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C. Des kystes pileux de l'ovaire

Les kystes pileux de l'ovaire sont constitués par des poches fibreuses bien évidemment formées aux dépens de l'ovaire, et contenant, avec une matière grasse de la consistance de l'axonge, des cheveux, des dents, des portions de scjuelette plus ou moins reconnaissables, quelquefois des portions de peau adhérentes aux parois du kyste : dans un cas, j'y ai rencontré des ongles déformés.

Les cas représentés XVilP livr., planches 3, 6 et 5, peuvent servir de type à cette remarquable lésion dont voici les caractères anatomiques les plus généraux :

1° Sous le rapport du volume, ces kystes présentent de nombreuses variétés , depuis le volume de la tête d'un adulte jusqu'à celui d'un œuf de pigeon : dans un cas dont l'ovaire présentait à peu de chose près son volume ordi" naire, mais dont la consistance pâteuse inaccoutumée, éveilla mon attention , je fus étrangement surpris de voir qu'il était converti en kyste pileux. J'ai fait représenter au bas de la planche 6, XXXVI» livraison, un cas de ce genre.

décrit dans mes notes sous le tllre de kyste contenant un fœtus desséché : point (le poils^ point de matière grasse.

M. Piginé m'apporta une tumeur qu'il avait trouvée dans le bassin d'une vieille femme. Cette tumeur ctnit lihre, mais elle avait du être adluMcnte par un pédicule ; car il existait h sa surface un point lacéré. Cette tumeur aplatie, du volume d'une pomme, ayant été divisée, j'ai trouvé dans la poclie fibreuse et dense qui la circonscrivait un fœtus momifié à peu près complet ; on y reconnaissait parfaitement la tête pourvue seulement d'une dcmi-rnâchoire inférieure, les côtes, les membres su[)érieurs et inférieurs, des traces de tous les viscères, et plus particulièrement des intestins. Il était évident que ce fœtus avait été soumis à une forte compression , qui l'avait aplati latéralement , en même temps qu'elle l'avait en quelque sorte roulé circulairement autour de lui-même, on exaj'érant sa courbe normale, et appliqué fortement les unes contre les autres ses diverses parties , comme si la poche qui le contenait avait été contractile, I/ossification était celle d'un fœtus de quatre à r'in(| mois.

Les poils sont adhérents ou libres. Les poils libres sont disséminés ou enchevêtrés au milieu de la matière grasse, à la manière de la bourre dans du mortier. Les poils adhérents tiennent au kyste : 1° par une de leurs extrémités ; 2^ par un des points de leur longueur. Les premiers sont pourvus d'un bulbe pileux parfaitement organisé; les seconds en sont dépourvus.

Les poils dépourvus de bulbe pileux peuvent être maintenus : 1° à laide d'un anneau ou d'un cylindre fibreux dans lequel ils sont libres et glissent avec la plus grande facilité ; l'^ à l'aide d'une couche fibreuse très ténue et comme transparente , formée par les parois du kyste. Il n'est même pas rare de voir des poils très courts contenus en entier dans l'épaisseur de ces parois. Les poils sont quelquefois adhérents aux parois du kyste à l'aide de plaques crétacées qui les fixent solidement, et dans ce cas ils sont presque toujours groupés en plus ou moins grand nombre.

La couleur des poils enkystés est en général rousse, blonde : il n'est pas rare cependant d'en voir d'une couleur châtain foncé et même noire. Le même poil peut affecter diverses nuances de coloration dans les différents points de sa longueur.

Les poils du kyste pileux de l'ovaire présentent de très grandes différences de longueur, depuis quelques lignes jusqu'à plusieurs pieds ; il en est qui ne le cèdent pas aux cheveux les plus longs. Tel est le cas représenté planche 5, XVIIP livr.,que j'ai dû à l'obligeance du regrettable Blandin.Une grosse mèche de cheveux bien peignés, d'une couleur châtain foncé, naissait de la paroi interne du kyste et formait bieiUôt une grosse masse ovoïde constituée par des cheveux intriqués et comme feutrés, qu'il a été facile de démêler, et qui ont une longueur vraiment extraordinaire. J'ai déposé la pièce au musée Dupuytren.

