‹ Traité d'anatomie pathologique générale (volume 4)Chapitre 6 sur 36 · U« GENRE · texte numérisé non relu

U« GENRE

Hypertrophie da tissu oeUuIaire et des membranes séreuses et synoviales.

Le tissu cellulaire hypertrophié devient fibreux ; c'est ce qu*on observe toutes les fois qu'il est le siège d'une fluxion irritative prolongée; et cette transformation joue un très grand rôle dans l'induration, qu'il ne faut pas confondre avec l'hypertrophie, dans la formation des cicatrices, dans la plupart des lésions morbides, etc.

Ainsi le tissu cellulaire sous-cutané, dans le cas d'ulcère chronique à la jambe, se transforme en tissu fibreux; ainsi le tissu cellulaire interlobulaire du poumon acquiert toute

la densité du tissu fibreux. Les lobules pulmonaires , séparés par des espèces de cloisons fibreuses, sont eux* mêmes quelquefois envahis, et le tissu pulmonaire finit par subir la transformation fibreuse. Essentiellement ceU luleux, le tissu pulmonaire doit éprouver toutes les transformations auxquelles est exposé le tissu cellulaire.

L'hypertrophie du tissu cellulaire sous-muqueux de Testomac et des intestins , comme aussi Thypertrophic des couches de tissu cellulaire qui unissent entre elles les autres tuniques de ces organes jouent un fjrand rôle dans les lésions organiques de ce viscère.

L'anatomie comparée, en nous montrant le tissu cellii* laire qui entre dans la composition des muscles, et même le tissu cellulaire libre revêtant chez les animaux carnassiers tous les caractères du tissu fibreux, établit le lien qui existe entre rhy|)crtrophie physiologique et l'hypertrophie pathologique du tissu cellulaire.

Les tumeurs filireuses qui 5c développent dans Tépaissour des organes se produisent probablement aux dépens du tissu cellulaire qui entre dans leur composition et pourraient être considérées comme une hypertrophie du tissu cellularre. Ainsi, il est probable que les corps fibreux de Tutérus sont formés aux dépens du tissu cellulaire de ret organe. Il ne serait cependant pas impossible que ces corps parasitaires fussent produits aux dépens du tissu propre de Tutérus, dont une portion transformée s'isoler.iit après cette transformation, et serait susceptible, daos quelques cas , d'une immense hypertrophie. Nous verrons que la même théorie est applicable aux corps fibreux de la mamelle.

Ifyperii^ophie adipeuse du tissu cellulaire. Y a lil augmentation de sécrétion seulement, ou bien y a-t-il à la fois augmentation de sécrétion et hypertrophie dans cette exu* bérance générale du tissu adipeux qu'on appelle /lo/^sarc/e et dans le développement adipeux circonscrit qti'on

ONZlfeMB CLASSE. DES HYPERTROPHIES. ZZ

appelle Upôme? Si Too peut douter de Thypertrophie dans la polysarcîe, elle est incontestable dans la production du lipome^ qui peut acquérir des dimensions si considérables. La circonscription du lipome, ses rapports avec les autres productions parasitaires organiques , m'ont décidé à réserver Tétude du lipome pour la classe des métamorphoses et productions organiques.

Les membranes séreuses s'épaississent, deviennent opaques, très résistantes, et passent à Tétat fibreux, cartilagineux et même osseux, lorsqu'elles sont le siège d'une flaxion irritative longtemps continuée. Mais, dans ce cas, est-ce bien la membrane séreuse qui s'épaissit et se transforme? n'est-ce pas plutôt le tissu cellulaire sons-séreux, ou bien encore ne sont-ce pas des couches pseudo*membraneuses très minces qui s'organisent? Question difficile et peut-être inutile à résoudre. Ce qu'il y a de certain, c'est que les membranes séreuses acquièrent quel(|uefois la résistance du tissu fibreux et même s'incrustent de matière cartilagineuse et de phosphate calcaire. Ainsi, j'ai trouvé assez souvent l'arachnoïde viscérale du cerveau, opaque, résistant à la manière d'une membrane fibreuse. Il n'est pas rare de rencontrer le grand épiploon converti en un gros cordon fibreux unique ou divisé en plosieurs cordons fibreux secondaires. Je me suis assuré maintes fois que c'était aux dépens de la membrane séreuse, et nullement aux dépens de la membrane fibreuse, qu'avaient lieu les plaques cartilagineuses, et quelquefois calcaires , qui enveloppent la rate comme dans une coque.

Les membranes synoviales qui ont été le siège d'une hydarthrose chronique s'épaississent, et cet épaississement bypertrophique, qui survit longtemps à la disparition de l'épanchement articulaire, me parait constituer une prédisposition au renouvellement de la maladie.

in.

Ik àNATOMIE PATHOLOGIQUE GÉMteàLB.

III* GENRE

BypertropUe 4m tim ibren.

L^bypertrophie morbide du tissu fibreux s'observe rarement dans le tissu fibreux libre , mais bien souvent dans cette portion du tissu fibreux qui entre dans la con* position des organes.

Ainsi la tunique fibreuse de Testomac et des intestins , dont la ténuité est à peine celle d une feuille de papier , acquiert quelquefois l'épaisseur de 6, 8, ID millimètros (5, 4, 5 lignes) et même davantage.

La tunique propre du foie , membrane fibreuse très mince qui , par ses prolongements , forme à chaque graiu glanduleux une enveloppe propre , est souvent le sïégfi d'une hypertrophie telle , que les granulations bépaûques comprimées diminuent progressivement de volume et finissent par disparaître complètement.

Il en est de même de Thypertrophie du tissu fibreux de la mamelle.

Il résulte d'un important travail de M. Jarjavay, que la lésion connue sous le nom de/ongus du testicule^ que 1 on considérait généralement comme une d^génération cancé* reuse, n'est autre chose qu'une hypertrophie circonscrite de la tuuique albuginée.

Il est des lésions de la peau qui consistent dans une hypertrophie plus ou moins considérable circooscrite ou non circonscrite du derme.

Comme exemple d'hypertrophie des membranes fibreuses libres, je citerai l'hypertrophie des lames fibreuses qui avoisinent des foyers purulenu. Ainsi, dMos les cas de carie des vertèbres lombaires, l'aponévrose loinbo4liaqii«, si ténue dans l'état naturel, devient extrômement épaisse.

J ai vu la dure-mère très épaissie dans les cas de carie des os du crAne.

ONZlilfE CLASSE. DES |iYPKaTAOI>HI«S. ;$5

IV GENRE

Hjpertrophie da tissa carUlagiiieas»

Je ne connais pas d^exemple d'hypertrophie des cak*tilages articulaires , quelque fréquentes et quelque prolongées que soient les fluxions morbides dirigées sur les articulations, et c^est là une des preuves de leur défaut de Yttalité.Les cartilages qui entrent dans la composition des organes sont peut-être de tous les tissus ceux qui sont lé moins sujets à l'hypertrophie proprement dite , toute fluxion hypertrophique dirigée sur un cartilage ayant pour résultat non son développement, mais bien son ossification ; exemple : les cartilages du larynx dans les cas de phlegmasie chronique de cet organe.

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