sur lesquels j*avais décollé le périoste sur toute la circonférence du fémur, et qui mourut deux mois après, avec une tuméfaction considérable de la ^ cuisse, m'a présenté les particularités suivantes :
La plaie extérieure était cicatrisée , mais l'os dénudé
était environné, dans les deux tiers de sa circonférence,
'"' d'une grande quantité de pus semblable à de la matière
^ caséeuse. Il y avait nécrose des couches superficielles du
fémur dans toute cette étendue. Le fémtu* était trois fois
^ plus épais à l'endroit de cette nécrose que dans le reste de
sa circonférence. La portion du fémur sur laquelle le
^' périoste s était recollé, était recouverte par une couche
osseuse de nouvelle formation de laquelle partaient deux
>^ végétations ou productions osseuses , lisses à leur surfiice
1' interne, offrant près d'un pouce de largeur et se portant
J' en arrière comme des ailes en s'écartant du corps de Tos.
> Or ces ailes osseuses étaient bien évidemment formées
pv par le périoste décollé.
V Pour éviter le recollement du périoste, et pour prëve-
t nir toute objection, j'imaginai d'interposer un corps éirao* i ger entre le périoste et Tos.
^ Sur un très jeune lapin , je décollai le périoste dans toute
p la circonférence et dans toute la longueur du tibia. Deux ê fils de laiton furent passés entre le périoste et los. L animal sacrifié, un mois après, présenta une diminution con-
sidërable du volume de Tos à l'endroit des anneaux de laiton. Un léger effort suffit pour rompre los dans ces points. Une couche cartilagineuse et osseuse recouvrait les atineaux : le périoste s*était recollé dans tout le reste de la longueur de Tos .
Donc le périoste décollé esl susceptible de s^ossijier; mais pour cela, il faut que le périoste n'ait pas subi Tinâammation suppurative : le périoste en contact avec le pus ne soisifit jamais , et c'est là la seule conséquence quou puisse tirer des faits invoqués par Léveillé pour prouver le défaut d ossification du périoste.
II. Le périoste s'ossifie-t-il dans le cas de destruction de la membrane médullaire ? Il résulte d'un grand nombre de faits d'anatoroie pathologique que la destruction de la membrane médullaire entraîne tantôt la nécrose de toute l'épaisseur de l'os , et tantôt la nécrose des couches le^ plus profondes. Danis le premier cas , il y a constauimeot ossification du périoste.
Ces faits ressortent également d'nne série d'expérieùces consignées dans mon premier ouvrage (i), et qui établissent positivement que la destruction par broiement delà moelle, et par conséquent l'inflammation de la membrane médullaire n'exerce aucune influence remarquable sur le périoste ; mais que si, au lieu de détruire purement et simplement cette moelle, on introduit de la charpie dans la cavité de Vos , le périoste se détache , une couche gélatiniforme , véritable suc osseux de Haller, plasma des modernes, se produit entre l'os et le périoste, et que ce plasma gélatiniforme s^ossifie avec le périoste pour couatituer un os nouveau.
III. Le périoste s'ossifie-t-il dans la formation ducal? Cette ossification , démontrée pài* les belles expériences de Duhamel, attaquée par Haller etDethleef, rejeiéepar
(i) Ettai (t. II, p. 3i et suit.). Je refiendrai sur ceue U clasM des gangrènes.
Bordenave et Bichat , renouvelée et modifiée par Dupuytren, réhabilitée dans toute sa pureté par les beaux travaux de M. Flourens, in*a été démontrée par une foule d'observations et d'expériences (1) dont j'ai présenté le résumé à l'article Cal (classe des adhésions).
Ossification de la membrane médullaire des os, Duhamel l'avait notée. Je l'ai observée dans mes expériences sur le cal , sur le décollement du périoste et dans un grand nombre de fractures parvenues à divers temps de leur consolidation.
Ossification des artères. Je place ces ossifications à côté de celles du système fibreux , à cause de l'analogie qui existe entre la membrane propre des artères , qui me parait le siège constant de ces ossifications, et le système fibreux. N'oublions pas que c'est à Dupuytren surtout que nous devons le rapprochement de la membrane propre des artères avec les ligaments jaunes des vertèbres et avec le ligament cervical postérieur des quadfupèdes. C'est en effet le même aspect, la même couleur, la même élasticité.
Les ossifications des artères sont tellement communes que dans les amphithéâtres on s'accoutume à les regarder plutôt comme un phénomène naturel, suite des progrès de 1 âge, (|ue comme une lésion proprement dite.
Je me hâte de dire que les artères ne sont pas susceptibles d'une véritable ossification, mais bien de pétrifications ou incrustations calcaires, lesquelles se présentent sous deux formes bien distinctes qui répondent à une différence de siège.
i^ Tantôt, en effet, ces ossifications se présentent sous l'aspect de plaques circulaires jaunâtres de la dureté et de la fragilité du verre , articulées les unes avec les autres , libres à leur surface interne ou recouvertes par une pelli-
(i)y oy Essaie t. il, p. 39.
8&8 ANAT0M1E PATHOLOGIQUE GKNÉnALE.
cale extrêmement mince , adhérentes par leur fiice externe aux 6bres circulaires de la tunique propre dont elles sont souvent séparées par une matière stéatomateuse , plà« treuse, jaunâtre, quelquefois noire. 2* Tantôt Tossification procède circulairement le long des fibres circulaires de la tunique propre des artères.
J'ai dit que cette différence de forme répondait à une différence de siège, ce qui ne veut pas dire que ces deoi modes d'incrustation occupent deux tuniques difierentes, mais bien deux couches distinctes de la même tonique. L'anatomie de texture de la tunique propre démontre en effet (1) « que la tunique moyenne propre des artères
V peut être séparée en plusieurs couches ou stratifications n distinctes , sans être pour cela indépendantes; que
• tandis que les couches les plus externes présentent une » disposition linéaire , fibreuse , circulaire des plus pro-
• noncées , les couches les plus internes offrent une dis- » position lamelleuse non moins évidente , si bien que les
V auteurs ont considéré comme une dépendance de b » tunique interne la couche de tissu jaune qui avoisioe » la membrane interne proprement dite. »
Il suit de laque les deux modes d'incrustation occupent la tunique moyenne des artères, avec cette différence qoe l'incrustation par plaques circulaires occupe la couche interne ou lamelleuse, et l'incrustation circulaire la couche composée de fibres circulaires et par conséquent la plus externe.
Les pétrifications de forme circulaire sont d'ailleurs les seules i{ui soient susceptibles de former des portions de cylindre ou des cylindres complets.
J'ai eu occasion d'observer une troisième espèce d'ossification ou de concrétion artérielle, je veux parler de l'oblitération des artères par une tige calcaire si intime-
^i] Ànaiwnie descnptive^ t. If, p. 568.
trilIzième classe, des métamorphoses. 8^9
meut unie aux parois artérielles^ qu'il est impossible de Ten séparer sans déchirure. Cette oblitération par ai* guilles ou tige calcaire me parait la conséquence d\ine artérite oblitérante.
Toutes les parties de Tarbre artériel peuvent être le siège de ces pétrifications ou incrustations artérielles, depuis Taorte jtisqu'à ses dernières divisions. Je signalerai surtout comme un des sièges de prédilection de la lithiase artérielle « l'origine des artères , c'est-à-dire Tangle de se* parationtles branches soit collatérales, soit terminales, et la convexité des flexuosités artérielles.
Un des effets de cette pétrification , c'est la diminution du calibre des artères ; et comme la tunique moyenne de ces vaisseaux est relativement d'autant plus épaisse que les vaisseaux sont plus petits, il en résulte qtie le rétrécissement des artères pétrifiées est bien plus sensible dans les petites artères que dans les moyennes , dans celles-ci c|ue dans les grosses artères ; aussi ai-je vu des gangrènes spontanées qui reconnaissaient pour cause l'oblitération par concrétion calcaire des artères capillaires ; et ce qu'il y a de reiuarquable , cest que cet envahissement calcaire des capillaires artériels peut coexister avec une intégrité parfaite ou presque parfaite du reste du système artériel.
