DOUZIEME CLASSE
DBS ATROPHIES.
On entend par atrophie («, rpctph) un défout de nutri* tion (1) des organes et des tissus caractérisé par une diminution notable de leur volume , de leur poids et de leur densité, diminution qui peut erre portée jusqu'à la disparition complète des organes et leur transformation en tissu cellulaire ou adipeux.
De même que pour Thyperimphie il est une atrophie physiologique et une atrophie pathologique , lesquelles s'éclairent Tune par l'autre et se confondent d'ailleurs par des nuances insensibles.
L'atrophie n'a été longtemps considérée que sous le rapport physiologique ; Tanatomie palhologif|uc seule pouvait la transporter du domaine de la physiologie dans celui de la pathologie, la mettre en relief, l'élever au rang de classe et Tétudier h part , indépendamment des autres lésions avec lesquelles elle est presque toujours combinée (2). Car l'atrophie, de même que l'hypertrophie, n*est le plus ordinairement qu'un élément de lésion et non point une lésion proprement dite; élément important et sans l'intelligence duquel il serait impossible d'in-
(i) Le mot atrophie ne ••(piifie donc pat une absence complète de dqtriiion, comme ton étymoloQÎe temblerait l'indiquer» mai* le pin* ordinairement an défaut de nutrition, une hypotrophie (ainai que le dit très bien M. le profe5(âeur Piorry) dont l'atrophie «erait le dernier leime.
(a) La classe des atrophies constituait l*alonie nutritive de Dupujtreo, qui , dans une classification d*ana(omie pathulonique que j'ai reproduite dan* mon premier ouvrsge, avait admti une classe ttatonies en oppotition avec la classe des irritations, et en particulier une atonie nutritive par opposition avec l'irritation nutritive qui n'était autre chose que l'hypertrophie. [Essai sur tanat pathol.^ i8i6, t. I, p. 1 15, classe des àTOiiBs : ordre premier : Jtome nutritive»)
DOUZIÈME CLA9SB. DES ATROPHIES. iOt
terpréter un grand noDnbre de faits d'anatomie patho* logique (1).
L'espèce atrophie de même que lespèce hypertrophie, simple lésion de nutritioD, n'est en efFet incompatible avec aucune autre altération morbide. On peut même dire quelle peut s'associer avec toutes les autres espèces anatomiques morbides auxquelles elle est souvent consé cutive : la loi dlncoropatibilité ne lut est nullement appH<cable: Tétudede l'association de l'atrophie avec les autres lésions morbides et du rôle qu'elle joue dans lu plupart de ces lésions est une chose fondamentale en anatomie pathologique.
L'atrophie peut porter sur Téconomie tout entière, sur un seul système d organes, sur un seul organe, sur un seul tissu.
Vatrophîe générale qui n*est autre chose que le marasme, la consomption, s'observe dans toutes les maladies chro-* niques dites organiques^ et dans certaines névroses : c'est Vairophie nerveuse de Quarin. L'élément adipeux disparaît de Téconomie; mais tous les organes, réduits à-leur plus simple expression, conservent leur structure normale. Il y a amaigrissement plutôt qu'atrophie : aussi le marasme, la consomption portent-ils principalement sur les organes dans lesquels l'élément adipeux entre comme partie constituante. Exemple : le tissu musculaire. Il n'y a pas d'atrophie générale proprement dite.
Vatrophie dorgane porte sur tous les éléments anatomiques de cet organe : elle peut êive partielle ^ c'est-à-dire a*envahirqu'une portion d'organe, ou^^n^rii/e,c*est-à-dire envahir la totalité de Forgane.
Vatrophie de tissu ne porte que sur un seul des éléments ou tissus d'un organe. Or l'atrophie d'un tissu peut coïnci-
(i) n n*eit pas rare «le rencoDtrer dans le même or^aoe la coïncidence de ratropbie et de rhypertrophie.
10& ANATOMIt: PATHOLOGIQUE GÉNÉKALt.
der avec Thypertrophie des autres éléments analoiiiiqiieë des mêmes organes.
Il est une atrophie (|ui consiste dans une diminution pure et simple du volume, du poids et de la densité des organes, sans altération aucune de texture. Cest Yairophie simple oti par maciknce^ qui pourrait être considérée comme une atrophie physiologique ; il est une autre atrophie avec transformation de tissu , et cette transformation peut être celluleuse {atrophie ceUuleuse)\ elle peut être adipeuse [atrophie adipeuse).
