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nient ces parois ne sont autre chose qu'une membrane séreuse de nouvelle formation qui a eu pour principe une fausse membrane; et cette membrane séreuse est si bien organisée, qu'elle persisterait toute la vie si Fart n'intervenait pour y produire Tinflammation adhésive.
Ces considérations ne s'appliquent qu'à la deuxième variété des kystes hématiques, à savoir, aux kystes séreux. Dans la pi emière variété du kyste hématique , le sang enkysté subit diverses altérations qui pourraient induire en erreur, et sur le point de départ, et sur la nature du kyste. Ainsi, on a pris un kyste hématique du cuir chevelu pour un mélicéris ; et même quelques auteui^s ont cru devoir rapporter à du sang épanché dans le tissu cellulaire l'origine d'un certain nombre de kystes sébacés du cuir chevelu : d'autres fois, on a pris des kystes hématiques pour des encéphaloïdes.
2« SOLS-: SPKCE. Kystes hématiques des membranes séreuses.
Les kystes hémalùjues des membrones séreuses sont tantôt la conséquence d'une hémorrhagie Iraumatique , tantôt la conséquence d'une inflammation pseudo-membraneuse hémorrhagique.
1** Kystes hématiques de V arachnoïde pariétale.
Les kystes hématiques de l'arachnoïde, qu'on pourrait aussi aijpeler kystes de la dure-mère , se présentent sous l'aspect d'une tumeur aplatie occupant la face interne de la dure- mère, à laquelle elle adhère intimement, tumeur aplatie, libre d'adhérence et lisse du côté de raiachnoïde cérébrale , laquelle est également libre et lisse, dans l'état le plus naturel, et par conséquent tout à fait étrangère à la pioduction de ces kystes.
Ces tumeurs, que j'ai toujours rencontiées au niveau de la voûte crânienne, le long de la faux du cerveau,
jamais du côté de la base, sont coristamnient oblongues d'avant en arrière et d'une forme plus ou moins irrë^ulière ; elles dépriment considérablement le cerveau, qui se moule en quelque.' sorte sur elles : et, en outre, quand elles ont une grande épaisseur, elles soulèvent manifestement les os du crâne dans la région correspondante. J'ai plusieurs fois trouvé la surface interne des os du crâne rugueuse, comme chagrinée à leur niveau; et cette disposition était due non à l'usure de ces os , mais bien à une couche osseuse de nouvelle formation, irrégulièie et comme réticulée.
Les parois de ces kystes sont très épaisses, assez souvent crétacées , ossiformes en totalité ou en partie : leur cavité fort irrégulière, quehpiefois incomplètement cloisonnée, est remplie et de sérosité, et de fibrine adhérente et très cohérente, souvent coloiée en jaune-serin : et cette fibrine est tantôt disposée en couches concentriques , comme dans les poches anévrysmales anciennes, tantôt formée des masses amorphes.
Ce sont véritablement des kystes hématiques que ces tumeurs kysteuses aplaties adhérentes à la face interne de la dure-mère, et il serait bien difficile de déterminer et leur siège et leur mode de formation, si l'on n'avait pu les observer qu'à leur maximum de développement.
Siège et mode de formation de ces kystes. On dirait, au premier abord, que ces kystes sont développés soit dans l'épaisseur de la dure-mère entre les deux lames fibreuses que l'anatomie normale y démontre, ou bien encore entre la dure-mère el le feuillet arachnoïdien qui la revêt en lui adhérant intimement; mais il résulte d'un grand nombre de faits présentés à la Société anatomique , et dont l'enchaînement a été parfaitement exposé par M. Baillarger, que ces kystes hématiques de la dure-mère reconnaissent pour cause un épanchement de sang dans la cavité de
516 ANATOMIE PATHOLOGIQUE Gl':NÉRALE.
raracliiioïde , une apoplexie méniii(]ée arachnoïclienne dont le sang s'est enkysté.
Mais une cpiestion restait encore à résoudre. Quelle est la source de cette hémorrha^jie ? Ma position de médecin à la Salpêtrière pendant plusieurs années m'a permis de démontrer que ces hémorrhagies arachnoïdiennes avaient pour point de départ une phlegmasie pseudo-memhraneuse héniorrhagique de l' arachnoïde pariétale (1), et voici ce qui se passe : En vertu d'une cause difficile à déterminer, il se produit une pseudo-membrane adhérente à la face profonde de la dure-mère, et par conséquent au feuillet pariétal de Tarachnoïde , fausse membrane qu'on ne rencontre jamais sur le feuillet viscéral arachnoïdien correspondant: cette fausse membrane tantôt est maculée de sang, tantôt contient de petits foyers sanguins dans son épaisseur. Quelquefois elle se lacère pour verser dans la cavité arachnoïdienne une quantité plus ou moins considérable de sang. C'est à cette fausse membrane, source de l'hémorrhagie, qu'est dû i'enkystement du sang, et cet enkystement se fait aux dépens de la fausse membrane qui s'organise sans contracter d'adhérences avec le feuillet viscéral de l'arachnoïde, tandis que le sang subit toutes les altérations qu'il présente dans les cavités closes. Il suit de là que les kystes hématiques de la face interne de la dure-mère ont pour paroi externe trois couches de parties qui sont, en procédant du dehors en dedans : 1® la dure -mère; 2° l'arachnoïde pariétale; 3<* une couche nseudo- membraneuse organisée avec concrétions sanguines adhérentes, et pour paroi interne une seule couche, une pseudo-membrane organisée, libre et lisse, par celle de ses surlaces qui correspond à l'arachnoïde viscérale, et
(i) Un c^rand nombre de faits m'ont démontré que toutes les membranes séreuses sont sujettes à un mode d'inHammation qu'on peut appeler phlegmasie pseudo'membraneuse hémorrhagitjue.
tapissée du côté du foyer par des concrétions sanguines plus ou moins adhérentes.
Comme types des kystes hématiques de la dure-mère, je citerai les deux faits suivants, dont le premier a été présenté à la Société anatomique en septembre 1851, et le deuxième en janvier 1852.
Premier fait. Chez un individu mort à Tâge de vingttrois ans, avec toutes ses facultés intellectuelles, à bosses pariétales énormément saillantes, à suture sagittale très déprimée (1), nous avons observé l'altération suivante :
La portion de dure-mère qui recouvre la convexité de l'hémisphère droit du cerveau présentait à sa face profonde une tumeur aplatie qui occupait tout le diamètre antéro-postérieur de cette convexité. C'était un kyste à parois crétacées ou ossiformes, rempli par du sang altéré et une matière pultacée d'apparence tuberculeuse, au milieu de laquelle existait une matière crétacée parfaitement indépendante de celle des parois.
Il existait sur la convexité de l'hémisphère correspondant du cerveau une dépression en rapport avec la proéminence du kyste.
En outre, on voyait à la face interne de la portion de dure-mère qui revêt la convexité de l'hémisphère gauche , une membrane très résistante , d'un aspect fibreux, qui lui était intimement unie, libre d'adhérence du côté de l'arachnoïde viscérale, et qui contenait dans son épaisseur une couche mince de sang altéré.