Je signalerai comme à la fois très susceptibles de pétri* fication et de rétrécissement les artères coronaires du cœur : j ai même vu un cas de gangrène partielle du cœur par suite de l'oblitération de la portion correspondante des artères coronaires
Quant à l'influence des concrétions calcaires artérielles stir la formation des anévrysmes, je crois que bien loin de favoriser la dilatation des artères, les concrétions la préviennent : j'ai méuie vu plusieurs fois des coques calcaires qui m'ont paru d'anciennes petites poches aucvrysmales guéries par pétrification.
850 ANATOMIK PATUOI.OGIQUK GÉNÉRALE.
Les artères pétrifiées sont (railleurs extrêmement fragiles; c!e là (les ruptures : c'est à celte pétrification que je rapporte la rupture assez fréquente des artères corébra'es. L'aualyse chimique a déuiontré que ces concrétions calcaires éiaient essentiellement constituées pardupliosptiate lie ciiaux avec addition d'une petite quantité de carbonate de chaux.
Ossification des veines. Nous venons de voir que rien D^est plus commun (pieTincrustation calcaire des arières; or, rien n'est plus rare (|ue celle des veines, oppositionqoi s'explique parfaitement par la différence de structureet surtout par Tahsence dans les veines de la tunique jaune que nous avons vue être le siège exclusif de la lithiase artérielle (1).
Comme par une sorte de compensation, les veines sont très sujettes à une espèce de lithiase t\\i\ consiste dans la production, dans leur cavité, de globules ossiformes jaunâtres, de dimensions diverses , depuis celui d'un grain de mil jusqu'à celui d'un gros pois et même davantage.
On les observe le plus ordinairement dans les varices ampullaires, circonférencielles ou latérales, des membres inférieurs, dans les plexus veineux variqueux hémorrhoïdaux, vésicaux, utérins, ovariens, vaginaux: la stagnation i u sang parait, en effet, une condition indispensable de leur développement. La preuve, c'est que je n'en ai jamais observé dans les membres supérieurs, excepté dans le cas de tumeurs érectiles.
Il est des phléboliihes qui sont constitués par un seul
(i) La preave que l'inciusiation calcaire des artèrM tiem k la membrane jaune de ces vaisseaux , c'e>t qu on la rencontre quelquefois daos les arières pulmonaires , taudis qu'il est sans exempte que les veine) pulmonaire» aient j.imais éprouvé une pareille alléraiion. Telle notait pas la pensée de Bichat ; mais je crains que cet inçénieni physiologie' ne se toit laissé p(jarer par ^ion amour pour la généralisation qui loi avait su(;(féré an- rapproche :i. eut entre les veines pulmonaires, vaisseaux s •&n(^ rou^e , et les artères.
THEIZIÈME CLASSE. DES MKTAMOItPHOSES. 851
globule ( phlébotithes simples ) ; il en est de composés {phtébolithes composés) qui résultent de ragglomératioa de trois , quatre , cinq ou six globules sondés les uns aux autres, soit par concre'iion osseuse, soit par une couche membraneuse plus ou moins épaisse, plus ou moins dense. La forme de ces globules composés est bosselée. Jai vu une coque osseuse tr^s mince envelopper plusieurs globules.
Si Ton écrase ces globules, on trouve quils sont constitués par une coque très dure , assez semblable à lendocarpe d'un noyau de cerise, et dans cette coque |rar une matière calcaire amorphe.
On trouve ces phlébolithes tantôt libres par toute leur surface, tantôt enveloppés de caillots sanguins stratifiés , plus ou moins décolorés; tantôt ils sont pédicules, tantôt ils sont sans adhérence aucune avec les parois de la veine.
Le mécanisme de la formation de ces phlébolithes me parait établi par la série des faits.
Ainsi: 1* les phlébolithes ne s'observent jamais que dans les veines variqueuses , surtout dans les varices ampullaires (circonférencielles ou latérales); donc la stagnadon du sang est une condition nécessaire de leur production; 2^ ces phlébolithes se développent an milieu de caillots sanguins, et Ion peut suivre tous les degrés de leur développement. Ainsi , à côté de varices contenant des phlébolithes, on voit des varices qui contiennent des caillots sanguins sphéroïdaux plus ou moins denses, plus ou moins décolorés , constitués par des couches concentriques d'autant plus denses et plus décolorées qu'on approche davantage du centre. A un degré plus élevé, le centre du caillot sanguin est occupé par une concrétion calcaire du volume du plus petit grain de mil; puis un phlébolitlie plus volumineux est recouvert de couches sanguines qui quelquefois n'occupent qu'une punie de su
circonférence, cequi semblerait indiquer quelephlébolilhe dans ce cas ne s'esl pas développé au centre du caillot sanguin. Ailleurs il n^est recouvert que par une pellicule mince transparente, comme s'il s'était formé au-dessous de la membrane interne des veines qu'il aurait soulevée pour s'en former une enveloppe , ainsi que Ta pensé M. Andral (1).
Il y a donc des pblébolitlies pédicules et des phléboliihesnou pédicules; mais il est infiniment probable que tous sont pédicules, car le pédicule est tellement délié quil n*est pas étonnant qu'il se rompe par le seul fait de la préparation anatomique.
Les deux faits suivants compléteront les détails ({ni peuvent manquer dans cette description générale :
i® Sur un vieillard mort d'une rétention d'urine par hypertrophie de la prostate , j'ai trouvé une conci^tioD globuleuse du volume d'un pois tenant par un pédicule étroit à une des veines prodigieusement dilatées qui entouraient le col de la vessie. Ce globule était enveloppé par une membrane très mince. Je l'ai écrasé. C'était une sphère à tissu très compacte, très fragile , contenant une matière calcaire.
2* Sur une vieille femme, j'ai trouvé les veines ovariennes dilatées remplies de caillots sanguins : les uns cylindroïdes, occupant une certaine longueur de la veine et même se ramifiant avec elle ; les autres ovoïdes, quelques-uns du volume d'un pois chiche : ces derniers étaient composés de couches concentriques, formées par de la fibrine blanc jaunâtre ; au centre était un petit noyau beaucoup plus dense, mais non ossifié. Au centre d*un gros caillot ovoïde était une matière brunâtre pultacée , altérée , comme il arrive quelquefois; aux caillots des anévrysmes : en outre, il existait dans ces
(i) Précis d^mnatomte pathologi<iue^ Pari!i, iSap.
TB£IZIÈMK CLASSE. DES MÊTaMOBPHOSES. 853
veines ovariennes des phlébulitlies simples et des phlcbolithes composes.
l<ne grosse concrétion bosselée a appelé mon attention. Plusieurs des bosselures étaient formées par des concrc« tions sanguines à couches concentriques sans noyau ossiforme; d'autres étaient formées pardes phlébolithes. Six phlébolitbes ovoïdes ou sphéroïdaux étaient agglomérés et unis entre eux à Faide d'une couche ou de plusieurs couches membraneuses très denses.
J'ai rencontré d'autres concrétions composées exactement de la même manière , c'est-à-dire formées de deux , trois, quatre phlébolithes, et par des caillots sans phlébolithes au centre.
Les grosses concrétions composées adhéraient aux parois de la veine par plusieurs pédicules , comme si chaque phlébolithe avait son pédicule; mais plusieurs phlébolithes en étaient dépourvus.