Il est des atrophies congénitales aussi bien que des aU'ophies postérieures à la naissance. En cela j'ai le regret d*étre en opposition avec le professeur Brescbet, qui voulait qu on établit une ligne de démarcation bien tranchée entre Yagénésie et Tatrophie. Mais Tagénésie n'est le plus souvent qu'une atrophie qui atteint les organes aux diverses périodes de la vie intra-utérine» ou, en d autres termes, une airophie congénitale.
A la rigueur, il ne devrait être question ici que de latrophie simple pour renvoyer à larticle des transformations et métamorphoses organiques, les atrophies avec transformation : mais les mêmes raisons qui m*ont fait décrire l'hypertrophie avec transformation à loccasion de rhyperirophie me portent également à traiter ici de la transformation atrophique.
Causes générales de Tiitropbie.
Les causes générales de Tatrophie sont au nombre de deux : ^, le défaut d'exercice ou de stimulation; £, la compression; C, les adhérences; Z>, les épanchements dans les cavités séreuses : lesquelles causes agissent de la même manière sur les organes, savoir : V en diminuant labord du sang artériel ; i^ en diminuant faction nerveuse ou innervation.
DOUZIEME CLA$;?»:. VtS ATtOPHILS. 105
ji, Alrophie par défaut d'exercice ou de stîmolalioii.
Tout organe qui n'est pas exercé diminue de volume, de densité, d'activité vitale et par conséquent perd de son importance, et comme organe matériel et comme agent d'une fonction qui devient de plus en plus languissante. C'est une loi de l'économie qui s'appli(|ue au cerveau aussi bien qu'aux muscles, aux os» aux organes sécréteurs, etc., et dont les conséquences sont du plus grand intérêt sous le point de vue physiologique aussi bien que sous le point de vue pathologique. C'est ainsi qu'on peut développer par l'exercice comme aussi amoindrir par le défaut de stimulation tel organe, tel système d*organes et répartir en quelque sorte à volonté l'atrophie et l'hypertrophie, suivant les besoins de l'économie.
Car, à côté de la loi que je viens d'indiquer, il faut placer cette autre loi:qu il n'existe dans l'économie qu'uuc somme déterminée d'activité, de puissance nerveuse, et que la dépense exagérée d'activité faite par un organe se fiiit toujours au préjudice des autres organes.
B, Atrophie par compression.
La compression peut porter : 1^ directement sur les organes ; 2* sur les vaisseaux et les nerfs qui animent ces organes.
1* Atrophie par oomprestion directe des organes.
Cest par la compression directe sur les organes qu'a lieu l'atrophie de ces organes dans une foule de cas.
Or, les causes de compression agissent sur les organes tantôt du dehors au dedans, ou de la circonférence au centre ; tantôt du dedans au dehors, ou du centre à la circonférence : 1^ du dehors au dedaus ; tel un anévrisme de la crosse de l'aorte qui atrophie tous les tissus qu'il
106 ARATOMIB PATH0L06IQ0B GÉrAaaLB.
rencontre sur son passage, même les os ; 2* du dedans an dehors, telle une tumenr carcinomateuse ou un kyste acéphalocyste développés ou milieu d'un organe , du foie, du rein, du testicule et qui refoulent autour d eux ou sur un des points de leur circonférence la subscance propre de ror{;ane. Or cette atrophie du dedans au dehors peut élre portée à ce point qu'il y ait disparition plus ou moins complète du tissu de Torgane dont il est queUpiefois difficile de reconnaître les vestiges ; si bien qu'on a dû croire que les tumeurs carciuomateuses ou autres étaient toujours formées aux dépens du tissu propre des organes, tandis que constamment elles sont constituées par un dépôt de matière morbide ou sein de leurs tissus, lesquels sont écartés , refoulés à In surftice de la tumeur, atrophiés, remplacés, mais non transformés à proprement parler (1).
Les atrophies par compression directe des organes ont pour dernier terme la disparition complète des tissus sans débris et établissent l'existence d'une absorption aîrophique: mais Tanatomie pathologique nous apprend que les organes que Ton croit complètement disparus ne sont quelquefois qu atrophiés ; si bien qu'ils peuvent reparaître avec tout leur développement lorsque la cause qui les comprimait a cessé d'agir; ce sont des cas de ce
( i) Tontes les fois que les parties comprimées pesTent élnder les casses de compression, elles IVludent ; mais lorsque cette came ne peut être élode'e, il y a atrophie. Ainsi, dans les kystes acépkalocystes du foie, ce B*est que la portion du foie qui répond à la région ia plus superficielle de la tumeur qui subit l'atrophie, encore faut-il que le kyste soit très considérable. L*utcrns est dans le même cas par rapport aux corps fibrenx; mais tel est le mode de TÎtalitë de Tutérus que presque tonjonrs dans ce cas l'atropliie est précédée de Thypertrophie ; souTenI aséose rhypertrophie de Putérus esc persistante.