Deuxième fait^ présenté par M. Bauchet. Sur un cadavre , augmentation notable du volume de la moitié gauche de la voûte crânienne (à savoir du demi-frontal gauche et du pariétal du même côté); surface interne correspondante de ces os tapissée par un réseau osseux
(i) Comme commémoratifs, je dirai que cet individu faisait remonter la disposition de son crâne à la première enfance, à loge de deux ans et demi, à la suite d'une maladie.
disposé en couche mitice , irrégulière et rugueuse; en outre , déviation de la suture bipariétale. En enlevant la dure-mère qui recouvre la convexité de Thémisphère gauche, on voit à sa face interne une tumeur extrêmement dure, large , aplatie , oblongue d'avant en arrière, longeant la faux du cerveau, occupant les 3/5" moyens du diamètre antéro - postérieur de la convexité du cerveau; tumeur très proéminente à la face |)rofon(le de la dure-mère, nullement proéminente du côté de la face externe. Le cerveau présente une dépression considérable au niveau de la tumeur. J'ai tout de suite reconnu un kyste hématicpie à parois ostéo-fibreuses ; et, en effet, c'était un kyste A parois très rugueuses, contenant de la sérosité jaune-serin et tapissé par une matière fibi ineuse très adhérente et très cohérente, disposée partie en couches concentriques, partie en couches amorphes. Les parois du kyste étaient constituées par du tissu fibreux dans répaisseur duquel s étaient développées des concrétions osseuses ou ossiformes (1).
2° Kystes hématiques de la plèvre^ du péricarde, du péritoine.
On les observe à la suite d'une plaie pénétrante dans la ])oitrine , dans rabdornen : on pourrait également les observer à la suite d'une hydro-phlegmasie hémorrhagique de la plèvre, du péritoine et du péricarde ; mais je ne sacbe pas qu'un enkystement du sang ait été observé dans ce cas.
Comme type de kyste hématique péritonéal par cause traumatique, je citerai le cas de ce garde du corps dont j'ai déjà dit (juelques mots à l'occasion des plaies par instrument piquant (voy. t. I, p. 67). Ce malbeureux, qui avait reçu en duel un coup d'épée dans l'épigaslre
(i)Chose sinjjulière ! l'hétnisplière gauche (côté comprimé) du cerveau pesait 22 {grammes de plus que l'hémisphère sans compression.
jusqu'à la garde, fut porté mourant à sa caserne^ rue Bellechasse).
Appelé auprès de lui comme son compatriote , je crus qu'il allait rendre le dernier soupir : cependant il résista aux accidents primitifs qui étaient ceux d'une hémorrhagie interne des plus intenses (décoloration de la peau , absence presque complète du pouls, état syncopal permanent). Six semaines après, il est convalescent et peut être transporté rue Blanche, à l'infirmerie des gardes du corps, dans l'état le plus satisfaisant. Il reprenait ses forces à vue d'œil et paraissait guéri, lorsque deux mois et demi environ après sa blessure, se promenant dans le jardin, il est pris de défaillance , de syncope, et succombe quelques heures après : c'était à une hémorrhagie consécutive , ainsi que le démontra l'autopsie. Nous trouvâmes que la source de l'hémorrhagie était au tronc cœliaque qui avait été atteint par l'instrument piquant (1). Les traces de l'hémorrhagie primitive se voyaient dans des adhérences intestinales de couleur bleuâtre , dans des foyers sanguins en voie de résorption , interposés aux anses de l'intestin. Mais, en examinant le bassin, je trouvai une énoime poche qui remplissait tout le petit bassin et que je pris d'abord pour la vessie distendue par une grande quantité d'urine. C'était un kyste hématique contenant de la fibrine décolorée et une grande quantité de sérosité. Ce kyste s'était produit dans la cavité du péritoine, entre la vessie, qui était refoulée en avant, et le rectum. Des anses intestinales adhérentes circonscrivaient
(i) Le malade m'avait dit que l'épée de son adversaire, qui avait pénétré jusqu'à la garde, s'était ployée très fortement sur elle-même, comme si elle avait bntté contre un corps très résistant. Et en effet, la cinquième vertèbre lombaire correspondant au tronc cœliaque présentait un trou de<2 à 3 millimètres de profondeur, qui ne pouvait s'expliquer que de cette manière.
sa partie supérieure. Le kyste était formé par une pseudomembrane organisée.
Les kystes hématiques de la tunique vaginale ne sont autre chose que l'iiydro-hématocèle si bien décrite par M. Gosselin ; hydro-hématocèle qui est tantôt traumatique et la conséquence d'une contusion , tantôt et bien plus souvent spontanée , et la conséquence d'une hydro-phlegmasie bémorrhagique. Dans ce dernier cas, l'épanchement sanguin se fait par le même mécanisme que dans le cas de kyste hématique de raraclinoide, c'est-à-dire par Tintermédiaire d'une fausse membrane. Tous les kystes hématiques de la tunique vaginale présentent ce caractère, que leurs parois sont très épaisses, doublées qu elles sont par des fausses membranes organisées, d'une densité quelquefois cartilagineuse, disposées par couches concentriques. Dans un cas présenté à la Société anatomique par M. Dolbeau, la fausse membrane tapissait non-seulement la partie pariétale de la tunique vaginale, mais encore la partie viscérale ou testiculaire ; le testicule était atrophié. Il était presque impossible de séparer les unes des autres les couches pseudo - membraneuses organisées, et plus difficile encore de les séparer de la tunique vaginale.
Je parle de kyste hématique de la tunique vaginale» mais je me demande si Ton peut donner le nom de kyste à un épanchement qui occupe la totalité d'une cavité séreuse. L'enkystement ne suppose-t-il pas que la collection du liquide n'occupe qu'une partie de sa cavité?
3e sous-ESpkcE. Kystes hématiques synoviaux.
Existe-t-il des kystes hématiques dans les synoviales ? Les synoviales, connue les séreuses, sont sujettes à des phlegmasies pseudo-membraneuses hémorrhagiques. Je ne connais pas d'exemple d'enkystement; mais ce que je sais.
c'est que le sang coa^^ulé dans les cavités synoviales n'est pour rien dans la production des corps étrangers articulaires.
Hygroma liématique. L'hygroma, ordinairement constitué par une accumulation de synovie , contient quelquefois du sang. Comme type, je citerai le fait suivant qui a été recueilli dans le service de' M. Velpeau et présenté à la Société anatomique par M. Rombeau , interne.
Une femme, âgée de soixante etonze ans, qui passait une bonne partie de ses journées dans la génuflexion, portait au genou gauche une tumeur un peu plus grosse que le poing d'un adulte , dont l'origine remontait à dix ans environ. La rotule était entièrement recouverte par la tumeur, qui était indolente, incomplètement fluctuante, et divisée en deux bosselures par un sillon transversal. C'était bien évidemment un hygroma. Une ponction donne issue à une assez grande quantité de matière brunâtre couleur chocolat ; mais la tumeur ne se vide pas complètement , et Ton sent par le toucher des concrétions volumineuses. Dès le lendemain , la tumeur ayant repris son volume, M. Velpeau se décide à l'extirpation, qui est faite avec le plus grand soin, en respectant par-dessus toutes choses les couches fibreuses qui entourent l'articulation du genou. La poche enlevée nous a présenté les caractères suivants : cette poche était tapissée par une couche épaisse de caillots sanguins offrant tous les degrés de consistance que peuvent présenter les épanchements du sang , depuis la consistance de bouillie jusqu'à des concrétions extrêmement denses et très élastiques : on y voit aussi une matière crétacée formant dans une grande portion du kyste une couche intermédiaire à la poche et aux caillots. La poche elle - même était fibreuse , comme cartilagineuse dans quelques points, et même infiltrée de matière crétacée.
Cette poche était divisée en plusieurs loges par des brides fibreuses (1).
4e SOUS-ESPÈCE. Kystes hémaliques dans l'épaisseur des organes.
V Kystes hématiques cérébraux. Ces kystes sont la conséquence soit d'une lésicn traumatique , soit d'une héniorrhapjie par cause interne, d'une apoplexie.
Un des modes de terminaison les plus remarquables des foyers sanguins traumatiques ou non traumatiques, c'est la production d'un kyste d'isolement. C'est à Riobé, mon camarade d'études et mon émule , trop tôt enlevé à la science , (ju'on doit la connaissance de ce fait d'anatomie pathologique, par raj)port aux foyers sanguins du cerveau.