Phlébolithes du tissu érectile. Les phlébolithes s'observent non-seuIeu)ent dans les veines variqueuses, mais encore dans les tissus érectiles accidentels. Et une chose remarquable, c'est qu'à Texception de la rate, on en ait pas rencontré, que je sache, dans les tissus érectiles naturels. Jamais je n'ai vu un aussi grand nombre de phlébolithes que chez une vieille femme de la Salpétrière, dont le membre supérieur présentait une multitude de tumeurs érectiles (voy. pi. m et iv, XXXIIT livr,).
Voici les particularités que m'a offertes la dissection de ces tumeurs, au milieu desquelles on pouvait suivre pour ainsi dire pas à pas le développement des phlé* bolitlies :
\^ Ici se voyait un tissu caverneux ou érectile paifaiteinent sain , dans lequel le sang était en circulation comme dans le tissu caverneux de la verge.
2^ A côté , tissu caverneux avec sang concret , arrondi en globules ou diversement configuré , suivant la forme
85& ANATOMlfi PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
(les aréoles ou cellules dans lesquelles il était contenu.
3® Plus loin, {{lobules ossiforuies ou phlébolithes jaunâtres, de dimensions diverses, depuis le volume d'un grain de mil jusqua celui d*uu gros pois, présentant d ailleurs toutes les variétés de forme et d*aspect des phlébolithes si communs dans les varices hémorrhoiJaleSy vésicales et ovariques.
Aq Les phlébolithes miliaires étaient contenus au centre des caillots sanguins. Les phlébolithes volumineux n'étaient entourés de caillots sanguins que sur un des points de leur surface : ces caillots étaient pour la plupart décolore's.
Pour compléter ce qui a trait à Vossification ou pétrification des veines, je dirai que j'ai rencontré plusieurs fois des aiguilles osseuses ou ossiforroes très adhérentes, dans des yeines qui avaient été autrefois affectées de phlébites oblitérantes ; aiguilles osseuses tout à fait semblables à celles que j'ai décrites dans les artères oblitérées.
Afétamorphose osseuse du tiuu muscuiaire,
La distinction entre les ossifications et les pétrifications ou incrustations calcaires doit être maintenue pour le tissu musculaire comme pour les autres tissus. Ainsi, il n'est pas rare de rencontrer dans l'épaisseur des muscles des concrétions osbiformes ordinairement régulières, entourées de tous côtés par du tissu cellulaire ou même par un kyste qui les isole; concrétions qui s'écrasent avec plus ou moins de facilité, et (jui ne sont soutenues par aucune trame vivante.
J ai montré à une de mes leçons une concrétion de ce genre, ellipsoïde, qui était située dans l'épaisseur du muscle sous-scapulaire (1).
(i) Ce sont des cas de ce genre qui ont fiiit dire k Meekel qoM stmi ▼n dans la substance des mufles dea cooccëtiont aQalo0iies à celles qu on retire de la vessie.
TREIZIÈME CLASSE. DKS MÉTAMOUPHOSES. 853
D'un autre côté, il est bien |)!us fréquent de rencontrer au milieu des inuscles des ossifications proprement dites qui affectent tantôt la forme de plaques osseuses , tantôt^ et le plus ordinairement surtout dans les muscles longs, la forme d*niQuilles ou tiges osseuses quelquefois de plusieurs pouces de longueur, qui présentent tous les caractères du tissu osseux le plus pur.
Comme exemple de métamorphoses osseuses par plaques, je citerai l'exemple d'une grande plaque osseuse développée dans Tépaisseur du vaste interne, au voisinage d'une exostoseféniorale qui faisait une saillie considérable.
C'est dans le cas d'anciennes luxations non induites , et aussi dans la maladie (pie j'ai décrite sous nom d'usure des cartilages articulaires^ qu'on rencontre le plus souvent de pareilles métamorphoses.
Ainsi, j ai trouvé une aiguille osseuse de plusieurs centimètres de long dans l'épaisseur du grand adducteur, chez un individu qui mourut avec une ancienne luxation coxo-fémorale , eu haut et en dehors . non réduite ; d'autres fois ce sont des masses osseuses irrégulières.
Un cas d'usui^e des cartilages articulaires occupant l'articulation coxo - fémorale , c|ui a été présenté a la Société anatomique par M. Iktrth en janvier 1855, nous a offert un des plus beatix types possibles de transformation osseuse dti tissu musculaire.
Il existait dans l'épaisseur de la longue portion du triceps fémoral (grand droit antéi^ieur de la cuisse) une tige osseuse conoïde de 1k centimètres lîe long, de 7 centimètres de circonférence à .sa base (4), qui s'articulait |)ar amphiurthrose avec l'os coxal (2) , au voisinage de l'épine iliaque anléi*ieurc et inférieure.
Cette tige, qui était lisse à sa surface comme le fémur,
(i) La circonférence dn fémar était de 8 centimètref i/i. (i^ Dattt d*aalres cas que j*ai obacrvés il j «Yoît foodare.
sauf quelques petites végétations, inarcbait parallèlement à cet os, et se teriDÎDait inférieurement au milieu des chairs par une pointe au-dessous de laquelle existaient deux ou trois petits tubercules osseux.
Point de tissu cartilagineux. Je n'ai pas noté la présence d'un périoste à la surface de Pos de nouvelle formation; la fibre musculaire semblait en tenir lieu.
La transformation fibreuse et osseuse du tissu musca* laire joue le plus grand rôle dans la production des coques osseuses et fibreuses des articulations nouvelles qui se produisent soit dans les luxations non réduites, s<ût dans les usures articulaires avec déplacement, soit dans les néarihroses, suite de fractures.
J'ai consigné dans mon premier ouvrage (1) un cas d'éléphaniiasis qui m'a offert l'association de la métamorphose adipeuse et de la métamorphose osseuse des muscles. « Les muscles de la jambe avaient perdu leur » rougeur, plusieurs avaient éprouvé la transforroattoa n graisseuse ; la couche profonde des muscles de la r^iou » postérieure de la jambe était transformée en un tissu » très dense fibro-cartilagineux, et se continuait avec nue » production osseuse de nouvelle formation, qui envoyait » des prolongements dans leur épaisseur et était évideni* 9 ment formée aux dépens de ces muscles. On voyait la 9 transformation osseuse s'opérer par degrés insensibles, 9 à peu près comme pour le cal. Je trouvai en outre une » lamelle osseuse, isolée de toutes parts, au milieu d'un 9 muscle. La production osseuse dont je viens de parler »'ne tenait au péroné que par quelques points : elle était 9 libre dans le reste de son étendue, et séparée de cet os 9 par une substance fibro-cartilagiueuse et par l'artère 9 péronière. Sa surface était très inégale et son tissu très 9 spongieux , comme celui de la plupart des ossifications
(i) Essai, u II, p. 73.
TREIZIÈME CLASSE. DES MÉTAMOfiPHOSES. 857
» accidenlelles. Une espèce de membrane dense, fibro- 9 cartilagineuse, Tenvironnait de toutes parts, s'enfonçait w dans les pores de sa surface et lui servait de périoste. ^ L'extrémité inférieure du tibia ofFrait des végétations » inégales et luniclleuses (1). »
Ce qu on a dit sur les ossifications du cœur, sur les pierres du cœur, doit en général se rapporter à Tincrustation c«ilcaire si fréquente aux orifices et dans l'épaisseur des valvules de cet organe. Dans un certain nombre d'anévrysmes partiels du cœur, la poche fibro-cariilagineuse était pénétrée de phosphate calcaire. Comme Boerhaave, jai vu les cordages tendineux du cœur semblablesà des brins de paille osseux, velui festucas osseas; mais je n'ai jamais trouvé au cœur d'ossifications proprement dites : ce sont des incrustations.