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Pour débarrasser les poils de la matière grasse, il suffit de ploiifjer la masse enkystée dans l'huile essentielle de térébenthine. Alors les poiîs se présentent sous la forme d'un feutre, assez analogue, sauf !a consistance, à ces boules de poils des ruminants connues sous le nomdV^agropiles (1).

Les parois du kyste pileux sont très denses , très épaisses, et peuvent en général être divisées en plusieurs couches sujierposées ; leur structure est fibreuse ; leur surface interne est quelquefois lisse, le plus souvent inégale , rugueuse , parsemée de plaques cartilagineuses et crétacées. A cette surface interne sont attachés un plus ou moins grand nombre de poils, tantôt isolés, tantôt groupés en petites mèches. 11 est rare de trouver des kystes pileux sans quelques poils adhérents. Les parois de ces kystes sont (juelquefois altérées dans leur organisation, et alors tantôt elles sont usées par un travail d'élimination, tantôt elles sont le siège d'une altération stéalomateuse analogue à celle c[ue subissent les parois artérielles et les poches des anévrysmes.

Le plus grand nombre des kystes pileux ovariques ne renferme que des poils. Il en est d'autres qui contiennent des dents en même temps (jue des poils. Je ne connais pas d'exemples de kyste ovarique avec dents qui fût dépourvu de poils.

Dans tous les cas de kystes pileux que j'ai observés , les dents présentaient tous les caractères des dents de la première dentition : leui' couronne libre proéminait dans l'intérieur du kyste; leurs racines, parfaitement développées, cpielquefois inlléchies, contournées ou soudées entre elles, étaient contenues dans des alvéoles suj)portés par un fragment osseux plus ou moins considérable , caché

(i) Voyci^ '<- T^'^PP^*''^ irnporlaut fait à l'Acaclc-rnie sur ce sujet, par M. Guibourt (/^u/Zt-fi/.. de i Académie de mcdecuic^ l*aris, i853, l. XVIII, pa{j. 323 et suiv.).

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dans Tépaisseur des parois du kyste , et ce fragment osseux ma paru dans plusieurs cas appartenir à Fos maxillaire supérieur.

Il existe quelques exemples où des dents semblables à celles de la deuxième dentition existaient en même temps que des dents semblables à celles de la première. Tel est le cas rapporté par Anderson. Deux dents de lait étaient libres dans la cavité du kyste , tandis qu'une troisième dent , semblable aux dents permanentes , adhérait aux parois. On trouve d'ailleurs dans les kystes pileux les trois espèces de dents. Lorsqu'il n'y a que deux dents , ce sont toujours des dents voisines , telles qu'une incisive et une canine ; une canine et une petite molaire.

Le nombre des dents trouvées dans les kystes pileux varie beaucoup ; le plus souvent elles sont au nombre de deux , quelquefois on n'en rencontre qu'une seule : il en existe d'autres lois trois, cinq, six et même bien davantage.

Cleghorn, cité par Meckel , a trouvé quarante-quatre dents dont plusieurs étaient des dents de lait , et d'autres des dents permanentes. Ploucquet et Autenriet parlent d'une jeune femme de vingt-deux ans, stérile, dont l'ovaire, qui pesait plus de vingt livres, renfermait trois cents dénis, outre une multitude d'os informes, dentelés et disséminés les uns dans les noyaux cartilagineux, les autres dans des membranes vasculaires. J'avoue que, malgré Tautorilé des observateurs que je viens de citer, je ne pourrais donner mon adhésion à de pareils faits , sans avoir les pièces de conviction sous les yeux.

La présence des dents suppose toujours la présence d'un os maxillaire, lequel se trouve souvent soudé à d'autres os. Il m'a été quelquefois possible de reconnaître dans l'os d'implantation un fragment d'os maxillaire soit supérieur, soit inférieur; mais il m'a toujours été impossible de déterminer d'autres os dans les masses osseuses,

(|uelquefois assez considérables, que j'ai rencoiilrées dans les kystes pileux.

Le fait représenté planche 5, XVIIT livraison, prouve qu'indépendamment des poils , des dents et des os , on peut trouver dans les kystes pileux des ongles , et par conséquent toutes les productions cornées ou calcaires de l'espèce humaine. L'anatomie pathoio^jique comparée a permis de voir que les kystes analogues observés chez les animaux contiennent de la laine chez la brebis, des plumes chez les oiseaux, de la bourre chez le bœuf.

