‹ Traité d'anatomie pathologique générale (volume 5)Chapitre 14 sur 38 · DEUXIÈME SOUS-CLASSE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SOUS-CLASSE

Des métamorphoses et des productions enkystées.

On entend par kystes (xucjt«ç, vessie), des cavités closes accidentelles, ou j)oches sans ouverture, remplies d'une matière liquide, molle ou solide.

La distinction que j'ai j)roposée dans mon premier ouvrage (1), entre les kystes préexistanis à la matière qu'ils contiennent [kystes priniiiif s) et les kystes non préexisiants [kystes consécutifs on adventifs) formés autour des corj)S étrangers fujuides ou solides, me jiaraît devoir être conservée comme la meilleure base d'une classification ^'énérale de ces productions morbides.

(i) lùmi sur l'anal, patliol.^ i8i6, t. I , p. aoa. Celte distinction a d'ailleurs été (i;ént'ralerneni adoptée.

Or, les kystes pre'existants se divisent en deux catégories : V en ceux qui ne sont autre chose que le développement de poches ou de cavités closes , normales ; 2° en ceux qui sont formés de tontes pièces aux dépens du tissu cellulaire, et qui constituent des productions nouvelles.

Je dirai, par anticipation, qu'à mesure que l'anatomie pathologique fait des progrès, le nombre des kystes qui reconnaissent pour siège des cavités closes préexistantes tend sans cesse à augmenter, et celui des kystes formés de toutes pièces sans cesse à se restreindre.

Je me garderai bien de dire que tous les kystes sans exception reconnaissent pour point de départ une cavité close naturelle ; comme s'il nous était donné d'imposer à la puissance de la nature les limites de nos distinctions systématiques. Nous verrons plus tard, à l'occasion des kystes vésiculaires et aréolaires de l'ovaire, des myriades de kystes se produire de toutes pièces au sein de ce petit organe. Que peuvent les follicules de Graaf pour cette création? Avec un peu de tissu cellulaire la nature peut produire toutes les lésions.

Tout kyste offre à considérer : l*' une poche; 2° une matière contenue. L'une et l'autre présentent des différences assez nombreuses; mais quelque importantes que soient ces différences, elles ne sauraient servir de base qu'à des divisions secondaires (1) et doivent céder le pas à la question de siège.

Les productions enkystées se présentent presque toujours isolément, c'est-à-dire indépendamment de toute autre lésion; mais il n'est pas rare de les voir s'associer à

(i) Je disais dans une note de mon premier ouvrage (livr. I, p. 3o5), au sujet de la classification des kystes fondée sur la matière contenue : " Je sens combien la division des kystes fondée sur la nature de la » matière qu'ils contiennent est peu philosophique, cette tnntière présen- » tant mille variëte's. Je l'ai cependant adoptée faute de mieux, »

d'autres lésions. Ainsi on les observe assez souvent dans les affections cancéreuses.

Les productions kysteuses constituent une classe très importante de lésions qui doivent entrer en ligne de compte toutes les fois qu'il est question de la détermination d'une tumeur.

Cela posé, je vais étudier successivement dans un premier genre les kystes préexistants , et dans un deuxième genre les kystes non préexistants.

PREMIER GENRE

Kystes formés par le développement d'une cavité normale préexistante.

On peut diviser les kystes préexistants en six espèces fondées sur leur siège :

Première espèce : Kystes follicideux sébacés ou cutanés.

Deuxième espèce : Kystes folliculeux mu queux.

Troisième espèce : Kystes glanduleux.

Quatrième espèce : Kystes ovariques.

Cinquième espèce : Kystes synoviaux.

J'ajouterai une sixième espèce encore peu étudiée , sous le titre de kystes vasculaires , c'est-à-dire de kystes formés aux dépens des vaisseaux.

i'® ESPÈCE. Kystes folliculeux sébacés ou cutanés.

Les kystes folliculeux sébacés ou cutanés (vulgairement tannes ou loupes) sont formés par la létention de la matière sébacée de la peau dans les follicules qui la sécrètent (1).

La formation de ces kystes suppose en général Tocclusion de l'orifice folliculaire. Cependant j'ai eu occasion de voir un certain nombre de kystes sébacés dont l'orifice n'était pas complètement oblitéré. Je dirai même que j'ai rencontré quelques cas dans lesquels l'orifice, largement

(i; Vacne sebaceu y si bien décrite par M. Alphée Cazenave , n'est qu'une variété des kystes sébacés. — Voyez son Traité des maladies du cuir chevelu y Paris, i85o, p. 3oo et suiv.

ouvert , était obturé par un corps dur qui n'était autre chose que la matière sébacée solidifiée. Dans le plus grand nombre des kystes sébacés, même dans ceux qui sont parfaitement clos, il m'a été possible de reconnaître le vestige de Torifice folliculaire à une légère dépression.

L'anatomie pathologique des kystes folliculeux sébacés comprend : 1^ l'étude de leur siège ; 2° celle de la matière contenue ; 3° celle de la poche ou cavité close qui la circonscrit de toutes parts.

Siège des kystes folliculeux sébacés. Les kystes sébacés peuvent se développer sur tous les points de la surface du corps, puisque partout la peau est pourvue de follicules ; la paume des mains et la plante des pieds sont peut-être les seules régions du corps où ces kystes n'aient pas été observés : or, ce sont précisément les seules régions du corps dans lesquelles l'anatomie normale n'ait pas démontré de follicules sébacés.

C'est le cuir chevelu qui est en quelque sorte le siège de prédilection des kystes sébacés, sans doute à cause du grand développement et de la grande activité des follicules sébacés et pileux de cette région , peut-être aussi à raison des pressions diverses auxquelles elle est exposée.

Ordinairement solitaires, les kystes sébacés ne sont multiples qu'au cuir chevelu. Ainsi, j'ai vu un individu qui portait dans cette région douze kystes d'inégal volume, depuis celui d'un noyau de cerise et même d'un petit tubercule dur , lenticulaire , jusqu'à celui d'une grosse orange. Il n'est pas rare de voir quatre ou cinq kystes d'inégal volume juxtaposés (1). J'ai observé un très gros kyste sébacé à la région snrcilière. J'en ai vu fréquemment à la région postérieure du tronc et à la mamelle; une seule fois au front.

(i) La disposition aux kystes sébacés du cnir dieveln serait-elle héréditaire? J'ai connu trois générations qui ont été affectées de ces kystes.

Rien de plus fréquent que les kystes sébacés du bord libre et de la face externe des paupières, petits kystes du volume d'un grain de miliet , d'où le nom de millum palpébral , qui leur a été donné par les ophthalmologisies (1).

J'ai vu un kyste sébacé volumineux situé à l'angle de la mâchoire inférieure. Ce kyste aurait pu être pris pour un ganglion lymphatique, si l'on n'avait pas tenu compte de son adhérence à la peau. On évitera toujours cette erreur, si l'on considère que ce n'est que consécutivement que les ganglions lymphatiques sous-cutanés deviennent adhérents à la peau, tandis que les kystes sébacés sont des annexes de la peau, à laquelle ils adhèrent toujours, au moins par une partie de leur surface.