On des faits les plus remarquables de métamorphose morbide du tissu musculaire, c'est sans contredit la transformation des muscles lacérés qui entourent une fracture avec déplacement en tissu cartilagineux d'abord , puis en tissu osseux pour la formation du cal. J'ai dit ailleurs (2) par quelle série de faits j'avais été conduit à admettre comme théorie de la formation du cal, cette proposition que le cal est formé par tossification de toutes les parties moites^ lacérées^ qui entourent les fragments^ et en particulier des muscles^ qui revêtent successivement et rapidement le caractère cartilagineux et le caractère osseux.
Le tissu nerveux est^il susceptible ^ossification ? Je crois pouvoir répondre négativement à cette question, relative-
(0 Je ne parlerai pas de tous les eiemples de diaphragmes ossent, de muscles intercostaux osseux rapportés par Hallrr, Lieutaud et autres. J^ai des raisons de croire que ces prétendues ossiHcations musculaires «^appliquent à des concrétions calcaires ou osstformes de la plèvre diapbragroatique ou de la plèvre costale.
(3) Voy. Enai sur Vanatomiê pathotogique^ 1. 1, p. 4B9 et t. II, p. 39, et AnmtomU pmthotogique génértiUy Paris, i849i t* 1» p« M>*
858 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNIUaLE.
ment à la masse encéphalique. Tous les exemples de ce genre que j'ai lus, tous les faits que j*ai observés se rapportent soit au^ niembraues du cerveau , soit aux os du crâne; quelques-uns à des concrétions pierreuses qui oot été rencontrées soit dans I épaisseur, soit à la surface de cet orgaue.
Quant aux nerfs ossifiéSy il n'en existe aucun exemple. On a beaucoup parlé d'ossification de la rétine; mais Tanjlysedes principaux faits relatifs à cette ossification, Téiude attentive que j ai pu faire sur la nature de quelques-uns de ces faits, me paraissent établir que les coques osseuse? (elles moût paru osseuses et non point ossiformes), trouvées dans l'œil sous la choroïde, n'appartiennent nullement à la rétine, mais plutôt à la couche profonde delà choroïde, ou, s'il existait une membrane séreuse souschoroîdienoe, à cette membrane séreuse elle-même (i].
Osiification du tissu cellulaire , des membranes séreuses et synotnalti*
1^ Ossification du tissu cellulaire. On pourrait à la rigueur rapporter au tissu cellulaire toutes les nletan]o^ phoses osseuses des autres tissus et même des organe;
(i) Voici un cas très exactement décrit qae j*ai obsenrtf en i8i4 ^ est consigné dans mon premier ouvrage (Paris, 1816, t. IL, p. 89} :
Un ayeugle mourut à THôtel-Dieu dans la salle Saint-Paul, à la suit' de l'opération de la taille. Nous examinâmes ses yeux avec soin. Voici h particularités qu'ils nous offrirent 1 Volume à peu près naturel ; cotî *' opaque sur l'un des yeux, transparente sur Paulre. L'incisioD circoljir' de la sclérotique ne donna issue qu a nne très petite quantité de Uquiir Sous elle était la choroïde ayant ses caractères accoutumés. La ntcabrane iris était dans son état naturel sur Pun des yeux; sur Tautre, <y •dliarak «n bas à une Une mince, cartilagineuse « 9111 revêtait la f«^t postérieare de la cornée. Derrière Viân^ à U place du criatallii», éu»t «* globale blanchâtre, ayant à peine le tiers du volume d'un ciiauUio ortunaire, olVrant dans l'un des yeux une lamelie osseuse très mioce, iorgulière, et dans Pautre une multitude de points blancs. Sous la cboro<J éuit une aiembrane osseuse « coucetUiique «11& auiret membrane» \>* l'oeil. Cette aaembr^ne était rugueuse par sa face eilema ou Goiivts«-
TREIZIÈME CLASSE. DES MÉTAMOnPHOSES. 859
composés ; mais il ne s'agit ici que du tissu cellulaire libre, lequel certainement peut être partout le sieQe d'ossifications ou de pétrifications. Je me contenterai de signaler ici les petites concrétions ossiFormes qu*on rencontre très souvent sur la face interne du tibia , concrétions identiques, pour la forme et le volume, avec les petites masses adipeuses isolées qu'on trouve dans la même région.
2° Ossification des membranes séreuses. C'est aux membranes séreuses qu'il faut rapporter ce que j ai dit sur l'ossification des membranes fibro-séreuses : ainsi c est à TaracbDoïde qui la tapisse qu'appartiennent les ossifications de la dure-mère: à la séreuse péricardique l'ossification du péricarde; à la plèvre, ces cuirasses osseuses ouossiformes qui revêtent la face interne de la poitrine; au péritoine , les tubercules osseux el coques osseuses de la rate, etc.
J ai déjà discuté la question de savoir si ces ossifications ou conci^étions calcaires n'étaient pas plutôt développées aux dépens de fausses membranes organisées qu'aux dépens de la membrane séreuse elle-même.
%^ Ossification des membranes synoviales. On ne saurait révoquer en doute l'ossification des synoviales dans Tan-
lrè% adher«Dle à la choroïde, furloat dans «quelques points , moins rugœuse^ inégale, à sa face interne, intimement unie à une membrane cartilagineuse qui la tapissait dans toute son étendue. Son boni ou limbe étjiii iné{*alet se prolongerait en avant jusqu'au cercle ciliaire, au moyen d'une substance rantlagÎMuae. La cavité que constituait cette membrane oueQse et cartilagineuse était fermée par une membrane cartilaçineute coocafe en avant, convexe en arrière, recevant dans sa concavité le glo* bule blanchâtre, vestige du cristallin ci-dessus mentionné. Cette cavité était remplie par une humeur limpide contenue dans dfs loges iéparéef par des cloisons cartilagineuses imparfaites. On voyait aosat plaaiturt Mets oecveux raaiamblét en cordon polpeos , passer à travers un troa de la membrane osseuse, et se perdre dans les cloisons cartilagineuses.
Aui dépens de quelle partie était formée cette ossification ? J*aurais p«nsé que o*était aux dépens de la rétine, si je n'avjîs vu le cordon pnl* P^x traversant la membrane osseuso sa costiouer manifMlemeiil aveo I* tterf optique.
860 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉnALE.
kylose. Jui déjà parle des corps étrangers, articulaires, osseux , chondro-osseux , développés aux dépens des franges synoviales, à rextrémité libre desquelles ils sont appendus* J'ai vu dans rarticulation du coude un corps étranger du volume et de la forme de Tos crochu , qni tenait par un mince pédicule à la région antérieure delà synoviale.
Ce sont bien des os que ces corps étrangers appendns aux synoviales qu*on rencontre si souvent dans le cas d'usure des cartilages articulaires. C'est dans TarticulatioD coxo-fémorale qu'on rencontre les corps étrangers les plus volumineux. J'ai déjà dit qu on trouve au musée Dupuytren un de ces corps qui remplit Tarrière-cavité coiyloïde.
Ossification du tissu glanduleux.
Le tissu glanduleux s*ossi fie- t-il ? Rien de plus rare.Oo pourrait même soutenir que le tissu glanduleux proprement dit ne s'ossifie jamais : les ossifications qu'on y a quelquefois rencontrées appartiennent plutôt au tissa cellulaire ou au tissu fibreux qui entrent dans la composition des glandes qu'aux granulations glanduleuses elleir mémes. Cependant j'ai vu dans le foie des granulatioD§ osseuses on ossiformes , tantôt isolées , tantôt groupées, qui m'ont paru des concrétions calcaires formées aut dépens des grains glanduleux.
Vossiftcation des ovaires chez les femmes avancées er âge est un des modes d'atropbie les plus ordinaires dt cet organe ; mais il faut établir une distinction entre le^ ovaires pétrifiés et les ovaires ossifiés.