Tous les kystes pileux pourvus de dents m'ont présenté une bride fort remarquable à Tune des extrémités de laquelle répondaient les dents et les os d'implantation. Cette bride n'existait dans aucun des kystes simplement pileux que j'ai observés.

Dans un certain nombre de kystes pileux, j'ai trouvé la face interne du kyste tapissée dans un espace limité par un tissu cutané parfaite? nent distinct. Dans un cas, le tissu cutané constituait une sorte de tumeur j^édiculée.

Dans le cas représenté planche 5, XV IIP livraison, le tissu cutané qui tapissait une assez grande étendue du kyste était doublé par du tissu adipeux, et recouvrait le petit squelette informe subjacent.

La peau des kystes pileux est remarquable par le développement des trous ou pores à travers lesquels on voit sortir les poils. Le cuir chevelu est la seule partie de la peau où cette disposition soit aussi prononcée , et je suis disposé à considérer comme appartenant constamment ou presque constamment au cuir chevelu les débris de peau trouvés dans les kystes pileux : en effet, les poils des kystes j)ileux ont beaucoup plus de rapports avec les cheveux qu'avec les poils proprement dits : je ne les ai jamais vus crépus et fiisés, comme ceux des pubis, par exemple. Kst-il besoin de réfuter l'opinion de Bauhin, (jui, ayant noté des poils blancs fixés à la tunique interne d'un kyste

de l'ovaire , chez une feiiiirie dont le pubis était dépourvu de poils, crut que la présence de ces poils était le fait d'une transposition.

La présence du tissu cutané dans un cerlain nombre de kystes pileux étant une fois démontrée, celle des poils n'a rien qui doive nous surprendre : et bien que le plus grand nombre des kystes pileux soit dépourvu de tissu cutané, n'est-on pas en droit de conclure , par analogie , que ce tissu cutané a existé, mais qu'il a été transformé en tissu fibreux , par suite du développement de la tumeur?

La présence constante dans les kystes ovariques d'une matière grasse, à laquelle on pourrait trouver quelque analogie avec l'enduit qui recouvre le corps du foetus, est bien difficile à expliquer. Si les kystes contenaient toujours du tissu cutané , on pourrait se demander si cette matière grasse ne serait pas le produit de la sécrétion des follicules ou cryptes de la peauî^

On croyait généralement que la matière grasse ou adipocire, était le terme commun de la putréfaction de toutes les substances animales ; le mot de gras de cadavre est consacré à cette transformation ; mais c'est là une erreur : la graisse déposée dans le tissu cellulaire et la graisse des os , voilà l'unique source de la graisse trouvée dans les cercueils. P^n serait-il de même de celle trouvée dans les kystes de l'ovaire? Certainement. La matière grasse est un produit de sécrétion trop répandu dans l'économie pour qu'on doive chercher une autre explication de sa production. Ce qu'il y a de certain , c'est que la matière grasse accompagne constamment la présence des poils ou cheveux, dans les kystes.

Considérés sous le point de vue clinique, les kystes

pileux ovariques peuvent rester stationnaires pendant

trente , quarante ans sans manifester leur présence : et à

l'exception des cas où par leur volume considérable ils

ont fixé l attention du médecin ou de la malade, c'est presque toujours Je hasard c|ui les a fait découvrir sur le corps de femmes qui pendant leur vie n'avaient accusé ni gène, ni douleur du côté de la région pelvienne ou liypogastrique.

Lors(jue les kystes pileux ovariques sont volumineux, ils peuvent exercer sur les organes environnants une compression qui eniiave plus ou moins leurs fonctions, mais d'une manière purement mécanicjue.

Les kystes pileux peuvent être le siège d'un travail inflammatoire. Des adhérences peuvent s'établir entre ces kystes et les parties environnantes; et suivant que l'adhérence aura lieu avec le lectum, avec ia vessie , avec le vagin , avec Tutérus , ces kystes pourront s ouvrir dans l'une ou dans l'autre de ces cavités , ou bien se faire jour à l'extérieur, si la tumeur s'est dirigée du côté des parois abdominales : alors seulement l'art pourra intervenir pour faciliter la sortie des parties contenues dans la poche et obtenir l'adhésion de ses [)arois.