Les kystes sébacés ont été observés jusque sur le prépuce. En voici un exemple (2) :

Sur la verfife d'un cadavre on trouva une tumeur qui avait la forme et le volume d'un petit œuf de poule : la peau ayant été incisée, on vit un kyste formé dans le tissu cellulaire lâche qui se trouve entre les membranes cutanée et muqueuse du prépuce. La matière contenue, qui était solide , put s'enlever en masse. Elle était recouverte par une couche blanche et grasse qui avait l'odeur de l'humeur sébacée que fournissent les follicules du gland. Au-dessous de cette couche, qui avait une demiligne d'épaisseur, se trouvait une matière jaune , formant la totalité de la tumeur, assez friable pour pouvoir être rompue au moindre effort. Son intérieur offrait une

(i) Je signalerai un petit {jroupe de kystes miliaires palpebraux, que j'ai observé très fréquemment cliez les personnes avancées en âge, et qui me paraît appartenir à l'état physiologique. Il se présente sous l'aspect d'une petite tumeur ohlonguc , jaunâtre, occupant le quart interne du bord adhérent de la paupière supérieure , immédiatement au-dessous du rebord de l'orinte.

(2) Notice sur une tumeur adipocireuse ( Bulletin de VÉcole et de la Société de médecine^ année 1808, pajje 3o).

multitude de lames brillantes. Il est infiniment probable que ce kyste avait son siège non dans un follicule sébacé de la peau , mais dans un de ceux du feuillet mi-cutané, mi - muqueux , qui constitue la membrane interne du prépuce.

J'ai été consulté pour un kyste sébacé qui occupait l'extrémité antérieure de la grande lèvre du côté gauche : Forifice du follicule était resté ouvert, si bien que la malade comprimait de temps en temps la tumeur lorsqu'elle l'incommodait par son volume, et en exprimait une matière sébacée.

Les kystes sébacés sont une dépendance de la peau comme les follicules sébacés aux dépens desquels ils sont formés ; de même que ces follicules , ils sont situés non dans l'épaisseur du derme cutané , mais immédiatement au-dessous de la peau , ([u'ils soulèvent et qui leur forme une enveloppe dont la ténuité est en raison directe de leur volume. Cette ténuité atrophi([ue de la peau par distension est surtout remarquable au cuir chevelu. La calvitie de toute la portion du cuir chevelu que s'est appropriée la tumeur est la conséquence inévitable de l'atrophie des follicules pileux.

Un certain nombre de kystes folliculeux restent stationnaires^ mais le plus grand nombre augmente progressivement de volume : arrive un moment où ils s'échauffent, s'enflamment, suppurent, s'ouvrent spontanément et se vident plus ou moins complètement; d'où des fistules folliculeuses cutanées qui persistent jusqu'à ce que la poche, entièrement vidée, devienne le siège d'une inflammation adlîésive.

Cela posé sur le siège des kystes sébacés , étudions maintenant : 1" la matière contenue , 2° là. poche ou cavité close qui la circonscrit de toutes parts.

1° Matière contenue. La matière contenue dans les kystes sébacés n'est autre chose que le produit de sécrétion

336 ANATOMIE PATHOLOGIQUR GÉNÉRALE.

plus OU moins altéré des follicules aux dépens desquels ces kystes sont formés. Le vice de la division des tumeurs enkystées d'après les caractères de la matière contenue se révèle ici dans tout son jour; car on voit la même espèce de kystes présenter dans cette matière contenue des différences très nombreuses que les trois expressions uniquement fondées sur la consistance et sur les caractères physiques de cette matière , à savoir : de kystes wélicéricjf lies {semh\iih\es à du miel), kystes athéromateux (semblables à de la bouillie) , et kystes sléatomateux (semblables à du suif)(l), ne suffisent nullement pour caractériser.

Cependant ce sont peut-être les différences que présente la matière contenue dans ces kystes , laquelle s'offre quelquefois sous Taspect d'une masse jaune friable ayant quelque analogie avec la fibrine dépouillée de sa matière colorante et altérée, qui ont fait admettre que ces tumeurs, ou du moins qu'un certain nombre d'entre elles avaient pour point de départ un épanchement de sang. Mais la marche de ces kystes , qui se présentent d'abord sous l'aspect d'un petit noyau très dur, lequel se ramollit à mesure qu'il se développe ; leur multiplicité, les caractères physiques et surtout chimiques de la matière contenue, où l'on trouve constamment beaucoup de matière grasse , me paraissent en opposition formelle avec cette théorie.

Il est extrêmement rare de voir les kystes sébacés contenir une matière huileuse. Dans les deux cas de ce genre que j'ai rapportés ailleurs (2), la maiière huileuse

(i) L'anatomie |)atlioIoj»i(|ue repousse d'ailleurs formellement toule espèce d'affinité enire les kystes stéalomateux et les adipômes,

(?.) Easai sur l'anatomie patltoloyique^ t. I, j). 3o3. Voici ees deux observations :

i" Gilbert (Joseph), vin{i;t-cinq ans, portait un kyste sébacé au dessus <le hi (M)mrnissure exierne des paupières. Dupuytren fait une incision à \:i peau qui \v. recouvre. Le kyste est entamé, il s'c'coule une matière huileuse nui tache le linfje à la manièie de l'huile et ne se nK'Oe p;is avec

TRI'IZIKME Cr.ASSi:. DES MÉ PAMORPHOSES. S.")?

clall accompa(jnée trune matière nacrée analo^jue au inica (cliolestérine).

La matière contenue est (juelquefois solide et disposée en couches concentri(jues parfaitement régulières, mais d'une inégale consistance. La partie centrate est la moins compacte et presque toujours très odorante. Tel était un kyste sébacé du volume d'une (jrosse orange, (jue j'ai observé à Faine d'une vieille femme. La peau, très amincie, était ulcérée à sa surface, en sorte que dans un examen superficiel on avait pu croire à l'existence d'un cancer ganglionnnaire ulcéré.

Il est des kystes sébacés du cuir clievelu, ou de toute autre région, qui restent stationnaires ; ce sont les kystes durs. On rencontre quelquefois un grand nombre de kvstes très durs, juxtaposés de manière à simuler une tumeur unicjue divisée en lobules. Voici un cas de ce genre :

Sur un cadavre, je rencontrai au cuir chevelu : 1° une tumeur bosselée, peu proéminente, lobuleuse; 2" deux petites tumeurs isolées. La peau qui recouvrait ces petites tumeurs était très amincie et complètement dépourvue de poils.

La tumeur lobuleuse présentait une croûte épaisse au niveau d'une de ses bosselures. En voidaut détacher

le snn{^. On ogrnndit l'ouvci tnro, la niatu-ro liiilleu.se entr;!Îiie des ilorotii? Marschâtres , d'apparence nacrée, très analogues à des paillettes d'adipncire. On excise la plus j'^ranfle partie du kvste : le reste adlu'rait à l'os frontal, ce qui empêcha de l'enlever.

a" Un enfant, a(^é de trois ans, avait un kyste situé à la paupière supérieure, près l'anjjle externe. Dupuyiren incise la peau, suivant la direction des libres du muscle orl)iculaire des paupières. Le kyste, attiré avec des pinces po'.ir l'isoler des parties voisines, se déchire ; la matière qu'il contenait avait tous les caractères du beurre, l'aspect, la consistance, le goût même (a). Elle était immiscible à l'eau et tachait le linge comme l'aurait fait du beune. L'examen attentif des parois du kyste fit voir qu il naissait do sa surface interne des poils blanchâtres^ lonjs de (jualaucs li'jncs et en a^sez grande quatitité.

{a) Ce fut Diipiiylion liii-mêin" rjni j^onla ce lif|iJiclf.