Ossification de la glande thyroïde. Très fi^uente, elle e> la conséquence de l'atrophie de cet organe. J'ai vu bie' souvent la glande thyroïde tout entière convertie er une masse calcaire unique , ou en une multitude ôt petites masses calcaires infiltrées au milieu d'un ti5>i fibreux. Dans quelques cas , c'était une coque calcair
remplie par une matière gélatiniforme; clans nn cas présenté 21 la Sociéié anaii.niique par M. Fano, le lobe gauche de la thyroïde était remplace par un corps osseux du volume d'une grosse noisette. Ce corps osseux, divisé à laide de la scie, a présente des cloisons ossenses qui le partageaient en compartiments à la manière d une (jreoade : les vacuoles étaient remplies par une matière solide.
Testicules. On dit avoir vu des testicules osseux ou pierreux. Guerbois fait mention de deux testicules osseux dans leur centre, qui furent extirpés par Antoine Dubois.
Mamelles. Ou a parlé de' mamelles osseuses : mais la densité des corps fibreux mammaires peut en avoir imposé à ceté{;ard. D'un autre côté, les corps fibreux mammaires peuvent s ossifier ou se pénétrer de phosphate calcaire. On rouçoit que ces corps fibreux ossifiés aient pu en imposer pour la glande elle-même.
Ossification des ganglions fywphaiigues. Bien de plus commun que de voir les ganglions lymphatiques pénétrés de phosphate calcaire. Ces incrustations calcaires ne s observent guère qu'à la suite de la tuberculisation de ces organes. La substitution du phospliate calcaire a la matière tuberculeuse, voilà , ai-je dit , le grand moyen de guérison des tubercules. Or, on rencontre tous les jours cette lithiase dans les ganglions bronchiques et dans les ganglions mésentériques. Dans les ganglions bronchiques la maiière calcaire se trouve mêlée à la matière noire. Quelquefois ces ganglions conservent leur forme et leur volume, d autres fois ils sont plus petits; dans d autres cas les ganglions pétrifiés sont beaucoup plus considérables que les ganglions normaux. J'ai va ces ganglions pétrifiés occuper non-seulement Tangle de la bifurcation de la traché», mais encore longer la partie libre des bronches, pénétrer 1 épaisseur des poumons avec les tuyaux bronchiques auxquels ils adhèrent intimement,
662 ANATOMIE PATHOlOGJQIJE GÉNÉRALE.
el avec lesquels j'ai vu communiquer ces espèces de foyet^ de malièie pierreuse ou calcaire.
Qui n'a observé des ganglions lymphatiques du mésentère pénétrés de phosphate calcaire disposé en (ragments compactes et fragiles, ou en bouillie calcaire. C'est le mode deguérison te plus ordinaire dès tubercules deces ganglions.
J'ai vu à l'aine d'une vieille femme une tumeur ii volume d'un œuf de dinde en grande partie pétrifiée. C^était un ganglion lymphatique.
0$sification des poumons.
J*ai vu un cas bien positif d^ossiGcatiôn des poumoos^ L'os était spongieux et présentait tous les caractères ii tissu osseux normal. La lithiase des poumons est anssifti quente que son ossification est rare; aussi BayleavaiH admis une phthisie calculeuse qu'il faisait consister daos k développement de concrétions pierreuses, lesquelles sooi quelquefois rendues par l'expectoration. Or la filiation dt^ faits a démontré que, bien loin de constituer une espèc de phthisie, les concrétions phosphatiques , crayeuses d'une dureté pierreuse, quelquefois teintes en noir,st» un des principaux modes de guérison des tubercules pn^ monaires ; d'où la fréquence de ces concrétions ao soDr met du poumon. Ces concrétions pierreuses pulmonaire coïncident d'ailleurs presque toujours avec des concre tions pierreuses bronchiques, lesquelles aussi ont éct c|uelquefois rendues par l'expectoration.
Ossification de C utérus.
Je ne connais aucun exemple d'ossification do tiss^ propre de l'utérus. Les pierres on concrétions de cet or gane ne sont autre chose que des corps fibreux qui ^ sont pénétrés de phosphate calcaire. Cette pétrification v le mode le plus ordinaire de l'atrophie des corps fibreuv utérins. Or voici les trois formes principales que présen»^
TnEIZlfeMR CLASSR. DES MÉTAMORPHOSES. 863
cette pétrification : 1® Une croûte calcaire (jnelquefois exiréincincnt épaisse enveloppe le corps fibreux, lequel subit alors presque toujours une altération dans son tissu, tantôt une sorte de momification, tantôt une décomposition putride. 2^ Point de croûte calcaire, mais des ostéides disséminés dans l'épaisseur du corps fibreux : ces ostéides sont plus ou moins nombreux, réguliers ou irréguliers dans leur forme, quelquefois globuleux. 5** Le corps fibreux tout entier est converti en une pierre plus ou moins compacte, avec ou sans interstices rem|>lis de tissu fibreux. J ai vu des cas dans lesquels le col, et surtout le corps de l'utérus, semblaient au premier abord avoir été trans-^ formés en une niasse pierreuse; mais une dissection atten* tive m'a démontré que cette prétendue transformation du tissu de Tutérus n'était autre chose qu'un corps fibreux pétrifié, entouré du tissu de l'utérus atrophié.
Ossification du f4acenta (i).
Rien de plus commun que de voir le placenta ossifié ou plutôt pétrifié. Toutes ou presque toutes ces pétrifications ont lieu du côté de la face utérine du placenta. On peut en distinguer deux espèces : dans l'une, c'est une co(|ue pierreuse ayaut deux, quatre, six millimètres d'épaisseur, recouvrant uniformément ou par larges plaques la face utérine du placenta sans pénétrer dans son épaisseur ; dans l'autre , ce sont des espèces d'aiguilles osseuses qui pénètrent le placenta et qni le traversent dans tous les sens, en procédant toujoui*s de la face utérine vers la face foetale. Le siège des ossifications par plaques parait être dans la membrane fibreuse extrêmement ténue qui recouvre chaque cotylédon, tandis que le siège ties concrétions en aiguilles distinctes ou ^rou|>ées, pénétrant dans l'épaisseur du placenta, est bien
1 1) Voy. Anatomie patkoh^i'iue du corps humain^ XVI* liirr,, explication de U planche t.
86 & ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉCALE.
évidemment dans les vaisseaux artériels. Le placenta, dooi ]â vie ne doit durer que neuf mois, présente souvent celte pétrification sénile qui n'exerce pas sur la santé du fœtus une aussi grande influence qu'il le semblerait au premier abord. Il est probable cependant qu'elle doit être la cause de plusieurs accouchements prématurés.
pétrification du fœtus.
Ce qa on appelle pétrification du fœtus ne doits entendre que d une croûte calcaire plus ou moins épaisse qui enT^ loppe le ixBtus en totalité ou en partie. Tous les tissus, W les organes sont desséchés, momifiés, absolument coduik si le fœtus avait été conservé sous un sable brûtaot.
J'ai feit représenter et décrit avec détail ( XVIH* livr, pi. iv) un fœtus encroûté de phosphate calcaire et mmr fié, observé chez une femme de soixante-dix-sept ans. morte quarante-sept ans après avoir éprouvé tous le? symptômes d'une grossesse extra-utérine probableoieD: ovarienne; et dans la XXXVI* livraison, planche i,iViê|;^ lement fait représenter un cas de grossesse péritooéj' chez une femme qui mourut dix-huit ans après a>w éprouvé tous les signes d'une grossesse. Ce dernier a' ma oFfert les caractères suivants :
Au-dessous du kyste d enveloppe, qui n était autn chose que la membrane de lœuf exactement moulée su le corps du fœtus, se voyait une croûte calcaire, que raozlyse chimique a démontré être presque uniquement corn posée de sels de chaux. Cette croûte enveloppait la totalit du fœtus autour duquel elle formait une coque de 2 niii> mètres, et même, dans quelques points, de k millimètre' d'épaisseur : au-dessous de cette coque se voyaient!! peau et tous les organes parfaitement conservés dans os état de mollesse et de flexibilité qui aurait permis 1er dissection ; le cerveau et la moelle épinière étaient seul* convertis en une matière grasse concrète.