Dans un cas présenté en juillet 185^ à la Société anatomique, le kyste pdeux ovarien devint le siège d'une sécrétion séreuse abondante; il augmenta donc beaucoup de volume, et j)rc'senta pendant la vie de la malade un phénomène fort remar(pial)le, celui du ballottement, et l'on put reconnaître, à l aide d'une exploration attentive, ([ue le corps déplacé était peu volumineux et léger, et par consécpient n'était pas un fœtus. La malade étant morte du choléra, on trouva un kyste séreux très considérable contenant de petits poils et des masses adipeuses libres qui nageaient au milieu du licpiide. C'étaient ces masses adipeuses qui avaientdonné lieu à la sensation deballottement.

Connnent expli(iuer la formation des kystes |)ileux de

'ovaire?

Les |)oils sont une production épidermique exclusivement propre au tissu cutané. Or, dans les kystes pileux,

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tantôt les poils sont implantés dans un tissu cutané parfaitement organisé qui tapisse la poche, chaque poil étant pourvu de son bulbe pileux, tantôt ils sont libres au milieu du kyste ou lui adhèrent seulement par un des points de leur longueur. Dans le premier cas, point de difficultés ; mais dans le second cas, dirons-nous que les poils se sont formés de toutes pièces au milieu de la matière grasse qui remplit le kyste ? N'est-il pas plus rationnel d'admettre que les poils libres ont été produits par un tissu cutané , lequel aura été détruit ou plutôt transformé en tissu fibreux , par suite d'un travail morbide qui aura eu lieu dans ces poches accidentelles ?

La production des poils dans les kystes pileux pourrait donc s'expliquer parfaitement par la présence d'un tissu cutané de nouvelle formation. Resterait alors la question de savoir si un tissu aussi complexe que celui de la peau peut se produire accidentellement avec toutes ses dépendances et nommément avec les bulbes pileux. Mais comment avec cette théorie se rendre compte : 1*^ de la présence des dents ; 2° de la présence des os dans les kystes ovariques et quelquefois d'un squelette très compliqué. (Voy. pi. 5, XVlir livr.)

La production des dents suppose celle des bulbes dentaires. Ces dents sont toujours maintenues dans des alvéoles : ces alvéoles sont soutenues par des fragments osseux qu'il m'a été facile , dans un grand nombre de cas, de reconnaître pour des portions d'os maxillaires, et même une fois j'ai reconnu le trou sous-orbitaire du maxillaire supérieur.

Le nombre des dents varie : les fragments osseux varient aussi pour le nombre, la forme et le volume.

Dans tous les cas que j'ai observés , les dents ressemblaient exactement aux dents de la première dentition, jamais à celles de la seconde.

Admettrons-nous que des fragments d'os maxillaires et

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que des dents soient une production accidenelle qui puisse naître de la surface interne d'un kyste à la manière d'une végétation fibreuse ou autre? Une pareille interprétation répugnerait à toutes les lois qui président aux métamorphoses et productions organicpies, lesquelles ne dépassent pas le cercle des tissus celiuleux, fibreux, cartilagineux et osseux. Jamais un nerf, jamais un muscle, et à plus forte raison jamais un bulbe dentaire, ne se produisent de toutes pièces (1).

La concej)tion extra -utérine pour Timmense majorité des cas de kystes pileux ovariques , Tinclusion parasitaire poiu' quelques cas , me paraissent répondre pleinement à tous les faits ; et voici comment les choses doivent se passer : Une conception extra-utérine ovarienne a lieu : sous Tinfluence d'une cause difficile à déterminer, une adhérence s'étal)lit, dès les premiers temps de la conception , entre les parois du kyste et l'embryon. Cette adhérence est accompagnée de la destruction plus ou moins coniplète de l'embi yon lui-même : or, tantôt il ne reste de l'embryon que la peau (jui revêt une étendue plus ou moins considérable des j)arois du kyste, ei alors le kyste est simplement pileux; tantôt avec la peau (et j'ai dit que c'était surtout la peau du cuir* chevelu) il leste une |)ortion plus ou moins considérable de mâchoire supérieure ou inférieure, ou même des autres os du squelette.