558 ANATOMIK PATHOLOGK^LE GfcNÉEALF.

cette croûte, j'attirai au dehors une concrétion très dure, qui remplissait la poche correspondante.

Une incision cruciale superficielle ayant été faite sur la tumeur, la peau très adhérente et très ténue qui la jecouvrait fut d'une dissection difficile. Je vis alors que (^ette tumeur lohuleuse était constituée par sept ou huit petits kvstes juxtaposés indépendants les uns des autres; ces kystes ayant été ouverts, j'en fis sortir par la pression autant de petites masses très dures , contenues dans des cellules juxtaposées analogues à celles d'une ruche à miel. La matière contenue avait la consistance non du suif, mais d'une cire très consistante que je ne pus écraser sous le doigt par une forte pression ; coupée par le milieu, cette matière offrait à son centre un aspect grumeleux , indice d'une altération commençante. Les couches les plus extérieures étaient disposées en couches concentriques superposées, dont les plus suj)erficielles , deux au moins avaient l'aspect de l'épiderme, à tel point qu'il eût été impossihie de ne pas s'y méprendre. {Observation recueillie e/i 1 8 1 3 .)

L'analyse chimique laite par M.Thenard de la matière contenue du kyste prépuiial dont j'ai parlé plus haut a donné sur 100 parties , 60 parties d'eau, 2/i de matière grasse et 16 d'une matière aihumiueuse. Cette matière grasse n'était autre chose que la cholestérine.

Il n'est peut-être pas un seul kyste séhacé dans lequel on ne rencontre une quantité plus ou moins considérable de cholestérine reconnaissable à l'œil nu, sous la forme de points, de lames micacées. Ou pourrait donc appeler, avec M. Fiobert , choléstédiomes les kystes sébacés dans lesquels la cholestérine domine.

Kysfc sébacé de la mamelle. Le contenu du kyste sébacé u)ammaire dont je vais donner la description présente quehpies particularités dignes d'intérêt.

Je fus consulté par une jeune dame âgée de vingt-six ans, pour ce qu'elle appelait une glande au sein. C'était

une tumeur du volume d'un petit œuf de pigeon divisée en deux parties : l'une, sous-cutanée, sur laquelle la peau était mobile; Tautre, cutanée, qui adhérait intimement à la peau amincie en formant une bosselure très proéminente. Au milieu de cette bosselure se voyait un point déprimé noir, vestige de Torifice du follicule malade. La tumeur présentait d'autres bosselures légères.

C'était un kyste sébacé de la mamelle; la glande mammaire était d'ailleurs parfaitement saine. La malade désirant ardemment s'en débarrasser, l'extirpation fut habilement pratiquée par M. Maisonneuve (1).

La coupe de la portion non adhérente de la tumeur est d'un blanc jaunâtre ; elle est composéede plusieurs couches dont la plus externe est la plus dense. La portion adhérente de la tumeur était remplie d'une matière semblable à de la gelée parfaitement transparente. Une autre masse gélatineuse s'observaitaussi surun autre point de la tumeur. Le kyste proprement dit était d'une ténuité excessive (2),

Je rappellerai, à loccasion du point déprimé et noir que j'ai observé dans ce cas, que le plus ordinairement on peut reconnaître à la suriace du kyste sébacé le point qui correspond à Torifice du follicule. Ce point déprimé est le seul qui soit primitivement adhérent au kysle. On rend la dépression plus sensible par une pression latérale exercée de cha([ue côté du kyste.

iJohservation microscopique a démontré que tous les kystes sébacés contenaient une assez grande quantité d'épithélium, ou cellules épithéliales mêlées à de la matière

(i) La tumeur ayant été rotnprimée Je chaque côté entre deux (]oi{its, la peau qui la recouvre est incisée, et incontinent la tumeur s'échappe sans dissection, par le seul fait de la pression latérale, comme un noyau de prune entre les doi<',ts.

(2) Il est curieux do. rajiprocîier ce fait oi)servé en i8j2 , d'un autre kyste sébacé mammaire que j'ai étudié en i8i3. Sur le cadavre d'une femme, je vis à coté du rîKii»»eloii une tumeur aplatie que je reconnus pour un kyste. La j)eau et le kyste ayant été incisés crucialement, je relirai de la poche urif mnsse d'une Itlancheur éclatanie. Celle ma.ss^

5/l0 ANATOMIF. PATHOr.OGlOfjF. GKNtHALF.

grasse 5 épiihéliiim (1) cjui tapisse normalement la sutface interne du lollicule : la matière parasse constitue la partie la plus considérable de la matière contenue. Il n'est pas rare de trouver au milieu de cette matière grasse àes concrétions crétacées tantôt sous forme de sables ou de graviers, tantôt constituant une masse considérable plus ou moins ira^jile, cpielcpiefois lanielleuse. D'après M.G.Simon (de Berlin), l'acarus foliiculaire se rencontrerait également dans lintérieur des kystes sébacés dont sa présence favoriserait beaucoup le développement.

Kystes sébacés pileux. Je crois devoir faire une espèce particulière des kystes sébacés aux parois desquels sont attachés un nombre plus ou moins considérable de poils, et je ferai remarquer qu'un certain nombre d'observations recueillies sur ce genre de kystes appartiennent à la paupière supérieure ou au voisinage de cette pau- ])ière.

J'ai rapporté plus haut un cas de kyste huileux, ou plutôt semblable à du beurre fondu, dont les parois présentaient des poils blanchâtres, longs de quehjues lignes, en assez grande quantité. Pitet lut devant l'ancienne Société anaiomique un cas analogue, /ethermann (2) a trouvé une toufle de poils dans un kyste qu'il a extirpé de la paupière supérieure.

En 1817 (j'habitais alors Limoges), on me conduisit de Chabannais une petite fille âgée de neuf ou dix ans, qui j)résenlait à la partie moyenne du nez une croûte du vo-

t't.nl consiiluée par plusieurs couches. La première (Oiiclie <;tnil l»lanclie à la manière du hiaiic d'a'uf eo.T/Tulè, mais Ix-aneonp plus ré,>istan(e. Auilessous eriil une couche nacrée à la manière du rniia (cvidcmuienl refait de; la cholcslérine), se déchirant avec lacililé. Sous elles élaieiit plusiciiis ( oiiclies lamcllenses l'/arfaitcmcnt distinctes, et enliu au centie une matière; i)iunât e, d'une odeut^fétidc désayicahle. (^uani au kyste proprement dit, il cta t cellidaire, très mince et se co;ifondait en ([uelrjue sorte par sa face externe avec le tis-ti cellulaiie an)!)iant.

(l) Voyez Bull f lin de l .Icadcmiv de vicdrriiic. i'aris, i84'[, t- ^^i P» • '• ['}.) /iapporl sur let (raratix dr l,t Société ir <',iir<tl(' de Siicdc , j)ar l)enianoeoiK t S i o.

Tl\E\Z\iLMi: CLASSK. DKS MÉ lAMOlU'HObliS. otl\

hune d'une e[)in('jle à friser. J'enlève cette croule, j'introduis un stylet dans la petite ouverture qu'elle remplissait, et je suis tout étonné de voir qne le stylet s'enionce de bas en haut à la protondeur d'un pouce et demi en se diri^jeant d'abord sous la peau , ensuite profondément dans l'épaisseur des os du crâne. Le stylet retiré, j'exerçai sur le trajet fjsluleux une compression de haut en bas , et je fis sortir plusieurs poils noirs de 5 à G li[jnes de long; et comme je manifestais mon étonnement, les parents me dirent rpie plusieurs fois il était sorti spontanément une bien plus (grande quantité de poils. Il n'existait d'ailleurs aucune couununication entre le trajet fistuleux et les fosses nasales. Je conseillai de pratiquer des injections iiritantes pour enflammer les parois du kyste, me proposant, dans le cas d insuccès, d'inciser toute la portion sous-cutanée du trajet fistuleux. Je n'ai plus revu la malade.