L'atrophie doit donc être étudiée non seulement sur la totalité des organes, mais encore sur la portion de ces organes qui a été plus spéeiaï l« aiége de It compwwion.
genre qui ont fait admettre la reproduction de certains organes tels que la langue , la verge, etc.
C Dei adhérences comme cause d'atrophie.
A Fatrophie par compression du debors au dedans» on peut rapporter latrophie produite par les adhérences sur les organes à surface libre. C'est certainement en comprimant ces organes» en gênant leur circulation, en restreignant plus ou moins leur activité et leur développement ([uagissent les adhérences morbides sur les organes; ninsi le poumon adhérant par toute sa surface ou par la plus grande partie de »i surface, est nécessairement atrophié, et cette atrophie est proportionnelle à la densité de Tadhérence , à la résistance qu'elle oppose au soulèvement des côtes et par conséquent a lampliation des poumons. Ainsi le Fuie adhérent par du tissu cellulaire serré « et par sa face convexe et par sa face concave, diminue notablement de volume. 11 en est de même de la rate, des ovaires. Le cœur seul n^obéit pas toujours à cette loi; car nous avons vu (voy. la classe des Adhé^ sionSj tome I) qu'il existait un grand nombre de faits qui établissent que les cœurs adhérents au péricarde étaient souvent dilatés et hypertrophiés. D'un autre côté, j'ai vu des cœurs intimement unis à leur péricarde qui étaient notablement atrophiés. C'est par compression qu'agissent les adhérences dans la production de l'atrophie.
Airophie par corrugaiion. A l'atrophie par adhérence doit être rapportée l'atrophie par corrugation. Ainsi, lorsqu'à la suite de pleurésie avec épanchemeut, le poumon est enveloppé par une coque fibreuse qui l'a surpris dans Tétat de ratatinement où l'avait réduit Tépanehement , il est bien difficile que cet organe puisse reprendre son développement antérieur; c'est à peine si l'insufflation la plus forte dans les bronches peut bire éclater çà et là
108 AMATOMlb PATHOLOGIQUE GÊM^UALL.
l'enveloppe résistante qui Tétreint. Gela n est possible que lorsque cette eoveloppe des poumoQS n est encore que pseudo-membraneuse.
ÏjSl corrugation est bien plus complète lorsque le tissu fibreux morbide qui enveloppe lorgane envoie des prolongements dans son épaisseur : quand ce tissu est le siège d*une irritation chronique, il s'épaissit , s'hypertrophie et en s'hypertrophiant, devenu de plus en plus tissu fibreux pathologique , il acquiert une puissance de rétraction incroyable qui a pour effet d'atrophier plus ou moins complètement Torgane par leffet de la constriction qu'il exeix:e sur toute sa surface ; telle est la cirrhose du foie. Je citerai à l'article Atkophie du foie un cas dans lequel le lobe droit du foie avait disparu et n'avait laissé comme vestige qu'une petite masse du volume d'une noix sillonnée k sa surface.
Le cancer airophique^ qui fait disparaître complètement l'organe qu'il envahit » me paraît devoir être placé dans la catégorie des atrophies par corrugation.
I>. Des épaDchemenlt daiii let caTÎtët sëreaiet cooime came d'atrophie.
Ces épanchements ont pour conséquence la oompres* sion des organes et s'opposent à leur développement. C'est pour cette raison que les poumons qui par la nature de leurs fonctions doivent présenter des alternatives de dilatation et de resserrement, sont de tous les organes ceux qui reçoivent la plus ftcheuse atteinte des épanchements dans la cavité séreuse qui les entoure : l'influence de ces épanchements est telle qu elle rend complètement nulle l'expansion pulmonaire , et par conséquent supprime complètement les fonctions du poumon correspondant.
La même influence de la compression , mais à un bien moindre degré» s'observe dans les cas d'hydropisie pèritonéale , sur les viscères abdominaux, mais plus particulièrement sur le foie.
^* Atropliitt par interception directe plui ou noioa complète de la circulation artérielle dans les gros Taisaeaux.
La compression qui porte directement sur les organes eux-mêmes ogît sur Je système capillaire artériel , et par conséquent exerce sur ta circulation et sur la nutrition de ces organes une influence plus directe et plus sûre que si elle agissait sur les gros troncs artériels, en dehors de Torgane.