Cette explication rend parfaitement compte des kystes pileux avec ou sans débris de fœtus qui occupent les ovaires , les tromj)es , la cavité abdominale chez les femmes

(i) Je ne saurais admettre (jii'il existe certains états pathoIof;ic|ues dans les(|uels peuvent se développer des dents, des os, des ilieveux, en Kii mol des prcKliiits nioiLides (jui ressemblent à i{e:i débiis de fœtus : je M(; sanr;iis non plus admettre, avec IMeckel , (pie les kystes pileux iniissent être le r('sultat d'une excitation contre nature des or^^ines (jénitanx indépendante de la copulation , ou dune conception incomplète.

qui ont dépassé répoque de la puberté ; mais elle est complètement en défaut pour les kystes pileux ovariens observés chez de jeunes filles non pubères et pour les kystes pileux observés dans d'autres régions, par exemple, dans Tépaisseur du foie, de Tépiploon : elle serait un nonsens pour les kystes contenant des débris de fœtus observés chez l'homme (je n'ai jamais trouvé chez Thomme de kystes pileux proprement dits) : or, dans ces divers cas, Tinclusion parasitaire peut seule rendre com})te de la présence de kystes contenant des débris plus ou moins considérables de fœtus.

Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit à ce sujet (classe des Adhésions; kystes parasitaires^ t. I, p. 363), et je pense comme alors , que si les kystes pileux ovariques doivent être rapportés, dans un certain nombre de cas, à la monstruosité parasitaire , ils sont bien plus souvent la conséquence d'une conception extra-utérine, que l'identité de la lésion n'exclut pas ce double mode d'origine; car ce qui importe essentiellement ici, c'est le germe fécondé : or, que ce germe fécondé soit contemporain de l'individu porteur, ou qu'il soit le résultat d'une conception extra-utérine, il y a toujours unité de cause; et la pénétration d'un germe , d'une part , et la conception extra-utérine d'une autre part , ne sont que la double voie par laquelle le germe fécondé est déposé dans l'ovaire.

Le grand phénomène de l'adhésion rend donc un compte parfait des kystes parasitaires et des kystes qui sont le produit d'une conce[)tion extra-utérine. J'ai démontré ailleurs (1) que ce grand phénomène de l'adhésion pouvait s'accomplir non-seulement entre les diverses parties d'un même individu , mais encore d'individu à individu; que les monstres doubles n'étaient autre chose que deux fœtus

(i) Tome I, classe des Adhésions,

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adhérents entre eux ; que ces adhérences présentaient les déférés les plus divers, depuis le simple accolement superficiel cutané de deux individus , jusqu'à la fusion complète, jusqua Tinclusion de l'un des individus dans le corps d'un autre individu , inclusion scrotale , inclusion abdominale, etc.

Eh bien ! les kystes pileux ovariques, qu'ils appartiennent à l'inclusion parasitaire ou à la conception extrautérine , sont également le résultat de l'adhésion de deux individus, savoir : du produit de la conception qui est resté fécondé dans Tovaire et de l'ovaire lui-méine.

Pour que le kyste pileux de l'ovaire se produise, il faut que la fusion de l'individu inclus ou du produit de la conception se fasse d'une manière aussi complète que possible , et par conséquent qu'elle ait lieu dans les premiers temps de la conception , à Tépoque embryonnaire : une fusion adhésive à une époque plus avancée n'engendrerait pas de kystes pileux dans aucun cas.

La question étant envisagée sous ce point de vue général , il y a |)arité entre linclusion kystique qui a lieu entre deux fœtus contemj)orains et l'inclusion kystique qui a lieu entre un produit de conception et l'ovaire maternel ; il y a deux individus dans l'un et l'autre cas; la différence est dans la contemporanéité de l'individu porteur et de l'individu inclus, dans le premier cas, et dans Torigirie j)ar génération de l'individu inclus par l'individu porteur dans le deuxième cas.

Des poils, des dents, des débris de mâchoire, des os plus ou moins informes, des lambeaux de tissu cutané, de cuir chevelu, sont pres(jue toujours le seul vestige de la présence antérieure d'un foetus : et les cas les plus compliqués sout l'explication toute naturelle des cas les plus siujpU.'S, (les cas de kyste ovari(pie dans l'intérieur des- (juels on ne trouve que de la matière giasse et des poils.