M. Delille (de Montpellier) dit avoir vu au milieu de la madère contenue dans un kyste sébacé une multitude de poils faciles à déchirer (1 ).

Doit -on rapporter aux follicules sébacés un kyste pileux et graisseux qui a été présenté à la Société anatomique, en mars iSM , par M. Giraldès?

Ce kyste, qu'il avait extirpé chez un homme, était situé au-devant de la partie movenne de la glande thyroïde (2), eiUre la peau et les muscles, et n'avait contracté aucune adhérence ni avec la peau ni avec les parties subjacentes. ('e kvste contenait une matière rjrasse de la consistance de Taxonge et quelques poils blancs dont un certain nombre était adhérent.

Cette tumeur était-elle formée aux dépens des follicules

(i) Bullatin de l Académie de médecine, Paris, iH44) ^* ^i V' ' '• (a) Celse ( liv. Vif , c. vi ) avait noté (ju'ou trouvait dans les tumeurs enkystées tantôt des poils, tantôt des os. Il ajoute (c. xiii) qu'entre la peau et la traclioe se développaient souvent des tumeurs enkystées, que les Grecs nomment broncliocèle^ qui coniienncnt une matière sendjiahie n du miel, de l'eau et quelquefois même des poils uiclcs ù de petits os. Iidcrdiiin cfiani miitnûs fissibii-: jùli inniitAli.

3 42 ANATOMIE PATHOLO(;iQUE GEPvÉHALE.

cutanés pileux? C'était là ro{Dinioïi de M. Giraldès. Mais considérant que ce kyste était sans adhérence avec la peau ; considérant d ailleurs la multitude de poils qui naissaient de la surlace interne , il m'a paru plus raisonnable d'admettre qu'il y avait production d'une peau nouvelle, à moins qu'on ne considère ce kyste pileux comme les débris d'un fœtus inclus , hypothèse qu'on pourrait jusqu'à un certain point soutenir, vu l'analogie qui existe entre ce kyste et certains kystes pileux de l'ovaire.

Du reste, les poils adhérents, que j'ai examinés avec soin, étaient très roides, lon(>s de 5 à 6 pouces; et la portion des parois du kyste à laquelle ils adhéraient m'a paru présenter les caractères d une peau très iine tapissée par un épidémie d'une extrême ténuité. Ces poils jorésentaieut ce caractère qu'ds étaient blancs, très blancs, à la manière (le ceux du vieillard, il est permis de se demander si ces poils avaient été primitivement noirs.

Tout lécemment (1), M. Duiour a montré à la Société anatoinique un kyste j)ileux qu'il avait extirpé au-dessus du sourcil droit. L'instiument pénétra du premier coup dans le kvste, d'où il sortit une matière sébacée. Le kyste fut ensuite extirpé.

De sa surface inteine , qui est taj^issée par un épiderme bien distinct, naît une multitude de poils blancs et courts tellement adhérents , (ju'ils se brisent lors(]u'on veut les arracher. A lœil nu et à la loupe, il est imposbible de déterminer la présence de ibilicules pileux dont l'existence cependant ne saurait être contestée. M. Dufour croit (jue la tumeur était subjacente au mUvScle frontal (2).

(i) 5 novembre i853»

(2) J'ai peine à le croire. M. iJulour se lunde sur ce «ju en exiirpaut le kvble, l'os Iroiil.il lui a |).iru à nu; n»;iis un kyste du volume dune petite noix, développé sous la peau, [>eut l)ien atrophier le muscle Frontal. ^Nou-* ^vous vu plus haut que des kptes séh.uéa ilu cuir « lu v<1m drprimaient »:i fiirr- ,«if ni |)ai n-ri Ip> m- du rirjiic.

Je terminerai l'étude des kystes pileux sous-culanés par deux observations curieuses qui peignent bien Vépoque à laquelle elles ont été recueillies.

Maurice Hoffmann {Miscell. cur., déc. ir, an. V) l'ut consulté par un malade âgé de vingt-qualre ans, auquel un chirurgien venait d'ouvrir une tumeur située au-dessus de Toreille droite. Cette tumeur, qui avait mis deux ans à se développer, contenait une matière analogue à du miel [melkéris) et une mèche de cheveux plus noirs que ceux de la tête. Cette mèche naissait de la partie de la poche qui était appliquée à Tos temporal. Le malade et tous les assistants criaient au sortilège, lorsque Hoffmann leuj' montra que la formation de ces cheveux était très naturelle et due à des bulbes ovoïdes dans lesquels ils étaient implantés par une de leurs extrémités : Piloruni oriuui monstravi naturalem esse ex bu/bis fiuibusdam radicdlibus sive rotundis oc mucosis capitulis ova/i sno inuohicro itnplantatis.

On trouve dans le même recueil (déc. it, an. VIH, 1689), sons le nom de plifjue sous-cutanée , l'observation d'une tumeur située à côié de l'oreille , molle , indolente , ayant acquis peu à peu le volume d'un œuf" de poule. Cette tumeur s'ouvrit spontanément et donna naissance à de la sérosité et à des cheveux contournés sur eux-mêmes, de couleur, de longueur et d'épaisseur différentes. Le médecin ordinaire accuse la magie et envoie chercher Gerbezius. Celui-ci, considérant, d'une part, (pje la tumeur est venue lentement et s'est accrue sans douleur, et que d'ailleurs il existe de l'autre côté une piique polonaise, pense (jue les poils iiayani pu traverser la peau trop épaisse^ avaient pris leur accroissement au dedans et formé une piique sous-cutanée.

Comment se rendre compte des kystes pileux souscutanés? Dirons-nous, avec Tison , (jue la matière grasse au milieu de laquelle se tiouvent j)res(pje toujours les poils concotnt beanronp \\ Ictir foi rnùiion, t-i même rniik-

otih ANATOiMlt PATHOLOGIQUE GENERALE.

sont produits par cette substance de la même manière que la soie des vers à soie, les toiles d'araignée , le coton, le duvet du Glaucus tomentosus, qui sont dus à la condensation de liqueurs particulières ; ou , en désespoir de cause , invoquerons-nous pour chacun de ces cas la présence d'un débris de fœtus inclus, comme nous le ferons pour les kystes pileux ovariques qui contiennent avec des poils des débris non équivoques de fœtus ? Non certainement. Méfions-nous des excès du raisonnement par induction; et qu'il me soit permis de répéter ce que j'avais dit à ce sujet dans mon premier ouvrage (l) : « llépugne-t-il ^ d'admettre que la nature, par un de ces écarts qui lui » sont si familiers, imprègne telle ou telle partie de pro- » priétés qui les mettent en rapport avec les matériaux » des poils (2) ? S'il lui est si facile de les produire » dans les lieux qu'elle leur a assignés dans l'état natu- » rel, pourquoi ne pourrait-elle pas les produire acciden- » tellement ? »

Les kysies pileux sous-cutanés seront donc, pour nous, jusqu'à nouvel ordre , des kystes dont les parois sont constituées par un tissu cutané de formation accidentelle, tissu cutané pourvu de follicules. Nous verrons, plus tard, que les kysies pileux de l'ovaire sont souvent tapissés par un tissu cutané parfaitement organisé : la question de savoir si ce tissu cutané est de nouvelle foi maiion, ou s'il est un débris deioitus inclus, trouvera tout naturellement sa place à l'occasion de ces kystes.