Voilà pourquoi la ligature du tronc artériel principal d*un membre ne produit pas sur ce membre le degré d'atrophie qu'on pourrait en redouter, la circulation par les collatérales remplaçant plus ou moins complètement celle par le tronc principal.
Voilà pourquoi lart qui, dans un grand nombre de circonstances , serait vivement intéressé à atrophier des organes malades , na pu user de la ligature des gros troncs artériels qu'avec une extrême réserve : les succès qu'il a obtenus par la ligature de la carotide primitive sur les maladies du globe de l'œil, de la face et du crâne tiennent sans doute en grande partie à l'indépendance plus complète de la circulation artérielle dans cette région.
Et cependant , même pour les maladies de la tète, il est d'observation que la ligature de l'artère carotide primitive (lu côté malade ne suffit pas pour atrt)phier les tumeurs correspondantes : ainsi, nous avons vu, à l'occasion de la dilatation variqueuse des artères du cuir chevelu, qu'on avait été obligé de lier successivement les deux carotides primitives pour arrêter le développement de ces tumeurs vasculaires.
il y aurait , je crois , un ti^avail curieux à f:iire sur les organes , relativement i\ la multiplicité ou u l'unité des voies par lesquelles ils reçoivent le sang artériel. Ainsi la nutrition des testicules est confiée i\ tine seule
110 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
artère : or, il est cvklent que si cette artère venait à lui tnanquer, cet orgone tievrait s'atrophier : c'est ce que j'ai observé en 1813 sirr un prisonnier hongrois, dont le cordon testiculaire droit avait été coupé par une balle. Peu après, le testicule correspondant s'atrophia si complète* ment qu'il avait à peine le volume d'un testicule apparte« nant à un enfant non pubère. Ce Fait prouve que l'atrophie du testicule suivrait immédiatement la section ou la ligature de l'artère testiculaire.
Il n'est pas impossible que cette idée soit prise un jour en considération pour la guérison de certaines maladies de ces organes ; de même il est infmiment probable que la ligature des artères thyroïdiennes supéneui*es et inférieures aurait pour conséquence l'atrophie complète des goitres les plus volumineux. Ce serait, je crois, une bien belle page dans Thisloire de l'atrophie que celle de l'atrophie considérée comme moyen thérapeutique.
Si le rétrécissement, l'amoindrissement des vaisseaux artériels d'un organe est pour cet organe une cause puissante d'atrophie, latrophie primitive d'un organe a également pour conséquence une dituinuiiou correspondante dans son système vasculairc ; en sorte (|u'il est difficile dans quel(|ues cas de déterminer si le point de départ de l'atrophie est dans l'organe ou dans ses vaisseaux.
Ainsi, j'ai eu occasion de rencontrer plusieurs fois des rates (1), des reins réduits au dernier degré de l'atrophie. Eh bien , l'artère splénique , dans la portion de cette artère qui est exclusivement affectée à la rate, l'artère rénale étaient devenues filiformes, et même plusieurs des divisions de ces artères étaient oblitérées. En présence de semblables faits, il est bien difficile de détermiaer si l'atropbie de 1 organe est cause ou effet du rétrécissement des artères.
(0 Voy. Clasie d«s BétréeùêtmtnU H okHiéfii^nSf c II, p. tty.
DOUZIÈME CLASSE. 0eS ATROPHIES. 111
Il me parait démontré que l'atrophie de Torgane est tantôt cause et tantôt efFet.
3* Atropbie par interception plat ou moins complète de l'action dei troncs nerveux.
La compression et surtout la solution de continuité de^ nerfs exercent une grande influence sur la nutrition des organes auxquels ils sont destinés : ainsi la rupture du nerf axillaire a pour conséquence Patrophie en même temps que la paralysie du deltoïde. La section du nerf radial a pour conséquence la paralysie immédiate et bientôt après Tatrophie des muscles extenseurs de la main et des doigts \ celle du nerf cubital , latropliie des muscles interosseux et des muscles de Téminence hypothénar. Un fait bien remarquable , cest que la lésion des centres nerveux exerce sur la nutrition des organes une influence beaucoup moins prononcée que la lésion des nerfs propres de ces organes : on conçoit en effet que faction des nerfs propres étant plus directe et plus exclusive, la soustraction de Tinflux nerveux par leur section soit plus complète, plus localisée.