TREIZIÈME Ct^SSB. DE» MÉTAMORPHOSER. 86 S
Des kriiet oneux en ^énéraL
Rien de plus fréquent que de voir les kystes de tavaire transformés en kystes osseux* mais cette pétrification ne s observe que dans les kystes d*un petit volume.
Sur le cadavre d une vieille femme, j*ai vu une tumeur osseuse attachée à langle supérieur {jauche de Tutérus : c'était un kyste osseux ou plutôt pétrifié, dont les parois avaient de S à & millimètres d'épaisseur; il contenait un liquide gélatiniforme.
Dans un autre cas que j ai eu occasion d observer^ un kyste pierreux de Tovaire du volume des deux poings réunis, était tellement épais et résistant qu on fut obligé de rouvrir à 1 aide de la stàe.
Rien de plus fréquent que de trouver ossifiés en totalité ou en partie les kyUes adventifs des aciphalocystes\ mais, pour cela, il Aut que les acépbalocystes soient mortes, et par conséquent que le kyste ne soit pas soumis à des causes permanentes de distension. Je considère lossification ou la pétrification complète des kystes comme un mode de guérison spontané des kystes acépbalocystes. Il existe dans les cabinets delà Faculté un kyste osseux du volume d une petite pomme contenu dans Tépaisseur de la rate. J ai la conviction que ce kyste avait contenu des acépbalocystes.
Il n'est pas rare de rencontrer dans les kystes sébacés de la matière calcaire sous forme de sable, de gravier, de petites masses.
Il est plus rare d*en voir se produire dans un hygroma ; en voici un exemple : Dans un bygroma du coude, du vo* lume dune orange, qui ma été donné par M. Jarjavay , il existait une grosse masse calcaire peu régulière, conoide, de 2 pouces S lignes de long sur 13 lignes de largeur et 1 1 lignes d'épaisseur ; concrétion qui naissait des parois du kyste par son extrémité la plus considérable et n avait pas partout la même dureté. Une matière crétacée pnl* ni. SS
869 AtCATOinB PATHOtOGIQOB GÉHÉftALC
véruIéDle remplissait le reste de la poche. Il aarait été curieux de savoir si cette pièce pathologique avait appv tenu à un goutteux.
On peut classer parmi les kystes osseux le casdW vésicule biliaire convertie en une coque osseuse remplie de calculs biliaires : bien ecitendu que cette vésicule était complètement isolée des voies biliaires : dans un autre cas , la Tésicale également osseuse était divisée en deux parties par un rétrécissement.
Ossification ou pétrification des lipomes. Les lipomes présentent quelquefois des concrétions calcaires. J'ai to un lipome situé à la région fessière qui contenait dans son épaisseur des concrétions ossiformes. J'ai supposé que ces concrétions étaient le résultat de la pression exercée sur ce lipome dans Tattitude assise. Dans un autre cas présenté à la Société anatomique , un lipome divisé par des cloisons fibreuses offrait dans l'épaisseur de ces cloi* sons non point de simples concrétions, mais de petits osselets dont plusieurs avaient la forme du marteau. Oo voyait aussi, dans divers points, de petites productions cartilagineuses.
Ossification ou pétrification des corps fibreux. Ce sont de rentables incrustations calcaires que les ossifications des corps fibreux dont j^ai indiqué ailleurs les diverses variétés (voy. Corps fibreux). C'est à ces pétrifications qu*il faut rapporter les pierres de Tutérus dont il est question dans les Mémoires de F Académie de chirurgie.
Pour terminer cette étude des métamorphoses et pro' ductions osseuses , il me reste à dire quelques mots sor les exostoses et sur les ostéophytes.
Des prodacti<Mu oueates (eioUosM* ost^ophjtes).
On chercherait vainement à établir une autre différence qu'une différence de forme et dimplantation entre Xtxai'
TRBUiÈllB CLAS». DBS MéTAM0APH09ES. 86t
tom el Yotàéaphyte (i). Toutes deux sont des hypertrophies tircomscrùes qui naissent d*un os : mais tandis que I*exostOM sait par une large base et feit corps avec l'os, dont
i elle semble Q*étre que le développement hypertrophique,
Tostéophyte est une végétation, une excroissance accolée, implantée sur 1^ os doni alla semble ne point fiiire partie
i constituante et auxquels elle ne tient souvent que par un
1 pédicule étroit ; mais je le répète» cette diflereoce n'est
qu*une différence de forme, d'implantation; car on pour^ raii dire à la rigueur que les exostosea ne sont autre ebose qu^ de& osiéopby tes a large base» de Hiéme que lea ostéo-
I pbytes ne sont autre choae que des eMatosea pédiculéet .
f Les ostéopby tes peuvent être siNsples, ceat-à^dire ex«
clusivement qonatituées p«r du lissu oaseux ; ou bien ils
^ peuvent servir de base k d autres preductioas et ptus par*
ticiilièrement aux productions cartiiagineiMes ; doi» les ostéochondrophytes dont j ai déjà parlé :oià peut égale-
I ment admettre des oatéofibrophytes, des oatéocbondro-
j phytea. Il iaat bien se garder de confondre eea diversea
espèces d'ostéophytes^ lésions inofieniives, avec lea tumeurs ostéocancéreuses (2).
Ainsi» le mot exostose (quod ex imibus mÊSciiÊa^\ mot gëu nénque» doit s appliquer à toutes lea excroissances des os% Le mot ostéophyte est particulièrement réservé aux exos-
(t) G*ett Lobfltein qni a introduit dam la science la déoorainaiion d^iifeffyiti (Jmmtêmië pmihoUgi^ue, c. II, p. i4o}, tar letqaeU Albers, profcaaanr de ■édaatne k Boao» a Smi uo très boa ménoâre. Voy. aaaat le memoirt dn professeur Roas Surltt exoslosci #i nir U$ npérmiiomt ^vki ieur conmennenf (Bévuê médic^chirur^icale^ février i S47}-
(a) Je ferai rennarqaer à ce sujet que, de même qu'il eiiste un cancer fikrtux^ laifiel a pour cbarpeute le tissu fii>reui le plus dense, il esiste aussi un c^futr cmrUitigimêur qui a pour okaipente du earlila^e et qu'on pourrait^ par conséquent, appeler cancer etuftiU^incux^ et un cancer os$€ux qui a pour charpente du lissu osseux. L'élément cariibjineux et félémcot oaseux ne sont pas plus exclusifs de la dégénératioo cancéreuse qna l'ëkénient fibmix : lia mi et Us aniret jouent dans ce caa le r6le de charpente et rien de plas.
SOS AMATOM1B PATHOLOGIQUE GÉHÉBALB.
toses pédiculées ou végëtantes, à b manière d apophyses, de tubercules ; et le mot exostose aux tumeurs osseuses i large base. Les uns et ]es autres sont solitaires oa mnl* tiples.
Structure générale de$ exoffoses €t ottéophyttt,
Â. Exostoses. Les exostoses peuvent être spongieuses ou compactes dans toute leur épaisseur; et leur spongiosité^ de même que leur compacité, peut présenter divers degrés. Il est des exostoses compactes dont la compacité et la densité dépassent de beaucoup la compacité et la densité du tissn compacte naturel des os ; ce sont les exostoses ébumées. Il est un grand nombre d'exostoses qui sont compactes dans leurs couches superficielles^ et spongieuses dans leurs couches profondes. Il en est d'autres qui sont , aa coo« traire, spongieuses à leu r surface, compactes et même ébur* nées à leur centre : tel était le cas d'une exostose née du bord postérieur de la mâchoire inférieure, qui mefutr^ mise par Blandin. Cette tumeur était spongieuse dans sa couche superficielle et complètement éburnëe, semblable au rocher dans le reste de son épaisseur. Il en est dont la coupe présente une sorte de mélange de tissu compactée! de tissu spongieux. Enfin , il est des exostoses creuses, kysteuses ou celluleuses à larges mailles, des exostoses raultiloculaires.