La connexion intime des follicules pileux avec les follicules sébacés j)eut rendre compte de la prodnction d'un certain nombre de kystes pileux cutanés. L'observation microscopique démontre en cifet que dans certains cas le poil se détache de son bulbe, que ce dernier n'ayant pas j)erdu sa faculté sécrétante, un second poil se forme, puis

{\\ l'Usdi '^111 l <iiiiil(iliiic judluiloijniuc ^ (. 1), p. I 8' ). ( ',) .1 .4|on(,ai.'i : " i.i III' me il( > il(H(,-<, »

TREIZIÈME CLASSE. DES .METAMORPHOSES. o /| 5

un troisièine, puis un quatrième, ainsi de suite, d'où un kyste pileux dont tous les poils moins un, libres d'adhérence, se pelotonnent et peuvent à la lon^jue constituer une niasse assez considérable mêlée à la matière grasse; mais on conçoit que cette interprétation, C[ui m'a été suggérée par les observations microscopiques de M. Robin, ne peut pas s'appliquer aux kystes pileux dont les parois sont tapissées par une membrane cutanée.

Y a-t-il des kystes sous-cutanés dus à la dilatation des glandes sudoripares? Tel serait, d'après M. Verneuil (1), le point de départ de kystes multiples ([u'il a observés avec M. Follin dans une tumeur sous-cu(anée située sur la lace externe du muscle steriîo-mastoïdien , au-dessous et un peu en arrière de Tapophyse mastoïdienne. Celte tumeur était mollasse , bosselée, sans fluctuation manifeste, offrant la consistance de certaines productions vasculaires, non réductible à la pression , exempte de battements. On hésitait entre un kyste sébacé et un lipome. L'extirpation, laite par M. Follin, montre une masse rongea Ire y molle y formée de plusieurs bosselures à parois minces et distendues par du liquide. Pendant l'opération, le bistouri ouvre successivement plusieurs poches ^ d'où s'écoule un fluide clair, ténu, semblale a celte sérosité sanguinolente qui remplit certaines phlyctènes.

Or deux petits kystes étaient restés intacts. Le liquide, examiné à un grossissement de 50 0 diamètres, renferme une grande quantité de cellules épithéliales ( épilhclium pavimenieux).

MM. Verneuil et Follin se demandèrent, en présence de ce liquide rougeàtre et de la multiplicité des poches , « s'il ne s'agissait point de cette variété de kystes multi- » loculaires dus à une altération particulière des tumeurs » érectiles; lésion sur laquelle MM. Holmes Çoote et

(l) Kystes mulliples dus à la dilatation des glandes sudorinares^ roavcllc vnritlé de lissa sons-ciilané {Mon'leui 'fd lidi)ilau.\\, j i;iii\iei i^J/i, '■\tiiiil <lc \{.\ Oa:eUe mrdii'ale).

%U6 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GENEHALE.

» Bickerstetlî ont récemment attiré l'attention, et qui vient » à Tappui d'une liiéorie de})ins longtemps formulée par » M. Cruveilliier , théorie dans laquelle on suppose que » des oblitérations partielles dans le système vasculaire » peuvent donner naissance à des kystes. L'absence de » traces d'une tumeur vasculaire antécédente, la présence » d'un épithélium , les en^jagèrent , nonobstant Tabon- » dance assez grande des globules sanguins mêlés au » liquide, à rejeter cette hypothèse. »

M.Verneuil, aprèsavoir rejeté la pensée d'un hygroma, la dilatation de quelques granulations isolées de la parotide, la dilatation des follicules sébacés de la peau, est ai rivé par voie d'élimination, et surtout par voie d'induction , à une opinion qui est pour lui presque une certitude; savoir : que les glandes sudorijères de la peau ont été le S'ége d'une dilatation kystique.

Mais évidemment ce n'est là qu'une simple conjecture. Or, conjecture pour conjecture , je serais bien plus porté à considérer cette tumeur mollasse , luultiloculaire , ayant la consistance de certaines tumeurs vasculaires , comme le résultat de la dilatation kysteuse d'un certain nombie de vaisseaux lymj)hatiques; et il est à regretter (pie l'ingénieux observateur n'ait j)as dijigé son observation dans ce sens.

Cela posé sur la matière contenue des kystes sébacés, examinons les caractères du kyste lui-même.

"1^ Caractères du kyste. I^e kyste sél)acé |)araît au premier abord très épais; mais un examen attentil peimet de voir (pj'il est en général constitué par deux mend)ranes, l'une externe^, l'autre iulerne. La nu.Mubrane externe , très mince, est le véiilable kyste, c'est le Follicule lui-même prodigieusement déveloj)j)é; il m'a souvent paru tapissé |)ar une lamelle é[)idermique visible; à l'œil nu. La membrane interne, au (*ontraire, est très éj)aisse ; c'est une «;>q)ècc de coueniic ou coque compacte, coriace, d'un hlrmr ^r^^fdi^'^;in^n\ , inor;^.«nlt|n(' , latilr a «'nucliMi, (ar

TREIZIEME CLAsiSE. DES MÉTAMORPHOSES. 347

sa surlace externe lisse est libre cie toute adhérence, susceptible d'être divisée en lamelles, coque compacte qu'on a longtemps prise pour le kyste véritable. Le fait est qu'il suffit, pour obtenir la guérison, d'erdever cette espèce de coque couenneuse, véritable corps étranger dont la présence s oppose à l'adhésion , lors même que tout le reste de la matière contenue aurait été évacué. La membrane couenneuse enlevée, Tadhésion des parois du kyste se fait avec la plus grande facilité , en sorte qu'il n'est nullement nécessaire de faire l'ablation du kyste proprement dit (1).

(i) Relativement à la structure des kystes séi>acés, je ne dois pas passer sous silence le fait suivant que j'ai observé dms le service de Dupuyiren (a). Un {gendarme portait au front un petit kyste niol)ile fjui «énait un peu l'application du chapeau Dupuylren fait à la peau une incision longitudinale. Il est entamé, tant il est superficiel. Une douce pression fait sortir une matière tout à fait anal< «ne, par sa coidenr et par sa consistance, au suif devenu cnncrt t. Cette matière homo(>,ène,bien liée, se présente sous la foirrie d'une boule , en sorte tpi'on aurait pu croire , au premier coup d'œil, que le kyste était sorti tout entier. La p(jche vidée, deux partis pouvaient être pris : ou bien il fallait en irriter les parois, et alors la p^uéiison lomplèie n'aurait eu lieu que lorsque cette poche serait tombée ou revenue à l'état cellulaire j ou bien on devait enlever la poche pour obtenir vine [juérison beaucoup plus rapide. Le »;hoix n'était pas douteux : le kyste est emporté en totalité; les parois delà cavité qui résultent de son ablation, appliquées l'une contre rautre. Le malade était fjuéri le lendemain.