Il est bien rare que ces kystes ne présentent pas dans leur couleur, qui est tantôt brun-iiiarron , tantôt jauneorangé ou jaune-serin, et dans les couches qui les tapissent, des traces de leui- origine hématique ; et c'est pour cette raison (jue j'ai hésité à rapportera un foyer apoplectique, et que j'ai décrit comme kyste primitif formé de toutes pièces, un kyste séreux considérable développé dans l'épaisseur du cervelet, tout près de sa face supérieure, que j'ai observé sur une jeune fille qui mourut à la suite de phénomènes cérébraux avec amaurose (2).
2" Kystes hématiques mamiimires. Un des kystes hématiques les plus intéressants et peut-être le moins étudiés , c'est le kyste hématique mammaire, ([ui a été pris plusieurs fois pour un encéphaloide. C'est ce qui a eu lieu dans le cas suivant :
Une femme, âgée de soixante-seize ans , portait depuis
(i) La malade a succon»bé à un phlegmon diffus de la cuisse. L'autopsie a de'montré du pus au-dessous du muscle triceps crural et dans la capsuhi synoviale d(i 1 articulation du genou.
(2) Essai sur ianatomie palholo^iquef t. 1, p. 257.
trois ans dans la mamelle une tumeur qui lui causait des élancements. Le mamelon était rentré et inva^jiné au dedans de lui-même, circonstance à laquelle on avait donné une importance exagérée. On crut à une tumeur encéphaloïde et l'on en pratiqua Textirpation. Or la tumeur qui a été présentée à la Société anatomique , et que j'ai étudiée avec le plus grand soin , n'était autre chose qu'un kyste hématique contenant un liquide cou!eur de bistre. Les parois du kyste étaient fibreuses , sans trace aucune de substance cancéreuse. On ignore si ce kyste était la suite d'un coup reçu sur la mamelle, ou s'il s'était développé spontanément (1).
Mais de tous les cas de kystes mammaires que j'ai vus, le plus remarquable e^t le suivant, (jui m'a été présenté , à mon dernier voyage à Limoges (septembre 1854), par M. Bouland , mon ancien interne, aujourd'hui médecin distingué de cette vilie. Voici les commémoratifs, qui sont pleins d'intérêt :
La mamelle avait le volume de la tête d'un enfant nouveau-né ; elle était fluctuante dans toute son étendue.
La malade qui portait cette tumeur était âgée de trentequatre ans. Elle raconte que celte tumeur était survenue sans cause connue à I âge de dix-sept ans , et qu'elle était tout à fait indolente; qu'elle avait augmenté graduellement de volume, et qu'à la fin de sa cinquième grossesse elle avait acquis l'énorme volume qu'elle présentait au moment de l'observation.
La tumeur était molle et présentait une fluctuation des plus manifestes dans toute son étendue : elle se déplaçait avec beaucoup de facilité ; la peau qui la recouvrait était extrêmement mince, demi -transparente ; sa couleur était
(i) Je suis porté à croire qu'il s'est développé spontanément. Les contusions de la mamelle au deuxième degré, c'est-à-dire avec foyers sanguins, soni extrêmement rares, vu la densité du tissu.
bleuâtre comme dans les tumeurs érectiles sous-cutanëes dont la peau amincie permet de voir la couleur de la tumeur subjacente. Ce pouvait être un cancer encéphaloïde; ce pouvait être un kyste sanguin; ce pouvait être une tuu^eur érectile.
Un trocart explorateur plongé dans la tumeur donna issue à un liquide tout à fait semblable au sang veineux, à jetconlinu. Ce sang, examiné au microscope, ne contenait ni cellules cancéreuses, ni aucun élément autre que des globules sanguins. Quelle que fût sa nature, Tabîation de la tumeur était nécessitée par son volume qui incommodait beaucoup la malade. La tumeur était d'ailleurs confondue avec la glande mammaire dont on ne pouvait distinguer aucune trace.
L'extirpation fut pratiquée et ne présenta rien de particulier qu'une adhérence au grand pectoral, dont quelques fibres furent enlevées avec elle.
Or la dissection de la tumeur montre qu'elle n'était autre chose qu'un kyste hématique que j'ai examiné avec le plus grand soin avec M. Bouland : il nous a présenté les caractères suivants :
Le kyste est très dense, fibreux ; sa surface interne est aréolaire, à la manière de la surface interne du cœur, et présente des brides saillantes, aplaties ou arrondies, subdivisées, entrecioisécs, dont les unes adhèrent par leurs extrémités seulement, et dont les autres adhèrent dans toute leur longueur.
La glande mammaire paraissait avoir complètement disparu, et ce n'est qu'à Taide d'une dissection très attentive qu'il nous a été possible d'en reconnaître quelques vestiges à la partie antérieure de la tumeur, entre le kyste et kl peau. Jamais peut-être je n'ai vu d'atrophie mammaire ])lus complète. Ce kyste hématique s'est-il développé entre la glande mammaire et le grand pectoral, ou bien au centre de la glande mammaire? Est - il le résultat
(Vune contusion inaperçue, d'une rupture spontanée de quelque vaisseau ?
Cela posé sur les kystes liématiques mammaires , je vais dire quelques mots sur les kystes liématiques de la glande thyroïde.
3° Les kystes hémaliques ou hémorrhagiques de la glande thyroïde constituent une des formes les plus communes du goitre. Comme type de Tanatomie pathologique de ces kystes qui sont plus fréquents qu'on ne le croit ordinairement et qui ont fait le sujet d'un excellent mémoire de M. Seutin ( de Bruxelles ) , je donnerai la description du fait particulier suivant.
Sur un sujet adulte, la glande thyroïde était représentée par trois kystes sanguins complètement indépendants les uns des autres. Le lobe droit avait le volume d'un petit œuf d'autruche , la forme d'un ellipsoïde parfaitement régulier, aplati d'un côté à l'autre ; il était extrêmement dur ; son diamètre vertical était de 9 centimètres (3 pouces 3 lignes); son diamètre antéro-postérieur et son diamètre transversal, de 7centimètres (2 pouces 1/2). La section de ce lobe m'a montré qu'il était exclusivement constitué par une coque très résistante remplie de sang noir coagulé , d'une inégale densité, nullement disposé en couches concentriques. C'était ^des masses de coagulum très denses, d'un noir de jais, séparées par des grumeaux de sang moins dense. La couche superficielle était excessivement dure, de la consistance du cuir, et faisait corps avec le kyste dont il était impossible de la séparer. On eût dit du sang qui aurait été soumis à une dessiccation complète. Le kyste proprement dit était d'ailleurs très épais ; on pouvait le diviser en deux couches, dont une, superficielle, un peu moins dense , était d'une couleur ocre qui permettait de la distinguer de la couche profonde, laquelle était blanche et tout à fait fibreuse. J'ai pensé que la couche superficielle couleur jaune-ocre était formée aux dépens
du tissu propre du lobe droit de la glande thyroïde dont il n'existait pas de vestiges; et je le pense d'autant plus qu'il y avait dans l'épaisseur de cetie couche plusieurs concrétions calcaires semblables à des grains de sel gris: deux de ces concrétions se présentaient sous l'aspect de plaques calcaires jaunâtres, irrégulières, cassantes-
Le lobe gauche de la glande thyroïde était comme le lobe droit , remplacé par un kyste hématique aplati d'avant en arrière, ovoïde, ayant 5 centimètres de hauteur, 4 de largeur et 3 d'avant en arrière. Ce kyste était mou , ses parois celluloso-fibreuses. Le contenu était non du sang , mais une matière fibrineuse , décolorée, élastique , d'aspect gélatiniforme , nullement disposée en couches concentriques, creusée de quelques géodes remplies de sang concret pur. J'ai considéré cette matière comme le produit d'un épanchement de sang. D'ailleurs point de vestiges du lobe gauche de la glande thyroïde.