Une dernière question plus générale est relative aux

kystes simplement pileux à quelque région qu'ils appartiennent. Tout kyste ovaricpie ou non ovarique simplement pileux et complètement dépourvu de débris de fœtus, reconnaît-il pour cause un germe fécondé? La série des faits relatifs aux kystes de Tovaire semble de voir répondre affirmativement à cette question; car elle présente tous les degrés de composition de ces kystes , depuis la présence non équivoque des débris d'un fœtus jusqu'à l'existence de quelques poils. Mais en debors des kystes de l'ovaire (1) , je pense qu'il faut rejeter la présence d'un germe fécondé comme point de départ des kystes pileux,et au lieu de supposer que dans ce cas toutes les parties d'un fœtus inclus ont été détruites , moins un fragment de peau qui a pris racine à la surface interne du kyste ; bypothèse pour hypotbèse , il est plus rationnel d'admettre la production spontanée dans l'économie d'un kyste à parois cutanées.

Voici un fait de kyste cutané pileux , observé dans l'épaisseur du tissu adipeux sous-cutané d'un bœuf très gras, qui me paraît confirmatif de cette manière de voir.

Ce kyste , présenté à la Société anatomique , en mars 185^, a été découvert par basard au milieu du tissu adipeux sous-cutaué de la partie latérale du tronc, au-dessous de la région axillaire ; ce kyste était accolé à un très gros ganglion lymphatique , facile à en séparer par le secours de la dissection; il était bémispbérique et avait le volume d'une pomme d'api. Il était rempli par des poils ou plutôt par des cheveux artistement enroulés sur eux-mêmes à couches concentriques , absolument comme dans les papillottes les mieux soignées. Point de feutrage; une matière grumeleuse d'un jaune sale était déposée en assez grande quantité au milieu des

(i) Il est même plus sage de suspendre encore son jugement relativement aux kystes pileux simples de l'ovaire.

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cheveux. Elle formait aussi une couche assez épaisse sur les f>arois du kyste; cette matière grumeleuse n'était nullement graisseuse, elle ne graissait ni le linge ni le papier; elle n'était pas susce|)tible de combustion. Le papier sur lecpjel j'en avais déposé une ])eiite quantité brûla tout entier, excepté dans le point occupé par cette matière.

Les poils contenus dans la poche sont roides comme les poils de la crinière : les uns sont blancs, c'est le plus petit nombre; les autres sont roux. La matière grumeleuse présentait la même nuance de couleur que ces derniers.

La |)lupart de ces poils sont libres; la masse pileuse fjni remplit le kyste peut être enlevée en presque totalité et ri^îprésente assez bien la forme d'un nid de pigeon par sa forme générale, commeaussi par l'enroulementde ses poils.

Indépendamment des poils libres qui constituaient la masse pileuse dont je viens déparier, il y en avait un grand nombre qui tenaient assez solidement aux parois du kyste par une de leurs extrémités; et lorsqu'on les arrachait on voyait un petit renflement ou bulbe dans la portion de poil implantée dans l'épaisseur des parois. Ceux des poils qui étaient libres pai* leurs deux extrémités étaient teiminés eu pointe à une de leurs extrémités et coupés net comme ils l'auraient été avec des ciseaux par l'autre extrémité.

La suiface interne du kyste épidermique, était plissée sur elle-même comme une peau ridée; la tension de cette paroi en effaçait les plis.

C'était bien un tissu cutané (pii tapissait le kyste. Lepiderme était soutenu par un derme mince, mais très résistant : point de pigment, il représentait tiès bien la peau du scrotum par sa surface lisse et par ses bulbes pileux saillants.

C'étaient des cheveux et non des poils, de la bourre, (pii étaient contenus dans le kvste. On aurait dit des cheveux humains loux, un peu j)lus forts et roides qu'ils ne le sont oi'dinaircment : j)lusieurs cheveux adhérents

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par une de leurs extrémités, avaient de 16 à 1^ centimètres (de 6 à 5 pouces) de longueur ; les autres étaient moins longs,

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