« En examinant les parois du kyste, Dupuytren voit sa surface interne lisse , évidemment séreuse , et sa surface externe hérissée de petites » proéminences régulièrement disposées et ayant en tout l'aspect de fol- » licules cutanés, Etaient-ce des organes sécréteurs ? On serait tenté de le » croire. L'inspection microscopique aurait été ici d'un grand secours ; 1* on n'a pu y recourir. Toujours est-il (jue si les soupçons de Dupuytren •» et de tous ceux qui ont examiné la chose après lui sont fondés, Tanato- » mie pathologique des kystes se serait enrichie d'un nouveau fait, savoir: » que la matière de (;es kystes n'est pas toujours formée par exhala- » lion , qu'elle l'est quelquefois aussi par sécrétioiî , tant il est \ii\\ (jue >i l'art de faire des découvertes corisiste souvent à étudier d'un œil obser- " vateurdes faits, petits aux yeux du vulgaire, rpji se sont |)t.ut-être cent » fois reproduits. »

'(^) Fs^i-ii sur f'nftnhottic piifholnj^i'jnr, 1SJ6, t. I, j>. 19^.

3 AS ANATOiMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.

Kelativeiiient aux rapports du kyste sébacé avec la peau : dans le principe, ces kystes subjacents à la peau ne lui adhèrent qu'au niveau de l'orifice du follicule dont ils sont le développement, en sorte que lorsque la peau qui les recouvre a été incisée , ils peuvent être extraits à Taide d'une pression latérale par une véritable énucléation. Mais lorsqu'ils ont acquis un (^rand développement, la peau distendue leur est devenue très adhérente, et par conséquent serait d'une dissection longue et difficile , si, dans l'ablation de ce kyste, on n'enlevait pas en (jrande partie cette peau anûncie et adhérente en même temps que le kyste. Cependant, lorsque le kyste sébacé se développe dans une région dont le tissu cellulaire sous-cutané est lâche ou adipeux , il arrive quelquefois qu'il se détache de la peau pour se développer au milieu du tissu adipeux sous-cutané, en sorte qu'on pourrait croire à une tumeur d'une autre natuie; mais son origine folliculeuse se révèle toujours par une adhérence intime à la peau, ou même dans le point correspondant à l'orifice du follicule.

Les kystes sébacés n'incommodent en général que par leur volume : ils font, en effet, tons leurs progrès du côté de la peau. Cependant quand la peau résiste (par exemple, au cuir chevelu ), il n'est pas rare de voir des dépressions atrophiques des os du crâne produites par l'accroissement de ces tumeurs. Il est même arrivé cpie les parois du crâne ont été entamées, usées, perforées par leur piésrnce de la même manière et par le même mécanisme ( Tc-rosion ) , que ces mêmes parois sont usées par les tumeurs foujjueuses de la dnre-mère.

Sons ce point de; vue , je ne comiais j,as (rcxemple pins 1 ('iDaKjnahle (jne celni qui a été j)iésenté à la Société aiiat()ini(jue par M. Lcbert , an nom de INI. Chassaignac (1). Une femme, âgée de soixante-huit ans, portait

(i) iinUcùn lie la Société aniilntnii(uc. aiiix'*' i'S5it, |». 2j(>.

TRFIZIÈMF. CLASSE. DIS MÉTAMORPHOSKS. o/iO

au cuir chevelu un très grand nombre de tunieuis d'un volume très variable, dont la plus ancienne datait de trente ans. Cette dernière, la plus volumineuse de toutes, s'était depuis longtemps ulcérée. A sa base^ la voûte du crâne était détruite, et les battements du cerveau soulevaient le fond de Tulcère. Cette aflection avait été prise pour un cancer pendant la vie de la malade. A l'ouverture, on ne trouva de cancer dans aucun point de Téconomie. L'ulcère, étudié par le secours de la dissection, n'a présenté aucun tissu de mauvaise nature. Le microscope n'a révélé aucun élément cancéreux. Au niveau de l'ulcère, il existait une grande perte de substance des os du crâne dans une étendue de 7 centimètres sur 5. La circonférence de cette perforation était très irrégulière, très mince, présentant çà et là cpielques avances osseuses et quelques lamelles nécrosées.

Au dessous des autres tumeurs, qui n'étaient autre chose que des kystes sébacés, la surface externe des os du crâne présentait des dépressions ou fossettes très prononcées, au niveau desquelles les parois du crâne, transparentes , semblaient formées par le refoulement de la table externe mise en contact avec la table interne, de telle façon que le diploé avait disparu. Il était aisé de voir que ces dépressions ou fossettes étaient produites par la compression exercée sur les os du crâne par les kystes sébacés , et que la perte de substance des os du crâne était le résultat d'une inflammation de la poche avec destruction du périoste et usure consécutive des os du crâne privés de leurs moyens de nutrition. Croirait-on qu'on ait pu prendre pour un kyste du cuir chevelu une hernie du cerveau, et que des tentatives d'extirpation aient eu lieu.

Flajani rapporte une erreur de diagnostic en sens opposé. Plusieurs médecins jugèrent qu'une tumeur du crâne chez un enfant était formée par une hernie du cerveau, et déclarèrent la maladie incurable. Un empi-

350 ANATOMIK PATHOLOGIQUK GÉNÉRALE.

rique se chargea de le guérir, fit une ponction par laquelle s'écoula une grande quantité de matière pultacée et de sérosité trouble, puriforrae. Les parois s'affaissèrent, le malade guérit parfaitement.

a** ESPÈCE. Kystes folliculaires mnqueux (i).

Les kystes folliculaires muqueux sont formés aux dépens des follicules des membranes muqueuses, comme les kystes sébacés sont formés aux dépens des follicules de la peau : ils contiennent tous un liquide filant, comme du blanc d'œuf; leurs parois sont excessivement minces, à la manière d'une membrane séreuse.

On peut observer des kystes muqueux partout où l'anatomie normale démontre la présence de follicules muqueux (2); mais ils affectent des sièges de prédilection.

1»c sous-ESPÈCK. Kystes muqueux des paupières.

En première ligne se présentent, sous le rapport de la fréquence, les kystes muqueux des pauj)ières. Leur siège est dans les follicules de Meibomius , et par conséquent ces kystes appartiennent à la classe des kystes muqueux, bien qu'ils proéminent beaucoup plus du coté de la peau que du côté de la mend3rane muqueuse |)alpébrale, et cela à raison de la résistance aj)porrée à leur déveloj)pement en arrière par la présence du globe de l'oeil. Il suit du siège de ces kystes que lorsqu'on les dissècpie sur le cadavre, ou bien lorsqu'on les extirpe sur le vivant , si on les attaque par la peau , on est obligé de diviser successivement toutes les couche^ de parties qui séparent la

(i) Il y a une grande afiinitc' entre l'Iiypertropliic ftilliculniie et le «lévoioppf'mcnt (les kystes muqueux.

h.) I/anatornie norriiitlc ne. «le'inontie pas de follicules dans toute r«'«|pndue des membranes mu(|Men>es ; ce qui m'a fait <lire ailleurs (voy. /inatomie dc%cnptive) (\\\o In pri'scnec des follirnlfs n'est pas le trait «•arartHristi(|U'' de <«'s mend)ian<*s.

tHEIZJEMIi: CLVSHt:. lus MKTAMOhPHOStS. 351

peau de la muqueuse. Ces follicules guérissent très sou vent spontanément (1).