Comme type d*exostoses kysteuses, je renvoie i deui pièces du musée Dupuytren , précieux héritage de TAo* demie royale de chirurgie : ce sont deux énormes tumeurs qui semblent la répétition Tune de Tautre , toutes dent formées aux dépens de Tos maxillaire supérieur : ces tumeurs sont creusées d'une cavité considérable qui devait contenir un corps fibreux. J ai vu une exostose à coqo^ du volume d'une noix, qui avait été enlevée de la suHaoe d^un os (je n ai pas noté lequel), à I aide d'un trait desde, chez un jeune homme de vingt-deux ans. La matière con* tenue était semblable à du mastic de vitrier.
Il est des exostoses pértosh'qiies , des exostoses médul" laires ou énostoses et des corps osseux enkystés.
1* Les exostoses périostiques ou exostoses proprement dites sont les plus fréquentes : ce sont des monticules ordînuirement hémisphériques plus ou moins considérables qui naissent de la surfece d'un os par une large base. Elles sont uniques ou multiples : c est surtout au crâne et a la iace qu*ou rencontre des exostoses multiples.
Le développement des exostoses circonscrites me parait se faire par superposition, c'est-à-dire parTapplication de couches successives intermédiaires nu périoste et à Tos. Ce mode de formation se démontre aisément par Fétude de révolution des exostoses dont le tissu poreux plutôt que spongieux, et comme grenu dans les premiers temps de sa formation, n a pas encore acquis la compacité des os sur lesquels elles sont implantées.
Il est d ailleurs fort rare que les os qui servent de support à Texostose ne soient pas eux-mêmes hypertrophiés. Lorsque Texostose a acquis tout le degré de densité dont elle est susceptible , on dirait que sa couche corticale se continue avec la lame supei*6cielle de Tos d'implantation.
2* Les énostoses ou exostoses médullaires sont des végétations qui naissent des parois du cylindre osseux des os longs et qui proéminent dans sa cavité. On peut les diviser en circonscrites et en non •circonscrites : celles-ci remplissent tout le cylindre tandis que les exostoses circonscrites n'en occupent qu'une partie. H est encore des énostoses qui ont la forme pyramidale, à base adhérente. Ne pour* rait-4>n pas considérer comme des énostoses, par rapport aux os du crâne, les exostoses qui naissent de la surface interne de ces os? La voûte du crâne est le siège le plus ordinaire de ces énostoses on exostoses internes. On trouve au musée Dupuytren, sur le même crâne, deux exostoses très volumineuses, Tune frontale, l'autre pariétale, dont chacune présente son tiers externe implanté
$T0 ANATOMie PATUOLOGIQOE GÉHÉftALB.
sur la surface externe , et ses deux tiers întames implantés sur la surface interne des os du crâne ; ou plutôt oo dirait qu'une portion du crâne a été remplacée par ud énorme tampon sphéroldat dont la structure est ébumée: ici poreuse, là non poreuse.
y Exostoses interstitielles, £xbte-t-il des exostoses interstitielles, c'est-à-dire des exostoses qui se développent dans répaisseur des os, aux dépens de la couche intermédiaire à la table externe et à la table interne des os do crâne, ou au milieu de l'épaisseur des parois des os longs? C'est une question qui ne me parait pas encore résolue d'une manière positive. Ainsi j'ai vu des exostoses circonferentielles , je veux dire occupant toute la ciroonférenoe d'un os long et se présentant sous la forme d*un renflement ovoïde considérable , dont la coupe , à Taide d'un trait de scie vertical , offrait les particularités suivantes :
La couche superficielle de la tumeur, très compacte, semblait se continuer avec la lame la plus superficielle de Tos sain ; sous cette croûte compacte se voyait an tissa spongieux, puis du tissu compacte, puis enfin du tissa spongieux. J'ai constaté b même disposition pour des exostoses cu^conscrices à un point de la circonférence de l'os. Or y pour moi, les exostoses dites interstitielles ne sont autre chose que des exostoses périostiques.
&o Corps osseux enkystés. Les seules exostoses imerstitielles que Je connaisse sont des corps osseux développés dans I épaisseur d'un os, masse sphéroïdale plus ou moins régulière, déposée en quelque sorte au sein des os à U manière des corps fibreux au sein de l'utérus : ces corps osseux soulèvent les couches osseuses qui les recouvrent au fur et à mesure qulls se développent^ les amincissent et finissent par les détruire : or, bien que ces corps osseui ne m aient pas paru présenter de continuité manifeste avec la coque osseuse dans laquelle ils sont contenus, îl est bien probable au ils y tiennent par quelque poiou
TBBiZltMB CLAiSE. ÙU IléTAllORPHOSBS. S71
Ce3 corps osseux sont mamelonnés à leur surface ei les mamelons séparés par des sillons plus ou moins profonds; leur tissu est très dense; leur grain très fin. Ils sont plutôt poreux que spongieux. Ces pores sont bien évidemment des conduits vasculaires.
Les trois cas de corps osseux enkystés que j'ai ob* serves appartenment à la région fronto-orbito-ethmoî* dale. Le premier qui a été présenté à la Société ana* tomi(|ue par M. Weiss, éiait développé dans le sinus frontal auquel il ne paraissait adhérer par aucun point de sa surface. Le deuxième fait est celui qui a été extirpé si habilement par M. Maisonneuve, che?. un individu affecté d'exophthalmie : l'opération a eu le plus grand succès. La tumeur est conservée au musée Dupuytren. sous le n^ S8& A : elle a été adaptée à une hase de crâne, afin de bien fiiire comprendre sa disposition. Une moitié était contenue dans la cavité orbitaire droite ; l'autre moitié dans la narine. La troisième tumeur, déposée au musée par M. le professeur Jobert, sous le n* 58A B, est énorme. Une partie proémine dans le crâne au niveau de la lame criblée et soulève la dure-mère, c'est la moindre partie; la principale partie proémine dans la fosse nasale et a détruit la table antérieure du frontal dont il ne reste que des vestiges. Cette partie frontale, qui est énorme, est irrégulièrement mamelonnée; et les mamelons inégaux sont séparés par des sillons plus ou moins profonds. Cette masse, du volume d'une pomme moyenne in*a paru adhérente à la face profonde de l'os froolal, mais adhérente à la manière d'une végétation qui reçoit simplement de l'os ses matériaux de nutrition par un point très circionscrit de la surface.
B. Un mot sur les osiéophjries.
Les végétations qui naissent de la surface d'un os à la manière d'une plante parasite sont extrêmement fré- <|iusntes , bien plus fréquentes que les exosioses pro-
873 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉRÉSALE.
prement dites» et présentent des formes bien plus va riées.
Elles se produisent dans un très grand nombre de circonstances.
1° Elles forment» dans des proportions diverses, la charpente de la plupart des chondrophytes » qui méritent presque toujours le nom d^ostéochondrophytes. Rappelons ici que, dans beaucoup de cas, à la production osseuse s'associe un dépôt amorphe de phosphate calcaire plus ou moins considérable.
2* Les ostéopliytes se rencontrent quelquefois dans le cal des fractures , surtout lorsqu'il y a eu déplacement considérable : ce sont des crêtes , des pointes saillantes qui proéminent à la surface du cal ; souvent encore ce sont des masses irrégulières qui remplissent les intert'alles qui séparent les fragments ; d'autres qui égalisent la surface du cal. Jai vu dans des cas de ce genre des ostéopbyies creux, à cavité unique ou à cavité multiloculaire.
