ANALOGUES
On doit entendre! "par métamorphoses organiques analogues, en anatomie pathologique, une lésion de nutrition caractérisée par la transformation d'un tissu en un autre tissu analogue de Féconomie ; T par productions organiques analogues y le développement, la génération au sein de nos organes dont ils sont d'ailleurs parfaitement distincts, de tissus analogues aux tissus normaux, et ne recevant de Torgane aux dépens duquel ils sont développés que les moyens de nutrition.
Ainsi dans les métamorphoses proprement dites, il y a transformation ou substitution morbide d'un tissu à un autre tissu. Dans les productions, il y a formation nouvelle d'un tissu analogue parasitaire, et cette formation se fait suivant deux modes : 1° tantôt par une sorte de végétation pcdiculée, de bourgeonnement à la manière des polypes qui en sont le type (productions parasitaires pédiculécs , polypiformes, ou par implantation); 2" tantôt pardéveloppementinterstitiel,par une espèce d'enchaton-
(i) L'étude des métamorphoses pliysiologiques nous conduit pour ainsi dire pas à pas vers celle des métamorphoses pathologiques.
nementsans connexions autres que par le tissu cellulaire et des vaisseaux avec les organes au sein desquels ils sont développés. Il y a là un organe nouveau, indépendant, parasitaire, vivant d'une vie propre (productions parasitaires enchatonnées, kystes, corps fibreux).
La limite entre la métamorphose proprement dite et la production organique est souvent difficile à établir ; aussi ai-je bien vite renoncé à Fidée que j'avais eue d'abord de faire des métamorphoses et des productions organiques deux classes distinctes.
Les limites entre les métamorphoses et productions analogues [métaniojyhoses et productions liomœomor plies) et les métamorphoses et productions hétérologues {métamorphoses et productions hétéromorp/ies), sont parfaitement tranchées. Les premières sont en quelque sorte la copie fidèle des tissus normaux; les secondes peuvent être résumées dans la grande classe des lésions carcinomateuses.
Cette distinction importante n'avait pas échappé aux premiers observateurs qui, au commencement de ce siècle, avaient cherché à systématiser l'anatomie pathologique; on peut même la considérer comme le premier elfort intelhgent qui ait été fait pour arriver à une classification méthodique des lésions morbides, et, sous ce rapport, elle fait époque dans fliistoire de la science (1).
(i) Aussi bien cette distinction lumineuse, qui paraît s'être présentée simultanément à l'esprit de plusieurs observateurs, a-t-elie été l'objet de nombreuses réclamations relatives à la question de priorité; elle a été parfaitement exposée parLaennec (^Journal de Corvisart, Leroux etBoyer), dans un excellent article sur les tissus accidentels. Suivant Laeunec, les tissus accidentels se divisent en deux sections : dans la première se rangent les tissus accidentels qui ont des analogues parmi les tissus naturels de l'économie animale; dans la deuxième, ceux qui nen ont point et qui n'existent jamais que par suite d'un état morhifique.
Dans la première section, Laennec range les ossifications, les tissus fibreux, fibro -cartilagineux, cartilagineux, celluleux, cornés, les poils
Lois et limites des métamorphoses et productions de tissus analogues. L'importance de l'étude des métamorphoses et des productions de tissu analogues ne saurait être contestée, et c'est le sentiment de cette importance qui m'a inspiré le désir d'en faire le sujet de ma thèse et de mon premier ouvrage (1).
Toutefois ces métamorphoses et productions sont restreintes dans des limites beaucoup plus étroites qu'on ne le croirait au premier abord : or, pour bien apprécier ces limites, il est nécessaire de diviser les tissus de l'économie vivante en deux catégories parfaitement distinctes : 1° le tissu cellulaire et ses dérivés (tissus fibreux , cartilagineux, osseux), tissu général ou générateur, tissu qui sert de gangue ou de trame, de charpente à tous les tissus, à tous les organes; 2° les tissus spéciaux qui remplissent, dans l'économie, des fonctions spéciales: tissu musculaire, tissu nerveux, tissu glanduleux.
Or, les tissus spéciaux peuvent être considérés comme la puissance la plus élevée de l'organisation; ils remplissent dans l'économie des fonctions spéciales lelatives à
accidentels, les membranes séreuses accidentelles découvertes parBichat dans quelques tumeurs enkystées; les membranes muqueuses dont l'existence dans les trajets Hstuleux a été découverte par Hunteret que Laennec dit avoir rencontrées également dans des kystes; l'émail accidentel qui se forme sur les surfaces articulaires, à la suite de certaines maladies des articulations et les membranes synoviales que Ton trouve dans les articulations accidentelles.
Jusque-là, tout cela est parfaitement bien; mais on ne peut suivre Laennec lorsqu'il dit que tous les tissus qui^ dans l'état sain^ composent le corps humain (si l'on en excepte cependant le [)arencliyme de quelques viscères), peuvent être produits par suite d'un état morbifique, et que des vaisseaux artériels (non), des vaisseaux veineux (oui), lymphatiques (plus que douteux), et peut-être des nerfs (non), se développent dans certaines tumeurs accidentelles.
Les tissus accidentels sans analo{jue dans r('conomie sont, suivant Laennec, le tubercule, le squirrhe^ XencépUaloide, la viélanose.
(i) Essai sur Canatomie pathologique'^ en général et sur les transformations en productions organiques en particulier (Paris, 1816),
leur structure et à leur vitalité. Le tissu cellulaire et ses dérivés ne remplissent au contraire, dans réconomie, que des usages relatifs à leurs propriétés physiques et particulièrement à leur résistance ; ils peuvent être considérés comme appartenant à une puissance beaucoup moins élevée dans l'organisation.
Or, si dans les métamorphoses physiologiques de nos tissus, on voit les tissus spéciaux partir d'une gangue celluleuse pour s'élever dans Féchelle organique des tissus, dans les métamorphoses pathologiques, au contraire, non seulement les tissus inférieurs dans l'ordre de la vitalité ne peuvent jamais s'élever à une puissance supérieure d'organisation, mais encore les tissus élevés descendent toujours à des puissances inférieures ; et une fois que les tissus supérieurs ont subi une métamorphose, ils sont déchus à tout jamais de leurs prérogatives d'organisation, ils ne peuvent pas revenir à leur état premier.
Ainsi jamais les tissus cellulaire, fibreux, cartilagineux, osseux ne se transforment en tissus spéciaux, à savoir : en tissu musculaire, nerveux ou glanduleux, tandis que les tissus musculaire, nerveux ou glanduleux se transforment souvent en tissus cellulaire, fibreux, cartilagineux, osseux.
Cette loi, en vertu de laquelle les tissus élevés clans forg anisrne peuvent descendre à un degré inférieur d^ organisation^ tandis que les tissus inférieurs ne peuvent pas s'élever à un degré supérieur, s'applique même aux dérivés du tissu cellulaire; ainsi le tissu osseux qui est plus élevé dans l'organisation que les tissus cartilagineux, fibreux, cellulaire, ne se transforme jamais en ces tissus, de même que le tissu cartilagineux ne se transforme jamais en tissu fibreux :1e tissu fibreux lui-même ne se transforme que très rarement en tissu cellulaire (1).
(i) N'est-ce pas une chose remarquable que de voir les tissus qu'on a