J'ai rapporté dans mon premier ouvrage (2) l'observation d'une jeune fille de douze ans qui portait un kyste dans l'épaisseur de la paupière inférieure de Tœil droit. Dupuytren incisa la peau , mais le kyste était tellement superficiel , que l'instrument pénétra du premier coup dans sa cavité. Il s'écoula beaucoup de matière muqueuse et filante. Du fond du kyste naissaient des fongosités : la cautérisation par le nitiate d'argent et l'introduction de quelques brins de charpie parurent nécessaires pour la

guerison,

On rencontre très souvent au bord libre des paupières des follicules muqueux qui se présenienl sous l'aspect de vésicules parfaitement transparentes, contenant tantôt de la sérosité, tantôt du mucus, qui m'ont paru formées aux dépens des follicules muqueux du [lord libre de ces paupières (3).

2« sous-ESPBCE. Kystes muqueux du vagin.

Je signalerai principalement les kystes de l'orifice du vagin, kystes que j'ai eu occasion d'observer plusieurs fois. Coumie type , je rapporterai le cas d'une femme âgée de trente ans environ , qu'on avait crue affectée d'un polype. C'était un kyste sphéroïdal, à ])arois transpa*

(i] Scarpa conseille d'attaquer ces kystes, qu'il appelle tubercules fol liculaires^ par la face interne, à moins qu'ils ne soient situés vers l'une on l'autre commissure, de manière à rendre le renversement des paupières impossible. Quelque judicieux que soit ce conseil , qui eu fondé sur le siège sous-muf|ueux de ces kystes, il vaut mieux les attaquer parleur face cutanée. Au début de ma pratique, j'ai voulu extirper nn de ces kystes par la face profotide , cela me fut impossible. Je dus m'en tenir à une excision. Depuis cette époque, je me suis borne' à une simple incision pratiquée du côté de la peau, le ky-iie ouvert guérit sans pansement, (a) Essai sur fcnialomie pathologique, l'aris, iBiCi, t. I, p. 3o4 (3) J'ai vu un kyste transparent bilobé, du volume d'un pois chithe situé sous la peau , qui glissait librement sur lui, entre la commissure externe et le pourtour de la base de l'orbite. Ce kyste semblait n'appartenir ni à la peau ni à la conjonctive.

?>7}1 ANATOMIf: PATMOrOOlOUK (il-'NKR ALF.

rentes, tlu volume d'une grosse groseille à raaqucreaUjqui obturait ToriHce du vagin et qui rendait les rapports conjugaux impossibles. Il naissait de rorifice du vagin immédiiUemeuL deirièrele méat nriiiaire. Une première fois, je mécontentai de Touvrir, ii eu sortit un liquide filant, transparent, à la manière du blanc d'œuf; mais le kyste ne tarda pas à se reproduire. Je pratiquai alors une excision, et l'examen de la partie excisée me montra que les parois du kyste étaient constituées par une membrane extrêmement ténue, impossible à séparer de la mu(jueuse vaginale très amincie à laquelle elle adhérait intimement.

M. le professeur Nélaton m'a montré deux fra(!;ments d'un kyste vaginal qu'il venait d'exciser sur une femme âgée de cinquante-deux ans. Ce kyste, qui avait le volume d'un abricot, s'échappait par la vulve, où il n'incommodait d'ailleurs que par son volume. On avait également pris cette tumeur fluctuante pour un polype. M. Nélaton avait eu d'abord la pensée d'enlever la totalité du kyste par une dissection délicate ; mais cette dissection commencée lui ayant paru trop laborieuse, il s'était contenté d'exciser la partie la plus proéminente du kyste. Les fragments de ce kyste que nous avons étudiés ensemble étaient formés par la mucpieuse vaginale très amincie et par une autre membrime plus mince eiicore, mais parfaitement distinrie de la muqueuse vaginale, à laquelle elle adhérait par un tissu celluio-libreux extrêmement dense.

Fi'intimité de l'adhérence de la membrane du kyste avec la muqueuse vaginale doit faire rejeter toute tentative de dissection de ces kystes et adoplor comme règle

générale 1 (.'Xcision,

Non seulement les follicules de l'orifice du vagin sont susceptibles de devenir kysteux, mais encore les follicules de toute la longueur du va.'jin , y com|)ris le cul-desac vaginal. Ces kystes, (ju'on juMit i\\)pc\cv profonds, piw opposition à ceux de l'orifice, présentent une particularité rcmarquîible : c'est que plusieurs d(> ces kystes, au li(MJ de

se développer entièrement dans la cavité du vagin, prennent leur développement dans Tépaisseur des parois de ce canal et peuvent proéminer en dehors de sa cavité , soit du côté de la vessie, soit du côté du rectum. C'est dans des circonstances de ce genre qu'on a pu prendre ces kystes muqueux pour un rectocèle ou un cystocèle (1).

5e SOUS-ESPÈCE. Kystes muqueux folliculaires de l'utérus.

Ils sont très fréquents soit au museau de (anche , soit dans la cavité du col de l'utérus; assez rares dans la cavité du corps de cet organe (2). Au museau de tanche , ils se manifestent le plus ordinairement sous la forme de granulations variables pour le volume, lesquelles s'associant à un état catarrhal et à une desquamation de Tépiderme , en imposent souvent pour une maladie plus grave , voire même pour une affection cancéreuse.

Ces kystes muqueux, qu'on peut considérer comme des hypertrophies folliculaires, entrent pour beaucoup dans le développement des polypes muqueux du museau de tanche, du col et même du corps de l'utérus.

J'ai déjà cité, à l'occasion de l'hypertrophie, un cas dans lequel le développement excessif de ces follicules avait été pris pour un cancer et extirpé comme tel par un praticien habile qui avait fait une étude toute pailiculière des maladies de l'utérus. Il est vrai que rien ne ressemblait davantage à une dégénération de tissu que le

(i) Voyez pour les kystes du vagin, comme aussi pour les kystes de l'utérus, le mémoire de M. Huguier [Mémoires de la Société de chirurgie^ l.I, p. 241),

(2) Voyez Anatomie descriptive y t. III, p, 696, 3* édit J'ai constaté que non-seulement il existait des follicules mucipares dans le corps aussi l)ien que dans le col de l'utérus, mais encore qu'un certain nombre de ces follicules occupaient l'épaisseur du tissu propre de l'utérus à un, deux millimètres de profondeur. H y a donc dans l'utérus des kystes superliciels et en quelque sorte sous-épithéliaux et des kystes profonds. m. 23

3 5ii ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.

museau de tanche extirpé qu'il eut roblifjeance de m'adresser, parce f|ue ce cas lui parut remarquable et douteux , quant à la nature de la lésion (1). C'est un des rares exemples de kystes folliculeux multilocidaires ou communiquants. Sur le museau de tanche non incisé, se voient un grand nombre d'ouvertures desquelles s'échappait, en se moulant sur elles comme à travers une filière , du mucus épaissi. Le museau de tanche divisé (fig. 2') offrait un tissu mou pénétré de mucus qui remplissait les espèces de géodes creusées dans son épaisseur. Le développement des cavités folliculaires était tel, que le tissu utérin intermédiaire semblait réduit au rôlede parois des cavités mucipares (2)

Du reste, les follicules muqueux du museau de tanche ( portion vaginale du col utérin ) peuvent se développer les uns à sa surface externe , les autres à sa surface interne. Ces derniers, presque toujours pédicules lorsqu'ils acquièrent un certain volume, proéminent dans la cavité du vagin et en imposent souvent pour un polype.