Le lobe moyen était remplacé par un kyste sanguin du volume d'un gros grain de raisin, tapissé par une matière fibrineuse cohérente. Au devant de ce kyste se voyait une petite masse jaunâtre, d'apparence graisseuse, mais nullement graisseuse, qui m'a paru le vestige du lobe moyen.
Sur un autre sujet, j'ai trouvé un kyste hémaiiquc fibreux et osseux du corps thyroïde coïncidant avec une masse cancéreuse. Un lobe (le lobe gauche) du corps thyroïde était transformé en un kyste osseux rempli de sang coagulé, du volume d'une noix ; l'autre lobe ( le lobe gauche) était converti en une énorme masse cancéreuse. Il est extrêmement probable que la transformation kysteuse du lobe gauche avait précédé l'invasion du cancer du lobe droit, et (pje c'est cette transformation ([ui l'en a préservée.
/lo Kystes hématùjues ovariens. Les kvstes liématiques ovariens sont la conséquence d'une apoplexie de Tovaire, et peut-être souvent la conséi|uence du petit foyer sanguin (lui se produit dans l'ovaire à chaque période menstruelle.
Ces kystes héraatiqnes ovariens se transforment très souvent en kystes séreux parfaitement organisés , dont la véritable origine, souvent révélée par des concrétions fibrineuses ou par la coloration bistre ou jaune orangé des parois, est quelquefois d'une détermination bien difficile. Je pense que, sous ce point de vue , l'étude des kystes de l'ovaire doit être faite sur de nouveaux frais, et il ne serait pas impossible que les kystes bématiques de Tépoque menstruelle, ou autres, fussent souvent le point de dépari des kystes de Tovaire.
De tous les kystes sanguins de l'ovaire, le plus considérable que j'aie observé est cbez une vieille femme, affectée d'un kyste de l'ovaire , qui est venue mourir dans mon service, avec tous les symptômes d'une péritonite avec étranglement. Ma pensée fut qu'il jiourrait bien se faire que les symptômes péritonitiques fussent la conséquence de l'inflammatiun du kyste de l'ovaire qui donnait à l'abdomen le développement d'une grossesse de six à sept mois. A l'autopsie, nous avons trouvé une péritonite générale, une rétention de matières dans lintestin grêle, rétention produite par un étranglement dont la source était dans une bride fibreuse. Le kyste de l'ovaire était rempli d'une matière brun-marron foncé ayant la consistance et la couleur du chocolat à l'eau. Les parois du kyste étaient extrêmement injectées, plaquées de rouge, infiltrées de sang dans leur épaisseur, et présentaient d'ailleurs la structure fibro-séreuse accoutumée. Reste à savoir si ce kyste était primitivement hématique. Je suis porté à croire que l'épanchement du sang était consécutif: c'est une question à étudier.
5° Kystes hématiques rétro'Vagi'no -utérins. On s'est beaucoup occupé, dans ces derniers temps, des kystes hématiques formés dans le cul-de-sac péritonéal intermédiaire au vagin, et à l'utérus d'une part, et au rectum d'autre part; et la chirurgie moderne a donné souvent issue avec
bonheur au sang épanché par une incision hardie pratiquée à la partie supérieure de la paroi postérieure du vagin. Mais qu'on y prenne garde, le diagnostic de pa reilles collections n'est pas toujours bien positif; et d'ailleurs fût-il aussi positif que possible , je ne crois pas que la gravité de cette collection sanguine soit telle qu'elle comporte un moyen qui n est pas sans quelque gravité. N'est-il pas plus sage d'appliquer ici la règle si prudente que Ton suit pour des collections sanguines placées aux membres, sous le cuir chevelu, et de respecter ce foyer sanguin dont la résorption se fera spontanément dans l'immense majorité des cas.
Que si, au lieu d'être un foyer sanguin , c'était une gros sesse extra-utérine siégeant dans l'excavation pelvienne, entre l'utérus et le vagin d'une part, et le rectum d'une autre part; si l'incision transversale faite à la partie supérieure de la paroi postérieure du vagin ne donnant issue à aucune matière, on faisait pratiquer une injection d'eau; el si immédiatement après celte injection survenait une péritonite, mortelle en douze heures; et si à l'autopsie on trouvait un kyste fœtal avec tous les signes d'une péritonite suraiguë , on aurait certainement bien des regrets qu'on se serait épargnés par un peu de prudence. J'ai connaissance d'un fait de ce genre. Les pièces ont été présentées à la Société anatomique.
J'ai dit que les kystes hématiques rétro-utérins, qui seraient mieux nommés rétro-vaginaux, avaient leur siège dans le cul-de-sac péritonéal situé entre le vagin et le rectum; or plusieurs observateurs admettent une variété dans laquelle le foyer sanguin aurait lieu dans le tissu cellulaire sous-péritonéal (jui revêt la face postérieure de l'utérus (1) ou plutôt celle du vagin. Dans ce cas, le sang s'inhltrerait dans le tissu cellulaire qui unit le rectum au
(i) Je ne crois pas la chose possible, vu l'adhérence extrême du péritoine aux faces antérieure et postérieure de l'utérus.
vagin, et viendrait faire saillie dans Fiine et lautre de ces cavite's, disposition qui établirait un caractère diffe'rentiel entre la tumeur hépatique intra-périiouéale et la tumeur héinaiique extra-péritonéale (1).
Quant au point de départ de ces kystes rétro-vaginoutérins, l'observation ayant démontré dans un cas les deux ovaires convertis en kystes hématiques et communiquant avec le kyste rétro -vagino-utérin, on en a conclu que le point de départ de ces kystes hématiques était dans une hémorrhagie de l'ovaire. C'est là l'opinion de M. le professeur Laugier, qui s'est beaucoup occupé de cette question et qui admet une apoplexie ovarienne ou hématocèle ovarienne avec rupture de la coque , comme origine de Thématocèle rétro-utérine; or, suivant que cette rupture de la coque ovarienne a lieu à la surface libre de l'organe ou au niveau de l'aileron du ligament large cpii soutient l'ovaire, le sang s'épanche soit dans la cavité péritonéale, soit dans le tissu cellulaire lâche qui unit les deux feuillets du ligament large. Dans ce dernier cas, le sang, obéissant à la pesanteur, dédouble les deux feuillets du ligament large et s'infiltre le long de l'utérus et le long du vagin , jusque dans le tissu cellulaire du culde-sac péritonéal.
6° Kystes hématiques du placenta. Les kystes hématiques du placenta sont toujours situés plus près de la face utérine que de la face fœtale. Ils sont constitués par une membrane d'isolement qui circonscrit le sang plus ou moins altéré dans sa couleur et dans sa consistance. Ces kystes hématiques peuvent-ils se convertir en kystes séreux ?
V Kystes hématiques du cancer encëphaloïde. Les kystes hématiques s'observent très souvent dans le cancer encé-
(i) Voyez à ce sujet la thèse de M. Piost [De l'hcmatocèle rctro-uléiinc^, 'soutenue le 3o novembre i854- Dans cet intéressant travail, l'autonc mentionne vingt-deux cas de kystes hernaliques rétro-utérins.