3^ Ce sont des ostéophytes qui constituent les ankyloses invaginantes. Ex,: ankyloses invag mantes des verîiifm. Des pointes osseuses ou des tubercules osseux naissent souvent de la surface des gaines osseuses, des ponts osseux, ou des jetées osseuses qui sont les moyens d^unioo.
4* Les ostéophytes constituent la base des articidations nouvelles ( néarthroses ), soit que ces articulations nouvelles soient la conséquence d'une fracture non consolidée, soit qu^elles soient le résultat d'une luxation non réduite. La puissance os téogéniq ne de Téconomie n^apparalt nulle part d'une manière plus remarquable que dans le cas de luxation non réduite du fémur.
5* Cette réflexion s'applique, et à plus forte raison, aux cas de maladies articulaires par usure des cartilages i^ croûtemeni, lorsque à l'usure des lamelles cartilagineuses succède celle des couches osseuses subjacentes : dans ce cas il se produit autour de Tarticulution des végétations
TBBIZIBIU CLASSE. D£S MBTAIIOBPHOSeS. 87 S
qui semblent destinées à suppléer aux couches osseuses détruites ; végétations qui s'articulent entre elles, qui prolongent, élargissent les surfaces articulaires en même temps qu'elles les déforment : or ces végétations osseuses» ces tubercules osseux, ces tumeurs osseuseSi se corn* |K>rtent de diverses manières : les uns se séparent de Tos et constituent des corps étrangers , libres, articulaires; les autres, qui restent adhérents à Tos, s'usent à leur tour, bien qu'ils soient revêtus d'un cartilage de nouvelle formation ; les autres sont articulés avec les osatixquels ils sont unis par du tissu fibreux, si bien qu*on a pu croire que quelques-unes de ces masses osseuses étaient le résultat d'une fracture, d'une rupture de los, et non point une production nouvelle. J'ai vu une tète de fémur complètement détruite par la maladie que je décris, des végétations osseuses considérables entourant les débris du col de 1 os, et constituant une grosse tumeur irréguliëre, qui était reçue dans une cavité cotylolde de nouvelle formation faisant suite à lancienne cavité cotyloîde extrêmement déformée.
6* Quelle source féconde d'ostéophytes dans les né** croses superficielles, interstitielles, profondes, partielles, de toute l'épaisseur des os, et dans ces caries et nécroses moléculaires, qui peuvent également occuper les mêmes régions.
70 Les ulcères chroniques des parties molles, les phlegmasies du périoste, du tissu osseux, toutes les lésions morbides des parties qui avoisinent les os, et enfin le cancer des os, ne doivent pas être oubHés dans cette éuumération des causes des ostéophytes.
8* Enfin il est des ostéophytes, et ceux-ci sont toujours multiples , qui tiennent à une àiatkèse pariiculière. Ainsi Lobstein parle d'un vieillard de quatre-vingts ans dont lesos des extrémités supérieures et inférieures étaient tous affectés d'exostoses ou d'ostéophytes ; il çit^ PWQV^ l^cas
plus curieux d ostéophyte^ amorplies innombrables Mir la plupart des os du squelette observés chez une fille de qua* rail te aus, sourde et muette de naissaocie.
J'ai été consulté pour uoe demoiselle suisse do Valais, âgée de douze ans,qui présentait un grand nombre d^exostoses et dostéophy les survenus, dîsait-on, depuis troiaans : deux au tibia gauche, lun pédicule, Tautre à base large; il y en avait un troisième à base large au tibia «iroît; deazi Thumérus, Tun à la face interne , lautre à la fi^e postérieure de cet os ; plusieurs petites exostoses aux côtes et a lomoplate. On m'a assuré que la soeur de cette jeune personne, moins âgée qu^dle , avait déjà des exoetoses. J'ai soupçonné qu'une maladie syphilitique du père, incomplètement traitée, pouvait bien ne pas être étrangère à cette lésion. J'ai prescrit l'iodure de potassium.
Le squelette no 436 du musée Dupuytren, sqoelette d'homme, donné parBresçhet, présente le type le pins intéressant qu'on puisse voir d'exostoses ou d'ostëophytes qui naissent de presque tous les os du squelette, et cela d'une manière presque syroéuique. Il est aussi à reosttrquer que ces exostoses occupent en grande partie les attaches des musdes, comme si dles avaient été prodnites par traction ou bien par l'ossification des tendons. Je dais dire cependant qa'il en «si un bon nombre qui ne sauraient s'expliquer de cette manière, car elles ne répandent nullement aux insertions tendineuses.
Le |>lus grand nombre de ces ostéopliytes se présentent sous la forme d apophyses styloïdes à base laige, à direction recdligne, quelqurfois uncifbrme, tantôt isolées, tantôt groupées ; d'autres se présentent sous l'aspect de mamelons, de tubercules plus ou moins considérablea : du reste leur tiasu est exactement semblable à celui de l'os : on dirait des apophyses normales.
Ces productions osseuses sont surtout remait{uables sur la bfi^ externe des es iliaques la hmg de ki créie
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de ces 06 : ce sont des monticules, des tubercules, des ma* melons multiples : en arrière de la crête se voit une grosse tumeur du volume d'une noix dont la structure est spongieuse (i).
Les humérus présentent un groupe d'ostéophytes styloldes ou tuberculeux au niveau et au voisinage de rem* preinte deltoldienne : les fémurs en présentent plusieurs, surtout à leur partie inférieure, qui est déformée, comme aplatie d avant en arrière: deux apophyses sly loldes naissent en dedans au-dessus de lextrémité inférieure du fié* mur gauche ; une seule natt de la même région du fémur droit. Une tumeur considérable du volume d'une grosse noix , spfaéroïdale , à tissu spongieux , natt en arrière de la téta du péroné. Les pai*ties inférieures du tibia et dn péroné sont soudées par des jetées osseuses.
Formes des osiéophytes. Sous le rapport de la forme et de la structure, les ostéophytes peuvent se diviser en deux catégories : les uns ont une forme r^ti^'^, naissent de Tos à la manière d'une apophyse naturelle , et ne pré* sentent ni à leur surface, ni dans leur épaisseur les traces d'une production morbide; lesau très affectent les formes les plus variées, les plus irrégulières, et présentent les traces d'une origine morbide ; ce sont les ostéophytes amorphes : ces derniers s'observent dans le cas de maladies j>ropres des os (caries ou nécroses) , ou lorsque les os sont situés au voisinage d'un travail morbide quelconque siégeant dans les parties molles. Ces ostéophytes sont crevassés à leur surface, hérissés d aspérités , de lames , de lamelles irrégulières, percés de trous, sillonnés dans tous les sens : on pourrait les désigner collectivement sous le nom d'osléophjries sialact if ormes.
Parmi les ostéophytes les plus réguliers, je citarai ceux qui se produisent sous la forme styloide et sous la forme
(i) il eiitl« luwi lur ce «queleUe oqe eioMOM promiaftoCe «1 aiOMte à U fac« potlérif or« ât la ijaipbjte.
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pédiculée : leur s\é{\e de prédilection est sans coDireditli fece interne du fémur, immédiatement au-dessus do oondyle interne où ils se présentent tantôt sous la forme d*un sphéroïde soutenu par un pédicule plus ou moins long , plus ou moins étroit , tantôt sous celle d'une apophyse slylolde qui se termine soit en pointe , soit en massue.
Je mentionnerai parmi les ostéophytes les plus intér»sants, ceux qui naissent de la partie antérieure de la fos« iliaque interne (i),et ceux bien plus Fréquents qui se déve loppeni surlafece postérieure ou sur la face antérieure do rocher. Ces derniers naissent par des espèces d aiguilles qui vont en rayonnant et se terminent au milieu d'anc gangue fibreuse; leur surfiice est en général iDamelooDée.