Y a-t-il dans chaque organe des nerfs spéciaux qui président à la nutrition» en un mot des nerfs nutriûrs proprement dits, à fibres grises ou organiques^ décrits par Remakj et qui tantôt seraient exclusivement affectés tantôt 8 ufliecteraient en même temps que les autres filets nerveux auxquels ces nerfs nutritifs seraient associés. Je n'ai qu une chose à répondre , c'est que Tanatomie positive ne les a pas encore démontrés. La section des nerfs céphalo-rachidiens atrophie parfaitement les muscles auxquels ces nerfs se distribuent, et il n'est nullement nécessaire que les nerfs appartenant au grand sympathique , et qui suivent larbre artériei dans tontes ses ramifications, soient intéressés.
112 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉXl^ftALK.
Traitement de l'atroplur.
Il suit de ce qui précède que le traitement général de latrophic doit consister dans la. soustraction des causes qui Font produite, à savoir : 1^ dans Texercice et la stimulation des organes qui en sont le siège , si fatrophie est due au défaut d exercice ou de stimulation; 2* dans la soustraction des causes de compression , qui ont agi soit directement sur les organ^es eux - mêmes, soit sur les vaisseaux et sur les neth qui les animent. Or, le retour de l'organe à son état premier, possible dans Tatrophie simple ou sans altération de tissu , est impossible dans l'atrophie complète , c'est-h-dire dans le cas de disparition complète de Torgane avec ou sans transformation adipeuse.
De l'atrophie comme moyen thérapeutique.
L'atrophie est devenue dans certains cas, entre les mains de Tart, un moyen thérapeutique. Ainsi on a eu ridée d'obtenir la guérison des fistules du canal de Sténon par Tatrophie de la glande parotide correspondante. Anéantissez, disait Desault, la source de la salive, et vous guérirez certainement la fistule salivaire. Le succès a plusieurs fois couronné cette pratique. J ai dit ailleurs que cette compression, qu'on a beaucoup critiquée, devrait réussir, non pas qu'elle s'exerce sur la totalité de la glande, cela est impossible; la partie profonde de Torgane y échappe toujours, mais parce qu'en agissant sur la partie superficielle elle retenait la salive dans toutes les racines du canal de Sténon. Or, ou ss rappelle que j'ai cru pouvoir établir en loi ce fuit général (1), i\ savoir : ^/ue tonte intention
(i) T. H, p. t3<) de cet otivra(te {i\M%%t àe% HéîréclnemenU eiohiiU^ r«(îoNf).
DOUZIÈME CLASSE. DES ATfiOPIUF.S. 115
compiète d'un liquide séO'éle a pour conséquence nécessaire , iïabord une diminution notable , puis une suppression de sécrétion. J*ajoute : et Y atrophie de la glande^ par suiie de la compression exercée sur les grains glanduleux , par le liquide retenu. Je pense donc que cette méthode de guérir les fistules salivaii^es du canal de Sténon par latrophie de la glande parotide, ou plutôt par la rétention complète du liquide sali vaire> n'est pas encore définitivement jugée. Ce serait une bien belle page à ajouter à Thistoire de 1 atrophie que celle qui étudierait l'atrophie comme moyen thérapeutique. Ce moyen est mis en usage par la nature dans quelques cas particuliers. Ainsi Tatrophie du rein est la conséquence d'une rétention complète d'urine dans Turetère et met fin aux accidents.
L atrophie par compression directe peut-elle être employée comme moyen thérapeutique contre les tissus morbides? Qui na entendu parler des succès qu'obtenait Desault dans le cas de rétrécissement organique du rectum par la compression exercée sur les parois indurées k laide de mèches dont il augmentait graduellement le volume? ce succès, ou plutôt le soulagement obtenu était tel que ce grand chirurgien , à qui il n a manqué que d'être plus versé dans Tanatomie pathologique, allait jusqu^à croire qu'il guérissait par la compression les cancers da rectum. Non, certainement, il ne guérissait pas les cancers du rectum, mais il remédiait à un de leurs effets les plus graves, à la rétention des matières par le rétré» dssementde rintestin. Certes, si la chirurgie, en ouvrant 1 estomac par une opération habile (1), analogue à celle que
(i) M. Bernard, qat a pris un rang si discîn{;aé parmi \ei phyètologistes ■Mdernety ouvre rettomac des chiens avec la plas grande facilité en accro- «^at rëpiploon,à Taide daqnd il attire Testomac en deLora. Cela se fait presque sans difficnlt^ at sans danger de péritonite. Cest de cette manière que M. Qoevenne, pharmacien en chef de Thôpiial de la Ch^iritc, a pu faire des rxpérienees sur le sac {rastriqne en inlroduivanl et laissant à deaimre une canule dans la catit^ de l'est omac,