IM. 3/l
pîialoïde, et quelquefois ils ont un volume considérable. On les rencontre dans les encéplialoïdes viscéraux comme dans les encéphaloïdes externes. J'ai pu diap^nostiquer plusieurs fois des kystes hématiques encéphaloïdes du foie par la rapidité avec laquelle une ou plusieurs masses encéphaloïdes augmentaient de volume. Les kystes hématiques encéphaloïdes sont ordinairement sans parois, et contiennent, avec des caillots plus ou moins denses, un liquide épais, visqueux , souvent jaunâtre , quelquefois couleur chocolat.
Les kystes hématiques encéphaloïdes présentent clihiquement deux variétés bien distinctes. Tantôt ces kystes sont aphones et non pulsatiles : je veux dire que pour un grand nombre de ces kystes, Torcille, appliquée sur eux ou au voisinage, ne perçoit aucun bruit, et cjue la main n'est pas soulevée. Tantôt ils sont caractérisés : 1° par le soulfle continu avec ronflement de Tanévrysme ordinaire ; 2° par le soulèvement de la main, avec frémissement cataire. Ce souffle et ce frémissement attestent d'une manière positive la communication de quelque tronc artériel avec le fxjyer sanguin. On conçoit que ces kystes hématiques pulsatiles et susurrants, placés à Textérieur, sur le trajet d'une artère, auront pu être pris quelquelois pour un anévrysme et opérés comme tels. Ainsi, Guihrie a lié Tartère iliaque interne pour un kyste hématique encéphaloïde soufflant de l'artère fessière, kyste qu'on avait pris pour un anévrysme , etc. Je reviendrai plus tard sur ce sujet.
Je dirai en terminant ces considérations sur les kystes hématiques encéphaloïdes, (jue lorsque je trouve un kyste ht'mati(pje avec encéphaloïde , au lieu de dire que Tencéphaloïde est la c()nsé(|uence de la transibrmation ou dégénérescence des caillots sanguins, ainsi qu'on Ta dit et qu'on le répète encoie, j'aihrme de la manière la plus positive que c est aux déj)ens des vaisseaux d'un encéphaloïde que s'est formée l hémorrhagie. Le sang épanché
hors de ses réservoirs est incapable (Je ressaisir la vie qu'il a perdue.
Cela posé sur les kystes hématiques , je vais m occuper des kystes purulents.
2* ESPÈCE. Kystes adventifs purulents.
Lorsque du pus s est produit dans une région quelconque du corps, il se réunit en collection, et cette collection s'appelle abcès .- or cet abcès, c'est un kyste pseudo-membraneux d'abord, puis organisé, qui isole le pus (\es parties environnantes; et ce kyste, évidemment postérieur à la formation du pus, devient lui-même une membrane pyogénique, suivant l'expression de Delpech.
On pourrait, à la rigueur, établir une distinction entre Fabcès et le kyste purulent , et réserver le nom de kyste à la collection purulente qui a une certaine ancienneté, et dont les parois bien organisées n'ont pas de tendance manifeste à s'ouvrir en dehors et sont, à peine le siège d'une sécrétion purulente nouvelle, et consacrer le nom à^abces aux collections purulentes dont les parois unparfaitement organisées sont constamment le siège d une sécrétion purulente et tendent sans cesse à s'ouvrir au dehors.
1^ Kystes purulents du tissu cellulaire libre. Les abcès froids, les abcès par congestion, constituent une'grande catégorie de kystes purulents du tissu cellulaire libre.
Les kystes purulents des abcès par congestion ont cela de particulier, qu'ils s'accompagnent d'un trajet hstuleux plus ou moins long , qui établit une communication entre le foyer purulent et l'os carié, point de départ de la sécrétion du pus.
Lorsque les kystes purulents idiopathiques ou symptomatiques sont bien organisés, et que la sécrétion purulente est si peu considérable que l'absorption fait équilibre à la sécrétion, ces kystes purulents peuvent subsister pendant
532 ANATOMli: PATIIOLOGIQUK GKNKRALE.
LUI (jraïKl nombre cVanDées, sans subir de changement notable , sans exercer aucune influence sur Téconomie y et, dans ce cas, les kystes purulents sont flasques, incomj)îétement remplis, car leur distension coïncide presque toujours avec leur inflamn>aiian bientôt suivie de la perforation de la poche.
Ces kystes purulents chroniques, flasques, peuvent guérir spontanément, lorsque la cause qui les entretient n'existe plus. Ils reviennent peu à peu sur eux-mêmes et se conveiiissent en une petite poche contenant une matière d apparence tuberculeuse , semblable à du mastic de viti icr, souvent mêlée à du phosphate calcaire. La réduction du kysle purulent peut aller jusqu'à l'adhérence des parois, et Ton voitde vastes foyers, de vastes canaux purulents se convertir en un petit cordon cylindrique au centre duquel on retrouve piesque toujours des traces de la disposition kysteuse ou canaliculée et de la matière purulente solidifiée ; mais jamais ces poches ne se convertissent en kystes séreux (1).
"2^ Kystes purulents développés dans l'épaisseur des organes. Parmi les principaux, je citerai : 1. Les kystes purulents traumatiques ou non iraïunaiiques du cerveau, qui, une fois bien or^janisés , peuvent subsister pendant longues années sans manifester leur présence par des accidents graves. Ce n'est quelorscju'un travail fluxionnaire s'établit dans les couches cérébrales adjacentes que se développent des accidents de compression, d'irritation du cerveau presque toujours mortels.
2. Les kystes purulents pulmonaires ^ fort rares, qu'il fuit bien distinguer des kystes pleuraux interlobaires.
(i) J'ai vu un hysle purulent ll.is(|uc couàiJcraljIe à la région frontale, imuK'dialcnif'nt au-dessus <lc la raciîie du nez, chez une jeune tille de (juatoïze ana. Ce kyste puriileiit , qui datait de plusieurs arine'es , était sans doidcur, sans cljan};ement de couleur à la peau. Il coïncidait avec \mo luiiu'ui Manclie de l'arlicnlntion du coude.
S. Les kystes pwuleuls du Joie ^ qui peuvent exister à l'état latent pendant un grand nombre de mois et même d'années , et qu'il faut bien distiujjuer des kystes acépbalocystes suppures, lesquels me paraissent beaucoup plus fréquents.
3° Kystes séreux acéphalocysles ou autres transformés eu kystes purulents. Lorsque rinflammation purulente s'empare d'un kyste préexistant on non préexistant, folliculeux, séreux, acépbalocyste, ovarique , alors Je pus se mé!e à la matière contenue, et la dénature à tel poisit qu'il est quelquefois difficile, au piemier abord , de déterminer sa véritable origine. Cependant , avec un peu d'attention, on découvrira soit dans la qualité de la matière contenue, soit dans les parois du kysfe, des caractères qui révèlent la nature primitive de la lésion. Ainsi (1) dans les kystes purulents acépbalocystes , quelques lambeaux de membranes acéphalocystes mêlés au pus, quelques traces delà coque fibreuse du kyste adventif, établissent tout de suite le caractère différentiel : ainsi, dans le cas suivant, il m'a été facile de distinguer deux kystes suppures de l'ovaire du foyer purulent qui les avoisinait.
Une femme de vingt-sept ans , pbthisique au dernier degré, reçue dans mon service, en septembre 185^, présentait à l'bypogastse une tumeur molle, fluctuante , exactement limitée, que je rapportai soit à une péritonite circonscrite, soit à un phlegmon du tissu cellulaire des fosses iliaques internes.
Cette malade fut emportée par le choléra avant que j'eusse exploré par le toucher l'état du bassin. Cette femme avait eu un enfant.