J'ai rencontré un grand nombre de fois à la Salpétrière, tantôt dans le corps, tantôt dans le col utérin de femmes avancées en âge, des tumeurs folliculaires pcdiculées ou non pédiculées, formées soit par un seul kyste folliculeux, soit par l'agglomération de deux , trois et même d'un plus grand nombre de kystes folliculeux , lesquels soulevaient la membrane muqueuse fortement injectée. Ces follicules sont souvent la source d'hémorrhagies et le plus ordinairement des écoulements séreux , muqueux,

(i) Je l'ai fait rcpiosenter , Analomie pathologîcjuc ^ XXXIX* livr., fig. 2 et i'. Il faut bic^n admettre (jue dans ce cas les kystes folliculeux juxtaposés dans le priiieijie ont fini par communiquer les uns avec les autres par l'usure de leurs parois conliguës.

(2) Le cas leprc'senté H{',ur(; 5, planche II du mémoire de M. Huguier me paraît appartenir à la même caté^jorie : il est décrit sous le titre de Kyite rnultifolliculaire Je la lèvre po<itérieure du col.

TREIZIÈME CLASSF. DKS MKTAMOP.PHOSKS. 355

quelquefois sanguinolents, qu'on observe chez les femmes après la cessation de l'époque menstruel le.

Les polypes vésiculaires on uiéro- folliculaires des n^odernes ne sont autre chose qu'un kyste folliculeux ou qu'une agglomération de kystes folHculeux recouverts par la membrane mucjueuse très amincie : lorsque les kystes folliculeux sont développés aux dépens des follicules profonds , ils entraînent avec eux une couche plus ou moins considérable de tissu propre de Futérus facilement reconnaissable. Il n'est pas rare de voir dans ce cas la coupe de la tumeur présenter un aspect aréolaire ou alvéolaire dont les mailles sont formées par le tissu propre de l'utérus.

4e SOUS-ESPÈCE. Kystes folliculaires de la vessie.

Le développement kysteux des follicules de la vessie et surtout des follicules du bas-fond de cet organe n'est pas fort rare; je l'ai surtout observé dans le cas de cancer du col de l'utérus, par suite de l'irritation que le voisinage de ce cancer avait déterminée sur la muqueuse vésicale ; mais jamais ces kystes n'acquièrent un grand volume.

3^ SOUS-ESPÈCE. Kystes folliculaires du pharynx et de l'œsophage.

Le développement hyj)ertrophique des follicules du pharynx et de Tœsophage s'accompagne quelquefois de la rétention du mucus dans leur cavité avec oblitération de leur orifice. 11 en résulte de véritables kystes , et il n'y a qu'un pas de cette disposition aux polypes vésiculeux.

6« SOUS-ESPÈCE. Kystes folliculaires de l'estomac et des intestins.

Je n'ai jamais vu de kystes folliculaires proprement dits dans l'estomac (1). Je ne connaissais pas d'exemide de kystes folliculaires de Tintestin , avant le cas re-

(i) J'ai cependant observe un assez grand développement des follicules de l'estomae dans plusieurs polypes de ctt organe et dans des cas d'Iiyperlroplue (générale de la muqueuse gastMC|ne.

3 56 ANATOMIE PATHOLOGIQUF. GKNF.r.AI.F.,

iiiarquable que j'ai fait représenter ( XXXIV^ livr. , pi. 2 et 3) et que je dois à l'obligeance de M. Briquet. Toute la muqueuse intestinale depuis le pylore jusqu'à l'anus présentait une multitude innombrable de kystes du volume d un très gros pois ; ces kystes soulevaient la membrane muqueuse qui leur formait à la fois et une enveloppe et un pédicule. Quelquefois le même pédicule se divisait pour soutenir plusieurs granulations : ces granulations qui n'adhéraient que très faiblement à la membrane muqueuse, étaient imperforées dans le gros intestin aussi bien (jue dans l'intestin grêle, et creusées d'une cavité centrale remplie d'une mucosité limpide et filante. Le siège de ces kystes était bien évidemment dans les follicules isolés de l'intestin. Ce développement kysteux des follicules coïncidait avec un grand développement des ganglions lyuq:)hatiques abdominaux.

Les follicules agminés ne participaient pas au développement kysteux des follicules isolés ; seulement ils étaient considérablement hypertrophiés et très proéminents.

7e SOL'S-ESPÈCE. liysles folliculaires de l'intestin rectum.

M. Robert est un des praticiens modernes qui a le plus fixé Taltention sur le développement et la transformation enkystée des follicules de la partie inférieure du rectum chez les jeunes enfants. Ces follicules qui soulèvent la membrane muqueuse peuvent se pédiculer et constituer ainsi de petits polypes vcsiculeux. Il est probable que tel est le mode de formation des polypes de la partie inférieure du rectum décrits dans ces derniers temj)S par divers observateurs et sigualés , je crois, par M. l)Ourgeoise, médecin distingué d'Etampes.

8e soiJS-ESPÈCE. Kystes foiliculeux du sinus maxillaire.

M. Giraldès (1) , dans inie communication fort iuté-

(i) Mémoires de la Socvté de chirurgie^ f. III, p. 479» î'vpc plnnclies.

TREIZIÈME CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. â57

ressante qu'il a faite à la Société de chirurgie, a décrit et fait représenter des kystes miiqueux du sinus maxillaire, quelquefois multiples (1) , d'un volume variable depuis celui d'un gros pois jusqu'à celui d'un gros œuf de pigeon ; kystes formés par des glandes folliculeuses dilatées, contenant une matière visqueuse, filante à la manière du blanc d'œuf et quelquefois de la cholestérine.

D'après M. Giraldès , les cas d'hydropisie du sinus maxillaire décrits par les auteurs, ne seraient autre chose que des cas de kystes folliculeux ; et par conséquent jamais dans cette hydropisie le liquide ne serait contenu dans la cavité même du sinus maxillaire, mais bien subjacent à la membrane muqueuse. Je suis fort éloigné de contester les faits si bien décrits par cet habile observateur; mais je puis affirmer que j'ai plusieurs fois dans mes dissections trouvé le sinus maxillaire plein de mucus filant, et que ce liquide occupait bien la cavité de la îuuqueuse qui tapisse le sinus et non le tissu cellulaire sous-muqueux.

3* ESPÈCE. Kystes glanduleux,

La glande la plus composée, réduite à sa plus simple exj)ression, peut être considérée comme une agglomération de vésicules cellules, ou follicules sécréteurs, avec cette circonstance que ces vésicules sécrétantes , au lieu de s'ouvrir directement sur les surfaces cutanée et muqueuse, versent leurs produits dans des conduits excréteurs , lesquels se réunissent successivement pour les déposer sur un point déterminé par une seule ouverture.

Or, les kystes glanduleux peuvent avoir leur siège soit dans les granulations glanduleuses elles-mêmes , à

(i) Dans un cas, M. Giraldès en a trouve jusqu'à vin{i;t.

la manière des kystes folliculeux, soit dans les divers ordres de conduits excréteurs, depuis les plus petites ramifications jusqu'aux plus gros troncs; il y a donc deux espèces de kystes glanduleux : 1° les kystes des granulations , qui sont produits de la même manière que les kystes folliculeux ; 2° les kystes des canaux excréteurs ^ dont la production se fait par un mécanisme très simple que voici : l'orifice du conduit excréteur s'oblitère ou se rétrécit, et le li([uide retenu dilate le cariai qui se transforme en un kyste plus ou moins régulier. On a fait jouer, dans la production des kystes glanduleux, un grand rôle à la viscosité plus considérable du liquide contenu; mais cette viscosité n'est-elle pas plutôt consécutive à la rétention?

J'examinerai successivement les kystes et dans les glandules et dans les grosses glandes, bien que le mécanisme soit exactement le même.

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