A l'autopsie , je trouvai une tumeur qui remplissait l'excavation pelvienne. Cette tumeur, molle, multiloculaire , constituait une masse dont toutes les parties adhé-
(i) Voyez Ànatomxe palholGcjiijue^ avec planches, XXXVII® livraison, ^ode de guérîson des kystes acéphalocystes du foie.
raient entre elles et aux organes pelviens. Je fis enlever cette masse avec l:i synijDhysedn pubis en rasant les os du bassin, et je procédai à son étude d'avant en arrière. J'ouvris la vessie par sa paroi antérieure ; deirière elle était l'utérus parfaitement sain , intimement uni à la face postérieure de la vessie. De cbaque côté, en arrière et en haut de l'utérus, étaient deux poches parfaitement distinctes, mais intimement unies entre elles, qui remplissaient l'excavation du bassin et débordaient en haut inégalement le détroit supérieur. En voulant séparer ces deux poches, on entame l'une d'elles ; il s'échappe une matière purulente , mais cette matière purulente est visqueuse à la manière du blanc d'œuf. J'en conclus que nous avions affaire non à deux abcès, mais à deux kystes ovariques. Et, en effet, le liquide écoulé , je trouvai dans les parois de ces kystes tous les caractères des kystes de l'ovaire. Chacim d'eux tenait à l'utérus par un cordon facile à recoimaître pour le li(^ament de l'ovaire; leur face interne était tapissée par une fausse membrane.
Ce n'est pas tout. En arrière de ces kystes et au devant du rectum était un kyste purulent à parois gangreneuses et sans communication avec l'intestin. Il ne communiquait pas non plus avec les kystes ovariens ; mais, attendu (|ue la suiface externe de ces kystes faisait partie du foyer {gangreneux, il est bien possible que le point de départ de rinflammation purulente des kystes ait été dans le phlegmon gangreneux du tissu cellulaire pelvien.
ti° Kystes put ulents rétro-vagino-utérins . l^armi les kystes purulents les |)lus remarquables, je mentionnerai les abcès chroniques rétro-vagino-utérins, c'est-à-dire les abcès intermédiaires au rectum , d'une part , et à l'utérus et au vagin, d'une autre part. iMusieurs faits établissent que ces kystes j)euv(;nt rester stali(uniaires pendant j)lnsieurs années. J'ai connaissance d'un cas de ce genre dans lecpiel le kyste ftit ouvert par le vagin à l'aide du bistouri, et in-
TREIZIÈME CLASSE. DES iMÉTAMORPHOSES. 535
jecté avec la teinture d iode étendue. L'abcès se reproduisit et s'ouvrit ensuite spontanément dans le rectum. La malade mourut épuisée.
A Tautopsie , on trouva que l'abcès s'était ouvert par trois points dans le rectum.
Ces kystes purulents péri-utérins me paraissent rarement développés dans le tissu cellulaire pelvien; plus souvent ils se produisent dans la cavité même du péritoine, et, sous ce rapport , ils appartiennent aux kystes purulents des membranes séreuses dont je vais m'occuper dans un instant.
Kystes purulents ganglionnaires. Il est des kystes purulents ganglionnaires, c'est-à-dire développés au sein d'un ganglion lymphatique, qui peuvent subsister sans déterminer d'inflammation éliminalrice, un très grand nombre d'années: tels sont un certain nombre de kystes ganglionnaires cervicaux ou mésentériques.
Kystes purulents des membranes séreuses. Les plus remarquables sont ceux de la plèvre : ils constituent la plus grande partie des vomiques des anciens.
1° \^e% kystes purulents pleuraux peuvent être compris entre les parois costales et la partie correspondante de la surface des poumons, entre le poumon et le médiastin, entre la base du poumon et le diaphragme, et enfin entre les lobes du poumon.
Aux kystes purulents pleuraux on doit annexer les kystes formés autour des épanchements séreux , séropurulentset pseudo-membraneux, à la suite des pleurésies chroniques.
Rien ne ressemble davantage à un abcès développé dans l'épaisseur du poumon que les kystes purulents interlobaires, lesquels sont eu quelque sorte creusés aux dépens du poumon refoulé, flétri, au niveau de la collection ; mais on sait aujourd'hui que rien n'est plus rare (jue les grands abcès du tissu pulmonaire. La même erreur
aurait pu être commise dans un cas de kyste pleural (1) du volume d'un gros œuf de dinde, situé entre le sommet du poumon déprimé et le cul-de-sac pleural correspondant. Tout le reste de la surface du poumon avait contracté des adhérences celluleuses.
Il est facile de comprendre que ces collections purulentes kvsteuses de la plèvre sont la suite d'une pleurésie (jui s'est terminée par suppuration dans une région circonscrite et par adhésion dans le reste de son étendue. On pourrait également admettre , mais cette opinion me païaît moins probable que la précédente , une pleurésie purulente circonscrite consécutive, survenue au milieu des adhérences d'une pleurésie ancienne.
Un autre siège non moins intéressant du kyste purulent pleural , c'est la base du poumon, entre cette base et le diaphragme. Dans un cas que j'ai observé récemment dans mon service , à l'hôpital de la Charité , le kyste pieural diaphragmatic[ue, qui était situé à gauche , m'en avait imposé d'abord pour une rate volumineuse, avec d'autant plus de raison , que le malade disait avoir éprouvé , six mois auparavant, une fièvre intermittente, cpi'on avait tiaitée par le sulfate de quinine. Mais je suis convaincu que cette prétendue intermittente n'était autre chose qu'une fièvre symptomatique de la pleurésie : car je crois pouvoir donner comme démontrée la proposition suivante, à savoir, que la fièvre pleuréiique présente très souvent dans sa marche le type rémittent ou intermittent. Les kystes pleuraux purulents chroniques sont d'ailleurs souvent incomplets. La moitié pulmonaire du kyste manque. La moitié pariétale seule peut être séparée par t le secoiu'S de la dissection.
Les kystes pleuraux purulents chroniques sont souvent des Ar.f^^.s de r/ncrison. lis sont inégalement épais et pré-
(i) Présoiil'' .-1 l.i Sorif'lr ;inatomique rn novembre l849-
sentent assez fre'quemment des épaississements fibreux, ossiformes, des brides saillantes à l'intérieur. La paroi de ces kystes , qui est adhérente aux côtes, est généralement beaucoup pins épaisse que celle qui revêt le poumon. Quand ces kystes sont intermédiaires aux côtes et au poumon , ils exercent sur les premières une sorte d'attraction : les côtes sont rapprochées , se touchent par leurs bords voisins, maintenues qu'elles sont par la cui* rasse extrêmement résistante qui les revêt. Les muscles intercostaux correspondants sont devenus graisseux par atrophie.
Les kystes purulents pleuraux de guérison me paraissent un fait d'anatomie pathologique des plus importants : car il établit la possibilité de la guérison de la pleurésie purulente , pourvu que la purulence n'occupe qu une petite partie de Tétendue de la plèvre.
Voici la description d'un de ces kystes, qui peut être considéré comme un kyste purulent de guérison. Cette pièce a été présentée à la Société anatomique en mars 18.52.
Ce kyste , trouvé dans la cavité pleurale d'un cadavre , était intermédiaire aux gouttières costales, au poumon et au diaphragme, et adhérait intimement à toutes ces parties dont il ne pouvait être séparé sans solution de continuité. Il se présentait sous Taspect d'une masse dure, ostéo-fîbreuse, ayant la forme d'un cône aplati, à base accolée au diaphragme , concave du côté du poumon , convexe sur la face qui répondait aux côtes, lesquelles étaient parfaitement saines, ainsi que les muscles intercostaux.
Le membre de la Société présentateur de cette pièce, incertain sur la nature et l'origine de ce corps , voulait avoir l'opinion de la Société à ce sujet. Je reconnus tout de suite un kyste pleural de guérison, et voici ce que m'a démontré la dissection :
Cette masse ostéo-fibreuse était creusée d'une cavité à paroi extrêmement épaisse, mais dont la paroi costale était beaucoup plus épaisse que les parois pulmonaire et diaphragmatique. Ces parois étaient fibreuses, excessivement denses, ossifiées ou pétrifiées par places; mais l'ossification était beaucoup plus considérable du côté de la paroi costale que du côté du poumon. Quant à la portion de poche cpii répondait au diaphragme, elle était simplement fibreuse et mince. La cavité du kyste était remplie par une bouillie blanche, épaisse, analogue au mastic de vitrier un peu mou; et cette bouillie, sur la nature de la(|uelle il s'éleva une discussion dans la Société , me parut être le résidu d'un épanchement purulent condensé par l'absorption.
Il est donc démontré que les éj)anchements purulents dans la plèvre peuvent guérir par Tenkystement. Dans d'autres cas de kystes purulents de guérison, la matière déposée ressemble à du ujastic de vitrier desséché; et alors on lencontre prescjue toujours du phosphate calcaire en poussière , en grains ou en petits fragments. Nous verrons plus tard qu'il en est de même pour les kystes tuberculeux de guérison.
2^ Les kystes purulents péritonéaux , soit pelviens, soit iliaques, soit intermédiaires au foie et au diaphragme, soit intermédiaires aux circonvolutions intestinales , ne sont pas moins dignes d'intérêt que les kystes pleuraux.
Un des exemples les plus lemarquables de kyste purulent péi itonéal que j'aie observé, était intermédiaire au diaphragme et au foie : et conune il existait en même temps une pleurésie diaphragmatique droite, j'ai cru pendant toute la durée de la maladie avoir affaire à une; pleurésie j)urulente, et ce n'est qu'à la fin (jue j'ai soujiçonné l'existence soit d'une péritonite circonscrite au diaphragme et au foie, soit d'un abcès hépatique.
A lautopsie, j'ai trouvé: 1" un kyste séro-albumineux,
contenant un verre au moins de liquide intermédiaire à la base du poumon et au diaphragme, et occupant la partie postérieure de la cavité pleurale; 2^ un kyste [)urulent intermédiaire au foie et aux six dernières côtes. Au premier abord, on aurait dit que le foyer purulent était développé dans l'épaisseur du foie; car le foie, profondément excavé, paraissait érodé ; mais cette érosion apparente, cet aspect chagriné de la surface interne du kyste appartenait au kyste lui-même, et non point au tissu du foie, qui était parfaitement sain.
3* ESPÈCE. Kystes tuberculeux.
Les kystes tuberculeux peuvent être observés dans diverses périodes de Taflection tuberculeuse. Il est des kystes tuberculeux primitifs , c'est-à-dire des tubercules enkystés dès le premier moment de leur formation : ainsi je regarde les tubercules miliaires, qui se présentent sous l'aspect de petits grains de mil , isolés au milieu des vésicules pulmonaires saines , comme de petits kystes formés par une vésicule pulmonaire. Ces petits kystes granuleux appartiennent donc à la classe des kystes préexistants. Mais il est un autre mode d'enkystement qui est consécutif k Tapparition des tubercules, et qui se produit aux diverses périodes de leur développement. Ainsi une masse plus ou moins considérable de granulations ou de tubercules se trouve entourée d'un tissu sain qui a échappé à l'inflammation tuberculeuse, et qui leur forme une poche de circonscription qui l'isole des parties environnantes et qui prévient la propagation du travail tuberculeux par continuité de tissu. C'est là la source de ces kystes tuberculeux , stéatomateux , plâtreux , phosphatiques , qu'on rencontre si souvent dans le poumou, et qui sont le principal moyen de guérison de Ti^ffection tuberculeuse [kystes tuberculeux de guérison).
Un grand nombre de kystes tuberculeux conse'cutils sont en communication avec les bionches.
Le type le plus remarquable des kystes tuberculeux consécutifs que j'aie rencontré est sur le poumon d'un veau. Ces kystes, entourés d'un tissu parfoitement sain, étaient sphcroïdaux , du volume d'un gros pois cbiche, isolés ou groupés; et dans ce dernier cas, ajîlatis {)ar la face par laquelle ils se tourbaient , mais indépendants. Ils étaient très durs au toucher, facilement énucléables ; l'enveloppe kysteuse était très épaisse , à parois très résistantes ; le contenu était une matière crétacée, tantôt pulvérulente, tantôt calculeuse , mêlée à une matière {)ultacée semblable à du mastic de vitrier, en proportion plus ou moins considérable. Je le répète, je considère ces kystes tuberculeux comme des kystes de guérison.
Kystes tuberculeux des ganglions lymphatiques. Les ganglions lymphatiques se convertissent souvent en des kystes tuberculeux , ou bien en des kystes à la fois tuberculeux et purulents.
Chez un jeune phthisique de dix-huit ans , j'ai trouvé la plupart des ganglions lymphatiques qui longeaient les bords du sternum remplacés par autant de kystes tuberculeux Ixjrraés par une membrane très ténue, mais très résistante , et remplis [)ar une matière blanc jaunâtre de la consistance d'une purée épaisse. ïl ne restait aucun vestige du tissu propre du ganglion. L'un de ces kystes ganglionnaires s'était ouvert pendant la vie à droite de l'appendice xiphoïde , si bien que j'avais pensé que le trajet fistuleux devait avoir pour point de départ une carie de (pielque côte ou de quehjue cartilage. Il n'en était rien. C'était une fistule ganglionnaire cutanée.
V\\QZ ce même sujet, il existait également un kyste tuberculeux, oblong, cylindroïde, qui occupait toute la loii' gueur du trajet inguinal. Je m'étais assuré plusieurs fois pendant la vie que cette poche de consistance pâteuse
TtîEIZlÈMK CLASSE. DES MÉTAMORPHOSES. 5/|1
était irréductible : c'était un kyste contenant une matière grumeleuse, situé au devant du cordon sperniatique. Je l'ai considéré comme appartenant à un ancien sac herniaire. Plusieurs des ganglions situés derrière l'arcade crurale et le long des vaisseaux iliaques étaient également convertis en kystes contenant une matière de consistance de purée.
Combien de fois n'ai-je pas rencontré les ganglions mésentériques ou lombaires convertis en kystes plus ou moins volumineux à parois denses, fibreuses, contenant une matière analogue au mastic de vitrier, avec ou sans concrétions calcaires. Je n'ai pas observé moins souvent la même altéiation dans les ganglions bronchiques. Ces kystes sont souvent multiloculaires. J'ai dit qu'un grand nombre de kystes ganglionnaires sont à la fois purulents et tuberculeux ; nous verrons plus tard les raisons de cette affinité entre le pus proprement dit et la matière tuberculeuse.
Ces kystes ganglionnaires tuberculeux peuvent-ils se transformer en kystes séreux ? Je n'en connais pas d'observation positive (1).
4*^ ESPÈCE. Kystes adventifs du cancer et des corps fibreux.
Il est des masses cancéreuses qui se développent au milieu des organes sans présenter de kystes d'isolement : ces cancers akystiques s'étendent avec une grande rapi-
(i) Est-ce à un kyste ganglionnaire primitivement tuberculeux qu'il faut rapporter le kyste cervical ovoïde, haut de 3 centimètres, large de moitié, appuyé au devant de la moitié gauche de la trachée et de l'origine de la carotide gauche , se terminant en bas au niveau de l'articulation sterno-claviculaire, kyste décrit par M. Richard (tome IIÏ, page 38, Mémoires de la Société de c/aVinv/je)? Cet excellent observaleur, ayant trouvé du côté oppose' un ganglion lymphatique qui taisait pour ainsi dire le pendant du kyste, en a conclu que le point de de'parl de ce kyste Ptait un ganglion lymphatique.
blÙ. ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
dite. Il en est d'autres, au contraire, qui sont enveloppés par un kyste d'isolement qui prévient l'extension de l'altération cancéreuse par continuité de tissu. Ce kyste d'isolement est- il primitif, est-il consécutif? C'est une question difficile à résoudre. Toujours est-il que les cancers enkystés font des progrès beaucoup moins rapides que les cancers non enkystés. Et si, comme plusieurs faits semblent findiquer, il existe des cancers primitivement locaux, c'est-à-dire des cancers qui pendant une ceitaine partie de leur existence sont indépendants d'un vice constitutionnel, et qui ne repullulent pas après l'extirpation, c'est seulement dans le cas d'enkystement.
Je ferai remarquer que les kystes adventifs du cancer ne sont nullement libres ni par leur surface externe, ni par leur surface interne. On pourrait les appeler kystes a dveii t ifs a d/i éren ts .
J'établirai entre les corps fibreux, sous le rapport de l'enkystement , la même distinction qu'entre les cancers : les uns sont enkystés, c'est-à-dire enveloppés d'une membrane d'isolement; les autres semblent déposés au milieu des organes sans membrane d'isolement. Les premiers sont lisses à leur surface et mobiles à l'aide d'un tissu cellulaire plus ou moins lâcbe, lequel est quelquefois disposé en bourse séreuse multiloculaire ; les seconds sont inégaux à leur surface et continus à Torgane au milieu duquel ils sont déveloj)pés. Le kyste adventif d'isolement des corps fibreux est toujours adbérent par sa face interne, et cette adbérence est généralement plus serrée que celle de la surface externe.
Une page intéressante dans l'bistoire des cancers et des corps fibreux , ce serait le développement des kystes au sein des cancers et des corps fibreux. Je dois dire, par anticipation, que tantôt ces kystes sont bien organisés et peuvent être isolés par la dissection, que tantôt ce sont des cavités closes sans parois. Un grand nombre de
THEIZIÈME (jLASSfc. UKS MÉTAMORPHOSES. 54â
ces kystes m'ont paru la conséquence de kystes héniatiques.
5' ESPÈCE. Kystes formés autour des corps étrangers non vivants venus
du dehors.
Tout corps étranger, chimiquement ou mécaniquement inoffensif, déposé au milieu de nos tissus, s'enkyste, et cet enkyslement qui Tisole des parties environnantes ne lui permet d'exercer aucune action nuisible sur elles. Morgagni dit avoir trouvé ce qu'il appelle un follicule membraneux autour d'une balle reçue trente ans auparavant. Bayle parle d'une balle de mousquet renleimée dans un kyste accidentel et placée au milieu d'un lobe pulmonaire sain. Broussais trouva une balle enkystée au milieu du poumon d'un pblbisique. Cette balle avait été reçue six ans auparavant- La question de savoir si cette balle avait concouru au développement de la phthisie pulmonaire me paraît devoir être résolue négativement. Une balle enkystée n'est plus pour les tissus ambiants un corps étranger. Doit-on admettre que le corps étranger enkysté ne donne lieu à la phtbisie pulmonaire que chez les sujets qui y sont prédisposés, ainsi que Ta dit Hipp. Royer-Gollard (1) pour des corps étrangers introduits dans les voies aériennes (un clou, un os de poulet). Je ne serais pas éloiîîné de le croire.
6* ESPÈCE. Kystes formés autour des corps étrangers vivants produits
au dedans de nous.
Ce sont : 1° les kystes des cysticerques ; 2° les kystes des acéphalocystes; o" les kystes formés autour d'un Jœtus ou des débris d'un fœtus.
(i) Bulletins de la Société anatomicjue, i" année, 1826, p. 26,
^^aU ANATOMIF. PATHOLOGIQUF. GÉNÉRALE.
\re SOUS-ESPÈCE. Kystcs dcs c\ sliccrques.
Le kyste adventif des cysiicerques est toujours celluleux , mince, transparent et exactement moulé sur Tentozoaire dont il représente la forme et le volume (1). Jamais il n'existe la moindre quantité de sérosité entre le cysticerque et le kyste adventif.
La présence du kyste adventif est la règle; mais, d'une autre part , il est démontré par des faits irrécusables qu'il existe des cysiicerques akystiques, c'est-à-dire dépourvus de kystes d'enveloppement (2). Tel , par exemple , le cysticerque observé dans la chambre antérieure de Toeil humain. J'ai rencontré plusieurs fois dans le tissu cellulaire sous-arachnoï(Jien des cysticerques akystiques : donc la présence d'un kyste adventif n'est pas nécessairement liée à l'existence des cysticerques ; donc le kyste d'enveloppement du cysticerque est consécutif ou adventif (3).
Il est mort dans mon service , en octobre 1853 , un individu chez lequel j'avais observé un très grand nombre de petites indurations ou tubercules du volume d'un petit pois, soit dans l'épaisseur de la peau , soit dans le tissu cellulaire sous-cutané. C'étaient des tubercules indolents que j'avais soupçonné appartenir à un entozoaire , au cysticercpie ou au Trichina spiralis. M. Leudet, qui fit l'ouverture du cadavre en mon absence, a en effet trouvé que chacun de ces tubercules était formé par un cysticer(|ue enkysté. Il m'a remis un certain nombre de ces
(i) Voyez t. II, p. 83 de cet ouvraj^o.
(9.) Loc. f/f., p. 86.
(3) Il a c'l(; prcs(Mile à la Sociéli' anatomi(|ue, en o'^tohre 184^, un kyste cysticerque qui s'était dcveloppé sur la pommette par suite d'un coup reçu cinq ans auparavant. En opposition avec ce qui se voit ordinairement, le kyste a<lveniif était rpais pt vasculaire.
trfjziemp: classe, des métamorphoses. 5/i5
kystes que j'ai examinés avec soin et qui présentaient tous le même caractère.
Il est bon de faire remarquer que jamais on n'a trouvé plusieurs cysticerques dans le même kyste. Chaque cysticerque a son kyste propre,
2e SOUS-ESPÈCE. Kysle advciitif de racéphalocyste (i).
Et d^abord les kystes d'enveloppe des acéphalocystes sont bien des kystes adventifs ou consécutif s .C^iiQ proposition est prouvée par les faits nombreux qui établissent qu'un certain nombre d'acéphalocystes ont été trouvés libres au milieu des tissus sans kyste d'isolement : mais je dois faire observer que ces acéphalocystes akystiques sont toujours sohtaires et stériles, jamais multiples ou prolifères. C'est dans le cerveau , mais surtout dans les poumons que j'ai eu le plus souvent occasion de rencontrer des acéphalocystes akystiques.
Dans ce cas , le tissu ambiant de l'organe est dissocié , éparpillé autour de Fentozoaire acéphalocystique sans présenter le moindre travail morbide. Ainsi, dans les acéphalocystes akystiques pulmonaires , les vaisseaux sanguins et les bronches rampent, dénudés et comme disséqués, à la surface interne de cette cavité close pulmonaire sans parois : dans un cas où l'acéphalocyste était superficielle, la plèvre pulmonaire soulevée avait été en quelque sorte disséquée par Fentozoaire , pour constituer la plus grande partie de sa cavité de réception. Cette plèvre pulmonaire était tellement adhérente à la plèvre costale , qu'elle s'est rompue lorsqu'on a voulu détacher le poumon et que l'acéphalocyste est tombée dans la cavité pleurale.
Or, du moment qu'il existe des acéphalocystes akystiques, il suit que les kystes qui enveloppent le plus
II) Je l'ai sominaiieuient dcc^rit toine II, page 8<) de col ouvrape, à l'occasion dos acéphalocystes et échinocofpies,